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 Les oiseaux qu'on met en cage peuvent-ils encore voler ? || Ft Aisling

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MessageSujet: Les oiseaux qu'on met en cage peuvent-ils encore voler ? || Ft Aisling   Jeu 23 Juin - 17:47




« Les oiseaux qu'on met en cage peuvent-ils encore voler ? »
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Elle laissait glisser ses pieds sur le parquet, testant le sol et ses craquelures. Le moindre bruit, le moindre geste de trop, et c'était finit. Elle ne connaissait pas suffisamment les lieux pour éviter les grincements, mais elle faisait de son mieux pour les repérer avant qu'il ne craque vraiment. Son souffle sortait difficilement de sa poitrine, étranglé et tremblant, alors qu'elle faisait de son mieux pour le maitriser, le retenir dans sa gorge pour l'expulser doucement et sans bruit - enfin le moins possible. Une marche de l'escalier grinça, la planche s'enfonçant sous son poids, et elle se figea aussitôt, immobile et le souffle retenu dans l'attente du pire. Elle entendait sa lourde respiration endormit d'ici. Rien ne bougeait, et elle ne pouvait perdre plus de temps, alors elle reprit son périple pourtant bien simple en apparence : sortir de cette maison mille fois maudite, et mille autre fois encore. La difficulté étant bien sur de ne pas le réveiller, pare qu'alors cela serait le game over, la fin de tout, le boss finale qu'elle ne pourrait pas vaincre, parce que Valentina se savait parfaitement incapable d'en venir à bout. Alors le défi était lancé, elle devait s'échapper rapidement, mais sans faire trop de bruit. Un juste équilibre entre la prudence et la vitesse qu'elle n'était pas sûr de trouver. Au bas des escaliers se dessinait la salvatrice porte de sortie qu'elle brulait d'atteindre, et elle n'osait croire qu'elle y était presque, qu'elle allait réussir. Elle posa enfin sa main sur la poignée, appuyant doucement pour enclencher le mécanisme lui permettant de sortir. Ses chaussures étaient abandonnés quelque part dans ce manoir, là où elle ne pouvait et voulait retourner, et tant pis elle irait dehors pieds nus, et elle abandonna son châle presque sans regret - le seul étant de le lui laisser. La porte résistait, et le cœur gonflé d'espoir à l'idée qu'elle était à la fin du parcours, elle donna un coup d'épaule sur le vieux bois, et elle s'ouvrit dans un craquement sec et sonore, figeant l'air instantanément. Cupidon ne respirait plus,  ne bougeait plus, à l'écoute su silence. Le silence le plus total, le plus parfait, troublé... par rien. Son cœur ne ratait pas des battements, il battait à une allure folle dans sa cage thoracique. Une vois grave s'éleva de l'étage, l'appelant plusieurs fois, le ton montant et la colère grimpait. Et elle courut.

• • •

Ses pieds martelaient le sol dans une cadence totalement débridée et libre, un rythme désordonné et irrégulier, portée seulement par sa volonté et sa peur. Sa poitrine la faisait souffrir, son souffle se bousculait dans sa gorge et les griffures sur sa peau la brulaient trop, et Valentina avait l'impression qu'à chaque instant elle ne pourrait plus continuer, que sa respiration se bloquerait sous la pression et qu'elle ne pourrait plus repartir, qu'elle pourrait enfin s'écrouler sur le sol et ne plus bouger, et alors le pire adviendrait, et pourtant la pensée de pouvoir tout stopper à cet instant lui semblait si délicieuse. Mais mue par une force inconnu, elle ne pouvait s'arrêter, et elle continuait encore et encore. Le tissu de sa robe, sur son épaule gauche, retombait en lambeaux, laissant apparaître les traces rouges sur sa peau, découvrant la naissance de sa poitrine, et elle ne cessait de remonter le tissu, le bras lourd et fatigué. Ses cheveux défaits retombait sur son visage, bougeant au gré du vent et de ses pas, au rythme de sa course, masquant parfois ses yeux rouges et son visage abimé. Une aile pendait, malheureuse, dans son dos, rendant impossible tout vol échappatoire. Ne restait que courir.

Il n'y avait personne, personnes aux fenêtres, personnes dans les rues, personnes à se demander qui était cette femme qui courait comme si Satan était juste là, derrière elle. Ce qui n'était pas clairement différent pour elle. Pourquoi n'y avait-i personne ? C'est comme si tout à coup la ville était déserte, ou bien qu'elle était dans un ailleurs, où il n'y avait plus qu'elle et lui. Et si c'était ça, il y aurait bien un moment où elle s'arrêterait, ou elle ne pourrait plus avancer dans cette boucle atemporelle, et elle se laisserait choir au Mal. Mais elle voulait croire, elle voulait garder espoir et penser que quelque part dans cette ville il y avait un refuge pour elle. Elle reconnaissait ce quartier justement, sans parvenir à savoir si elle était arrivé là par hasard ou si ses pas l'avaient guidé jusque là. Elle redoubla d'ardeur, autant qu'elle pouvait, maintenant poussé par le désespoir que tout s'arrête avant qu'elle ne puisse y parvenir. Elle voyait la maison se dessiner de l'autre coté, son souffle s'accélérer encore, sa poitrine sur le point d'exploser, les brulures de son corps s'enflammées, et elle s'échoua soudainement sur la porte d'entré, sa joue tapant violemment contre le bois froid.

La demi-lune était levée depuis longtemps, le jour disparut, et les étoiles brillaient à peine dans le ciel. peut-être n'était-il pas là ? Elle n pouvait plus bouger tout à coup, affaler contre la porte, les larmes dévalant enfin sur ses joues, brouillant plus sa vue que la fatigue ne l'avait fait. Et soudain un souffle sur sa nuque, un bruit dans la rue, était-ce lui qui venait, qui parvenait toujours à la trouver dans cette immense cache-cache qu'elle devait jouer bien malgré elle ? Etait-ce sa respiration sur son cou, la caresse froide du vent ? Son poing se leva, le poignet violacé des entraves qu'elle avait enduré plusieurs jours durant, venant tambouriner contre la porte avec force, oubliant la douleur. Elle frappait et frappait, et on ne tarda pas à entendre sa voix, criant son nom tout en sachant que si il n'était pas là, elle ne pourrait pas continuer, elle abandonnerait tout. « Aisling ! » était les seules mots quittant sa bouche. « Aisling» hurlait-elle dans la nuit, et qu'importe si elle signalait sa position. Dans tout les cas, c'était la fin. Elle vit un instant une vitre, intact, lui rappelant celle qu'elle avait un jour brisé. Qu'importe si elle devait en repayer vingt, elle le ferait même cent fois avec plaisir pour peu qu'elle puisse trouver refuge ici ! Sa main rencontra brusquement le verre, des éclats se fichant dans sa peau, ses doigts trouvant le loquet. La porte s'ouvrit brusquement, et elle vacilla sous l'effet du vide apparut, tombant à la renverse sur le sol, s'écrasant durement le menton par terre, il était juste derrière elle, Valentina en était certaine, et elle se releva tant bien que mal, prenant appui sur son poignet qui fléchit et plia, la faisant rencontrer le sol à nouveau, et elle réessaya à nouveau, s'aidant du mur pour se soutenir, ne cessant de l'appeler, le désespoir en son âme.


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MessageSujet: Re: Les oiseaux qu'on met en cage peuvent-ils encore voler ? || Ft Aisling   Sam 9 Juil - 15:01

Les oiseaux qu'on met en cage peuvent ils encore voler ?

Val' & Dark Aisling & Le cadavre de John


Assis sur le toit de sa maison, Aisling regardait la lune d’un air songeur. Il en avait marre de se répéter sans arrêt les mêmes questions, et de ne pas avoir de réponses. Moony était vraiment gonflé de rester caché sur son astre dans un moment pareil et la rancœur du marchand de sable ne faisait que s’accroitre depuis qu’il avait décidé de baisser les bras. A quoi bon lutter ? La transformation était inévitable, il le sentait, il ne lui restait que quelques jours voire quelques semaines avant de basculer entièrement dans les ténèbres. Il avait pourtant essayé d’avertir ses amis, d’avertir les gardiens, de prévenir Gabriel mais il avait l’impression de parler à des murs. Personne ne comprenait ce qu’il était en train de vivre, ce qui rendait encore plus difficile la chose. A les entendre parler il devait simplement rester fort et faire partir le mal par la pensée. Or c’était tellement plus compliqué que ça, qu’en plus de n’être pas bien à cause de ce qui lui arrivait, il se sentait incompris et seul. Si c’était un combat de force moral, bien entendu qu’il se serait battu jusqu’au bout et qu’il aurait repoussé la saleté qui avait envahi son âme. Ses idéaux de liberté, d’imagination, de rêves étaient bien plus fort que ça. Il était mort une première fois à cause de ça, quand Moony l’avait choisi comme gardien, ce n’était pas pour rien non ? Mais aujourd’hui la donne était totalement différente. Pitch, en lui mettant le sable noir directement dans la cicatrice de son âme, n’avait fait que lui rendre ce qu’il lui avait volé. Moony avait pourtant prévenu l’ancien croquemitaine de ce qu’il encourait à trafiquer le sable doré de son homologue mais la brioche était têtue, trop têtu pour son propre bien. Il ne pouvait pas lutter contre ça, contre une partie de sa propre nature. Il avait essayé mais en vain, parfois il valait mieux se rendre à l’évidence. Il savait parfaitement que les heures qui approchaient seraient sombres, que la lumière qu’il était autrefois était sur le point de s’éteindre et même s’il s’inquiétait pour ses amis, pour le mal qu’il allait pouvoir leur faire, il était en même temps confiant. L’homme de la lune si absent ces dernières années ne laisseraient pas faire une chose pareille. Même si ce n’était pas pour lui, en tant qu’homme, en tant que gardien du sommeil et des rêves, mais plus pour la population et les différents mondes il était un petit peu rassuré. Enfin rassuré était un bien grand mot.

Passant une main sur son visage, il regarda cette dernière avec une lueur de tristesse. Ses veines étaient devenues noires, et il ne pouvait plus le contrôler. C’était le signe que bientôt les rêves seraient en danger. D’ailleurs il ne rêvait plus depuis un moment et c’était bien dommage. La seule fois où il avait pu dormir quelques heures sans être plongés dans d’affreux cauchemars étaient après la séance torride qu’il avait eu avec Valentina. Un petit sourire passa sur les lèvres de ce si triste visage en pensant à Cupidon. Qui aurait cru que leur relation tournerait ainsi ? Ils avaient été de bons amis pendant des millénaires, et il avait fallu que cette malédiction leurs donnent, enfin redonnent un corps humain pour qu’ils se laissent tenter au jeu de la chaire. Au final, il n’avait pas tant pensé que ça aux conséquences que cela pourrait avoir dans le futur sur leur relation amical, ayant bien d’autres soucis. Après tous ils étaient des adultes consentants, qui s’appréciaient mutuellement, et ils avaient pris du bon temps ensemble. Pas besoin de chercher plus, Aisling n’avait pas envie de se prendre la tête pour ça, surtout en ce moment. Peut-être que plus tard, quand tout sera terminé, ce qui n’était pas pour tout de suite, il réfléchira sur la chose. Pour le moment il devait trouver une solution à son problème et traverser la frontière n’était plus envisageable, le processus étant trop avancé. Il maudissait Tathianna qui l’avait empêché de faire ça au début. Il l’a comprenait bien entendu, elle était sa meilleure amie, mais en pensant égoïstement, elle n’avait pas mesurer les conséquences elle non plus. Certes il avait été sauvé sur l’instant mais qui iraient les sauver eux, quand le monstre se déchaînerait sur eux ?

Descendant de son perchoir alors que la lune se cachait derrière de gros nuages d’orages, un petit vent frais le fit frissonner. Il tira sur la ficelle qui maintenant la fenêtre des combles ouvertes pour rentrer dans sa maison. Comme un serpent il se mouva pour rentrer, n’oubliant pas de fermer. La dernière fois la pluie était venue en invitée surprise et il n’avait pas envie de passer le reste de sa nuit à éponger le sol. Pas qu’il ait beaucoup de chose de prévu, mais le ménage ne faisait clairement pas parti de ses activités. Alors qu’il réfléchissait à ce qu’il allait faire, il entendit alors un hurlement de femme, chez lui. Ecarquillant les yeux comme s’il était chez l’ophtalmo’, il ne comprit pas de suite ce qui était en train de se passer. Depuis quand y avait-il des femmes en détresse dans sa maison ? Suivis par des cris d’homme ? Non mais sa maison n’était pas Rungis, c’était quoi le bordel. Dévalant les dernières marches qui menait au grenier, il reconnut enfin la voix de Valentina. Encore plus choqué qu’avant, il courut comme un marathonien pour atteindre le couloir qui menait à la porte d’entrée. Allumant la lumière, sa bouche forma un o devant le spectacle qui se déroulait devant lui alors que son sang ne fit qu’un tour. « Je ne le répéterais jamais assez mais ceci est une propriété privée. »

Se penchant vers la jeune femme, essuyant les larmes qui lui coulaient sur les joues, alors que le sable noir pulsait dans ses veines. « Je vais prendre un abonnement chez le vitrier à ce rythme-là. » Même s’il ironisait sur la situation, il ne savait pas comment il restait aussi calme. Il entendait l’autre homme crier des mots qui lui semblaient totalement incompréhensible. « Bon mon gars on va se calmer. On n’a pas élevé les poules ensemble pour que tu me hurles dessus comme ça. Déjà que tu rentres chez moi par effraction… on va descendre d’un ton. » Faisant craquer sa nuque, il avait une furieuse envie de le réduire en poussière immédiatement. Il ne le connaissait ni d’Eve, ni d’Adam mais visiblement il avait fait du mal à Valentina, beaucoup de mal et ça c’était impardonnable. « Alors juste je te rappelle un truc, les personnes ne sont la propriété de personne et encore moins la demoiselle ici présente. » Non mais pour qui il se prenait, ce mec était vraiment trop chelou. Plissant les yeux, il se tapa mentalement. "Mais je sais, c'est toi la dernière fois qui était chez Valentina, caché dans les buissons. Putain j'aurais du te fracasser la tête à ce moment là ..." S’avançant doucement, il fit apparaître ses deux fouets, alors que le mal en lui s’agitait, se délectant de la situation présente.  « Non Val’ n’est pas ta femme, ton jouet où je ne sais quoi. D’accord elle a peut-être un faible pour les bruns vu qu'on a couché ensemble mais ce n’est pas une raison et arrêter de hurler tu me fatigues vraiment. Du coup on va faire un truc. Je vais compter jusqu’à trois, et tu vas partir gentillement sans demander ton reste sinon je ferais de ta vie un cauchemar, mais avant excuse toi ! 1»

Le silence régnait dans la pièce alors que la tension était à son comble. Parfois on entendait les reniflements de la jeune femme au sol. Roulant des yeux Aisling se détourna de son futur combat pour aller dans le salon. Oui il laissa Valentina quelques instants pour aller lui chercher un paquet de mouchoir. Après tout, il pensait sincèrement que ce John allait s’excuser pour le mal qu’il avait fait, mais ce n’était sans penser qu’il avait affaire à un psychopathe de haut niveau. Quand il entendit les cris de la jeune femme, il poussa alors un soupir. Son fouet claqua dans l’air avant d’attraper John par la taille et de l’envoyer violemment contre un mur. « Non mais sérieusement tu es autant débile que ça ? Parce que pour le coup c’est vraiment débile… même Pitch aurait pas fait une chose pareille et lui niveau débilité c’est du high level. » Lançant un regard à Valentina, il vu qu’elle n’avait rien, juste de la frayeur. « Bon finalement tu vas partir genre maintenant. » Tirant son fouet vers lui, il donna un puissant coup de tête au brun avant de l’envoyer dehors, brisant le reste de sa porte fenêtre. « Si jamais tu poses ne serait-ce qu’une œillade sur cette jeune femme, crois-moi tu suppliera Hadès de t’emmener aux enfers tant ces derniers ressembleront au paradis. » Et pour illustrer ses dires, il tourna sa main dans un geste théâtrale, faisant sortir son sable qui était entièrement noir avant de le lancer sur John qui se mit à hurler alors qu’il prenait la fuite. « Ça ne sert à rien de courir mon vieux, mes petits amis vont te poursuivre pendant un moment, surtout la nuit, quand tu auras les yeux fermés. » Effectivement le sable qui entourait John avait disparu, comme ce dernier quelques minutes après. « Alors toi, tu as le don pour égayer mes journées. » Attrapant la jeune femme prostrée comme une poupée de cire, il l’a porta jusqu’à son canapé. « Un petit chocolat chaud et tu as intérêt de me tout me raconter parce qu’avoir des fous qui rentrent chez moi pour tout saccager j’apprécies moyen. »


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MessageSujet: Re: Les oiseaux qu'on met en cage peuvent-ils encore voler ? || Ft Aisling   Mar 12 Juil - 2:57




« Les oiseaux qu'on met en cage peuvent-ils encore voler ? »
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Comme une bouffé d'oxygène qui n'était plus attendue. Quand elle n'y croyait plus, cet instant d'infini et d'horreur où elle prenait conscience qu'elle avait tout tenté, et que tout était terminé, que plus rien ne pouvait se passer, que personne n'arriverait dans une lumière blanche éclatante. Non, seulement la défaite et lui. Tandis qu'elle en prenait conscience, le souffle dans sa gorge s'étrangla. Elle cessa de vouloir essayer, s'échouant contre le mur, son corps tremblant entièrement. Combien de secondes qui semblaient s'étirer éternellement et passer aussi vite que la lumière la séparaient du moment où John pourrait à nouveau poser la main sur elle, de ce moment où il entrerait par la porte enfoncée pour la saisir, peut-être par le bras ou les cheveux, la trainant sur le chemin du retour. Aurait-il affaire à une maigre résistance vaine ou à un corps faible et abandonné ? Une seconde ? Une minute ? L'attente était insoutenable, et pourtant un soulagement du tempe qui s'égrenait sans qu'il n'arrive sur elle. L'attente, cette chose effroyable et inconnue. L'abattement et le délaissement la laissait avachit sur le sol, à moitié sur le mur, la respiration sifflante et hoquetante.

Et puis des pas, beaucoup de pas, et un faible gémissement dans sa gorge. Une voix. Des voix, et elle n'ose y croire. La faible lueur pourtant brulante de l'espoir qu'elle tente d'étouffer par peur de tomber encore plus bas. Ces premiers moi ... Aucun son ne parvient de toute façon à sortir de sa bouche, trop occupée à essayer de respirer. Propriété privée. Est-ce qu'il .. Est-ce qu'il chercher à la faire partir et à ... Une main sur sa joue, sur ses joues. Glissant sur sa peau ruisselante, écartant les gouttes salées de leur chemin tout tracé, et son visage s'appuya contre elles, presque inconsciemment, contre ce contact doux et rassurant. Elle entend vaguement le dialogue, mais comme elle s'en désintéresse, trop occupée à maintenir vive la petite flamme de l'espoir. Celle que Valentina n'a pas pu empêcher de grandir, la lueur qu'elle ne peut étouffer et dont elle doit prendre soin, parce que si elle l'a perd, elle tombera surement en morceaux sur le sol. Il parle d'elle, de buissons. Il la défend, elle se recroqueville sur elle-même. Elle sent sa présence, tout près, juste à coté. Et puis plus rien. Il se détourne, il s'en va. Qu'a-t-il conclut, qu'a-t-il dit sur la fin ? Il a parlé de jouet, mais pourquoi ? Sa respiration se précipite à nouveau, chaotique. « Aisling ? » murmure-elle une première fois, puis une deuxième, plus fort. Le troisième est un cri dans la nuit. Pourquoi part-il, pourquoi l'abandonne-t-il ? Elle glisse à nouveau contre le sol, rampa à moitié dans sa direction. Sa présence à nouveau, une interaction. Elle le regarde, la vision troublée par les larmes, la respiration à nouveau calme. Elle distingue son fouet, le bruit de la vitre un peu plus brisé. Il se penche au-dessus d'elle, la saisit. John n'est plus là. Il est partit, il a fuit. La flamme brule et vacille. Il la dépose quelque part - sur le canapé - et elle s'accroche à lui, se blottissant contre lui. « Je.. je croyais que tu n'en avais plus ? ... Plus rien au magasin tu avais dit » murmure-t-elle contre lui, un sourire dansant au coin des lèvres.

Le calme est si étrange après toute cette agitation, après ces derniers-jours toujours en alerte, et la crouse-poursuite depuis son manoir. Le calme est lourd, presque collant à sa peau, il s'étire indéfiniment comme s'il n'attendait qu'une chose. Qu'il soit brisé. Mais rien ne se passe. Elle ne fait que s'accrocher encore, nichant son visage contre la peau découverte de son torse, respirant difficilement mais respirant tout de même. Il tente doucement de la déloger, et dans un tressaillement elle s'accroche de plus belle. Il finit par réussir à la déloger, l'abandonnant sur le canapé. Elle se ramasse sur elle-même, enfoncée entre les coussins, pâle comme le jour nouveau. Elle examine avec désintéressement, sans émotion aucune, les griffures sur sa peau, les éclats de verres et le sang frais, les marques bleues des attaches. Elle pense à les essuyer sur sa robe déjà foutu pour ne pas salir. Elle fixe le vide. Il revient bientôt, troublant de sa présence le silence et le calme éphémère. Elle se retrouve avec une tasse dans les mains, un délicieux arôme montant à ses narines, agrippant la petite choses comme si sa vie en dépendant, et elle éclate en sanglot. De lourdes larmes envahissent à nouveau ses yeux, la respiration haletante, les sons arrachés à sa gorge que l'on pourrait appelé des pleurs. Elle trouve on ne sait comment la présence d'esprit de reposer la tasse sur une surface quelconque, elle retourne se blottir contre lui, s'accrochant à nouveau à sa présence si rassurante murmurant son nom entre deux sanglots. « Ne me laisse pas » réussit-elle à dire. Elle devrait avoir peur de lui, elle devrait se sentir mal à l'aise. Pourtant, il est l'une des seules personnes pour le moment à pouvoir s'approcher sans risques - pour eux deux. Elle ressent le besoin de sa présence, comme ses pas l'ont conduit jusqu'à lui. « Il, c'était » commence-t-elle à balbutier. « Il m'a ... des jours ! J'étais attachée et puis il » Elle cale sa tête contre lui, fermant les yeux, reprenant sa respiration. « J'ai réussit à m'enfuir parc... parce qu'il s'est endormit mais il m'a entendu et ... il m' poursuit partout Aisling, jusqu'ici, partout..



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MessageSujet: Re: Les oiseaux qu'on met en cage peuvent-ils encore voler ? || Ft Aisling   Mar 12 Juil - 15:58

Les oiseaux qu'on met en cage peuvent ils encore voler ?

Val' & Dark Aisling & Le cadavre de John


« Ouais ils sont toujours en rupture d’ailleurs, on ne peut pas faire confiance à ces magasins mais j’ai fait une réserve personnelle ». Il se souvenait parfaitement de la dernière fois, où il avait balancé cette phrase à la jeune femme et il avait presque des remords sur son attitude. Oui il avait été odieux, mais c’était parce qu’il voulait qu’elle parte, qu’elle ne le voye pas comme ça, qu’elle ne s’inquiète pas pour lui. Il avait tout fait pour la faire sortir de chez lui mais Valentina était un être encore plus têtu qu’un âne et le résultat avait été une chose qu’aucun des deux sans doute n’avaient pu s’imaginer. Paradoxalement, même si le sable noir avait gagné du terrain sur son âme, il était plus doux et sympathique que lors de sa précédente visite. Peut-être que le fait de voir la jeune femme dans un état pareil le touchait beaucoup plus qu’il ne voulait le dire, et qu’ainsi il ne pouvait se comporter comme avant. Caressant la chevelure blonde de Valentina, il l’a laissa reprendre un peu ses esprits dans ce silence de plomb. Après toute l’agitation qui venait de s’être concentré en moins d’un quart d’heure, le temps lent ne pourrait que lui faire du bien. Parfois il vérifiait qu’elle soit encore consciente, ne sachant pas réellement ce qu’elle avait pu vivre.  Différents scénarios se dessinaient dans l’esprit plus qu’imaginatif du marchand de sable mais il arrivait à chaque fois à la même conclusion, il irait personnellement ‘parler’ à ce John.

Les minutes s’égrénèrent et Aisling pensa que le seul moyen pour qu’elle se remette de ses émotions était la solution qu’il avait proposée avant, le chocolat chaud. Doucement, essayant de ne pas l’a brusqué, il prit le bras qui était accroché à son cou pour le poser sur la jeune femme, or cette dernière s’accrochait à lui comme une moule à son rocher. « Je vais juste dans la cuisine, il te t’arrivera rien ne t’en fait pas. » Il l’a reconforté comme il pouvait, n’ayant jamais été très doué dans ce genre de situation. Elle finit par lâcher et il put se lever pour aller derrière le bar, dans sa cuisine ouverte. Intérieurement il remerciait le promoteur immobilier qui lui avait dégoté cette maison, pouvant maintenant garder un œil sur Valentina qui était allongée dans le canapé en position latérale de sécurité. Préparant du lait à chauffer, il sortit de sa cachette secrète la poudre de chocolat, que le mal lui avait fait détruire. Secouant la tête, ce n’était pas le moment de penser à lui, il y avait véritablement une urgence dans son salon. Il attrapa un petit plateau, plaçant dessus une grande tasse et quelques petits biscuits, il attendit les bras croisés que le lait chauffe. Pour le moment c’était cette collation, mais plus tard dans la soirée, quand elle se serait remise entièrement, enfin surtout qu’elle se sentirait en confiance, il l’a ferait manger. Il l’a trouvé maigre, pas de beaucoup mais assez pour qu’il s’inquiète.

Le bruit du lait en ébullition lui indiqua alors que c’était prêt et précautionneusement il le versa sur le cacao. Il rajouta deux trois guimauves pour un peu de douceur et il partit ensuite rejoindre Valentina. « Franchement ce n’est pas tout le monde qui a le droit d’avoir un excellent chocolat comme ça. » Il voulait un peu l’a distraire, lui faire retrouver se sourire éclatant mais à la place il eut droit à un regard vide. Prenant une profonde inspiration, il essayait de contrôler le mal qui s’agitait en lui. Pas envers la jeune femme bien évidement, mais envers John, envers les autres. Retournant à la tasse, il lui donna dans les mains avec un sourire doux qui s’envola bien vite quand elle éclata en sanglot. Sortant le paquet de mouchoir de la poche de son pantalon de jogging, il en prépara un, alors qu’il l’a regardait poser la tasse sur la table basse. Ouvrant ses bras, il avait presque anticipé ce qu’elle voulait faire, alors que ces pleurs avaient doublés d’intensité. Il se sentait terriblement impuissant face à la détresse de son amie dont c’était bien la première fois qu’il l’a voyait aussi perdu et pourtant, il l’a connaissait depuis des millénaires. Il ne pouvait que l’a bercé et repris son geste de caresse sur la tête. Il lui laissait le temps, si elle voulait parler il l’écouterait, si elle ne voulait pas, ils resteraient comme ça toute la nuit s’il fallait ça pour qu’elle se sente mieux. Elle choisit de parler et sa fluette voix empli ses oreilles. Il ne dit pas moi, attendant qu’elle vide son sac. Plus elle parlait et plus il sentait qu’il avait du mal à se contenir. Lui aussi ferma les yeux en soufflant doucement. Il ne pouvait pas perdre le contrôle maintenant et tuer John n’arrangerait pas les choses, il connaissait trop bien Valentina pour savoir qu’elle ne cautionnerait certainement pas ça. Après il n’était pas obligé de lui dire ce qu’il irait faire. Les mots se gravaient dans son esprit et le mal qui le rongeait s’en nourrissait, s’en délectait même. Il fallait ça pour qu’il sombre davantage, complètement, qu’il n’ait plus aucun remords à faire souffrir. Embrassant la blonde sur le front, il l’a poussa encore une fois délicatement sur le canapé. « Bois ton chocolat avant qu’il ne soit froid. »

Se levant, il fit les cents pas, pour essayer de faire partir cette envie irrépressible d’aller rendre une petite visite nocturne à cet enfoiré. « Putain … » Il tournait autour du canapé, de la table, agrandissant son cercle, serrant les poings jusqu’à en faire blanchir ses phalanges. « Mais Putain pourquoi je n’ai rien vu … mais quel con … si j’avais su tu n’aurais pas …» Il se maudissait, il maudissait Pitch, il maudissait la terre entière … ce n’était pas bon, c’était ce que l’ancien croque mitaine aurait voulu, qu’il se laisse aveugler par la haine et la rage pour que le processus s’accélère. Il imaginait maintenant le calvaire qu’elle avait vécu, il pouvait entendre ses cris de souffrance, il voyait les marques sur ses poignets, les bleues sur ses jambes fines et il rageait, rentrant dans une colère noire, et pas métaphoriquement, entouré d’un halo de sable noir. « Je vais le tuer, non mieux je vais le tourmenter jusqu’à ce qu’il en meure de peur ! » Lui-même était condamné, il le savait alors maintenant il se fichait de sombrer plus rapidement surtout si c’était pour obtenir la réparation d’une injustice. Se tournant vers Valentina, il alla vers elle, pour lui attraper les mains. « Je te jure que jamais plus quelqu’un te fera du mal de la sorte, jamais plus on ne t’emprisonnera dans une cage, on te fera souffrir où on t’obligera à faire quelque chose que tu ne veux car si cela arrive je serais là et crois-moi je rendrais tes tourments dans une puissance inégalée. » Il était sincère, c’était son cœur qui parlait, son âme qui faisait cette promesse de ne jamais l’abandonner. Mais il ne savait pas encore qu’en réalité, il était le prochain dans la liste du destin à faire souffrir Cupidon. Merci John, merci Pitch, et merci Moony.


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MessageSujet: Re: Les oiseaux qu'on met en cage peuvent-ils encore voler ? || Ft Aisling   Jeu 14 Juil - 2:22




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Elle aurait voulu sourire, ou peut-être rire. Répondre quelque chose au moins. Elle en était incapable. Elle se contentait de s'accrocher à lui, de se blottir contre lui et de se concentrer sur ses bras, sur sa main dans ses cheveux, essayer d'oublier le monde extérieur, penser qu'elle y était en sécurité, que jamais on ne la retrouverait là. Comme si, attacher ainsi à lui, elle se retrouvait soudainement caché au reste du monde, qu'elle ne pouvait plus être retrouvée et enlevée, qu'un regard vide passerait là où elle se trouvait. Elle n'aurait voulu bouger pour rien au monde, figé dans  cette position indéfiniment. Les larmes se tarirent à force de couler librement, et le contact fugace de lèvres sur son font, et elle fut repoussé une nouvelle fois vers le fond du canapé, sur lequel elle se ramassa sur elle-même, ses bras entourant ses genoux. Non non non, il ne l'abandonnait pas. Il ne l'avait pas abandonné, il était revenu, il resterait avec elle, il se levait juste. Il ne partait pas. Tout était si ... calme. Apaisant. Elle était comme à dix milles lieux d'il y a dix minutes, et si proche pourtant que son esprit tremblait encore ? Seulement son esprit ? La pièce tremblait tout entière. Le canapé, Aisling, sa tasse. Ou peut-être était-ce elle. C'était son corps qui tremblait.

Devant elle, il faisait les cents pas à en ronger le tapis. Le tapis, pourquoi pensait-elle au tapis ? Distraire son esprit, se concentrer ailleurs, ne rien penser. Un joli tapis, elle ne l'avait jamais remarqué. Il ferait très bien dans son salon, non ? Et sur le tapis, Aisling, gentils Aisling, si bon, si étrange, si sombre. Sombre, pourquoi si sombre, pourquoi cette aura autour de lui, tant de chaos contenu. La tasse, simple, pleine d'un liquide chaud. Le chocolat, c est bon, elle aime ça. Une tasse fumante, elle s'en gave très souvent, à toute occasions. Une nouvelle opportunités de tester son efficacité dans sa vie. Ses lèvres tremblent, elle attrapa la tasse, suit l'homme du regard. Une gorgée, elle tourne la tête, ne le quitte jamais des yeux. Il passe derrière elle, sa tête pivote pour le suivre. Le point central de la pièce, l'accroche de son univers, une présence rassurante et protectrice. Une gorgée. Le regarde. Reste figée, ne tremble plus. Si sombre, petit marchand de Sable. Tant de noirceur autour de lui, tant de lignes sombres sur sa peau que la tasse manque d'éclater entre ses mains. Elle la repose juste après.

Un léger souffle passe ses lèvres, ses deux yeux écarquillés d'horreur braqués sur lui. La vengeance. Elle n'y a pas encore songé, aurait-elle pu même avoir cette idée en tête ? Elle est Cupidon, la gentille qui offre les fins heureuses et rejette la violence. Mais est-elle encore Cupidon ? N'est-elle pas Valentina aussi ? La vengeance semble si douce, si tentante. Et si elle n'a même pas à l'exercer elle-même, n'est-ce pas merveilleux ? Imaginer cet hommedevant elle, souffrant et ... Elle frissonne de repenser à lui. Ciel, qu'a fait Regina Mills pour les conduire ici de la sorte, qu'on-t-il fait tous pour subir ce sort noir qui les a changé à jamais ? Ses dents s'enfoncent dans ses lèvres, comme pour calmer les affres et les tourments de son esprit, comme si la douleur pouvait évacuer ce trop pleins d'émotion. Ses mains sont dans les siennes, et le contact premier la fait tressaillir involontairement, avant de se rapprocher volontairement de lui, son souffle sur sa peau, suivant les lignes noircit au charbons. Elle reste fixé dessus, une lèvre prisonnières de ses dents. Les mots trouvent un échos en elle, une paroi où se fixer, un lieu où se graver dans le marbre. Sait-il ce qu'il fait ? Y a-t-il quelques magies à l'œuvre à cet instant pour signer ce contrat ? Elle aurait pu croire que oui tant chaque syllabes s'imprimaient en elle. Valentina y croyait. Elle y croyait tant, ce n'était même pas une question de volonté, il n'y avait aucun effort pour le savoir. Etait-ce le plus terrible ?

Elle posa sa tête sur son épaule, dans le creux de son cou, l'œil rivé à la veine noir pulsant. Noir, si noir. Toute trace d'espoir semble s'effacer, et a-t-elle un jour été là ? Un doigt tremblant vient dessiner le contour de cette artère, la respiration à peine contrôlée. A peine, tellement peu. Elle tente de réprimer un sanglot dans sa gorge, un hoquet étranglé. Si noir, si complet, comme du sable noir. Les larmes se remettent à couler librement, tombant sur l'épaule nu d'Aisling. Qu'a-t-elle fait seigneur, qu'a-t-elle fait ? « Je.. je suis désolée » ne cessait-elle de murmurer contre sa peau, ses bras tout d'abord hésitant entourant son torse. Du noir partout, une couleur si effrayante, si dépourvu de lumière. « Pardon » laisse-t-elle échapper, et « merci » pêle-mêle dans sa bouche, se mélangeant tant elle le dit trop souvent. Mais que pourrait-elle dire d'autre ? Elle se sent si mal, elle voudrait ne jamais être arriver ici. Etre restée... la-bas ? Quel prix aurait-elle été prête à payer pour le préserver, pour le protéger de ce mal qui le rongeait peu à peu ? Les vices, le scotch et les chaines ? Les sévices, les griffures et la cage ? Ils se battaient tant pour faire reculer cette infamie sans jamais vraiment y arriver. Mais qu'avait-elle fait ?



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MessageSujet: Re: Les oiseaux qu'on met en cage peuvent-ils encore voler ? || Ft Aisling   Dim 17 Juil - 3:00

Les oiseaux qu'on met en cage peuvent ils encore voler ?

Val' & Dark Aisling & Le cadavre de John


Aisling avait toujours été pour la justice, pour réparer les tords commis aux personnes innocentes. Déjà dans sa première vie, il était comme ça, alors qu’il n’avait pas la carrure d’un soldat. Il était un marchand, même à cette époque, et il exultait à chaque vol commis. Il n’était pas un héros à vouloir les arrêter, or il voulait donner aux gens le courage qui le faisait voyager. Il avait peur, il avait toujours eu peur depuis sa naissance, alors qu’il n’avait jamais connu sa mère. Son père l’avait élevé dans un cocon de peur pour le protéger des dangers extérieurs et Aisling lui avait réussi à transformer cette peur en autre chose grâce à son imagination sans limite. Il avait échoué les premières fois, mais avec sa croyance sans limite en l’homme de la lune, son courage sans faille et son imagination il avait déplacé des montagnes et avait surtout pris les armes pour réparer les erreurs et protéger ceux qui en avaient besoin. La dernière action lui avait couté la vie, et parfois, il y repensait encore, à celle qu’il avait aimé plus que tout, au point d’en mourir. Alors qu’il regardait Valentina du coin de l’œil, ses sanglots raisonnant comme s’ils étaient projeter dans une immense salle de concert, il ne pouvait s’empêcher de faire le parallèle. Il mettait sa vie en danger pour la jeune femme, il mettrait son âme en péril pour lui redonner le sourire. « Désolé de quoi ? D’être toi-même ? »

Non il ne pouvait pas continuer à écouter ses excuses. Elle s’agrippait à lui, et il l’a serra fortement, comme s’il aurait voulu que ses bras autour d’elle l’enferme de tous les dangers du monde extérieur, comme on lui avait fait quand il n’était qu’un enfant. « Arrête. » Il ne pouvait l’a laisser continuer dire des sottises aussi énormes que la lune. « La prochaine fois que tu t’excuses … je .. Je jette le chocolat à la poubelle. » Là clairement, Aisling venait de dégainer la menace ultime pour Valentina mais que pouvait-il dire d’autre ? Je vais te taper si tu continues ? Non bien sûr que non. De tous les gardiens, Sandy comme les autres l’appelaient était le plus diplomate. Il parlait beaucoup, il avait toujours beaucoup parlé et même quand il était mué il arrivait parfois à saouler ses interlocuteurs avec ses images. Or malgré cela, c’était lui qui réglait les conflits entre les différents ambassadeurs des légendes, des fêtes et même des gardiens. « Tu n’as pas à me remercier, c’est normal. Si les amis ne servent pas dans les moments difficiles ils n’ont alors aucunes utilités et ne sont pas dignes de recevoir alors ton amitié. » Il l’a décolla un peu de son buste pour voir son visage en temps normal si radieux. Il refit le même geste que le moment d’avant, essuyant à nouveau ses larmes. « Et encore, je trouve que je fais un bien piètre ami. »

Il avait été horrible avec elle et surtout il ne s’était aperçu de rien. « Bon, allez au lit, maintenant. » Se levant d’un bond, pouvant surprendre tant cette agilité détonnait dans le paysage de lenteur, il se baissa pour passer un bras sous les jambes de la jeune femme et la faire basculer contre lui. Faisant travailler des muscles insoupçonnés dans ses mollets et surtout son dos, il souffla une fois complètement debout, avec Valentina comme une princesse dans ses bras. « Il n’y a rien de mieux qu’un sommeil réparateur pour reprendre des forces. » Elle était quand même portée par celui qui connaissait la sphère du sommeil mieux que n’importe qui. Déjà parce qu’il était le gardien des rêves plus pour très longtemps certes, mais parce que dans cette vie, Regina lui avait donné le métier de médecin avec cette spécialité. Or avec la levée de ladite malédiction tout avait été chamboulé, et le chaos ne régnait pas que dans sa tête. Si tout le monde faisait comme si de rien n’était, continuant ainsi à vivre une vie normale, les aventures qui apparaissaient été le signe que rien ne serait comme avant.

Portant la jeune femme jusqu’à son lit, il l’a posa délicatement dessus avant de s’assoir pour quelques instants à ces cotés. « Le marchand de sable va passer ». Il allait essayer de l’apaiser, de lui faire faire un sommeil plein de rêves colorés et doux qui lui redonnerait le sourire. Il n’y arrivait plus pourtant, lui-même ne faisait que des sommeils sans rêves où il se reveillait encore plus fatigué et plus anxieux qu’au coucher. Puisant dans ses réserves, sans doute les dernières, il passa la main au-dessus du visage de Valentina alors que du sable doré commençait à l’envelopper doucement. Il avait mal, dans tout son être, alors que sa main tremblait comme une feuille au vent. Une fois que les paupières de la jeune femme furent closes, il se leva à nouveau comme s’il s’était brulé les fesses et sorti de la pièce pour s’adosser à la porte qu’il venait de fermer. La douleur était atroce pareillement à celle d’une sorcière qu’on serait en train de brûler. S’il ne regardait pas ses mains à cet instant il aurait pu penser que de la fumée s’en échapper. Non, elles devenaient simplement noires, ressemblant beaucoup trop à celle de son ancien homologue. « Fais chier … » Il ne pouvait même pas les secouer, tant la douleur remontait dans ses bras, et dans son corps entier. Cependant il n’allait pas se laisser aller pour si peu. Il avait connu des souffrances pires, enfin même si celle-là commençait à attendre le haut du podium, et puis il avait un but pour cette nuit. Surveiller Valentina. D’abord physiquement, pour que personne ne s’approche d’elle, et puis mentalement. Il interviendrait si son rêve basculait dans le cauchemar, quitte à lui-même sombrer encore un petit peu plus, à sauter de ce promontoire rocher dans le vide absolu.

La nuit avait été agité pour Aisling, mais il était d’un autre coté serein que le sommeil de Cupidon se soit déroulé sans accroche. Se passant de l’eau sur le visage, il eut presque peur en se voyant dans le miroir. Un zombie aurait sans doute plus de couleur que lui, moins de cernes violettes et serait ainsi beaucoup plus frais que le marchand de sable. Il ne pouvait décemment pas voir Valentina dans un état pareil mais que faire de plus ? Il n’avait dû dormir qu’une heure, peut être deux, et son sommeil ressemblait plus à un assoupissement qu’autre chose. Il avait eu de la visite, qu’il passerait sous silence et forcément, la haine qu’il avait refoulé en utilisant son pouvoir bienfaiteur sur la blonde s’était déchaîné par la suite. L’épuisement se faisait sentir, pas un muscle de son corps n’était endolori et il savait que même en fermant les yeux, il ne trouverait pas un sommeil réparateur. Essayant donc de se rendre forme humaine, il sortit doucement de la salle de bain pour ne pas faire de bruit, mais Valentina était déjà levée, assise dans le canapé. « Bien dormir ? » Question de pure politesse, il savait que oui, vu qu’il était à l’origine de son sommeil. Un fin sourire passa sur ses lèvres alors qu’il se dirigeait vers la cuisine. « Et avec un petit déjeuner complet, tu vas voir que tu vas être au top de la forme. » Il posa alors sur un plateau toutes sortes de choses comme des biscottes, du pain, de la confiture, du beurre, du jus d’orange, des céréales, des fruits et même du fromage. Il prépara bien sur le fameux chocolat qu’il veillerait à ce qu’elle le boive entièrement et pour lui, un café extra noir. Il avait bien besoin d’un coup de fouet.

Portant tout ça sur la table basse, il prit place à côté d’elle. « Tu manges, et pas de discussions possibles. » Non parce qu’il pouvait entendre d’ici les je fais un régime blbllb, je ne mange pas au petit déjeuner blblbl. Et ça, il n’aimait pas qu’on critique le premier repas de la journée. Même quand il était gardien, alors qu’il n’avait plus besoin de se sustenter, il le faisait en compagnie de statue de sable qu’il créait, où à l’occasion avec les gardiens qui l’invitaient sur son vaisseau quand ils avaient le temps pour un petit rituel. Lui-même attrapa une tartine de brioche qu’il mangea avec moins d’appétit qu’il voulait mais il s’en fichait, tant que la jeune femme à ses côtés se nourrissait pour reprendre des forces. « Oh fais, tu peux rester ici tant que tu veux et je te donnerais la clé, comme ça cette fois tu m’éviteras d’appeler à nouveau le vitrier. »  Oui, c’était la meilleure solution pour qu’elle soit en sécurité. Il était hors de question qu’elle soit à nouveau seule chez elle et puis, faire une sorte de colocation avec Valentina ne le dérangeait pas tellement, juste le fait qu’elle le voie comme ça, se débattant avec ses propres démons. Mais sa vie comptait plus que cette noirceur qui l’envahissait, ce n’était même pas une affirmation, c’était juste un fait établi.


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MessageSujet: Re: Les oiseaux qu'on met en cage peuvent-ils encore voler ? || Ft Aisling   Mer 10 Aoû - 1:19




« Les oiseaux qu'on met en cage peuvent-ils encore voler ? »
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Sa remarque eut au moins le mérite de la faire taire. Comment pouvait-il autant plaisanter en cet instant quand elle-même était enfoncée de tout son être dans la noirceur et la peur. Elle semblait être enlisée sans espoir de s'en sortir, entouré de toute part d'une boue noirâtre et collante qui refusait de la quitter, qui l'aveuglait et l'étouffait. Il n'y avait plus que ça autour d'elle, toute cette haine et cette tristesse contre lesquelles elle n'arrivait pas à lutter, et en avait-il de toute façon la force ? Tout semblait sans issue, devait-elle aller vers le haut, creuser en dessous d'elle ? Tout ce noir était infini contre sa peau, et elle se sentait même incapable de tendre le bras, de forcer plus encore le contact avec cette glaise. Tout était si sombre. Et pourtant ! Pourtant il y avait cette présence qui l'avait soudainement saisit contre elle, qui refusait de la lâcher, qui l'abreuvait de sa lumière pourtant déjà tremblante. La situation n'était pas vraiment propice à ce genre de plaisanterie, mais sa phrase fit mouche, la jeune femme se tut et cache son sourire dans son cou. Le chocolat, c'était sacrée après tout. Elle se laissa faire tout de même avec réticence, relevant le visage que parce qu'il l'y forçait, rencontrant dans un premier temps son regard avec de le fuir. Elle fut tout de même surprise par ses paroles, parce qu'elle ne l'aurait jamais qualifier de piètre ami ! Mais elle n'eut pas le temps de rassembler ses esprits pour protester contre lui qu'il se relevait d'un mouvement, déséquilibrant la jeune femme qui s'était accrochée à lui comme une moule à son rocher.

Mais elle n'eut pas non plus le temps suffisant pour se stabiliser - ou s'écrouler sur le sol vu son manque de réactivité - puisqu'il la saisit rapidement pour la porter telle la princesse qu'elle n'avait jamais été. Elle s'accrocha plus mécaniquement que par pure volonté à Aisling, se nichant à nouveau contre lui. « Je ne veux pas dormir » murmurât-elle à son oreille. Comment vouloir, ou même pouvoir ? Elle avait passé ces trois derniers jours à lutter contre la fatigue, trop effrayée de ce qu'il pourrait se produire si elle baissait sa garde. A tenter de garder ses yeux grand ouvert, à vaciller sous le besoin de dormir. Elle avait bien sûr plusieurs fois céder, et elle ne s'était jamais réveiller reposée, autant à cause de sa position pour le moins contraignante que des pensées qui avaient peuplés son sommeil. Valentina ne voulait pas y retourner, elle ne voulait pas se précipiter dans cette cage dorée des songes quand elle venait tout juste de s'échapper. Mais elle n'avait pas énormement d'énergie pour protester, et elle finit sur son lit, désormais familier, à l'observer de ses grand yeux bleu ternis. Il avança sa main vers elle, chargée du sable qu'elle connaissait si bien. Un sable dorée qu'elle ne voyait guère plus ces derniers temps.

- Ne le laisse pas partir à cause de

Et elle tomba endormit. Lorsqu'elle se réveilla, plutôt bien reposée comparée aux derniers jours, elle s'enfonça dans les couvertures. Elle était seule. Elle n'était pas aussi soulagée qu'elle aurait du l'être pourtant. Aisling n'était pas dans les environs de la pièce, même si les draps portaient encore son odeur, et elle finit par sortir du cocon et poser ses pieds nus sur le sol. Le silence régnait dans la maison, un silence qui dérangeait Cupidon. Elle savait pourtant que trop de bruits la dérangeraient plus qu'autre chose, mais elle ne pouvait pas pour autant passer outre ce silence pesant et étouffant. Elle finit par s'installer sur le canapé, ramassée sur elle-même en attendant que le maitre des lieux veuillent bien se montrer. Lorsqu'il vint finalement, elle acquiesça silencieusement à sa question avant de le suivre comme son ombre.

-Tu dois manger toi aussi.

Parce que si quelqu'un avait besoin d'être au top de sa forme, c'était bien lui. Elle ne pouvait pas dire qu'elle ne le reconnaissait pas. Mais il fallait bien dire que son visage était fatiguée et pâle, marqué de larges cernes. Ils formaient une bonne paire en fait. Il finit par rire à sa remarque, et elle le suivit à nouveau dans le salon où elle s'installa à coté de lui. Après avoir pu constater qu'il mangeait lui aussi, elle l'imita. Elle avait pensé que le chocolat n'aurait aucun gout dans sa bouche, et que tout ce qui pourrait passer ses lèvres serait de cendres pour elle. Pourtant, elle ressentait parfaitement le gout sucrée et chaud de son breuvage adoré, le croquant du pain, la douceur du beurre. Le monde continuait de tourner rond, le jour continuait de filer. lls continuaient de vivre. Pour un peu elle aurait presque pu se croire un beau matin, ailleurs, un autre jour, un petit déjeuner simple et conviviale. Mais elle n'oubliait pas.

Elle s'étouffa quasiment dans sa tasse lorsqu'il parla à nouveau. Elle ne savait même pas quoi répondre à ça, pas comme si quelque chose l'y avait préparé. Bien sûr, il avait enrobé le tout dans une bonne dose d'humour propre au personnage, mais elle percevait bien sûr la motivation qui se dessinait derrière ses rires et ses plaisanteries, et le simple fait de s'en douter lui réchauffait le cœur. Elle investirait autant qu'il le fallait dans cette foutue porte, dusse-t-elle même en acheter par avance - la situation était après tout cocasse sur cette vitre qu'elle ne cessait de briser. La politesse, la bienséance ou l'amitié tout simplement qu'elle lui portait aurait du la pousser à décliner poliment l'offre. Remercier pour cette attention, mais refuser de s'accaparer son temps, son énergie et son espace. Trop d'honneurs, elle ne voulait pas s'immiscer dans son quotidien et ses problèmes. Et pourtant, même si Valentina eut l'ombre de la tentation, elle ne put se résoudre à refuser ce cadeau qu'il lui faisait. Il avait sut lire, elle ne savait trop comment, dans ses peurs et ses angoisses. Rentrer chez elle ? La jeune femme n'avait pas vraiment cherché à s'y intéresser, et pour cause. Elle avait peur. Peut de se retrouver seule, peur qu'il vienne l'y retrouver, après tout ils étaient bloqué dans cette ville non ? Comment pouvait-elle être alors en sécurité dans sa propre maison ? Ce qu'il faisait là... Il lui tendait une main secourable qu'elle ne pouvait pas ignorer. Elle préférait s'y accrocher comme jamais.

Elle resta dans le salon quand il se leva, revenant avec le fameux double. La clef dans sa paume lui donnait cette impression trop étrange et perturbante. Elle referma sa main sur le métal froid, son droit de séjour dans cette maison qu'elle connaissait si bien. Durant le sort noir, elle était venu de nombreuses fois chez son ami bien sûr. Docteur sur le sommeil, c'était assez ironique quand on y repensait un peu. Et toutes ses crises qui pouvaient atteindre Aisling, ces signes qui trahissaient la magie qui avait couru dans ses veines, bridés par ce sort. C'était d'une ingéniosité ! Horrible, mais parfaitement orchestré. Tant de vie raccordé, réécrite, et tout le monde gardait pourtant un lien avec ce qu'il était. Valentina avait bien sûr entendu parlé de toutes ces personnes aux destins tragiques sous ces fausses vies, ces malheurs pour les héros de leur ancien monde. Un rire amer franchit sa gorge.

-Je me suis demandée bien sûr pourquoi j'étais moins touchée que les autres par ce sortilège. Tout les habitants de cette ville se sont retrouvés avec une histoire lourde et terrifiante. J'ai entendu tellement de choses ! Hôpital psychiatrique pendant vingt-huit ans, plus d'orphelin qu'une la capitale ne doit en compter, des maladies, le malheurs.

Dans son entourage même tout était allé de travers. Roselina avait eu cet accident d'avion duquel elle était ressortit de justesse, et pas intact. Aisling bien sûr, sa narcolepsie, et combien d'autre ? Combien d'orphelin connaissait-elle exactement ? Mais elle, oh elle semblait si atteignable ! « Je me disais que j'avais eu de la chance finalement, d'échapper à cette punition que tout un chacun subissait pourtant. Mais dans cette ville, tout est calculée, personnalisé, et rien n'y échappe ». Oui, comment avait-elle pu se croire si au-dessus de tout cela ? Elle n'avait pas échapper à ce destin commun qu'ils partageaient tous. Le sien était juste un peu plus subtil que d'autres.  «Toi bien sûr, tout avait trait au sommeil. Ton métier, ta souffrance. Moi ma malédiction, c'est l'amour bien sûr ». Un sanglot traverse sa voix pourtant calme.

Mais quelle punition cruelle ! Quelle chose horrible que de livrer ce pauvre Cupidon rêveur et innocent aux pires expériences, cet être qui avait foi en l'amour le plus pur sans jamais l'avoir ressentit d'elle-même, parce qu'elle n'était que son messager et son incarnation, vierge de toute marques au cœur. Et on l'avait jeté dans cette vie, malmené, fait subir tout les outrages qu'une femme pouvait subir, tout les chagrins d'amour qu'une adolescente pouvait supporter, on l'avait poussé de tout coté, fait passer de mauvaises histoires à mauvais garçons, en gardant son romantisme intact à chaque fois pour mieux briser ses rêves et ses espoirs. La chute était longue et douloureuse. Et cela se poursuivait bien sûr même après que ses souvenirs soient revenus, bien au contraire ! Cupidon avait fermé ses yeux sur une existence pur et innocente, pleine d'amour et de vie. Valentina les avait rouvert, libérée du sort noir. Elle était brusquement passée de cette reine naïve à cette femme déjà souillée, elle avait rouvert les yeux dans la peau d'une femme à la virginité déjà perdue, sans pour autant pouvoir se souvenir vraiment de cet instant précis de la vie de son double. Elle était une femme pleine d'espoir au cœur vierge et lumineux à un cœur meurtris et pourtant toujours battant, toujours vaillant. Pour combien de temps ? Combien encore devrait-elle subir d'affront ?

-L'amour bien sûr, c'était ça ma malédiction dans cette ville ou chacun a subit le sort noir. Vivre inlassablement toutes ces histoires qui se terminent mal, et me réveiller un jour en constatant que ma vie n'est plus mienne. Crois-tu qu'une quelconque entité malveillante se soit amusée à choisir nos destins pour cette vie ? Tout me semble trop gros pour qu'une main ne se trouve pas derrière ça. Et comme elle doit s'amuser à refiler la pauvre Cupidon aux hommes les plus vils de la ville

Un nouveau rire amer passa ses lèvres. Elle avait envie de pleurer de penser à tout cela à nouveau, de comprendre toute l'ampleur de ce que leur avait fait Madame la maire. La malédiction se poursuivait, quand bien même tous l'annonçait terminé. Ce n'était que le début.




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MessageSujet: Re: Les oiseaux qu'on met en cage peuvent-ils encore voler ? || Ft Aisling   Mer 10 Aoû - 14:35

Les oiseaux qu'on met en cage peuvent ils encore voler ?

Val' & Dark Aisling & Le cadavre de John


Rigolant à la petite moue de la jeune femme, qui lui renvoyait sa remarque, il attrapa un autre bout de pain qu’il porta à sa bouche sans trop de conviction. Pourquoi manger ? Ce n’était pas lui qui sortait de captivité, non, lui, il s’y trouvait encore, prisonnier du sable noir qui le maintenant à la gorge, l’étouffant un peu plus chaque jour. Mais pour Valentina il fit un effort, alors qu’entre deux bouchés il lui disait qu’elle pouvait, non devait rester ici. Voyant qu’elle ne protestait pas, car de toute façon elle n’avait pas le choix, il se leva pour se rendre à côté de sa porte. Il poussa un grand soupir, las de devoir la réparer car en plus du petit carreau qu’elle avait brisé, il avait augmenté les dégâts quand il avait fait traverser John dedans. Vraiment, il allait investir dans une porte sans vitre, et beaucoup plus solide que ça, mais pour le moment il avait autre chose à faire. Attrapant le deuxième petit trousseau de clé, il le regarda quelques instants avant de sourire et de retourner dans le salon. « Evite de les perdre, un double ça coute cher. » Il les fit tomber dans cette petite paume qui s’empressa de les serrer fortement. Un léger poids se soulever de sa conscience en sachant que Valentina ne risquait plus rien. Avec l’avertissement qu’il avait donné à son bourreau, avec la nuit qu’il avait du passer hanter par ces cauchemars, il serait vraiment fou de revenir ici alors oui, il était rassuré de savoir que la blonde pouvait maintenant dormir sur ses deux oreilles.

C’est cette même blonde qui le fit sortir de ses pensées, abordant un sujet sur lequel il n’avait pas vraiment d’atomes crochus. Oh oui, cette malédiction avait fait des dégâts, et même si elle avait reproduit la vie de chacun, elle avait surtout fait en sorte d’accentuer certains traits de leurs caractères, de leurs personnes pour les changer en une mauvaise chose, pour les détruire intérieurement. Aisling avait aussi entendu parler de toutes ses histoires, et à commencer par ses amis les plus proches. Bunny, le destin brisé d’un boxeur international, North, mercenaire et braqueur et tous les autres, Tooth, Gabriel, Cuinn, ils avaient tous un fardeau à porter que la malédiction avait fait ressortir violemment. S’asseyant à côté de la jeune femme, qui continuait à parler, à dire oh combien elle avait dû la chance dans cette vie, il lui lança une œillade sur le côté, ne comprenant pas tellement où elle voulait en venir. « Et alors ? Tu veux te blâmer parce que tu as eu une vie meilleure que les autres ? Pff, arrête de dire un peu n’importe quoi … » Il fixa alors le point qu’elle regardait depuis tout à l’heure, un magnifique motif sur son tapis. La narcolepsie, au stade le plus avancée, qui a un moment donné ne lui permettait même plus de vivre correctement et qui s’était aggravé à la mort de ses parents, alors qu’il s’était noyé dans ses études, enchainant les spécialités médicales pour pallier à ce manque d’amour. Il avait failli y rester, sur la touche, lors de son examen de psychiatrie, il se souvenait encore du bruit des tables se bousculant quand il était tombé sur le sol, des cris des personnes pensant qu’il venait de faire une crise cardiaque, des lumières qu’on braqués sur ses yeux pour lui faire les réflexes et surtout des sons de l’ambulance qui l’emmenait loin de ses rêves. Il venait d’atteindre les sommets de sa maladie, la paralysie du sommeil, qui était entrain aussi de paralyser tous ses muscles, l’empêchant même de respirer. Mais c’était ça qu’il voulait après tout, rejoindre les personnes qu’il venait de perdre une semaine auparavant. Au final on avait réussi à le sortir de cet état, on lui avait tout interdit, sa vie n’avait plus de goût mais Aisling avait toujours été comme ça, à donner un bon coup de pied au fond de la piscine quand il se noyait. Il avait passé ses examens contre la volonté de tous et il était parti ailleurs, dans l’espoir d’obtenir un traitement. Mais même aujourd’hui, sachant que tout ceci n’était qu’une invention, son corps en portait les stigmates, ce qui était aussi le cas pour la jeune femme à ses côtés.

Attrapant sa main, il l’a tira vers lui, alors qu’il voyait bien qu’elle était au bord des larmes. « Nous avons tous notre fardeau à porter, et c’était peut-être mieux pour toi de ne pas t’en rendre compte. » Il pouvait comprendre le choc qu’elle avait dû avoir à la levée de la malédiction en découvrant que l’ange de l’amour avait été floué sur ce qu’elle avait de plus précieux. Personne d’autre que lui ne savait ce qu’elle ressentait, vivant à cet instant précis la même chose. Ses rêves, l’imagination sans limite pour lequel il vivait disparaissaient petit à petit et par sa faute en plus. Soupirant à nouveau, se détachant un peu de la jeune femme, il leva sa main devant elle pour en faire sortir son sable, aussi noir que les ténèbres vers lesquelles il allait. « La magie est un mystère, une source tellement grande qu’elle peut en bouleverser le destin. Je ne pense pas que Mlle Mills ait pensé aux conséquences de ses actes quand elle a lancé sa malédiction. Non, elle n’a pensé qu’aux résultats l’a concernant… » Un choix purement égoïste qui avait mis dans le malheur de centaines de vies innocentes. Si au début Aisling lui en voulait, comme les autres d’ailleurs, il avait passé à autre chose, ne se focalisant pas sur cette pauvre femme. « Ce sont toujours des choix égoïstes qui nous poussent dans le ravin. Si elle n’avait pas été aussi malheureuse, elle n’aurait pas enclenché ce processus pour être heureuse. Mais le souci, c’est qu’il faut toujours se méfier de la magie. Des grands pouvoirs occasionnent toujours des sacrifices, et je sais de quoi je parle. » Les gardiens avaient payé de leur vie pour obtenir leur magie, alors c’était purement logique que cette malédiction lancée ait des effets secondaires. « Seul ses proches auraient dû être impactés mais sans contrôle, la magie est comme un feu qui dévaste tout sur son passage et qui en plus connaît parfaitement là ou ça fait mal. » L’amour, chose que lui-même ne connaissait pas réellement. Il avait aimé dans sa vie d’ancien mortel, et il en était mort pour ça. Mais après ? Il avait ressenti de l’amour, fraternel pour les gardiens, paternel pour les enfants qu’il protégeait, amical pour les autres, mais amoureux ? Non, plus depuis quelques millénaires.

« Je sais que je ne vais pas avoir l’air trop convainquant, mais dit toi que ces fameuses histoires, que tu as l’impression d’avoir vécu, ne sont que des faux, de la contrefaçon… » Alors que lui-même, quelques minutes auparavant, s’était revu à l’enterrement de ses parents. « C’est très bien fait, je te l’accorde, mais tout ce qu’il y a dans notre tête depuis ces vingt huits dernières années n’existent pas. C’est comme si .. hum … » Réfléchissant à ce qu’il allait dire pour l’a convaincre que même si le sentiment amoureux qu’elle avait pu ressentir, cette douleur quand elle se faisait jeter par ces hommes malveillants lui brisait le cœur, avait été réelle, elle ne l’était pas. « Oui, voilà, c’est comme si c’était moi qui avait utilisé ma magie pour te faire croire ça, te plongeant dans un rêve, ou plutôt dans ce cas-là, un cauchemar. Le subconscient est une chose formidable mais tellement sadique. Il s’est imprégné de ces songes magiques pour te construire une vie entière mais qui est fausse. » Pour le coup c’était le seul truc auquel il tirait son chapeau à l’ancienne Mairesse. La magie qu’elle avait utilisée était fascinante, même si elle n’avait pas su entièrement la contrôler. « Comme tu l’a dit, cette malédiction c’est servi de ce qui nous constitue pour nous fabriquer une vie entière penchant plutôt dans le malheur vu qu’elle devait servir au bonheur de sa créatrice. C’est dur de se dire que tout cela n’a pas existé en vrai … et je penses que notre cerveau tout aussi magique qu’il soit croira et nous fera croire pour longtemps que nos faux souvenirs en sont des vrais. » Appuyant son dos sur le canapé, il pensa que finalement il avait bien fait de rater son examen de psychiatrie. « Bon je vais arrêter avec ma psychologie de comptoir, même un pochard au bar t’aurais dit la même chose. » Rigolant, il ne put cependant s’empêcher de réfléchir à ce qu’elle lui avait dit sur l’amour.

« Et dire que pour moi, la malédiction m’avait mis en couple avec Toothania. Je l’adore bien sûr, c’est un peu comme une sœur pour moi, puis nous avions tous les deux du travail toutes les nuits en tant que gardien … mais une relation de couple … nous avons rompus d’un commun accord au bout d’environ d’un an de vie commune, et quand j’y penses ça me fait encore bizarre. En plus j’avais toujours pensé qu’elle avait un faible pour Jack, tu l’aurais vu mettre ses mains dans sa bouche pour voir ses dents quand il était venu chez North, marrant mais dégoutant.» Oh oui, c’était peut-être la chose la plus étrange que cette malédiction avait faite. Souvent quand il voyait la photo de la jeune femme dans son hall, il se souvenait de cette fausse vie en appartement, et au final, leur relation primaire était ressortie. Bien sûr qu’ils n’étaient pas faits pour être ensemble, puis vraiment l’inceste c’était pas son truc. Ne voulant plus penser à comment sa relation avait tourné, surtout actuellement vu qu’ils ne se parlaient presque plus, même s’il faisait ça avec tous les gardiens d’ailleurs …  il posa une question qui se voulait de base innocente. « Bon mise à part ce John qui en plus entre nous n’est pas très sexy, tu nous as récolté qui d’autres à ton tableau de chasse, qu’on établisse un classement de celui dont je devrais m’occuper en premier ? » Il disait ça en rigolant, surtout pour lui faire comprendre que c’était du passé, et qu’il serait là pour elle, un peu son bouclier en quelques sortes, que bon aussi, il ferait le ménage pour qu’elle n’ait plus à s’en faire. Jamais il n’aurait pu prévoir une telle chose, montrant bien qu’en réalité, leurs destins étaient plus qu’entremêlés, ils étaient liés.

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MessageSujet: Re: Les oiseaux qu'on met en cage peuvent-ils encore voler ? || Ft Aisling   Ven 12 Aoû - 4:27




« Les oiseaux qu'on met en cage peuvent-ils encore voler ? »
ft Aisling




Elle n'avait pas de poches où ranger ses nouvelles clefs, et elle ne les aurait lâché pour rien au monde. C'était pourtant stupide quand elle se savait en sécurité, dans la maison même où le trousseau donnait accès, et en compagnie de son propriétaire. Vraiment aucune raison de s'accrocher ainsi à la petite chose de métal, à resserrer sa paume dessus jusqu'à en sentir la morsure froid sur sa peau. C'était bien sûr des considérations un peu plus profondes et inconscientes que ça, c'était le lien qui la rattachait à tout ce dont elle avait besoin, à la sécurité sereine que pouvait lui apporter ce foyer, un lieu qu'elle connaissait déjà, mais où  lui ne tenterait jamais de l'y chercher. L'assurance de ne pas être seule face à ses cauchemars, avec la simple contre partie de ne pas le laisser seul avec ses ténèbres. La morsure du fer s'enfonçant dans sa main la gardait éveillée, les idées à peu près claires, la ramenant bien rapidement à elle lorsqu'elle s'égara dans ses pensées lointaines. Un petit rire résonna à nouveau de sa gorge, amer et plus criant de détresse que de joie.

- C'était cruellement égoïste de ma part !

Lorsqu'il fit apparaître le sable de sa main, ses yeux le quittèrent pour se concentrer dessus. Si noir, si sombre. Comment cette poussière d'étoile si brillante et lumineuse avait-elle pu sombrer aussi vite et aussi surement ? Valentina était presque hypnotisée par ces grains qui gravitaient au-dessus de la paume de l'homme. Elle avait la terrifiante envie de tendre le bras pour effleurer le petit tourbillon. Elle l'avait tant de fois ! Il permettait rêves et douceurs, rêveries et bonheur. Mais elle savait aussi que cette couleur ne présageait rien de bon. Elle avait eu un aperçu des premiers effets dérapant sur le caractères d'Aisling et l'exaspération apparents de ses pulsions sexuels alors que le sable n'était encore que bicolore. Nul doute qu'à présent, cela serait beaucoup plus néfastes pour elle que de le toucher. Quelque chose de bien moins bénins qu'une partie de sexe endiablé dans une salle de bain. Non, plus mauvais, plus sombre elle le savait, plus cauchemardesque. Avait-elle envie de ravivée ses peurs, surtout à cet instant présent, à peine le lendemain ? Non, pas vraiment. C'était déjà un miracle qu'elle est pu dormir tranquille pour la nuit - un miracle nommé Aisling - elle n'allait pas tenter le diable ! Mais comme il était dur de détacher ses yeux de ces grains.

Mais ce n'est pas pour autant qu'elle n'écoutait pas l'homme à ses cotés. Elle était au contraire très attentive à ce qu'il pouvait dire, même si ses yeux étaient vrillés sur ce mal qui évoluait entre ses mains. La magie, si puissante ? Oh, Cupidon pouvait en attester. Elle était en quelque sorte le fruit de la magie en elle-même, combinée au plus pur des sentiment aux yeux de la jeune femme, née par la magie de l'amour. N'était-elle pas en quelques occasions le Destin qui changeait le cours des vies de part ses flèches ? Combien de conflit avait-elle réglé, combien de guerre avait-elle provoqué ? Et tout ça au nom de l'amour. Cette malédiction aurait-elle pu être éviter si l'incarnation de l'amour était intervenu ? Elle savait que la reine avait fuit devant l'amour. Aurait-elle du prendre la place de la fée, guidée cette femme perdue sur le plus juste et droit chemin qui puisse trouver grâce à ses yeux ? Valentina soupira légèrement. Ce genre de question n'était d'aucune utilité à présent, mais elle ne pouvait les empêcher de tourmenter son âme de temps en temps. « Et si » était une formule si puissante !

Et la suite de son discours perdit tout à coup un peu de sens pour l'esprit de Valentina. Pas qu'elle ne comprenait pas ! Mais elle ne pouvait qu'essayer de comprendre ce qu'il expliquait à ce moment-là. Quelle vie protégée cette petite reine avait eu ! Si douce, si heureuse et insouciante. La notion de grand sacrifice pour de grand pouvoirs trouvait un échos dans son cœur, mais qu'elle ne puisse plus que théoriser cela. Quelle sacrifice avait-elle bien pu aire après tout dans son ancienne vie si ce n'est aucun ? Elle n'avait manqué de rien, elle vivait simplement pour la joie et l'amour de sa fête. Elle se sentait si protégée, et elle n'appréciait pas ! Elle se sentait plus exposée que d'autres, plus sensibles aux aléas de la vie de simples humains. On l'avait tenu dans un cocon de chaleur et de sérénité, et on lâchait ensuite la jeune femme dans un univers froid et impitoyable. La Valentina qu'elle avait été, cette autre elle, n'aurait pas été à la rencontre de cet homme. Elle n'aurait pas accepté ses excuses, elle ne serait pas sortie, elle aurait été attendrie mais n'aurait pas cherché à renouer les liens. Mais elle, la seconde Valentina - la vrai n'était-elle pas après tout la première ? - elle avait foncé tête baissé, persuadée de son repentir et de son droit à une seconde chance. C'est ce qu'elle faisait avant. Et ces souvenirs avaient réussit à embrouiller son esprit, émousser les reflexes et la méfiance de la première. Elle s'était précipitée pour lui pardonner, et où cela l'avait-il mené ? Valentina regrettait tout à coup la vie sous la malédiction. Le jour qu'elle avait vécut durant ses vingt-huit n'était pas si terrible non ? Elle était célibataire, et puis pas grand chose. Elle travaillait, elle voyait Roselina. Tout n'était pas si compliqué et horrible. John n'était un tueur sanguinaire et dangereux, juste l'un de ses ex auquel elle ne reparlait pas. Aisling n'était pas son ami qui sombrait peu à peu avec qui elle avait couché le temps d'une journée - totalement à l'opposé de ce qu'elle faisait - mais cet ami bavard et blond. Et malade. Bien sûr que la fin de la malédiction était bienvenue, de quel droit souhaiterait-elle un retour en arrière ? Mais il fallait au moins le reconnaître, la malédiction se poursuivait et se développait bien après qu'ils soient redevenu à peu près ce qu'ils étaient.

-C'est tellement compliqué. Tout se mélange si facilement dans ma tête ! Est-ce que tu peux penser ainsi parce que tu as déjà vécut comme un homme il y a si longtemps ? Est-ce que tu peux faire le tri en sachant que tout cela n'est pas ta vie ?

Pourquoi elle-même faisait tant d'histoires ? Elle avait l'impression de geindre pour un rien, même si pour elle tout cela avait importance. Mais comparé à d'autres, à commencer par son interlocuteur, ses pensées semblaient si dérisoires ! Elle ne retins pas son sourire lorsqu'il prit en exemple ses propres pouvoirs, chassant pendant un court instant quelques ombres sur son visage. C'était en fait un assez bon exemple, surtout quand elle l'avait expérimenté il y a peu, à peine quelques mois. Elle avait vécut ces quelques minutes comme si elle y était vraiment - et il n'avait pas fallut plus de quelques minutes pour qu'elle s'y retrouve, sans rêve cette fois-ci. « Je suis quasiment sûr que tu ne te servirais pas de tes pouvoirs pour me faire croire tout ça. Tu as bien d'autres préoccupations à ce qu'il me semble, beaucoup plus... profitable pour toi » répondit-elle d'un ton à peu près taquin, on y croirait presque. Mais ces vingt-huit ans écoulés, elle n'avait pas rouvert les yeux à Valentine's Town, des ailes dans le dos, aux cotés d'une morte ramené dans sa ville, d'un vivant kidnappé. Ses ailes, il lui avait fallut supporter leur retour, la douleur des os tranchant la chair de son dos. Roselina était à nouveau morte. Il y avait cette vie derrière elle, trop bien construit pour qu'elle n'y pense pas. Il y avait cette Valentina qui avait disparu tout au fond d'elle, il y avait cette vie qui se pressait aux portes de son esprit, qui remplissait un tout nouvel espace dans sa mémoire qui n'avait jamais auparavant existé.

-Cette magie nous a fait faire un peu n'importe quoi oui. Elle a essayé de garder nos vie, mais d'en changer la donne, et des fois ça a pas mal foiré. Je remercie le Ciel que Noël ou Patrick ne soit pas ici, ou du moins pas assez proche de moi : penser qu'à cause de cette ville j'aurais pu avoir une histoire avec l'un d'eux... Si tu considère vraiment Tathianna comme ta sœur, je ne sais pas comment tu fais !

Mais il faut dire que l'amour était un sujet méticuleux et sensible chez la jeune femme. Elle se détendait légèrement, occupait son esprit. Elle se concentrait sur autre chose que la sourde douleur qui pulsait irrégulièrement à certains endroits de son corps. Aisling s'était laissé allé sur le canapé, et inconsciemment elle avait fait de même, se callant du mieux qu'elle pouvait entre les coussins. Elle avait attrapé du bout des doigts un morceau de brioche qu'elle grignota en écoutant son compagnon parler. Ses deux ailes s'arrangeaient tant bien que - surtout - mal derrière elle, en cherchant une position la moins douloureuse possible. Et puis, tout à coup, elle se referma comme une huitre. Fermée, repliée sur elle-même. Aurait-elle eu un stylo entre ses mains, elle l'aurait tordu. Aurait-elle eu un verre, il se serait brisé, ou bien serait-il tombé. Mais rien ne se cassa. Oh, elle percevait bien sa tentative d'humour, de laisser tout cela derrière elle. Peut-être aurait-elle pu en rire d'ailleurs si l'un de ces hommes n'étaient justement pas un homme semble-t-il terriblement mauvais, et touchant de près au passé proche d'Aisling. La première - et seule fois - qu'il avait mentionné cet homme devant elle, il avait été dans une colère noir, aussi noir au moins que son sable, et aujourd'hui il était semble-t-il entièrement sombre : sa colère n'en serait-elle pas plus grande ? Pourtant, elle n'avait pas vraiment peur d'Aisling, jamais. Mais elle n'aurait pas voulu être témoin de cela, et puis l'homme n'avait rien tenté depuis le retour des souvenirs ? Inutile de faire basculer son compagnon un peu plus dans les ténèbres. Pourtant, l'offre était bien là, une tentative pour l'aider à exorciser ses histoires, tourner la page. Si seulement elle ne l'avait pas connu !

-Jack l'éventreur me semblait déjà bien suffisant pour remplir une bonne partie du tableau tu ne crois pas ?

Mais avait-elle mentionné depuis la veille l'identité de son agresseur ? Elle se souvenait des pleurs, et puis aussi de son incapacités à former des phrases complètes. Négatif, elle ne l'avait pas vraiment dit, trop paniquée et terrorisée. L'ancien Cupidon détourna brusquement le regard, retournant à ce motif sur le sol soudainement très intéressant. Pas comme si elle avait cherché l'information, d'une certain importance tout de même pour appréhender ce qui lui était arrivé ces derniers jours et l'ampleur de sa propre malédiction, l'amour maudit. Et il voulait qu'elle lui avoue que dans son tableau, un autre nom qui prenait de la place était celui du Maitre de la Peur ? Impossible ! « Je n'en ai revu aucun à part lui depuis notre retour. Que cela reste donc ainsi ! Je ne suis pas pressée de croiser la route des autres, surtout quand je sais l'identité de cert ». Peut-on vraiment s'infliger une gifle mentale ? C'était en tout cas l'intention de Valentina au sein même de son propre esprit. Elle avait voulu donner le change, détourner son esprit de ces hommes passés et présent, et voilà qu'elle allait un peu trop loin ! Mais quelle idiote ! Elle aurait du rester à ses premiers mots sans vouloir s'enfoncer dans les excuses. Bien joué Val ! Son poing se resserra à nouveau, et sans doute mordait-elle un peu - beaucoup - trop fort dans sa lèvre, le visage baissé et à moitié caché par les mèches de ses cheveux blond.



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MessageSujet: Re: Les oiseaux qu'on met en cage peuvent-ils encore voler ? || Ft Aisling   Sam 13 Aoû - 14:11

Les oiseaux qu'on met en cage peuvent ils encore voler ?

Val' & Dark Aisling & Le cadavre de John


« Ça tu n’en sais rien … » Sa voix était comme en suspend dans l’air, alors qu’il réfléchissait si un jour il pourrait faire une chose pareille. Avant il aurait dit non, ou alors il aurait créé une vie de merveilles et de bonheur … Aujourd’hui ce n’était plus le cas et seul Moony savait ce qu’il pourrait faire une fois qu’il serait tombé entièrement du mauvais côté. Créer une illusion avec les peurs les plus intimes de chacun ? Les tourmenter avec jusqu’à ce qu’ils en meurent ? Tout était possible mais il ne voulait pas y penser, il ne voulait pas voir cet avenir sombre qui se dessinait devant lui comme une large avenue. Continuant à discuter sur ce qu’elle disait, il arriva à chasser ces ombres de son esprit. « Et bien je me dis que déjà c’est du passé, et que surtout ça n’a pas existé. » Oui c’était mieux ainsi. Même si son esprit lui disait qu’il avait aimé passionnément Tathianna, cela n’était pas vrai, qu’une simple illusion, qui s’était brisée à la levée de la malédiction. « Pense que tu étais comme dans une sorte de cage, rempli de miroir, que tu as brisé quand la magie est revenue. Toutes celles que tu voyais n’existaient pas, et bien là c’est pareil. » Se grattant la tête, il pensa que cette malédiction n’avait pas que bousillé leurs vies, qu’elle les faisait réfléchir à en devenir cinglé. Pas étonnant que le taux d’hospitalisation en hôpital psychiatrique dépassé tous les records à Storybrook.

Voulant faire sourire la jeune femme tout en essayant de répondre à ses propres interrogations, il fit un trait d’humour sur les différents partenaires qu’elle aurait pu avoir. Certes ce n’était pas la meilleure chose pour lui faire avouer, mais Aisling était comme ça, et il avait déjà fait un grand effort depuis ce début de matinée pour ne pas plus se moquer d’elle. « Madame ne sort qu’avec des légendes alors … » Là c’était trop facile, tellement facile qu’il ne put retenir une sorte de gloussement à mi-chemin entre le ricanement et le sarcasme. Cependant savoir qu’un être comme Jack l’éventreur se trouvait en ville, et pouvait commettre à nouveau des crimes ne l’inspirait guère. Il n’était pas de la police, mais son esprit encore un peu allumé de gardien lui disait d’aller régler le problème lui-même. Mais de toute façon, il y avait bien trop de ‘héros’ pour qu’il ne tente quelque chose de gros, trop gros. « Regarde, si on fait un classement grâce à tes aventures on pourrait faire un recensement des méchants, tu vas être utile à la société. » Ok, là c’était carrément de la raillerie mais il n’y pouvait rien, il trouvait la situation assez amusante. « Allez vas y, on a tous nos casseroles et puis j’aimerais bien être préparé où cas les autres viendraient récupérer leurs dus. » Car ce n’est pas si elle ne leur parlait plus, qu’ils ne voudraient pas faire taire celle qui pouvait connaître leurs secrets. Cette malédiction était étrange, car elle avait lié des vies qui n’auraient jamais dû se croiser et la curiosité du marchand de sable le poussait à découvrir avec qui celle de Valentina avait été mêlée.

Le silence commençait à s’installer, signe que la demoiselle blonde ne voulait pas répondre. Aisling poussa un soupir avant de commencer à ranger la nourriture du petit déjeuner. Allant dans la cuisine il se servit un grand verre d’eau, pour enlever la sensation de sécheresse qu’il avait dans la gorge. Ce n’était pas bon signe, jamais il n’aurait dû avoir ce genre de perception. Même s’il était humain, avec de la chair, il avait été composé de sable pendant plus de deux millénaires. La sècheresse était son alliée, pas son ennemie, mais aujourd’hui la donne avait changé. S’appuyant contre le bar, ne faisant plus attention à sa gorge, il se remit alors à parler. « Si tu ne veux rien dire c’est ton droit, mais sache que ce n’est pas très sympathique d’avoir fait ça. » Laissant planer un suspense, qu’il aimait entretenir par un hochement de tête, il vut qu’il avait gagné quand Valentina tourna enfin le regard vers lui. « Et bien oui, tu en as soit pas assez dit mais en même temps tu en as trop dit. Certains sont pour toi un mystère, mais les autres ? Il ne fallait pas dire que tu connaissais leur identité si ce n’était pas pour la dire. » Et bim, Aisling rentrait dans le game et un large sourire fendit son visage voyant qu’il avait taper juste. Se détournant quelques minutes de sa victime, pour l’a faire réfléchir sur ce qu’il venait de lui dire, il finit de ranger les quelques sachets qui étaient sur le plan de travail ainsi que les deux tasses qu’il posa dans l’évier. Pensant que c’était le bon moment, il retourna sur le canapé comme si rien ne s’était passé. « Qu’est ce que tu veux faire aujourd’hui ? »  Changer de conversation en ayant l’air innocent, pour qu’elle rumine ses pensées. Si elle ne lui disait pas maintenant, elle serait obligée de lui dire plus tard, pour libérer sa conscience qui serait en trop plein, en saturation même. Le silence était pesant et la limite de patience du marchand de sable avait diminué de moitié avec l'arrivée du sable noir. Il tappa quelques instants du pieds avant de finir par se lever d'un bond du canapé. "Tu veux que j'ailles chercher quelques affaires dans ton appartement ?" Après tout, c'est vrai qu'elle n'avait rien, elle était arrivée ici tellement rapidement, et puis elle avait aussi autre chose à penser que faire sa valise, ce qu'Aisling pouvait tout à fait comprendre.

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MessageSujet: Re: Les oiseaux qu'on met en cage peuvent-ils encore voler ? || Ft Aisling   Dim 14 Aoû - 1:47




« Les oiseaux qu'on met en cage peuvent-ils encore voler ? »
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Elle ne connaissait pas l'identité de tout ses ex, mais elle pouvait être sûr quà peu près tous avait un passif pas très sympathique. S'en était même risible oui, d'une certaine façon, de voir comment la magie s'était débrouillée pour l'arranger avec le plus de mauvais garçons. Il avait raison après tout on pouvait faire un tableau de chasse plutôt sympa : si tout ces hommes étaient d'ancien - et actuel ? - méchants en puissant, bien que le terme la fasse tiquer, ils tenaient là la possibilité de faire baisser drastiquement la criminalité de Storybrook. Une image traversa son esprit, où elle se rendait au bureau du sheriff pour qu'il arrête autant de personne sous le prétexte qu'ils étaient sortit avec elle. Risible. Mais si en elle-même, elle riait légèrement, cela ne dépassa pas le fond de ses yeux. Il riait de tout cela, il le faisait aussi pour la sortir de cette morosité, et elle l'admirait pour ça. Mais cette phrase la fit frémir en elle-même. Récupérer leur du. C'est comme ça qu'avait résonné John non ? Comme si elle était un objet qu'on s'arrachait, sur lequel ils avaient des droits, une chose qu'ils avaient laissé de coté un temps et qu'ils pensaient pouvoir réclamer à présent. Comme si elle-même, elle ne comptait pas. Quel abomination pour l'Homme !

Elle n'osait en tout cas pas relever le regard. Elle savait en avoir trop dit. C'était souvent comme ça avec Valentina, elle était incapable de se taire et de garder un secret s'il n'était pas absolument vital. Il suffisait qu'elle s'emballe quelques secondes, et c'était foutu. Mais elle ne voulait pas parler ! Elle avait presque autant peur de sa réaction qu'un de ses hommes viennent un jour frapper à sa porte. Pas qu'elle avait peur pour eux ou pour elle, mais elle était "simplement" effrayé d'avoir à gérer sa possible colère, elle avait été suffisamment chamboulé quand il lui avait parlé de Pitch la dernière fois. Elle releva légèrement le visage lorsqu'il se leva, et elle s'empressa de l'aider à ranger ce qu'ils avaient déballé pour le petit déjeuner. Sitôt fait, elle retourna se blottir sur le canapé plutôt que de le suivre comme l'ombre qu'elle était depuis ce matin. Elle savait bien sûr qu'elle devait parler. Ne serait-ce que pour soulager son cœur, partager ce fardeau. Elle était piégée de toute façon, non ? Elle le voyait au sourire qu'affichait son sauveur. Il ne la forcerait pas, ne l'acculerais pas pour lui arracher la vérité parce qu'il savait qu'elle finirait par tout avouer d'elle-même - quelque chose qu'elle appréciait à sa juste valeur. Elle aurait voulu répondre, parler, mais sa gorge était douloureuse, sa voix enrouée. Comme si son corps même lui interdisait de s'exprimer.

Le brusque changement de sujet l'a surpris tant qu'elle restait de toute façon sans voix. Que faire ? Elle n'avait absolument aucune idée de comment occuper sa journée, comme si toute activité normale avait disparut de son esprit, remplacé par la langueur et la morosité qu'elle ressentait actuellement. Que pourrait-elle bien faire ? Aisling, lui, semblait prêt à bouger dans tout les sens pour trouver quoi faire. D'ailleurs, se rendre chez elle n'était pas une mauvaise idée en soi, et le contraire même. Pas qu'elle ne veuille mettre à  nouveau des habits de Tathianna trouvé au fin fond de son placard... mais elle préférait éviter tout de même. Et il fallait renouveler le stock de chocolat de cette maison. « Il faut donner à manger à Zelda » chuchota-t-elle. Horrible comme l'animal semblait pourtant passer en second plan dans son esprit. Il n'y avait que la culpabilité qui l'accablait de faire subir cela au marchand de sable, lui qui l'avait sauvé, soutenu et aidé. Mais la vérité n'était-elle pas plus dangereuse que le mensonge. Il s'était levé soudainement, comme si le besoin de bouger était plus fort que lui, et elle l'avait suivit plus souplement qu'elle l'aurait cru. Juste derrière lui, elle s'empressa de passer ses petits bras autour de son corps pour l'arrêter dans son mouvement, pour l'arrêter ici.  Pour qu'il ne parte pas n'importe où. Pour qu'il reste, qu'il ne s'éloigne pas d'elle. Elle enfouit son visage contre son dos, à moitié heureuse de ne pas voir son visage pendant qu'elle lui révèle tout. Malheureuse de ne pouvoir le voir aussi, de mesurer l'ampleur de tout cela.

-C'est la vérité qui n'est pas très sympathique. Je ne veux pas que tu la connaisse. J'ai peur de ça. Mais il faut bien en passer par là je crois. C'est de ma faute, murmure-t-elle en enfonçant un peu plus son visage contre sa peau. « Je sais qu'Arthur... » elle butte un peu sur le prénom qu'elle n'a pas prononcé depuis des années surement. Ou jamais ? Son premier amant, selon la malédiction, un souvenir bien douloureux et resté en travers de la gorge. Foutue malédiction. « Arthur est un genre de démon mineur si j'ai bien comprit, d'origine japonaise si on peut comparer avec la culture de ce monde sans magie ». Devait-elle mentionner l'avoir déjà revue, et avoir déjà exercer une vengeance à la sauve Cupidon ? Avoir oublier de piquer de sa flèche la femme qui l'accompagnait était certes un peu cruelle, mais pas bien méchant après tout. Mais elle priait surtout pour qu'il ne sache jamais ce qu'elle avait fait sur lui. « L'autre... ». Ses bras se resserrent autour de son torse, ses mains contre sa peau chaude. Elle ne veut pas le dire. Les mots franchissent pourtant sa bouche, l'air de sa respiration effleurant la peau nue d'Aisling. « L'autre, c'est toi-même qui m'a appris qui il était avant. Quel monstre il était. » Quelques secondes d'un affreux suspense passent alors qu'elle reprend son souffle. « L'autre, c'était Bartiméus Pitchiner ».


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MessageSujet: Re: Les oiseaux qu'on met en cage peuvent-ils encore voler ? || Ft Aisling   Dim 14 Aoû - 13:53

Les oiseaux qu'on met en cage peuvent ils encore voler ?

Val' & Dark Aisling & La tapette



Zelda ? Il hésita pendant quelques secondes avant de se rappelle qu’elle parlait très certainement de sa colombe. Il avait trouvé ça marrant la première fois qu’il était allé chez elle. Normalement on a un chat, un chien ou même un poisson rouge comme animal de compagnie. Et bien non, par pour Miss Cupidon qui avait pris une colombe, symbole de la paix et de la fraternité rien que ça. « Tu peux l’à ramener ici si tu ne veux pas l’à laisser seule. » Ça ne le dérangeait pas vraiment d’avoir un oiseau dans sa maison, elle était assez spacieuse pour qu’il ne l’à croiser pas toutes les deux minutes. « Mais j’aimerais éviter qu’elle me fasse des dégâts inopinés si tu vois ce que je veux dire. » Mimant une grimace de dégout, il était mine de rien sérieux en disant ça. Déjà qu’il devait réparer sa porte vitrée, il n’allait pas non plus passer ses journées à ramasser les déjections d’un pigeon. Parce que qu’on se le dise, une colombe, un pigeon, c’était du pareil au même pour Aisling. Regardant Valentina se lever du canapé pour venir se coller contre lui, il haussa un sourcil à ce changement brusque de comportement. Oh allait-elle enfin lui avouer ses terribles secrets ? Sa techniquement de détournement de la conversation avait elle aussi bien marché ? Un sourire en coin naquit sur son visage alors qu’il sentait les deux bras de la jeune femme s’enrouler autour de son torse, tandis que ces cheveux blonds lui chatouillaient sa peau nue. « On a besoin d’un gros câlin ? » Il n’aurait pas du faire le malin de la sorte, le retour de bâton était proche.

Il eut un petit soupir de lassitude en entendant les mots qu’elle disait. « Valentina qu’est-ce que j’ai dit avant ? Pas assez ou trop … » On pouvait d’ailleurs entendre à son intonation qu’il en avait marre de ce petit jeu de ‘il ne faut pas que tu saches mais en même temps j’en balances un peu trop’. « Le Nogstiune ? » Aisling en avait déjà entendu parler, enfin il l’avait surtout lu cette légende du renard à neuf queues. Il pouvait être démoniaque ou pacifiste, cela dépendait de sa nature. Pour le coup ce dernier devait plus penchait du mauvais côté de la balance. Enfin d’autres noms allaient sortir, ce qui intéressait plus le marchand de sable. Contractant ses muscles, signe de sa tension, il était plus concentré que jamais, espérant se tromper sur l’identité du suivant. Il n’avait parlé à la jeune femme que d’une seule personne qui pouvait être mauvaise, même s’il en connaissait pleins d’autres de par son monde. Bartémius, Pitch. Voila, le nom était sorti, restant en suspend dans l’air alors qu’il avait l’impression que le temps s’était arrêté. Bizarrement, il s’en doutait, il le savait en réalité au fond de lui depuis le début, peut-être était-ce pour ça qu’il avait tant voulu à ce qu’elle lui dise, qu’elle lui avoue d’elle-même. Après tout, cela faisait un moment qu’elle lui avait dit que la malédiction l’avait casé avec ce que l’on pouvait qualifier comme la lie de la société, voir même pire, le haut du panier des méchants. Et même si Aisling vouait une haine sans pareil à Bartémius, encore plus depuis qu’il lui avait rouvert sa plaie, il ne pouvait pas l’exclure du groupe de ces vils personnes. Il était le roi des cauchemars, enfin il avait été celui qui donnait des frissons qu’en prononçant son nom, qui jouait des peurs et des angoisses, il était lui aussi une légende, celle du croque mitaine, du boogey man, alors c’était presque comme une évidence que Valentina ait eu une aventure avec lui.

« Ça confirme mes dires, tu aimes vraiment les légendes… » Son ton était dur, mais pas amère. Pouvait-il lui en vouloir alors que tout ceci avait été manigancé par cette malédiction ? Attrapant la petite main qui courait sur son torse, il l’a bloqua fermement au niveau de son abdomen, l’a serrant fortement. « En réalité, je le savais. » Il pouvait sentir la respiration de la jeune femme s’accélérer, alors qu’il baissait lui-même la tête. « Ce n’est que de la logique. Si comme tu disais tu étais sortie qu’avec des méchants, Pitch était forcément dans ta liste. » Il disait tout haut ce qu’il pensait tout bas car après tout, ça ne servait à rien de lui cacher ce qu’il ruminait depuis un moment.  « Puis avec la gueule d’ange que la malédiction lui a donné, ça ne m’étonne même pas qu’il puisse arriver à séduire. » Un rire amer sorti de la gorge du jeune homme. Oui, c’était d’ailleurs ça qui l’avait lui aussi attrapé. Il ne l’avait pas reconnu, même si son instinct, ce magnétisme qui les reliaient, lui disait que c’était forcément lui. Et à cause de son idiotie, il s’était fait à nouveau planter comme quand Pitch voulait contrôler leur monde. Mais il avait fait parce qu’il savait qu’il n’avait plus le contrôle du sable noir, il lui avait volé, ce n’était que le juste retour des choses. Cette malédiction n’avait finalement pas fait que des mauvaises choses, si on regardait par cette petite fente. Se retournant en se contorsionnant, il sentait qu’elle resserrait à nouveau sa prise sur lui. Il l’embrassa alors sur le front, comme une vieille habitude qu’il avait prise pour lui signifier que tout allait bien. Il arrive facilement à se défaire de ses petits bras qu’il laissa tomber délicatement de chaque côté de ce corps, dont il mit une sorte de distance de sécurité. Même s’il restait calme, qu’il lui disait que tout allait bien, ses veines se noircissaient de minutes en minutes. « Repose toi, fait ce que tu as envie, fait comme chez toi. » Il lui envoya un petit sourire avant de prendre la direction de sa chambre, l’a laissant seule après cette révélation. S’il y avait bien une personne dont il n’avait pas envie de blesser en ce moment c’était bien Valentina. Alors il préférait partir, changer d’air avant qu’il ne pète un plomb. Attrapant un t-shirt, il se regarda quelques instants dans le miroir. Oui c’est sûr que Bartemius était plus attirant que lui. Il rigola, se moquant de lui-même avant de passer sa veste de jogging. Jetant un coup d’œil, il laissa son portable sur sa table de chevet, ne voulant s’encombrer de rien. Passant devant le salon, s’arrêtant dans le petit couloir, il attrapa les siennes, de clés, qui traînait sur le meuble. « Je vais prendre l’air, je te répètes, fait comme chez toi. » Et sur cette dernière phrase, il sortit de chez lui, laissant Valentina à elle-même. C’était mieux ainsi, il ne voulait pas lui faire de mal, ce n’était pas de sa faute, elle n’y était pour rien, et en réalité il n’avait aucune haine envers elle. Cependant il allait trouver Pitch, une bonne correction s’imposait là maintenant tout de suite.

La nuit était en train de tomber sur la ville de Storybrook et Aisling était encore plus en colère que ce matin. Cette sale vermine était introuvable, alors qu’il avait bien fait tous les recoins même les plus dangereux de la ville. Ou est-ce que Pitch pouvait bien se trouver à l’heure actuelle ?  Pourtant il savait qu’il était dans la ville, il le sentait alors où ? Marchant de plus en plus rapidement, les mains dans les poches, il scrutait la moindre ruelle, le moindre carrefour et surtout la moindre ombre qui se répercutait sur la route. Mais quelque chose lui disait qu’il ne le trouverait pas aujourd’hui. Levant la tête vers la lune, il soupira. « Pas ce soir c’est ça ? Quand est ce que j’aurais ma revanche Moony ? » Bien entendu, l’astre lunaire resta silencieux, renfrognant l’ancien gardien. Il tapa dans une canette qui se trouvait sur le sol, alors que le bruit se répercutait dans le quartier. Que devait-il faire ? Continuer à errer dans la ville comme une âme en peine, cherchant la bagarre pour se défouler ? Ou rentrer chez lui, pour affronter Valentina et surtout s’occuper d’elle. Il hésita quelques minutes quand il sursauta brusquement. Sans attendre, il donna un violent coup de poing dans le mur de briques. « Je t’ai vu sale charogne. » Une personne extérieure aurait pensé qu’il devenait fou, à parler comme ça à un mur, alors que sa main saignait. « Tu me suivais ? Toujours aussi lâche et pathétique … » Il se déplaça de quelques mètres avant de rencogner dans le mur, se fichant de la douleur qui pouvait lui irradier le bras. « Quand arrêteras-tu de te cacher dans les ombres ? Je sais que tu es là, Pitch. »  Effectivement une ombre sortie du noir, grandissant sur le mur, prenant la forme d’un homme. « Pour que tu me réduises en bouillie ? Non merci mon ami. »  Aisling rigola alors qu’il faisait apparaître ses deux fouets qui étaient eux aussi envahi par le sable noir. « Oh mais c’est que tu es bientôt prêt … » Si le bruit de la canette avait résonné dans le quartier, le bruit de ses fouets contre le mur avait dû être entendu par tous. « Ferme ta gueule de déchet et viens ici qu’on règle ça une bonne fois pour toute. » Bon sang qu’il avait le don de l’énerver, il n’avait qu’une idée en tête, le réduire en bouillie comme il lui avait si bien dit. « Tout doux Marchand de sable, tu n’as pas besoin de sortir de tes gongs maintenant. Tu le feras quand je l’aurais décidé. » Ses fouets tapaient à l’endroit où l’ombre était, mais cette dernière disparue pour aller sur l’autre mur, rependant son rire dans les oreilles d’Aisling. Ce dernier fit disparaitre ses deux armes alors qu’un sourire encore plus effrayant que celui de son homologue apparaissait sur son visage. « Quand tu l’auras voulu ? Bien sûr, et je te fais une danse du ventre en même temps ? » Le sable noir entourait l’ancien marchand de sable comme un cocon d’où rien de bon ne pouvait en sortir. Redonnant un coup de poing dans le mur, cette fois il sentit ce qu’il voulait attraper. D’un geste violent il arriva à faire sortir Bartémius de sous sa forme d’ombre. « Non mon ami, c’est moi qui décide de ou quand et comment. » Il l’attrapa par la gorge, serrant de plus en plus fort, se délectant de cette expression de peur. « Je te remercie d’ailleurs pour m’avoir rendu ce que tu m’as pris il y a des millénaires. » Pour accentuer ses paroles, il passa son autre main devant ses yeux, le recouvrant de sable noir. « J’aime beaucoup ta nouvelle protégée, Cupidon. »

Parce qu’Aisling avait oublié l’une des choses qui caractérisait sa Némésis, la fourberie, surtout quand il était en position de faiblesse. Il n’avait fallu que quelques secondes de déconcentration pour qu’il arrive à lui échapper de la main et qu’il retourne dans le monde des Ombres. « Oh mon ami, quel gros point faible a-tu là ? » « Tu veux qu’on parle des tiens Pitch ? Laisses Valentina en dehors de tout ça, c’est notre guerre, pas la sienne. » « On utilise tout dans une guerre, et en priorité ce qui peut toucher l’ennemi … » C’est alors qu’il écarquilla les yeux, comprenant la signification des mots qu’il lui disait. Valentina était seule, sans aucune défense, vulnérable. Il n’eut le temps de rien rajouter, de ne rien tenter avec son sable que l’ombre était partie dans un ricanement sadique. Non, s’il venait à faire du mal à la jeune femme, il s’en voudrait pour un moment. En plus, il avait laissé son portable comme un débile qu’il était. Ne perdant pas de temps, il se mit alors à courir aussi vite qu’il put, traversant les différents quartiers de la ville avant d’arriver à l’entrée du sien. Ses cotes le brulaient alors que sa respiration devenait difficile. Il forçait ses les muscles de ses jambes pour franchir les derniers mètres qui le séparait de sa maison. Il se jeta alors sur la porte d’entrée, l’a brisant un peu plus qu’elle ne l’était déjà. « Valentina. » Il hurla de toutes les dernières forces qui lui restait, en se précipitant dans le salon. Il se stoppa net, quand il aperçut qu’elle se trouvait dans le canapé, sous une polaire, un livre à la main alors qu’elle le regardait étrangement. « Oh le connard. »  S’appuyant contre le montant de l’arche séparant le salon de la cuisine, il comprenait qu’il s’était fait berné par Pitch. « Et moi qui tombe dans le panneau bien comme il faut. » Il commençait enfin à ressentir la douleur alors que l’adrénaline de la peur qu’il avait eu s’évaporait. « La prochaine fois que je trouve Pitch, je le tue. Plus de conversation courtoise, et de blabal, tout ce cinéma doit cesser. » Oh oui, de toute façon il le savait, que la prochaine fois serait la fameuse guerre dont il parlait, celle entre les rêves et les cauchemars. Mais pour le moment, il avait autre chose à faire, comme soigner cette main qui continuait de saigner sur son jogging et sur le sol de son appartement.

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MessageSujet: Re: Les oiseaux qu'on met en cage peuvent-ils encore voler ? || Ft Aisling   Ven 19 Aoû - 2:32




« Les oiseaux qu'on met en cage peuvent-ils encore voler ? »
ft Aisling



Elle était restée contre lui, le visage nichée contre son dos, les mèches de ses cheveux chatouillant certainement sa peau, et sa voix sortait étouffé mais clair pour qu'il puisse l'entendre. Un gros câlin ? Certainement que oui, elle ne pouvait le nier. Mais qui n'en voudrait pas dans sa situation ? Oh, elle en avait même viscéralement besoin, aussi étrange que cela puisse paraître, de cette étreinte qu'elle pouvait contrôler, de ce contact consentant avec une personne qui ne souhaitait pas sa mort, et plutôt même le contraire. Cela avait quelque d'étrangement rassurant qu'elle n'expliquait pas, alors qu'elle pensait devoir fuir toute personne souhaitant l'approcher de trop près. Mais non, elle avait besoin de ça. Le nom sortit dans un souffle, elle se tut enfin, attendant avec une impatience morbide et une peur ancrée dans tout son corps. Elle avait craint une explosion de colère, plus contre l'absent que contre elle, une violence nouvelle, et il n'en était rien. Il attrapa sa main agitée, et resta calme au plus grand bonheur de la jeune femme. Tout allait bien. Après tout, ne cessait-il pas de dire l'instant d'avant que tout cela n'était qu'un rêve étrange et réaliste, mais un songe tout de même ? Son petit nez se fronça lorsqu'il mentionna la capacité à séduire du fautif, comme si finalement tout s'arrêtait à son physique et que n'importe quelle femme, dont elle, se ferait forcement avoir par cela ! Oui bon, Valentin avait en effet été charmé dès le premier regard par ce visage d'ange, mais cela n'avait pas fait tout ! Ses souvenirs de ce passé était certes flou, mais elle savait qu'il n'y avait pas eu que ça, qu'il y avait une séduction mutuelle, et un bonheur étrange et amer aujourd'hui. C'était toujours ainsi n'est-ce pas de toute façon ? Une belle histoire qui commençait si bien. Et plus tout cela semblait parfait et beau, plus ça se terminait mal. Mais elle ne dit rien pourtant sur l'offense que semblait lui faire Aisling. Quelque part, il n'avait surement pas pensé à cet aspect, elle en était convaincu. Et il n'avait pas besoin de savoir tout les détails, dieu merci !

Lorsqu'Aisling bougea, elle resserra instinctivement ses bras sur lui. Qu'il n'essaie pas de partir comme cela, elle ne l'accepterait pas ! Mais quand elle comprit, enfin, qu'il ne tentait que de se retourner, elle consentit à relâcher quelque peu son étreinte afin qu'il puisse se tourner sans lui faire mal - parce qu'elle voyait mal comment elle pourrait lui faire mal. Toujours est-il qu'après avoir déposer un baiser sur son front, un geste presque traditionnel qui rassurait la jeune femme sans qu'elle n'explique autrement que parce que c'est que c'est ce qu'il faisait toujours, il réussit elle-ne-savait-trop-comment à la faire lâcher prise, et elle rencontra son regard pour ne plus le lâcher, la respiration tout à coup bloqué. Mais elle se trompait n'est-ce pas ? Il restait ici, et lui conseillait seulement de prendre ses aises. Il se dirigeait d'ailleurs vers sa chambre, donc tout allait bien. Un fragile sourire s'installa sur ses lèvres, alors qu'elle retournait se blottir sur le canapé, ne sachant en fin de compte pas quoi faire. Il fana bien vite lorsqu'elle le vit repassé, une veste sur le dos, saisissant ses clefs au passage. « Atte ! » eut-elle le temps de dire avant qu'il ne ferme la porte derrière lui. Elle était seule. « Rentre vite » dit-elle à la porte close. Dehors, le soleil montait lentement dans le ciel.

Elle avait finit par s'échouer à nouveau sur le canapé, à zapper les chaines de télévision aux programmes tous plus inintéressant au possible. Elle passait de film à l'eau de rose niais et chiant - même pour elle et surtout aujourd'hui - à des émissions toutes stupides et inutiles. Le temps passa, et bientôt elle eut de nouveau faim, guère étonnant au vu de l'heure avancée. Et toujours aucune trace de l'homme. Mais Valentina n'était pas inquiète, il rentrerait bientôt ! Elle se rendit d'ailleurs dans la cuisine, farfouillant dans les placards pour composer un repas digne de ce nom à son hôte. Mais quand elle termina la préparation, et qu'elle eut attendu suffisamment longtemps assise à la table dressée pour deux, l'heure du midi était déjà dépassé depuis un moment. Résignée, elle mangea seule et remballa le reste. Toujours aucun signe. Elle se réinstalla dans le salon en soupirant. Toujours rien. Elle ne faisait plus que ça maintenant, oubliant tout autre occupation. Il y avait l'horloge, et la porte. La porte et l'horloge. Et s'il lui était arrivé quelque chose ? Non, Aisling était suffisamment fort pour savoir se défendre, et la défendre par la même occasion. Oui, mais il n'était pas là. Et si John revenait à l'assaut ? Il n'oserait pas pointer son nez chez l'homme qui l'avait repoussé aisément la nuit dernière. Oui mais s'il savait que son protecteur était sortir, pas encore rentré ? Et si, et si, les questions et les inquiétudes tournaient dans son esprit dans un furieux maelstrom. Valentina avait l'impression que son crâne allait imploser, elle devait se détourner de tout cela, se mettre hors d'atteintes de John et de ses peurs. Elle devait sortir de la maison.

Elle se leva brusquement, décidée à sortir sur l'instant. Elle attrapa une large veste de l'homme dans laquelle elle se coucouna, une note déposé sur la table - ça lui apprendrait à partir sans laisser de nouvelles et sans son portable ! Qu'il s'inquiète donc un peu de l'avoir laisser là en plan ! - et elle sortit enfin dehors, fermant tant bien que mal la porte derrière elle. Première étape, sa maison ! Elle s'élança dans la chaleur de l'après-midi, ses ailes frétillantes calées sous la veste. Quand elle arriva pourtant, le jour sembla s'assombrir à son approche. Comme si le monde, quelque part la haut, avait baissé l'intensité de la lumière autour de cette maison. Et si il l'attendait là ? Après tout, il devait bien savoir qu'elle devrait y retourner à un moment ou à un autre, déjà parce qu'il ne pensait peut-être pas qu'elle pouvait rester un peu chez Aisling. Nettement moins assurée, elle poussa la porte, qui grinça sinistrement dans le vide ambiant. Tout semblait pourtant intact dans sa maison. Mais tout était si étouffant ! Elle monta rapidement dans sa chambre, entassant rapidement des affaires dans une valise, observant nerveusement autour d'elle. Quand elle eut finit, elle redescendit bien vite, saisissant au passage la cage de transport de Zelda. Le perchoir pouvait bien attendre quelques temps ! Elle se dépêcha de sortir, sursautant au moindre bruit qu'elle considérait come suspect. Le pire fut lorsque dans les buissons, quelque chose bougea. Son souffle se coupa, la terreur froide se rependant dans ses veines, le corps tremblant, le cœur battant. Et puis un chat en était sortit.

A présent, elle était réfugiée à nouveau chez le marchand de sable, les mains encore moites. C'était trop bête, mais à chaque ombre apparaissant elle sursautait comme une forcenée et tremblait de partout. Ce n'était pas une bonne façon de réagir, mais elle était incapable de contrôler cette peur glacée qui couvait en elle. Au moins se sentait-elle maintenant en relative sécurité, Elle avait froissé sa note, jeté dans la poubelle, installé la petite colombe - très propre - dans un coin pas trop gênant, et s'était blottit sur le canapé, enroulé dans une polaire trouvé dans le coin, qui portait l'odeur rassurante d'Aisling et de sa demeure. Un livre à la main, elle ne parvenait pourtant pas à lire correctement, ses pensées ne cessant de faire des bonds, et ses yeux ne cessant de surveiller l'horloge. La nuit tombait. Est-ce que quelque chose aurait pu lui arriver finalement ? Elle ne voulait y croire. Mais comment expliquer son absence ? Elle regrettait tellement sa présence ! Supporter ses reproches et sa déception quant à son silence n'aurait-il pas été préférable ? Au moins serait-il resté. Elle était seule. Mais il reviendrait, c'était sûr, et ce n'est pas ce qui inquiétait tant Valentina. Mais qu'est-ce qui pouvait lui prendre autant de temps ? C'était pour lui qu'elle se rongeait les sangs. Elle avait peur de ce qu'il pourrait faire, peur de cette colère et de cette violence qu'elle avait voulut éviter, peur qu'il ne se déchaine ailleurs plutôt que devant elle. Peur d'être laissez seule trop longtemps, malgré les airs qu'elle se donnait.

Et puis elle entendit sa voix, affolé, et le bruit d'une porte défoncée, disons plus qu'elle ne l'est déjà. Ses yeux quittèrent immédiatement son livre, trop peu concentrée, pour se fixer sur lui qui faisait son entré dans la maison. Il avait l'air... épuisé. La force avec laquelle il avait hurlé son prénom résonnait encore dans son corps, et elle se leva, laissant tomber la couverture, posant le livre. « Tu es rentré. Tu ». Elle n'avait pas tout de suite comprit bien sur ce qu'il pouvait bien raconté. Et puis les mots heurtèrent ses oreilles, alors qu'elle comprenait enfin ce qu'elle avait refusé de voir. «Tu y es allé ! Pourquoi Est-ce que tu ». Ses poings étaient serrés. Elle ne pouvait lui reprocher de l'avoir laisser seule, les mots refusaient de passer sa gorge. Elle savait au fond d'elle qu'il en avait eu grandement besoin. Autant qu'elle-même avait besoin de lui. Elle pouvait comprendre, même si elle refusait d'accepter. « Ne le revois pas du tout. Tu n'as pas besoin de lui, son existence ne fait que... Aisling tu es blessée ! ». Oublié toute morale, retenu et autres. Elle se précipita vers lui, saisissant sa main salement amochée. « Viens par là te dis-je ! ». Il pouvait nier autant qu'il voulait sa blessure, Cupidon ne le lâchait pas et il fut bien forcé de s'assoir sur le canapé le temps qu'elle examine sa blessure en se mordant la lèvre, n'osant demandé comment il s'était fait ça.

Lui intimant l'ordre de ne pas bouger, elle partit chercher de quoi nettoyer et bander sa main dans la salle de bain. Une activité qui occupait tout son esprit, voila ce dont elle avait besoin ! Elle ne devait plus avoir une seconde de libre-pensée, et alors elle ne serait jamais aux bords des larmes, la respiration sifflante des souvenirs qui se rejouaient dans son crâne. Elle retourna rapidement auprès de lui, saisissant sa main pour s'occuper de lui. « Attention, ça pique ! » prévint-elle avait d'appliquer l'alcool. Elle posa ensuite le bandage, et un baiser sur la peau fine du poignet plus tard, il était opérationnel. Elle n'était pas la plus doué, mais elle se débrouillait pas trop mal. « Bravo, tu viens de gagner une infermière juste pour toi ! » s'efforça-t-elle de rire. Mais ses yeux ne quittaient pas les siens. Il semblait épuiser et elle attrapa sa tête pour le pencher vers elle, le forçant plus ou moins à s'allonger de moitié.

-Et maintenant, explique moi pourquoi tu as débarqué dans la maison en hurlant mon nom et ce que Pitch vient faire la dedans.

Elle regrettait même d'avoir laissé cette note plutôt dans l'espoir qu'il rentre en son absence et s'inquiète. Parce qu'il était si inquiet justement ! C'était à la foi un baume sur son cœur et une souffrance dans son esprit que d'avoir été aussi mesquine.

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MessageSujet: Re: Les oiseaux qu'on met en cage peuvent-ils encore voler ? || Ft Aisling   Mer 19 Oct - 21:42

Les oiseaux qu'on met en cage peuvent ils encore voler ?

Val' & Dark Aisling & Le cadavre de John


« Tu ne comprends pas . » Il était soulagé que Valentina n’aie rien, mais la haine qu’il avait pour sa némésis ne faisait qu’augmenter d’heures en heures. Il n’écoutait pas les paroles de la jeune femme, qu’il sentait inquiète mais le besoin de lui répondre acidement, de lui faire comprendre que ce n’était pas lui agit plus rapidement que les pensées calmes qu’il aurait pu avoir. « C’est lui qui me poursuit, c’est lui qui me pourrit la vie. » Pourquoi personne ne comprenait que c’était Pitch qui le suivait et non l’inverse ? Ce n’était pas lui qui des millénaires avant voulait l’élimer, qui avait d’ailleurs réussi à le faire dans le monde des contes et même aujourd’hui, dans un autre monde, dans un autre espace-temps … Tout en roumégeant dans sa barbe naissante, il fut obligé de suivre Valentina jusque dans le canapé. S’il n’était pas aussi fatigué, il lui aurait sortir une vanne ironique, sur le fait qu’elle lui faisait peur. Il l’a regardait partir vers la salle de bain, et il hésita à repartir, maintenant qu’il savait qu’elle était en sécurité. Cependant, une étrange fatigue s’abatit sur ses épaules, le faisant s’enfoncer plus profondément dans le canapé. Au final la jeune femme revient rapidement, trop, de la salle de bain avec une trousse de secours. « C’est rien. »

Il sentait la morsure de l’alcool sur sa plaie, il aurait du avoir mal, il avait mal, mais son cerveau rongeait par le sable noir n’analysait pas l’information dans ce sens. « Tu serais plus utile pour des personnes qui ont une chance de guérir. » Fataliste, toujours, il le sentait que le chemin s’éloignait de plus en plus. Valentina ne releva pas, l’obligeant à s’allonger pour qu’il se repose. Soufflant par les narines, il se laissa faire docilement avant d’entendre la fameuse question. Comme monté sur un ressort, il se releva, tous ses muscles tendus montrant son taux de nervosité. « Il m’a tendu un piège dans la rue, il m’a suivi dans les ombres comme il le fait depuis un certain temps maintenant pour voir si je suis prêt … » Prêt à quoi ? Quand Pitch lui disait ça il ne comprenait pas, mais aujourd’hui tout devenait plus clair. « Prêt à devenir sa marionnette, mais il n’a pas compris que je le réduirais en poussière avant qu’il ne me donne un seul ordre. » Oh oui, même s’il devait sombrer dans le mal, il serait maître de ce qu’il ferait. « Quand à toi …. » Sa voix retomba dans le silence alors qu’il l’a regardé dans les yeux, attrapant la main qui venait de le soigner. « C’est facile à deviner tu ne crois pas ? »

Surtout elle, la reine de l’amour. « Pitch a bien compris qu’il peut m’atteindre à travers les personnes qui me sont chères, s’il ne peut pas le faire à travers moi. Et il a ainsi émis l’hypothèse qu’il te suivait. » Voilà, la bombe était lâchée, et Aisling regrettait déjà de l’avoir dit. Passant sa main valide sur sa visage cerné, il soupira encore une fois. « Mais je te jure, qu’il n’aura pas le temps de poser rien qu’un doigt sur toi, il sera mort bien avant. » Il l’attrapa par les épaules, ne faisant pas attention au fait que ses mains étaient devenues aussi noirs que du charbon, montrant la lutte infernale dans son corps et son âme, et il l’a serra fermement contre lui. « J’ai laissé un abruti t’approcher, crois-moi que ça sera le dernier. Plus jamais on ne te fera du mal. » Il embrassa alors la chevelure blonde de l’ange de l’amour, alors qu’il caressait doucement son dos, l’a rassurant, mais se rassurant surtout lui-même, comme quoi il arriverait ainsi toujours à temps comme un prince charmant sauvant la princesse du terrible dragon maléfique. Se détachant doucement de cette étreinte spontanée, il avait envie de profiter de ces derniers moments de bonheur car il le savait, tout cela disparaîtrait bientôt, dans un nuage de sable noir. « Que dis-tu d’une soirée sushi ? Avec un bon film comme tu les aimes ? Cela nous rappelleras le bon vieux temps, quand nous étions sur mon vaisseau, à discuter pendant des heures de merveilleuses histoires d’amour au clair de lune. » Il lui envoya son plus beau sourire qu’il voulait sincère car au fond, le cœur n’y était pas. Il se fichait bien de regarder un film à l’eau de rose car le plus important était que Valentina se sente bien, que la peur qu’il avait pu ressentir quitte ce corps qui n’était pas fait pour ça. Mais avant de commander au livreur de sushi, Aisling s’empara de la trousse de soin et se dirigea vers la salle de bain. Il claqua la porte un peu trop violemment. Haussant les épaules, il mit en place le plan qu’il avait en tête. Il alluma le chauffage à fond, fermant les volets et les rideaux des deux fenêtres. Puis il ouvrit plusieurs placards avant de trouver ce qu’il cherchait, un énorme vase de sel de bain. Il en versa énormément, peut-être trop dans la baignoire et alluma l’eau chaude qui coula dans un bruit assez relaxant. Or ce n’était pas pour lui qu’il faisait ça, mais pour la jeune femme qui avait vécu des épreuves assez terribles. S’il ne pouvait plus pour le moment l’a faire sourire grâce à ses rêves, il trouverait un autre moyen de lui apportait du bonheur. Allumant quelques bougies qu’il gardait pour une occasion spéciale, il sortit ensuite une immense serviette bleue en coton qu’il posa sur le rebord du lavabo.

Sortant doucement, ne voulant pas que la chaleur s’évapore de la pièce, il retourna auprès de Valentina qui s’était assise dans le canapé. Lui tendant la main, il l’insista pour qu’elle l’a prenne. Dès que ses doigts s’étaient posés, il enferma sa petite main dans la sienne et tira un coup sec mais pas trop fort pour qu’elle se lève dans un bond de cabri. « Si Madame veut bien se donner la peine de me suivre. » Pouffant de rire comme un enfant, il l’entraina alors vers la salle de bain, se plaçant dos contre la porte. « Tu ne ressortiras pas de cet endroit tant que tu ne seras pas entièrement détendu et il n’y a pas de mais qui tienne. » Il ouvrit la porte et rapidement fit passer ce petit corps à travers l’interstice et il referma aussi rapidement. « Et évites de te brûler avec les bougies car les brûlures ne sont pas ma spécialité. Allez à toute à l’heure petit ange ! » Il rigola tout en s’éloignant de la porte, avant de penser qu’actuellement il n’avait plus aucune spécialité médicale. Si Valentina l’avait si bien soigné, il savait qu’il ne pourrait en faire autant, alors qu’être médecin était son travail. Mais le sable noir bloquait quelque chose, sans doute au fond de son cœur qui était l’assistance à autrui, ce qui pourtant le constituait...


La suite au prochain épisode mimi

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