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 La fureur du dragon | Lieserl K. June

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Niels Mørck

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MessageSujet: La fureur du dragon | Lieserl K. June   Dim 10 Juil - 13:31




Trop d’événements en si peu de temps, une course folle à en brûler la gorge et essouffler au possible les poumons, le genre de situation qui justement qui pourrait tant plaire à Niels normalement. Parce que justement les personnes n'arrivaient plus aussi attentives, ils courraient à droite et à gauche dans ce rythme effréné qui les rendait beaucoup plus vulnérables, l'occasion ou jamais de perdre une certaine forme davantage ou de dessus sur eux tout en gardant la tête. C'était même primordial. Parce que la patience payait toujours à la longue, rien ne servait de courir il faut seulement savoir convaincre au moment idéal, mais en cette période chaude et festive de l'année il avait pourtant du mal à garder ce cap. Pas vraiment que les effusions artistiques le dérangent, c'était même tout l'inverse car grand sympathisant de l'art sous toutes ses formes possibles, juste qu'il avait lui-même du mal à doser correctement ce qui pouvait plus ou moins le toucher. Le fait d'être à la traîne l'exaspérait au possible, d'être dépassé autant même si c'était à moindre mesure comparé à certains alors qu'il venait prendre toutes les précautions possibles pour se prémunir de tout, il s'épuisait beaucoup plus vite mais surtout sa vigilance en prenait un sacré coup. Le marionnettiste avait laissé Queen s'approcher plus qu'il ne l'aurait dû, avec du recul conscient que la meilleure chose à faire aurait été de couper court net à cette discussion dont l'existence était un peu hérésie ou folie, il ne voulait pas spécialement revoir l'une de ses créations et malheureusement pour lui travailler pour le même patron que la poupée venait inexorablement compliquer les choses. Devait-il quitter le Rabbit Hole ? Une option envisageable, pas forcément la plus idéale mais parfois la vie réclame des sacrifices qu'il ne comptait plus de son côté, le problème étant que le bar était sûrement son territoire en quelque sorte et que pour l'instant il ne se sentait pas apte à s'en trouver un nouveau. Si ce n'était que ça. Dernièrement le petit séjour improvisé à l'hôpital lui avait laissé un goût des plus amers, se retrouver patient dans ce lieu lui évoquait une période de fragilité qu'il détestait, tout ça à cause d'un empoisonnement au cyanure. Un miracle avait voulu qu'il s'en sorte, ou plutôt une étrange femme qui l'avait sorti de l'entre-deux, se voyant par conséquent affublé d'une dette qu'il se devait de payer plus tard. Rien ne l'obligeait certes, il pourrait seulement remercier Katharina et passer son chemin, mais le problème était que dans son esprit c'était du donnant-donnant même si c'était lui en position de faiblesse.

Le voilà dont le nœud du problème. Niels avait la désagréable sensation de ralentir mais surtout de reculer au lieu d'avancer, comme si tout ce qu'il était en train de construire précieusement depuis des années se trouvait être ébranlé au vent, même si ce n'était que provisoire il ne l'acceptait aucunement et d'aucune façon. Parce qu'il aimait trop avoir le contrôle sur tout et le fait que pas mal de choses lui échappent, qu'il ne puisse pas avoir une certaine emprise dessus, le rendait juste malade de rage sans le laisser paraître. Il canalisait tout jusqu'à le faire sortir au moment adéquat, loin des regards de n'importe qui car estimant que personne n'avait le droit de pouvoir le voir dans un quelconque état autre que celui qu'il voulait offrir, après tout il était comme un acteur où Storybrooke était une scène sans pareille et personne ne voyait ce qui se passait dans les coulisses. La rage, la tristesse, la rancune, mais plus que tout ce vide. Combien de sentiments avait-il oublié et combien le deviendrait sous peu ? La magie a toujours un prix, il avait tant entendu une phrase qu'à force c'était applicable pour tout, et en se cassant ainsi le cœur il y avait forcément eu une contre-partie dont il voyait l'étendue s'il prenait le temps de prendre du recul face à sa propre existence. Mais la vie exigeait des sacrifices, il en était si conscient depuis longtemps, et au final il était sûr d'en être récompensé alors qu'importe. Il avait un objectif, une ambition dont la faim n'était jamais rassasiée et qui en demandait chaque jour un peu plus, il était prêt à offrir le peu des sentiments qui pouvait lui rester si ceci lui permettait d'avoir ce qu'il désire tant. De toute manière, Niels rejetait cette humanité qui se retrouve être individualiste au possible, il avait ouvert les yeux sur ce qui n'allait pas et ne gardait absolument rien de ce monde. Tout était à jeter, le poussant inévitablement un peu plus à vouloir tout détruire, devenu tellement misanthrope dans l'âme tout en était amusé ou même fasciné par les êtres humains qui trouvaient toujours un moyen de mettre un peu de piquant que ce soit en surprise ou en déception. Une observation qui au final était usante, ses semblables restaient ainsi désespérants, se trouvait pourtant si indispensable.

Mais aujourd'hui était peut-être la goutte d'eau qui faisait déborder sa mer de patience pourtant si étendue, ayant la sensation de ne plus pouvoir respirer à rester trop proche et trop éloigné à la fois de ces êtres déconcertants, et tout ce dont il avait besoin c'était d'un isolement où il pourrait converser avec lui-même en tête à tête dans son esprit sans que rien ni personne surtout ne vienne le perturber. En temps normal, Niels trouvait une certaine forme d'apaisement à la garderie car les enfants avaient le don naturel de lui rappeler son véritable métier de marionnettiste et d'une période beaucoup plus calme de sa vie, mais le nœud du problème étant justement la source de ce qu'il pouvait nommer trouble c'était plus compliqué. Il n'avait que jalousie envers ces parents qui venaient récupérer leurs enfants, une haine envers eux de ne pas voir leur chance inestimable, chaque jour on venait indirectement lui rappeler qu'il avait perdu la chose la plus précieuse à ses yeux et c'était trop. Une accumulation ingérable, mastiquée sans cesse sans pourtant être avalée alors il ne restait plus qu'à la recracher, qui l'avait conduit après le travail à se rendre aux abords de la plage. Sa marche se faisait lente dans le sable, ayant quelques difficultés à marcher sans pour autant y porter réellement attention depuis le temps, restant non loin du bord pour simplement s'asseoir et écouter le bruit des vagues. À la recherche d'un calme environnant qu'il pouvait trouver ici, ayant le loisir de voir une partie de plage vide d'une quelconque présence humaine pour son plus grand plaisir. Fermant les yeux le son de la nature venait tout naturellement calmer son être intérieur, se concentrant sur ses propres battements et ceux que la mer pouvait produire, essayant de faire le vide complet. Pas forcément aisé. Pour une personne comme Niels qui pensait constamment, s’alimentant toujours l'esprit et philosophant sur des thèmes assez profonds, arrêter ce qui pouvait être la machine la plus importante de son organisme devait se faire avec beaucoup de volonté de sa part. Il lui fallut bien des minutes entières pour enfin arriver à ce point de calme et de silence complet, comme s'il était isolé dans une pièce sans que rien ne puisse venir le perturber ou même le stimuler, comme s'il était un de ses pantins sans vie qu'il pouvait construire.

Plus rien n'existait dans les alentours et même au-delà, juste le vide qui rentrait en écho avec celui qu'il y avait à l'intérieur de son être, à la fois un contrôle mais aussi paradoxalement un relâchement. Restant statique et aussi immobile qu'une statue, seule sa respiration aurait pu indiquer qu'il était bel et bien vivant, cet équilibre fragile fut au bout d'un certain temps parasité par du bruit extérieur et surtout de mouvement aux alentours. Niels ouvrit les yeux sur cette mer qui avait un peu monté, se trouvant le bout de ses pieds artificiels dans l'eau, avant de porter attention sur ce qui se passait à côté de lui. Il remet aussitôt son masque souriant et de bienveillance à la silhouette humaine, comme par pur automatisme et reprenant ainsi son rôle de comédien qui lui collait à la peau, commençant à la détailler pour très vite reconnaître Lieserl. Ah. Depuis combien de temps de l'avait-il pas vu ? Bien trop. Aussi étrange que ceci puisse paraître il arrivait, autant qu'il était possible pour lui avec ce cœur incomplet, à l'apprécier à sa juste valeur et de manière si inexpliqué. Il ressentait moins certes mais ça ne voulait pas dire qu'il était immunisé, parfois son plus grand désespoir, l'amour et l'amitié étaient à son sens une faiblesse qui entravait son objectif mais la jeune femme avait su passer outre au point d'offrir à Niels un attachement particulier pour elle. Sa petite marionnette cassée tout autant que lui, d'abord du point de vue physique mais pas seulement, une vision qui ne faisait que croître le fait qu'il l'appréciait. L'associer ainsi, de manière inconsciente, faisait sans doute le plus gros du travail car le marionnettiste avait plus d'attrait pour les pantins que pour ses semblables la plupart du temps. Il aurait voulu la voir plus tôt, trop de temps qu'il n'avait pas gardé un œil sur elle, car Lieserl avait malgré elle la protection de Niels même si elle n'était pas forcément au courant. Jamais il ne lui ferait intentionnellement du mal, jamais il ne chercherait à lui nuire ou même la manipuler pour arriver à ses fins, jamais il ne porterait atteinte sur elle d'une manière ou d'une autre. Son sourire s'étira un peu plus, il fallait juste être un bon observateur pour le voir certainement, alors qu'il venait poser ses mains sur le sable pour se soutenir et légèrement se coucher.

« Lieserl. Ma douce et tendre Lieserl, sais-tu que c'est toujours un véritable plaisir que de te revoir ? Quel vent t'a poussé à venir jusqu'ici ? Une envie de bain de minuit improvisé peut-être ? »

Son regard analyste se posa véritablement sur elle, prêt à décortiquer le moindre petit mot ou mouvement de sa part, mais pour une fois dans une lignée qui se voulait bénéfique.







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Lieserl K. June

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MessageSujet: Re: La fureur du dragon | Lieserl K. June   Ven 22 Juil - 20:04

la fureur du dragon
Niels & Lieserl
Ah ! S'il en est un dans les cieux qui ait jamais veillé sur toi, que devient-il en ce moment ? Il est assis devant un orgue ; ses ailes sont à demi ouvertes, ses mains étendues sur le clavier d'ivoire ; il commence un hymne éternel, l'hymne d'amour et d'immortel oubli.

J'ai tué son père.

C'était la pensée qui envahissait l'esprit de Lieserl depuis que ses souvenirs étaient revenus. Elle avait essayé de le réprimer, de dégager sa culpabilité par la colère en crachant encore et encore son venin jusqu'à ce qu'elle soit capable de projeter d'impressionnantes attaques sur les arbres de la forêt de Storybrooke. Comment avait-elle pu ? Comment était-ce arrivé ? Pourquoi n'avait pas été capable de garder suffisamment de self-control pour ne pas s'adonner à un acte si barbare, pour ne pas trahir son meilleur ami d'une manière si abominable ? La pensée tournait dans sa tête encore et encore, ne lui laissant pas une seule seconde de répit alors qu'elle s'efforçait de continuer comme avant, comme quand elle ne s'était pas souvenu de cette sordide et funeste journée. Tout compte fait, la malédiction avait été un cadeau pour elle ; on lui avait volé son corps de dragon en la laissant plus handicapée qu'avant, en la laissant seule, mais on lui avait retiré la douleur d'avoir commis un acte aussi… immonde.

Une paire d'écouteurs branchés sur les oreilles, passant en boucle sa playlist favorite, Lieserl voguait au milieu de Storybrooke les yeux dans le vague. C'était les vacances d'été, les examens de l'université était passés et comme ça n'était pas encore la saison de l'épouvante, Jack avait moins besoin d'elle pour tenir la boutique de farces et attrapes, lui laissant une certaine liberté pour… errer, peut-être. Elle n'occupait pas vraiment son temps, trop emportée encore par son propre flot d'émotions. Elle qui se faisait une fierté de son self-control légendaire auprès des autres, elle s'était presque complètement laissée aller à son ressentiment profond, au point de lâcher prise bon nombre de fois, par la colère, par les larmes, par un éclatement soudain, comme si son coeur explosait toutes les secondes pour se reconstituer presque aussitôt et déverser à nouveau tout ce qu'il contenait. Elle aurait rêvé de ne pas avoir de coeur, de ne pas ressentir, de n'être qu'une coquille vide qui ne s'attachait pas, mais elle était condamnée à ressentir la peine avec toute la force du monde sur ses frêles épaules. Elle n'était qu'une jeune fille, une petite humaine sans ailes, sans écailles, sans épines bleutées pour la protéger, sans cette insouciance qu'elle avait pu avoir dans son corps de dragon. Être un humain, c'était si compliqué, si douloureux, alors qu'autrefois, sa vie se résumait à manger du poisson et voler avec Harold.

Mais la simple pensée pour son -ancien ?- meilleur ami lui déchirait trop le coeur, et elle pesta soudainement en plein milieu de la grande rue, provoquant des visages surpris qui se tournèrent vers elle. Leur lançant un regard assassin, elle continua sa route les poings rivés au fond de ses poches et la tête baissée ; malgré la chaleur, elle avait enfilé un short mi-long et un sweat aux manches longues, rien que pour le plaisir de pouvoir cacher son visage sous la capuche, comme si cette habitude vestimentaire la faisait cesser d'exister aux yeux du monde, son plus cher désir dans un moment si accablant de fatigue. D'un pas rapide, elle se laissa porter par le vent, n'ayant pas de destination particulière à l'esprit ; et tandis qu'elle marchait, elle sentit le sol changer de texture sous ses pas, pour se rendre compte qu'elle marchait désormais sur du sable fin. La plage ? Peu importe. C'était même une bonne idée, il n'y avait personne dans cette partie-là de la baie, trop de récifs, trop sauvage et inhospitalier, le coin parfait pour une femme comme Lieserl. Spontanément, elle se dirigea vers un rocher solitaire au milieu du paysage dégagé ; et, grimpant au sommet, elle ôta sa capuche et leva légèrement le menton, laissant le vent envahir ses cheveux et les agiter. Ça lui donna l'impression quelques secondes qu'elle volait, qu'elle avait retrouvé ses ailes et que la liberté l'appelait en murmurant son nom. L'horizon devant elle l'attirait comme un aimant, et elle retira ses écouteurs pour profiter quelques secondes du bruit des vagues qui chatouillaient la côte. Un spectacle visuel et auditif à couper le souffle, seulement assombri par l'humeur peu joyeuse de celle qui l'observait.

Une silhouette se détacha au loin, juste au bord de l'eau, et Lieserl plissa des yeux, renfrogné ; elle n'avait pas la moindre envie de voir qui que ce soit, et cet homme était en train de gâcher ses quelques minutes de répit avant de devoir retourner dans l'agitation habituelle qu'elle subissait jour après jour. À moins que… elle tenta d'améliorer sa vision, mais ses yeux de dragon ne se manifestaient que rarement, la nuit ; mais il lui semblait connaître cette silhouette, grande et fine, et surtout, dont les jambes ne reflétaient pas un aspect ordinaire. Inconsciemment, elle posa sa main sur sa hanche, n'y sentant pourtant aucune douleur étant donné la quantité de médicaments qu'elle prenait chaque jour -un peu plus à chaque fois, mais elle ne se l'avouait pas. Elle en avait simplement assez d'avoir mal. Il n'y avait qu'une seule personne qu'elle connaissait qui pouvait correspondre à ce profil : Niels. Niels ? Depuis combien de temps ne l'avait-elle pas vu ? Une éternité. Pourquoi ne se voyaient-ils pas souvent ? Elle n'en avait aucune idée. Niels n'était pas le genre de personne qu'elle avait absolument besoin de voir en permanence ; non, il était bien plus que cela, bien plus important qu'une simple connaissance qui lui servait à remplir son besoin grégaire ou pour ne pas s'ennuyer seule. Ils ne se voyaient que peu, mais Lieserl chérissait les instants passés avec lui, la seule personne qui pouvait réellement comprendre qui elle était, ou tout du moins, ne s'amusait pas à essayer de la changer, de l'aider, qui ne lui souriait pas d'un air désolé ou attendri simplement par pitié, qui ne la considérait pas avec les yeux hypocrites qu'avaient les autres êtres humains qu'elle fréquentait, à quelques exceptions près. Il ne la prenait pas de haut tout comme il ne l'idéalisait pas, il la traitait comme un individu à part entière, une personne dotée de forces et de faiblesses qui n'était pas que les étiquettes dont les gens s'affublaient sans cesse pour exister.

Sautant de la roche, elle s'avança à pas lent, jusqu'à être suffisamment près de lui pour qu'il la remarque ; il lui sourit, les yeux un peu plissés à cause de la lumière, et lui souhaita la bienvenue avec sa manière si particulière de parler. Lieserl réprima un sourire ; elle était heureuse de le voir, mais elle n'avait pas particulièrement envie que cela se transforme en conversation polie au creux du vent sur la plage. Alors elle se laissa tomber à côté de lui, étendant ses jambes d'une certaine manière pour que sa hanche subisse le moins possible de dommages.

« 'Lut. Tu es d'humeur poète, à ce que je vois, mon cher Niels. » Elle lui adressa un sourire complice. Il n'avait jamais eu peur des mots, et les utilisait avec soin ; quelque chose que Lieserl admirait beaucoup chez lui. Elle se montrait beaucoup plus froide en général, n'aimant pas les effusions d'affection verbaux, même si ça ne l'empêchait pas de ressentir une sympathie profonde à l'égard de Niels, une admiration sans faille. Elle serait capable de le suivre au bout du monde, il suffisait simplement qu'il le lui demande. « Ravie de te revoir aussi, n'en doute pas. Honnêtement je ne sais pas, je marchais dans la rue et mes jambes ont décidé de venir ici. Et toi alors, qu'est-ce que tu fais tout seul au milieu de nulle part ? »

Elle avait beau avoir l'impression de connaître Niels, il lui évoquait malgré tout une sorte de mystère, comme s'il possédait des facettes qu'elle n'avait jamais eu l'occasion de voir ; des secrets inavoués, un côté terriblement incernable qui la fascinait peut-être un peu trop.
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Dernière édition par Lieserl K. June le Ven 12 Aoû - 21:50, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: La fureur du dragon | Lieserl K. June   Lun 25 Juil - 21:10




Comment pouvait-il se préoccuper ainsi de Lieserl ? Niels ne cherchait pas spécialement une logique, plus une question personnelle et rhétorique sans qu'il veuille chercher une réponse concrète, le peu de cœur qui lui restait lui avait permis de se lier à elle sans qu'il ne puisse s'en rendre vraiment compte. Il ne cherchait pas à le détruire, au contraire il pouvait même le chérir autant qu'il lui était possible de ressentir quelque chose, il s'en accommodait tout en étant conscient que c'était là le genre de situation qui ne devait pas se réinitier. L'amour et l'amitié faisaient à la longue souffrir, une faiblesse qui apportait tant de peine, et tout ce que le marionnettiste voulait c'était consacrer les sentiments qu'il pouvait avoir pour sa tendre Alice. Mais la jeune fille qui venait à s'asseoir à ses côtés avait le droit à une place particulière, aimant particulièrement l'évolution qu'elle était en train de prendre, sachant pertinemment qu'il serait toujours présent pour l'épauler si elle en faisait la simple demande. Il la gratifia de ce sourire qui distribuait à tout le monde, celui qui lui permettait de gagner plus facilement la confiance de ses semblables qu'il détestait tant, mais avec quelques nuances car imprégné d'une forme de sincérité qu'il pouvait avoir. Ayant un léger rire sur le fait d'être poète, elle savait à quel point il aimait les mots et les impacts qu'ils pouvaient avoir, portant son regard sur la mer face à eux alors que le vent venait doucement fouetter l'air et poser un peu partout des résidus iodés. Niels gardait néanmoins en coin de l’œil celle qu'il pouvait qualifier comme étant sa protégée, sa petite Lieserl avait qui il avait eu de bons souvenirs durant la malédiction et même après malgré les temps de troubles, ne pouvant s'empêcher de ne pas remarquer le positionnement qu'elle pouvait effectuer pour avoir sans nul doute aucune douleur au niveau de sa hanche. Elle était artificielle tout comme une partie de ses jambes de son côté, ils n'en avaient jamais parlé et juste des illusions sur le ton de la plaisanterie, ce qui lui avait fait dire que dans un sens elle était comme lui. Juste une marionnette cassée, qu'on sous-estime à tort la plupart du temps, des pantins que l'on pourrait laisser à l'abandon mais c'était selon lui les plus intéressants et un jour les autres en témoigneraient.

« Tu t'es laissée guider par le vent ? Je vois. Tu sais que c'est une activité plus dure qu'il n'y paraît, il faut savoir écouter ce qui est murmuré à notre oreille, c'est pourquoi je suis flatté dans un sens qu'il a pu te conduire jusqu'à moi. »

Il se pencha un peu sur le côté juste pour lui donner un léger coup d'épaule, un petit geste amical qui n'avait rien d'agressif loin de là, gardant ce petit sourire presque malicieux lorsqu'il était en sa compagnie. Qu'est-ce qu'il faisait ici ? Une bonne question. Niels avait ce besoin vital de respirer s'il ne voulait pas se laisser noyer, tout était d'une certaine façon compliquée en ce moment même s'il ne tarderait pas d'un moment à l'autre à arranger ce qui n'allait pas il le savait, de hurler au possible même s'il le faisait à l'intérieur de lui-même. Dans cet instant de méditation, qui fut dans un sens de courte durée avec l'arrivée de Lieserl qui le ravissait comme à chaque fois, il voulait faire le vide au possible et se consacrer uniquement sur les battements de son cœur pour établir une sorte de diagnostic sur lui-même. Il était son propre pantin, tirant ses propres ficelles pour faire ce qui devait être fait, et le constat n'était pas des plus glorieux en ce moment. Il était comme détraqué même s'il ne savait pas vraiment l'expliquer, il y avait cette colère sourde qui justement devenait de plus en plus insistante et difficile à contenir, devant trouver une solution tôt ou tard pour se réparer du mieux qu'il pouvait. Pour l'instant c'était encore supportable, aucune craquelure à noter, mais il savait avec soin que si l'apparence était au mieux ce qui se passait dedans en revanche était une autre paire de manches. Alors il cherchait les bons mots pour sa protégée, Niels ne voulant aucunement éviter cette question qu'elle avait pu lui poser, car même pour lui parfois ce qu'il était en train de faire en cet instant était abstrait. Réparation anticipée ? Peut-être. Il voulait colmater les possibles fissures avant qu'elles ne viennent trop s'étendre, essayer de maintenir un ensemble qui se faisait plus fragile avec un contrôle plus assidu, mais le problème était de savoir ce qu'il pouvait lui répondre. Lieserl était assez mature pour comprendre la vérité, plus que beaucoup d'êtres qu'il avait pu croiser jusqu'ici, et même s'il ne mentait jamais ça ne voulait pas dire qu'il faisait abstraction de certaines informations. Ah. À peine s'était-il reconnecté à la réalité que le rouage intellect se remettait en marche, il aurait presque pu soupirer face à son propre comportement, inspirant juste un peu avant de se lancer.

« En fait, j'avais besoin de faire une sorte de pause vois-tu, mais plus que tout de faire le vide et ce n'est pas un exercice aussi aisé que l'on pourrait le croire. Parce qu'il y a toujours quelque chose qui vient parasiter, une pensée futile qui devient une obsession comme l'eau qui devient tempête, et si je ne le fais pas j'ai la sensation que je vais finir par me noyer au bout d'un moment. »


Et il était hors de question que ceci arrive. Pas avant d'avoir été jusqu'au bout de son objectif, d'avoir enfin trouvé ce qu'il cherchait tant, il était prêt à démarrer une guerre si ceci lui permettait vraiment d'y arriver ou même de faire un pas dans cette direction. Mais qu'il le veuille ou non il restait humain, malgré son rejet de plus en plus violent de cette humanité qui lui donnait la nausée, avec des forces mais aussi des faiblesses. Le tout était à son sens d'en avoir conscience, de savoir où la construction était la plus fragile pour éviter de se trouver désarmé en cas d'attaque, et Niels était justement le genre de personne à avoir les yeux grands ouverts à ce sujet-ci. Aussi bien sur lui que sur les autres, son sens de l'observation n'était plus à refaire, essayant sans doute d'épargner Lieserl de son analyse à l'instant même où elle s'était assise à côté de lui alors qu'il entamait la démarche plus tôt. Mais il avait eu le temps de voir, bien qu'il pût d'une certaine façon avoir une forme de regret ou quelque chose s'en approchant, dans son regard qu'il y avait plus que ce beau sourire qu'elle lui offrait. Il y avait ce vent destructeur en elle, le potentiel qu'il avait pu voir chez la jeune fille à l'époque de la malédiction ne faisait que croître avec le temps et en cet instant lui semblait si fort qu'il aurait pu en avoir des frissons, tandis qu'il se forçait à fixer uniquement l'océan qui leur faisait face. Parce qu'il ne voulait pas l'utiliser comme une simple poupée, essayer de l'influencer dans ce qui serait son sens bien évidemment, cependant c'est ce qu'il ferait s'il faisait trop attention à des détails et il se connaissait assez pour savoir qu'il aurait de moins scrupule à le faire à mesure qu'il lui trouverait une utilité dans son échiquier. Niels voulait préserver Lieserl, chercher à la protéger d'une certaine façon et du mieux qu'il pouvait, aussi bien du monde mais plus que tout de lui. Il savait qu'il pourrait lui manger son âme à force, encore plus si cette forme d'instabilité qui se faisait plus grande dernièrement persistait, apprenant ainsi sa mécanique pour mieux l'utiliser par la suite. C'est peut-être pour cette raison qu'il voulait bien en cet instant lui montrer un peu de son vrai visage, lui prouver qu'il pouvait la surprendre et pas de la manière qu'elle espérait, qu'elle puisse elle-même de son côté activité une sorte de mécanisme de défense à son égard au cas où.

« Je suis malade Lieserl. Malade de ce monde, de ses habitants qui renforcent cette misanthropie latente que je peux avoir, de voir que ce construit n'est peut-être dans le fond pas plus solide qu'un château de sable. C'est pourquoi je me suis isolé. Parce que j'ai besoin de cacher ce qui se passe à l'intérieur, de le garder pour moi et que personne ne puisse l'apercevoir, ce n'est pas vraiment une chose que je veux que l'on puisse voir. »

Il tourna son regard vers Lieserl, lui offrant ce sourire que tout le monde lui connaissait si bien, tandis qu'il finissait cette confession. Il ne craignait rien de la part de la jeune fille, il n'y avait qu'à se plonger dans ses iris pour en être convaincu, elle lui avait prouvé à maintes reprises qu'ils possédaient une forme de complicité ou même d'harmonie pour aller à son encontre. Elle l'avait suivi dans cette sortie improvisée de l'hôpital, elle pourtant si sauvage avec les autres de ce qu'il avait pu voir à l'époque, alors que de son côté il lui offrait une forme s'approchant de l'amitié ou de la protection alors qu'il ne s'en sentait plus capable depuis si longtemps. Une sorte de duo tellement à part, que les autres ne pourraient sans nul doute comprendre et qui renforçait les choses, Niels pouvait sentir le fil qui les reliait même s'il ne serait en expliquer la nature exacte. De la compréhension, de la complicité, du respect. Que de mots. Mais alors qu'il avait les yeux posés sur elle le marionnettiste ne pouvait retenir cet esprit analytique de faire ce qu'il faisait de mieux, observant au possible sa protégée, sentant que le calme apparent de Lieserl n'était que la poudre aux yeux. Il y avait autre chose. Aussitôt il avait besoin de savoir quoi, la raison qui pouvait ainsi perturber plus qu'elle ne pourrait peut-être le dire l'étudiante, même si pour cette raison il devait la pousser dans ses retranchements. Apprendre, collecter, réutiliser des informations. Il était doué pour ça, alimentant de cette façon son petit réseau qu'il chérissait tant, presque comme une seconde nature qui se faisait. Allait sur une sorte de plante glissante pouvait être un jeu si amusant, surtout s'il s'investissait maître du jeu, tâtant ainsi le terrain.

« Je suis sûr que tu comprends. Tu as tes propres cicatrices, ce qui t'a rendu beaucoup plus forte, ne ressens-tu pas de la rancœur ? »

Doucement il était venu appuyer de son index contre la hanche de la jeune fille, ses iris ne la quittant pas un seul instant, curieux quelque part d'en savoir plus.







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MessageSujet: Re: La fureur du dragon | Lieserl K. June   Ven 5 Aoû - 19:06

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Niels & Lieserl
Ah ! S'il en est un dans les cieux qui ait jamais veillé sur toi, que devient-il en ce moment ? Il est assis devant un orgue ; ses ailes sont à demi ouvertes, ses mains étendues sur le clavier d'ivoire ; il commence un hymne éternel, l'hymne d'amour et d'immortel oubli.

Niels avait un de ces sourires qui pouvait rendre aimable la plus grossière des personnes ; Lieserl ne savait pas trop comment il faisait, à paraître toujours si chaleureux, mais cette expression douce qu'il affichait quand il découvrait ses dents lui avait toujours parue presque… trop. Non pas qu'elle soupçonnait une quelconque hypocrisie ou un manque de sincérité chez son interlocuteur, loin de là ; mais c'était plutôt que Lieserl avait du mal à croire que quelqu'un puisse sourire autant, puisse autant avoir l'air que tout allait toujours bien dans son existence, alors qu'elle même était si difficile à sortir de sa carapace et à redonner son côté Krokmou, son côté joueur et presque un peu gamin. Surtout que d'une certaine manière, Lieserl et Niels n'étaient pas si différents ; ils étaient tous les deux cassés, leur corps n'était pas entier, ils étaient en partie artificielle, lui plus qu'elle, et ce sentiment de puzzle imparfait avait bien plus d'influence sur leur façon d'être qu'ils ne le voulaient bien, du moins, c'était comme ça que le ressentait Lieserl. Elle avait beau n'avoir qu'une hanche artificielle dans un corps sain, elle avait constamment cette impression de vide, ce sentiment d'être incomplète qui la hantait, sentiment qui avait seulement été comblé une fois, dans le monde des contes, avec Harold. Mais Harold n'était plus là désormais, du moins, plus comme avant ; Lieserl avait commis un acte irréparable qui avait pour toujours créé une césure entre deux êtres qui étaient pourtant comme les deux moitiés d'un seul coeur, d'une seule âme, d'un seul être. Et Niels était le seul individu qui était parvenu au moins en partie à rafistoler les morceaux, à faire croire à Lieserl qu'elle n'était pas qu'un jouet délaissé au fond d'une malle et qui ne pouvait plus vivre simplement par le fait qu'il était brisé.

« Le vent m'a toujours guidée, aussi loin que je m'en souvienne. Quand je volais encore, dans le monde des contes, c'était mon activité favorite, les rares fois où je me sentais libre ; je déployais mes ailes et je laissais le vent me porter jusqu'à ma prochaine destination. » Elle lui adressa un petit sourire, surprise de se voir emportée par ce qu'elle considérait comme de la poésie à son tour, elle qui était toujours si rationnelle et ne se voyait pas comme une personne particulièrement lyrique. « À vrai dire, je ne suis même pas surprise que tu te sois retrouvé sur mon chemin. »

Non, ça n'était pas un hasard ; même si ça n'était pas le vent qui avait montré la route à Lieserl, ou tout du moins, pas entièrement. C'était la colère, une colère sourde qui lui dévorait l'estomac depuis l'instant où ses souvenirs étaient revenus, la rage de n'être que ce qu'elle était plutôt que d'être encore ce qu'elle avait été autrefois ; et sans le savoir, comme deux aimants qui s'attirent, elle s'était retrouvée auprès de Niels, Niels et son sourire, Niels et son air si détendu et intense à la fois, Niels et l'influence considérable qu'il avait sur la jeune femme assise à ses côtés. Peut-être une trop grande influence, le genre qui la poussait dans sa direction malgré qu'ils ne se voient pas si souvent que cela ; ils vivaient dans deux mondes différents, elle, le dragon devenu étudiante sans histoires d'apparence, et lui, l'animateur de garderie déjà adulte, qui avait sûrement vécu bien plus que n'importe qui de son âge dans cette ville. Quel âge avait-il, d'ailleurs ? Son âge véritable. Lieserl réalisa qu'elle n'avait jamais vraiment demandé qui il était autrefois, tout comme il devait simplement savoir qu'elle était dragon sans plus de détails ; deux inconnus dont le passé n'avait jamais vraiment été partagé, mais dont l'avenir était mêlé pour le meilleur et pour le pire tant ils pouvaient être différents et semblables tout en même temps. Elle était déchirée ; déchirée entre le bien et le mal, déchirée entre son passé et ce qu'elle allait devenir, et Niels était la seule personne à l'heure actuelle qui avait le moindre pouvoir sur cette déchirure, qui pourrait colmater une plaie béante et faire d'elle ce qu'il avait envie tant elle était prête à tout pour lui. Elle s'était faîte sans le savoir son petit soldat, sans s'en rendre compte. Ça n'était pas un amour mal placé ou un complexe quelconque qui la rendait aveugle et sourde au point de se dévouer à lui comme un vulgaire serviteur ; non, c'était bien plus important que cela, c'était comme une promesse, un pacte qu'ils avaient formulés silencieusement le jour où ils s'étaient enfui de l'hôpital simplement sous le coup de l'appel de l'estomac. Lieserl n'était pas assez stupide pour se laisser emporter par des sentiments quelconques, elle ne déifiait pas Niels, pour elle c'était comme une relation entre un mentor et son apprenti, un respect profond pour celui qui savait, et celle qui apprenait.

Ainsi fut-elle un peu surprise de la tirade de Niels, lui qui semblait toujours si serein s'était confié, et pour quelque chose qui avait l'air de le travailler plus que n'importe quoi d'autre. Lieserl aurait même perçu une sorte d'agressivité, mais peut-être était-ce sa propre frustration qu'elle entendait à travers les mots de Niels tant il touchait près de sa propre sensibilité avec chaque mot qu'il prononçait. Et en cet instant elle comprit à quel point elle ne connaissait pas Niels, à quel point elle ne savait rien de son passé, de ses secrets, de ce qui le poussait en avant tout comme ce qui le freinait dans ses objectifs, ce qui lui faisait peur, ce qui lui donnait de la force, ce qui le mettait en colère et ce qui le rendait heureux. Et cette désillusion soudaine la frappa bien plus fort qu'elle ne l'aurait voulu, elle qui se sentait déjà si impuissante, elle se rendait compte qu'elle n'avait aucun lien solide nulle part, aucune attache véritablement durable, rien qui puisse garantir qu'elle soit véritablement en sécurité comme un loup blessé en quête d'un sanctuaire de paix soudainement abandonné par sa meute. Et inconsciemment, elle bougea légèrement comme pour se remettre en place plus confortablement, mais ce mouvement l'avait légèrement éloignée, juste de quelques millimètres, quelques millimètres symboliques, tandis qu'elle conservait un air parfaitement calme sur le visage tant elle refusait de céder à la colère, à la rage, après l'avoir fait trop de fois depuis qu'elle avait récupéré son dragon.

« De la rancoeur ? »

Elle sentit l'index de Niels se planter dans sa peau, juste au niveau de sa hanche artificielle, et instinctivement elle attrapa sa main sèchement pour la repousser plus en douceur par contre, non sans laisser son visage se crisper en une grimace peut-être de douleur mais peut-être de colère durant une fraction de secondes. À peine se rendit-elle compte de son geste qu'elle adressa un petit sourire qui se voulait gentillet à Niels.

« Touche pas, ça me fait un peu mal aujourd'hui, j'ai trop marché je crois. »

Son regard se dirigea vers l'océan, et tendit qu'elle bougea sa jambe, elle sentit le poids léger de sa boîte d'antidouleurs, coincée au fond de sa poche. Devrait-elle en reprendre un ? Elle n'avait pas vraiment mal, mais le geste de Niels l'avait fait prendre encore une fois conscience de sa hanche alors qu'elle s'efforçait de ne jamais y penser. Elle ne différenciait même plus ce qu'elle ressentait physiquement, et ce qu'elle ressentait mentalement, du plus profond de son être.

« Je suis désolée que tu te sentes si… que tu sois malade, Niels. Est-ce qu'on t'as arraché quelque chose de si précieux en te forçant à exister ici ? »

Une boule se formait dans l'estomac de la jeune fille, à la fois métaphorique et physique, un mélange entre son malaise et sa fureur qui se transformaient en énergie, d'abord l'adrénaline, puis sous la forme bien plus dangereuse de ses assauts enflammés de Furie Nocturne. Elle portait si bien son nom, cette Furie Nocturne ; et même si cette dénomination était née de l'imaginaire des humains, qui voyaient les siens comme des créatures d'une dangerosité absolue, ils n'étaient pas si loin de la vérité. Alors elle s'efforçait de laisser ce sentiment intense s'apaiser, en gardant ses yeux rivés sur le rythme des vagues et en détournant la conversation sur autre chose, sur n'importe quoi, sur le malaise apparent de Niels qui la touchait bien plus qu'elle ne le voulait. Elle qui était si froide, si rationnelle, pourquoi se laissait-elle si facilement emportée par ses propres émotions ?

Elle revint à la réalité ; le surréalisme qui s'emparait de son esprit se dissipa, et le bourdonnement qu'elle entendait depuis un bout de temps s'estompa pour céder sa place à nouveau au bruit des vagues et du vent qui soufflait encore. Sa tête se fit plus légère, et pendant un instant, elle crut que sa vision de dragon s'était rétablie, faisant reluiser ses iris d'une couleur bleue intense durant une milliseconde. Enfin, elle tourna son visage vers Niels, ayant recollecté ses pensées pour retrouver son sempiternel air à la fois froid et complice, comme si rien n'avait traversé ses pensées et qu'aucun trouble n'avait eu lieu.

« Si tu ne veux pas répondre, je te comprends tout à fait. On a tous des liens qui se sont brisés à cause de la malédiction, alors, ce serait tout à ton honneur. Je ne crois pas que la rancoeur ou la colère soient nécessaires ou utiles dans les circonstances ; c'est plutôt dans ces moments-là qu'il faut garder la tête froide et trouver le moyen de ne pas céder à ses émotions pour pouvoir rentrer chez soi sans pots cassés. »

Elle se pencha en arrière, prenant appui sur ses mains et fermant les yeux quelques instants.

Elle n'était pas sûre de croire à ses propres paroles.
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MessageSujet: Re: La fureur du dragon | Lieserl K. June   Lun 8 Aoû - 18:20




De par son geste Niels savait qu'il appuyait là où Lieserl avait mal, autant sur le plan physique que sur le plan psychologique, une part de lui le rendant conscient qu'il était en train de commencer à franchir la ligne qui s'interdisait de franchir avec elle. Il ne devait pas. Il ne voulait pas l'utiliser comme une vulgaire marionnette comme ses autres relations l'étaient, tous sans la moindre importance à ses yeux et tellement sans saveur, juste la protéger peut-être de ce monde mais plus que tout de lui. Pourtant il venait de le faire de par son geste et il le savait très bien, ressentant cette colère sourde à l'intérieur de celle qui fut autrefois un dragon, l'avantage de perdre tout un panel de sentiments c'était le fait de ne pas en être parasité mais aussi d'être plus attentif à ceux des autres dans un sens. C'était le cas pour lui en tout cas, il était certainement devenu meilleur explorateur pour le coup, même si sur certains points tout lui échappait complètement désormais. C'est pourquoi son sourire s’agrandit sûrement à l'instant même où elle lui attrapa le poignet, pouvant sentir à quel point elle avait une poigne plus forte que son air souvent fragile pouvait lui donner, ce manifeste d'une forme de violence étant là pour dissimuler quelque chose de beaucoup plus brutal. Il le savait, il pouvait le sentir, il y a des années l'animateur de la garderie avait été à la même place que sa protégée mais il avait appris à maîtriser ce tout pour devenir en quelque sorte son propre pantin qui n'agissait plus sous le coup d'une forme d'impulsivité. Il n'écoutait plus son cœur, encore faudrait-il qu'il lui en reste assez pour en entendre sa voix justement, mais bien sa raison et sa réflexion qui le portaient toujours plus haut. Il pouvait voir sa fureur dans ses yeux lorsque Lieserl l'avait saisi, agitant un peu les doigts comme pour lui demander muettement de bien vouloir le relâcher, ce calme qu'elle voulait instaurer alors qu'elle le libérait de cette emprise et lui délivrer ce sourire qui aurait pu donner de l'empathie à n'importe qui. Mais Niels n'était aucunement ainsi et tout ce qu'il voyait c'était une sorte de dissimilation, comme lui le faisait constamment dans ce sourire quasiment figé qu'il pouvait bien avoir même en cet instant, tout n'était qu'une question d'apparence et l'art du spectacle lui avait enseigné de ne jamais se laisser perturber tant que celui-ci n'était pas encore terminé. Il reposa sa main avant de porter lui aussi son regard vers l'océan, il était loin de lui en vouloir et c'était même le contraire, il venait entrapercevoir quelque chose de si délectable.

« Désolé, je ne pensais pas que tu en souffrais toujours, je m'abstiendrai à l'avenir de venir y toucher ne t'en fais pas. Encore plus si ce n'est pas nécessaire. »

Abstenir ne voulait pas dire ne plus jamais y toucher après tout, la tentation pouvait être si grande qu'il ne pourrait pas le jurer, mais il ferait tout de même son possible pour éviter d'incommoder autant Lieserl car il n'avait jamais voulu être nocif à son égard. Elle lui avait rappelé qu'il était bon parfois d'être beaucoup plus spontané, de moins réfléchir et d'agir ce qu'il ne faisait pas vraiment vu qu'il préférait tout calculer les données possibles et les choix s'offrant à lui, depuis cette rencontre à l'hôpital il avait voulu garder un œil sur elle sans pour autant l'étouffer. Pourtant Niels n'aurait pas été contre la voir plus, à chaque fois le moment se trouvait toujours intense à sa manière quelque part, mais il voulait aussi éviter de détruire ce qu'ils avaient pu construire ensemble car il se connaissait si bien à la longue. Il ne faisait confiance à personne et il ne voulait prendre le risque que d'avoir de la compassion ou un semblant de sentiment pour autrui pour le futur, il ne voulait pas prendre le risque de se voir barrer la route et d'être dans l'incapacité d'atteindre son grand objectif tout ça à cause d'une personne de base étrangère à son univers, c'était de la protection autant pour elle que pour lui car la pitié n'existait pas dans son monde et il n'avait aucunement envie de se retrouver confronté dans le futur à l'ancien dragon. Sa question le désarma presque mais il s'était préparé à une telle discussion, ils étaient curieux de l'autre et faire un pas vers l'autre n'avait été au final qu'une question de temps et ce temps était a priori arrivé, restant à observer l'horizon sans rien dire sur l'instant alors que son autre main venait presque griffer le sable. Le marionnettiste avait beau s'y être préparé dans le fond il ne savait quoi trop répondre, pas qu'il doute d'une forme de compréhension de sa part et c'était peut-être là le problème, juste qu'il y avait des choses que lui-même refusait encore d'admettre malgré l'évidence des choses. Niels ne mentait jamais sauf à lui en réalité, se berçant d'illusions parce que la réalité était trop dure à avaler mais il ne pouvait voir les choses en face, et si un jour il faisait sa propre analyse il pourrait voir que le résultat n'était pas à la hauteur de ce qu'il pouvait espérer ou même penser. La meilleure preuve étant sûrement le fait qu'il se voulait sentimentalement parlant à l'épreuve des balles mais c'était faux, ce n'était pas qu'il ne pouvait pas avoir des relations amicales ou autres c'est qu'il ne voulait pas et ceci faisait une grande différence, toujours hanté par ce fantôme du passé qui le hantait constamment mais à qui il ouvrait les bras en grand pourtant.

Il ferma les yeux pour revoir encore une fois sa silhouette, craignant plus que tout de l'oublier de nouveau comme ce fut le cas avec la malédiction, celle d'une petite fille aux cheveux d'or et au rire comparable au chant des anges. Est-ce qu'il l'idéalisait trop depuis le temps ? Non. Elle avait des défauts bien sûr, comme l'ensemble des êtres humains, mais c'est ce qui la rendait si parfaite à son sens et lui avait offert aussi une ligne de conduite à suivre pour créer cette petite fille-modèle. Mais ses poupées n'avaient été qu'une suite de déceptions sans nom, à la fois si proche et si loin à la fois, ayant hésité à utiliser ce dernier petit morceau dans sa poitrine pour tenter une dernière fois sa chance. Peut-être le ferait-il un jour, il voulait déjà voir comment ses créations réagiraient toutes à l'avenir même si certaines réactions étaient à son sens à prévoir, il avait fait tant de sacrifices que ceci n'en serait qu'un de plus à ajouter à sa longue liste. En tout cas, ce fut la douce voix de Lieserl qui le sortait de son état de réflexion alors qu'il était presque prêt à repartir dans les méandres de son propre esprit, tournant la tête dans sa direction pour mieux la regarder. Quelque part il ne pouvait qu'être en accord avec ses dires, il fallait savoir garder la tête froide le plus possible, pour une personne comme Niels faisait preuve d'autant de contrôle ces paroles ne pouvaient être que de l'or. C'était bien le but de cet exercice en venant ici après tout, évacuer d'une certaine manière ce qui l'empêchait autant d'être au ralenti dernièrement et de passer enfin une vitesse, être maître de soi et ne pas se laisser envahir par du parasite comme c'était trop le cas à son goût ces derniers jours. Alors il lui devait une partie de la vérité, comme une sorte de récompense que de lui avoir rappelé à quel point s'entrelacer de fils était là pour son propre bien et se montrer plus conciliant qu'il ne pouvait l'être si du moins la chose était possible, une épreuve pour se prouver à quel point ses efforts n'étaient pas faits en vain au final. Ce n'était pas aussi facile qu'il pouvait le montrer malgré tout, il y avait des cicatrices qui ne guérissaient jamais et les siennes saignaient encore malgré ses efforts pour tout colmater, s'étant déjà fait à l'idée que ce peu d'amour restant c'était ce qui le tuerait un jour justement. Il inspira un peu, bloquant sa respiration avant de laisser tout partir d'un coup comme s'il allait montrer sur scène, avec ce masque toujours si solidement installé.

« Tu sais Lieserl, lorsqu'on me regarde beaucoup de personnes pourraient croire que ce que j'ai perdu de plus cher ça serait mes jambes, et ils se trompent tellement. C'est une chose de tellement beaucoup plus précieuse à mes yeux. Mais tu sais ce qui est super avec ce qu'on a perdu ? C'est que comme ce mot l'indique c'est juste perdu. Ce qui veut dire qu'un jour je pourrai retrouver ce qui me tient tant à cœur, ce n'est au final qu'une question de temps, et tu peux le croire que je vais tout faire pour m'en assurer. Je vais reprendre ce qu'on m'a volé, même me couper la tête ne m'arrêtera pas dans ma démarche, rien ne pourra m'arrêter et personne n'aura intérêt à se mettre en travers de ma route. »

La mort n'était pas quelque chose qui devait l'arrêter d'une manière ou d'une autre, Niels la refusant juste comme une fatalité ou la fin d'un chemin, il ne voulait pas y penser même et apparaissait presque à ses yeux comme une donnée à ne pas prendre en compte. Il avait sa propre logique dans ce que certains nommeraient une forme de folie, se berçant ainsi lui-même dans des mensonges dont il ne voulait sortir, parce qu'il ferait tout pour offrir une véritable renaissance à sa petite fille quoi qu'il puisse arriver. En regardant Lieserl il se rendit compte que peut-être il venait en cet instant d'aller trop loin, il avait certes exposé une vérité mais quelque part c'était peut-être un peu emporté, mais il était sûr qu'elle le comprendrait. Ou alors c'était ce qu'il désirait, sans qu'une fois encore ceci soit vraiment juste, lui qui pourtant ne voulait aucunement la mêler à tout ceci c'était peut-être ce qu'il était présentement en train de faire. La colère ne devait pas être un moteur certes mais elle pouvait être libératrice, une forme de soulagement de la laisser exploser, alors que la rancœur était clairement elle une raison d'avancer contrairement à ce qu'elle pouvait dire. Peut-être parce qu'il en avait trop à revendre justement, ayant trouvé le moyen de les étouffer à force de pratique, repensant au geste qu'elle avait eu à son égard lorsqu'il lui avait touché sa hanche. Le marionnettiste pourtant l'avait senti cette rage au fond d'elle, comme s'il était face à un animal blessé qui se défend lorsqu'on touche sa plaie ouverte, il ne croyait pas à ces bonnes paroles que sa protégée avait prononcées. Il était peut-être temps de lui donner une leçon, lui ouvrir les yeux comme lui avait ouvert les siens à la longue, elle qui pourtant avait dû souffrir quelque part et sa hanche artificielle en était à son sans le meilleur exemple. Niels se mit à rire et se faisait peut-être un peu moqueur, détournant un instant son regard avant d'avoir toute son attention sur Lieserl, finissant par laisser mourir sa voix dans gorge alors qu'il souriait de plus belle tout en secouant la tête comme s'il avait entendu la pire aberration du monde au final et c'était peut-être le cas quelque part. Il profita de la position de l'étudiante pour lui pousser le bras pour qu'elle tombe entièrement dos au sable, la surplombant ainsi de sa hauteur alors qu'il s'approcha un peu, posant deux doigts au niveau de la jambe de la jeune fille avant de les faire doucement remonter en direction de la hanche.

« La colère et la rancœur ne sont pas un moteur ? Alors tu n'as jamais dû souffrir autant que ça ma petite Lieserl, ce que j'en doute parfaitement quand je vois dans quel état tu te trouves, alors je vais te raconter une petite histoire qui te prouvera peut-être ce que j'essaye de te faire comprendre. Sais-tu comment je me suis trouvé avec de tels appendices ? Ce n'était pas un accident, pas comme la malédiction a voulu me faire croire en tout cas, non c'est le résultat de ce que l'être humain peut faire subir à ses semblables lorsqu'il est poussé par une avidité hors du commun. Parce que je refusais de parler on m'a fait subir en partie le pire, ils se sont assurés bien assurés que je ne puisse pas m'échapper et ils ont bien fait leur travail dans un sens, mais je vais t'épargner les détails. Comment crois-tu que je devais réagir ? Leur ouvrir les bras pour un câlin ou me battre le plus férocement que je pouvais ? »

Là aussi c'était des images qu'il ne pourrait oublier, ayant juste l'impression d'avoir souffert si inutilement dans un sens mais la manière d'offrir une âme à ses poupées était son secret et personne ne devait le savoir à son sens, tout avait fini dans le sang et c'était là vraiment la fin de sa foi dans l'humanité. Lieserl était comme une poupée cassée à ses yeux, le genre qui ne pouvait pourrait peut-être jamais être réparée malheureusement, et c'est pourquoi pour Niels elle devait plus que tout apprendre qu'il fallait encore plus fort que la vie lorsque celle-ci venait mettre à genoux. Qu'il y a des moments où tout ce qui est la colère et la haine devaient sortir, surtout lorsqu'on ne se maîtrise pas suffisamment, qu'il est parfois plus facile de reprendre le contrôle une fois que l'explosion a eu lieu. Peut-être se revoyait-il un peu en elle, dans son hésitation à agir ou non au final, son apprentissage s'était fait seul mais ça pouvait être différent pour elle. C'est pourquoi lorsqu'il fut à la bonne hauteur il commença doucement à enfoncer doucement les doigts, posant son autre main sur l'épaule de protégée pour l'empêcher quelque part de se relever et arrêter trop tôt ce qui était presque une expérience, il n'en démordrait pas jusqu'à ce qu'elle comprenne.

« Ne laisses jamais personne t'atteindre Lieserl. Bats-toi ! »

Il appuya beaucoup plus fort ses doigts au niveau de la hanche remplacée de la jeune fille, ce n'était pas par plaisir sadique mais c'était nécessaire, l'apprentissage pouvait être parfois douloureux mais à l'arrivée elle le remercierait.







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MessageSujet: Re: La fureur du dragon | Lieserl K. June   Lun 15 Aoû - 23:25

la fureur du dragon
Niels & Lieserl
Ah ! S'il en est un dans les cieux qui ait jamais veillé sur toi, que devient-il en ce moment ? Il est assis devant un orgue ; ses ailes sont à demi ouvertes, ses mains étendues sur le clavier d'ivoire ; il commence un hymne éternel, l'hymne d'amour et d'immortel oubli.

Que voulait-elle, au fond ? Lieserl n'en avait pas la moindre idée, elle se sentait comme une adolescente perdue dans les méandres de son égocentrisme et ce sentiment si stupide la faisait sourire d'un cynisme profond. Elle qui se valorisait comme étant quelqu'un de réfléchi, spontané certes mais qui ne se laissait pas aller aux émotions qui la traversaient à cause de ce coeur inutile, elle commençait à se montrer sous un nouveau jour, un jour qu'elle considérait ridicule. C'était surfait, c'était improbablement immature, et le fait d'être avec Niels accentuait cette impression, lui qui avait eu un rôle décisif dans sa vie depuis qu'ils avaient partagé cet étrange repas après s'être habilement échappés de l'hôpital. Mais ça n'était que des faux souvenirs, après tout, des faux souvenirs qui avaient beaucoup trop de valeur pour ce qu'ils étaient, car en réalité la première rencontre entre ces deux individus s'était déroulée après le retour des souvenirs, dans un moment banal où leur route s'était croisée à nouveau.

Mais comment pouvait-il en être autrement ? Comment pouvait-elle se contenter de retrouver un quotidien banal, lever, les cours, coucher, quelques heures à la boutique de farces et attrapes histoire de ne pas mourir de faim à la fin du mois ; elle était un dragon libre et fier qu'on avait forcé dans le corps fragile d'une petite humaine, alors comment pouvait-elle se contenter de ce qu'elle avait ? Elle avait tout perdu, sa fin heureuse à elle, alors qu'elle avait déjà dû le vivre une première fois quand les Furies Nocturnes avaient disparues ; elle s'était retrouvée seule, mise à la trappe par le destin, dernière représentante de son espèce à sa connaissance, et elle avait enfin pu retrouver un peu de bonheur avec Harold malgré son handicap ; alors pourquoi devrait-elle baisser la tête et serrer les dents, elle qui avait envie de brûler le monde ? C'était injuste, c'était inhumain de lui demander cela ; elle en avait assez d'être la victime des circonstances, elle en avait assez qu'à chaque fois que son existence prenait un tournant plus bleu, tout s'effritait devant elle, lorsque ce dragon Alpha maléfique l'avait forcée à commettre l'irréparable…

Elle serra le point légèrement, n'ayant pas envie de se retrouver plongée à nouveau dans ce souvenir, tout en écoutant d'une oreille les dires de Niels ; il parlait de retrouver quelque chose qu'ils avaient perdu, et le sourire cynique de Lieserl s'intensifia quelque peu. Quand Niels parlait, il avait toujours l'air de tenir la Vérité entre ses doigts, de posséder une sagesse si grande qu'il lui était impossible de remettre en doute ses propos ; mais Lieserl conservait malgré tout un esprit critique, et cette fois-ci, elle n'avait pas le même état d'esprit que lorsque les deux compagnons introuvables se retrouvaient autour d'un café ou d'une soirée au Rabbit Hole. En temps normal, elle aurait pu enchaîner, donner son avis, alimenter la conversation comme ils le faisaient toujours avec une passion philosophique qui pouvait dérouter les curieux. Mais cette fois-ci, elle était aveugle et sourde, elle se refusait d'entendre ce qu'elle aurait dû écouter, elle se refusait de voir la réalité telle qu'elle était. Elle se posait en martyr sans le moindre regret, fatiguée, fatiguée de se battre, fatiguée de poursuivre un objectif flou dont elle ne connaissait pas même la nature. Que voulait-elle ? Où allait-elle ? Elle n'avait jamais été l'héroïne, seulement le destrier de celui qui sauverait le monde ; elle n'avait jamais été le méchant de l'histoire, seulement le sidekick qui viendrait le terrasser alors que sa seule préoccupation réelle était le panier de poissons qui l'attendait à la fin. Elle n'avait pas de but, pas de sens, son existence en tant qu'humaine n'avait pas la moindre raison d'être car elle était une dragonne avant tout.

« Tu vois Niels, ce qui fait la grande différence entre nous, c'est que tu sembles avoir un objectif, un but auquel tu t'accroches de toutes tes forces et ne laisse rien te terrasser. Pour ma part, à moins qu'il y ait un bac de poissons frais à l'autre bout, je n'ai pas de chemin précis à suivre, je n'ai pas de bonheur ultime qui m'attends. Et dis comme ça c'est triste à en crever tellement j'ai l'impression d'avoir quinze ans en disant ça. »

Elle leva un peu les yeux au ciel quand il ricana presque après sa tirade sur la rancune ; elle-même savait qu'elle avait dit la phrase la plus bateau de l'histoire, mais elle s'accrochait si fort à l'idée de garder son calme qu'elle tenait trop à cette philosophie pour la laisser. Et Niels vint briser cette équilibre en la faisant basculer sur le dos, en lui parlant de souffrance, en prétendant qu'elle ne pouvait avoir souffert autant que cela si elle ne se laissait pas aller à la rancune ; sa voix était calme, mais froide, une froideur qui soufflait sur le coeur de Lieserl comme un vent d'hiver glacial, et elle se sentit crisper à nouveau. Elle avait envie de lui hurler sa douleur, elle qui avait perdu les siens, qui avait tué un père, qui avait perdu pour toujours la personne qui comptait le plus à ses yeux, par sa propre faute, tout ça car elle avait été incapable de résister à la puissance d'un autre dragon ; quelque chose qui lui avait prouvé que le coeur pouvait être aussi noble et loyal qu'il le voulait, il y avait toujours une puissance supérieure qui venait tout rompre, qui s'emparait de soi dès que les choses tournaient au vinaigre et vous forçait à commettre des actes impardonnables. Mais elle se retint, elle se retint de toutes ses forces car si même Niels commençait à prendre un ton presque condescendant avec elle, elle ne pourrait s'arrêter, elle ne pourrait résister encore à la tentation profonde qu'elle ressentait au fond d'elle, l'instinct de destruction, celui de retrouver son corps d'avant et de ravager Storybrooke comme elle ravageait Berk avant la trève entre les humains et les dragons, mais cette fois de son propre chef, de sa propre décision, en exterminant tous les hypocrites qui continuaient d'exister comme si tout cela n'était qu'un mauvais rêve, en éliminant tous ceux qui avaient contribué à cette situation désastreuse, ceux qui l'avaient mise dans ce pétrin ; car elle n'était pas une héroïne, non, elle était une survivante, une survivante qui n'hésiterait pas à employer les grands moyens pour continuer à survivre jusqu'à ce que quelque chose l'emporte dans une prochaine vie et que ce cycle infernal ne se répète encore et encore.

Mais Niels n'en démordait pas une seconde ; elle sentait ses doigts se promener le long de sa jambe, jusqu'à atteindre leur objectif au niveau de sa hanche, et elle resta silencieuse malgré la grimace qui s'emparait de son visage alors qu'il provoquait une douleur qui la prenait aux tripes. Elle ne voulait pas lui faire de mal, il ne savait pas qu'il était si près de se retrouver avec le visage pulvérisé s'il ne venait pas bloquer sa bouche entrouverte, mais s'il continuait sur cette voie il risquait gros ; mais Niels était intelligent, Lieserl le savait, et elle avait beau avoir mal, elle savait qu'il ne faisait jamais les choses au hasard, il savait que même si elle attaquait il ne ferait que frôler la flamme qui se formait au fond de l'estomac de Lieserl, remontant à l'intérieur de son corps, une boule d'énergie bleue qui contenait tout à la fois, ses émotions, sa frustration, sa colère, sa rancune. Elle poussa un gémissement qui ressemblait plus à un rugissement étouffé, et d'une main ferme, elle attrapa Niels par la gorge, non pas dans un geste désespéré ou violent, mais symbolique, sans serrer ni relâcher la pression.

« Si tu veux que personne ne m'atteigne tu devrais commencer par me lâcher. » Elle ne retira pas sa main qui torturait sa jambe, ayant passé bien au-delà de ce stade de douleur ; ses dents étaient toujours serrées, mais cette fois la détermination se mélangeait au reste. « Tu crois que je ne me suis pas battue ? Tu crois que je n'ai pas eu ma dose de souffrance parce que je refuse de me laisser aller à la colère, à la rancune ? Tu te comportes comme si tu savais tout de moi mais laisse moi te dire que tu n'as pas la moindre idée de qui je suis tout comme je ne sais pas qui tu es ; j'ai perdu les miens avant même de commencer à vivre, j'ai dû me débrouiller seule toute mon existence et quand la seule personne qui compte à mes yeux est entrée dans ma vie j'ai détruit tout ce que nous avions parce que je n'ai pas eu la force de résister à plus puissant que moi ! Je connais les jeux de pouvoir de ces êtres avides, de ces êtres perfides qui détruisent tout sur leur passage à cause de leur cupidité ; et pendant ce temps, tout le monde baisse la tête et se contente de ce qu'il a devant lui, de ce qu'on lui a donné en se mettant des oeillères comme s'il ne veut pas se rendre compte qu'on lui a tout pris ! Mais je ne suis pas comme eux, je ne veux pas, je ne peux pas continuer à vivre comme si on m'avait rien volé, comme si je n'avais jamais fait ce que j'ai fait, mais si je me laisse aller maintenant tout ce qui va arriver c'est la mise en cendres de cette ville de malheur ! »

Il ne bougea pas d'un muscle quand elle cracha enfin son venin, tandis que le projectile bleu électrique s'extirpa du corps de la jeune fille à une vitesse folle, passant juste à côté de sa tête pour mourir dans une explosion façon feu d'artifice dans le ciel. Puis, suivant le rythme soutenu qu'elle poursuivait, elle tourna la tête en la rapprochant de son épaule, jusqu'à pouvoir mordre les doigts de Niels suffisamment fort pour qu'il ait le réflexe de relâcher la pression ; quelques secondes plus tard, après une roulade qui lui coûta une douleur aigue dans la hanche, elle se retrouva accroupie, une main posée sur le sol et sa capuche à nouveau sur ses cheveux, les sourcils froncés et le regard tourné vers Niels. Elle posa son autre main sur sa hanche, comme si ce simple geste pouvait la guérir tant la tentation de prendre encore des antidouleurs la tenaillait ; mais une fois debout, elle ne bougeait plus, et le seul son qui perçait sur la plage vide était le bruit des vagues qui se mélangeait à celui du vent.

« On se connaît bien, tous les deux Niels. Tous ces cafés, ces quelques soirées où je passe au Rabbit Hole. Tu souris tout le temps, c'est quelque chose que j'ai toujours admiré chez toi, cette capacité de conserver une façade si optimiste et chaleureuse alors que si ça se trouve tu n'as qu'une envie, c'est de t'effondrer ou de faire exploser la ville ; tu parles de rancune comme si c'était ton pain quotidien, et tu souris encore. Tu aimes le contrôle, c'est tellement visible par moments que je me demande encore comment ça a pu arriver, la fois où on a été à la pizzeria, le premier jour où on s'est rencontré. C'était si spontané, si improvisé d'une certaine manière. Tu es toujours si calme, si maître de toi, toujours si philosophe quand le moindre mot s'échappe de ta bouche que même moi j'ai parfois du mal à comprendre où tu veux en venir. Mais je te connais, à ma manière. Tu ne laisse jamais rien au hasard. Tu ne fais jamais rien au hasard. Et plus l'on se voit, plus j'ai l'impression que tu joues à un espèce de jeu, ce qui est plutôt paradoxal pour quelqu'un qui ne compte pas sur la chance d'un pari pour se débrouiller. Je te connais bien, mais en même temps je ne te connais pas ; je suis parfaitement incapable de dire si tes intentions sont bénéfiques ou maléfiques, si c'est la vengeance qui te guide à travers cette délicieuse rancune dont tu me parles, ou si je me trompes complètement et que tu es l'Ange Gabriel envoyé des cieux en réalité ; je ne sais même pas s'il existe la moindre sincérité à l'égard de notre lien, alors que ton visage semble toujours le démontrer sans laisser le moindre doute. Et c'est quoi, notre lien, d'ailleurs ? Je ne sais rien de toi et ça n'a jamais été un problème, ça n'a jamais été important, ça n'a jamais été ce qui faisait toute la saveur de notre relation. Mais maintenant, tu me balances ces histoires, ces demi-vérités sur toi au compte-goutte, tu me touches là où je t'ai dit de ne pas le faire… Alors, ma question est simple : à quel jeu veux-tu jouer aujourd'hui ? »

Elle avait sourit en prononçant cette dernière question, penchant la tête sur le côté en remettant sa capuche et son short en place ; elle avait l'air d'une petite adolescente maladroite, mais son regard racontait une toute autre histoire, allumée d'une lueur bleu foncé et neuve, tandis que son sourire aurait pu faire froid dans le dos si Niels ne la connaissait pas. Essuyant rapidement le sable qui la couvrait ici et là, elle ne quittait pas son interlocuteur du regard, anticipant sa prochaine réaction, bien qu'elle le voyait bien partir dans un de ces presque-éclats de rire dont il avait le secret, le seul capable de la faire douter d'elle-même elle qui ne s'abaissait jamais à un tel niveau. Mais pas ce jour-là, s'il avait envie de rire qu'il le fasse, s'il avait envie de se moquer d'elle et de partir dans l'autre sens c'était son choix ; elle voulait en finir une bonne fois pour toute, faire disparaître cette étrange tension qui se construisait toujours un peu plus à chaque fois qu'ils se voyaient, née de l'imprécision de la nature du lien qui les unissait. Oh, elle l'avait toujours vu comme une sorte de mentor, quelqu'un qu'elle respectait énormément du fait qu'il ne fonctionnait pas comme tous les moutons qui constituaient Storybrooke, il était son propre homme avec sa propre manière de réfléchir et de fonctionner et c'était cela qu'elle appréciait le plus chez lui, peut-être l'illusion d'un libre penseur qui voyait au-delà des apparences et se lassait comme elle de la stupidité humaine, qui se manifestait bien plus dans cette ville qu'ailleurs avait-elle l'impression. Mais il l'avait cherchée, il avait apparemment voulu qu'elle crache sa rancune, en clamant qu'il fallait qu'elle se batte contre ceux qui l'atteignaient… Et c'était précisément ce qu'elle était en train de faire. Désormais, un calme absolu guidait ses gestes, la rancune qu'elle ressentait s'étant terrée au fond d'elle jusqu'à trouver le bon moment pour ressortir.
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MessageSujet: Re: La fureur du dragon | Lieserl K. June   Mar 16 Aoû - 18:20




Campant dans cette même position, venant appuyer suffisamment l'endroit qui faisait souffrir ainsi Lieserl, Niels voulait qu'elle ait la force de le repousser et surtout de se protéger de lui. Parce qu'il avait beau l'apprécier, plus que de raison et de manière toujours aussi étonnante à son goût mais pas moins délicieuse, il n'était pas sûr qu'un jour il ne viendrait aucunement déraper en sa compagnie et la forcer à aller dans le sens qu'il voulait comme il faisait avec tout le monde. Mais elle ne devait pas. Il refusait qu'elle puisse un jour ou l'autre devenir une des marionnettes avec lesquelles il pouvait s'amuser, avoir une place dans cette partie d'échecs qu'il jouait contre le monde entier et plus en particulier Storybrooke, elle était plus que ça et il avait formulé depuis longtemps la promesse secrète au fond de lui qu'elle se trouvait sous sa protection même si pour ceci elle devait apprendre à le mettre hors d'état de nuire. Sans le savoir il lui apprenait à se prémunir de lui, de cette douce folie destructrice alimentée par une rancune et une ambition démesurée, faisant peut-être d'elle une sorte de gardien même s'il ne savait pas encore de quoi. Lui qui aimait tellement poser des étiquettes pourtant n'en trouvait aucune de concrète à lui offrir en cet instant, il aurait pu en devenir presque fou avec une autre personne et se triturer la tête comme jamais, mais pour une fois ne pas trouver le mot approprié ne lui paraissait comme étant que du second ordre. Tandis que les dires de Lieserl l'avaient malheureusement réconforté dans une vision qu'il refusait de voir, cette absence d'objectif qu'elle pouvait avoir été d'une dangerosité sans pareil car c'était comme une plaie sanglante dont l'odeur venait attirer le prédateur qu'il pouvait être, Niels pourrait lui en offrir un qui servirait bien entendu sa propre cause et la tentation était si grande qu'il n'était pas sûr de craquer un jour dans cette direction. Alors il lui faisait mal pour pouvoir ainsi ancrer en elle le fait qu'elle devrait toujours se méfier de lui, qu'il avait beau avoir à son égard un regard bienveillant celui-ci pouvait cacher autre chose de beaucoup plus sombre comme l'était ce morceau de cœur dans sa poitrine et horrible, tandis qu'il pouvait presque se délecter du visage grimacé de sa jeune protégée même s'il aurait aimé que ce soit ainsi quelqu'un d'autre.

C'était là toute la contradictoire de ce que semblait offrir son geste à son égard, c'était comme de la torture qui lui infligeait alors que le marionnettiste n'avait que dégoût pour tout ce qui touchait à cette forme de violence sans panache, pourtant il se voulait tellement bénéfique sans qu'elle ne puisse en avoir la moindre idée. Son sourire s'étira lorsque tout d'un coup l'ancienne dragonne le saisisse ainsi par la gorge, c'était le premier pas dans cette thérapie de choc qu'il voulait lui offrir, ne reculant pourtant pas pour autant et continuant à appuyer dans cette zone si sensible où se trouvait une hanche artificielle qui devrait la rendre plus forte mais ne faisait au fond que la fragiliser. Pourtant ce n'était pas entièrement ça car cette main autour de son cou pourrait presque ressembler dans un sens à une douce caresse, le maintenant juste un peu à distance sans pour autant offrir le mal qu'il devrait, alors qu'il avait le plaisir de l'entendre presque grogner et qui apparaissait alors comme un bruit qui se voulait ravissant dans un sens. Il y avait tant de colère en Lieserl et il pouvait clairement le sentir, elle ne se contrôlait pas assez encore pour pouvoir le dissimuler comme il faut, Niels pourrait presque sentir sous ses doigts qui lui caressaient la peau cette force et cette destruction qu'elle pouvait contenir du mieux qu'elle pouvait. Mais une simple petite flamme et tout pourrait partir si vite. Il y avait tant de potentiels qu'il pourrait en perdre la tête à chercher quoi en faire, elle était un diamant brut qui ne demandait qu'à trouver une forme sublime, avalant au plus profond de lui cette avidité pour ne plus l'entendre chuchoter à son oreille car jamais l'étudiante ne serait qu'un simple instrument et il ferait tout pour s'en assurer. Cependant qu'importe qu'elle lui fasse une réflexion sur le fait qu'il devrait arrêter de lui faire mal, il aurait presque pu s'en amuser grandement dans une autre situation, il campait sur ses positions et il était hors de question de venir se stopper uniquement parce qu'elle lui demandait gentillement. Il voulait qu'elle le force et surtout lui prouve qu'il n'avait pas intérêt à recommencer, loin de lui d'être dans un élan masochiste même si ça pouvait être tentant quelque part, qu'elle l'affronte comme la réalité ou encore ce qui pouvait se cacher au fond d'elle une bonne fois pour toutes.

Et il fut satisfait de l'entendre ainsi parler, plus qu'il ne l'aurait espéré, comme s'il avait en face de lui la véritable Lieserl qui se cachait depuis tout ce temps derrière un visage presque de poupée qui n'étalait que très peu ses émotions. L'animateur de la garderie ne l'arrêta pas dans sa tirade parce qu'il savait à quel point ceci pouvait être libérateur, lorsqu'il devait exploser de son côté il le faisait désormais à l'intérieur de lui sans que personne ne puisse le voir mais ceci avait demandé des années de pratique avant d'arriver à un tel résultat, en découvrant plus sur la jeune fille en cet instant que lors de leurs échanges assez ponctuels si on y regardait de plus près. Niels ne serait dire si la fin de la malédiction avait pu ou non les rapprocher, ce n'était pas le genre de chose sur lequel il aimait se pencher et il n'en avait aucune envie, mais il était indéniable que la complicité qu'ils avaient pu avoir dans ce faux souvenir commun avait toujours perduré et il le changerait pour rien au monde. Ils avaient beau prendre un café ensemble, ou même discuter lorsqu'il arrivait à cette fille tout feu tout flamme de lui rendre visite au Rabbit Hole certains soirs après le travail, jamais ils n'avaient réellement engagé la conversation sur ceux qui avaient pu être par le passé car tout bonnement ils s'en fichaient. Pas de l'indifférence mais juste que leurs anciens eux étaient peut-être moins importants que leur version durant le sort, c'était étrange à expliquer mais il la voyait toujours comme cette fille plus courageuse et loin d'être aussi brisée que les autres voulaient bien le croire ainsi son passé n'avait que peu d'importance, il savait qui était Lieserl et qu'elle puisse se nommer Gertrude par exemple c'était du second plan. Mais aujourd'hui il n'était pas imperméable à la facette réelle qu'elle avait pu être, arrêtant même inconsciemment d'appuyer à répétition sur la hanche pour lui faire volontairement de mal, ne pouvant que comprendre ce que c'était d'être face à quelque chose de trop fort et d'impossible à combattre. Néanmoins le combat qui en sortait était différent pour chacun d'eux, lui agitant les ombres pour mieux les utiliser elle les gardant pour ne blesser personne, elle étant bien plus éclairée sur le monde alors que Storybrooke restait une ville d'aveugle. Il pouvait avoir comme de la fierté pour elle, elle n'était pas la marionnette cassée comme on voulait bien lui faire croire mais tellement plus que ça, si seulement elle pouvait voir à travers ses yeux alors tout serait si limpide.

Avant que Niels ne puisse dire quoique ce soit, tandis qu'elle le maintenait toujours à distance en gardant sa main enserrée contre sa gorge, un tir bleu sortit de sa protégée à une telle vitesse qu'il ne put voir la nature même de la chose bien que comprenant qu'il pouvait s'agir là d'une attaque. Lieserl aurait pu le tuer en visant correctement, il en était parfaitement conscient, ce qui agitait malgré lui un côté joueur car c'était comme s'amuser à la roulette russe dans un sens. Il leva juste la tête pour voir la déflagration de l'explosion qui aurait sans nul doute était de toute beauté dans la nuit noire, ayant ainsi la déferlante de pouvoir dont elle pouvait faire preuve, avant de revenir à l'ancienne dragonne qui lui mordait les doigts et par pur réflexe il retira ainsi sa pression qu'il pouvait faire sur elle mais plus particulièrement sur sa hanche. La situation se déroula avec trop de rapidité pour dire exactement ce qui se passait, jusqu'à ce que sa gorge fut libérée de sa prise, se trouvant à être bêtement assis sur le sable alors que ses yeux tentaient de suivre la véritable anguille qu'était devenu l'étudiante en cet instant. Il resta néanmoins dans cette position alors que de son côté elle reprenait tout de sa hauteur, craquant ses doigts qu'elle avait pu mordre tout en étant amusé dans un sens, continuant avec ce sourire qui était devenu un véritable qui ne le quittait plus. Oh oui il voulait détruire cette ville derrière cette façade, il pourrait s’effondrer s'il ne se forçait pas à tenir son objectif, et c'était comme si Lieserl pouvait apercevoir le véritable lui à la place de ce qu'il voulait bien montrer. Elle le connaissait si bien. Il pourrait presque en avoir des frissons dans un sens mais il ne se laissait pas émouvoir comme ça, il y avait à peine une petite flamme en cet instant qui n'éclairait pas suffisamment le vide intérieur, cependant il y a une chose qu'elle devait remettre en question à son sujet c'était son honnêteté et surtout le lien qu'ils pouvaient avoir. Il avait voulu jouer et il se prenait le coup de bâton sur ses doigts, sûr de ne pourtant pas avoir été si loin que ça, tandis qu'il se releva avec une difficulté qui aurait presque pu lui arracher une grimace mais rien ne venait perturber ce sourire figé tandis qu'il pouvait désormais l'observer de toute sa hauteur.

« Un sourire a tellement de pouvoir n'est-ce pas ? Il est là dans les moments de joie, de fierté, de réconfort. Je me suis habitué à porter ce si joli masque. Mais il sert surtout à cacher à la vérité, celle qui n'est pas toujours belle à voir, la douleur, le manque d'émotions, ou encore la rage par exemple. Tu as raison sur beaucoup de points à mon sujet Lieserl, tu es une si bonne observatrice que ça pourrait en être effrayant dans un sens, j'aime sans doute trop le contrôle mais c'est sûrement lié au fait que je ne veux que rien ne puisse me détourner de mon objectif. Quant à mes intentions disons que tout dépend du point de vue, forcément que je vais les trouver louables contrairement à d'autres, tu sais rien n'est tout blanc ou tout noir. »

Le marionnettiste avança de quelques pas tout en cherchant à se stabiliser, sur un sol autant en mouvement dans lequel il pouvait s'enfoncer ce n'était pas vraiment aisé, s'arrêtant malgré tout à une distance raisonnable d'elle et encore plus en voyant cette lueur bleutée qui pouvait avoir dans les yeux de Lieserl. C'était dangereux ou du moins comme un signe d'alerte qu'il n'allait pas s'amuser à ignorer, aussi tentant que celui-ci pouvait être il fallait savoir rester raisonnable parfois et il n'était pas idiot pour vouloir la provoquer comme il l'avait fait, le prochain tir qu'elle ferait ne serait pas aussi manqué que le premier et ce n'était malheureusement pas dans les projets de Niels de mourir maintenant. Il ferma les yeux tout en laissant border par le bruit des vagues, voulant faire au moins partiellement le vide en lui, alors qu'il venait perdre progressivement pour elle son sourire pour lui montrer à quel point il pouvait être sérieux dans ce qui allait suivre. Il les rouvrit pour planter ses iris dans les siennes, avec un visage qui ne démontrait aucune émotion et une neutralité qui étaient certes réelles mais qu'il n'exposait pourtant jamais, pour lui parler avec la plus grande sincérité qui soit même s'il ne mentait aucunement. Il refit un pas en sa direction tout en levant la main où elle avait pu le mordre, la pointant surtout avec son index pour la prendre à partie alors qu'il n'y avaient qu'eux sur cette plage, elle avait intérêt à bien écouter parce qu'il n'allait pas le répéter de sitôt.

« Je ne veux jamais que tu doutes de l'importance de ce qui nous vient nous lier, cette échappée de l'hôpital ne correspond certes en rien à ce que je suis mais elle n'en demeure pas moins précieuse même si tu ne le ressens peut-être pas comme ça, tu ne sais pas à quel point tu peux être à part et surtout dans mon univers. Et même si en cet instant tu as l'impression que je joue à un jeu cruel ou je me m'amuse de toi c'est loin d'être le cas, j'ai toujours mes raisons d'agir d'une manière ou d'une autre tu le sais, même si tu ne comprends peut-être par sur l'instant je peux te garantir pourtant que je ne suis et serai toujours animé de bonne volonté pour toi. »

Niels baissa sa main pour respirer un bon coup, il ne se laissait pas emporter parce que comme Lieserl l'avait bien vu il était maître de soi, retrouvant bien vite ce sourire le caractérisait tant dans ce qui était devenu une habitude contre laquelle il ne luttait même plus. Un tic peut-être. Il ne lui semblait pas avoir été trop loin avec elle, il aurait pu faire pire ça il en était persuadé, surtout en voyant le résultat face à lui. Sa protégée avait explosé comme il s'y attendait, comme s'il avait avec un naturel déconcertant su où appuyer pour enclencher le mécanisme et trouver la bonne parade pour la mettre hors d'elle, mais c'était dans un sens que la première étape de ce qui pourrait nommer une thérapie de choc sans un sens. Car la faire devenir dingue, ou du moins la faire sortir suffisamment de sa froideur et de l'apathie qu'elle voulait refléter, ce n'était aucunement assez à son goût et loin de le satisfaire. Il devait faire plus parce qu'après tout elle méritait sa sollicitude, en plus de lui avoir appris indirectement à le contrer et rester toujours vigilante à son adresse même si présentement il ne lui voulait que du bien aujourd'hui car demain serait un autre jour, comme une sorte de félicitations en somme même si pour une fois sa démarche se faisait sur un fond altruiste. Lui qui contrôlait tout sans la moindre distinction, même ses propres paroles et gestes, souhaitait juste un peu offrir à cette petite marionnette qu'on disait cassée des clés pour s'en sortir à l'avenir et voir à ne pas compter uniquement sur son pouvoir. Son masque bien en place, riant légèrement en y repensant, il était l'heure de lever le voile de l'intrigue et d'offrir un dénouement même ne serait-ce que provisoire à ce spectacle qui fut - il ne peut dire autrement - très divertissant malgré la forme d'affection qu'il peut bien lui porter. Lieserl méritait de savoir ce qui se cachait derrière ses agissements, avec une autre personne il aurait certaine pu faire une pirouette pour s'en sortir et ne rien expliquer de très concret, chacun ayant eu une forme de satisfaction personnelle dans un sens après tout.

« Tu es une bombe à retardement, qui finira par exploser à un moment ou un autre, sans que toi-même tu ne puisses dire quand exactement tu produiras ta meurtrière déflagration. Aujourd'hui ce n'était qu'un faible aperçu, tu le sais toi-même que tu as énormément de pouvoir en toi, tu peux faire bien pire et de ce que tu as dit ça ne serait pas la première fois. Tu vois il y a plusieurs solutions en fin de compte. Premièrement soit tu finis par détruire Storybrooke car tu finis par laisser ta colère t'envahir et ainsi éclater au possible, ce qui pourrait être très intéressant si j'étais sûr de ne pas être blessé quelque part, mais ça ne ferait que former une boule indigeste qui grandirait. Deuxièmement tu trouves comme il y a quelques secondes des instants, un endroit, ou même une personne contre qui défouler de trop-plein de rage qui ne fait que te dévorer tes entrailles. Ne te sens-tu pas mieux d'ailleurs ? Oh ne réponds pas, je sais à quel point ça peut-être jouissif, il n'y a qu'à voir ton sourire satisfait parce que tu as pu affirmer une certaine forme de supériorité. Bien sûr, la deuxième option semble la plus enviable, elle te permet de faire quelques dégâts au lieu de tout d'un coup, mais à la longue ça deviendra si fréquent que tu ne pourras plus t'en passer... »

Il y a des années il avait été en quelque sorte à sa place, ne pas savoir gérer son apathie et sa colère face à ce qui lui était arrivé, mais Niels avait appris à se maîtriser car conscient que c'était là une clé capitale qui pourrait lui apporter tant. Être immunisé contre tout ou du moins pouvoir avoir un contrôle plus ou moins conséquent sur des états d'âme, des émotions qui de toute manière s'effaçaient lentement au profil d'un manque de cœur qui le satisfaisait car au moins la douleur se faisait moins grande, c'était ce qu'il y avait de mieux et il pouvait ainsi plus aisément aider les choses à aller dans son sens. Il passa sa main dans sa nuque avant de descendre à l'endroit où elle l'avait saisi, caressant un peu l'endroit où une marque pourrait peut-être visible même s'il en doutait vu le peu de force qu'elle avait pu mettre tout de même, comme pour lui signaler le fait que la prochaine fois elle ferait peut-être pire si elle s'en donnait vraiment les moyens. Lieserl avait bien fait cependant, il ne pourrait lui tenir rancune pour une chose qu'il avait lui-même provoquée de toute façon et ça serait tellement aberrant de le faire sinon, même si ceci avait agité en lui ce besoin que de lui trouver une place utile à ses côtés. Tant de pouvoir qui n'était pas bridé, s'il trouvait le moyen de pouvoir à son aise s'en servir ce serait une telle aubaine, il y aurait tellement à faire avec elle. Stop. Niels se mit aussitôt une barrière avant de laisser ses pensées aller plus loin, il ne voulait pas et ne devait pas y réfléchir sous aucun prétexte sinon il viendrait détruire ce qu'ils avaient pu construire tout en le sachant parfaitement, elle était sa protégée et il devait agir comme tel. C'est pourquoi il devait lui exposer l'ensemble des solutions, pas juste la moitié et taire ce qui venait l'arranger, sans pour autant oser approcher d'elle car peu sûr de l'humeur dont elle faisait preuve. C'était une chose de provoquer une fois une dragonne, de l'inconscience même, mais une deuxième fois c'était juste suicidaire et il n'avait pas particulièrement l'envie qu'elle lui arrache le bras ou la tête bizarrement.

« Troisième option tu apprends à te contrôler. Ce n'est pas un chemin facile, c'est le plus difficile de tous, mais quand tu arriveras au bout de ce périple au moins tu ne laisseras rien t'atteindre tu sais. Après si tu cherches vraiment un défouloir, quelqu'un pour t'écouter hurler à plein poumons, tu sais bien que je serais toujours là pour t'écouter ma petite Lieserl. »

Et il lui resservait encore un de ces sourires si bienveillant, le tout sans mensonge dans ses paroles comme c'était toujours le cas avec ce qu'il disait, il ne pouvait pas lui forcer la main après tout.







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We all are living in a dream but life ain't what it seems. Oh everything's a mess. And all these sorrows I have seen they lead me to believe that everything's a mess. But I wanna dream. Leave me to dream... ⊹ lumos maxima
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MessageSujet: Re: La fureur du dragon | Lieserl K. June   Lun 22 Aoû - 18:04

la fureur du dragon
Niels & Lieserl
Ah ! S'il en est un dans les cieux qui ait jamais veillé sur toi, que devient-il en ce moment ? Il est assis devant un orgue ; ses ailes sont à demi ouvertes, ses mains étendues sur le clavier d'ivoire ; il commence un hymne éternel, l'hymne d'amour et d'immortel oubli.

C'était grisant ; Lieserl se sentait comme envahie d'une puissance nouvelle qui coulait dans ses veines, une puissance qu'elle n'avait ressenti que brièvement dans le monde des contes, le jour où elle était devenue dragon Alpha ; alors c'était ça, la puissance ultime, que l'on réservait seulement à celui qui serait en mesure de régner sur le peuple des dragons ? C'était délicieux, si délicieux. En cet instant, elle n'était plus Krokmou, Krokmou le dragon aux airs d'axolotl et aux yeux de chaton joueur, elle était la Furie Nocturne qu'elle avait toujours été et avait étrangement tendance à oublier, et si son dos avait été nu on aurait pu apercevoir à travers sa peau le scintillement bleu caractéristique de ses épines dorsales qui ne demandaient qu'à jaillir. Peut-être découvrait-elle à cet instant même une autre facette d'elle-même, libérée soudainement par le pouvoir incroyable de l'Alpha, elle qui ne se doutait pas une seconde que cette puissance pouvait être aussi grande elle s'en délectait avec bien plus de plaisir qu'elle ne l'aurait voulu à un autre instant, un instant où elle n'aurait pas été guidée par une envie pure de jouer, de jouer avec Niels, de tester de quoi elle était capable sur ce cobaye tout frais qui s'offrait de son propre chef. Pouvait-elle l'envoûter lui aussi ? Elle savait que ses capacités s'étendaient sur les dragons mais maintenant qu'elle était humaine peut-être que cela pouvait aussi marcher sur les humains, ce qui serait une expérience si excitante qu'elle en jubilait presque. Il avait raison, cette homme devant elle ; de laisser ses émotions de côté, les laisser couler de manière fluide dans ses veines pour nourrir le moindre recoin de son corps, réceptacle d'une puissance inouïe dont elle-même ne se doutait pas de l'ampleur, et tout cela transparaissait dans la brillance bleue de son regard brun en temps normal mais désormais océan. Elle fixait Niels sans broncher une seule seconde, et son visage n'affichait plus aucune émotion, tandis qu'elle le laissait déblatérer son discours, confirmant tout ce qu'elle avait pu lire en lui, et de savoir qu'elle avait frappé juste presque à chaque fois en était presque risible dans l'état d'extase dans lequel elle se trouvait.

« Les actes sont louables quand on ne les fait que pour nos propres intérêts alors qu'ils peuvent prendre bien des nuances quand on les confronte aux intérêts de la communauté. »

C'était son instinct qui s'exprimait désormais, son côté dragon avait presque entièrement pris le dessus sur son côté humain au point que son ombre en prenait symboliquement la forme si on laissait son esprit voyager en l'observant. Elle se sentait comme emportée à une époque lointaine où la loi de la nature s'écrivait par Nous VS les Autres, les dragons VS les humains, une époque où tous les coups étaient permis et où les scrupules n'existaient pas, sauf que c'était désormais elle au-dessus de tout, elle s'était octroyée les pleins pouvoirs par la seule force de sa volonté, par son intelligence, par son agilité, par sa détermination qui n'avait failli qu'une seule fois, une seule erreur qu'elle se reprochait encore ; et en cet instant elle en oubliait qu'elle n'avait pas été seule, qu'il y avait eu un autre être aussi courageux et fort qu'elle pour les guider lors de cette quête finale, Harold, la personne la plus précieuse de son existence qui s'était effacée derrière le sentiment grisant que lui apportait ce sang bouillonnant sans relâche dans ses veines. Mais il n'était pas tout à fait oublié, il était toujours là comme dissimulé par un voile gris et la raison de Lieserl s'accrochait désespérément à cette image pour ne pas sombrer dans la folie des grandeurs, elle se maintenait sur ce fil si fin et fragile malgré la culpabilité et la frustration qui la dévoraient encore, probablement le seul élément qui l'empêchait encore de faire de Niels une crêpe flambée avec supplément protéïné. Elle le fixait d'ailleurs sans jamais lâcher son regard, devenue méfiante quand il avança de quelques pas et que son sourire éternel s'estompa pour la première fois peut-être depuis qu'ils se connaissaient. Cet élément nouveau réveilla la curiosité de Lieserl, et ses pupilles désormais fendue s'épaissirent légèrement, son attention étant totalement portée sur ce visage qu'elle avait l'impression de découvrir pour la première fois, sans sourire, sans masque, sans cet air aimable, si faux et vrai à la fois, air qui avait dérouté la jeune fille toujours plus à mesure qu'elle en apprenait sur lui chaque fois qu'ils se voyaient. Il avait eu les bons réflexes, de garder une distance raisonnable tout en cessant d'afficher son petit minois d'innocent, il était quelqu'un d'une stature conséquente mais à cet instant précis il avait semblé prendre de la hauteur et Lieserl aurait pu en être intimidée à un autre moment mais cette fois-ci elle le voyait comme un de ces jeux de dominance entre deux bêtes ; celui qui se montrait le plus imposant, le plus malin, le plus féroce serait celui qui gagnerait ce combat mental, et elle se serait bien laissée aller dans ce ballet s'il n'avait pas adopté une attitude neutre, qui ne cherchait pas à la défier ou à la manipuler mais bien à établir un statu quo quelques instants, le temps qu'il s'exprime sur la nature du lien qui les unissait.

À nouveau, le regard bleu de Lieserl se fit méfiant, elle fronça légèrement les sourcils, indiquant qu'elle assimilait ses paroles et les analysait pour voir ce qu'elle pouvait en ressortir. Durant quelques secondes, elle sentit comme un doute l'envahir, et ses yeux se firent moins intensément azur, réalisant que Niels se montrait pour la première fois sous un jour qu'elle ne connaissait pas, et le souvenir de ce qu'ils avaient partagé ce jour là, à peine quelques temps après qu'elle ait perdu sa fausse famille, s'imposa à elle. Elle se sentait vaciller, à nouveau elle avait l'impression de perdre le contrôle, réalisant une évidence qui la mettait hors d'elle, le fait de n'avoir jamais été réellement sûre des intentions et des ressentis de Niels vis-à-vis d'elle lui faisait beaucoup plus d'effet qu'elle ne le voulait et venait confirmer l'importance qu'avait acquis le marionnettiste dans son existence. Et elle ne voulait plus de ces attaches, de ces émotions contradictoires et de ces instabilités paradoxalement constantes, elle ne voulait plus que qui ce soit soit capable de la faire sortir de ses gonds ou de la faire douter, et maintenant qu'il avait enfin retiré son masque pour révéler la nature du lien si solide et fragile qui les unissait lui procurait presque plus de douleur que quand il était venu appuyer ses doigts sur sa hanche handicapée. Elle aurait préféré qu'il lui dise que tout ce qui avait existé entre eux n'avait été qu'un jeu, une manigance de sa part pour s'amuser d'elle et en faire ce qu'il voulait, qu'il cherchait à la contrôler comme il cherchait à contrôler tout ce qui l'entourait, et que ses intentions n'étaient pas en faveur de la demoiselle ; mais il avait dit exactement le contraire, il était plus que sincère à son égard et elle conservait une place qui semblait spéciale dans son univers bien qu'elle ne connaissait pas le contenu de celui-ci, et cette nouvelle contradiction avec le comportement habituel de Niels la révulsait presque. Ça aurait été si facile si n'avait jamais été sincère, il lui aurait tout dit en cet instant et ils auraient pu jouer un peu à celui qui pourrait détruire l'autre en premier ; mais non, il avait changé la donne avec une aisance sans pareille qui faisait vaciller la certitude que ressentait Lieserl à cet instant. Elle serra les dents dans une grimace qui ressemblait à un prédateur menaçant, mais se reteint de faire le moindre mouvement, reprenant une expression neutre aussi vite qu'était apparue sa colère.

« Tu m'énerves, Niels. Ça aurait été si facile si tu m'avais dit le contraire, ça aurait été si évident, si constant avec ton comportement habituel que j'en aurais ris tellement fort. Mais ma vie a changé ce jour-là, c'est un jour aussi précieux pour moi que pour toi selon tes dires, j'ai recommencé à vivre le temps d'une aventure et si tu n'avais pas existé je n'aurais probablement été que l'ombre de moi-même aujourd'hui ; mais je déteste ce sentiment, je déteste ces attaches, je déteste que tu sois trop important à mes yeux pour te détruire ici et maintenant alors que j'en meurs d'envie, je déteste toute l'incertitude qui me tenaille l'estomac à chaque fois que nos routes se croisent. Ça aurait été si facile si ça n'avait été qu'un jeu. » Elle leva ses mains dans un geste à la fois régulateur et symbolique, quittant le regard de Niels uniquement pour observer les paumes de ses mains le temps de quelques secondes. « Il y a quelque chose que je n'ai jamais ressenti auparavant, quelque chose qui s'est débloqué en moi et qui coule dans mes veines, une certitude nouvelle alors que je n'ai jamais été réellement sûr de rien, sûr de toi, et tu fais vaciller cette certitude avec une aisance malfaisante alors que tu ne joues même pas, tu es sincère comme tu ne l'as jamais été et c'est précisément ça qui me donne tant envie de t'utiliser comme un cobaye pour mettre cette certitude à l'épreuve, car tu es l'un des rares obstacles encore debout entre moi et elle. » Elle reposa ses bras le long de son corps sans pour autant relâcher la tension qu'elle ressentait à cet instant, replantant son regard dans celui du marionnettiste. « Mais tu n'es pas qu'un obstacle, j'aurais tellement voulu que tu me le prouve mais tu as fait le contraire, et maintenant que tu as dissipé le moindre doute je ne peux plus me reposer non plus sur l'incertitude du lien qui nous uni. Alors, je le répète : tu m'énerves, Niels. »

Dans d'autres circonstances, sa remarque aurait pu ressembler à une tentative pour détendre l'atmosphère mais elle n'avait jamais été aussi sincère de toute son existence ; il l'énervait, et ça n'était pas un bon signe, elle qui se sentait toujours fière de garder son calme en toutes circonstances et de prendre les choses avec froideur et réalisme. Mais ce n'était plus l'heure de la raison, son côté Furie Nocturne menaçait d'exploser à tout instant et Niels vint confirmer cela en la comparant à une bombe à retardement, ce qui la fit presque sourire. Oui, c'était exactement cela, elle était une bombe à retardement qui mourrait d'envie d'exploser, de faire jaillir le feu de ses entrailles et comptait patiemment les secondes qui la séparait de ce moment qu'elle chérirait de tout son être. Et il avait recommencé à sourire, ce qui gonfla l'énervement que ressentait Lieserl au point qu'elle ferma les yeux tant elle avait besoin de faire le vide à nouveau, de rejeter ses émotions trop violentes pour retrouver le sentiment grisant de la puissance qu'elle avait découvert au moment où son statut d'Alpha avait refait surface dans son corps et ses veines, et que son fil de pensées était devenu si claire et limpide qu'elle s'était retrouvée libérée de la frustration pour goûter l'extase comme si elle avait goûté au fruit défendu. L'écran de fumée qui la séparait de ce qui la faisait tiquer s'épaissit encore un peu, et le fil auquel elle se tenait encore se retrouva comme effiloché, perdant de sa superbe et de sa solidité encore un peu, au point que la raison de Lieserl se retrouvait comme suspendu au bord d'un précipice, menaçant d'être englouti par le gouffre sans fond qui s'étendait sous son regard horrifié. Elle sentit le calme revenir, tout en écoutant attentivement les propositions de Niels, et cette fois sur son visage était apparu un petit sourire étrangement similaire à celui du marionnettiste. Oui, c'était jouissif, c'était jouissif à en mourir de laisser ses tripes parler pour elle en crachant son venin très littéralement, en faisant exploser le ciel de couleurs criardes quand elle laissait ses flammes s'échapper de son organisme, et elle était prête à recommencer encore et encore s'il en avait envie, il avait même l'air de se proposer comme défouloir et la perspective de l'utiliser comme cible sonnait si bien aux oreilles de la Furie Nocturne qu'elle en rouvrit les yeux, à nouveau envahie par son apathie mêlée de l'envie de jouer avec ses pouvoirs. « Ma petite Lieserl »… l'ego de la dragonne en aurait été outré qu'il se permette une familiarité comme celle là dans un moment pareil, mais elle avait trop l'habitude de ce surnom pour s'en formaliser, et à la place il résonna à ses oreilles comme un appel, comme si Niels essayait des mots magiques pour réveiller la Lieserl effrayée qui avait laissé sa place à la furieuse dragonne, et ces simples mots dissipèrent momentanément la perspective de griller le marionnettiste très littéralement dès qu'elle en ressentirait le besoin ou le simple désir.

À la place, elle se contenta de le fixer en silence quelques secondes, à nouveau chacun campé dans sa position de manière ferme et sans appel ; et Lieserl prit cette expression presque hautaine qui la caractérisait quand elle voulait montrer à quel point elle s'ennuyait, même quand ça n'était pas forcément le cas puisqu'elle avait attentivement écouté les diverses propositions de son mentor. Avec l'absence de bruits qui venaient parasiter ses oreilles, elle laissa ses sens prendre le dessus pour analyser de fond en comble la situation ; elle ouvrit les yeux plus intensément, frotta ses doigts entre eux en sentant les grains de sable sur sa peau, respirait les diverses odeurs qui s'échappaient des lieux. Elle percevait bien plus qu'une humaine lambda en était capable, mais ne prenait tristement jamais le temps de véritablement utiliser ces sens boostés, mais à cet instant ce fut le son qui s'imposèrent dans son esprit. Le bruit des vagues, la respiration de Niels, sa proche respiration, les mouvements furtifs des éléments mobiles du paysage. Bo-bom. Bo-bom. Un battement, régulier, légèrement rapide pour ce qu'il était. Bo-bom. Bo-bom. Elle cessa presque de respirer en se concentrant uniquement sur ce rythme intérieur. Bo-bom. Bo-bom. Et sur son visage s'afficha un sourire si malsain qu'il déformait son expression en un rictus effrayant, en partie cachée par sa chevelure.

« J'ai une autre solution, moi, pourtant, monsieur je-sais-tout. » Bo-bom. Bo-bom. « C'est rapide et efficace avec la magie. Je ne sais pas si c'est indolore, mais... » Bo-bom. Bo-bom. « ça n'a pas d'importance. Mon problème, c'est la colère, la frustration… les émotions. » Bo-bom. Bo-bom. « Les attaches, les sentiments, les regrets, la culpabilité. Toutes ces charmantes petites choses du commun des mortels que l'on s'évertue à prétendre bénéfiques quand tout le monde sait qu'ils ne font que nous ralentir au jour le jour... » Bo-bom. Bo-bom. « Sans toutes ces émotions, on serait libre d'atteindre nos rêves et nos objectifs sans éprouver quoi que ce soit qui puisse nous ralentir. » Bo-bom. Bo-bom. « Alors puisqu'on en est là, autant opter pour la solution radicale, tu ne crois pas, cher Niels ? » Bo-bom. Bo-bom.

L'expression de Lieserl revint au neutre total ; elle ne plaisantait plus, il n'y avait qu'une détermination sans bornes affiché sur son visage, tandis qu'elle posa sa main sur son coeur battant. Elle n'avait pas besoin de lui dire ce qu'elle était entrain de lui demander ; et elle savait au fond d'elle sans trop savoir pourquoi qu'il était en mesure d'exaucer ce souhait qui lui était venu soudainement. C'était la solution de facilité, la solution radicale mais c'était aussi la seule qu'elle était en mesure d'envisager, qu'elle avait envie de voir tant elle n'en pouvait plus de ressentir toutes ces choses qu'elle ne voulait pas ressentir ; la culpabilité d'avoir tué, d'avoir trahi, la peur et la solitude d'avoir été abandonnée, dernière de son espèce, la colère d'avoir eu sa vie volée en un instant par un nuage magique, la frustration de ne pouvoir exprimer entièrement toutes ces choses en même temps et une bonne fois pour toute en mettant la ville à feu et à sang. Oh, elle savait que Niels avait compris sa demande ; et elle n'avait pas l'intention de le laisser refuser.

« C'est peut-être pour ça qu'on s'est rencontré, au final, Niels. Toi qui semble toujours penser que rien n'arrive vraiment par hasard, peut-être que nos routes croisées s'arrêtent ici, dans ce moment ultime où tu m'arraches le coeur très littéralement et que tu me libères de tout ce poids que je ressens sur mes épaules. Comme quoi tu n'es pas un obstacle mais un libérateur. N'est-ce pas incroyablement ironique et tellement adéquat tout à la fois ? » Elle ne laissa qu'un demi-sourire transparaître avant de revenir à un sérieux absolu. « Prends mon coeur, cher Niels, je sais que tu en est parfaitement capable, et je n'en ai plus la moindre utilité. »

Le fil s'effilocha encore un peu plus tandis que le temps s'arrêtait, s'approchant un peu plus d'une chute vertigineuse ; et la Furie Nocturne continuait de fixer Niels sans discontinuer un seul instant. Lieserl n'avait jamais été aussi sérieuse de sa vie.
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Niels Mørck

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MessageSujet: Re: La fureur du dragon | Lieserl K. June   Mar 23 Aoû - 18:30




Sans venir l'interrompre une seule fois Niels avait laissé Lieserl déverser son venin contre lui, cette colère sourde qu'elle avait pu avoir et qui aujourd'hui explosait dans un tout mal géré, à la fois fasciné par les iris d'un bleu lumineux qu'elle pouvait avoir et les mots en eux-même. Pour lui aussi ça aurait été tellement plus facile d'ignorer le semblant d'affection qu'il pouvait avoir à son égard, être imperméable à tout ce qui pouvait l'envahir comme à ce qui comme elle arrivait à se faufiler dans les infimes fissures de sa protection, il ne pouvait que comprendre cette frustration des attaches qui finissaient toujours par être un obstacle à la longue. Il le savait. Comme il savait qu'il pouvait avoir de l'amour pour ses poupées présentes à Storybrooke, lui qui les avait chéri de tout son être à chaque création, mais conscient qu'il ne devait pas et rejetant leur existence même jusqu'à ce qu'une d'entre elles puisse enfin lui donner ce qu'il voulait tant en gagnant ce jeu cruel. S'il venait à s'ouvrir à elles il finirait par le regretter, elles étaient nés de ses mains et elles se trouvaient destinées à mourir, voilà pourquoi il avait refusé de le moindre contact envers elles parce que lui aussi devait survivre à cette épreuve imposée à sa manière. Mais il refusait de regarder la vérité en face. Se cachant derrière le prétexte de ne plus pouvoir aimer, d'avoir un cœur brisé qui ne ressentait que peu de choses même si c'était aussi véridique, et les personnes comme sa protégée face à lui remettaient en question toute sa personne parfois qu'il ne pouvait l'accepter d'aucune manière. C'était peut-être pour ça que lui et Lieserl ne se voyaient que le temps d'un café, le temps d'une petite soirée au Rabbit Hole en de rares occasions, parce qu'elle lui faisait du mal à sa manière même si elle n'en avait pas forcément conscience. Ce besoin viscéral de faire du mal à l'autre à cet instant précis Niels ne pouvait que l'approuver, même s'il avait démarché pour aider la jeune fille à cet instant une part de lui ne pouvait se retenir de hurler contre elle pour qu'elle s'éloigne le plus possible de son être pour s'être implanté comme elle l'avait fait sans qu'il ne l'autorise, regrettant déjà d'avoir ainsi divulgué tant dans ce moment de faiblesse et peut-être d'instinct de survie qui s'était fait à l'intérieur de lui. Lui qui pourtant connaissait la valeur des mots, leur impact et leur façon d'agir sur les autres, comme si l'arme avait laquelle Niels avait l'habitude de tirer venait de se retourner contre lui et se trouvait désormais contre sa tempe prêt à faire feu.

Plongés désormais dans un silence qui en disait trop et peu à la fois, comme si le temps ne serait-ce que pour un faible instant avait interrompu sa course dans ce moment décisif, l'animateur se paraît à toutes les possibilités et analysait comme jamais auparavant. Dans son esprit il anticipait toutes les réactions que Lieserl pourrait avoir, de la plus calme à la plus violente en passant par divers degrés, parce qu'il ne laissait rien au hasard comme elle l'avait si bien observé chez lui. Être préparé à toutes les éventualités pour être le moins surpris possible, c'était comme essayer de savoir ce qui pouvait bien se dérouler au chapitre suivant d'un livre et à force d’entraînement connaître même le fin mot de cette histoire, mais il y avait toujours un élément perturbateur qui offrait un angle de vue qui échappait parfois à sa vigilance malgré son bon vouloir. Et c'était parfois si amusant, réussir à être surpris alors qu'il était sûr que le spectacle était déjà couru d'avance, d'observer à quel point certains individus arrivaient parfois à trouver un chemin dérobé. Mais en cet instant Niels avait beau sourire, dans celui figé et constamment collé à ses lèvres, les paroles se diluaient d'une étrange façon presque ingérable dans tout son organisme. Elle n'avait pas besoin de lui dire clairement ce qu'elle voulait faire, à parler des émotions et de ce qui empêchaient d'avancer le message était clair en lui-même, se revoyant des années en arrière en train d'extraire ce palpitant brillant de sa poitrine avant de le briser en plusieurs éclats. La douleur physique n'avait été qu'une délivrance pour celle qui le blessait à l'intérieur, plus douce et beaucoup plus supportable à son sens, depuis il n'avait plus été capable de pleurer ou de sourire vraiment mais ceci lui convenait. Il s'était affranchie de tout un tas de contraintes et avait acquis une forme de liberté, il n'était plus soumis à une impulsivité émotionnelle et c'était comme si tout un panel de nouveautés ou de possibilités s'était dès lors ouvert à lui, il ne regrettait aucunement et de toute manière c'était désormais trop tard pour avoir la moindre forme de regrets. Jamais plus son cœur ne serait complet, il ne lui appartenait même plus et ceci depuis trop longtemps pour vouloir le récupérer, c'était un sacrifice que tout le monde voyait peut-être comme une solution dans le plus grand désespoir et qui était peut-être dans le fond trop facile. C'était retirer la gêne intérieure sans chercher à combattre, une forme de lâcheté ou de ne pas vouloir regarder la réalité en face tout en la rejetant d'une certaine façon, mais lorsque l'être humain arrivait à l'usure il se trouve à prendre des décisions drastiques sans en mesurer absolument toutes les variations que ceci pourrait engendrer par la suite.

Devait-il le faire ? Niels n'aurait pas hésité une seule seconde si ce n'était pas Lieserl face à lui, il arracherait ce cœur sans ménagement et l'écraserait dans sa paume après avoir joué avant de finir par être ennuyé, mais le problème étant que c'était bien elle qu'il avait face à lui et qui surtout lui en faisait la demande. Elle était sa protégée même si elle était très clairement capable de se débrouiller toute seule, surtout depuis la fin de la malédiction et du retour de la magie, et la question était alors de savoir quelle était la meilleure option à toute cette histoire. Le marionnettiste aimait la férocité et la puissance incontrôlée qui pouvait émaner de l'ancienne dragonne, cette froideur qu'elle pouvait avoir pour dans de rares cas laissait place à une forme de complicité presque naturelle qui se faisait entre eux, lui retirer ce qui était dans un sens son âme c'était la privé d'être elle. C'est parce qu'il connaissait tous les aboutissants d'un tel acte qu'il hésitait, réveillant cette peur au fond de lui qu'un jour il ne serait même plus capable d'aimer sa propre fille, alors qu'il ne pouvait que comprendre dans un sens les paroles qui étaient presque stériles à ses oreilles. Il avait oublié ce que c'était que de ressentir une véritable joie, une véritable détresse, une véritable colère, une véritable déchéance. Tout se faisait désormais dans une dose bien moindre, parfois même inexistant à la longue, il avait oublié comment on souriait vraiment et non pas ce masque judicieusement posé sur le visage. Il ne se rappelait même plus ce que c'était de pleurer de joie, de tout un tas de choses pourtant futiles mais qui apparaissaient comme importantes en y réfléchissant bien, du goût que pouvait avoir la vie par instants. Lieserl souhaitait que Niels la libère de ce fardeau mais en était-ce vraiment un ? Il ferma les yeux et fronça les sourcils, poussant se vide intérieur à se faire pour ne se laisser parasiter d'aucune manière par ce qui se passait autour de lui, se retrouvant confronté à deux chemins à l'importance sans pareil. Il resta un instant ainsi, sans savoir combien de temps exactement, avant d'ouvrir les yeux et d'avancer en direction de l'ancienne dragonne. Il avait pris sa décision et rien ne pourrait l'arrêter désormais, déterminé au possible comme à chaque fois qu'il savait quelle ligne de direction prendre, ne se trouvant qu'à quelques centimètres de sa protégée la fixant dans les yeux avant de passer un bras dans son dos et la coller quelque peu à lui tout en la soutenant. Il avait un doux sourire pour elle, poussant légèrement quelques mèches de cheveux de ce visage qui aurait pu être celui d'une poupée, dégageant sans doute une forme de chaleur bienveillante qu'il n'avait que très peu dans son existence.

« Je te déteste tellement. Tu crois qu'il n'y a que toi qui se trouve être en colère de faire face à ce lien qu'il y a entre nous ? Je n'ai jamais voulu m'attacher, la première fois que je t'ai vu j'ai cru que tu n'étais qu'une gamine insipide sans la moindre saveur, j'ai refusé de tout mon être cette petite affection que j'ai pu avoir pour toi. Mais comme une tumeur elle a fini par grandir, me rendant aussi malade que possible, mais pourtant pour rien au monde je voudrais la retirer désormais qu'elle est là car elle laisserait encore un vide qui n'est que difficile à supporter. Tu me fais autant de mal que tu me fais du bien, tu es un fil qui me maintient encore conscient à ce monde que ça te plaise ou non, je t'énerve mais pourtant tout comme moi tu sais que tu ne pourrais pas t'éloigner si tu le voulais. »

Niels venait maintenir fermement Lieserl, il était hors de question qu'elle s'échappe, il déversait sur elle des paroles qu'il n'avait aucunement envie d'avouer mais qui était nécessaire parce qu'il n'aurait peut-être plus l'opportunité. Il n'avait pas dit les mots qu'il fallait une fois, il n'avait pas su être le protecteur qu'il aurait dû être, il ne referait pas la même erreur avec la jeune fille. Il sentit le flux de magie se faire en lui tandis qu'il ne quittait pas les iris de l'ancienne dragonne, se laissant envahir par cette sensation presque enivrante qui le ferait perdre la tête tant c'était délectable, comme une vieille habitude qui ne se perdait jamais dans un sens. Sa main libre laissa les mèches de cheveux brunes pour glisser le long du visage de sa protégée pour glisser vers le cou avant de descendre encore plus bas, pouvant ressentir les battements qui parcouraient la peau, c'était une sensation si curieuse à décrire par instants mais c'était comme si à cet instant il voyait toutes les connections du cœur de Lieserl reflétait malgré elle les liens qui se faisaient dans tout son organisme. Le marionnettiste enfonça tout d'un coup la main dans la poitrine, resserrant sa prise qu'il pouvait avoir sur la jeune fille car souvent les personnes avaient comme le souffle coupé et étaient sur le point de chuter comme dans un malaise, jusqu'à ce que ses doigts se resserrent sur le palpitant et lui offrant une forme d'ivresse incroyable. Avoir la vie de quelqu'un dans la paume de sa main était toujours d'une jouissance sans pareil, à cet instant il pouvait mettre fin définitivement à la petite flamme en soufflant tout banalement dessus et personne ne pourrait dire qui en était l'auteur, il lui fallut beaucoup de volonté pour ne pas le faire et se laisser envahir par les petits chuchotements intérieurs qui venaient l'encourager dans cette voie-ci. Mais elle était sa protégée avant toute chose, la jeune fille qui avait été assez téméraire pour le suivre dans cette escapade hors de l'hôpital, cette petite marionnette cassée à qui il avait prouvé qu'elle n'était pas juste bonne à mettre à la poubelle, celle avec qui il aimait philosopher car possédant une vision bien à elle du monde, cette petite boule collée au fond de lui qui avait pris de l'importance sans qu'il ne s'en aperçoive, elle était Lieserl tout simplement. Niels restait d'un calme à toute épreuve et surtout en cet instant, s'assurant de bien avoir en main le cœur, lui délivrant un sourire qui était peut-être plus doux que d'accoutumer et ce à quoi elle a pu être habituée.

« Serres les dents. C'est un moment très désagréable à passer, tu peux me croire ça ne fait pas du bien, mais tout ira pour le mieux après. Et n'oublies pas Lieserl... je serais toujours là pour toi... »

À peine terminait-il sa phrase que son bras opéra un mouvement presque violent, connaissant parfaitement la douleur presque intenable que ça pouvait-être et plus vite il le faisait mieux c'était, c'était comme arracher le pansement d'une plaie purulente pour la laisser à l'air libre. Soutenant toujours la furie nocturne contre lui, la laissant reprendre ses esprits, il tenait dans sa main droite ce cœur brillant et parsemé à quelques endroits de noirceurs qui n'étaient là que le reflet de l'âme de Lieserl. Il ne restait au marionnettiste qu'un faible morceau de ce qu'il avait là, il aurait presque pu oublier à quoi de base ça pouvait ressembler, ayant tout d'un coup l'image de son propre cœur qui se superposait à celui de sa protégée. Une vision qui l'électrifia sans le prévenir et le frappant avec dureté, plus entièrement sûr que ce qu'il avait fait été le plus judicieux, il pensait libérer au mieux la jeune fille en agissant ainsi mais dans un sens c'était un peu comme la transformer comme lui. Est-ce un mal ? Non. Il y avait des choses qu'il était préférable d'avoir loin de ça et les émotions bien trop destructives en faisaient partie, Niels en était convaincu et de toute évidence il n'avait pas eu d'autres options qui s'offraient à lui même si le cas était différent pour l'étudiante, il avait soulagé une âme en détresse qui avait une importance à ses yeux. Il relâcha sa prise qu'il pouvait avoir sur elle, reculant de quelques pas pour la laisser respirer mais aussi parce qu'il devait calmer le flux de pensées parasitaires dans sa tête, avec la sourde sensation de la tête qui tournait un peu alors que ses yeux restaient rivés sur le cœur. La lutte intérieure se déchaînait tout d'un coup chez lui, essayant de reprendre son souffle correctement, sur ce qu'il devait faire de cet organe. Il avait le pouvoir de contrôler une force sans pareille, de détruire Storybrooke si c'était ce qu'il voulait vraiment, par extension il pourrait sûrement accomplir de grandes choses qui pourraient tellement l'aider dans cet accomplissement de but ultime. Avec ce cœur en sa possession il pourrait mettre le monde à genoux, il déchaînerait les enfers pour retrouver ce qu'il avait perdu, rien ni personne ne pourrait dès lors plus l'empêcher et c'était comme si tout d'un coup il pouvait enfin voir la lumière au bout du tunnel à portée de main. Il approcha le palpitant de sa bouche, prêt à lui donner des ordres, jusqu'à stopper son geste tout d'un coup.

Le marionnettiste se faisait fortement violence pour ne pas craquer, ne pas succomber à cette envie folle et pourtant si délicieuse, rageant de voir à quel point l'affection qu'il avait pour Lieserl était un frein dans sa progression. C'est pour ça qu'il détestait tellement ressentir quoi que ce soit, ces moments en compagnie de l'ancienne dragonne qui n'avait fait qu'alimenter cette petite flamme de plus en plus robuste, de ce serment secret et jamais inavoué que de toujours vouloir que le meilleur pour elle et de ne jamais lui porter atteinte. Il y avait cette chose qui hurlait en lui comme une bête féroce, comme le serait un prédateur attiré par le goût du sang, furieuse de se voir entraver par quelque chose d'aussi stupide et sans intérêt. Elle frappait contre les murs de cette cage qui n'était peut-être pas aussi solide qu'il le voudrait, lui jetant à la figure tous les sacrifices faits jusqu'ici et à quel point tout deviendrait tellement plus facile avec le contrôle de la jeune fille, mais il ne voulait pas céder à aucun moment. Niels recula encore de l'ancienne dragonne, posant sa main libre contre ses yeux alors qu'un mal de crâne lui transperçait la tête, cherchant à reprendre pied et se calmer comme il savait si bien le faire. Faisant au mieux le vide pour tout bloquer, autant le bon que le mauvais, il inspira longuement jusqu'à sentir le sang couler au niveau de son nez qui le déconcentra de sa recherche de calme entier. Arracher le cœur de Lieserl avait été plus fatigant qu'il ne l'aurait cru, comme une sorte d'usure mentale que physique pour le coup, ce petit désagrément venant le remettre à l'ordre. Il souffla profondément, essuyant que partiellement le liquide carmin au goût de fer qui tombait toujours à petites gouttes, la crise semblait être passée. L'air de rien il se releva droit comme il faut, laissant le sang tomber sans s'en préoccuper pour le coup, il avait donné à sa protégée ce qu'elle voulait et il espérait qu'elle était désormais heureuse que d'avoir ainsi bloqué tout ce qui pouvait lui faire du mal sentimentalement parlant. Il reprenait ce sourire perpétuel qu'il pouvait avoir, comme si tout ceci n'avait été dans le fond d'une banalité sans nom et assez commun, lui laissant le temps de reprendre ses esprits mais il préférait tout de même la mettre en garde et aussi la dépêcher à reprendre son bien avant qu'il ne puisse changer d'avis pour l'utiliser selon son bon vouloir.

« Bienvenue dans mon monde... Surtout mets le dans un endroit où personne ne pourra le trouver, s'il quelqu'un s'en empare il sera capable de te contrôler, ce n'est pas parce qu'il se trouve hors de ta poitrine qu'il ne peut plus t'attendre. Et si un jour tu veux le replacer... tu sais où me trouver. »

Le bras tendu en sa direction avec le cœur en main, bienveillant à son égard comme il avait pu lui avouer, pour lui ce n'était pas la fin des chemins qui se séparaient mais le début d'un qui pouvait être en commun.







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Lieserl K. June

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MessageSujet: Re: La fureur du dragon | Lieserl K. June   Dim 28 Aoû - 14:19

la fureur du dragon
Niels & Lieserl
Ah ! S'il en est un dans les cieux qui ait jamais veillé sur toi, que devient-il en ce moment ? Il est assis devant un orgue ; ses ailes sont à demi ouvertes, ses mains étendues sur le clavier d'ivoire ; il commence un hymne éternel, l'hymne d'amour et d'immortel oubli.

Les sourcils de Lieserl s'étaient froncés à mesure que Niels s'était approché ; mais elle n'avait pas fait d'autre mouvement, se contentant d'observer le moindre de ses gestes, prête à agir s'il décidait soudainement de s'attaquer à elle. À cet instant elle ressentait un doute profond, un doute viscéral tout en sachant parfaitement que dès le moment où il avait fait un pas en avant sa demande drastique avait été acceptée et qu'elle ne pouvait plus revenir en arrière ; c'était curieux, les choix, car c'était toujours au moment où aucun demi-tour n'était possible que les doutes venaient assaillir, que tout ce qui pouvait mal tourner jaillissait dans l'esprit tourmenté de celui qui avait pourtant pris une décision avec une détermination sans faille. Désormais, alors qu'elle dégageait une puissance qu'elle n'avait jamais même approché auparavant, elle se savait à l'entière merci de Niels, elle savait qu'elle venait de lui délivrer les pleins pouvoirs alors qu'elle aurait pu le pulvériser sur place sans le moindre état d'âme, elle était passée de virtuellement invincible à dangereusement vulnérable en quelques secondes car seulement guidée par cette envie insipide et absolue de se débarrasser de ce qui la tourmentait, la torturait depuis beaucoup trop de temps. Elle ne le quittait pas du regard, muette comme une tombe, fixant son visage sans laisser pénétrer la moindre émotion sur le sien alors qu'il souriait toujours avec ce sourire dont il avait le secret. Elle se redressa légèrement quand il passa un bras derrière elle, arquant le dos en ayant le réflexe de le repousser quelque peu en posant une main dans le creux de son coude et l'autre sur son torse, bien qu'elle se retrouva malgré tout collée à lui, se sentant comme désormais attachée sur l'échafaud, sur le bûcher qui allait bientôt consumer son être entier sans qu'elle ne puisse rien faire ; et son regard essaya de suivre le contact des doigts de Niels sur ses mèches de cheveux, bien qu'elle revint planter son regard dans le sien sans dire un mot lorsqu'il s'exprima à son tour, et à cet instant ce fut comme si le lien qui les unissait prenait une forme physique, des chaînes qui venaient s'entourer autour de leurs corps, les condamnant à l'affection qu'ils portaient l'un à l'autre. Il avait raison, mais elle ne l'admettait pas, quoi qu'elle fasse elle savait qu'elle était désormais comme prisonnière de leur relation, elle savait qu'elle serait incapable de s'éloigner totalement de lui, de l'effacer de son existence comme s'il n'avait jamais existé, et elle le détestait plus que tout d'avoir fait d'elle quelqu'un d'important dans sa vie tout en ressentant en elle à quel point elle était incapable de le détester.

La Lieserl, l'humaine encore quelque part en elle, pendue à ce fil si fin avait peur ; elle était terrorisée par ce qui était en train de se passer, par cette libération soudaine de ses capacités et du pouvoir absolu qu'elle venait d'octroyer à Niels, piégée entre invincibilité et vulnérabilité, et à mesure que le temps passait elle se sentait approcher d'une mort certaine. Le voile qui la séparait encore du souvenir de Harold, des éléments positifs de son existence qui la maintenait aussi saine d'esprit que possible en y parvenant de moins en moins se faisait plus épais, et elle voyait Harold lui tourner soudainement le dos, un air profondément déçu sur le visage. Non… Elle avait envie de hurler mais aucun son ne sortait de sa gorge, elle tendait son bras libre dans le vide et cela se traduisit par la saisie soudaine des vêtements de Niels qu'elle se mit à serrer dans son poing fermé, sa dernière bouée de sauvetage avant que les choses ne dégénèrent pour de bon. Elle prenait la pire ou la meilleure décision de sa vie mais tout son être s'était enfin libéré du joug de la Furie Nocturne, et toutes ses peurs et sa culpabilité et sa frustration refirent surface d'un seul coup au moment où Niels enfonça son bras dans sa poitrine ; son souffle s'était coupé et sa bouche s'était entrouverte, son regard flottant désormais dans le vide tandis qu'elle sentait le poing de Niels se refermer autour de son coeur de la même manière que le poing de Lieserl tenait les vêtements de Niels au niveau de son coeur à lui, comme si elle cherchait inconsciemment à se mettre à parts égales avec lui en lui prenant le sien alors qu'elle n'en avait pas le pouvoir.  À peine Niels la mit-elle en garde contre la douleur qu'elle voulut prononcer le seul mot qu'elle voulait prononcer, un « non » ferme et sans appel, mais sa gorge n'avait plus la capacité de laisser passer le moindre son ; et un instant plus tard, il retirait son coeur de sa poitrine dans un geste sec et brutal.

Le vide, d'abord. Le vide intersidéral. Le silence absolu. Aveugle, sourde, muette. Puis, la douleur, la frénésie. Niels la tenait toujours, simplement pour ne pas qu'elle s'effondre sur le sol ; mais ce trou béant dans sa poitrine lui faisait mal comme jamais rien ne lui avait fait mal auparavant, et s'il en avait eu la force elle se serait mise à le frapper de toutes la puissance de ses poings, pour qu'il la lâche, pour qu'il la libère, pour qu'elle ne ressente plus cette douleur insoutenable. Enfin, il recula, et Lieserl dut puiser au plus profond d'elle-même pour ne pas se laisser tomber sur le sol ; elle avait toujours le bras tendu vers Niels, celui qui avait tenu ses vêtements avec fermeté, comme si elle cherchait encore cette prise pour pouvoir s'y accrocher autant que possible, elle avait autant envie qu'il disparaisse et qu'il la soutienne encore. Mais le vide revint, gouffre béant qui s'ouvrait sous elle tandis que le voile devenait totalement opaque et que le fil qui la retenait encore se brisait. Le vide. Le vide absolu. Elle ne ressentait plus rien. Plus de culpabilité, plus de colère, plus de frustration, plus de joie, plus d'allégresse, plus rien. Elle se sentait vidée de tout, vidée de ce qui la faisait vivre tout comme de ce qui la faisait faiblir. Son corps n'était plus qu'un pantin désartibulé, même sa hanche ne lui faisait plus mal. Elle fixait le sol, son visage complètement ailleurs, la bouche encore entrouverte par le choc. L'éclat bleu de ses yeux avait disparu, retournant à ses iris brunes. Plus rien n'existait réellement autour d'elle, ou tout du moins presque tout avait perdu de sa saveur, le bruit des vagues, le vent léger qui soufflait, le paysage vidé de sa beauté. Tout ce qu'elle percevait encore n'était qu'un acouphène continu qui résonnait dans son oreille.

« Ton monde... » Elle releva enfin les yeux, encore choquée par cette absence qu'elle ressentait dans sa poitrine, le visage hagard et plus blanc qu'il ne l'avait jamais été. « Ton monde… j'aurais tellement pouvoir dire qu'il est triste mais ce n'est même pas ça. » C'était comme ça que Niels se sentait en permanence, alors ? Lui non plus n'avait plus de coeur, le cachait-il précieusement quelque part comme son trésor le plus précieux ? « Je me sens si vide... » Elle tendit la main enfin, retrouvant un semblant de force dans ses muscles, mais s'arrêta en plein geste quand enfin son regard vint croiser son propre coeur. C'était fascinant. C'était comme si l'entièreté du monde avait perdu la moindre trace de couleur, sauf cet organe battant dans la main de Niels, rouge fluorescent mais en même temps parsemé de traces sombres. Elle sourit d'abord, puis émit une sorte de ricanement, mais l'allégresse qu'elle aurait dû ressentir ne se traduit que par un faible mépris à l'égard d'elle-même. « Il est… magnifique. » Un instant, elle voulut refermer les doigts de Niels sur le coeur palpitant, le lui confiant pour de bon puisqu'elle lui avait déjà permis de la rendre si vulnérable ; mais ce morceau de son corps la fascinait bien trop pour le laisser entre les mains de son compagnon d'infortune -ou de fortune. Alors le prit-elle à son tour, dans sa main qui tremblait, non pas d'émotions mais par absence d'émotions, dans ce corps affaibli par le choc. « Il est si brillant… Pourquoi ? Il aurait dû être noir… noir corbeau, noir colère, noir culpabilité… Il est de quelle couleur, le tiens, cher Niels ? »

Elle pouvait aisément deviner, ou tout du moins le pensait-elle ; ce n'était qu'une question rhétorique. Un instant plus tard, elle se mit à rire un peu plus fort, avant de se laisser aller à un fou rire qui aurait pu faire trembler de terreur les individus les plus atteints mentalement. Elle étouffait son rire dans sa main libre, qui venait cacher presque entièrement son visage, mais ce n'était pas un rire qui traduisait une émotion, c'était un rire qui en traduisait le vide absolu, un rire parfaitement contrôlé et hystérique tout en même temps. Peut-être de soulagement quelque part au fond d'elle ; car toutes ces choses horribles qui la tenaillaient en permanence se retrouvaient enfermés dans cet organe qui ne faisait désormais plus parti d'elle, et qui ne ferait plus jamais parti d'elle. Elle se concentra un instant ; elle pensait à Harold, elle pensait à ce qu'elle avait fait. Et dans son esprit, ce fut comme si quelque chose la bloquait, l'empêchait de ressentir quoi que ce soit à l'égard de lui ou de ses actes. La culpabilité avait enfin disparue, remplacée par une indifférence parsemée de mépris. Puis, elle essaya de faire remonter sa colère, sa frustration ; mais tout n'était plus que détermination, qu'un nuage blasé au possible qui la rendait aveugle à tout ce qu'elle avait ressenti jusque là. Alors c'était vrai. Tout était contenu dans cet organe qu'elle tenait entre ses doigts fins. Tout ce qui lui restait à faire, c'était de le détruire, et plus rien ne pouvait l'atteindre.

« Pourquoi le cacher si je peux le détruire ici et maintenant… Si je peux me débarrasser à tout jamais de ces choses qui me retenaient en arrière, si je peux enfin ne faire qu'une avec celle que je suis réellement… une Furie Nocturne, pour toujours et à jamais, guidée par mes propres intérêts sans jamais me sentir frustrée ou coupable, sans jamais me demander si ce que je fais est une erreur et que je finirai par le décevoir encore une fois... »

C'était la seule envie qu'elle ressentait ; de serrer le poing pour faire tomber en poussière son coeur, et sans la culpabilité elle savait que sa force n'était devenue que plus grande. Elle le saisit plus fermement, ignorant désormais complètement la présence de Niels juste devant elle, et d'un mouvement lent, elle appuya dessus.

Douleur. Oh douleur. Elle était encore là. Elle avait à peine pressé l'organe qu'elle pensait si inutile que la douleur la foudroya avec une brutalité sans retenue ; et elle se pencha en avant en saisissant sa poitrine, hurlant de toute la force de ses poumons, avant de relâcher la pression. Elle respirait à toute vitesse, transpirait à grosses gouttes, mais tout en étant incapable de ressentir autre chose que cette foutue douleur qui la tenaillait. Pourquoi ? Pourquoi ça faisait si mal ? N'était-elle pas censée être libérée de cette souffrance une bonne fois pour toutes ? Pourquoi ne parvenait-elle pas à le détruire ? Pourquoi était-ce impossible de vivre sans cette chose horrible dont elle ne voulait plus ?

« Pourquoi j'ai encore mal… Pourquoi je ne peux pas vivre sans lui... »

Ses iris avaient à nouveau retrouvé leur éclat bleu incadescent, un mélange entre une froideur sans égal et la chaleur envoûtante d'une flamme qui dévorait tout sur son passage. C'est à cet instant précis qu'elle réalisa que si elle voulait détruire ce coeur pour de bon, elle avait besoin de sa rage, de sa colère et de sa frustration, et que tous ces éléments lui avaient été arraché en même temps que le palpitant au creux de sa main ; et l'ironie même de la situation la fit à nouveau rire du plus profond de ses tripes, dans ce rire hystérique et contrôlé qu'elle n'avait jamais eu auparavant.

« Pfff. Quel fabuleux destin, quand même ; je pourrais le détruire si je l'avais encore en moi, si j'étais encore capable de puiser dans ma haine pour aller jusqu'au bout de mon geste. C'est pitoyable... »

Elle leva les yeux vers Niels, un petit sourire sur ses lèvres, non pas effrayant cette fois mais serein, baignant dans l'indifférence. Le temps avait passé et elle s'était déjà habituée à ce vide atroce qu'elle ressentait dans sa poitrine, la rendant comme handicapée, incapable de tantôt puiser dans l'énergie optimiste du souvenir de sa relation avec Harold, et dans l'énergie pessimiste de sa propre culpabilité et de sa rage. Elle comprit en cet instant que le seul moyen qu'elle avait pour exister réellement, pour combler ce vide, ce manque persistant, pour même aller jusqu'au bout de l'incroyable puissance qui existait en elle, elle avait besoin de ses émotions ; mais leur absence lui faisait un bien fou. Elle savait que désormais, sans ce coeur battant elle pouvait très bien conquérir le monde, détruire ce qu'elle avait envie de détruire et bâtir tout ce qu'elle avait envie de bâtir ; mais le seul désir qu'elle ressentait en cet instant, le seul objectif qui s'était animé dans son cerveau était le chemin de l'autodestruction, la volonté ultime de mettre fin définitivement à la misère qu'elle ressentait en se détruisant elle-même. Douce ironie qui flottait dans l'air comme le parfum nacré des fleurs au petit matin.

« Je te plains tellement, Niels. Vivre comme ça au jour le jour, sans jamais ressentir la moindre émotion extrême, ou du moins pas totalement ; tu dois être si serein, aussi serein que ce sourire que tu as en permanence. Je comprends mieux... » Elle comprenait enfin le rôle que jouait les émotions sur la vie de quelqu'un. Pas entièrement peut-être, c'était encore trop frais pour être parfaitement clair dans son esprit, et tant que son coeur existerait elle ne pourrait jamais se sentir entièrement libre de tout ce qui la retenait autrefois. « Tu ne pourras jamais être totalement heureux, tu ne pourras jamais être totalement euphorique, totalement triste, totalement en colère, totalement enragé. Tu ne pourras jamais puiser en toi pour y chercher la force de détester, la force de haïr, la force d'aimer. Ça doit être si doux de vivre chaque jour de cette manière. Ton monde est si vide. »

Cela pouvait être des paroles cruelles ou salvatrices mais qui dénotaient surtout le calme absolu que Lieserl traversait à cet instant précis. Son corps était affaibli, son âme était affaiblie, et pourtant, elle ne s'était jamais sentie aussi forte de toute sa vie, mais une force édulcorée, une force qui n'avait en quelque sorte aucune source réelle, qui n'existait que par l'absence de cette même source. Elle était en mesure désormais d'accomplir de grandes choses, bien plus grandes qu'elle ne pouvait l'imaginer, mais pourquoi ? Il n'y avait pas de raison réelle de le faire. Sans sa colère, sans sa frustration, sans sa culpabilité, sans sa joie, sans son amour, sans son affection, Lieserl n'était plus qu'une coquille vide et indifférente, sereine certes mais plus guidée par quoi que ce soit, plus rien ne la poussait réellement en avant hormis ce désir profond de détruire ce coeur une bonne fois pour toute. Alors la question se posait désormais : devait-elle le conserver hors d'elle et vivre avec ce vide ou devait-elle le remettre en elle pour ressentir au plus vite tout ce qui lui manquait désormais ?
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MessageSujet: Re: La fureur du dragon | Lieserl K. June   Lun 29 Aoû - 18:25




Ce cœur battant qu'il avait en main en disait tellement plus sur Lieserl qu'elle ne pouvait le penser, certes il y avait des taches noires mais personne n'était forcément tout blanc dans la vie mais il y avait cette coloration rose brillant à plusieurs reprises qui lui indiquaient à quel point il y avait du bon en elle malgré ce qu'elle pouvait croire, Niels avait agi dans le sens qu'elle voulait et avait ainsi accédé à sa demande. À l'époque il aurait aimé qu'une personne puisse l'aider comme il venait de le faire, lui avait dû se débrouiller tout seul et s'était infligé ça lui-même dans la plus grande torture qui soit, il se rappelait se laisser envahir par ce vide incroyable et fascinant alors que ça n'a fait que croître en lui depuis des années au moins que ce dernier morceau était en train de s'effriter dans cette poitrine qui ne battait presque plus, c'était comme mourir et paradoxalement renaître sans que la personne ne puisse rien faire. Sauf en replaçant son cœur sans doute, la lumière se ferait de nouveau et une chaleur serait alors présente, mais pour lui c'était trop tard et il n'avait pu qu'apprendre à vivre avec sans s'en formaliser désormais. Il la laissa reprendre ses esprits, sachant à quel point cette expérience se trouvait être éprouvante pour la personne victime d'un tel acte, elle pénétrait dans ce monde hermétique où rien ne pouvait vraiment toucher son porteur. Sans doute qu'elle ressentirait encore des choses pendant un certain temps, de la joie ou encore un peu de colère, mais rapidement tout s'évaporait comme de l'eau dans le désert et il ne restera justement que ce sable à perte de vue ainsi qu'un tas de questions. Accepter de vivre dans cœur c'était accepter par extension de prendre le risque de se désintégrer et de disparaître dans une certaine mesure, accepter le fait d'être une marionnette de la personne qui possédait cette âme sous cette représentation physique, accepter le fait d'être à la fois si libre et si contraint à la fois. Mais c'était le prix à payer pour ne plus ressentir cette douleur constante, fuir ses problèmes et ne pas avoir à les affronter, même si pour Niels il y avait toujours ce fantôme qui l'accompagnait toujours et lui tenait la main en permanence pour lui rappeler tout ceci. Lui avait décidé de faire autre chose de son cœur, dans ce pari si risqué et complètement dérangé qui aurait pu lui coûter la vie en y regardant avec du recul, dans ce qui était malgré les apparences une preuve d'amour sans conteste.

Sa paume s'ouvrit un peu plus en voyant le regard fasciné de la jeune fille face à son propre organe vital, lui laissant ainsi admirer ce qui était l'allégorie en quelque sorte de son existence et de ses actes pour en faire la meilleure preuve dans un tribunal, la laissant éclater de rire dans ce qu'il pouvait reconnaître comme une forme de soulagement peut-être. Il ne serait dire. Niels pouvait décrypter les sentiments des autres dans certaines circonstances, admirant parfois avec même de la jalousie cette capacité à pouvoir ressentir au fond d'eux quelque chose de parfois si virulent qu'il ne pouvait que regarder avec envie ce qu'il ne possédait plus, mais désormais que Lieserl se trouvait dans l'incapacité de vraiment s'émouvoir c'était compliqué à dire. C'était comme si ces capteurs se trouvaient brouillaient, elle faisait zone d'interférence et l'empêchait de lire en elle car il n'y avait tout bonnement plus quelque chose à observer justement, tandis qu'il aidait délicatement sa protégée à reprendre ce qui lui appartenait. Et aussitôt les pensées parasitaires arrêtaient d'influer, ce pouvoir en moins dans les mains était une bénédiction qu'il ne pensait jamais connaître dû au fait qu'il pouvait ainsi se retrouver lié à l'ancienne dragonne bien malgré eux et ce lien n'avait fait que grossir peut-être au vu de son acte envers elle, alors qu'il gardait ce sourire constant et imperturbable sur son visage. Il profita d'avoir les mains libres pour essuyer ce sang qui ne coulait presque plus, il s'était tellement fait violence dans cette histoire où il avait été difficile de se gérer et surtout l'utilisation de la magie se faisait toujours éprouvante par ce manque d'habitude qu'il pouvait bien avoir, alors que ses doigts devenaient carmin comme s'il portait là les traces de son crime envers Lieserl dans un sens. En acceptant de lui retirer ses émotions il était devenu comme un le meurtrier de celles-ci, même s'il était possible cependant dans son cas de réparer ce qui serait peut-être une erreur mais seul le temps pourrait le dire, il avait ainsi tué sa protégée. Le véritable elle. Niels pouvait voir l'incompréhension dans laquelle se plongeait l'étudiante, élargissant peut-être son sourire à la question portant sur la couleur de son cœur, comme si elle était si surprise de voir à quel point elle n'était pas si mauvaise que ça au final. Personne ne se connaissait vraiment en y regardant de plus près, peut-être qu'elle ne s'attendait qu'à voir une espèce de morceau de charbon d'un noir si profond mais ce n'était pas le cas, elle était plus innocente qu'elle ne pensait.

« Parce que tu n'es pas aussi sombre que tu pourrais le penser. Il y a du mauvais en toi Lieserl certes, ces ombres en sont la preuve, mais il y a aussi du bon malgré tout ce que tu pouvais ressentir. Maintenant tu le sais. Tu pourras le dire que tu n'étais pas qu'un être mauvais. »


Volontairement l'animateur évita sa question sur la couleur de son propre cœur, ça n'apporterait rien à Lieserl de le savoir de toute évidence et c'était là une chose qui ne regardait que lui, parce qu'il y avait trop de données à prendre en compte. Si elle parlait de ce simple morceau qu'il avait pu se remettre dans la poitrine, trop faible pour être vraiment présent et devenu incapable de sentir quoi que ce soit, alors il avait une douce couleur sombre et il fallait avoir l’œil pour y déceler la petite lumière profonde. Mais il n'avait pas toujours été comme ça, loin de là même, lorsque Niels avait arraché son cœur la première fois il devait être beaucoup plus brillant que celui de l'ancienne dragonne. Ce n'était pas un mauvais cœur mais il était juste brisé, de telles fissures qu'il avait accentuées pour le casser et obtenir ainsi plusieurs morceaux, ainsi il avait été plus facile de venir le corrompre surtout en vue des expériences qu'il avait pu connaître par la suite. Personne ne naît monstre mais il le devient, fabriqué de toutes pièces et souvent sous la trop grande influence des autres, lui-même n'était que le produit d'un certain concours de circonstances mais c'était trop tard pour revenir en arrière contrairement à Lieserl. Parce qu'il avait un objectif dont il ne devait se détourner, des actions à accomplir sans avoir la moindre culpabilité ou remords, il devait être ce qu'il était aujourd'hui même s'il voulait favoriser les chances de revoir un jour son Alice. Et il serait capable de souffrir encore si ceci lui permettait de revoir son doux visage, d'entendre son rire et sa voix si merveilleuse, pour la tenir dans ses bras et la bercer comme il faisait autrefois. C'était peut-être ça la petite étincelle qui restait dans son cœur, ce qui l'empêchait de sombrer à jamais pour n'être qu'une enveloppe entièrement vide, en tout cas il aimait le croire. Néanmoins il revient à la réalité en entendant les paroles de l'étudiante, levant quelque peu la main avant de la rebaisser, elle voulait écraser son âme et il préférait la laisser expérimenter seule la sensation pour mieux l'avertir des risques liés à cette extraction dont elle avait été la victime. Il voyait son visage choqué et douloureux, sans même chercher à intervenir une seule seconde, sachant pertinemment qu'il était impossible d'aller jusqu'au bout lorsqu'on avait sa propre vie en main. Elle comprenait enfin la controverse de tout, une partie que le prix que la magie pouvait avoir par cet acte, la force que pouvait avoir le cœur qui lui était désormais impossible d'utiliser et qui en même temps l'empêchait de faire tant de choses. Une force et une faiblesse à la fois, un parfait yin et yang qui se trouvait être symbolisé ici, alors que lui se contentait globalement d'être spectateur de tout ce spectacle malgré sa faible participation désormais.

« Ironique n'est-ce pas ? Tu as cette force en toi qui serait capable de souffler ce que tu veux, tu n'as plus ce bagage émotionnel qui t'empêche vraiment d'obtenir ce que tu veux ou de souffrir, mais pourtant tu serais incapable de détruire cette chose si fragile. Tu ne peux pas t'effacer, ton âme restera ce qu'elle est dans ce cœur comme tes émotions, mais tu peux admirer celle que tu étais malgré tout. Tu peux le mettre dans un coin, l'enfermer pour ne plus y penser,et ça sera quand même toujours là sans que tu puisses t'en débarrasser entièrement. Tu es libre mais plus complète, le tout est de savoir si cette optique te dérange ou non. »

Et il continuait en permanence d'afficher ce sourire qui pourrait être perçu comme bienveillant, qui n'était là que pour mentir aux autres et cacher l'horrible vérité qui pouvait se trouver derrière ce masque qu'il s'était fabriqué, malgré des paroles qui auraient pu paraître assez effrayantes dans un sens. C'était un peu comme une partie du prix à payer pour Niels, pour combler un peu ce trou béant dans sa poitrine ou du moins porter l'attention sur autre chose, en sachant parfaitement de son côté même s'il le voulait plus jamais il ne pourrait totalement le récupérer mais c'était tellement justifié et il n'en voulait pas de toute manière. Cependant les paroles de Lieserl le paralysaient presque de tout son être, penchant un peu la tête sur le côté comme pour chercher à comprendre vraiment les mots qu'elle pouvait lui dire, elle pensait comprendre mais elle était si loin de la vérité et pire que tout elle ravivait cette crainte qu'il y avait à l'intérieur. Aimer. Et s'il n'était plus capable d'aimer sa petite Alice . C'était l'horreur qui le saisissait et il pouvait presque sortir le monstre resserrer sa prise sur ce peu de cœur restant dans sa poitrine, grignotant encore une fois les contours qui ne se feront que plus petits et qui le désagrégé chaque jour un peu plus, il le refusait en bloc parce que pour l'instant cette petite étincelle était encore là en lui et elle n'avait pas encore été entièrement été consommée. Mais un jour ça arriverait, il le savait mieux que personne, c'était une course contre la montre qui s'était engagée et si jamais sa fille ne revenait pas avant que le processus ait atteint son apogée alors... il ne savait pas. L'ancienne dragonne avait parlé comme si elle pensait déjà tout savoir mais elle n'était qu'une ignorante, elle venait d'entrer dans ce monde de vide et n'en voyait que certains aspects superficiels mais à la longue d'autres choses venaient apparaître, et sur l'instant il se mordait les doigts de lui avoir rendu son cœur. Il aurait l'utilisé pour prendre les choses en main, accélérer tout ce qu'il devait faire pour qu'enfin son bien le plus précieux lui soit rendu, mais au lieu de ça il avait plié face à ce lien qui comme il l'avait dit n'était qu'une tumeur. Niels pouvait en vouloir à Lieserl de ne pas voir plus loin sur ce coup-ci, comme si elle grattait une croûte qui pourtant pouvait se révéler plus saignante que prévu au premier regard, avant d'écouter le silence du vide pour garder la tête froide et adopter un autre angle. Elle n'avait pas toutes les cartes en main, elle savait ce qu'il avait bien voulu lui montrer tout simplement, elle ne pouvait que composer avec les données qu'il avait pu lui offrir.

« Non. Tu n'as pas idée de ce que c'est de vivre avec, tu viens à peine d'entrer dans cet univers à part alors ne pense pas tout connaître, tu verras à la longue que la sérénité que tu as acquise aujourd'hui sera un jour le silence le bruit bruyant du monde qui te donnera envie de hurler. Il y aura des jours où tu penseras approcher d'une forme de folie, parce que tu ne sauras pas si c'est vraiment toi qui penses ainsi ou cette chose au fond de toi qui grandit et mange le reste, tu trouveras cette sensation si enivrante au début jusqu'à ce qu'elle finisse par te rendre malade. Ne crois pas que c'est parce que tu n'as plus ton cœur dans la poitrine que tu es libérée des fils qui viennent te rattacher aux autres, ils deviendront juste plus facile à couper, car la moindre chose que tu pourras un tant soit peut ressentir pourrait se faire plus violente que tu ne peux le penser. Une jalousie dévorante ou encore une joie sadique que tu ne connaissais pas avant. Mon monde est vide mais il est aussi tellement de choses à la fois et ça tout dépend de la dimension que tu peux lui donner. »

Son ton se trouvait être calme comme à son habitude, pourtant c'était comme s'il bouillait à l'intérieur et qu'il avait besoin de hurler sans y arriver, retenu par cette cage qui s'était faite alors qu'il agitait sa propre marionnette. Parfois il ne maîtrisait plus ce qu'il y avait au fond, comme le jour où il avait pu discuter avec Aileas et que la jalousie l'avait consommé beaucoup plus que les flammes, comme de l'ordre de l'aléatoire et c'est pourquoi l'animateur voulait essayer d'avoir constamment le contrôle sur tout. Parce qu'il refusait de se laisser dicter par quelque chose qu'il n'avait pas décidé, Niels avait déjà tellement subi dans son existence qu'il était arrivé à un point de saturation qui ne demandait qu'à exploser pourtant mais qu'il ne faisait qu'étouffer pour ne pas venir en subir les conséquences, aimant appréhender une situation pour s'y préparer au mieux et allait dans le sens qu'il voulait. C'était capricieux de sa part mais il n'en avait tout bonnement que faire, il avait un objectif à atteindre, aussi ironiquement que possible il faisait table rase de la moindre étincelle d'émotions pour justement les retrouver à la longue en retrouvant sa fille. Un sacrifice encore. Combien devait-il en faire pour enfin que son vœu se réalise ? Le marionnettiste n'en avait aucune idée mais il s'en fichait, il serait prêt à beaucoup plus pour elle et rien ne le ferait jamais reculer dans sa volonté de l'avoir à ses côtés, il mettrait Storybrooke à feu et à sang juste pour lui construire un monde qui serait à la hauteur de cet individu si précieux à sa vie. Et c'était là surtout la différence entre lui et Lieserl, celle qu'elle avait pu souligner plus tôt, contrairement à elle lui avait un objectif et une raison d'avoir agi de la sorte. Ce n'était pas juste fuir la douleur qui le tiraillait mais bien tenter de faire quelque chose qui allait marcher, il voulait y croire plus que tout et son raisonnement lui paraissait si logique qu'il était à son sens infaillible, c'était tenter de retrouver l'âme qu'il avait perdue et qui lui manquait tant. Elle avait choisi la solution de facilité au lieu de chercher à se battre, lui c'était justement pour se battre qu'il avait accepté cette difficulté, en tout cas c'était ainsi qu'il pouvait voir les choses. Mais il n'était pas juge après tout, il avait fait ce qu'elle lui avait demandé après tout, tout ce qu'il pouvait faire c'était en quelque sorte la mettre en garde pour l'avenir et tenter de la protéger comme il l'avait toujours fait jusqu'ici même s'il n'était pas sûr de tenir ce rôle en cet instant.

« Comme tu l'as si bien dit je ne pourrais jamais plus ressentir vraiment la joie, la peine, la compassion, ou même encore l'amour. J'ai sacrifié tout ça pour récupérer ce qui m'appartient, sachant très bien que je serais incapable de récupérer tout ça un jour si je le voulais, j'ai appris à vivre avec ce vide parce que c'est peut-être le seul destin qui me reste malgré toute la bonne volonté que je pourrais mettre pour chérir une dernière fois ce bien le plus précieux. Tu me plains ? Mais je me suis infligé ça à moi-même, je me suis arraché le cœur parce que je savais que jamais je ne pourrais réaliser mon rêve si je le gardais parce qu'il était beaucoup trop encombrant, sauf que maintenant que je l'ai perdu à jamais je me dis que je ne peux m'en prendre qu'à moi. La magie vient toujours avec un prix et c'est là celui que j'ai payé. Je suis incapable depuis des années de ressentir quoi que ce soit, tout me paraît si factice comme ce sourire que j'aborde sans cesse, alors que je me rends compte qu'à l'avenir ce serait pourtant ce qui pourrait me sauver. Vide. Je suis si vide que parfois je me demande si tout ça a encore un sens, si je ne devrais pas enfin laisser ce trou béant tout engloutir pour me consommer jusqu'à la fin, jusqu'à ce que les pensées logiques refont surface. Celles qui ne sont jamais dictées par une forme de sentimentalisme, celles qui doivent être prises sans le moindre état d'âme, celles qui ont tellement du sens mais parfois si inhumaine. C'est si délicieux de ne se préoccuper que de sa personne mais c'est si en contradiction avec mon objectif, si incompatible mais qui s'ajuste pourtant à merveille, que parfois j'oublie qui je suis vraiment... »

Niels fixait un point dans cet horizon qui n'en finissait pas, il s'était laissé emporter sans vraiment comprendre pourquoi et il n'était pas sûr qu'il puisse trouver une logique à tout ça, peut-être que ce père qu'il avait été avait eu besoin de mettre en garde plus que de raison de Lieserl. Il aurait aimé qu'Alice soit comme elle et dans un sens elle l'était peut-être, à la fois si forte et si fragile à la fois dans une belle combinaison, mais pour l'instant il ne pouvait pas le savoir. Un jour il le saurait, il en avait la conviction et il ne fléchirait pas face à cette idée obsédante de la retrouver par n'importe quel moyen, le problème étant de savoir quand. Il était si fatigué du chemin déjà parcouru, la route était si longue qu'il était presque à bout de souffle, mais surtout il y avait cette chose en lui qui risquait de le faire disparaître avant que son vœu ne s'accomplisse. Le marionnettiste tourna le dos à sa protégée, il s'était trop mis à nu avec que le temps des non-émotions était venu pour elle, tout ce qu'il voulait en venant ici c'était se retrouver seul et ne plus penser à rien mais au lieu de ça il s'était retrouvé à remuer dans le passé et dans son être. Il n'en pouvait plus. C'était comme s'il venait de prendre du recul sur ses cicatrices, parfois si effroyables qu'elles feraient peur à n'importe qui, et que tout ce qu'il voulait faire c'était les dissimuler de nouveau. Il avança dans le sable pour s'éloigner d'elle, restant sourd à sa voix et la moindre chose qu'elle aurait pu dire, il avait mené à l'extrême l'extériorisation de la colère et voici ainsi le résultat. Sans se retourner, sans même un semblant de regard pour elle, sa voix était toujours aussi posée comme à son habitude.

« Je maintiens ce que j'ai dit Lieserl, tu ne dois surtout pas l'oublier, si un jour tu veux que je te replace ton cœur alors je le ferai. Tu en as encore un, alors réfléchis bien. »

C'était à son tour de se laisser guider par le vent, fermant quelque peu les yeux pour laisser l'air lui fouetter le visage, même s'il pouvait se vanter d'avoir calmé la fureur de la dragonne il aurait préféré que ce soit d'une toute autre manière.







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Lieserl K. June

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MessageSujet: Re: La fureur du dragon | Lieserl K. June   Dim 4 Sep - 2:28

la fureur du dragon
Niels & Lieserl
Ah ! S'il en est un dans les cieux qui ait jamais veillé sur toi, que devient-il en ce moment ? Il est assis devant un orgue ; ses ailes sont à demi ouvertes, ses mains étendues sur le clavier d'ivoire ; il commence un hymne éternel, l'hymne d'amour et d'immortel oubli.

Les émotions de Lieserl étaient devenues comme des douleurs fantômes, des souvenirs que son corps conservait encore comme si on l'avait amputé d'une main mais qu'elle avait toujours l'impression de sentir ses doigts au bout de son poignet ; des ombres seulement, des demi-teintes qui n'étaient que le reflet de ce qu'elles avaient été autrefois. Il y aussi du bon en toi, Lieserl. ça sonnait si redondant, si insensé aux oreilles de la jeune femme. Elle se sentait extérieure à toutes ces notions, au bien, au mal, aux valeurs morales et actes amorales. La brume dans son esprit avait disparu, tout comme la silhouette d'Harold, le gouffre qui menaçait de l'engloutir, tout était parti dans un écran de fumée pour ne laisser sa place qu'à une sorte de photographie en noir et blanc, immobile tout en étant active, et qui ne montrait rien d'autre que du gris, comme si elle flottait dans le ciel et observait sa propre existence de là-haut, extérieure désormais à ses propres ressentis. Elle n'avait jamais vraiment réfléchi à son propre alignement, ça n'était pas sa préoccupation première à Storybrooke comme ailleurs ; elle n'était pas comme Harold, la bonté incarnée qui n'avait pas eu le courage de mettre fin aux jours de la dragonne, ce fameux jour où il l'avait capturée en la faisant tomber du ciel, elle la Furie Nocturne. Mais c'était comme une question en suspens, une réflexion sur ce qui faisait la véritable force de quelqu'un ; après tout, un jeune gringalet incapable de faire mal à une mouche avait terrassé sans grande peine le dragon le plus redouté par les humains, pour ensuite dompter celui-ci et le rendre aussi doux qu'un agneau -en dehors de son ego qui ressortait de temps en temps et le faisait devenir mesquin avec ceux qui osaient l'affecter. Qu'est-ce qui faisait le bien, qu'est-ce qui faisait le mal ? Pourquoi le mal était toujours perçu comme la puissance ultime, la libération des valeurs éthiques, alors que le bien était la faiblesse, faiblesse renforcée par l'amour et l'amitié que le gentil avait à l'égard de son entourage ? N'était-ce pas plutôt l'inverse ? Le mal était seul, libéré certes de ses attaches et nourri par la rage et le désir mais il était seul contre tous, alors que le bien se trouvait toujours renforcé par les liens unis entre plusieurs êtres ; comme pour Harold et Krokmou, qui seuls n'avaient pas leur potentiel total alors qu'ensemble ils formaient le duo le plus puissant existant aux yeux de la dragonne, ils partageaient une complémentarité certaine et Lieserl le suivrait jusqu'au bout du monde. Mais c'était justement cette attache qui la poussait initialement vers le bien, parce qu'elle était capable de tout pour Harold et que celui-ci était un guerrier du Bien, Krokmou était devenu un dragon combattant pour le Bien, alors qu'à la base elle n'était rien d'autre qu'un dragon qui voulait vivre sa vie de dragon, sans contraintes, sans affiliation particulière pour l'un ou l'autre camp.

Et ce sentiment de non-appartenance n'avait fait que se renforcer au moment où Lieserl avait perdu son coeur, ce jour banal sur la plage, remettant ce doute persistant au goût du jour maintenant qu'elle était humaine et qu'elle se posait toutes ces questions si philosophiques ; qui était-elle au final ? Était-elle censée choisir un camp pour enfin trouver cet objectif précieux qui semblait lui manquer ? Elle savait que la réponse n'allait pas lui sauter aux yeux, du moins pas immédiatement ; mais le vide qu'elle ressentait désormais avait fait cesser tout bourdonnement dans son cerveau, laissant seulement une basse continue au fond de son esprit. Ça n'avait pas d'importance. Choisir le bien ou le mal, c'était une problématique dépassée qui n'existait plus que dans les contes dont les Storybrookiens étaient issus. Lieserl, l'humaine, vivait dans la réalité ; elle avait toujours été une jeune femme qui gardait les pieds sur terre, et de ce fait elle avait conscience que la réalité était bien plus complexe que ce simple combat puéril entre le bien et le mal. Toutes les émotions qu'elle avait ressenti persisterait encore, si elle décidait de remettre son coeur dans sa poitrine ; elle le savait, mais elle se sentait soudain bien plus prête à l'affronter qu'auparavant. Elle n'était pas une guerrière du bien ou du mal, condamnée aux attaches et/ou à la colère, mais bien une personne à part entière qui avait pleinement conscience de toutes les nuances de l'existence. Et sur la photographie se posèrent soudain trois êtres distincts, mais si similaires tout à la fois : un grand dragon noir aux airs d'axolotl et dont les yeux prenaient tour à tour l'aspect de ceux d'un chaton joueur et d'un félin menaçant, qui regardait au loin la silhouette tout juste apparente d'un jeune garçon aux cheveux bruns ; une jeune femme brisée par la vie et les circonstances, à la hanche artificielle mais qui avait décidé grâce à l'aide de quelqu'un de précieux qu'elle n'était pas une marionnette désarticulée pour autant ; et enfin, le dernier individu qui était un savant mélange entre les deux précédents, une femme ailée aux dents tranchantes qui tenait dans ses mains la seule source de couleur de la photographie, son propre coeur, l'observant d'un air fasciné car il semblait brisé en plusieurs morceaux tout en étant parfaitement entier, parsemé d'ombres et d'éclats brillants.

« Pour tout t'avouer, Niels, je n'ai jamais vraiment réfléchi à la question entre le bon et le mauvais. Je pensais que la noirceur envahissait mon coeur à cause de toutes ces choses intenses que je ressentais, mais j'ai beau être ignorante à côté de tant d'individus, je me rends compte maintenant que tout ne s'arrête pas à des traces noirs et roses sur un organe désormais détaché de mon propre corps. Je suis plus libre que je ne l'ai jamais été et en même temps j'ai cette impression étrange d'être ma propre victime, que sans ce coeur qui me pousse à extérioriser ce que je ressens mon âme devient prisonnière de mon corps de manière bien plus intense qu'avant. »

Elle était tiraillée, certes, entre cette envie profonde de s'autodétruire en détruisant précisément ce qui la faisait tant souffrir, et cette réalisation que détruire ce coeur signifiait détruire ce qui faisait d'elle Krokmou, bien plus que la Furie Nocturne, elle détruisait Harold avec elle et même si cette attache avait largement perdu de son intensité en l'absence de ressenti elle prenait en compte la réalité des faits, et sa réalité à elle était qu'elle ne pouvait pas vivre sans lui, ni mourir en le laissant derrière elle, tout comme elle ne pouvait survivre sans sa colère, sans sa frustration qui étaient devenus la source de sa détermination. Était-ce si négatif, finalement ? Elle regarda Niels, l'analysant de son regard bleu intense, observant ses gestes, ses manières, son expression toujours si souriante et elle se rendit compte à quel point tout cela était factice. Elle ne savait pas les détails de son existence mais maintenant qu'il l'avait mise face à sa réalité à lui, elle sentait que quelque chose le dévorait, le consumait avec une telle furie qu'il était devenu comme une âme damnée, prisonnier de sa propre folie peut-être, prisonnier de ce masque permanent qu'il portait sans jamais faillir. Elle ne voulait pas être comme lui. Elle ne savait pas même ce que « être comme lui » signifiait réellement, mais elle savait simplement sans être parasitée par son coeur qu'elle ne voulait pas suivre sa route, que Niels dégageait une aura qui cachait bien des secrets, des secrets lourds qu'elle n'avait pas envie de posséder à son tour. Elle savait seulement que ce qui comptait le plus pour elle était bien vivant, quelque part à Storybrooke, probablement en train de broyer du noir en se demandant où elle était passée. Alors elle sourit, elle sourit simplement à la longue tirade de Niels sur le fait qu'elle ne savait rien, que si elle continuait sur ce chemin c'était un long désert qui l'attendait, un désert sans fin qui était l'incarnation même de la folie.

« Tu joues encore, Niels. C'est fascinant. J'ai cette impression étrange qu'on est arrivé à la croisée des chemins, qu'on a plus qu'à jouer cartes sur table et tout se dire, tout se lancer à la figure une bonne fois pour toute et se dire adieu pour ne plus jamais se revoir. Mais tu joues encore. Tu joues avec les mots, avec leur choix, avec ce que tu décides de me dire et ce que tu gardes pour toi. Tu ne mens pas, je le sens au fond de moi ; mais tu ne sembles jamais tout à fait sincère, enfin, c'est difficile à expliquer. » Elle baissa les yeux sur le sable, rassemblant ses pensées. « Mais tu as raison, et je ne t'en veux pas. Je suis ignorante de ce nouveau monde, je ne sais rien, rien du tout de ce qui m'attend si je décide de ranger mon coeur dans le grenier et l'y laisser jusqu'à la fin des temps. » Elle releva les yeux, la main serrée un peu plus sur son coeur juste pour en ressentir la douleur, comme si celle-ci lui manquait soudainement. « Et parfois, il y a des portes qu'il ne vaut mieux pas franchir. Elles sont ouvertes devant nous, on a le choix de le faire ou non mais il est préférable de la refermer car le contenu n'est pas ce que nous recherchons. Parce que les attaches qui nous retiennent en arrière risqueraient d'en pâtir si nous décidons d'accomplir ce voyage. Parfois, il est juste préférable de reculer. » Elle tenait son coeur entre ses deux mains désormais, contre sa poitrine. « Mais je n'en sais rien, au final. Je ne sais rien de ce vide qui se répand en moi. Je ne sais pas ce qu'est ce rêve qui te hante avec une telle violence, et ça n'a pas d'importance pour moi. Je ne suis pas une héroïne, je n'ai pas cette envie secrète d'essayer de te sauver, guidée par une espèce de bonté intérieure profonde qui guiderait mes gestes. Je suis juste Lieserl, au final, une gamine insipide transformée en tumeur qui a eu l'audace de croire qu'elle pouvait vivre sans son coeur. » Une tumeur. C'était une si belle métaphore. Une belle tumeur qui s'était transformé en parasite symbiotique. La science avait des mots si désagréables pour exprimer des choses si précieuses. Lieserl ne souriait plus depuis quelques secondes ; elle n'avait pas envie de s'y forcer. Ça, c'était le truc de son interlocuteur. « Aussi loin que je m'en souvienne, j'ai toujours cherché à fonctionner par la raison. À réfléchir, à ne pas me laisser emporter par mon ressenti, à garder la tête froide aussi longtemps que possible. Et maintenant que je n'ai plus ce coeur en moi, c'est comme si toute cette logique prenait tout son sens tout en le perdant complètement. Tout ce que je croyais dû à mes émotions étaient en fait les nuances de ma propre réalité, ce qui forgeait mon existence que je le veuille ou non. Alors maintenant, dois-je y renoncer ? Dois-je renoncer aux choses, aux êtres les plus importants pour moi juste pour ne plus ressentir cette rancune, cette colère, cette frustration ? » C'était une question rhétorique, posée alors qu'elle levait les yeux vers le ciel. « Tous ces êtres et surtout l'un d'eux compte pour moi, je ne ressens presque plus rien pour eux maintenant que mon coeur ne fait plus parti de moi mais je sais qu'ils ont un sens dans mon existence, une place non-négligeable qui est essentielle à ma survie, et à l'heure actuelle, dans l'état où je me trouve, ma survie est la seule chose qui me préoccupe malgré que j'ai une envie folle de détruire ce coeur que j'ai entre mes doigts. »

Elle reposa les yeux sur Niels, pour le retrouver le dos tourné et quelques pas plus loin ; il n'avait visiblement pas écouté les quelques dernières paroles de Lieserl, mais ça n'avait pas d'importance, puisque c'était presque plus comme une auto-psychanalyse que Lieserl s'était infligé, comme elle le faisait autrefois, mais cette fois sans le parasitisme de ses émotions. Alors, dans cet étrange ballet que les deux protagonistes dansaient depuis qu'ils s'étaient recroisés sur cette plage, dans ce tango vidé de toute adrénaline, de toute émotion, Lieserl se rapprocha de lui. Et sans plus réfléchir, elle passa ses bras autour de la taille de Niels, dans une étreinte douce mais d'une absurdité sans pareille compte tenu du fait qu'aucun des deux n'était envahi par des ressentis qui expliquaient ce geste. C'était l'enlacement le plus dénué de sens puisque le propre de ceux-ci étaient d'apaiser ; mais apaiser quoi ? Des coeurs furieux qui n'existaient plus, des chagrins dilués dans le vaste océan, des colères édulcorées par l'absence d'orage pour les propager. Cela ressemblait plus à un étau qu'à une véritable étreinte, comme si Lieserl cherchait à le retenir quelques secondes de plus, comme guidée par son instinct ; s'il partait trop vite, elle ne pouvait plus choisir de remettre son coeur.

« C'est bête, toi qui voulait être tranquille, j'ai tout gâché. » Elle laissa un peu de silence passer, avant de le relâcher, reprenant son coeur fermement entre ses doigts fermés. « Niels, tu es une personne incroyablement importante pour moi. Et je te le dis à contrecoeur, puisque je ne peux plus parler avec le coeur. Mais je comprends maintenant que je n'ai pas la moindre envie de te ressembler. Je préfère encore… mourir. » Elle serra son coeur un peu plus fort, comme pour accentuer ses paroles. « Tu me dis sans cesse que tu seras toujours là pour moi, que je suis devenue contre ma volonté une pièce importante dans le puzzle de ton existence, alors que je ne t'ai rien demandé. Mais tu sais, même si je ne suis qu'une ignorante gamine insipide, il y a une forme de réciprocité dans tout cela. Je suis une dragonne foncièrement égoïste, j'existe pour ma propre satisfaction personnelle et je n'ai pas de besoin particulier d'être dans un camp ou dans un autre. Mais pourtant… il y a de ceux qui existent au-delà de cet égoïsme assumé. Une personne en particulier, qui est mon tout. Et une autre à sa manière. Alors… je ne peux pas te dire que moi aussi je serai toujours là pour toi, et très sincèrement je pense que tu t'en contrefiche royalement de ce que je peux bien faire à ton égard. Je n'utiliserai jamais mes pouvoirs dans un but qui serait en contradiction avec les souhaits de cette autre personne. Mais je sais que je ne te laisserai pas te faire tuer bêtement, ou honorablement. Si tu as l'intention de mourir sur le champ d'honneur, compte sur moi pour gâcher la fête. » Elle émit un petit rire qui ne traduisait en réalité aucune émotion hormis un sérieux absolu et une sincérité totale. « Mais j'aimerais te demander un dernier service. Et après je te laisse en paix. C'est bête de te le demander si peu de temps après… Mais peux-tu remettre mon coeur à sa place ? »

C'est ainsi que l'ignorante gamine insipide réalisait que la seule chose qui comptait dans son existence était son meilleur ami, et que si elle voulait le garder auprès d'elle aussi égoïstement qu'elle le voulait, la seule manière de le pouvoir était en étant entière.
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MessageSujet: Re: La fureur du dragon | Lieserl K. June   Mar 6 Sep - 17:52




Chaque mot que Lieserl avait pu prononcer Niels les avait entendu, par toujours aussi distinctement qu'il aurait voulu et parfois comme un bruit étrange en fond, c'était comme si après lui avoir ouvert les portes d'une partie de son univers une sorte de fossé venait de se faire entre eux. Jamais ils n'avaient aussi proches de se comprendre en quelque sorte, comme s'il lui avait offert une partie des clés de la compréhension, mais pourtant il lui semblait qu'elle était tellement loin de lui en cet instant malgré tout. C'était comme si une forme d'indifférence pouvait désormais se faire en raison de ce manque de sentiments en eux, le fait d'avoir retiré le cœur de la jeune fille la privait de tout un panel qu'il avait pu d'une certaine façon regarder avec une fascination sans failles, il l'avait rendu comme sans la oindre saveur et à son image. Il avait pu entendre à plusieurs reprises qu'il était une sorte de personnage qui attirait les autres à lui et provoquait un étrange sentiment chez eux, cette soif de découverte d'en savoir plus sur lui car il restait secret sur sa véritable existence, et quelque part le marionnettiste se trouvait berçait dans une forme d'incompréhension que d'avoir autant d'attention à son égard. Parce qu'il savait que derrière ce masque il était si vide que beaucoup pourraient en être effrayé, il y avait l'écho de ce silence assourdissant qui lui donnait juste envie de crier jusqu'à se rompre la voix dans un concert de la folie, il n'avait rien d'exceptionnel comme tout le monde pouvait le penser mais maintenant que Lieserl avait pu voir en quelque sorte au-delà de ce qu'il paraissait les choses semblaient différentes à cet instant même. Niels ne serait l'expliquer concrètement en réalité mais il se doutait bien qu'il n'aurait plus ce regard que sa protégée pouvait avoir à son égard, une partie de la vérité qu'il voulait tant cacher, dans le fond il était presque mort dans son âme et à force il savait parfaitement qu'il finirait par disparaître. La découverte de l'étudiante était en quelque sorte le premier pas dans ce sens-là, il pouvait le ressentir de cette façon, c'était peut-être là le début de la fin sans qu'il ne puisse dire pourquoi parce qu'il avait volontairement fait tomber le masque pour elle. Jamais plus elle ne pourrait vraiment croire à ses mots, elle ne le regarderait plus de la même façon, comme si de son côté elle pouvait déjà l'enterrer et que malheureusement il s'était fait à cette idée peut-être à cause du fait que malgré toute la volonté qu'il pouvait avoir il était juste en cet instant fatigué.

Fatigué de cette course qui n'en finissait pas et qui le dévorait à petit feu, fatigué de sourire alors que tout ce qu'il voulait s'était craquer si ceci lui était permis et ne jamais se relever, fatigué de cette vie de sacrifices qui n'avait toujours pas abouti à son but ultime, fatigué que malgré tous ses efforts il était encore si loin de la retrouver à ses côtés. Finalement Niels aurait préféré se laisser emporter au lieu de suivre Katharina lorsqu'il était coincé dans cet entre-deux, là où un statu quo étrange entre la vie et la mort était présent, car le constat qu'il en avait fait c'était qu'il était plus proche d'elle dans une non-existence. Ce que Lieserl disait ne faisait que le réconforter un peu plus dans cette idée, il aurait pu en être effrayé mais le problème étant qu'il ne ressentait tout bonnement rien en cet instant et qu'il n'éprouvait même pas le besoin d'objecter, en détruisant comme il avait fait son cœur il avait pris le risque de ne plus pouvoir aimer sa fille et il redoutait chaque jour que ceci puisse bien se produire. Il ne voulait pas y penser. La différence entre eux était qu'elle avait encore une personne à vraiment chérir, à pouvoir prendre dans ses bras ou encore parler, lui était juste constamment suivi par un fantôme à qui il tenait encore la main et refusait pourtant de voir partir sous aucun prétexte. Le marionnettiste savait qu'il aurait plus simple d'accepter son départ mais il ne le pouvait pas, il était hanté par trop de choses pour accepter une telle chose, c'était refuser que jamais plus il l'aurait à ses côtés et ceci était au-dessus de ses forces. Alors il préférait se bercer dans des illusions qui étaient devenus des mensonges auxquels il croyait aveuglément, ne remettant pas en cause sa façon de pensée ou se posant les bonnes questions sur son compte de manière volontaire dans son subconscient, persuadé qu'à la longue il aurait ce qu'il voulait s'il continuait de persévérer. Oui. Alice lui reviendrait un jour et il ne devait pas démordre de cette idée, c'était tout ce qui lui restait et il s'y accrochait autant que possible, il lui fallait juste du temps encore et toujours pour enfin y arriver. Il ne devait pas se laisser parasiter surtout et encore moins par ce qu'il venait de faire, c'était Lieserl après tout qui lui avait demandé d'agir de la sorte et il n'avait fait que suivre ses directives, rester le plus possible hermétique à ce qui venait de se passer même s'il avait du mal. Et il était agacé au fond de lui de ne pas être aussi invulnérable qu'il le voudrait, de venir se retrouver attaché par le genre de lien qu'il refusait en bloc d'être confronté, mais une infime part de lui se trouvait être aussi ravie car au moins ceci voulait dire qu'il n'avait pas encore entièrement disparu.

Il fut surpris en sentant les bras si frêles de sa protégée se fermer contre lui, pourtant Niels ne bougea pas ou n'objecta pas d'une quelconque façon comme s'il était un simple pantin inanimé, sans vraiment en comprendre le sens qui lui échappait. Cherchait-elle à le réconforter ? Il ne savait pas et il n'arrivait pas à interpréter son geste, cherchant à analyser le tout comme il savait si bien le faire sans y parvenir, tout chez l'être humain ou une figure lui ressemblant lui paraissait tellement absurde qu'il était devenu étranger à sa propre espèce. Il y a bien longtemps qu'il avait rejeté son humanité de toute manière, il ne voulait appartenir à ce tout qui était venu à le dégoûter au possible à force de les côtoyer,  il n'attendait plus rien de la part de ses semblables depuis des années. Et c'était peut-être ce qui venait un peu plus le troubler dans ce geste qui aurait pu se montrer affectueux, même si le tout était de savoir s'il l'était vraiment, se contentant juste de regarder ces bras en étant transporté par rien. Toujours ce vide. Ce même trou béant qu'il aurait pourtant vu calmer en prenant le temps de réfléchir dans ce calme et en essayant de couper court à toute pensée, de faire une abstraction totale de ce qui l’entourait juste le temps de refouler ce qui lui était inutile à son sens, mais comme Lieserl le disait si bien sa présence avait tout changé parce qu'elle était justement cette petite tumeur en lui dont il arrivait encore à se préoccuper et qui lui montrait peut-être qu'au fond il était encore là bien vivant. Lui qui avait toujours des mots pour tout ne savait quoi dire et cet instant lui rappela à merveille que parfois le silence en disait beaucoup plus, que les non-dits sont justement plus évocateurs que les belles paroles dont il pouvait faire preuve, alors qu'il se contentait d'afficher toujours et encore ce même sourire figé constant. Niels la laissa le lâcher sans la moindre protestation, n'ayant aucune raison valable à son sens de le faire, tournant juste un peu la tête en arrière comme pour garder un œil sur elle comme il le faisait toujours. Ce qu'elle lui disait pouvait être dur à avaler pour n'importe qui, lui agitant sous le nez à quel point son existence peut paraître si insipide parfois et même pour lui où il voudrait que tout s'arrête dans des états d’égarements, mais pourtant il ne lui en veut pas le moins du monde car il sait à quel point son monde peut paraître si horrible. Lui a juste appris à vivre avec tout bêtement.

Le marionnettiste cependant fronça les sourcils intérieurement à la suite du discours alors qu'extérieurement il avait toujours ce sourire, ce qui l'entend ne lui plaît que très peu, le faisait se retourner entièrement pour être face à l'ancienne dragonne. C'était une si belle occasion que de venir prendre entre ses griffes Lieserl pour lui demander ce que bon lui semblait, pour agiter les sentiments en elle et la manipuler dans le sens où il le voulait, alors qu'il se faisait réellement violence pour ne pas prendre contrôle d'elle alors qu'il prenait son cœur. Il regardait l'organe et pouvait sentir la puissance qui en émanait, il y aurait tellement de choses à faire qu'il pourrait si facilement se laisser enivrer par cette sensation si douce, sachant à quel point cette relation entre eux n'était pas saine. Pour elle. Niels se connaissait suffisamment pour savoir qu'il finirait tôt ou tard par dévorer la jeune fille parce qu'il fonctionnait ainsi, maintenant qu'il connaissait d'autant plus les forces mais surtout les faiblesses de sa protégée un peu mieux ça serait d'une facilité si enfantine qu'il pourrait en avoir le vertige, et pourtant il ne voulait pas. Il ne voulait pas détruire ce peu de chose si magnifique et fragile qui lui reste, l'utiliser comme une vulgaire marionnette comme il pouvait le faire avec tout le monde, juste la protéger de lui même si pour cela il devait l'éloigner. C'était comme l'illumination qui se faisait tout d'un coup, parfois il est bon de savoir renoncer à ce que l'on tient et cette phrase ne pouvait pas mieux tomber, s'il voulait que l'ancienne dragonne puisse continuer à avancer il devait arrêter de lui tenir la main et surtout la pousser en avant de toutes ses forces. C'est ainsi que tout devait se passer. Lieserl lui avait dit que c'était peut-être aujourd'hui la fin de leur chemin croisé et peut-être qu'elle avait raison en fin de compte, maintenant qu'elle avait vu une partie de ce qui se cache derrière ce sourire qui n'est là que pour cacher les fissures, si leurs routes ne se séparent pas doucement alors c'était à lui maintenant de forcer selon son propre désir comme il le faisait toujours. Il prenait le contrôle. Cette fois au moins il aurait le loisir de dire au revoir, même si ça serait à sa manière diluée dans tout ce qu'il allait dire et faire, ce qui rendrait le tout peut-être beaucoup plus supportable ou du moins il l'espérait. Approchant d'elle avec une détermination sans pareil il place sa main au-dessus de la place du cœur, prêt à le rentrer pour le remettre pourtant avec soin là où il n'aurait jamais dû bouger à son sens, la fixant droit dans les yeux sans que la moindre émotion le traverse.

« Je ne t'ai jamais rien demandé Lieserl. Je ne t'ai jamais demandé d'être là pour moi, d'utiliser tes pouvoirs pour servir ma cause par exemple, ou encore de venir me sauver comme on le ferait avec une princesse. Tu me demandes ce dernier service soit mais je veux que tu tiennes paroles par la suite alors, laisse-moi tranquille et laisse-moi mourir sur le champ de bataille si ça peut me faire plaisir, je te l'ai dit tu es une tumeur pour moi. Tu es nocive à mon existence, beaucoup plus que tu ne le crois, et je déteste tellement tout ce que tu peux agiter en moi. Pire que tout tu me fais perdre un temps qui m'est précieux, tu ne peux même pas imaginer à quel point il l'est, et pour ça je t'en veux cruellement quelque part. Tu l'as dit toi-même je voulais être tranquille mais tu es venue tout gâcher... tu le savais pourtant alors pourquoi persister ? Tu n'es encore qu'une gamine qui ne sait pas ce qu'elle veut, qui prend la facilité pour se rendre compte aussitôt que ce n'est pas ce qu'elle souhaite, qui n'a aucune idée du chemin à prendre. Tu me rappelles ces enfants qui en voient un autre avec un ballon, font une comédie monstre pour aussi en avoir un, mais au moment où ils l'ont en main n'en font même plus de cas et s'en délaissent pour autre chose. Mais je n'arrive même pas à ressentir de la colère, je n'y arrive pas et tu t'en doutes pourquoi, je me sens juste fatigué en cet instant. »

Ce n'était pas ce qu'il voulait mais c'était ce que Niels devait faire, il le savait en son âme et conscience, Lieserl avait pris une place dans son existence et il ne pouvait pas la laisser continuer faire car ceci lui semblait si incompatible avec ses objectifs à atteindre. C'est dont il voulait se persuader. Il préférait couper les fils qui les relaient plutôt que de les voir se rompre à la longue d'eux-même, il était préférable d'être l'instigateur que la victime à son sens, même si en y regardant de plus près il lui avait dit tout ça avant de remettre son cœur. Un petit détail mais pourtant une grande signification, se voilant la face et refusant de l'admettre au fond de lui, espérant peut-être quelque part qu'elle puisse le détester trop dans un sens et c'est pourquoi il avait préféré lui dire tout ça avant de lui rendre ses émotions. Sans rien ajouter de plus et dans une sorte de froideur dont il faisait que peu preuve, ne voulant pas écouter ces horribles chuchotements venus lui crier dans le crâne de s'excuser ou de lui dire autre chose, il enfonça sa main dans la poitrine de la jeune fille pour lui replacer ce précieux palpitant qui se trouvait entre ses doigts. Il aurait été tellement plus simple de ne pas avoir d'attaches avec elle, de pouvoir ignorer comme il le souhaitant tant ce qui venait les relier dans ce lien si improbable, il se serait trouvé avec un tel pouvoir dans les mains qu'il l'aurait gardé comme un butin très délectable. Néanmoins rien ne se passe comme prévu et Niels le savait mieux que personne, lui petit qui rêvait d'une vie heureuse était en cet instant si loin du compte, dans le cas contraire il ne serait pas celui qu'il était aujourd'hui. Il relâcha donc le cœur avant de s'éloigner de quelques pas comme s'il avait été brûlé, la laissant reprendre ses émotions et ses esprits, ressentant une forme d'envie à son encontre que d'être de nouveau entière. Il ne pourrait un jour savoir quelle sensation c'était, il l'avait constaté avec Queen où le morceau de cœur qu'il lui avait donné eu une forme de répulsion à son égard pour lui prouver que cette petite chose s'apparentant à une pierre ne lui appartenait plus, et ce n'était pas avec cette chose si ridicule sans sa poitrine qui pourrait lui en offrir un semblant. Cependant l'animateur gardait la tête froide pour ne pas flancher et garder consistance face à l'étudiante, il n'avait pas envie de la jalouser ou de l'envier car la situation était assez compliquée en elle-même sans devoir rajouter une couche, laissant un petit temps le vent être la seule source de bruit environnante avant de reprendre la parole avec un ton plus doucereux qui lui collait à la peau.

« Allons ne fait pas cette tête. Toute chose a une fin et je crois que c'est pareil pour nous, tu as évoqué le fait que c'était la fin de notre route croisée et tu as sûrement raison, tu ne fais que m'intoxiquer un peu plus à chaque instant. »

Il n'avait jamais dit que c'était en mal, c'était peut-être même tout le contraire, de par sa simple présence Lieserl maintenait quelque chose dont elle n'avait même pas conscience. La capacité à encore avoir de l'affection chez Niels. Si précieuse et déjà tellement fragile, toute cassée au point de ne rester que quelques grains qui finiront en poussière, poussant cette peur dévorante en lui de ne plus rien ressentir le jour où il pourrait revoir Alice. Couper ce qui l'unissait avec sa protégée c'était prendre un très gros risque, celui de détruire le dernier maintient qui lui offrait un semblant d'humanité et de résidu de sentiments, mais dans l'histoire il était beaucoup plus nocif qu'elle et il ne voulait le permettre sous aucun prétexte. Tout était toujours si compliqué avec lui et si habituellement il s'en amusait pour une fois il aurait voulu quelque chose de simple, de pouvoir parler sans le moindre masque jusqu'au bout, lui faire comprendre que s'il faisait ceci c'était pour respecter l'engagement de la protéger jusqu'au bout. Néanmoins il ne voulait pas entraîner l'ancienne dragonne sur la même pente glissante que lui, la traîner en même temps que lui parce qu'il était incapable lorsque le temps viendra de lui lâcher la main, espérant juste qu'un jour elle puisse comprendre et lui pardonner tout ça. Qu'elle puisse enfin accéder au bonheur alors qu'il avait l'impression que sa propre route elle devenait plus sombre, il perdait une lumière de plus pour l'éclairer et il faudrait attendre que ses yeux s'habituent une fois encore à cette obscurité nouvelle, tandis qu'il inspirait un bon coup comme si tout allait pour le mieux de son côté. Même s'il n'agirait pas directement il maintiendrait le fait de la protéger, de garder un œil sur elle pour qu'aucun mal ne lui soit fait, ce n'était pas parce qu'il avait l'air d'abandonner ce rôle qu'il le faisait réellement. Tout serait dans l'ombre des coulisses, le spectacle lui devait continuer, et il continuera encore à tirer les ficelles selon son bon vouloir mais aussi pour elle.

« Ce fut une route intéressante... mais elle s'arrête ici. Et tu le sais j'en suis sûr. Au moins on dirait que finalement j'ai réussi à te calmer, même si tu as voulu m'arracher la tête dans un sens, dis-toi que c'est mon dernier cadeau à ton adresse. Alors maintenant tu peux partir pour me laisser tranquille, vas donc rejoindre cette personne qui compte autant pour toi, et juste... oublies-moi. »

Il avait beau être stoïque c'était comme si une nouvelle fracture se faisait en lui, ce peu de cœur restant lui faisait si mal, les adieux n'avaient jamais été son fort.







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MessageSujet: Re: La fureur du dragon | Lieserl K. June   Dim 25 Sep - 17:50

la fureur du dragon
Niels & Lieserl
Ah ! S'il en est un dans les cieux qui ait jamais veillé sur toi, que devient-il en ce moment ? Il est assis devant un orgue ; ses ailes sont à demi ouvertes, ses mains étendues sur le clavier d'ivoire ; il commence un hymne éternel, l'hymne d'amour et d'immortel oubli.

Peut-être qu'en pleine possession de son coeur, les mots de Niels auraient été douloureux ; ça n'était pas même une hypothèse, c'était une vérité dont elle se rendait compte rationnellement, mais en cet instant le fait qu'il n'ait pas encore remis son coeur en place rien ne l'atteignait vraiment. Elle se contentait de le fixer, de le laisser cracher son venin en enregistrant ses paroles qui vinrent tourner en boucle dans son esprit comme un disque rayé ; et dans cette rationalité elle réalisa qu'au moment où il remettrait son coeur battant en place elle aurait mal, elle vivrait une douleur encore plus grande que lorsqu'il avait sorti son organe de sa poitrine, non pas par le fait de le replacer là où il n'aurait jamais dû bouger mais parce qu'elle se rendrait compte de tout ce qu'elle était en train de perdre ; tout reviendrait la hanter d'un seul coup, la culpabilité, la douleur, la frustration, la colère et maintenant elle pouvait ajouter un trou béant sauvagement infligé par les paroles de celui qui comptait beaucoup trop pour elle, qui avait acquis une importance si grande dans son existence que la simple idée que leurs routes se séparent la terrifiait presque même sans ce coeur dans sa poitrine. Étrange inversion des notions, elle qui pensait que leurs chemins allaient se séparer ne voulait même plus que cette pensée traverse son esprit, et lui qui avait pu l'espace d'un instant croire qu'ils se rapprocheraient en devenant semblables lui murmurait que désormais ils n'allaient plus exister dans le même monde. Une gamine qui ne sait pas ce qu'elle veut ? Il en avait d'autres des évidences à lui partager ? Lieserl aurait presque pu sentir la colère l'animer ; comment pouvait-elle tout savoir à son âge, à son niveau d'expérience, de ce qu'elle voulait, de ce qui était son désir le plus profond quand elle ne comprenait même pas pourquoi elle était vivante ? Rien n'avait de sens, tout le monde mourrait un jour ou l'autre et personne n'avait de destin prédisposé qui le guidait. Tout le monde était des électrons, certains libres, d'autres prisonniers d'un système qui les dépassait et dont il ne pouvait échapper à l'attraction si forte ; et chacun enviait la situation de l'autre, les premiers perdus dans l'immensité sans pouvoir s'apparenter à un groupe ou à un objectif, les seconds pris au piège dans leur cage dorée et qui enviaient les premiers et leur liberté si chère et si désirable.

If you love me let me go.

Elle n'était pas prête. Elle n'était pas prête et pourtant elle avait saisit la main de Niels quand il avait reposé son coeur sur sa poitrine, dans l'intention de l'y remettre dans un sens si littéral que s'en était absurde ; l'homme qui ne le pouvait plus était sur le point de lui rendre sa capacité à aimer, à haïr, à se sentir impuissante et à désirer de toutes ses forces ce qu'elle ne pouvait pas avoir. Qui était-il au fond pour elle ? Elle commençait à percevoir ce qu'elle représentait aux yeux du marionnettiste, du moins ce qu'elle avait l'impression d'être, il avait reconnu qu'elle était très importante dans son existence et tout cela contrariait en tous points les mots qu'il prononçait sans détour, même si elle ne comprenait pas le fond des choses et le fait qu'elle était comme une ficelle qui le retenait à la raison, comme si c'était désormais lui qui était suspendu au-dessus d'un ravin et qu'elle ne le retenait de tomber que par sa présence, son existence. Mais lui ? Une figure paternelle ? Un ami essentiel à sa survie ? Celui qui l'avait secouée durant la malédiction et qui l'avait empêchée de se laisser aller au désespoir, un beau jour dans cet hôpital ? Non. Un symbole abstrait, peut-être. L'incarnation abstraite d'un élément concret, une lueur au fond d'un tunnel sombre qu'elle n'avait jamais cessé de pourchasser, sans jamais se laisser à la noyade, qui lui avait tenu la tête hors de l'eau alors que son seul désir était de sombrer et qui l'avait poussée à nager, à se débattre dans ces vagues sombres et menaçantes avec autant de douceur que de fermeté. Il avait maintenu son corps, son coeur et son esprit en un seul morceau alors qu'elle ne voulait que tomber en pièces sur le sol sans jamais chercher à reconstituer ce puzzle.

The fear of falling apart.

« Exactement. Au fond, je ne suis encore qu'une enfant, et je n'ai pas la moindre idée de ce que je veux vraiment. »

Il enfonça sa main dans sa poitrine à l'instant même ou elle avait fini de parler, peut-être pour la faire taire avant qu'elle ne puisse ajouter quoique ce soit du moins aux yeux de Lieserl ; et elle eut un hoquet de surprise, et bientôt vinrent se mélanger tout le reste, la douleur, la culpabilité, la frustration et la colère, et maintenant venait se rajouter un poids supplémentaire incarné par les mots qu'avait prononcé Niels, ce disque rayé qui n'avait cessé de tourner dans son esprit, prenant une saveur toute nouvelle maintenant qu'elle avait à nouveau changé d'état. Enlever son coeur avec été une libération sans pareille mais le remettre était une souffrance qui n'avait pas d'équivalent, récupérer toutes ces choses qui la maintenait au sol alors qu'elle tendait les bras vers le ciel ; et elle se retrouva à nouveau pendue dans ce ravin, à observer ce nuage de brume, la peur dans ses yeux et les regrets dans son coeur. Les silhouettes revinrent une à une, lui tournant le dos cette fois, et à celles des gens proches d'elle et de sa forme de dragonne s'en rajouta une un peu plus en retrait, plus mystérieuse et dissimulée mais la seule qui avait la tête légèrement tournée vers elle, sans pour autant tendre la main pour la sortir de cette chute qui n'avait pas de fin. Elle tomba à genoux, épuisée ; elle se sentait faible, vidée de la moindre force qui avait pu parcourir ses veines et ses muscles un instant auparavant, et elle se mordit si fort les lèvres pour ne pas pleurer que du sang vint perler au coin de sa bouche, laissant couler une petit filet qu'elle ignora, les yeux fermés, serrés et la tête tournée vers le sol, tandis qu'elle tenait entre ses mains son pull au niveau de sa poitrine, là où était son coeur, le poing fermé et les phalanges blanchies par la pression. Elle avait mal. Il n'y avait pas d'autre mot. Tout le reste avait disparu en faveur de cette douleur perçante qui la parcourait dans son corps tout entier. Elle n'était même pas sûre de pouvoir encore se porter sur ses jambes.

« C'est marrant... » Sa respiration sifflait et elle prononçait chaque mot avec une lenteur effrayante. « J'allais dire exactement la même chose. » Elle tenta de se relever, prenant appui sur sa jambe valide ; mais elle ne put que se mettre accroupie, une main encore sur le sol pour soutenir une partie de son poids. « J'avais moins mal avant... » L'ironie dans sa voix perça malgré la souffrance qu'elle ressentait. « T'es vraiment incorrigible... » Ne pas montrer qu'elle souffrait malgré l'évidence. Ne pas montrer qu'elle était blessée. Qu'elle était détruite. Ça avait toujours été sa devise et elle ne fléchirait pas même devant lui. « Tu me parles comme si j'étais un pauvre déchet dans ta vie et t'arrives quand même à avoir l'air du mec le plus détendu du monde. »

Elle releva la tête un instant pour affronter le visage souriant de Niels, essayant en vain d'y voir autre chose, d'y voir des regrets, d'y voir un élément salvateur qui pourrait la convaincre que Niels ne pensait pas ce qu'il disait, ou même y voir de la colère, du dégoût, de la répulsion, histoire de l'achever une bonne fois pour toute ; elle aurait préféré n'importe quoi à la place de son visage détendue. Mais il n'y avait rien en dehors de ce sourire, et malgré elle elle sentit son coeur s'alourdir encore un peu plus si c'était même possible à ce stade de souffrance. Elle n'était pas prête et elle le savait, mais elle avait accepté son sort ; c'était maintenant à elle de l'assumer. Elle sentait la colère revenir, lui donner l'adrénaline nécessaire à l'empêcher de sombrer dans cet océan qui menaçait de l'engloutir ; elle avait envie de l'envoyer valser à nouveau, de lui arracher la tête comme il disait, de lui faire porter le chapeau comme une enfant qui n'assumait pas sa bêtise. Mais comme il le disait si bien, elle avait désormais pour mission de renouer avec quelqu'un qui comptait bien trop pour elle, un des rares individus qui la sortait de cet égocentrisme latent dont elle faisait sa fierté.

« Très bien. » Elle se releva enfin, s'appuyant sur sa jambe valide, la main toujours sur le coeur mais le visage plus détendu. Plus les secondes passaient et plus elle parvenait à intérioriser ses ressentis, comme la bonne vieille Lieserl qu'elle avait toujours été. « Mais tu sais, personne ne me peut me dire où je vais ni ce que je fais. » Douleur. «  Je ne reviendrai pas sur ce que j'ai dit quand ce coeur ne battait plus dans ma poitrine. Essaie de crever et je viendrai t'achever moi-même. Avec beaucoup de plaisir. »

Elle serra les dents, son regard planté dans celui qui avait été si important dans sa vie et qui désormais allait en disparaître, une attache, un appui qu'elle avait perdu alors qu'elle avait juste voulu se détendre quelques instants sur la plage pour ne pas penser à tout ce qui la mettait en colère, à ce qui la faisait hurler de colère et cracher son venin sans hésiter. Elle allait devoir voler de ses propres ailes, et ce n'était qu'une demi-métaphore vu ce qu'elle ressentait entre ses omoplates, comme des petites bosses qui ne rêvaient que de jaillir de sa peau pour laisser leur place à d'immenses ailes de chauve-souris. Elle n'avait plus Niels sur lequel se reposer, et c'était une épreuve pour lequel elle ne se sentait pas prête, mais qu'elle était bien obligée d'affronter vu les circonstances. Il ne serait plus là, il ne serait plus qu'une ombre du passé tandis qu'elle devrait s'avancer seule sur le chemin de son existence, apprendre à fonctionner d'elle-même, à assumer pleinement la bête féroce qu'elle était, la dragonne mignonne qu'elle était, la jeune fille brisée par la vie mais si pleine de force qu'elle en possédait une aura presque palpable. À devenir le dragon Alpha qu'elle était destinée à devenir. C'était terrifiant, mais elle n'avait plus le choix. Elle savait qu'à l'instant où elle se retournerait, un lien se briserait définitivement, et c'était peut-être bien plus horrifiant que tout le reste, tout en sachant parfaitement qu'elle n'avait plus son mot à dire dans les circonstances.

Je ne te déteste pas. Et je ne te détesterai jamais.

Elle l'avait pensé si fort que ça avait pu transparaître dans son regard redevenu brun ; mais elle ne l'avait pas dit, elle n'en avait pas la capacité physique, ses lèvres désormais scellées et qui ne se rouvriraient que pour prononcer un seul mot. Elle était campée sur ses jambes, se sentant incapable de faire le moindre mouvement, tout comme elle avait le désir insatiable de s'effondrer dans ses couvertures et dormir pour le reste de son existence ; mais elle le devait, il n'était plus question de rester auprès de lui, et elle ne savait pas si c'était pour le plaisir de le voir souffrir de son absence dans un instant narcissique ou si c'était pour s'infliger à elle-même encore un peu plus de souffrance, puisque lui semblait n'en avoir plus rien à faire d'elle.

Silence. Immobilité.

« Adieu. »

Elle se retourna. Elle fit quelques pas. Puis encore d'autres. Et bientôt, elle disparut, et il ne restait plus qu'une grande silhouette seule sur la plage déserte.
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