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 Let's play a game where nothing that we can see, the same | F. Coraline Dagenhart

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Niels Mørck

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MessageSujet: Let's play a game where nothing that we can see, the same | F. Coraline Dagenhart   Jeu 8 Sep - 18:37




C'était comme si à chaque fois Niels venait à revivre un peu plus, comme si le fin fil qui le retenait à la réalité se trouvait l'espace d'un temps raffermit d'une certaine manière, être ainsi avec les enfants presque chaque jour c'était peut-être l'activité qui pouvait le garder sain d'esprit dans son univers qui était si chaotique et qui ne faisait que sombrer un peu plus dans cette optique comme un navire à la dérive. Il se laissait bercer par cette candeur naturelle que les enfants à la garderie pouvaient avoir, de leur capacité naturelle à s'émerveiller sur tout et à être plus lucide à son sens que les adultes à travers leur vision singulière du monde qu'ils pouvaient posséder, comme si leur présence faisait taire ces chuchotements dévorants qui ne faisaient que le pousser encore plus loin vers la disparition progressive de son être. Il ne serait dire clairement les choses mais ce manque d'émotions, celles qui venaient à s'effacer à mesure que le temps avançait, c'était comme s'il devenait à chaque instant un peu plus l'ombre de lui-même. L'âge d'or était déjà si loin, la gloire de Rozen lui semblait si lointaine qu'il ne pourrait peut-être même plus dire à quoi elle ressemblait au final, laissant la place à un avenir obscurci dans lequel le marionnettiste cherchait à avoir le plus de contrôle possible pour mieux appréhender la possible chute. Néanmoins à la garderie c'était comme si tout se figeait d'un coup et que tous les problèmes où chacun était exposé ne venaient plus à persister, tout ce qu'il y avait c'était une forme de bonne humeur à laquelle il n'était pas entièrement hermétique et venait peut-être le réconforter dans l'idée qu'il avait encore des années devant lui, tout ce qu'il y avait c'était des jeux et rien de plus dans une simplicité salvatrice. Pour rien au monde Niels ne voulait se priver de cet endroit qui se trouvait être un sanctuaire à part entière, s'il le ferait ça serait uniquement sous une forte contrainte ou en tout dernier retour sinon il n'aurait de cesse de se battre pour cette place, aussi étrange qu’improbable s'il devait faire un choix entre ce lieu et le Rabbit Hole c'est sans l'ombre d'une hésitation qu'il prendrait la première option. Ce n'était peut-être pas à quoi on s'attendait en le voyant mais pourtant c'était bien le cas, même si le bar était comme son territoire il pourrait toujours reproduire ce tout ailleurs contrairement à l'atmosphère présente ici, peut-être encore plus en regardant les dernières complications apportées par la présence de ses créations à Storybrooke.

Un problème à devoir de plus en plus urgent à devoir régler et surtout qui serait la fin de son chemin, l'animateur allait devoir ranimer le feu de la guerre entre elles et même si pour certaines il ne doutait pas de la facilité de la chose ce n'était pas le cas pour toutes, il était temps à son sens qu'elles viennent se sacrifier si besoin comme lui l'avait fait de diverses manières. Mais Niels ne voulait pas penser à tout ceci lorsqu'il était au travail, sa seule et unique priorité se trouvait être les enfants et s'assurer que tout allait bien pour eux en toutes circonstances, et c'était presque magique de voir que lorsqu'il franchissait le seuil le flux de ses pensées s'arrêtaient pour se focaliser juste sur son objectif que ce lieu lui imposait mais qu'il acceptait avec une bonne grâce. Ce n'était pas une contrainte réelle pour lui mais plus une sorte de délivrance, comme soulagé du poids parfois si écrasant qui pouvait peser sur ses épaules et le laissant ainsi respirer avec plus de liberté, une bulle de pur oxygène dans son univers si étouffant et qui le mettait à mal petit à petit. Cependant c'était lui qui avait voulu tout ça en grande partie, même s'il avait été ignorant de comment ses actions pouvaient venir empoisonner son avenir ça c'était incontestable et tout ce qu'il pouvait faire c'était juste tout accepter la situation pour éviter de s'épuiser en se débattant pour rien, et même s'il ne le montrait à aucun moment derrière ce sourire figé il pouvait ressentir une forme de peur. Était-ce vraiment ceci ? Niels ne serait dire, il n'arrivait plus à décrypter certaines choses qui pouvaient se produire à l'intérieur de cette carcasse humaine, car il y avait cette indifférence à tout qui prenait à mesure que le temps avançait une progression assez spectaculaire. Comme l'avait si bien dit Lieserl il lui était désormais incapable d'être réellement heureux, triste, colérique, euphorique... Juste vide. Si dans les premiers temps c'était une gêne l'animateur était venu à s'en acclimater, comme si c'était une évolution des plus naturelles et contre laquelle il ne pouvait lutter de toute manière, et il ne remettait vraiment ce tout en question que lorsque la fin de la garderie arrivait après des instants si intenses passaient en la compagnie de ces enfants le secouait dans cette attitude stoïque latente. Alors il profitait pleinement de tout ceci tant qu'il le pouvait encore, retrouvant lui aussi un peu de gaminerie à leur contact, et généralement rien ne pouvait vraiment perturber cet endroit tellement à part.

Du moins c'était ce que Niels pensait peut-être un peu trop naïvement pour le coup, comme s'il baissait la garde naturellement et sans vraiment s'en rendre compte car n'ayant pas besoin d'analyser la situation, mais lorsqu'il vit arriver Coraline c'était comme si tout d'un coup ses signaux d'alertes se remettaient en fonctionnement violemment et sans qu'il ne l'apprécie vraiment pour le coup. Mais il est vrai que la réparatrice lui avait dit qu'un jour elle passerait lui rendre visite à la garderie pour le voir travailler, une notion qui lui était sortie de la tête peut-être ou du moins il n'avait jamais pensé qu'elle le ferait vraiment jusqu'à ce qu'il puisse la voir présentement sur le pas de la porte d'entrée. Il était autant intrigué par sa présence ici que l'étrange bonnet de Noël qu'elle pouvait porter sur la tête, ne comprenant pas vraiment ce qu'elle pouvait faire avec surtout en cette saison et le laissant assez circonspect pour le coup, mais aussi dans un sens perturbé par cette visite qu'il n'avait pas prévue. Ses mécanismes reprenaient le dessus et l'animateur commençait déjà à vouloir envisager dans son esprit toutes les possibilités d'un quelconque scénario du destin, comme pour se préparer au pire dans le but de n'être aucunement surpris par la suite des événements qui viendraient ainsi se dérouler, tandis qu'il replaçait correctement ce sourire si caractéristique qu'il avait en se dirigeant à sa rencontre pour aller l'accueillir comme il se devait. Il est vrai que la jeune femme était intrigante dans son genre et attisait beaucoup sa curiosité depuis qu'il avait été dans sa boutique, à l'instant même où elle lui avait dit être celle qui réparait les poupées de la garderie il avait voulu en savoir beaucoup plus dans un appétit insatiable, et c'était peut-être là une occasion de satisfaire un peu plus ce besoin de collecter des informations à son sujet. Elle lui semblait si à part autant dans sa manière de s'habiller, un style un peu gothique et qui donnait encore plus de contraste avec ce qu'elle avait mis sur sa tête, que dans sa manière de penser proche de la sienne en ce qui concerne l'idéal des poupées en tout cas. Niels avait dit qu'il allait aider Coraline à retrouver son chat noir, il tiendrait cet engagement qui pourrait devenir à la longue une sorte de contrat où elle serait redevable à son adresse et le mettait ainsi dans une certaine joie, mais pourtant jusqu'ici il n'avait pas encore repris contact pour se laisser le temps d'acquérir la meilleure tactique à son égard.

« Et bien Coraline, je ne m'attendais pas vraiment à vous voir ici, à croire que vous aimez les surprises on dirait. Mais entrez, ne soyez pas timide, ils n'ont jamais dévoré personne ici vous savez. Ils risquent juste d'être un petit peu jaloux de votre bonnet c'est tout. »

Ceci avait été plus fort que lui que d'évoquer le chapeau, l'excentricité ça pouvait être très amusante mais pour le coup il avait du mal à comprendre vraiment le pourquoi, alors qu'il se présentait face à la réparatrice dans cette bienveillance si caractéristique qu'il avait sans cesse pour tout le monde. Le marionnettiste lui souriait tout en l'invitant ainsi à entrer dans ce lieu, dans ce qui était en quelque sorte une partie de son univers, même si l'idée ne le plaisait que peu dans la réalité. Il avait du mal à supporter les adultes dans cet endroit, même les parents juste de passage et peut-être d'ailleurs qu'ils étaient les pires à son sens vu toute la jalousie qu'ils pouvaient bien animer chez lui, mais pourtant il devait continuer à agir comme il le devait sans se laisser distraire par cette présence qui n'était pas prévue au programme. Néanmoins Niels n'était pas le seul à être intrigué par Coraline et il voyait les enfants passaient leurs regards sur la réparatrice, il faut dire qu'elle passait difficilement inaperçue malgré le fait qu'elle puisse être plus petite que lui et plus discrète peut-être, il faut dire qu'ils ne l'avaient jamais vu dans ce lieu et qu'elle ne passait que lorsque tout le monde était parti pour récupérer la fameuse malle où les jouets qui avaient besoin de subir une réparation étaient placés. Il se souvient de ce qu'elle lui avait demandé le jour où elle viendrait à la garderie à savoir ne pas la présenter comme étant celle qui faisait ce travail, voulant ainsi entretenir une forme de magie sûrement aux yeux des enfants qui s'imaginaient pleins de petites histoires au sujet du retour de leurs compagnons de jeux préférés, et il était partisan de laisser ainsi les enfants s'émerveiller et imaginer le monde comme il l'entendait. Alors le marionnettiste chercha sur l'instant comment venir la présenter à cette ribambelle curieuse et qui semblait attendre la moindre parole de sa part, comme pour les rassurer sur le fait que tout allait bien et qu'ils n'avaient rien à craindre même si dans le cas contraire Niels serait intervenu de n'importe quelle façon existante, il ne savait pas vraiment comment il pouvait la qualifier et se posa pendant un faible laps de temps la question. Il se ressaisit bien vite sans lâcher son manque une seule seconde, feinter que tout allait à merveille alors que pourtant le fait que Coraline soit ici pouvait être comme une gêne, voulant les rassurer sur cette étrangère venue à leur rencontre.

« Je vous présente Coraline. J'ai eu la chance de la rencontrer il y a peu de temps, elle ne vous fera pas le moindre mal, elle est ici pour que l'on puisse un peu parler et aussi assister au petit spectacle du jour, c'est bien cela ? »

C'est vrai qu'elle lui avait dit être intriguée par sa représentation avec les pantins, voir ce qu'un maître dans son domaine pourrait bien faire, même s'il n'était pas forcément très friand qu'elle puisse le voir entièrement à l’œuvre. L'animateur pouvait toujours manipuler ces êtres inanimés à l'ancienne, il lui arrivait encore de se produire de la sorte après tout, néanmoins les enfants étaient devenus tellement émerveillés par son petit tour qu'ils ne lui réclamaient presque que ça désormais et en cet instant ça ne lui faisait pas son affaire. Parce qu'il avait encore cette méfiance à l'égard de la jeune femme et de ses réelles attentions, même si elle lui avait dit qu'elle l'avait abordé pour savoir s'il n'avait pas vu son chat noir il demeurait qu'il n'avait pas encore totalement accepté cette simple idée, il avait l'impression peut-être un peu paranoïaque pour le coup qu'elle pourrait vouloir plus de lui. Coraline réparait les poupées mais peut-être qu'elle était aussi une constructrice et cette optique ne lui plaisait aucunement, la dernière fois que Niels avait pu en croiser ça s'était si mal terminé dans le sang qu'il faisait tout pour que l'expérience ne vienne se répéter une nouvelle fois, et le fait qu'elle puisse observer son animation des pantins lui déplaisait. Heureusement qu'elle n'avait pas vu ses autres créations, ces sept si particulières qui lui donnaient en ce moment plus de soucis qu'autre chose, là Niels savait qu'il aurait pu être dans une forme de pétrin qu'il ne voulait pas. Encore faudrait-il connaître les véritables intentions de celle qui portait en cet instant ce bonnet de Noël, gardant un œil sur elle même s'il était en coin et la voulant toujours dans son champ de vision, alors qu'il pouvait voir l'agitation que sa présence et la nouvelle pouvaient provoquer chez les enfants. Ils étaient toujours avides de connaître quelqu'un dans cette curiosité si caractéristique qui ne les quittait jamais, les laissant plus ou moins leur invité se faire assommer de questions tout en ayant un regard qui pouvait paraître doux pour eux tous tant il n'avait jamais aucune animosité à l'égard des enfants bien au contraire, peut dans le but masqué de lui rappeler qu'elle ne venait pas ici en terrain conquis et que c'était bien lui qui avait les commandes sur tout de manière subtile. Il s'étira un peu tout en se faisant craquer les doigts, il allait devoir se mettre en piste et surtout faire les choses correctement, voulant y mettre de la bonne volonté même s'il faisait ça surtout pour les enfants que pour elle.

« Bien. Je suppose qu'il est temps de se mettre en piste, vous êtes venue pour ça après tout Coraline si je ne me trompe pas, j'espère sincèrement que le spectacle présenté sera à votre goût. »

Niels montra ainsi à cette invitée improvisée un coin un peu plus tranquille, avec plein de petits coussins de disposé où les enfants pouvaient se poser ou encore entamer une sieste s'ils étaient trop fatigués, toujours avec ce sourire et en bon guide qu'il était. Tout ça ne lui plaisait pas vraiment cependant il devait faire avec, il était trop tard pour reculer de toute manière, laissant s'installer à leur guise les petites têtes blondes et surtout Coraline alors qu'il allait chercher tout le matériel de prévu. Doucement il sortit les pantins sans vie de leur boîte à malice, prenant un soin particulier avec eux, voyant déjà l'excitation des bambins que de voir ce qu'ils connaissaient que trop bien. Et ça ne manqua pas. Il usa de son pouvoir d'animation pour faire prendre en quelque sorte vie ces êtres faits de différents matériaux, les faisant bouger sans la moindre ficelle et en prenant entièrement le contrôle, agitant juste par instants ses doigts pour certaines actions comme s'il était en train de tenir un cadre de contrôle que certaines marionnettes avaient au-dessus d'elles et qui permettait ainsi leur manipulation. Alors il raconta l'histoire d'une princesse coincée su sommet d'une tour qui était gardée par un dragon, qui n'avait pas la possibilité de s'échapper de cet endroit et qui attendait ainsi que quelqu'un vienne la délivrer, mais au lieu d'être effrayée par la créature elle se lira d'amitié avec elle. Les deux s'entendaient à merveille, au point qu'ils deviennent les meilleurs amis du monde, jusqu'à ce qu'un jour un prince vienne affronter le dragon pour délivrer la princesse. Qu'au moment fatidique où le valeureux chevalier allait tuer son ami la princesse intervenue et le sauva, parce qu'elle avait su voir au-delà de son apparence si monstrueuse, et qu'au final elle préféra partir à l'aventure en compagnie du dragon que venir épouser un prince qui avait cherché à vouloir tuer son meilleur ami. Niels essayait à sa manière d'inculquer quelques valeurs envers les enfants, surtout que la plupart venaient d'un monde où la plupart des habitants appartenaient à des contes de fées justement, instaurant à travers ses histoires dans la majorité des cas au scénario dont la fin n'était pas forcément celle qu'ils pouvaient apprendre. Il aurait été logique que le prince tue le dragon, que la princesse l'épouse même, mais rien n'était écrit dans le marbre et il voulait donner comme leçon qu'il fallait se préparer à tout.

Durant la représentation le marionnettiste n'avait pas porté attention à Coraline, voulant se détacher au possible du fait qu'elle était bien présente, se concentrant uniquement sur ce qu'il faisait et la réaction auditive des enfants. Il avait besoin d'une certaine concentration pour pouvoir faire ce qu'il faisait, comme si les pantins étaient animés de leur propre volonté de bouger et leur propre âme même si c'était bien lui qui tirait les ficelles de l'ombre, les animant et les manipulant selon son bon vouloir auquel il lui suffisait juste de joindre la parole autant aux personnages qu'à la voix-off pour tout expliquer l'histoire. Habituellement il restait debout et se reculait le plus possible de la zone où ces petites figurines s'exerçaient, histoire de garder une vue d'ensemble sur tout ce qui se passait aussi bien devant lui que plus loin, s'assurant par la même occasion qu'aucun gamin n'échappait ainsi à sa vigilance. Une fois l'histoire terminée il laissa les enfants s'extasier sur ce qu'ils avaient vu, beaucoup voulant toucher par la suite ces petits acteurs avec qui Niels avait coupé le lien magique qu'il pouvait créer, mais cette fois-ci l'euphorie fut de courte durée vu que la majorité des parents étaient déjà là pour récupérer leur enfant. Il détestait cet instant plus que tout, gardant pourtant ce même air quoi qu'il puisse arriver, de tous les voir partir pour le laisser seul parce qu'il n'avait plus la chance de son côté de pouvoir faire la même chose avec sa petite fille. Aidant quelques-uns à retrouver leurs affaires perdues, que ce soit autant un doudou qui traîne qu'un petit sac à dos, l'instant de prolifération fut remplacé par le calme ambiant par cette absence qui pesait déjà lourdement. Il saluait le dernier à partir avant de laisser tomber sa main lorsqu'il ne fut plus dans son champ de vision, n'ayant qu'envie envers le parent qui ne connaissait pas la chance que c'était que d'avoir son enfant auprès de lui, ne se laissant pas acculer par la situation car sachant très bien que Coraline était encore là. Il ne l'avait pas oublié bien au contraire, c'était comme si le deuxième acte était sur le point de commencer en fait, se tournant vers elle tout en se dirigeant vers la petite boîte pour ranger les pantins qui ne bougeaient plus.

« On remarque tout de suite la différence lorsqu'ils sont là ou pas, tout devient si silencieux d'un coup, j'espère qu'ils ne vous ont pas importuné. Et aussi que ce que vous avez aimé ce que vous avez vu. »

Il avait beau se montrer conciliant et bienveillant il ne pouvait s'empêcher de garder un œil sur elle, il n'avait pas confiance même s'il restait particulièrement curieux à son égard, attrapant une première petite figurine pour la remettre à sa place.







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F. Coraline Dagenhart

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MessageSujet: Re: Let's play a game where nothing that we can see, the same | F. Coraline Dagenhart   Sam 10 Sep - 20:34



Let's play a game where nothing that we can see, the same

Tu regardes ces jours heureux de naïveté et d'amour tu pensais que danser pouvait faire tomber la pluie de ton regard d'enfant tu observais le monde qui t'entourait tout te paraissait si grand mais tu ne seras plus jamais un enfant rien ne te fera sentir comme avant peut-être est-ce temps de changer de vision tu ne pourras plus rentrer à la maison



Quelques semaines plus tôt…

« Oh Itward, j'étais tellement inquiète ! Pourquoi tu n'as pas réagi quand il était là ?! »

Le parc de Storybrooke, la nuit est tombée. Vu de l'extérieur, c'est silencieux ; les arbres s'agitent doucement dans le vent, les promeneurs ont quitté les lieux avec les derniers rayons du jour, et il ne reste plus que la silhouette menue d'une jeune femme aux cheveux blonds. Mais si l'on était capable de voir à travers ses yeux à elle, on verrait un prisme totalement différent ; des nuances de rouge majoritairement, rouge ciel, rouge sang, rouge coucher de soleil, et au milieu de ce paysage criard, se mélangeant comme des ombres furtives, des êtres difformes, sans formes, amorphes et polymorphes, qui se meuvent en projetant des silhouettes menaçantes. Les arbres ont perdu leurs feuilles, leurs branches ressemblent à des bras osseux recherchant la moindre opportunité pour saisir la jeune femme sans pitié, et leur taille a doublé, devenant si hauts et étranges qu'ils en deviennent grotesques. Même le petit banc sur le côté semble avoir remplacé ses innocentes planches de bois en une bouche béante aux dents pointues, mais elle n'a pas peur ; elle fixe seulement une autre silhouette très différente, à quelques mètres d'elle. Un grand squelette, très grand, bien trop grand -tout est grand dans le monde de Coraline, semble-t-il- et il possède lui aussi sa touche de grotesque puisqu'il est vêtu d'un costume complet bordeaux foncé et d'un haut de forme qui aurait pu rivaliser avec sa taille s'il avait eu la stature d'un humain normal. Il sourit de toutes ses dents, même si ça n'est pas vraiment un choix étant donné sa condition osseuse ; mais son air n'en est pas moins bienveillant, tandis qu'il décroise les bras pour s'approcher de Coraline.

« Fran, ma douce, tu sais bien que tu ne devrais pas venir dans l'Ultraréalité. C'est dangereux… Tu es vulnérable ici, je ne peux pas te protéger aussi bien que d'habitude. » Coraline lui tourne le dos, la mine boudeuse. « Tu ne m'as pas protégée pour autant quand je n'y étais pas. Pourquoi tu n'as pas réagi ? » Itward pose ses mains squelettiques sur les épaules de Coraline, essayant de l'apaiser de cette manière. « Si toi tu le sais pas alors je ne le sais pas non plus. Je ne peux pas apporter des réponses que tu ne trouves pas toi-même, ma chère... » Elle fait un mouvement d'épaule en avant, avant de se tourner vers son ami imaginaire, les yeux remplis de larmes. « Il m'a touché la main deux fois. Une fois je peux comprendre, tu n'étais peut-être pas attentif, mais deux fois… qu'est-ce qui t'as pris ? J'ai eu peur ! J'ai cru que tu étais parti ! » Itward se laisse tomber sur un genou, et ses bras viennent entourer la petite silhouette frêle de Coraline dans un mouvement qui se veut réconfortant. « Je te l'ai dit, Fran, je serai toujours là pour toi, quoiqu'il arrive ; tu m'as imaginé parce que tu te sentais seule, et maintenant j'existe exactement pour remplir cette mission. Tu te souviens de ce que je t'avais dit ? » Elle pousse un soupir, bien qu'elle enroule ses bras autour du squelette, heureuse de l'avoir près d'elle. « Oui oui, je m'en souviens… Je t'ai imaginé parce que tu existes, et tu existes parce que je t'ai imaginé. » Il sourit encore, et tapote le nez de Coraline avec son index de la même manière qu'elle le fait elle-même quand elle réfléchit. « Précisément ! La réalité et l'imaginaire sont bien plus complexes et liés que le monde veut bien le croire. Et c'est aussi pour ça que je ne peux pas te dire pourquoi je n'ai pas réagi avec le petit bonhomme de tout à l'heure. C'est une chose que tu dois découvrir par toi-même. Tout ce que je peux faire c'est te donner des pistes... » Elle se recule, l'air vaguement impatiente, l'observant de ses yeux bleus perçants. « Tu vas encore me dire les choses avec tes mots bizarres ? Un jour je te ferai dire les choses directement, Itward ! » Il rit légèrement, se relevant d'un mouvement gracieux, pour la dominer de toute sa hauteur ; son regard vient observer le ciel rouge criard, et il se frotte le menton en adoptant une expression faussement intriguée. « Peut-être qu'au fond de toi tu lui fais assez confiance pour ne pas faire appel à moi. Vous vous ressemblez beaucoup, sur certains domaines… il fabriquait des poupées, et doit aimer les enfants puisqu'il s'en occupe à la garderie. Il possède une expérience que tu n'as pas et qui peut t'être précieuse si tu consens à le conserver dans ta vie… Il connaît de jolies berceuses, et il est si gentil ! Il a promis de t'aider alors qu'il te connaît à peine. Bon, il faut qu'il travaille un peu son humour, mais il est si généreux… Dis-moi, ça ne te fais pas penser à quelqu'un ? »

Coraline reste indécise.

Retour au présent…

De la petite boutique Big Eyes s'échappait une musique rock lancée à plein tube, au point que l'on avait l'impression que les vitres battaient la mesure ; les lieux étaient fermés pour la journée, Coraline s'étant lancée dans un grand ménage de fin d'été. Enfin, grand ménage à sa manière ; c'était surtout une affaire de tri, trier les feuilles, les factures, tout ce bazar administratif qui l'ennuyait au plus haut point mais qui devait être fait si elle voulait avoir la paix. Le reste restait plutôt à sa place, labyrinthe étrange de meubles et de poupées qui parfois demandaient à Coraline de les changer de siège dans le plus grand des silences. La petite marionnette voulait être sur le meuble d'en haut pour dominer la pièce de ses yeux peints ; la grande poupée aux cheveux bouclés avait envie de se faire voir en vitrine par un petit pic de vanité soudain. Coraline les déplaçait à mesure, profitant du chaos nouvellement établi pour faire la poussière et établir son propre rangement, qui consistait à mettre dans des boîtes vides tout ce qu'elle trouvait sur sa route en se promettant de tout trier plus tard, ce qu'elle ne faisait bien évidemment jamais. Ses chapeaux sur le porte-manteau ; ses vestes d'automne et d'hiver sur le coin de la grande étagère à l'entrée. Elle virevoltait avec agilité au milieu de son labyrinthe, dansant au rythme de la musique et battant parfois la mesure sur les meubles qu'elle croisait, et par une sorcellerie mystérieuse ses vêtements plein de lambeaux stylisés et d'accessoires ne s'accrochaient jamais nulle part pour venir interrompre ce ballet sans fin. Son style du jour ? Un collant plus déchiré que noué qui lui couvrait les jambes, de longues bottes noires sans talons mais compensées, lui donnant quelques centimètres de plus, une petite jupe couverte de chaînes et de pics ; et en haut, un justaucorps doublé d'un corset noir et rouge, de longues mitaines qui couvraient ses bras jusqu'aux coudes et un collier étrangleur d'où ressortait un petit pendentif au motif en forme de goutte de pluie -ou de larme, question de point de vue. Ses cheveux noirs étaient réunis en un chignon serré et sa frange droite relevée par un jeu d'épingles complexe, et ses lèvres ressortaient dans cette noirceur générale à l'aide d'un rouge vif particulièrement visible. En définitive, c'était le genre de style qui se voulait discret en se fondant dans les ombres mais qui la rendait impossible à rater par son côté particulier ; mais tout cela lui convenait à merveille, en phase avec l'individu paradoxal qu'elle était.

Sa journée de rangement se termina par un long soupir de satisfaction, tandis qu'elle ramassait le dernier intrus de ce chaos infernal que la boutique était, un chapeau de Noël que lui avait gracieusement offert le squelette le plus fantastique du monde -après Itward, mais elle évitait de le lui dire vu qu'il se sentirait probablement outré d'être comparé à un être qui n'existait même pas dans cette réalité. Nonchalante, elle l'enfila par-dessus son chignon, faisant disparaître entièrement sa chevelure noir corbeau, tout en se préparant une tasse de thé en se demandant bien ce qu'elle allait faire ensuite. Elle éteint la musique pour s'installer sur le petit fauteuil près du service à thé, réunissant ses jambes sous son menton pour admirer le travail ; un observateur extérieur n'aurait pas vu la moindre différence par rapport au chaos habituel, mais pour elle, c'était du très bon travail. Elle laissa ses pensées circuler librement dans son esprit, non sans parler toute seule comme si elle engageait la conversation avec un fantôme ; quand tout à coup, elle se fit silencieuse, examinant la tasse dans laquelle elle sirotait un thé à la cannelle-citron-menthe-fraise des bois. Et en un instant, elle se retrouva projetée quelques semaines en arrière, le jour où un géant au sourire de Cheshire avait exploré les lieux en buvant dans cette même tasse gravée d'un visage de nounours mignon.

Il ne l'avait pas rappelée depuis leur entrrevue ; et très franchement, les recherches n'avançaient absolument pas, comme si Mr Midnight avait définitivement disparu sans laisser la moindre trace derrière lui, ce qui affectait Coraline bien plus qu'elle ne l'aurait voulu. Que s'étaient-ils dit, déjà ? Qu'il l'aiderait ? Son côté enfant capricieuse prit un instant le dessus, se disant qu'il avait menti puisqu'il ne l'avait toujours pas contactée, alors que les choses n'étaient jamais aussi simple quand on cherchait quelqu'un de disparu. Et puis… Elle laissa son regard glisser d'une poupée à l'autre, s'arrêtant quelques secondes de plus sur celle qu'avait saisit Niels avec toute la délicatesse du monde. Elle l'avait réellement abordé uniquement pour savoir s'il n'avait pas vu son chat, les intentions de la jeune femme à ce moment-là étaient sincères et sans cachotteries ; mais la manière dont les événements s'étaient déroulés avait éveillé chez elle une curiosité beaucoup moins pure qu'à l'origine. Elle se sentit emportée dans une sorte d'exaltation édulcorée, et l'envie de voir son fameux spectacle la repris aussi vivement que quand elle lui en avait fait la proposition ; elle avait du temps devant elle, et au fond elle sentait que l'heure des « retrouvailles » était arrivée. Elle se sentait prête. Prête à affronter ce qu'elle avait réalisé quand Itward et elle avaient discuté dans le parc.

Il ressemblait à quelqu'un ; et pas n'importe qui. Remor en personne. Leurs points communs étaient bien trop nombreux pour être ignorés ; même si Coraline avait probablement forcé la dose dans une espèce de paranoïa exaltée par cette « révélation », leur attribuant des ressemblances qui n'existaient que dans son imagination la plus folle -au point qu'elle s'était un instant demandé s'il n'était pas l'Autre Mère en personne, victime d'un genderswap via la malédiction, ce qui n'était de loin pas impossible si al demoiselle en croyait les rumeurs. Bon, c'était peut-être cherché un peu loin, ainsi avait-elle balancé la possibilité à la poubelle ; mais les doutes subsistaient, peut-être que Niels et elle étaient liés d'une manière ou d'une autre, même simplement par une rencontre longue ou brève dans le monde des contes. Ça n'était pas impossible. Et peut-être que Niels savait qui était l'Autre Mère à Storybrooke, ce qui était une piste sérieuse pour retrouver Mr Midnight. Le chat était peut-être à nouveau prisonnier de la marâtre, et si l'on connaissait Coraline, on savait qu'elle serait prête à littéralement tout ce qui était en son pouvoir pour son précieux félin.

Finissant sa tasse, elle ne se rendit même pas compte que ses traits s'étaient durcis et sa chevelure éclaircie sous le chapeau de Noël, lui donnant moins le visage rond et lisse d'une poupée et plus l'expression dure de la Marionnette qu'elle avait été. Attrapant son sac toujours rempli de bric à brac, elle ferma sa boutique et se retrouva si rapidement devant la garderie qu'elle ne se souvenait même pas avoir fait le déplacement entre les deux. Il était temps de lui rendre une petite visite de courtoisie, et d'assister à ce fameux spectacle qui l'intriguait un peu trop peut-être.

« Niels ! Surprise ! » Il avait haussé les sourcils en la voyant à l'entrée, mais son fameux sourire et son air bienveillant étaient toujours scotchés sur son visage. Elle tapa dans ses mains, surexcitée et ravie d'avoir réussi à le surprendre, tandis qu'elle reprenait l'aspect innocent qu'elle avait en temps normal ; se retrouver ainsi au milieu des enfants curieux la rendait toute chose, lui faisant oublier aussitôt la raison de sa visite -et aussi qu'elle portait sur la tête le bonnet de Noël, ce qui n'échappa bien évidemment pas à la vigilance du marionnettiste. « Oh ça ? Je nettoyais la boutique, j'avais oublié que je l'avais mis… enfin ! Il me va bien c'est tout ce qui compte ! » Elle agita la main en direction des enfants, qui l'observaient tous, comme soudain figés dans le temps tout en continuant leur foire improbable à travers la pièce. Ça lui faisait un bien fou que de se retrouver dans cette ambiance festive, qui contrastait tellement avec la boutique immobile ou l'Ultraréalité glauque à souhait ; cet endroit respirait l'innocence et la joie de vivre, et ce sentiment général envahissait les veines de Coraline à la vitesse de la lumière. « Absolument ! Je suis venue juste pour profiter du spectacle avec tout le monde. Niels m'a promis un beau spectacle d'ailleurs, et si j'en crois votre impatience ça doit vraiment être du grand art... » Elle se retrouva soudain entourée par toute la clique d'enfants en extase, et se retrouva ainsi submergée par la masse, bien que ça l'amusait plus qu'autre chose, tout en faisant bien attention qu'aucun enfant n'entre en contact avec les quelques surfaces de peau qu'elle avait à l'air libre ; et pendant un instant, elle s'imagina avoir à nouveau leur taille et leur âge, dans le monde des contes, avant que tout ne parte en vrille à cause de cette fichue porte dans le salon, se laissant emportant dans les cris et l'allègresse tout en réprimandant doucement ceux qui essayaient d'attraper son chapeau. Autant elle pouvait être étrange au milieu des adultes, autant elle se mélangeait à cette foule sans la moindre difficulté, se comportant comme eux, parlant comme eux et témoignant la même impatience d'assister au spectacle qu'eux, au point qu'elle ne réalisa pas tout de suite que Niels lui avait adressé la parole une nouvelle fois, dans l'intention de lancer sa représentation. « Je suis impatiente de voir ça ! Je dois dire que je me suis imaginée des tas de choses depuis qu'on en a parlé. Et je ne peux que baver d'envie de voir vos poupées ! »

Coraline reconnaissait la plupart des jouets entreposés dans la pièce ; mais elle savait qu'ils n'étaient pas tous passé entre ses mains, et peut-être que Niels conservait sa propre collection de côté pour ses spectacles, ce qui attisait sa curiosité au plus haut point. Elle s'assit là où il lui indiquait une place, suivant ses instructions comme si elle faisait partie intégrante de la masse d'enfants qui s'asseyaient ici et là sur des coussins et des petits sièges adaptés à leur taille ; un instant plus tard, Niels se retrouva debout un peu en arrière, dominant l'assistance déjà par sa taille imposante -même s'il ne frôlait pas le plafond là-bas- mais aussi par la prestance qu'il conservait en permanence, et un grand silence se fit dans la salle. La curiosité de Coraline atteignait son paroxysme… et elle ne fut pas déçue un seul instant.

Sa surprise fut totale, et elle se fit soudain profondément silencieuse et immobile. Elle ne quittait pas les pantins du regard, retrouvant en eux comme des morceaux de sa vie passée ; elle s'imaginait danser avec eux dans son ancienne apparence svelte et souriante, les dominant de sa taille dans un ballet sans fin ; elle s'imaginait tendre les bras et bouger ses doigts comme un magicien pour les manipuler et tirer leurs ficelles invisibles sans même les toucher, et se perdit dans cette image étrange au point qu'elle ne réalisa pas tout de suite que c'était exactement ce que Niels faisait. Un frisson lui parcourut l'échine. Il était debout derrière la scène improvisée, et la seule chose qu'il apportait à l'histoire était sa voix, prenant tour à tour une voix fluette pour donner vie à la princesse, et une voix plus grave pour celle du prince et du dragon, tout en revenant à sa voix habituelle quand il venait narrer les improbables rebondissements de son histoire. Pour le reste, il se contentait de bouger les doigts et les poignets ; et, comme envoûtés par une magie insoupçonnée jusqu'à alors, les pantins suivaient les mouvements du marionnettiste sans jamais se rebeller, et c'était comme si ces marionnettes avaient pris vie à leur tour, effaçant celui qui les contrôlait dans l'ombre du fond de la pièce. Tout le corps et l'esprit de Coraline se mirent en état d'alerte ; et son visage surexcité perdit progressivement son sourire d'enfant pour reprendre l'aspect dur et mystérieux que lui offrait la Marionnette. Il manipulait les pantins. Il leur donnait vie. Elle n'en savait rien, mais c'était à la fois terriblement effrayant et exaltant. Elle ne bougeait pas et serrait ses bras autour de ses jambes, n'osant faire le moindre mouvement de peur de douter, de se demander si le moindre mouvement qu'elle faisait était de sa propre volonté ou parce qu'elle était emportée elle aussi par les petites agitations des doigts de Niels, la terreur profonde de se retrouver comme la Marionnette d'autrefois, maîtresse d'elle-même et de sa conscience mais tout en même temps manipulée comme un pantin par plus fort qu'elle. En cet instant elle se sentit incroyablement faible, terriblement visible au milieu d'un territoire ennemi, à la merci pure et simple de celui qui dominait les lieux, piégée dans un coin de la pièce sans pouvoir s'en échapper. Elle ne bougea pas à la fin de l'histoire, ne se joignant pas à l'extase des enfants qui s'étaient relevés en criant et en applaudissant, avant que l'un d'eux ne la regarde avec un air curieux pour lui demander si elle n'avait pas aimé le spectacle vu la tête qu'elle faisait.

« Hein? Non, non, c'était génial, j'ai juste eu un… flashback... »

L'enfant ne comprit pas trop, mais son attention fut déviée sur sa mère qui l'appelait à l'entrée. Coraline se releva en s'aidant du mur à côté d'elle, se tenant fermement sur ses jambes, laissant la marée de têtes blondes quitter progressivement les lieux ; et quand tout le monde fut parti, un silence plus intense encore que celui de la boutique s'installa, tandis qu'elle ne pouvait s'empêcher de fixer les mains de Niels pendant qu'il rangeait le matériel. Elle devait se reprendre. C'était de la plus haute importance.

« C'était… surprenant. Et très ingénieux de votre part, j'ai beaucoup aimé. Normalement dans les histoires le prince tue le dragon et épouse la princesse, mais de faire que la princesse et le dragon deviennent amis, c'était tellement inattendu… et bien plus plaisant. Une décision intelligente de la princesse, de partir vivre des folles aventures avec son dragon plutôt que de s'ennuyer à mourir dans un mariage avec le prince… ça donne de belles valeurs aux enfants. Qu'il ne faut pas rester sur les apparences et que parfois les monstres ne sont pas ceux que l'on croit. » Comme le dragon et le prince dans l'histoire de Niels, ou Remor et les fantômes dans le passé de Coraline. « Je suis époustouflée, je dois le reconnaître ! Vous menez vraiment ces enfants à la baguette, et on voit qu'ils vous adorent, même si vous êtes aussi grand et imposant par rapport à eux. Comme quoi les géants ne sont pas non plus tous des menaces ! » Elle lui sourit d'un air espiègle, tout en s'approchant alors qu'il finissait de ranger quelques objets dans une boîte. « Vous voulez que je vous aide à ranger ? Puisque je suis là, ça ira plus vite comme ça et vous pourrez rentrer plus vite chez vous. Et puis je suis d'humeur à ranger, comme je vous l'ai dit j'ai fait un grand ménage de fin d'été dans ma boutique alors… »

Elle n'attendit pas sa réponse, commençant à ramasser des jouets en les plaçant à l'endroit qui semblait leur convenir le mieux même si ça n'était pas leur place habituel ; et ses yeux restaient toujours tournés du côté du marionnettiste, tandis qu'un nouveau silence s'installa. Juste quelques secondes. Juste assez de temps pour le rendre bien plus pesant qu'elle ne l'aurait voulu. Elle se sentait encore profondément menacée, comme lors de son spectacle, sans pour autant qu'une seule goutte de peur ne coule encore dans ses veines ; mais elle n'avait pas l'intention de mettre un pied hors de ce lieu avant d'obtenir des réponses. Même si elle n'en avait pas encore déterminé les questions.

« J'aurais dû me douter que vous pouviez faire cela. D'animer les pantins, je veux dire… Enfin, je ne sais pas. Ce n'est pas forcément le propre de tous les marionnettistes, après tout. J'ai connu quelqu'un qui pouvait faire quelque chose dans le genre… Mais c'est très intriguant, je dois l'avouer. Et fascinant ! On aurait vraiment dit que les marionnettes étaient bien vivantes, et qu'elles faisaient ce qu'elles voulaient en racontant leur histoire à leur manière… Je comprends mieux pourquoi vous sembliez d'accord avec moi quand je vous ai parlé de mon point de vue sur l'âme des poupées… Quand on est capable de les animer, peut-être qu'on finit par s'imaginer qu'elles vivent d'elles-mêmes. » Jusqu'à un certain point. Elle eut comme un sourire cynique en pensant à l'Autre Mère, capable d'animer elle aussi des fausses personnes en sable mais qui n'avait jamais pu se contenter d'un faux-enfant pour assouvir son désir impossible d'être mère. Coraline observait toujours les mains du marionnettiste, méfiante, tout en s'affairant sur les coussins qu'elle s'efforçait de remettre en place. C'était peut-être elles, les responsables du fait que Niels était capable de la toucher. Il fallait qu'elle teste. C'était un besoin urgent. Elle murmura quelques mots inintelligibles pour essayer d'assurer la présence d'Itward. « Je ne suis pas déçue d'être venue ! Et puis comme ça je fais d'une pierre deux coups. Car je voulais en profiter pour savoir si vous aviez eu du nouveau par le plus grand des hasards, pour mon chat ? Si peu de temps après ça me surprendrait mais on ne sait jamais... »

Elle était tellement focalisée sur les rangements et sur les mains de Niels qu'elle ne réalisa pas qu'il était soudain tout près d'elle, lui-même en train de s'affairer sur quelques affaires qui traînaient ; et elle eut un léger mouvement de recul, la tête tournée vers le haut pour enfin se détacher des doigts mobiles et trompeurs du marionnettiste, faisant voleter le pompon de son bonnet de Noël derrière elle ; et sans pouvoir s'en empêcher, elle laissa une certaine forme de menace apparaître dans ses yeux bleu perçant, comme pour lui dire implicitement « n'essaie même pas », alors qu'il n'avait pas la moindre idée de qui il avait en face d'elle, une ancienne Marionnette affranchie de son ancienne maîtresse, libre comme l'air et prisonnière d'elle-même tout à la fois. Elle était emprunte de l'envie irrésistible de lui toucher le bras ou même le cou, juste pour le voir brûler ou se glacer d'un seul coup, pour vérifier si elle était en mesure de se défendre en cas de pépin. Et aussi, simplement par cette envie de jouer qui renaissait en elle sans qu'elle ne l'empêche un seul instant.

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Niels Mørck

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MessageSujet: Re: Let's play a game where nothing that we can see, the same | F. Coraline Dagenhart   Mar 13 Sep - 17:57




C'est peut-être parce que les spectacles de Niels étaient avant tout destinés aux enfants qu'il n'appréciait que moyennement la présence d'une adulte, encore plus étrangère aux locaux dans lesquels il travaillait, surtout en voyant l'air que pouvait aborder à cet instant Coraline. Un sérieux assez particulier à son sens et qu'il ne lui semblait pas réellement connaître, même s'il l'avait vu qu'une seule fois après tout, il ne serait dire pourquoi mais il tiquait sur ce petit détail en venant ainsi précieusement ranger la figure à qui il avait pu donner la vie il y a de ceci quelques minutes. Elle avait ainsi pénétré une partie de son univers sans qu'il n'y soit préparé et l'autorise vraiment à le faire, il n'avait pas eu le contrôle sur cette situation ce qui avait le don naturel de le mettre sur ses gardes et son instinct déjà en alerte passait peut-être à un stade au-dessus, ne sachant aucunement quel pouvait être le but précis de sa visite. Vraiment le voir à l’œuvre ? Le marionnettiste ne serait dire et une part de lui restait tout de même persuadée que ce qui avait pu se passer n'était pas le fruit du hasard, que la réparatrice avait pu ainsi préparer son coup et tentait ainsi à sa manière subtile de se rapprocher de lui pour une raison qui lui échappait encore, alors que de son côté il se forçait à reprendre le dessus après le départ des enfants. Parce que ce moment-ci n'avait jamais été facile et que le silence qui suivait par la suite, tout comme celui qui s'était fait en cet instant entre eux, était un peu une forme de torture qui lui rappelait beaucoup trop de choses. Alors il s’affairait à ranger délicatement les pantins qu'il avait pu utiliser comme pour respirer et reprendre ses esprits, ce n'était guère le moment d'être nostalgique et surtout pas face à la jeune femme qui restait dans le fond qu'une étrangère dont les ambitions étaient encore douteuses, comme il aurait pu le faire autrefois en rangeant dans leur boîte ces êtres figés dans le temps et qui pourtant pouvait s'avérer si vivants parfois. Bien trop même. Des simples copies d'humain qui avaient néanmoins intégré une forme de perfection, ses créations étant ainsi le parfait exemple de ce qu'il voulait dire même s'il ne l'énonçait pas clairement pour le coup, où certaines étaient même nées de ses mains sans qu'il ne puisse avoir une entière emprise à ce sujet. Il n'y avait qu'à voir les caractères si différents que ses poupées possédaient, aucune ne ressemblait à une autre et se trouvait ainsi indépendante, c'était à la fois si fascinant et déroutant.

Il revient à la réalité en entendant la voix de Coraline, tandis qu'il continuait sans cesse d'afficher ce même sourire imperturbable en toutes circonstances, écoutant chaque mot pour le diluer et ainsi en comprendre la substance comme s'il cherchait à déceler un possible double sens aux paroles qu'elle disait. Niels aurait pu se sentir flatter des plausibles compliments qu'elle lui offrait, si ceci en était en tout cas, mais il était devenu insensible à la moindre forme de flagornerie qu'on pouvait avoir à son égard et il y avait bien longtemps qu'il avait appris à tempérer son ego même si son ambition elle ne faisait que croître. Elle disait avoir aimé ce qu'elle avait vu mais il n'arrivait pas à être flatté en réalité, se contentant juste de la laisser continuer sans venir l'interrompre le moins du monde, apparemment la vision qu'il avait eue pour cette histoire pouvait s'accorder avec les valeurs que la réparatrice pouvait avoir. Peut-être. Il était trop tôt pour l'animateur pour encore tirer des conclusions qui pourrait se faire trop tôt, il prenait son temps et conjuguait les informations pour toutes les faire converger vers un même point qui serait une forme de vérité utile par la suite, même si le fait qu'elle puisse une fois encore adhérer en quelque sorte à sa vision des choses puisse le faire rire doucement intérieurement. Néanmoins Coraline avait raison sur le fait que les monstres n'étaient pas toujours ceux que l'on pourrait croire, comme lui derrière ce sourire bienveillant n'était que manipulation et vide sans que personne ne puisse en douter à force qu'il soit pris dans ce rôle duquel il ne sortait plus ou que très rarement, de même qu'il était probable qu'elle aussi puisse porter un masque et cette perspective ne faisait qu'agiter son côté joueur qui avait l'impression de débuter une bataille dont il voulait déjà connaître les finalités. Une fois encore la réparatrice faisait mention de sa taille ce qui amusa beaucoup Niels, à croire que la seule chose qu'elle pouvait retenir de lui était la croissance qu'il avait eue et dans un sens si ce détail pouvait la distraire suffisamment pour qu'elle ne puisse pas s'intéresser à lui d'une toute autre manière ce qui lui serait assez profitable. Il fit mine de rire quelque peu à sa phrase pour se montrer le plus social possible, comme pour lui prouver que tout ceci l'amusait et qu'il ne lui tenait nullement rigueur que d'avoir de propos, comme pour accentuer cette image assez normale de lui qu'il pouvait bien offrir aux autres.

« Effectivement. Dans ce monde tout n'est qu'une question d'apparence mais il faut apprendre à voir plus loin que ce que les yeux peuvent montrer, même si ce n'est pas toujours un exercice très facile si on ne se met pas à une pratique assez assidue, et lorsqu'on vient comme la plupart d'entre eux d'un monde où les princesses et les princes sont les gentils... Ils pensent parfois à tort que c'est une situation acquise et universelle. Cependant rien n'est figé après tout. Alors pourquoi pas en effet chercher à devenir ami avec un dragon ? Même si ce n'est pas facile. »

Cette histoire de héros et de méchants l'horripilait au plus haut point très honnêtement, peut-être dû au fait qu'il n'avait au final pas eut sa fin heureuse malgré sa dévotion à suivre le bon chemin duquel il s'était désormais écarté depuis trop longtemps pour vouloir y retourner, ce n'était que des notions surfaites car tout n'était pas tout blanc ou tout noir. Certains individus se montraient être beaucoup plus complexes que cette nette distinction que tout le monde à Storybrooke semblait faire, le laissant entièrement circonspect face à l'idiotie que ceci pouvait bien représenter en y regardant de plus près, et c'était peut-être pour ceci que Niels tentait à sa manière de faire réagir les enfants ou les forcer à penser autrement avant qu'ils ne deviennent des adultes détestables comme leurs parents. À la longue ils se feraient corrompre et perdraient ce qui faisait leur essence même si innocente, comme si de par ce passage à l'âge adulte la misanthropie du marionnettiste venait à se concrétiser d'une certaine façon parce qu'il ne pouvait aller contre ce processus, c'était comme si la protection dont ils pouvaient bénéficier s'évaporait pour les faire devenir comme des ennemis. Il y avait Niels et le reste du monde, dans une guerre dont l'un des partis n'en avait même pas conscience, et rares étaient ceux qui arrivaient à réussir à s’enserrer à l'intérieur des fines fissures des remparts qu'il pouvait bien mettre. Il y avait eu par exemple Lieserl, peut-être même pour ça qu'il avait choisi une histoire avec un dragon vu ce qu'elle était en réalité, mais tout ça semblait déjà appartenir au passé même si ça pouvait faire un tant soit peu mal. Il n'avait pas le temps pour ça malheureusement, il ne pouvait se permettre de se prendre la tête avec ce que son esprit dévoré pourrait qualifier malgré lui de perte de temps face à son objectif ultime, il devait continuer encore et toujours à avancer sans porter un coup d’œil derrière lui. Parce que la vue serait horrible et face à lui ce n'était pas mieux, les regrets existaient au fond de lui et étaient pour l'instant étouffés dans son indifférence latente pour les autres, et présentement tout ce qui l'intéressait était Coraline. Il réfléchissait un instant à ses paroles, il devait avouer qu'il avait toujours su y faire avec les enfants et ceci avait toujours été une joie que de travailler en leur compagnie depuis le premier jour, trouvant les bons mots à utiliser à son adresse.

« Ils savent que je suis un magnifique point de vue si jamais ils grimpent sur mes épaules, c'est peut-être pour ça qu'ils n'ont jamais eu peur du géant de la garderie, je suis plus une attraction pour eux que vraiment leur gardien à leurs yeux je pense. Mais un peu plus sérieusement disons que j'ai toujours été habitué à fréquenter les enfants, en tant que marionnettiste c'est souvent à eux que j'avais affaire vous savez, et j'ai une certaine expérience dans le domaine... en quelque sorte. »

En tant que parent Niels avait appris à vraiment s'occuper d'un enfant, à faire passer ses priorités à autre chose uniquement pour le bonheur d'un être qui chérissait plus que tout, mais il préférait garder cette anecdote pour lui et garder précieusement ce fantôme qui pouvait le hanter encore à l'heure actuelle juste pour lui. Il resta sur l'instant avec ce sourire si figé alors qu'il éprouvait une forme de tristesse à cet instant, un sentiment qui ne faisait que s'atténuer un peu avec les années et qui avait l'air d'être le plus persistant de tous, avant de tourner son regard vers la boîte dans laquelle il finissait de ranger ses pantins. Il avait presque l'impression d'être vulnérable et inutile de dire qu'il détestait ceci, c'était pour ça qu'il n'aimait pas avoir des adultes ici parce qu'ils engageaient des conversations sur des questions auxquelles il n'avait guère envie de se pencher, qu'elle le veuille ou non Coraline le plaçait dans une position qu'il n'aimait pas. Et lorsqu'elle lui proposa de l'aider à ranger la salle sa prise se raffermit malgré lui sur ce qu'il tenait, elle piétinait trop son sanctuaire à son goût néanmoins il lui était impossible de dire quoi que ce soit à ce sujet-là sous peine de se voir regarder sous un drôle d’œil, se préparant ainsi à objecter mais la réparatrice de poupées se trouvait déjà en train de ranger. Le plan c'était qu'elle regarde et qu'elle s'en aille, quitte à discuter certes mais qu'elle ne touche pas ce qui était de l'ordre de son territoire, avant de respirer un bon coup sans objecter et de la laisser faire. Elle jouait l'invitée exemplaire comme lui avait pu le faire dans sa boutique, sauf qu'il lui avait montré de son côté un tour beaucoup trop intéressant, alors que le silence dans la pièce se faisait. Pourtant dans l'esprit de Niels tout était comme en surchauffe, essayant de voir sous des angles différents la situation pour en trouver une qui concorderait avec le fait d'accepter plus docilement sa présence, alors qu'il faisait les choses avec une forme d'automatisme sans s'en rendre compte. C'était comme si le combat entre eux était engagé sans que les choses ne soient dites clairement, un affrontement secret dont ils pouvaient être chacun conscient sans pour autant l'énoncer concrètement pour le coup, s'affairant à leur tache tout en trouvant le moyen de trouver la meilleure façon d'attaquer. En tout cas, c'était la vision qu'il avait de la situation sans savoir si c'était vraiment le cas et dû au fait qu'il ne lui faisait pas confiance, le premier à rompre les non-dits prenait beaucoup de risque et la jeune femme le dit alors qu'il se tournait entièrement dans sa direction.

Son sang ne fit qu'un tour dans son organisme avant de se figer à ce qu'il pouvait entendre, ne quittant pas un seul instant Coraline des yeux et la ressentant avec violence comme une menace, parce que tout d'un coup elle lui mettait en face le fait qu'il était si ignorant à son sujet. Il n'avait jamais rencontré une personne capable de faire la même chose que lui, ni même entendu parlé d'aucune manière, et il doutait du fait qu'elle puisse avoir eu mention de son identité en tant que Rozen. Il se souvenait qu'elle lui avait dit venir d'un monde assez contemporain et ressemblant à celui-ci, ils n'auraient pas pu se croiser par conséquent, sauf si elle lui mentait ou si elle faisait partie d'un monde semblable à celui où ses poupées s'étaient retrouvées. Dans tous les cas elle était un danger qu'il avait pu sous-estimer, se mordant les doigts face à cette erreur de débutant, lui qui la soupçonnait se faire partir de la branche des fabricants de poupées qui avaient voulu voler ses merveilles c'était comme si elle lui confirmait involontairement. Il ne savait plus. Tout était en train de s'embrouiller parce qu'il perdait le contrôle à mesure que les mots arrivaient à ses oreilles, faisant trop écho à ce qu'il avait pu faire et surtout offrir la vie à des carcasses inanimées pour le coup, tandis qu'il restait à sa place à sourire comme pour laisser apparaître aucune perturbation dans son être qui était en train de se faire en cet instant. La dernière fois que Niels avait rencontré ce genre de personne ça avait été dramatique, il en gardait même encore les séquelles physiques irréversibles qui faisaient partie de lui désormais, mais cette fois-ci il serait prêt et il ne se laisserait pas faire par cette frêle Coraline qui semblait vouloir jouer. Parfait. C'était dans son domaine d'expertise et elle ne serait pas déçue alors qu'il observait son étrange ballet à son encontre, reculant de lui alors qu'il ne faisait que ranger un peu et s'était même presque arrêté en entendant ce qu'elle disait, tandis qu'elle enchaînait sur cette histoire de chat qu'elle cherchait. Il était convaincu qu'elle voulait le tester quelque part, de voir peut-être jusqu'où sa crédulité pouvait bien aller, décidant ainsi de rentrer lui aussi dans la danse vu la merveilleuse invitation qu'elle avait pu lui faire depar son petit discours qui ne le laissait pas indifférent.

« Si vous n'êtes pas déçue alors c'est que j'ai rempli parfaitement mon rôle, mon travail est de divertir après tout, mais je peux dire exactement la même chose de par votre présence vous savez Coraline. Quant à votre chat je cherche toujours, j'ai souvenir de connaître quelqu'un qui pourrait être susceptible de connaître le fameux Cheshire qui pourrait avoir un lien avec Mr Midnight comme c'est un chat qui parle, ça ne va pas être facile. Néanmoins je vous ai promis de vous aider et c'est ce que je ferai vous pouvez me croire. »

D'abord venir s'occuper du sujet qui était le plus important pour la réparatrice, l'animateur ayant bien compris à quel point elle aimait son chat et surtout après la description qu'elle avait pu faire de lui dans sa boutique, se voulant ainsi rassurant et aussi dans l'optique de la calmer quelque peu. Parce qu'elle avait l'air assez nerveuse, ou du moins son corps n'était pas calme, alors qu'il avait observé le mouvement du pompon blanc du bonnet de Noël se glisser derrière la tête de sa propriétaire. Le fait de faire passer ce sujet-ci en premier pouvait prouver une certaine dévotion et honnêteté de sa part, il est vrai de toute évidence qu'il ne mentait jamais et il n'en avait pas besoin de toute manière, Niels avait d'autant plus tellement à gagner si jamais il venait à retrouver ce chat qu'il n'était pas prêt de venir cracher sur une reconnaissance de la part de Coraline ça s'était certain. Il avait entendu parler de Jefferson et de son statut de Chapelier Fou, que le monde était petit tout de même et il se souvenait de son côté de cette étrange rencontre dans la Forêt Enchantée, c'était une figure de son passé qu'il n'avait pas envie de vraiment croiser mais si ceci pouvait lui permettre de faire un pas de plus en direction de Mr Midnight alors il allait devoir faire des efforts et être assez conciliant comme il savait si bien le faire. Ce serait juste dur de feinter être une personne qu'on n'était plus, même si dans le fond il n'était pas sûr que l'amateur de thés se souvienne de lui réellement, mais après tout c'était son lot quotidien et il devrait maintenir au mieux cette image. Désormais qu'il avait évoqué ce point il comptait bien s'engager vers ce qu'il l'intéressait vraiment, à savoir en découvrir plus sur le monde de Coraline mais surtout ses véritables intentions, il était temps de faire bouger les pions dans le sens qu'il voulait sans attirer un regard particulier sur lui, alors qu'il tentait de déchiffrer le regard qu'elle pouvait avoir à son adresse. Mais il n'arrivait pas à le décoder et ne pouvait appréhender les sentiments qui pouvaient animer la jeune femme, ce n'était pas quelque chose d'aussi flagrant que de la joie ou de la tristesse, il lui était ainsi impossible de savoir dans quel état d'esprit elle se trouvait à cet instant et il préférait prendre des gants. Il détacha son regard d'elle pour le poser sur le pantin du prince qui était dans sa main, comme pour lui montrer qu'il était assez à l'aise en sa compagnie pour baisser sa garde alors qu'il se sentait prêt à intervenir n'importe quand, effaçant un peu le sourire qu'il avait tout en conservant une partie.

« En tout cas, je n'ai jamais eu la chance de rencontrer une personne qui pouvait animer ainsi les pantins de mon côté, qui pourrait peut-être m'expliquer ou me montrer toute l'étendue de ce pouvoir... Mais ce n'était pas à ceci que je faisais référence lorsque je parlais des âmes des poupées vous savez, pas de ce genre d'animation en tout cas, je sais vraiment qu'elles en ont une et qui est propre à chacune d'entre elles. Lorsque je viens créer une poupée je sais à quoi ressemblera son visage, comment elle pourra se tenir, mais je suis incapable de dire comment elle sera et qu'elle sera son histoire. Ce petit prince que j'ai en main par exemple je l'ai fait comme souverain cependant son cœur n'est pas aussi noble qu'on pourrait le croire, il possède une forme d'avidité à laquelle je n'avais pas pensé, et il ferait tout pour être un héros. »

Peut-être une sensibilité artistique qui lui faisait dire ceci, même s'il avait réellement cette impression inexpliquée lorsqu'il regardait cette petite figure de bois, comme si les marionnettes et autres dérivés n'avaient jamais eu aucun secret pour lui. Niels s'éloigna quelque peu de Coraline et rangea ainsi la petite figurine avec les autres avant de fermer le couvercle, comme pour sceller sa petite boîte à malice qui n'appartenait qu'à lui, avant de l'installer à sa place sur une étagère un peu plus en hauteur même si de son côté ça ne lui posait bien entendu aucun problème que de le mettre à ce niveau-là. Que tout ça était si exaltant et il ne pouvait s'empêcher de venir ainsi jouer de cette manière, encore une des rares choses qui pouvaient le mettre en joie et peut-être pour cette raison qu'il ne pouvait s'en passer à l'image d'une douce petite drogue, retrouvant cette mine enjouée qu'il avait. Une fois qu'il fut assuré d'avoir son masque bien en place il se retourna vers son invitée surprise et approcha d'elle, ne laissant qu'une faible distance entre eux, dans le but qu'elle se sente cernée peut-être mais aussi comme pour créer une forme de cercle assez intimiste de cette façon. Une sensation amplifiée très certainement de par la grandeur qu'il possédait, se rendant compte une fois de plus à quel point il y avait une différence entre eux, elle lui paraissait si petite à cet instant même si c'était une vision exagérée pour le coup. Elle n'était pas la femme la plus grande qu'il connaissait certes mais pas non plus la petite, remarquant même qu'elle semblait avoir gagné des centimètres depuis la dernière fois dû aux talons compensés qu'elle avait, alors qu'il voyait de plus près la couleur presque hypnotique de ses iris si clairs. On aurait presque dit des yeux en verre qu'il aurait pu mettre à une poupée, ce qui l'amusait dans le fond que de faire cette alliance d'idées mais après tout elle travaillait en leur compagnie tout comme lui alors ça n'avait rien d'étrange, mais il s'abstiendrait de faire le moindre commentaire pour éviter de provoquer un quelconque malaise ou encore qu'elle puisse méprendre sur ses attentions. Mais ce n'était aucunement l'heure d'avoir de telles considérations à son égard, il avait une sorte de bataille à remporter et il lui faudrait être habile, conscient qu'il devait surveiller par la même occasion ses arrières et aussi dénicher si oui ou non Coraline pouvait être un de ces maudits fabricants de poupées qui avaient voulu connaître son secret pour répliquer la vie dans ses sept créations si exceptionnelles. Jamais la situation ne devait se répéter, plus elle tenait sa langue dans sa poche et mieux c'était pour lui, la regardant avec cette bienveillance qu'il avait.

« Coraline ? Est-ce que vous voudriez bien me rendre un service à votre tour ? Ne parlez à personne de ce que vous avez vu aujourd'hui à la garderie, de cette animation des pantins, je voudrais que ceci ne s'ébruite le moins possible. D'habitude les adultes ne sont pas autorisés ici et je ne le fais que devant les enfants, parce que leurs parents n'écoutent pas vraiment ce qu'ils disent et qu'ils peuvent penser que ce n'est que le fruit de leur imagination, mais vous qui travaillez avec les poupées je me suis dit que ça pourrait vous faire plaisir. Je ne préfère pas que ça se sache, j'ai mes raisons et j'espère que vous pouvez le comprendre, je ne veux pas que l'attention se porte sur moi de cette manière en tout cas. »

Niels avait parlé doucement et plus bas que d'habitude comme pour instaurer une sorte de confidence, quelque part ça pouvait l'être en y regardant de plus près, pour que personne ne puisse entendre à par la jeune femme même si le coin était désert. Lui offrir l'illusion d'une certaine importance, que ses actes pouvaient avoir de conséquence sur lui et ainsi lui montrer volontairement qu'elle avait du pouvoir comme pour montrer sa bonne foi, mais dans le fond le discours n'en demeurait pas moins intact car il voulait éviter au possible que ses pouvoirs se savent. Pour éviter d’avoir des problèmes à l'avenir qu'il n'avait aucune envie de gérer, de donner des indices sur son identité et aussi avoir à devoir gérer tout d'un coup ses filles car le peu qu'il avait déjà croisé lui suffisait amplement, même s'il mettrait tout en œuvre pour se défendre parce qu'il était hors de question de son côté de perdre un temps qui lui était aussi précieux. Il offrait à Coraline comme une arme mais il était indéniable que si elle voulait s'en servir il viendrait la supprimer sans la moindre forme de pitié, il n'en avait plus depuis longtemps de toute manière et ce n'était pas parce qu'elle avait l'air d'être un jouet amusant qu'il n'allait pas la détruire dans un caprice de sa part, c'était peut-être même une forme de contrainte car il serait parfaitement de qui les choses s'ébruiteraient si on venait à découvrir qu'il pouvait ainsi animer les pantins. Niels lui laissait juste le choix quelque part de bien vouloir se plier à sa demande d'elle-même, de lui assurer qu'elle ne dirait rien, dans le cas contraire où elle serait réfractaire alors il devrait intervenir et d'une manière peu douce. Vu toutes les poupées qu'elle avait dans sa boutique il se ferait un plaisir de lui animer pour l'attaquer avec, ces petites choses n'étaient pas aussi fragiles qu'on pouvait le penser car un morceau de porcelaine brisé par exemple pouvait devenir une véritable arme, pensant contrôler le tout comme il savait si bien le faire.

« Est-ce que je peux compter sur vous Coraline ? »

Il leva les mains vers elle dans le but de lui encadrer le visage, comme pour la forcer à le regarder et s'assurer de ses bonnes intentions, voulant ainsi la prendre encore plus à partir ainsi sans savoir à quelle forme de danger il pouvait bien s'exposer.







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F. Coraline Dagenhart

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MessageSujet: Re: Let's play a game where nothing that we can see, the same | F. Coraline Dagenhart   Lun 19 Sep - 20:50



Let's play a game where nothing that we can see, the same

Tu regardes ces jours heureux de naïveté et d'amour tu pensais que danser pouvait faire tomber la pluie de ton regard d'enfant tu observais le monde qui t'entourait tout te paraissait si grand mais tu ne seras plus jamais un enfant rien ne te fera sentir comme avant peut-être est-ce temps de changer de vision tu ne pourras plus rentrer à la maison



L'innocence. Aussi étonnant que cela puisse paraître, c'était un terme qui caractérisait Coraline bien plus que l'on pouvait imaginer ; derrière cette façade glauque, derrière le fait qu'elle vivait dans une réalité des plus sanglantes où aucune censure n'opérait, c'était la candeur qui dictait sa conduite avant le reste, candeur dans ses mots, candeur dans ses gestes, candeur dans cette étrange franchise qui la caractérisait et les suites logiques pour elle mais farfelues pour les autres qui dominaient dans son esprit. C'était avec candeur qu'elle avait abordé Niels la première fois en voulant savoir s'il n'avait pas vu son chat ; c'était avec innocence qu'elle s'était dirigée à la garderie, en premier lieu pour assister à ce fameux spectacle qui avait grandement attisé son intérêt. Mais l'innocence n'était pas la seule chose qui faisait de Coraline la femme qu'elle était ; c'était certes sa première manière d'aborder le monde, mais en général de cette innocence découlait le reste, découlait son envie de jouer, découlaient des intentions nouvelles qui n'intervenaient qu'après cette première approche dénuée de faux-semblants, de cachotteries et de mauvaises intentions. C'était là peut-être toute la force du personnage ; d'être à la fois une innocente enfant naïve et une créature qui pouvait se montrer d'une cruauté sans nom, sans que ces deux facettes conscientes d'elle-même soient incompatibles ou ne se rejettent dans un conflit interne étrange. Elle était tout à la fois guidée par la bonté et la curiosité quand elle était face à quelqu'un dotée d'une telle pureté d'âme qu'elle ne pouvait que se montrer généreuse et ouverte ; et dirigée par la violence sourde qui sommeillait en elle, nourrie par un tel désir de vengeance et une telle volonté de faire souffrir ceux qui présentaient une noirceur dans leur coeur qu'elle semblait redevenir physiquement la Marionnette, son teint déjà pâle se retrouvant encore plus blanc, et ses yeux perçants révélant une malice certaine qu'elle n'avait pas en temps normal. Elle était autant Coraline Jones la butée que Fran Bow la curieuse et la facétieuse Marionnette et le vivait avec une telle harmonie que cela pouvait en surprendre plus d'un.

Et qu'en était-il à cet instant-là, dans cette garderie ? Coraline n'aurait su le dire elle-même, surtout parce que ça ne lui importait que si peu. Elle se contentait d'attraper les jouets qui se mettaient sur son passage, s'attardant sur les poupées qu'elle avait déjà eu le loisir de tenir entre ses mains expertes, les saluant avec une chaleur telle qu'elle faisait de l'ombre à l'air glacial qui s'était installé entre elle et le marionnettiste. Coraline était avec les poupées comme elle était avec les humains parfois, elle n'espérait pas particulièrement les revoir car cela signifiait que ces pauvres petites perfections artificielles étaient à nouveau brisées, même si la situation lui faisait plaisir à chaque fois tant ça lui donnait l'impression de retrouver des vieux amis. Elle se surprit à penser qu'elle avait probablement plus d'amis d'ailleurs dans cette pièce certes spacieuse de la garderie que dans la ville tout entière ; mais cette pensée soudaine et involontaire se retrouva bientôt remplacée par l'image d'un chat noir calmement installé au fond de son fauteuil, la seule et unique chose qui comptait plus que tout le reste aux yeux de la réparatrice. Et puis, il n'y avait pas que ses amis dans cette pièce, non ; il y avait aussi un homme aux mains d'argent, pas comme Edward bien sûr bien que Niels était peut-être sans le savoir le meilleur coiffeur de la ville ; mais parce qu'il était en mesure de contrôler les mouvements des marionnettes que Coraline rangeait avec soin à mesure qu'elle évoluait dans la garderie, et ce simple fait l'obligeait à ne jamais quitter les mains de l'homme des yeux. De la peur ? Elle ne savait plus exactement ce qu'elle ressentait, mais d'une certaine manière ça ne pouvait pas être de la peur. L'anxiété causée par le spectacle de Niels était passée, pour laisser sa place à la folle envie de voir jusqu'où elle pouvait repousser les limites des liens qui la nouaient désormais avec le marionnettiste ; un peu comme si la Marionnette au fond d'elle voulait tester s'il était suffisamment malin pour tirer ses ficelles invisibles comme il tirait celles de ses propres pantins, ou si elle allait pouvoir jouer avec lui jusqu'au bout de la nuit comme elle le faisait si bien avec ses chers gardiens de nuit. Alors, de la peur ? Comment pouvait-elle avoir peur si elle était la peur elle-même ? Non, elle n'avait plus peur, elle n'avait même jamais eu peur ; elle le dévorait du regard en se demandant ce qui pouvait bien lui faire peur à lui plutôt, et en cet instant où ses cheveux rendus invisibles par le bonnet de Noël virèrent au blond platine elle ne désirait que cela, de savoir ce qui serait en mesure de lui tordre l'estomac, de ce qui le ferait trembler si fort qu'il serait incapable d'utiliser ses mains, de ce qui le ferait tomber à genoux et supplier son bourreau de le laisser en paix comme le faisaient les monstres en uniforme violet. Si elle ne pouvait le détruire entièrement, elle sentait en elle l'envie de plus en plus vive de se débarrasser des armes les plus précieuses du marionnettiste -ses mains, et de le voir danser au rythme de ce que lui dictait la réparatrice. Elle n'était pas malveillante ; simplement guidée par l'esprit de vengeance qui l'avait hantée pendant si longtemps.

« Je viens d'un monde où la réalité n'est qu'une perception relative à chacun… Où il suffit d'un petit effort de l'esprit pour se rendre compte de toute l'étendue de ce qui est autour de soi, de ce qui se cache dans les ombres et de ce qui n'apparaît jamais à l'oeil nu. Et dans ce monde, les méchants n'étaient jamais ceux qu'on pouvait croire. Je n'ai jamais aimé cette manière de caractériser l'existence, de toute manière. Les gentils, les héros courageux et beaux avec des coeurs de bisounours contre les grands méchants tout moches et méchants juste parce qu'ils ont envie d'être méchants. Tout est tellement plus complexe et plus simple à la fois quand on y pense... »

La philosophie du bien et du mal n'avait jamais été quelque chose d'important aux yeux de Coraline, et encore moins aux yeux de la Marionnette ; avec tout ce qu'elle avait vécu, tout ce qui comptait était la survie, et de rester soi-même sans jamais laisser quoi que ce soit perturber sa réalité. On pouvait même aller jusqu'à dire qu'elle s'en fichait royalement tant qu'on la laissait libre de ses mouvements, tant qu'on ne venait pas tenter de tirer ses ficelles ; elle qui vivait au milieu des pantins immobiles, prisonniers de leur petit corps de bois ou de porcelaine, sans pouvoir jamais exister sans l'aide de quelqu'un d'autre, elle voulait leur offrir cette même liberté qu'elle avait acquise avec tant de souffrances, elle qui avait couru à perdre haleine pour échapper à cet Autre Mère et tous les dangers qui avaient rôdé et rôdaient encore autour d'elle, elle qui avait fait tout son possible pour faciliter son existence et celle des autres animatronics. Ça n'était pas pour rien qu'elle laissait les poupées choisir leur place d'elles-même dans sa boutique, qu'elle les laissait exprimer librement leur personnalité sans jamais interférer ; sauf avec une seule d'entre elle… mais c'était une autre histoire. Elle sourit quand il lui fit part de son statut d'attraction plus que de gardien pour les enfants ; ça la touchait peut-être un peu trop personnellement, elle, la Marionnette, qui avait été exactement cela dans le monde des contes ; une attraction populaire auprès des plus petits mais aussi leur gardien face aux plus grands, face aux dangers de l'extérieur, gardienne de leur âme aussi peut-être, essayant de tout son être mécanique de les épargner de la corruption de l'âge adulte. Elle nota la phrase sur laquelle il avait finie, sentant que cette manière de dire les choses légèrement cachait quelque chose de bien plus profond, bien qu'elle n'arrivait pas à mettre le doigt dessus, se contentant d'hausser un sourcil. Le silence avait fait son retour dans la pièce, faisant peser comme une tension entre les deux, comme une corde qui se resserrait autour de leurs entrailles, les empêchant ainsi de faire le moindre mouvement de recul. Ils se sondaient sans même se regarder, l'un peut-être cherchant comme l'autre la meilleure stratégie dans cet étrange jeu d'échecs qui avait pris place entre eux. Et ce ne fut que quand Niels fit mention d'une possible piste pour Mr Midnight que le coeur de Coraline s'allégea un bref instant.

« Oooooh il faut que vous me donniez son numéro ! Ou son adresse, carrément. Comme ça je pourrai passer chez lui dans les plus brefs délais et lui demander s'il a des contacts avec le Cheshire. Je veux dire, les chats qui parlent ça doit se connaître entre eux alors il doit forcément avoir une idée de l'endroit où se trouve Mr Midnight... »

C'était à cet instant que Niels s'était rapproché d'un peu trop près, provoquant un mouvement de recul chez Coraline et le retour aussi sec de la dureté de ses traits ; il n'était pas encore l'heure des réjouissances, et le marionnettiste semblait enclin à jouer un petit jeu qu'elle n'allait pas refuser le moins du monde. Il semblait soudain intéressé par cette autre personne que Coraline connaissait ; et elle retint un sourire, de voir que cette phrase lancée au hasard l'avait effectivement intrigué. Alors il se doutait de quelque chose… Il savait qu'elle cherchait quelque chose, du moins c'était ce que Coraline comprenait dans le ton presque défensif qu'il prenait, malgré qu'il semblait n'exprimer qu'une cordialité absolue à son égard. Il s'éloigna presque l'air de rien, continuant de ranger ce qu'il avait dans les mains, tournant le dos à Coraline ce qui laissa tout le loisir à celle-ci de le fixer quelques secondes, l'esprit embrumé par toutes les idées qui lui traversaient l'esprit. Devait-elle être direct ? Devait-elle mentionner l'Autre Mère sans prendre de gants ? Non, il se bloquerait probablement s'il avait la moindre complicité avec cette horrible femme. Plus subtil alors… plus amusant. Une chasse comme elle les avait aimé autrefois.

« C'est si fascinant… J'aimerais vraiment vous voir à l'oeuvre un jour. Enfin si vous en fabriquer toujours… et puis, vous pourriez m'aider peut-être. J'ai une boutique et un peu d'expérience mais je vous avoue que je n'ai pas une expérience étendue, comme j'ai pu vous le dire auparavant peut-être je n'étais pas fabricante dans le monde des contes. Juste quelques années passées avec un mentor qui a malheureusement quitté ce monde trop tôt… Depuis je dois me débrouiller seule et mes méthodes sont peut-être encore un peu brutes. Avec vos mains et vos connaissances dans le domaine, je suis certaine que je pourrai m'améliorer en un temps record ! »

Il était parfois difficile de discerner dans les paroles de Coraline ce qui était de l'ordre de la sincérité et ce qui se rapprochait plus de sous-entendus qui dénotaient un total autre message ; mais elle pensait vraiment pouvoir tirer de lui quelques ficelles du métier, avec cette candeur qui la rendait inconsciente du fait que le jeu auquel ils jouaient pouvait très bien finir par couper lesdites ficelles. Il se rapprocha à nouveau, et malgré elle Coraline retrouva le sentiment d'oppression qui l'avait prise durant la représentation, se sentait presque prise au piège par la stature de Niels mais aussi par le fait qu'il était après tout le maître incontesté de ces lieux ; et Coraline était prise de l'envie soudaine de contester justement cette autorité absolue qu'il avait, de le faire danser un peu pour voir s'il connaissait vraiment son monde aussi bien qu'il le pensait. Elle se retrouva intriguée par la demande qu'il lui faisait, de tenir sa langue sur ses capacités alors qu'il n'avait semblé pas rechigner une seule seconde à montrer de quoi il était capable à une femme qu'il n'avait rencontré qu'une seule fois auparavant. Et sans qu'elle s'en rende compte, les pions bougeaient sur l'échiquier, certains mettant en péril sa stratégie d'improvisation et certains se plaçant exactement là où elle le voulait. C'était… délicieux.

« Ne vous en faîtes pas, Niels, je ne suis pas du genre à ébruiter les choses, et puis de toute manière je n'ai pas exactement un carnet d'adresses rempli de fond en comble alors… votre secret sera bien gardé avec moi. »

Elle lui fit un clin d'oeil avant de reposer le jouet qu'elle tenait entre ses mains, se sentant revigorée par cette position de force qu'il lui offrait sur un plateau d'argent, oubliant un instant qu'elle se trouvait chez lui avant tout et qu'il l'avait presque littéralement mise en cage au coin de la pièce ; mais son expression satisfaite se transforma en surprise quand il leva ses mains pour les placer en suspension autour de son visage, et la conscience de sa taille plus que réduite par rapport à lui mais surtout par rapport à son corps de Marionnette la frappa brusquement. Et en elle s'éleva une excitation sans précédent, une envie folle de partir dans un rire démoniaque bien qu'elle ne traduit ce sentiment que par un sourire étendu de part et d'autre de son visage. C'était trop tentant, trop grisant pour elle d'ignorer cet affreux désir qui la hantait, elle avait autant envie de le toucher que de mettre une distance raisonnable entre eux et ce mélange incertain lui donna une idée peut-être farfelue et peut-être cruelle. Elle leva le doigt comme pour exiger le silence, prenant l'expression de quelqu'un qui vient de se rendre compte de quelque chose, avant de retirer ses mitaines dans un mouvement vif. Elle s'extasia intérieurement de le voir froncer légèrement les sourcils en se demandant sûrement ce qu'elle était en train de faire, haussant les épaules d'un air innocent.

« Il fait un peu chaud, et puis les mitaines ça n'a jamais exactement été pratique pour ranger les choses… et puisque vous devez sûrement aussi avoir un peu chaud vous aussi… Que diriez-vous d'un petit… rafraichissement ? »

Et sans un seul mot de plus, elle attrapa fermement les mains de Niels avec une rapidité inattendue ; et aussitôt, pour sa plus grande joie, Itward se mit en action, transformant sa peau douce et pâle de jeune femme en un désert de glace infernal, au point que le moindre contact avec elle faisait l'effet d'un brasier. Elle tenait fermement les mains du marionnettiste avec une force qu'on aurait pu douter en voyant le gabarit de la demoiselle, et le froid de ses paumes se diffusèrent dans la peau de Niels à la vitesse de l'éclair, l'engourdissant jusqu'au poignet ; et dans un mouvement tout aussi rapide, elle lui tordit le bras gauche pour venir se mettre derrière lui, l'envoyant valdinguer tête la première contre le mur avec brusquerie pour reculer de quelques pas, admirant le travail tout en restant sur la défensive, un doigt posé sur ses lèvres et un air malicieux sur le visage.

« Pardon ! Je suis un peu claustrophobe sur les bords, quand je me retrouve acculée comme ça contre une paroi j'ai tendance à être un peu… brusque. » Un véritable comble quand on voyait l'état de chaos de sa boutique. Elle devait reconnaître que ça lui avait fait un bien fou, ce petit avant-goût qu'elle lui avait présenté ; Coraline étant qui elle était, le contact physique, peau contre peau, n'était pas quelque chose de courant dans son quotidien, tout comme la douleur ; certes, elle possédait les récepteurs adéquats dans son épiderme mais puisqu'Itward empêchait la moindre blessure -même un café renversé ou un clou savamment placé sur le passage de son pied n'avaient jamais pu l'atteindre- c'était un peu comme s'il existait un manque éternel dans sa vie, un manque de sensations bonnes ou mauvaises. Le moindre frôlement avait sur elle un effet électrisant, comme une drogue qui lui donnait encore plus envie de goûter au fruit défendu par sa propre condition, au point qu'elle avait envie de poser ses doigts sur le cou de Niels, sur son visage, sur son corps entier pour le voir succomber à l'extraordinaire pouvoir qu'était Itward. « Étrange qu'il ait choisi la glace... » Elle laissa son regard faire le tour de la pièce à la vitesse de l'éclair, repérant toutes les marionnettes qui pouvaient bien exister en ce lieu, parfaitement consciente désormais du pouvoir de Niels et qu'il était susceptible de les utiliser contre elle si le besoin s'en faisait sentir de sa part. « Remarque, ça fait encore un échange de bons procédés ! J'ai vu de quoi vous étiez capable, et maintenant vous savez ce que je peux faire aussi. On est quitte à ce stade ! Oh mais comme c'est excitant tout ça ! » Elle jubilait, tapant légèrement dans ses mains avec cette expression candide qu'elle endossait quand quelque chose faisait naître en elle de l'enthousiasme. Désormais bien campée sur ses jambes, elle fixait Niels, qui n'avait pas l'air de particulièrement apprécier que ses mains soient encore si engourdies par le froid, inutilisables tant que ça ne passerait pas. Eh ! Au moins elle n'avait pas conservé de contact avec lui, ça aurait pu être pire… « Ne vous inquiétez pas pour vos mains, ça passera assez vite. Enfin sauf si j'ai été trop loin et que du coup il faudra les amputer… Je n'espère pas ! Ce serait bien dommage, de si belles mains... »

Elle le défiait du regard, prête à encaisser sa prochaine action, bien en équilibre sur l'échiquier qu'était ce drôle d'affrontement. Elle s'était laissée emportée dans son envie de jouer ; et maintenant, l'un comme l'autre savait quels coups pouvaient envoyer son adversaire, du moins en partie. C'était délicieux. Dangereusement délicieux. Elle avait atteint son objectif en neutralisant au moins temporairement ce qui pouvait servir d'arme contre elle, indirectement surtout mais peut-être aussi directement ; car sa condition d'ancienne marionnette la faisait douter sur le pouvoir que pouvait avoir Niels sur elle. Même si l'intervention d'Itward la rassurait largement dans l'idée qu'elle n'avait rien à craindre de lui à ce niveau-là… Bien qu'elle se demandait ce qui allait bien pouvoir suivre, et ce qui se passait dans l'esprit de ce cher marionnettiste. Elle avait tellement envie de jouer ! De le toucher encore et encore, de le voir danser en évitant chacun des coups physiques ou métaphoriques qu'il allait bien pouvoir lui lancer comme une contorsionniste au mieux de sa forme, comme la Marionnette si grande et élancée qu'elle avait pu être, faisant virevolter son pompon de Noël derrière elle comme une petite lumière malicieuse qui la suivait partout…

« On en était où déjà ? Attendez, j'ai perdu le fil de la discussion avec tout ça. Hum… Ah oui ! Ne vous en faîtes pas, je ne dirai rien à personne. Par contre ma condition n'est pas un secret, donc, à vous de décider si vous avez envie de garder ça pour vous ou non. Honnêtement, ça m'arrange dans les deux cas. »

Elle posa un doigt sur ses lèvres, l'oeil gauche fermé dans un de ces longs clins d'oeil remplis de mystère. Elle lui signifiait ainsi qu'elle lui avait certes révélé quelque chose sur elle, mais contrairement à lui ça n'avait rien d'un secret… et quelque chose au fond d'elle-même lui faisait penser que Niels n'avait pas la moindre intention de dire quoi que ce soit à qui que ce soit. Elle ne savait simplement pas encore pourquoi.

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MessageSujet: Re: Let's play a game where nothing that we can see, the same | F. Coraline Dagenhart   Dim 2 Oct - 19:23




Pourquoi malgré le fait que tout était en alerte Niels n’arrêtait pas ce petit jeu avec Coraline ? Parce qu’elle était à l’image de la boîte de Pandore, il ne fallait pas relever le couvercle aux risques de déverses les maux sur le monde mais la tentation était trop grande, il préférait l’avoir dans son sillage que dans son ombre en y regardant de plus près. Il fallait être proche de ses amis et encore plus de ses ennemis, à défaut de savoir où la réparatrice se trouvait même s’il se doutait bien aucunement dans la première catégorie il voulait garder un œil sur elle, ne souhaitant nullement prendre le risque de se faire poignarder dans le dos comme lui savait pourtant si bien le faire. Elle était une curiosité ambulante avec qui il arrivait à tomber en accord, leur point de vue sur différents sujets comme les marionnettes ou encore la notion du bien et du mal semblaient être assez proches dans le fond, mais il se méfiait plus que tout des personnes qui pouvaient justement lui ressembler. Parce qu’il savait comment il fonctionnait, ses qualités mais surtout ses défauts avec un besoin insaisissable qui n’était jamais satisfait et tant qu’il ignorait quel genre d’appétit pouvait bien animer la jeune femme il devait encore rester en retrait, ce n’était pas tout de juste attirer une personne en lui faisant des belles promesses il fallait aussi savoir tenir ses engagements et encore plus quand on ignorait tous les revers d’une personne. Il n’était pas contre lui donner les renseignements sur Jefferson, au contraire si elle voulait aller voir par elle-même ça serait une épine en moins pour le marionnettiste qui n’avait que très peu l’envie de revoir l’autre homme qu’il avait pu connaître par le passé, au contraire c’était même un coup de génie à son sens car elle allait non seulement voir quelqu’un qu’il ne voulait voir mais en plus elle ferait avancer l’enquête qu’il était censé mener et lui ferait ainsi gagner du temps mais aussi de l’énergie. Il était gagnant sur tous les tableaux, il en était persuadé en tout cas, et il se ferait une véritable joie de lui offrir les informations qui montreraient d’autant plus sa bonne foi mais aussi intentions. En revanche lorsque Coraline parla du fait de lui montrer comment il travaillait sur les poupées, ou plus précieusement comment il pouvait les fabriquer pour le coup, une partie de lui c’était crispée de lui au possible et aurait presque pu feuler à son adresse d’une telle demande.

Bien sûr, Niels fabriquait toujours des poupées, plusieurs pantins vides qui pourraient toujours lui servir par la suite. Mais dernièrement il avait du mal. Trop de choses lui parasitaient l’esprit au point de le rendre malade, il n’arrivait aucunement à finir depuis quelques semaines la moindre entreprise qu’il commençait dans ce processus de création, parce que tout lui semblait être dénué de sens et cette attente de savoir quand la guerre entre ses filles allait enfin prendre fin le rendait juste fou. Il hurlait à l’intérieur comme jamais, au bord de la destruction et de laisser sortir enfin cette rage qui n’en pouvait plus de se faire étouffer constamment par ce vide perpétuel, alors qu’en extérieur il n’était que cette figure souriante qui avançait toujours comme il avait l’habitude d’offrir en représentation au reste du monde. Néanmoins la demande de Coraline lui paraissait si peu anodine que ses yeux eussent été incapables de la quitter un seul instant, craignant quelque chose qu’il ne voulait plus revivre et qu’il avait mis de côté parce qu’il avait besoin d’avancer au lieu de se faire retenir par un passé si futile en comparaison à celui qu’il recherchait, elle qui était réparatrice de poupées avait l’air tout d’un coup de prendre un tout autre aspect auquel il avait déjà porté soupçons. Vouloir réparer était une chose mais créer était une procédure bien particulière, c’était donner tellement de soi que parfois il fallait savoir s’oublier dans le but de créer la vie même s’il avait été jusqu’à l’extrême dans son cas, mais pire que tout elle venait à lui rappeler qui il était. Rozen le créateur, fabricant de la collection Rozen Maiden, qu’on avait tellement cherché à copier sans le moindre succès et jamais égalé. Une réputation qu’il avait dû payer le prix fort et qui arrivait encore à le hanter à l’heure actuelle, alors qu’il gardait ce sourire toujours si imperturbable comme si rien ne l’atteignait jamais parce qu’il se refusait qu’on le voit autrement que de cette manière, lui donnant encore plus l’envie de serrer sa main sur la frêle gorge sur cette peau trop clair de la jeune femme face à lui. Alors l’animateur laissa une fois de plus ce sentiment de vide emporter cette possible appréhension, aspirer le moindre sentiment comme il savait si bien le faire au point de venir chaque jour qui pouvait passer un peu plus une coquille, cherchant les bons mots à pouvoir offrir à Coraline. Elle avait déjà trop vu à son goût, il refusait qu’elle approche de sa zone de création comme elle lui avait refusé après tout l’accès de son atelier, profitant de son refus précédent comme pour la prendre à revers.

« Je fabrique toujours effectivement. Je veux bien vous donner des conseils, vous montrer quelques petites astuces pour votre travail, mais malheureusement je ne peux vous montrer comment je peux procéder pour les premières étapes. Vous savez comment sont les artistes comme nous, toujours plus ou moins timide à pouvoir dévoiler ce qu’ils font, et il ne faut pas le prendre personnellement. C’est un peu comme votre atelier, mon moment de jardin secret que j’aime conserver, pour l’instant je n’entreprends pas de faire la moindre visite même privée. J’espère que vous m’en excuserez. »

Non il préférait garder son terrible savoir pour lui-même, il n’avait pas parlé le passé en payant le prix fort et ceci n’était pas près de changer aujourd’hui, préférant enchaîner pour s’assurer qu’elle garderait le secret de ce qu’elle avait pu voir à la garderie. Elle n’avait aucune idée de ce que Niels pouvait lui faire, il n’hésiterait pas une seule seconde à interrompre le fil de la vie d’une personne si ceci lui permettait de continuer le sien et il n’aurait aucune pitié pour la personne surtout si comme Coraline elle devenait de plus en plus présente sous certains aspects, sa question était peut-être certes anodine dans le fond mais il préférait prendre aucun risque et ceci était aussi valable avec ce qu’il avait fait en animant les pantins. Il avait voulu la cerner entre ses mains, à l’image d’un aigle qui aurait été sur le point d’enserrer sa proie en se plantant dans ses viscères, elle était sur son terrain et il était temps qu’elle vienne se plier comme elle se devait. Et même si elle lui disait ne pas vouloir ébruiter son fameux pouvoir d’animation il ne se refusait de le croire, le marionnettiste connaissait la capacité naturelle que celle de l’homme à savoir mentir car il possède le don de parole, s’imaginant déjà lui couper la langue pour justement qu’elle puisse la tenir ou encore lui arracher les cordes vocales avec lesquelles il pourrait faire un somptueux violon. Une image morbide qui lui donnait l’illusion du contrôle de la situation, lui si grand dominait de toute sa hauteur cette frêle jeune femme dont la préoccupation principale était de retrouver son chat disparu, se réjouissant intérieurement d’avoir le dessus comme il l’avait toujours. Mais tout ceci s’émietta sans qu’il puisse dire pourquoi avec dans un premier temps ses gestes curieux, l’observant et analysant comme il savait si bien le faire sans trouver la moindre logique dans tout ça, son cerveau aurait dû se mettre en alerte et si ce fut bien le cas il n’eut pas le temps de reculer alors que Coraline retirait ses mitaines pour lui attraper les mains avec une poigne plus forte que ce qu’on pourrait soupçonner à première vue. Néanmoins ce n’était pas ceci qui vient l’étonner le plus mais bien de sentir tout d’un coup le froid envahir la zone qu’elle était en train de toucher jusqu’à perdre une sensibilité, elle avait beau lui tenir les mains Niels ne ressentait plus rien et n’arrivait plus à bouger, avant de se prendre sans prévenir tout d’un coup le mur contre lequel il cogna avec une violence inédite.

Le souffle haletant il resta contre le mur en s’appuyant dessus du mieux qu’il pouvait, il avait manqué de perdre son équilibre et de tomber au point qu’il en avait fallu de peu pour qu’il s’effondre par terre, alors que son coude était appuyé contre la surface perpendiculaire à lui et lui laissant ainsi le loisir de voir l’état de sa main. Elle refusait de bouger malgré toute la concentration qu’il y mettait et refusait d’émettre le moindre spasme, elle pendait dans le vide comme si plus aucune connexion n'était présente, alors que l’autre se trouvait exactement dans le même état. Son sourire s’effaça en observant ce constat, restant à moitié de dos à Coraline qui aurait pu en profiter pour frapper encore très certainement, caché malgré tout du regard de celle qui était ainsi devenue son adversaire. Chez un marionnettiste comme lui ses mains étaient tout, c’est grâce à elles qu’il pouvait donner vie aussi bien en venant dans un premier temps créer le corps que l’animer par la suite, il n’avait jamais été privé ainsi de ce qui faisait son essence même et c’était comme si tout d’un coup il était happé dans le sol parce qu’on venait le tirer vers un trou sans fond sans qu’il ne puisse réagir. Son regard se posa alors sur la réparatrice et était aussi glacial que ses mains alors qu’il avait réajusté son sourire, à moins que celui-ci ne se fît de lui-même tant il avait l’habitude, mais il était clair qu’il n’avait pas du tout envie de rire malgré son expression et encore plus à la mention de l’amputation. C’était comme si de par les simples mots qui sortaient de sa bouche elle alimentait cette haine qui ne demandait qu’à sortir, qui griffait l’intérieur de cette chambre close dans laquelle il l’avait enfermé pour ne pas se laisser dominer par celle-ci, parce que c’était comme le remettre face à une réalité qu’il le voulait plus connaître. Cette fois-ci il ne supplierait pas car il ne lui donnerait plus l’occasion de l’atteindre, alors que les scènes d’horreur repassaient en boucle devant ses yeux et lui donnaient juste la nausée que de repenser à tout ça, imprimant le moindre de ses mots. Et sans doute attente Niels éclata de rire sans se retenir, appuyant son poignet endolori contre son front comme pour tenter de contrôler ses spasmes qui se faisaient dans tout son corps mais en vain, un rire mélangeant à la fois une forme de démence pure à de la colère qui réussissait enfin à sortir depuis il ne savait plus quand. C’était comme s’ils avaient accepté un jeu auquel ils n’avaient plus besoin de faire semblant, que les masques venaient de tomber sans que ceci soit prévu mais qui justement rendait cet instant si exquis, et il allait se faire une joie d’être le fameux challenger si c’était ce qu’elle voulait.

« Oh tranches-moi même la tête si ça peut te faire plaisir ! Je n’attends même que ça dans le fond ! Cette carcasse en a vu d’autres et elle en subira d’autres, ce n’est pas ça qui m’arrêtera dans mon objectif de toute façon, mais en revanche toi petit oiseau tu as fait la grossière erreur de croire que tu pourrais m’attaquer dans mon propre territoire. Alouette je te plumerai, je t’arracherai les ailes, et les yeux, et le cœur ! »

Il avait fini comme dans une sorte de comptine, même si la version qu’il venait à chanter différait beaucoup de l’original, se décollant du mur tout en fixant toujours Coraline. C’était comme s’il avait éteint le contrôle dont il pouvait faire preuve pour laisser faire tout ce qu’il cherchait à maîtriser se libérer, un ressentiment si grisant qu’il pourrait en perdre pied, tandis que ses mains pendaient toujours immobiles à cause de l’engourdissement du froid. Son sourire s’étendit au plus alors qu’il chantonnait encore cette petite phrase en boucle, il la laisserait pas s’échapper d’ici et il était hors de question de se laisser faire sans réagir, il allait lui arracher le cœur de sa poitrine et le réduire en miettes même si pour ça il devrait utiliser les dents. Tout d’un coup des petits bruits se firent entendre un peu partout dans la pièce, comme si quelque chose grouillait à foison dans les environs, pour laisser apparaître petit à petit les ombres des poupées et autres jouets qu’il pouvait réussir à animer. Il n’avait pas besoin de ses mains pour faire une telle chose, même s’il devait en convenir qu’elles rendaient le tout plus facile et qu’il devait beaucoup plus se concentrer, alors que son esprit analytique organisait ce qui pourrait s’avérer un véritable plan de bataille dans son esprit. Il avait bien fait de ramener une ou deux de ses petites créations personnelles, si en temps normal elles ressemblaient à des jouets bien inoffensifs la réalité était bien différente, de véritables armes sur pattes que Niels allait avec grand plaisir essayer et encore plus sur Coraline. Les boîtes s’ouvraient pour laisser apparaître ce qui aurait pu être une véritable scène d’horreur dans d’autres circonstances, sachant à quel point des jouets animés pouvaient être assez effrayants et perturbants pour beaucoup de personnes, il avait pu voir rapidement dans l’attitude de la réparatrice qu’elle n’avait pas été des plus à l’aise lors de sa représentation. Même s’il ignorait le pourquoi en réalité et ne pouvant qu’ainsi faire que des suppositions, les enfants étaient trop jeunes pour avoir peur contrairement aux adultes qui pouvaient être plus impressionnables parfois, alors qu’il penchait doucement la tête sur le côté tout en la secouant comme s’il était face à une enfant qui avait fait une lourde bêtise et qu’il s’apprêtait à la réprimander. Mais la jeune femme n’était pas une gamine et c’est pourquoi il n’aurait aucune retenue, il n’allait pas se retenir et encore plus après les déclarations qu’elle avait pu lui faire, toujours aussi moqueur dans sa façon de faire quelque part.

« Coraline on aurait pu tellement bien s’entendre ! C’est tellement dommage quelque part mais je suppose que les choses sont bien plus amusantes de la sorte, ça fait bien longtemps que je n’avais pas déployé autant le cran au-dessus et ça ne fait que commencer, je m’amuse déjà tellement alors que le jeu n’a pas tout à fait encore commencé ! Mais on va corriger ça... »


Alors que le marionnettiste finissait sa phrase une poupée s’élança justement de son perchoir en direction de Coraline, s’il arrivait à la déstabiliser alors ça serait une première manche de gagné, visant la tête pour lui assener un premier coup qui pourrait s’avérer assez décisif. Cependant sans qu’il ne puisse le prévoir la poupée éclata en approchant de trop près de la jeune femme, comme si elle possédait une sorte de protection invisible autour d’elle, alors que les morceaux tombaient au sol dans ce bruit qu’il détestait tant. Son sourire ne le quitta pas mais ses sourcils se froncèrent un peu en voyant le spectacle, il n’aimait pas ça du tout et il n’était pas sûr de ce qu’il s’était vraiment passé, se demandant qui avait réellement produit ça. Elle ou lui ? Peut-être qu’en laisser cette facette qui ne sortait jamais, cette colère sourde et ce besoin latent de destruction, le tout mélangeait à l’absence de contrôle avait fait potentiellement détruire sa propre création. C’était un aspect à ne pas négliger, il n’avait jamais essayé de manipuler et animer dans cet état-là après tout, préférant émettre un point d’interrogation sur ce qu’il venait de voir. Il inspira un bon coup pour démarcher un peu plus de petits soldats bien obéissants qui venaient à entourer Coraline, il ne laisserait aucune négligence passer et surtout ne ferait pas l’erreur de sous-estimer le fait que le nombre était peu important, alors qu’il essayait en même temps en vain de faire bouger ses doigts. Mais il n’y avait aucune réaction ce qui ne faisait que lui donner encore plus envie de crier, il ne le montrait pas mais sans ses mains c’était la fin de tout il le savait parfaitement, être privé de ses jambes passait encore cependant tous les bras c’était une autre affaire. Un artiste comme lui sans mains n’était rien, il donnait la vie grâce à elles après tout, une optique qui l’effraya et le força ainsi à réinitier une attaque contre la miss avec son chapeau de Noël. Il allait lui faire tomber la tête de ses épaules, juste parce qu’il en était juste capable et qu’il en avait les moyens après tout, autant pour la repousser que pour se protéger de ce qu’elle avait pu lui faire. Il lança plusieurs jouets cette fois-ci-contre elle, apprenant de ses erreurs rapidement en évitant de mener l’attaque sur un seul front, mais comme précédemment le résultat fut exactement le même. Niels n’aimait pas ça du tout et il perdait peu à peu son sourire à mesure sur les morceaux jonchait le sol, continuant à se forcer à avoir une réaction au-dessous du poignet, cherchant comment une chose aussi frêle que cette satané Coraline pouvait faire une telle chose.

« On dirait que je t’ai sous-estimé ! Je ne sais pas comment tu peux faire une telle chose, ni comment tu as pu geler mes mains, mais si tu crois que tu m’impressionnes alors tu te trompes ! Ça ne va pas m’empêcher de me débarrasser de toi, tu ne seras pas la première voleuse de poupées dont je m’occupe, je suis loin d’avoir dit encore mon dernier mot ! »

Parce qu’il était évident pour lui que même si Coraline s’était présentée comme simple réparatrice elle devait être plus que ça ou du moins c’est ce que son cerveau voulait croire, superposant l’image de cette personne qui avait voulu connaître ses secrets de fabrication et avec qui tout avait fini dans le sang, mais la dernière fois il n’avait pas affaire à une telle personne face à lui. Il avait l’impression d’être au pied du mur d’une certaine façon, se trouvant presque collé à lui d’ailleurs de manière littérale comme dans une volonté de mettre une certaine volonté avec elle, devant user de la poupée importée qu’il voulait épargner jusqu’ici. Elle avait été faite dans une porcelaine si délicate d’apparence mais pourtant si robuste, ses grands yeux avaient l’air de vouloir chercher à connaître le monde et à s’en émerveiller quelque part, ressemblant plus à une petite fille qu’à simple poupon comme c’était souvent le cas avec ses créations même si sept d’entre elles étaient à un niveau bien au-dessus des autres. Malheureusement pour lui elle se brisa comme les autres sans qu’il ne puisse rien faire, avant même de pouvoir enclencher quoi que ce soit, elle tombait au sol avec ce corps meurtri qui était désormais le sien. C’était comme si son dernier atout venait de voler en éclat en même temps, maudissant Chara de ne jamais être là quand il en avait vraiment besoin et surtout son précieux couteau, même si en y réfléchissant bien il lui restait un dernier pantin : lui. Après tout ne disait-il pas lui-même qu’il était sa propre marionnette . C’était peut-être le moment de le mettre en application, il pourrait essayer d’user de ses jambes artificielles pour arriver à ses fins après tout à défaut de pouvoir user de ses mains pour le coup, retrouvant alors son sourire si bienveillant qu’il avait d’ordinaire. Il était temps de reprendre le contrôle sur tout, sur la situation mais surtout sur lui, il n’aurait jamais dû lâcher autant de laisse alors qu’il faisait un peu bouger ses épaules pour les faire craquer. Il n’avait pas le choix, il allait devoir attaquer lui-même bien que la perspective ne lui plaisait pas du tout, mais il refusait de mourir ici et surtout pas avant d’atteint son objectif.

« Pauvres petites choses… Toi qui te disais réparatrice je constate que tu es aussi destructrice ! Je suppose qu’on n’est jamais mieux servi que par soi-même après tout, j’aurais dû y penser beaucoup plus tôt, c’est tellement désolant. Alors, tu t’amènes trésor ? »

Son cerveau tournait à pleine turbine, comme s’il se réveillait tout d’un coup, il pourrait peut-être s’arranger pour l’embrocher avec l’armature en fer de ses jambes.







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F. Coraline Dagenhart

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MessageSujet: Re: Let's play a game where nothing that we can see, the same | F. Coraline Dagenhart   Dim 9 Oct - 15:36



Let's play a game where nothing that we can see, the same

Tu regardes ces jours heureux de naïveté et d'amour tu pensais que danser pouvait faire tomber la pluie de ton regard d'enfant tu observais le monde qui t'entourait tout te paraissait si grand mais tu ne seras plus jamais un enfant rien ne te fera sentir comme avant peut-être est-ce temps de changer de vision tu ne pourras plus rentrer à la maison



Les décisions, ça n'avait jamais été le fort de Coraline ; elle qui arrivait toujours avec un brin d'innocence dans le regard, elle était bien obligée d'improviser quand les événements tournaient au vinaigre et que le déroulement lui échappait -par sa propre faute la plupart du temps. Quelque chose qui ne l'avait jamais affectée sur le long terme, mais qu'elle n'assumait pas non plus entièrement quand elle se retrouvait face aux conséquences de ses actes. Et quelles conséquences. Enveloppée dans cette fascination étrange, dans cette hypnose qu'elle avait vécu malgré elle pendant la représentation de Niels, elle se retrouvait au coeur même d'une sorte d'affrontement qu'elle n'avait pas le moins du monde prévu à la base. Mais le pire dans tout cela était peut-être que sur son visage s'étalait l'expression d'une excitation extrême incarnée dans un sourire tordu plutôt que l'air effrayée d'une enfant prise en faute dans une bêtise magistrale. C'était dans cet état d'extase qu'elle l'avait observé tandis qu'il respirait avec lourdeur, s'appuyant comme il pouvait avec les parties encore utilisables de ses bras. Elle aurait pu attaquer encore, le mettre hors d'état de nuire sans même hésiter un seul instant, mais où aurait été le jeu dans tout cela ? Où aurait été l'amusement ? Non. Elle voulait voir de quoi il était capable. Elle voulait voir s'il était aussi monstrueux que sa marâtre. Elle voulait voir si derrière son air si accueillant et chaleureux se cachait un être difforme et cruel, prouvant au passage ce qu'elle soupçonnait depuis longtemps chez les adultes : ils n'étaient jamais réellement sincères, et cela lui brisait le coeur à chaque fois qu'elle en faisait la constatation alors qu'elle le savait parfaitement au fond d'elle-même.

Elle n'eut qu'un seul élan de lucidité au moment où il se retourna, et où son visage avait perdu de sa jovialité pour une expression si glaciale qu'elle lui faisait froid dans le dos ; il était si effrayant en cet instant avec ce sourire torve et cet éclat de rire lugubre qu'elle se demanda un instant si elle n'était pas plongée dans l'Ultraréalité et qu'elle ne faisait pas face aux démons attachés au marionnettiste, mais un simple coup d'oeil autour d'elle suffit pour la rassurer : rien d'autre n'avait changé, hormis la tension devenue palpable et le vent plus glaciale encore qui soufflait entre eux sans créer le moindre mouvement pour autant. Et cet élan de lucidité se dissipa très vite à mesure que Niels s'exprimait avec une vivacité sans précédent. La Marionnette en elle dévorait avec un plaisir certain cet élan d'agressivité et de colère, elle cherchait des yeux en ouvrant son esprit entier à la recherche de ce qui pouvait aggraver encore cet état second qui transparaissait chez son adversaire, pour tenter d'y déceler ce qui pouvait bien le terroriser du plus profond de son âme ; car en apprenant cette vérité là la Marionnette serait alors armée jusqu'aux dents et jouer avec lui ne deviendrait plus que le jeu d'un chat qui joue avec sa proie à moitié morte. Ce ne fut que quand il commença à chantonner que Coraline cessa de se projeter dans cette sorte de futur idéal, se sentant s'engourdir malgré elle dans son corps entier tandis que son regard fixait les lèvres de son ennemi. Elle se mit à suivre malgré elle le peu de mouvement qu'il faisait, et en cet instant c'était comme si un miroir avait été érigé au centre de la pièce, juste entre les deux ennemis, sans que l'on puisse savoir qui était l'original et qui était le reflet. Cet hypnose ne se brisa pas même alors que Coraline percevait tout autour d'elle comme les petits pas de milliers de rats, une armée entière qui se soulevait en frottant leurs petites griffes sur le sol, bien qu'elle savait que ça n'était pas des rats mais bien des petites marionnettes, poupées et tout jouet qui pouvait bien passer sous le contrôle du marionnettiste. Elle se sentait soudain horrifiée, prise au piège mais pas apeurée pour autant ; elle savait seulement ce qui était sur le point de se passer, et tout son corps luttait contre ces satanés effets psychologiques de la mélodie pour se mettre en position de défense tout en cherchant un moyen de ne pas blesser les petits pantins qui se dirigeaient vers elle. Elle décrocha son regard de la bouche de Niels pour apercevoir ces chers marionnettes, reconnaissant celles qui étaient déjà passées entre ses mains pour des réparations, et de savoir qu'ils étaient sur le point de subir la protection d'Itward l'attristait bien plus qu'on ne pouvait l'imaginer. Enfin, Niels parla à nouveau, et Coraline tourna vers lui un regard plein de haine qu'elle ne chercha même pas à cacher.

« Désolé chaton, j'ai toujours eu du mal à m'entendre avec les gens qui utilisent les autres avec un tel dédain. Mais tu as raison, ce soir nous allons bien nous amuser, oh oui ! Comme toi cela fait très longtemps que je n'ai pas pu laisser Itward s'exprimer entièrement dans cette réalité, ni pu déployer tout ce que j'étais capable de faire dans cet autre monde… Alors accroche toi, j'espère que tu as le coeur solide ! »

Son sourire se déploya à nouveau, lugubre sur ce visage si pâle qu'il en paraissait transparent, ces yeux presque enfoncés dans leur orbite et cette expression tordue qui trahissait l'esprit vengeresque que pouvait avoir Coraline. Elle ne bougea pas d'un centimètre lorsque la première poupée vint s'éclater en mille morceaux sur elle, laissant sa peau et son armure faire son travail, bien qu'elle serra les dents en voyant le jouet tomber au sol, comme si elle venait de tuer un innocent mais qu'elle ne pouvait se permettre de devenir sentimentale. À la place, elle se concentra sur le visage de Niels, et d'y voir au moins une forme édulcorée de surprise et de frustration venait nourrir l'excitation qu'elle ressentait encore plus fortement qu'auparavant. Puis, sans même prêter attention à la petite armée qui s'était formée autour d'elle, elle laissa chaque poupée venir exploser contre son armure sans même broncher, hormis le pompon de son chapeau qui s'agitait sous l'impulsion des petites créatures plus vivantes qu'elles ne l'avaient jamais été en cet instant. Elle continuait de regarder Niels avec une obstination sans pareille, car elle savait qu'à l'instant même où elle constaterait les dégâts, elle s'effondrerait, et ça n'était clairement pas le moment pour ce faire. Elle pleurerait la perte de tous ces pantins quand le moment serait venu, quand elle aurait cloué le bec de ce marionnettiste en le clouant littéralement au mur. Bien qu'elle pencha légèrement la tête sur le côté quand il fit mention de… « voleuse de poupée » ? Mais qu'est-ce qu'il racontait ? Est-ce que la rage qu'il exprimait en cet instant aveuglait son bon sens ? La prenait-il pour une ennemie qu'elle n'était pas de base ? Certes elle s'était désormais clairement exposée en tant qu'adversaire au moment où elle avait gelé ses mains mais… jamais n'avait-elle eut l'intention de lui voler quoi que ce soit. Que racontait-il, enfin ? Tout ce qu'elle voulait initialement était de profiter de son savoir, bien qu'elle aurait battu en retraite sans broncher s'il n'avait pas voulu le partager. Alors de quoi parlait-il ?

« Mais de quoi vous... »

Déstabilisée, elle fut forcée de détacher son regard du visage de Niels, et au moment où la poupée de porcelaine délicate vint s'éclater contre elle comme toutes les autres, elle croisa le regard glacé des yeux de verre du poupon. Tout autour d'elle, des morceaux, partout ; des bras, des jambes, des morceaux de porcelaine, de bois, des échardes même éparpillées sur le sol, tout cela constituait un spectacle bien plus morbide aux yeux de Coraline que tout ce qu'elle avait pu voir dans l'Ultraréalité -et personne ne pouvait savoir à quel point elle avait tout vu en matière d'horreurs. C'était comme les restes d'un champ de bataille, ce qui jonchait le no man's land le lendemain de la guerre, les cadavres des soldats qui ne faisaient qu'obéir aux ordres, que servir leur général, qu'être des esclaves du pouvoir pendant que ceux qui donnaient les ordres restaient bien au chaud dans leurs bunkers, leur unique rôle étant celui de les utiliser comme des pions pour satisfaire leur quête de territoires. Non, ça n'était même plus une quête de territoire ; c'était juste des sacrifices insensés servant uniquement à prouver qui était le plus fort. Des morts qui étaient morts en croyant bien faire alors qu'ils n'avaient été que victime de l'influence qu'exerçait les puissants.

C'était tragique. Trop tragique. Coraline ne quittait pas des yeux tous ces morceaux, incapable cependant de croiser le regard de ces petits soldats morts au combat ; oh, certes, elle savait qu'avec beaucoup de travail et d'acharnement elle pourrait les réparer au moins grossièrement, mais c'était précisément cela qui la rendait folle de colère et de douleur. Des heures et des heures de rétablissement, d'efforts surhumains pour leur redonner un second souffle, pour leur permettre d'exister sans crainte de se briser, pour qu'ils viennent mourir en un instant sous le commandement de l'ego d'un homme qui n'avait qu'à bouger les doigts pour les faire obéir. C'était trop. Il était comme elle. Il était pire qu'elle. Et les mots que Niels prononça ne firent qu'alimenter la haine que ressentait Coraline en cet instant. Et pendant qu'il se mettait en position de défense, indifférent au sort qu'il avait réservé à ses propres marionnettes, cherchant à la provoquer au passage, Coraline ne fit que se laisser tomber sur les genoux.

Elle n'abandonnait pas, non. Loin de là. Elle se fichait bien que Niels décide de l'attaquer en cet instant, trop confiante peut-être en les pouvoirs d'Itward pour la protéger. Mais cela ne lui importait que peu ; elle se contenta d'attraper avec une douceur infinie le corps meurtri de la poupée de porcelaine délicate, ce qu'il en restait tout du moins, la frottant un peu dans l'espoir insensé que cela la remette en un seul morceau. Et ses yeux rougirent ; ses yeux devinrent rouge vif, non pas sous l'effet de la colère mais parce qu'elle pleurait, elle pleurait pour la première fois depuis une éternité, elle pleurait en silence et dans la douleur, et le long de ses joues coulaient des larmes rouges, couvrant son visage d'un étrange maquillage écarlate qui venait renforcer l'aspect effrayant qu'elle possédait déjà à la base. Quelques larmes seulement, malgré la douleur atroce qu'elle ressentait au niveau des yeux à mesure que les larmes coulaient. Elle ne se tourna pas même vers le marionnettiste, désormais indifférentes.

« Vous êtes pire qu'elle… tu es pire qu'elle… vous êtes un monstre… Je suis peut-être destructrice mais je n'utilise pas ceux qui n'ont rien demandé pour les envoyer vers une mort certaine. Je suis peut-être destructrice mais je ne suis pas un lâche qui se contente de tirer les ficelles dans l'ombre en agitant ses doigts pervers pour manipuler les influençables. Je suis peut-être destructrice mais moi au moins JE NE SUIS PAS UN MONSTRE COMME ELLE ! »

Non. Coraline n'était pas comme l'Autre Mère. Coraline ressentait de l'empathie. Coraline n'était pas incapable d'aimer. Coraline ne brisait pas la vie des autres pour satisfaire ses propres désirs tordus. Coraline… La Marionnette. La Marionnette. En cet instant elle était plus que la Marionnette. La Marionnette, c'était la version édulcorée, celle qui restait en retrait. La Marionnette qui chassait portait un autre nom : Nightmarionne. Et cette même Nightmarionne possédait deux états distincts, l'un plus violent que l'autre ; et heureusement sûrement pour Niels, la sensation de rage intense qu'éprouvait Coraline n'activa cependant que le premier état. Alors qu'elle hurlait ces derniers mots, elle se releva brusquement, et l'on avait durant un instant l'impression qu'elle faisait soudain trois mètres de haut ; comme si une ombre se projetait tout autour d'elle, une ombre fine mais pas moins effrayante, l'ombre de ce qu'elle avait été durant si longtemps. Et cachée dans cet ombre existait Itward, et Itward n'existait que pour une chose : pousser Coraline en avant, tout en la protégeant de tout son être. C'était là la distinction fondamentale qu'il fallait faire entre les deux « anges » sur l'épaule gauche de Coraline : Itward amplifiait au centuple tout ce dont Coraline était capable, il la poussait en avant, il la faisait affronter les obstacles droit devant elle sans sourciller, sans même trembler un seul instant. D'une certaine manière, Itward profitait de la rage vengeresque, du désir incessant de tuer de la Marionnette pour décupler ses capacités et ainsi optimiser la protection qu'il offrait à Coraline ; car contrairement aux apparences, Itward n'était pas un être d'amour et de bonté, mais bien une entité qui existait uniquement pour la protection de Coraline. L'autre ange, c'était Mr Midnight. Mr Midnight, la voix de la sagesse, celui qui suggérait ceci ou cela pour pousser Coraline à peser le pour et le contre et prendre les bonnes décisions, pour la faire bien réfléchir avant de se jeter tête la première dans n'importe quelle bataille.

Mais Mr Midnight n'était pas là. Et cela ne fit qu'accentuer le sourire qu'elle portait sur ses lèvres. Pour la première fois depuis la levée de la malédiction, elle était heureuse que Mr Midnight ne soit pas là pour assister au massacre. Elle se jeta sur Niels de toute la force dont elle était capable, mais l'homme était plus malin qu'elle ne voulait bien l'admettre ; elle ne fit que rencontrer le mur derrière lui, sur lequel elle s'appuya pour se projeter sur le côté, faisant face à nouveau au marionnettiste avec une grimace sur le visage.

« C'est si dommage, chaton, que tu n'aies pas retrouvé mon chat plus tôt… Peut-être que lui aurait pu te sauver. J'ai du mal à me contrôler quand il n'est pas là... »

Autour d'elle s'étendait encore cette ombre gigantesque qui l'enveloppait, jusqu'à venir chatouiller les pieds du marionnettiste. Puis, brusquement, l'ombre disparut ; et dans la pièce ne restait plus que Niels, les morceaux de pantins qui jonchaient le sol, et Coraline. Son visage était émacillé, plus pâle que jamais ; sur ses joues s'étiraient encore les traces du sang séché qui avait coulé de ses yeux, eux possédant encore cette teinte écarlate qui les rendait presque plus perçants une fois combinés au bleu glace de ses iris. Ses dents étaient serrés en un rictus de haine et de mépris à l'égard de son adversaire, et en cet instant, plus aucune réalité ne faisait foi dans le regard de la jeune femme. Tout se mélangeait devant ses yeux sans même qu'elle n'ait besoin de prendre ses pilules rouges. Le choc était bien trop grand à ce stade. Elle ne voyait plus rien tout en voyant une infinité de choses en même temps; ça n'était plus Niels le marionnettiste devant elle, mais un savant mélange entre tous les êtres qu'elle avait haït de tout son être tout au long de sa vie, l'Autre Mère aux mains d'aiguille, Remor à la grande cape noire, un lapin doré, un uniforme violet, tous ces êtres fusionnaient devant elle et ne cessait de trembloter comme une cassette vidéo qui grésillait régulièrement pour montrer des portraits totalement différents, comme si on y avait enregistré des choses différentes tout au long d'une même existence et qu'au fil du temps le film ne montrait plus rien de cohérent. Autour d'elle, c'était comme si les morceaux de poupées prenaient des airs de cadavres et que des pierres tombales sortaient du sol pour l'entourer aussitôt, reliques d'une douleur bien trop grande pour être supportée. S'il avait envie de chanter, Coraline avait bien l'intention de l'en empêcher.

Pourquoi est-ce qu'il a pu me toucher deux fois ?

Cette question s'imposa à son esprit comme un poison mortel. Pourquoi ? Pourquoi Itward avait failli à sa mission de protection alors qu'il semblait si déterminé à aider Coraline à exterminer cet être perfide devant elle ? Parce qu'elle ne le connaissait pas, et n'avait pas envie de le blesser ?

Pourquoi tu n'as pas réagi quand il était là ?!

Coraline leva la main vers sa tempe, les sourcils froncés, comme saisie d'une migraine intense au moment où elle en avait le moins besoin. Ça n'était pas le moment pour que les voix viennent l'envahir. Déjà que ce bourdonnement qui chahutait autour de la tête de Niels et qu'elle avait ignoré jusque là prenait des airs de hurlements sanglants…

Je ne peux pas apporter de réponses que tu ne trouves pas toi-même.

« La ferme ! Je ne veux plus vous entendre ! Itward ! »

Elle cria sans le vouloir, cette fois les mains plaquées sur ses tempes, tandis que des voix de plus en plus affreuses, plaintives et grinçantes emplirent les lieux de leur vocales sinistres. Le silence qui avait régné dans la garderie en dehors des paroles de Coraline et Niels s'estompa à une vitesse folle, en même temps que les hallucinations prenaient le contrôle ; cette fois, les sons se mélangeaient tous en même temps, des cris, des coups sur les murs, des crissements d'ongle sur un tableau noir, des miaulements alarmés, des chants même dans le lointain. Sa tête allait exploser. Coraline n'avait pas vécu cela depuis si longtemps ; de se laisser aller aussi loin dans la rage, dans l'excitation, dans la colère, dans la fureur ; de laisser Nightmarionne refaire surface en fusionnant symboliquement avec Itward, et sa perception déjà si fragile de la réalité avait volé en éclats. Alors c'était ça la puissance ? Se retrouver dans un état de vulnérabilité aussi violent ? Elle ne le voulait pas. Le voulait-elle ? Elle ne savait plus. Elle savait juste qu'elle n'était plus simplement la Marionnette, qu'elle n'était plus la pâle copie d'autrefois, coincée dans un corps mécanique qui pouvait supporter ce désir si intense qui la dévorait. Non, ce corps humain n'était pas fait pour cela, pour Itward, pour la fureur qu'elle ressentait. Ça n'était pas sa nature première.

Et cette fois, ce fut de son nez que le sang coula.

D'un geste vif, elle intercepta l'attaque que Niels lança à son encontre. Il avait voulu profiter de cet affreux moment de faiblesse ; mais Itward veillait au grain pour elle. Leurs regards se croisèrent, les voix s'interrompirent, les hallucinations disparurent et les joues de Coraline reprirent un peu de couleur tandis qu'elle put enfin se remettre en phase avec la réalité de manière très littérale. Enfin, elle reprenait conscience, comme si elle sortait d'un long cauchemar. Repoussant Niels comme elle put, elle se sentit soudain incroyablement vulnérable. Elle était à nouveau Coraline la gamine, la femme-enfant qu'elle était en temps normal ; Itward s'était rétracté en emportant le côté Nightmarionne de sa protégée, comme s'il avait soudain pris conscience que réveiller en elle ce désir de tuer lui faisait bien trop de mal, était bien trop en contradiction avec ce qu'elle était dans un moment aussi crucial, comme s'il avait eu honte de la ronger de l'intérieur alors qu'il était censé la protéger.

Mais Itward n'existait pas. C'était Coraline qui s'était, du plus profond de son inconscience, infligé elle-même cette souffrance comme on se pince pour se sortir d'un rêve affreux. Cette complexité interne, cette perception étrange des réalités, ce pouvoir de naissance à qui elle avait donné un nom et un visage en la personne d'Itward. Elle n'avait pas toute cette puissance, elle n'avait pas tous ces pouvoirs ; c'était une manifestation d'aute chose. Mais Itward existait bel et bien. Dans l'Ultraréalité. Qu'était-ce cette Ultraréalité ? Un monde d'incohérence et d'absurdité, un monde de sang et d'horreurs d'où émanait un amour pur et profond pour l'existence. Un monde d'incohérences et d'absurdités.

« Pouce ! »

Elle leva le pouce en direction de Niels, tout en toussant légèrement pour définitivement se réveiller ; un geste si grotesque dans les circonstances qu'il en était terriblement risible. Pouce, comme les enfants qui lève le pouce au milieu d'un jeu de cache-cache ou de course poursuite pour signifier qu'on prenait une pause -même si ça servait plus à échapper au fait de perdre en toute légalité. Pouce. Coraline avait besoin d'une pause, et le faisait savoir comme un enfant, sans réaliser l'absurdité même de sa demande. En un instant sa candeur avait repris le dessus, et elle se sentait comme au milieu d'un simple jeu dépourvu de la violence dont les deux ennemis avaient fait preuve jusque là. Mais malgré les quelques secondes de surprise qui régnèrent après un geste aussi grotesque, Niels n'en démordit pas, et voulut à nouveau s'attaquer à elle, essayant peut-être de profiter d'un autre moment de faiblesse, bien qu'en cet instant malgré la vulnérabilité apparente de Coraline, elle ne se sentait plus aussi fourvoyée que lorsque les voix et les images avaient complètement déréglé sa capacité à traiter la réalité telle qu'elle était. Elle évita le coup comme elle pu bien qu'une certaine forme de maladresse repris le dessus, tandis qu'elle affichait la mine d'une enfant boudeuse sur son visage encore marqué de traces de sang.

« Eh mais j'ai dit pouce ! » Elle se redressa pour faire face à Niels cette fois-ci, l'air renfrogné, bien qu'elle se préparait à un autre coup éventuel. « Bon, vous avez pas l'air d'avoir envie de lâcher l'affaire, alors on continue ! » Mais elle ne se sentait plus aussi féroce qu'auparavant ; elle ne se lançait dans la bataille qu'à contrecoeur, comme si elle subissait une corvée imposée par un parent sévère. L'ombre qui l'avait enveloppée avait disparu en même temps que ce sentiment d'excitation pure qu'elle avait ressenti en constatant le pouvoir de Niels, puis lorsqu'ils s'étaient retrouvés face à face et qu'elle avait pu plaquer ses mains douces et gelées contre celles de Niels. Le coeur n'y était plus, et ce face à face devenu un spectacle grotesque qui ne semblait pas prendre le chemin que le destin avait prévu commençait presque à l'agacer plus qu'à nourrir la marionnette qui était en elle. La fusion des images de Niels et Remor s'était dissipée, et Coraline ne semblait même plus consciente des cadavres de pantins qui jonchaient le sol ; mais le combat était loin d'être terminé, et si elle voulait survivre, elle allait devoir ruser. « Alors, alors, chaton, j'ai une question pour toi. » Ce « chaton » là sonnait étrangement beaucoup moins condescendant que les précédents, bien qu'il n'en était pas moins emprunt de sarcasme. « Pourquoi quand tu m'as touché la main et le poignet quand tu es venu jusque dans ma boutique, il ne s'est rien passé ? Pourquoi tu n'as pas gelé ou brûlé sur place ? » Dans les circonstances, cela pouvait ressembler à une question rhétorique, ou même à un piège verbal lancé de manière calculatrice de la part d'une jeune femme si étrange et imprévisible ; mais en toute honnêteté, elle le lui demandait de la même façon qu'elle l'avait demandé à Itward : pour obtenir une réponse. « On va tester autre chose alors, puisque vous n'avez pas l'air de le savoir. »

Son envie de jouer se ravivait légèrement, comme un reste de cendres incandescentes sur laquelle on avait remis du bois frais sans chercher à en faire un brasier. Mais c'était une envie d'un autre genre ; une envie de contact, de pousser un peu les limites sans vouloir les franchir à nouveau compte tenu du résultat auquel elle avait fait face quelques instants plus tôt. Non, elle avait besoin de tester, d'analyser, de soupeser les événements pour éviter de se retrouver à nouveau dans un tel état de confusion en face de quelqu'un d'autre, surtout quelqu'un qu'elle avait plutôt clairement menacé de tuer. Car Coraline avait beau posséder une perception très particulière du monde et des relations humaines, elle n'avait jamais pris le risque de se laisser aller à ses hallucinations, elle n'avait jamais pris de pilule rouge en présence de quelqu'un d'autre ; c'était bien trop dangereux… pour elle.

« Approche, n'ait pas peur, je ne vais pas te faire de… enfin si, mais ça vous le saviez déjà je crois. » Elle eut un petit rire malicieux, avant de faire semblant de bondir dans sa direction pour en réalité se précipiter sur le côté. Les deux tournaient désormais l'un face à l'autre, se jaugeant du regard en essayant d'anticiper quelle attaque allait bien pouvoir lancer l'autre. Mais Coraline commençait à avoir une idée, une idée terriblement sournoise mais qui la mettait également dans un état si guilleret et malicieux qu'elle en pouffait comme une adolescente sans cervelle fonctionnelle. Elle se retint même de taper dans ses mains tant l'excitation revenait pomper le sang dans ses veines. « Et si je comptais jusqu'à trois ? » Un petit jeu plus qu'arbitraire mais qui allait lui permettre d'anticiper ses stratégies possibles et d'opter pour la plus adéquate. Une seule idée revenait percer le bourdonnement qu'elle avait recommencé à entendre quand elle s'était relevée de son moment de faiblesse : elle voulait lui clouer le bec une bonne fois pour toute, lui arracher la langue, l'empêcher de prononcer un autre mot. Très littéralement. « Un... » Elle émit un petit ricanement avant de courir sur le côté, détournant une première fois son attention. « Deux... » Elle se mit à ramasser tout ce qu'elle trouvait autour d'elle en dehors des morceaux de poupées ; jouets, sacs, boîtes, n'importe quoi qui pouvait aveugler Niels au moins quelques secondes, le temps de lever le bras ou de se retourner légèrement pour ne pas se prendre le projectile en plein milieu du front. « Trois ! »

Cette fois, ce fut-elle qui se jeta en avant, en même temps qu'une grosse boîte que Niels fut bien obligé d'intercepter ; et un instant plus tard, elle se retrouvait accrochée à lui, ses jambes entourant la taille de l'homme et son visage à la hauteur du sien. Saisissant sa mâchoire d'une main ferme en se tenant à son col de chemise de l'autre, sans réaliser que quelque chose clochait à ce tableau, elle écrasa ses lèvres sur les siennes en gardant ses yeux bien planté dans les siens. Quelques millisecondes passèrent et… rien ne se passa.

Pas de brûlure, pas de coupure, pas d'engelure.

Rien.

À part peut-être de quoi le déstabiliser le temps de se dégager de son étreinte.

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Niels Mørck

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MessageSujet: Re: Let's play a game where nothing that we can see, the same | F. Coraline Dagenhart   Lun 17 Oct - 18:46




Plus Niels regardait Coraline et plus il était persuadé qu’il n’avait nullement utilisé la meilleure stratégie depuis le début, il s’était laissé aveugler par cette envie irrépressible qu’il avait de jouer avec les autres et plus encore dans l’optique d’une sorte de combat à mort qui lui avait donné tant de frissons, il s’était laissé avoir par un désir qui ne demandait qu’à échapper à ce contrôle qui reprenait légitimement sa place et lui sortait la tête hors de l’eau comme pour lui montrer son erreur. Jamais il n’aurait dû se laisser aller de la sorte et le résultat était aux pieds de son adversaire, c’était comme s’il avait utilisé toutes ses cartouches de fusil sur un tank sans lui faire le moindre dommage bien évidemment, il aurait pu prendre un avantage certains avec ces précieux petits soldats qui ne faisaient que répondre à sa volonté. Mais au lieu de se placer en tête et prendre la situation en main c’était tout le contraire qui s’était produit parce qu’il avait eu cette audace de sous-estimer la réparatrice en tous genres, il n’avait aucunement pris le temps d’analyser et de décortiquer comme il savait si bien le faire et surtout en ne connaissait guère la force de son adversaire, tout ça parce qu’il avait trouvé judicieux de prendre les devants mais surtout c’était le résultat d’une forme de crainte qu’il tentait d’ignorer.  Une empreinte qu’il gardait encore aujourd’hui de par cette partie artificielle, avec laquelle il avait dû prendre à vivre avec et surtout passer outre pour tenter d’avancer pour ne pas se laisser parasiter par quelque chose avec lequel il n’avait pas le temps de se pencher, alors qu’à cet instant il y pensait comme une sorte de planche de salut qui pourrait être capable de lui sauver la mise. Quelle ironie du sort quelque part, le destin avait un humour si particulier qu’il ne serait dire s’il le détestait ou l’adorait parfois, n’ayant d’autres choix qui s’ouvraient au marionnettiste en cet instant de toute manière. Il ne lâchait pas la jeune femme des yeux et refusait de lui accorder la moindre seconde d’inattention, inspirant calmement pour apaiser le sang qui bouillait en lui et était trop rapide à son sens, bougeant légèrement la jambe comme pour chercher une meilleure posture mais surtout un moyen de rendre mortelle l’armature alors que l’idée d’en faire des modifications par la suite s’imposait d’elle-même. Le mieux qu’il avait à faire c’était de laisser cette petite gothique lolita au bonnet de Noël approcher et lorsqu’elle assez proche il viendrait la transpercer, à défaut de ne pas encore avoir la moindre réaction ou sensibilité dans les mains à cause de ce qu’elle lui avait fait, même s’il n’avait aucune réelle idée du résultat à venir.

Et il jubilait intérieurement en voyant qu’il avait pu la distraire avec l’histoire des pantins qu’elle avait pu casser, son sourire s’élargit un peu plus en la voyant ainsi désorientée, et même s’il était entièrement désolé pour ces pauvres choses réduites en morceaux inutiles de dire qu’entre lui et eux le choix était vite fait pour Niels. Il avait donné la vie à certaines des poupées présentent que ce soit autant en venant les créer qu’en les animant avec son pouvoir, pour certaines ceci-ci avait été leurs premiers pas et bien évidemment les derniers au vu du résultat, mais le marionnettiste n’était pas vraiment désolé pour autant car il n’avait ni le temps ni les émotions pour l’être en réalité. C’était même le résumé parfait de sa relation avec les autres de manière générale, il n’hésiterait pas à laisser mourir quelqu’un ou à le sacrifier si ceci lui permettait de son côté d’avancer ou même de rester dans une partie en sûreté, parce qu’il ne pouvait aucunement se permettre de se stopper dans sa course et qu’il ne laisserait rien ou personne lui mettre des bâtons dans les roues dans son objectif. Lui devait retrouver sa petite Alice quoi qu’il puisse arriver, qu’importe le nombre de personnes qui pourront être sacrifiées ou qui tomberont sur le champ de bataille dans le but de servir ses intérêts, il n’avait ni le temps ni l’envie de s’émouvoir pour le reste qui ne l’intéressait en aucun cas. Il était prêt à passer à autre chose à savoir planter Coraline pour la mettre hors d’état de lui nuire, qu’importe si pour ceci il devait répandre son sang dans cette salle qui était censé être le centre de l’innocence même et qu’il venait tâcher de par sa simple présence en cet instant avec ses idéaux qui prenaient le pas sur tout, néanmoins ce ne fut guère le cas de la jeune femme qui de son côté tomba à genoux au sol. Sur l’instant l’animateur de la garderie fut décontenancé et se prépara au pire de sa part, sentant le reste de son corps se tendre alors que ses mains restaient encore si inertes en dehors de rares spasmes, imaginant une stratégie de sa part ou quelque chose pour le désarmé dans le but primaire de mieux l’attaquer. Il se mit encore plus en position de défense, alors qu’il essayait de tout détailler chez elle, encore plus lorsqu’elle attrapait avec une délicatesse propre le corps meurtri d’une des poupées désormais en brisée. C’est là qu’il vit le sang couler des yeux habituellement si clairs de Coraline couler le long de ses joues, comprenant bien vite qu’il s’agissait là de larmes et pas simplement du liquide carmin qui roulait pour s’écraser sur le reste de porcelaine qu’elle avait en main, fasciné quelque part par ce spectacle hors du commun qu’elle pouvait bien lui offrir.

Ce qui le réveilla de cette contemplation silencieuse ce fut les mots qu’elle pouvait bien lui dire, ne comprenant pas tout ce qu’elle pouvait dire et surtout pas qui ceux faisaient la mention ‘’elle’’, Niels était peut-être amusé à la notion du fait qu’elle pouvait bien le traiter de monstre. Si c’était le prix à payer pour les sacrifices déjà faits et ceux à venir alors il l’acceptait sans rechigner, s’il fallait qu’il devienne un monstre pour réussir sur le chemin dans lequel il s’était lancé alors soit il serait le pire d’entre eux si les choses fonctionnaient ainsi, il continuerait sans le moindre problème ou même considération pour les autres à tirer les ficelles comme il savait si bien le faire. Coraline n’était pas du genre à envoyer les autres à la mort mais c’était son problème personnel, lui avait les siens à gérer et utiliser de ce genre de méthode ne le dérangeait pas réellement car après tout c’était dans l’ordre des choses tant l’être humain n’étaient qu’abjection et individualisme, encore une fois la méthode importait peu le marionnettiste tant que le résultat était là après tout. Il n’avait pas le temps pour les regrets ou ni de se demander ce qui était bien et mal quelque part, peut-être qu’un jour tout ça le rattraperait mais pour l’heure ce n’était nullement le cas alors que ce vide en lui ne faisait que croître et l’enserrer dans une apathie misanthropique pour le reste de ses congénères, faisant de moins en moins la différence entre un être humain et les pantins qui se trouvaient aux pieds de Coraline. Son cœur incomplet n’avait aucune envie de s’étendre sur le sentimentalisme et sa mentalité ne faisait qu’en être le résultat final, il avait tant changé avec les années mais ce n’était là que les changements qu’il y avait pu avoir dans son existence qui avaient ainsi éclaté un peu plus cet organe trop fragile pour affronter le réalité, hermétique à cette empathie extrême dont pouvait faire preuve la réparatrice au point de n’avoir que de l’incompréhension pour son geste qui lui semblait si dénué de sens quelque part. Il eut pour elle un simple son de dédain et de mépris sur l’instant tant il se trouvait être exaspéré de son comportement qu’il voyait presque être celui d’un enfant qui faisait un caprice, elle était si aveugle de la réalité pour lui qu’il en était presque ennuyé car de son côté il avait les yeux ouverts depuis si longtemps et le tout en secouant la tête face à son imbécillité, alors que le sourire qu’il avait en permanence ne l’avait toujours pas lâché depuis l’instant où il avait repris ce contrôle perpétuel qu’il pouvait avoir. Ce même sourire si bienveillant, si contradictoire avec ses ambitions et sa ligne de pensée, restant à sa place car n’ayant aucune idée de ce qu’elle allait lui préparer.

« Et tu apprendras vite que le monde tourne de cette manière ! Il y a ceux qui sont utilisés et sont qui utilisent, ceux qu’on sacrifie et ceux qui survivent, je ne vois pas en quoi ceci est offusquant pour le coup. Ça a toujours marché comme ça, depuis tellement longtemps que personne ne pourrait dire quand ça a commencé réellement, et tu veux que je t’apprenne un secret qui ne l’est pour personne ? Ça continuera toujours à être ainsi ! Le tout est juste de savoir où tu te places au final, laquelle des deux catégories, mais on dirait que tu as déjà fait ton choix Coraline. »

S’il était amusé et presque moqueur à son encontre, venant la trouver si naïve et presque trop pure quelque part pour se rendre compte de la réalité, tout se dissipa bien vite en une fraction de seconde en sentant cette oppression présente qu’il pouvait ressentir. Niels ne serait dire pourquoi ou comment mais à l’instant même où Coraline vient se lever tout était en alerte chez lui comme jamais, l’ombre d’une menace imminente et comme il n’en avait jamais côtoyé durant toute son existence, ressentant plus que jamais le besoin de retrouver l’usage de ses mains depuis qu’elle lui avait gelé. C’était comme si quelque chose s’était débloqué mais qu’il serait incapable de dire quoi, bizarrement rien de très bon le concernant pour le coup, son adversaire prenant une tout autre dimension tout en restant dans l’incapacité de l’expliquer et c’était peut-être ça le pire dans l’histoire. Avoir une menace invisible qui flottait au-dessus de sa tête à l’image de l’épée de Damoclès, être dans cette incapacité de savoir quand tout allait s’accélérer mais surtout de savoir s’il allait pouvoir suivre le rythme, et le sourire que pouvait aborder la jeune femme lui indiquait l’approche de ce danger si éminent.  C’était peut-être parce qu’il connaissait justement comment les personnes joueuses fonctionnaient qu’il put éviter le fait qu’elle se jette en sa direction, parce que c’était là d’une certaine manière une forme de reflet de ce qu’il pouvait faire de son côté et surtout sur le fait de penser au mal futur attribué à son adversaire, se décalant assez pour éviter l’attaque de plein fouet même s’il devait avouer que c’était moins une. Niels gardait son sourire par habitude mais il était loin d’avoir envie de rire tandis qu’il reprenait son souffle, elle ne l’avait manqué que de peu et il ne pourrait pas tenir le rythme très longtemps, et la mention du chat aurait pu de quoi l’amuser mais il n’en était rien. Cependant toute l’intensité qui était en train de se faire, l’enveloppant comme dans une suffocation et un stress inédit, s’évapora tout d’un coup dans qu’il ne puisse comprendre ce qui se passait. L’animateur reculait le plus possible de l’animatrice, marchant sur quelques débris de jouets qui avaient servi ses desseins du mieux qu’ils avaient pu, essayant d’appréhender au plus la future attaque alors qu’il regardait Coraline qui retrouvait une forme de fragilité inexpliquée pour lui. Pourtant la tension était toujours là et les paroles qui étaient hurlées par cette frêle demoiselle ne furent que l’apothéose de cet instant, ne sachant à qui elle pouvait bien s’adresser à cet instant précis, comme si elle était hantée par quelque chose qui la dépassait alors qu’il voyait le sang couler au niveau de son nez.

Qu’est-ce que tout ceci pouvait vouloir dire ? C’était le point interrogation qui dominait dans cette situation et il avait beau retourner ce tout sous n’importe quel angle de vue, comme il pouvait le faire lorsque quelque chose lui échappait ou qu’il avait besoin de trouver le meilleur angle d’attaque, il n’avait aucune réponse qui lui était ainsi distribuée. À part peut-être que Coraline semblait posséder de sacrer troubles psychologiques, c’est en tout cas la forte impression qu’elle lui offrait à cet instant précis et vu qu’elle semblait entendre des voix alors que le silence régnait c’était tout de même un peu un indice de choix, la voyant ainsi combattre ses propres démons mais surtout devenir de ce fait le plus vulnérable possible. C'était l’occasion ou jamais et Niels en était bien conscient, il devait profiter de l’état de trouble dans lequel la jeune femme était plongée pour prendre l’avantage mais surtout la mettre hors course pour avoir le champ libre sur tout, et même si la violence n’était guère son domaine de prédilection il allait faire une exception à la règle juste pour ses beaux yeux. Un rapide état de ses mains lui indiquait qui commençait à avoir une sensibilité qui revenait mais celle-ci était bien trop faible, il avait la sensation mais clairement pas le contrôle sur ce qu’il pouvait faire, le marionnettiste avait beau chercher à plier les doigts ceux-ci n’obéissaient pas à sa volonté et rares étaient ceux qui avaient un mouvement pouvant amorcer ce geste.  Il allait devoir trouver autre chose alors qu’il fixait toujours la réparatrice avant d’arriver à la conclusion que le mieux à faire était de viser la tête, vu leur différence de taille ça ne devrait pas être un problème en soi, et même s’il ne la blessait pas réellement au moins il pourrait avoir la chance de l’assommer en visant cette zone avec de la chance. C’était l’instant de retrouver un instinct plus primaire et c’est pourquoi il s’élança vers elle, dans cet objectif de lui donner un coup assez fort dont le résultat serait varié, levant le bras pour la taper avec son coude en plein dans la tempe d’un coup sec. Mais il fut stoppé comme par une force invisible avant de pouvoir la toucher, captant alors mieux ce qui avait pu arriver aux poupées qui se trouvaient en pièces désormais, alors que tout son bras tremblait sous la pression qui se faisait et parce qu’il essayait quand même en vain de forcer cette incroyable protection. Il fut poussé par Coraline mais à bien faible mesure, même si ce fut assez pour le reculer, alors qu’il avait cette curiosité insaisissable qui le prenait comme jamais à son sujet. Il voulait tout savoir, tout connaître, sur la nature du pouvoir qu’elle avait l’air d’user et de façon si naturelle. Il s’apprêtait à recommencer son coup mais fut interrompu dans son élan par le geste et la voix de la jeune femme, c’était tellement inattendu qu’il en clignait des yeux en se demandant s’il avait bien compris, ayant l’impression d’avoir mal compris de ce qu’elle cherchait à avoir.

« Quoi… ? »

Cependant à son pouce levé Niels comprit qu’il n’avait pas halluciné du tout, tandis qu’il reprenait sa respiration tout en la fixant, ayant juste l’impression désagréable qu’elle se fichait complètement de lui avec cette attitude si enfantine. Ce n’était à rien y comprendre. Il y a quelques instants de ça il avait eu cette espèce oppression qui l’avait pris comme jamais, comme si jamais il osait bouger d’un seul millimètre s’en était terminé de lui, et là c’était comme si une gamine lui demandait de faire une pause parce qu’ils s’étaient trop amusé à faire les fous. Et Coraline était si sérieuse dans sa démarche qu’il en était presque abasourdi, c’était tellement spontané qu’il en devenait incrédule, mais il venait très vite passer cet état de surprise pour reprendre le fil de ses pensées. Il devait en profiter tant qu’elle était faible, il en devait pas laisser une occasion comme celle-ci passer, si jamais il lui laissait le temps de recharger les batteries rien ne lui garantissaient qu’elle ne viendrait pas le tuer par la suite. Vivre ou mourir. Était-il idiot au point de lui accorder ce que cette petite gothique lui demandait ? Bien sûr que non, il était un fin calculateur et lorsque sa vie entrait dans le poids de la balance il était certains qu’il ferait son possible pour s’en sortir, il n’allait pas lui offrir sagement ce qu’elle lui réclamait. Le marionnettiste serra les dents pour forcer l’une de ses mains à réagir, tentant d’user d’une partie de son pouvoir d’animation comme il l’aurait fait avec un pantin, et même si le poing piteux qu’il arrivait à faire désormais face à l’engourdissement qui partait petit à petit n’était pas parfait il était indéniable qu’il s’en contenterait. Niels approcha de nouveau rapidement de Coraline pour lui donner un coup mais elle fut beaucoup plus agile que prévu, elle avait beau être troublée ses réflexes étaient toujours là malheureusement pour lui, entamant comme une valse étrange où le but était de faire suffisamment mal à l’autre sans qu’aucun des deux pourtant ne parvient à toucher sa cible. Il aurait pu mais à chaque fois quelque chose l’empêchait de la toucher, ne faisait qu’alimenter ce besoin de destruction intérieure qui le rongeait, calmant le rythme au point d’arrêter à sa question alors qu’il était à une distance assez raisonnable loin de l’autre. Elle était aussi surprise sur le fait qu’il avait pu la toucher que lui de la question, sachant alors qu’il ne pourrait jamais physiquement l’atteindre et qu’il ne ferait que se fatiguer si inutilement, profitant de ce faible interlude pour trouver une autre solution au problème qu’elle était en train de lui poser présentement. Il devait l’atteindre, il devait la détruire, il devait s’en débarrasser.

« Je crois que c’est surtout à toi de me dire ça. Comment pourrais-je connaître la réponse à une question si tu ignores toi-même la réponse alors que toutes les données sont dans ton camp ? Ceci n’a aucune logique. »

C’était vrai après tout, l’animateur ne pouvait donner une clé qu’il ne possédait pas après tout, alors que Coraline était bien décidée à passer à une autre méthode et peut-être même faire ses propres expériences. Et ça ne plaisait pas à Niels. Il avait beau garder le sourire continuellement il avait une forme d’appréhension derrière ce masque, si elle venait à libérer réellement ce qu’il avait pu entrevoir plutôt les choses allaient dégénérer mais surtout serait un désavantage certain pour lui, restant dans cette optique qu’il devait trouver quelque chose pour se débarrasser d’elle. Par pur réflexe il recula d’un pas en la voyant bondir même si ce ne fut qu’une feinte, ne suivant des yeux et se positionnant selon l’endroit où elle se trouvait, ayant du mal à tenir le rythme qu’elle était en train de mettre en place tant il ne lui semblait pas logique. Il n’avait pas le temps d’appréhender ce qui allait se passer, d’analyser comme il aurait dû le faire, et il comprit que trop tard ce qu’elle comptait faire en ramassant les objets tombaient sur le sol que lorsqu’ils furent lancés à son adresse. Il leva le bras pour s’en protéger et fut ainsi aveuglé un faible instant qui fut assez profitable pour la réparatrice, à croire qu’elle était croisée avec une anguille pour le coup tant elle était vive, sentant alors le poids de ce frêle corps sur lui tandis qu’elle enroulait ses jambes contre lui. Elle lui avait attrapé sa mâchoire alors que ses yeux purent enfin se planter dans les siens, pouvant sentir le fait qu’elle s’accrochait et se stabilisait à lui en attrapant le col arrière de sa chemise, mais tous les scénarios qui pouvaient alors courir dans sa tête ne l’avaient aucunement préparé à ça. Coraline venait de poser ses lèvres sur les siennes sans prévenir, alors qu’ils se jugeaient du regard malgré eux, et si une personne normalement constituée se serait sentie troublée par tout ça ce ne fut pas réellement le cas de Niels. Un faible instant de surprise presque absent, il n’avait aucun sentiment qui s’agitait à l’intérieur et le vide béant le maintenait si fermement à la réalité, si c’était là une technique de diversion elle n’avait que peu d’effet sur lui et y voyant là l’avantage de ne plus avoir de cœur avec lequel jouer. Son sourire s’étendit alors qu’il recula sa tête assez pour parler, alors qu’elle le maintenait toujours et se trouvait être accrochée à lui, ricanant au geste qu’elle avait eu à son encontre.

« Oh trésor, je peux savoir que tu essayes de faire ? Si tu voulais m’embrasser, ou même me proposer un rendez-vous, il y avait d’autres moyens de me le demander tu sais ! Cependant si tu comptais t’amuser tu vas être déçue, comme tu l’as dit je suis un monstre et je n’ai aucun sentiment avec lequel jouer, et tu n’es pas vraiment mon genre ! »

Avant que Coraline ne puisse répondre le marionnettiste dans un mouvement brusque lui fait lâcher la prise qu’elle avait sur sa mâchoire, reculant suffisamment pour se libérer de là, avant de venir lui donner un coup de tête sur son front pour la dégager de ça. Grossière erreur. Niels eut l’impression qu’on venait de lui ouvrir le crâne en deux avec une hache tellement la douleur qu’il ressentait était insoutenable, tombant en arrière pour taper contre le mur et se retrouver en position assise avec toujours son parasite accroché à lui, sentant un filet de sang couler à l’endroit de l’impact qu’il avait eu contre son adversaire. Se tenant l’endroit avec la paume de sa main tout en criant de douleur, c’était comme si une onde de choc était en train de lui secouer le cerveau dans tous les sens, il avait beau apprécier avoir mal dans des purs élans masochistes là ce n’était en aucun cas comparable à ce qu’il avait pu connaître. Fermant fortement les yeux comme si ceci pouvait aider à faire passer le mal, sachant que ça ne serait clairement pas le cas mais son corps réclamait malgré lui, tout en respirant de manière assez saccadée il en aurait presque oublié la présence de Coraline. C’était comme le coup de l’arroseur arrosé, il avait cru à tort pouvoir se sortir aisément d’une situation compliquée, son action magistrale s’était retrouvée contre lui sans qu’il puisse faire quoi que ce soit. Le marionnettiste ouvrit tout d’un coup les yeux pour les poser sur la réparatrice, il voulait lui faire payer pour ça et lui montrer que si elle se pensait désormais en sécurité ce n’était qu’un leurre auquel elle avait pu croire, l’agrippant du mieux qu’il pouvait avec sa main ensanglantée alors que la motricité n’était pas encore remise. Il serrait les dents et voyait rouge pour le coup, il avait pourtant l’impression qu’il pouvait la briser si facilement à cet instant mais pourtant il en avait incapable plus tôt ce qui ne faisait qu’augmenter cet appétit destructeur à son encontre, elle était une interrogation à elle seule au point de le rendre fou. Qui était-elle vraiment ? Niels avait besoin de le savoir, de faire la lumière sur ce qu’elle faisait et comment elle le faisait, le tout pour mieux la détruire par la suite. Il put constater que le fait d’agripper le vêtement n’avait pas l’air d’avoir une incidence réelle, sauf si elle se mettait à exploser tout d’un coup comme une bombe à retardement, la secouant un ou deux coups avec assez de brutalité avant de la rapprocher suffisamment de lui pour bien la fixer dans les yeux.

« Qu’est-ce que tu es au juste ?! Tu crois vraiment que tu peux venir ici et me mettre hors d’état de nuire si facilement avec tes satanés tours ? Alors saches que j’ai une mauvaise nouvelle pour toi : je me fiche pas mal que tu puisses me geler les mains ou même chercher à me fendre le crâne, parce que je suis increvable ma belle ! »

Il avait beau dire ça l’animateur n’en menait pourtant pas large, il était assez mal en point après ce coup violent qui lui avait été rendu en pire par il ne sait quel procédé, mais pourtant il était hors de question qu’il se laisse ainsi dépérir tant qu’il son but n’était pas atteint. Et c’était peut-être même ce qui arrivait encore à l’animer à cet instant, ce qui l’avait toujours poussé en avant sans jamais lui permettre de prendre le temps de regarder en arrière, l’amour qu’il pouvait avoir pour sa fille et son désir si brûlant de la revoir quoi qu’il puisse lui en coûter. À croire que Niels n’arrivait plus qu’à bouger que par cette simple volonté, peut-être dans un sens que c’était le cas, et il ne laisserait pas une personne comme Coraline le stopper dans son entreprise alors qu’il s’était donné tant de mal jusqu’ici pour maintenant un certain cap. Il en était hors de question. Le marionnettiste revenait secouer encore quelque peu la jeune femme, la maintenant toujours entre ses doigts qui lui faisaient mal tant l’exercice lui faisait mal, mais pourtant la prise était beaucoup moins vigoureuse. Sa tête tapa lourdement contre le mur derrière qui l’empêchait plus de tomber qu’autre chose, ses yeux toujours plantaient dans ceux de la frêle jeune femme contre qui il n’avait que haine de le mettre ainsi en position de faiblesse, soufflant à plusieurs reprises pour réussir à reprendre un rythme cardiaque plus calme. Il devait réfléchir car il n’arriverait pas à la battre en continuant ainsi, comme il l’avait toujours pensé la violence n’était que l’arme des faibles et les mots avaient beaucoup plus de poids en comparaison, mais tout était si embrouillé dans son crâne qui tambourinait toujours autant après cet impact. Il pourrait toujours lui arracher le cœur pour en prendre le contrôle, le détruire dans ses doigts pour s’assurer de ne plus jamais avoir de problème avec elle, mais pour ça il allait devoir reprendre un semblant de consistance et surtout d’énergie pour faire ce genre d’action. Niels savait qu’il devait gagner du temps et vu ses talents d’orateur ceci devrait être si simple, devant redevenir sa propre marionnette comme il le faisait d’habitude, pourtant en cet instant il n’était que mitigé car il n’était pas vraiment sûr que Coraline puisse vraiment l’écouter. Elle pouvait presque faire ce qu’elle voulait de lui, si elle venait à serrer ses doigts autour de son cou il n’était pas sûr de vraiment l’empêcher, surtout avec les pouvoirs dont elle semblait disposer. Alors pour l’instant il la maintenait toujours, se préparant à la repousser en cas de besoin, ressayant de refixer son masque souriant comme il savait si bien le faire.

« Je veux savoir la vérité Coraline, je veux tout savoir, pourquoi être venue aujourd’hui à la garderie ? Pourquoi avoir voulu voir ce spectacle de marionnettes ? Je n’ai rien fait d’hostile à ton égard et pourtant on est là à se battre, c’est comme si ça n’avait aucun sens quelque part, et il n’y a qu’une chose qui peut paraître logique dans tout ça. Tu n’es pas qu’une simple réparatrice avoue-le. Tu sais qui je suis en réalité c’est ça ? Ce que je peux faire, de quoi je suis capable en réalité, et tu veux toi aussi tout me voler ? »


Peut-être de la paranoïa qui s’emparait de lui dans le fond, parce qu’il craignait vraiment de ce qu’elle pouvait faire de lui, mais la dernière personne qui l’avait fait autant souffrir et surtout mis à mal de cette manière n’en voulait au final qu’à ses créations. Et peut-être qu’inconsciemment il renvoyait en Coraline cette personne, comme ce fut le cas plus tôt, parce qu’elle venait de rendre Niels si vulnérable qu’il se projetait uniquement dans le passé sans qu’il ne le veuille. C’était ça mais aussi un moyen de faire diversion sans doute, sous peu il pourrait venir planter sa main dans la poitrine de la brunette pour lui arracher le cœur et en faire ce qu’il voulait, la raison pour laquelle il ne l’avait pas toujours lâché à cet instant. Elle devait être assez proche pour que le marionnettiste puisse agir librement, pour qu’il puisse plonger dans son être pour lui voler son âme et la réduire en poussière si c’était ce qu’il voulait, en profitant ainsi pour semer le doute et l’incompréhension dans son esprit. Il pouvait le faire, il n’avait pas le droit d’échouer maintenant et il se l’interdisait, alors qu’il avait ajusté son sourire comme il le voulait. Il ne lui laisserait pas en voir plus, lui laisser entrevoir cette absence de tout en lui, retrouvant cet air qu’il avait en permanence. Alors Niels tira un peu plus sur le haut pour pouvoir l’attirer encore plus à elle, sentant ses doigts reprendre une motricité plus normale, pour ainsi avoir le loisir de chuchoter à son oreille.

« Dis-moi tout Coraline, je veux tout savoir sur toi, raconte-moi la vérité qu’on en finisse une bonne fois pour toutes... »

Son ton reprenait presque une consistance mielleuse, alors que ses yeux descendaient vers la direction de l’emplacement du cœur de la jeune femme, encore un petit effort et il allait y arriver.







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F. Coraline Dagenhart

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MessageSujet: Re: Let's play a game where nothing that we can see, the same | F. Coraline Dagenhart   Dim 23 Oct - 0:19



Let's play a game where nothing that we can see, the same

Tu regardes ces jours heureux de naïveté et d'amour tu pensais que danser pouvait faire tomber la pluie de ton regard d'enfant tu observais le monde qui t'entourait tout te paraissait si grand mais tu ne seras plus jamais un enfant rien ne te fera sentir comme avant peut-être est-ce temps de changer de vision tu ne pourras plus rentrer à la maison



Niels se trompait. Il n'y avait pas que deux types de personnes, les utilisés et les utilisateurs ; il y en avait trois, et Coraline correspondait parfaitement à la troisième catégorie : ceux qui n'avaient pas besoin de se servir des autres pour obtenir quelque chose ou même simplement pour se sentir puissant, mais qui n'était simultanément plus les vulgaires marionnettes des individus plus forts qu'eux. Coraline avait coupé ses ficelles depuis bien trop longtemps maintenant pour se laisser dicter sa conduite, libérée des chaînes que l'Autre Mère avait forgé sur sa souffrance, et elle avait bien l'intention de faire comprendre à Niels que quel que soit le jeu auquel il avait envie de s'adonner avec elle, il n'en sortirait jamais gagnant, et jamais entier. Surtout jamais entier. Coraline n'était plus un vulgaire toutou qui aboyait plus qu'il ne mordait ; désormais, elle pouvait enfoncer ses crocs autant qu'elle le voulait et rien ni personne ne pouvait la museler de quelque manière que ce soit. Jamais elle ne laisserait ce marionnettiste de pacotille venir manipuler les fils qui la retenaient à la réalité, jamais elle ne laisserait qui que ce soit la faire souffrir comme elle avait souffert elle et ses compagnons d'infortune.

« Cesse donc de chercher de la logique partout, my gosh, t'es d'un rabat-joie ! Cela dit, le fait que tu t'obstines à vouloir m'attaquer directement depuis tout à l'heure me fait me demander si tu es vraiment capable de logique, sachant que ça devrait faire un moment que tu devrais avoir compris comment ça fonctionne chez moi. »

Elle lui avait présenté son plus beau sourire avant de lui foncer dessus ; et peut-être qu'elle avait l'avantage ; c'était même pratiquement un fait à ce stade, bien que ce n'était pas qu'une histoire de protection puisque Niels encaissait encore et encore les ripostes d'Itward, c'était aussi dans l'optique que Coraline pouvait se montrer particulièrement imprévisible dans ses réactions et dans sa démarche, voire complètement incohérente, venant d'abord attaquer de front comme un loup en chasse pour se retrouver confuse et tourmentée par ses propres démons, avant de terminer par un état quasi-enfantin avec sa mine boudeuse et son air malicieux. Pour quelqu'un qui cherchait à calculer le moindre de ses gestes, à anticiper la moindre de ses réactions, elle devenait une autre paire de manche nettement plus difficile à cerner, puisqu'elle même n'avait pas la moindre idée de ce qu'elle allait faire ensuite jusqu'à ce que l'acte soit réalisé ; agit, ne réfléchit pas, peut-être devenait-ce sa devise sous le coup de l'adrénaline et même de manière générale. Quand on pouvait compter sur une armure aussi efficace qu'Itward, on devenait beaucoup moins prudent et réfléchi, et c'était là sûrement sa plus grande force et sa plus grande faiblesse. Surtout qu'à l'instant même où elle avait pensé lui prodiguer une déflagration monumentale en venant coller son visage contre le sien, nullement troublée par la possible mauvaise interprétation que pouvait avoir son geste, Itward avait apparemment décidé de lui faire une blague et que c'était « franchement pas le moment », du moins c'était ce qui lui avait traversé l'esprit quand elle s'était rendue compte que rien ne s'était passé, que leurs bouches n'avaient fait que se réunir sans qu'il n'y ait de cris ou de gémissements de douleur de la part du marionnettiste, quelque chose qui avait tellement surpris Coraline elle-même qu'elle n'avait pas osé bouger, le laissant se reculer et lui asséner des remarques lourdes de sous-entendus qu'elle n'avait pas vraiment compris sur le moment. Comment aurait-elle pu avoir le temps de comprendre ce qu'il se passait et de ce qu'elle évoquait chez son ennemi, puisque celui-ci, nullement troublé par cet apparent élan de sensualité, se contenta de lui balancer le coup de boule du siècle, front contre front ? Le seul réflexe qui la traversa fut de s'accrocher encore plus fermement à lui, car elle venait elle-même de ressentir quelque chose qu'elle n'avait pas ressenti depuis très longtemps, du moins infligé par quelque chose d'extérieur à elle-même : de la douleur.

Niels se retrouva propulsé en arrière par l'impact que Coraline devina comme étant une mesure d'urgence d'Itward, qui avait réagi au dernier moment ; mais elle-même avait ressenti quelque chose la traverser au même moment, un léger mal de tête au niveau du front suivi d'une onde de choc qui traversa son corps à toute vitesse, la faisant frissonner et crisper ses poings sur la chemise de Niels. Elle eut un mal fou à reprendre ses esprits tant ça l'avait estomaquée, heureusement pour elle peut-être son adversaire n'était pas dans un meilleur état, poussant un cri de douleur en posant sa main là où une plaie béante avait pris place sur son front. Elle voulut se propulser en arrière mais il fut plus rapide, l'attrapant par les vêtements avec une telle fermeté qu'elle se sentit soudain comme étranglée, ironie du sort qui voulait qu'Itward n'allait pas pouvoir la protéger contre ses propres habits.

« Mais… t'es DEBILE ! »

Oui, c'était tout ce qu'elle avait réussi à articuler ; depuis le temps que les deux combattaient l'un en face de l'autre Niels n'avait toujours pas compris qu'attaquer Coraline de front revenait à se coller des baffes à lui-même, bien que le cri de la jeune femme venait surtout du coeur, ne voulant pas reconnaître ou surtout montrer qu'il avait effectivement eut un impact réel sur elle au sens propre comme au figuré. Désormais ils étaient tous les deux appuyés contre le mur, lui en position assise et elle à califourchon sur lui, les deux revêtant les couleurs carmins du sang à travers leur visage mais pour des raisons bien différentes. Il la secoua comme un prunier, accentuant le léger mal de tête qu'elle ressentait et la laissant confuse, tandis qu'un acouphène s'intensifia dans ses oreilles en même temps que les sifflements qui semblaient émaner de l'aura de Niels comme des voix démoniaques lui sussurant sa mort imminente si elle n'agissait pas au plus vite. Allait-elle mourir ? Avait-il trouvé le moyen de briser sa carapace aussi métaphorique que littéral par la seule force de sa volonté ? Ce marionnettiste était puissant, il allait sans dire et cette pensée ébranla quelques secondes l'esprit de Coraline, tandis qu'elle se sentait soudain submergée par la perspective de subir le même sort que les poupées brisées sur le sol au milieu de la garderie, ayant devant les yeux un scénario tragique où Niels se mettait à bouger les doigts et la forçait à se mouvoir à sa guise jusqu'à la précipiter dans un gouffre juste pour le plaisir de la voir se casser en mille morceaux en rencontrant le sol. La respiration presque coupée, elle se retrouva incapable de répondre à ses remarques, posant simplement les mains sur son torse comme pour essayer de le repousser alors qu'elle avait le mur pour obstacle et sa main comme hameçon pour l'empêcher de faire quoique ce soit.

Qu'est-ce qu'elle était ? Un monstre, non ; un hybride, peut-être, le savant mélange entre trois destins dont un seul s'était mal terminé et qui était devenu son destin à elle, la petite fille au gros caractère qui avait franchi une porte qu'elle n'aurait jamais dû remarquer à la base ; la patiente innocente d'un asile qui avait elle aussi franchi une porte, mais celle-ci bien plus métaphysique que la première car elle permettait l'accès à une autre réalité toute entière ; et la marionnette si puissante et si soumise en même temps, sans ficelles réelles mais jouet d'un monstre bien plus cruel qu'elle-même, la créature mi-humaine mi-mécanique qui se nourrissait des cauchemars et prenait un malin plaisir à terroriser quiconque se présentait sur son territoire. Qui-était elle dans tout cela ? Le fruit d'une existence entière dédiée à la souffrance et à la fuite, dévorée toute entière par son désir de vengeance et par sa volonté de voir le monde à travers un prisme de bonté et d'innocence tout en même temps. Une hybride, oui, voilà ce qu'elle était, la fusion de perceptions si incompatibles et pourtant si harmonieuses dans ce corps frêle de jeune femme. Elle était Coraline Fran Bow Jones Dagenhart la Marionnette, et rien ni personne n'allait la faire douter de cette identité à rallonge, sachant qu'elle avait déjà un mal fou à garder les pieds sur terre…

« Je suis Coraline Dagenhart, réparatrice de poupées et d'objets anciens, je te l'ai déjà dit. Il se passe pas grand-chose dans ce cerveau j'ai l'impression ! » Enfin, elle avait retrouvé son chemin vers la réalité après cette onde de choc, de la même manière que l'on doit régler un microscope pour voir les organismes avec le plus de netteté possible, cherchant un point sur lequel se focaliser et cesser de voir double et flou autour d'elle. Retrouvant son sourire malicieux d'enfant à problèmes, elle lui administra une pichenette innocente sur la tempe, prémisse de ce qu'il était sur le point de subir s'il ne la lâchait pas illico presto. « Oh Niels, si je savais qui tu étais tu crois vraiment qu'on en serait là ? »

Elle n'en menait pas large, c'était une certitude ; elle ne comprenait pas où Niels voulait en venir, mais à vrai dire quand sa vie était faite d'improvisation et de situations improbables elle en avait pris l'habitude et cherchait à ne pas montrer la moindre décontenance, bien qu'elle n'était que très peu rassurée de la proximité qu'elle avait avec lui à cet instant, tandis qu'il venait la rapprocher un peu plus encore de lui jusqu'à pouvoir murmurer dans son oreille. Elle sentait le sang battre dans ses veines à une vitesse incomparable, à tel point que les battements de son coeur venait rythmer les voix qui continuaient de siffler dans son cerveau, comme si tout à coup un choeur funèbre avait pris place dans le reste de la garderie, observant tel des entités intouchables et neutres le scénario sans aucun sens qui prenait place sous leurs yeux. Coraline, la bouche entrouverte, prit appui sur les épaules de Niels, en réaction à la brutalité avec laquelle il la secouait tout en la rapprochant toujours plus de lui, soudain incertaine de ce qui était en train de se tramer ; que faisait-il ? Un instant plus tôt, il semblait si menaçant, si catégorique dans sa manière de parler, si violent même ; mais désormais, il avait retrouvé une expression si douce qu'elle en était trompeuse, et elle aurait juré que sa voix avait pris la consistance d'un miel délicieux qu'on avait envie de dévorer goulûment sans la moindre hésitation. Il retrouvait peu à peu de la motricité dans ses doigts de maître marionnettiste, et les sentir agrippés fermement aux vêtements de Coraline pendant qu'elle essayait de se dégager lui donnait l'impression qu'elle s'était laissée prendre par des filets invisibles comme un dauphin échoué en mer, et cela signifiait qu'il ne lui restait que deux solutions : s'agiter de toutes ses forces en espérant se défaire de ces liens plus symboliques que réels, ou se laisser aller à la dérive en attendant que la mort vienne la cueillir dès que ce pêcheur à la voix sucrée vienne la saisir à nouveau. Sentant la frustration reprendre le dessus, elle se pencha en avant pour être aussi prêt de lui que possible, sans pour autant que le moindre contact ne se fasse.

« Je suis venue parce que j'avais envie de voir comment tu te débrouilles avec tes marionnettes, et puis, je te trouvais sympa… je n'ai juste pas pensé que tu étais un de ces fichus tireurs de ficelles et s'il y a une chose qui est claire, c'est que je ne serai plus jamais le jouet de personne. » Son regard mi-bleu mi-ensanglanté se planta dans le sien, les sourcils froncés, mais à sa plus grande surprise, ce fut lui qui baissa le regard, pour… Eh ? Mais il était en train de faire quoi là ?! Attends… Sa petite voix toute douce, cette façon de la retenir sur lui pour l'empêcher de mettre fin à cette proximité physique, et maintenant ces yeux qui descendaient vers une zone bien particulière de son corps… Mais… Alors c'était ça qu'il avait cru quand elle l'avait attaqué au visage ? Il la prenait pour une espèce de gamine bien docile qui allait jouer avec lui de cette manière-là ou quoi ?! « Mais ça va pas espèce de..? »

Coraline voulut se propulser en arrière mais il la retenait par le col avec une telle force qu'elle eut l'impression d'essayer de pousser un mur ; alors elle fit la seule chose qui lui traversa l'esprit, à cette distance de lui ce n'était pas très compliqué d'attaquer de front, et même d'attaquer LE front puisqu'elle leva son doigt tendu, le plantant dans la blessure de Niels comme on écrase une cigarette dans un cendrier. Un sourire torve éclaira son visage en voyant que sa peau se transformait pour prendre une lueur incandescente, tandis que la chair brûlait au contact de son doigt, forçant Niels à la pousser aussi loin que possible pour ne pas que la blessure s'intensifie. Jetée sur le côté comme une vulgaire poupée cassée, Coraline poussa un petit cri de protestation avant de déguerpir à toute vitesse, toujours à quatre pattes, se mouvant avec une telle agitation qu'elle en paraissait grotesque, mais c'était la moindre des choses vu qu'elle n'avait pas très envie qu'il ait soudain la bonne idée de l'attraper par les pieds pour la ramener vers lui ; bien que c'est exactement ce qu'il se passa. Frappant de l'autre avec sa botte compensée, elle parvint à se dégager et se retourna avec une rapidité fiévreuse, attrapant tout ce qu'elle était en mesure d'attraper pour se relever au plus vite, à bout de souffle. Enfin, elle put se retrouver debout en face de lui, respirant à toute vitesse mais faisant face à l'ennemi avec la même détermination qu'elle avait affiché auparavant, bien qu'elle se sentait particulièrement dégoûtée par ce qu'elle avait interprété dans les gestes et les paroles de Niels.

« T'es dégueulasse ! Tu n'as rien fait d'hostile à mon égard la première fois qu'on s'est vu mais à ce que je vois tu es bien un homme, un bon gros beauf à l'ancienne qui pense à des trucs comme ça dans un moment pareil ! J'arrive pas à croire que je t'ai laissé entrer dans ma boutique comme ça alors que tu te révèles au grand jour comme étant un type aussi… aah ! Heureusement que je t'ai pas fait entrer dans mon atelier ! »

Coraline écumait de rage en disant cela, au bord de l'hystérie. Mais la réaction de son interlocuteur fut tout autre, et pendant un instant, elle se demanda pourquoi il aurait changé d'expression depuis le temps que ce fichu sourire ne le quittait pas. Mais cette fois-ci, il riait, il riait non pas de la manière si effrayante qu'il avait rit juste après la première attaque de Coraline, mais il riait comme pour se moquer, comme si la situation avait pris un tournant si risible qu'il ne pouvait plus s'en empêcher. Coraline serra le poing. Elle en avait assez. Depuis le début de ce fichu combat qu'elle avait pourtant instigué elle-même, il n'avait cessé de prendre cet air supérieur, ce maudit sourire comme s'il se considérait comme le maître des lieux et des événements -ce qui n'était pas entièrement faux, mais Coraline n'était pas d'humeur à y penser, non. Elle, ce qu'elle voyait, c'était cette moquerie éternelle, cet air arrogant que prenait tous les adultes que Coraline avait eut la malchance de rencontrer. Pourquoi il fallait toujours que les gens se prennent autant au sérieux ? Qu'ils rient d'elle comme si elle n'était que la tête de turc, la punchline d'une blague permanente dont elle faisait l'objet ? Qu'ils se concentrent sans cesse sur leur petit monde égoïste sans réaliser tout ce qu'ils perdaient au passage ? Un instant, de très vieux souvenirs remontèrent à la surface ; elle voyait sa mère s'affairer sur son fichu bouquin de jardinage, son père la nuque courbée par l'effort qui fixait son écran d'ordinateur pour y taper… va savoir ce qu'il écrivait. Du non-sens. Mais c'était toujours plus important que leur propre fille. C'était ça alors, ce qu'elle évoquait chez les gens ? Ignorée par ses propres parents, méprisée par les infirmières de l'hôpital, torturée par une immonde marâtre qui prétendait que c'était pour son bien, et maintenant, ridiculisée par ce marionnettiste de pacotille. C'était tout ce qu'elle était ? Un vulgaire jouet qu'on pouvait utiliser pour son simple divertissement, s'en moquer sans conséquences et la jeter après sur le bas-côté comme si elle n'avait pas la moindre valeur, et qui ne faisait qu'évoquer de la pitié temporaire aux passants qui la croisaient pour l'oublier au prochain coin de rue ? Pourquoi ? Elle n'était pas si stupide. Elle était juste bizarre. Elle était juste… elle. Quelle ironie affreuse que les seuls individus qui lui aient manifesté la moindre considération étaient des personnes considérées comme aussi barjots ou flippantes qu'elle, des entités que tout le monde pensait issus de son imagination et un chat noir qu'elle affirmait être doté de parole. Tiens, en voilà un bel avenir ; elle allait fonder un cirque avec cet entourage qui venait colorer son existence à sa manière. Dans un monde pareil, c'était si crucial de se serrer les coudes entre aliénés et autres bêtes de foire.

« Arrête de rire. »

Sa voix était rauque, grave ; son ton d'un sérieux tel qu'elle en paraissait presque intimidante ; mais bien sûr, Niels n'était pas intimidé le moins du monde. Coraline le fixait à nouveau dans les yeux, se pourléchant ses lèvres ensanglantées, goûtant le liquide séché avec délice. Elle attrapa la première chose qu'elle trouva, et s'apprêtait à le lancer sur Niels quand elle examina l'objet plus attentivement. Il s'agissait d'un masque, oh, un masque bien particulier ; la ressemblance était frappante, bien que les traces de peinture étaient maladroites, signes que c'était la création d'un enfant. Un masque blanc d'origine, mais serti de deux énormes points rouges sur les joues, et de grosses marques violacées qui ressemblaient à des gouttes. Des larmes. Des larmes, alors que le masque se tordait d'un sourire permanent.  Ça ne ressemblait en rien à son elle d'autrefois tout en étant son jumeau parfait ; et c'était précisément cela qui fascinait Coraline. Il était peut-être temps de passer un stade, non ? Doucement, cette fois-ci ; pas aussi brusquement et violemment que précédemment. Fini les blagues. Fini les jeux. Elle n'allait plus laisser Niels l'occasion de se moquer d'elle.

D'un mouvement rapide, elle fit tomber le chapeau de Noël qui cachait encore sa chevelure, et son chignon tomba avec lui, révélant ses cheveux d'un blond si clair qu'ils en paraissaient blancs. Puis, elle tendit l'élastique du masque pour le passer derrière sa tête, couvrant son visage rougit par le sang avec celui-ci ; et ce fut comme si à cet instant elle se sentait plus complète que jamais, comme si son âme ne faisait plus qu'un avec le corps mécanique qui avait été le sien sans qu'il ne soit physiquement présent à cet endroit.

« J'entends des voix, autour de ta tête, mon gentil marionnettiste... » Elle observait Niels à travers les trous des yeux du masque, consciente qu'il n'était plus en mesure d'analyser quoi que ce soit sur le visage de la jeune femme, ce qui la rendait bien plus excitée que de raison. « Des petites voix qui chantent autour de toi et qui murmurent de belles histoires... » Elle le toisait, parfaitement immobile, prête à réceptionner n'importe quelle stratégie d'attaque qui viendrait de lui. Elle avait compris. Si elle bougeait, il calculerait. Tant qu'elle ne faisait pas un mouvement, dissimulée derrière son masque, il ne ferait rien. Il était impuissant. « Tu veux savoir pourquoi je suis venue. Tu penses que je suis là pour te voler quelque chose ; que je t'ai attaqué pour te neutraliser, pour te prendre ce que tu possèdes. Oh mon pauvre, qu'est-ce que tu as de si précieux à cacher ? Tu es encore plus cinglé que tu en as l'air. Finalement, ça t'aurais bien été d'être le chat du Cheshire. Mais tu n'es pas de là-bas, de Wonderland. Non, tu es de mèche avec cette sorcière. Avec des pouvoirs comme les tiens… C'est forcé. Alors tu vas gentiment pouvoir aller dire à ta maîtresse qu'elle ne pourra plus jamais me faire du mal. » Elle en était persuadée. Tout ce qu'il faisait, tout ce qu'il prononçait lui rappelait des douloureux souvenirs ; et puis, cette manière qu'il avait de se montrer si gentil alors qu'il cachait un monstre. C'était trop gros. Trop similaire. Paranoïaque ? Probablement. Finalement, Coraline et Niels s'était extraordinairement bien trouvés. « Tu sais, je t'ai déjà dit que la vie sociale ça n'a jamais été mon truc. Les gens et moi, c'est pas toujours le grand amour. Même presque jamais. Déjà qu'on peut-être sûr qu'un adulte sur deux est un pervers narcissique seulement guidé par ses propres instincts… C'est si tragique, quand on y pense. Autant ici que dans le monde des contes… C'est si rare de tomber sur des gens précieux. Des gens qui sont prêts à donner de leur personne juste pour le bien d'autrui. Non, les gens trahissent. Les gens veulent faire du mal juste pour satisfaire leurs propres désirs tordus. C'est tellement dommage, Niels, on aurait pu si bien s'entendre. Si seulement tu avais été sincère dès le début, on aurait pu jouer un peu plus franchement. Mais non, il a fallu que tu sois… ça. » Elle ne bougeait toujours pas, laissant un instant de silence passer. « Mais si tu me prends pour une idiote, si tu crois pendant un seul instant que je suis innocente, trop pure ou trop naïve, tu signes ton arrêt de mort. » Elle bougea cette fois-ci avec lenteur, simplement pour poser sa main juste en dessous de sa poitrine. Il ne le voyait pas, mais le sourire de Coraline était étiré au maximum. « C'est là que j'ai planté le couteau. Si tu avais fait tes devoirs, tu le saurais déjà. Mais la dernière fois que quelqu'un a cherché à me contrôler, à me blesser pour mieux m'utiliser, cette personne est morte, de mes mains. Je portais une robe jaune mais elle est si soudainement devenue si rouge... »

Des faux souvenirs ? Non. C'était bien plus que des faux souvenirs. Oh, certes, c'était des histoires à dormir debout que la malédiction avait implanté dans son cerveau ; mais c'était là tout le génie de ce sort noir, de faire croire à tous ces individus à des choses si fausses et qui pourtant étaient si réelles. Ce meurtre que Coraline avait commis n'était jamais arrivé ; mais il était encore bien présent dans son esprit, comme si tout était vraiment arrivé, et elle savait qu'elle était parfaitement capable de tuer encore. Après tout, quelle était la différence entre ses faux souvenirs et ce qu'elle voyait dans l'Ultraréalité ? Quelle était la différence avec ces choses qu'elle voyait et entendait et qu'on lui répétait que c'était faux, qu'elle avait trop d'imagination ? Quand on lui assénait sans cesse que ce n'était que des hallucinations à cause de sa médication et que les chats noirs n'étaient pas capable de parler ? Qu'est-ce qui faisait de la première réalité la réalité ultime ? Oui, elle avait tué. À Storybrooke comme dans le monde des contes. Dans cet autre corps qui ressemblait tant au masque qu'elle portait désormais sur son visage.

« Alors chaton, tu as donné ta langue au chat ? »

Elle poussa un petit ricanement, avant de se mouvoir avec une telle vivacité qu'elle en paraissait avoir perdu toute réalité matérielle ; en un éclair elle se retrouva derrière lui, prenant appui sur le mur pour lui sauter sur les épaules -parce qu'un géant reste un géant. Puis, accrochée comme une bête féroce à sa proie, elle glissa ses mains froides sous la chemise de Niels pour venir se contorsionner autour de ses épaules, ravie de voir qu'elle n'avait rien perdu de sa souplesse, et ses bras s'enroulèrent autour de lui pour ne plus le lâcher ; la seule chose qu'il fut en mesure de faire fut de saisir son masque pour l'arracher, et les élastiques claquèrent sans décontenancer Coraline, trop excitée par ce contact soudain, tandis que sa peau prenait l'allure d'un hérisson roulé en boule, plantant ses mille et une aiguilles là où elles le pouvaient. Puis, sans hésiter, elle ouvrit grand la bouche pour venir planter ses dents dans le cou de Niels, mordant aussi fort qu'elle était capable.

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Niels Mørck

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MessageSujet: Re: Let's play a game where nothing that we can see, the same | F. Coraline Dagenhart   Sam 5 Nov - 18:29




Si proche de son objectif en cet instant alors que ses yeux venaient fixer avec une certaine avidité l’emplacement du cœur, s’imaginant déjà plonger la main à l’intérieur de la poitrine de la jeune femme pour lui dérober ce qui serait l’essence même de son âme, cette fois-ci tout se déroulerait sans embûche et non pas comme ce coup de tête monumental qu’il a avait pu donner. Niels avait la capacité de rapidement tirer des conclusions, grâce à ses analyses constantes qu’il pouvait faire sur tout et n’importe quoi dont ses congénères, alors que Coraline n’avait fait que précipiter un peu plus le constat en lui affirmant le fait qu’il ne devait plus mener d’attaque directement en sa direction. Sous peu ça ne serait plus un problème car à l’instant même où il aurait cet organe brillant de magie entre ses doigts qui se dégourdissaient, les forçant à plier selon son bon vouloir même s’il savait que d’ici quelques heures la douleur ressentie mettrait du temps à passer, il lui ordonnerait à cette sale petite réparatrice de se détruire elle-même. Elle serait alors une marionnette soumise à sa volonté qui n’aurait d’autres choix que d’obéir, il viendrait murmurer d’autres mots doux tout en la regardant disparaître pour n’être que son jouet, cependant même si le fait d’avoir un jouet de sa valeur était des plus prometteurs elle était bien trop dangereuse pour la laisser continuer à exister malgré cette sorte de laisse qu’il pourrait lui mettre autour du cou avec son cœur. Le marionnettiste préférait se débarrasser de cette potentielle future gêne plutôt que de prendre le risque faible mais possible qu’un jour elle se libère de ses ficelles, il était hors de question qu’il se montre téméraire car la prudence et la patience avaient toujours porté ses fruits jusqu’ici et il avait eu plus tôt le résultat désastreux lorsqu’il ne prenait pas la peine de suivre ces valeurs sûres, même si le jeu auquel ils jouaient et pourraient s’amuser pouvait être fort divertissant il fallait parfois se montrer le plus raisonnable possible même si ça pourrait être très ennuyeux quelque part il fallait en convenir. Tout ce qu’il fallait c’était que Niels gagne du temps en détournant son attention comme il le pouvait, ne lâchant toujours pas sa proie alors que son expression habituelle était revenue de son côté comme dans un pur automatisme et hymne à la folie, pourtant le moindre son qui pouvait sortir de la gorge de Coraline venait à s’imprimer dans son esprit comme des données précieuses bien malgré lui dans cette pure habitude de toujours vouloir collecter pour mieux utiliser.

Ne disant rien et la laissant ainsi parler comme pour éviter de manquer la moindre information qui pourrait l’intéresser, même s’il avait déjà statué sur son futur sort une fois qu’il aurait son âme en main dans peu de temps alors qu’il se forçait à bouger les doigts de son autre main autant qu’il le pouvait en cet instant, même si les attentions de cette petite peste avaient l’air de base les plus louables il avait pris l’habitude de toujours voir les choses sous un autre angle de vue mais plus que tout de ne pas prendre pour argent comptant ce qu’on pouvait lui dire. Il était si facile pour la race humaine de mentir avec une facilité si déconcertante que trouver une personne honnête devenait la véritable traversée du désert, il avait beau jouer sur les mots de son côté Niels n’avait pourtant aucun mensonge qui sortait de sa bouche paradoxalement et de manière presque ahurissante, ainsi les personnes pour qui il pouvait avoir encore un minimum de considération se trouvaient être les enfants dans leur innocence infinie. Ce lieu qui normalement respirait la vérité et la bienveillance absolue était aujourd’hui un vrai théâtre de l’horreur, autant par les gestes que part les mots en y regardant de plus près et sans forme de distinction bien particulière, c’était son sanctuaire dont il en était le gardien. Lui qui pourtant était tout l’inverse de ces êtres à la bonté sans fin, il était comme un monstre qui n’était là que pour préserver ce tout qui lui tenait tant à cœur alors qu’il en manquait cruellement, toute l’ironie grandiose de son existence et de son rôle où il n’avait fallu qu’un simple élément perturbateur pour refléter son visage qu’il cachait pourtant habituellement si bien derrière ce masque que tout le monde pouvait connaître. C’est peut-être ça qu’il détestait encore plus Coraline en cet instant, pour être venue et pointer une lumière sur lui pour enlever les illusions qui l’entouraient mais surtout relever en grande partie il était en réalité, pourquoi dans le fond il ne voulait plus la voir de manière définitive car au fond il avait la sensation d’être beaucoup trop vulnérable et s’il y avait bien quelque chose qu’il refusait c’était bien ça. Jamais plus il ne serait faible et laisserait quelqu’un lui faire du mal, même si la réparatrice l’avait déjà bien amoché dans un sens tant qu’il avait le dernier mot tout allait bien, il réservait ce genre de ressenti pour la seule personne qui avait de l’importance à ses yeux et pour qui il luttait jour après jour aussi difficile que ceci puisse être d’où le fait de n’avoir aucun regret à jeter le reste qui était si inutile à son sens.

Les yeux fixaient sur son futur objectif au point d’en jubiler à l’intérieur, du moins la réflexion d’un sentiment s’approchant à quelque chose du genre sans vraiment être sûr que c’était bien ceci, Niels reporta son attention sur Coraline qui avait l’air de s’horrifier pour il ne savait quoi. Et avant qu’il ne puisse comprendre il sentait le doigt dans son adversaire contre la plaie au niveau de son front, la douleur était certes vive mais assez supportable même s’il se trouvait crispé dans sa prise qu’il avait sur son haut, jusqu’à sentir cette brûlure qui avait presque l’air de lui scier tout d’un coup le crâne. Il ne fallut que peu de temps pour que son corps réagisse en poussant de côté cette réparatrice de malheur qui ne faisait que l’irriter depuis qu’il avait pu croiser sa route, ne contrôlant pas forcément ce geste salvateur qui avait pu s’opérer, alors qu’il avait serré les dents pour ne pas crier et que son regard pour elle n’était que haine alors qu’il passa le plat de la main qui la retenait plus tôt sur le lieu de la blessure. Bon au moins l’avantage étant qu’il ne saignait plus vu qu’elle avait fait cautériser malgré elle la plaie, il aurait pu applaudir face au spectacle s’il n’avait pas été la victime de cette histoire quelque part, mais de l’autre elle ne faisait qu’agiter le fait qu’il ne pouvait décemment pas la laisser s’en sortir comme si de rien n’était. Il ne fallut que peu de temps à l’animateur de la garderie pour venir se pencher sur le côté pour attraper les chevilles de la frêle jeune fille, voulant la tirer vers lui dans le simple but d’avoir ainsi un accès à son cœur et se faire une joie incontrôlée de lui arracher de la poitrine – si possible littéralement pour le coup, se prenant un ou deux coups de bottes avant que ses mains beaucoup moins gelées viennent tout de même à glisser pour la laisser s’échapper. Rapidement il en posa une au sol et une autre contre le mur pour s’aider à se relever au plus vite, essayant de trouver un équilibre assez stable pour éviter de prendre un désavantage certain, reprenant ainsi de toute sa hauteur en redevenant une sorte d’ombre menaçante face à cette chose si petite qui lui faisait face. Et ce qu’il entendait ne pouvait que le faire rire malgré lui, Coraline avait une trop forte imagination il fallait croire et la voir ainsi tirer des conclusions aussi fausses avait un côté réellement amusant il devait bien l’avouer, se demandant une poignée de secondes si elle pouvait être sérieuse avant de constater que c’était bien le cas. Il secouait la tête à son adresse comme on pourrait le faire vers une enfant, elle était si naïve dans un sens que ça en devenait assez désespérant, soupirant tout en gardant ce sourire qui lui était propre.

« Trésor ! Je te l’ai dit, mais tu n’écoutes pas lorsqu’on te parle on dirait, tu n’es pas du tout mon type ! Si je devais m’amuser avec quelqu’un pour ce genre d’activité autant prendre quelqu’un qui a des formes, une vraie femme vois-tu, et non pas une petite fille comme toi tu peux me croire ! Et rassure-toi, la seule chose qui pouvait m’intéresser dans ta boutique c’est bien elle et non toi ! »

Indéniablement moqueur en annonçant tout ça car après tout il y avait de quoi rire quelque part, la jeune femme était certes intéressante sous quelques points mais pas vraiment pour ce qui était de la branche de la séduction ou il ne savait quoi, continuant sur sa lancée moqueuse en l’entendant lui ordonner d’arrêter de rire. Oh bien sûr qu’il avait vu de quoi elle était capable, Niels était même dans ce sale état de par sa faute c’était incontestable, mais pourtant à cet instant il n’arrivait aucunement à prendre au sérieux une seule seconde cette plausible menace qu’elle opérait à son encontre – si du moins ceci en était une. Il profita de cet instant entre deux, de cette petite interruption passagère dans un temps suspendu, pour essuyer un peu plus le sang qui avait pu couler le long de son front alors qu’il commençait à avoir la sensation comme un petit marteau qui tambourinait contre son crâne de manière assez désagréable mais qu’il se força de mettre de côté, devenant trouver une nouvelle tactique d’attaque sous peu s’il voulait toujours pouvoir se débarrasser d’elle. Coraline devenait une gêne de plus en plus pressante et imposante, même si de base l’idée de le faire lui-même l’exaspérait au possible il n’avait guère le choix surtout en regardant de plus près la tournure des événements qui a pu se dérouler en si peu de temps, devant ainsi se montrer radical même si ceci voulait dire devoir faire le sale boulot lui-même. Néanmoins s’il voulait avancer il n’avait d’autres choix, tant pis s’il se trouvait couvert des pires souillures de ce monde car après tout sous peu la perfection reviendrait vers lui sous la forme de cette personne qu’il attendait tant, tous les sacrifices étaient à la même enseigne dans le seul but unique de le faire avancer vers son but ultime. Même si dans ce cas précis son adversaire n’était que la victime malheureuse du fameux mauvais endroit et mauvais moment, mais il n’avait pas le temps de se pencher sur les regrets alors qu’importe car le résultat final serait le même, mais désormais il devait aussi se protéger car elle en savait beaucoup trop et surtout il ne lui pardonnait nullement ce qu’elle avait pu lui faire subir jusqu’ici. Sa curiosité néanmoins fut tout autre en voyant son petit manège avec le masque enfantin dont elle s’était saisie mais surtout en voyant la chevelure blonde, tellement en contraste avec le noir corbeau auquel il était habitué, tandis qu’il avait la désagréable sensation de venir de nouveau une sorte de proie à il ne savait quoi. Il tiqua à la mention de voix autour de lui, se souvenant son expérience étrange avec Katharina involontairement, encore plus sur le fait qu’il y avait de belles histoires ou encore qu’elles pouvaient bien chantonner. Était-ce l’écho du passé qu’elle pouvait voir ? Il ne serait dire, c’était une possibilité, mais l’idée le mettait que très peu à l’aise.

« Vraiment ? Je suis très curieux de savoir ce que ces voix te murmurent alors, ce qu’elles peuvent bien te chanter, au point que tu puisses les trouver si merveilleuses ma chère Coraline. »

L’observant toujours Niels attendait un geste de sa part qui ne venait pas, le tout dans le but premier de trouver le meilleur embranchement possible pour mieux la neutraliser mais surtout planter son bras dans sa poitrine pour lui retirer son fameux petit palpitant lumineux, cependant il n’avait pas l’air d’être le seul à apprendre très vite vu dans quelle immobilité sordide elle venait de se plonger. Ça ne faisait en rien ses affaires alors que l’idée qui courait toujours dans sa tête sur le fait qu’elle puisse en savoir réellement plus sur lui offrir une sorte de nausée, il avait toujours été dans l’ombre et l’instant où il avait cherché la lumière dans la gloire il avait eu l’impression qu’on lui avait fait payer trop durement, lui comme Rozen restaient une énigme qu’il ne voulait délivrer à personne parce qu’il avait compris depuis bien longtemps que ça serait désormais lui contre le reste du monde. Que les alliés qu’il pouvait se faire le marionnettiste finiraient par les poignarder dans le dos à un moment ou un autre, avant de subir le même sort de leur part surtout, c’était chacun pour soi et il en était que terriblement trop conscient alors qu’il observait ce monde bien trop aveugle qui ne faisait que courir à sa propre perte. Et si Coraline était consciente de tout ce qu’il possédait pourtant, de tout ce qu’il avait pu faire d’aussi insensé qu’extraordinaire à la fois tout en n’étant que le reflet d'un désespoir mélangé à une peine qui continuait de hurler constamment à pleins poumons, peut-être qu’elle aurait eu une réflexion toute autre à son sujet. Cependant l’ignorance dont elle faisait preuve ne pouvait que le ravir mais lui aussi en était la victime au discours qu’elle pouvait avoir, chacun manquait de tellement de données l’un sur l’autre qu’il était assez étonnant dans un sens que les choses avaient pu ainsi glisser si rapidement entre eux de manière si fulgurante, alors que son sourire venait à s’élargir quant au fait qu’il pouvait être le larbin de quelqu’un. Elle était si loin de la vérité, c’était lui qui était le maître et il s’était affranchi depuis bien longtemps d’une quelconque emprise sir lui en dehors d’une seule attache qui arrivait autant à la maintenir encore en vie qu’à le tuer à petit feu, tandis qu’il penchait un peu la tête sur le côté tout en ne cachant pas particulièrement l’amusement qui pouvait se faire. À quoi bon de toute manière ? La jeune femme connaissait son véritable visage de toute manière, il n’avait pas à jouer à faire semblant ou à réprimer le fait qu’il pouvait rire intérieurement, la jugeant de haut en bas comme on aurait pu le faire avec un enfant quelque part.

« Maîtresse ? Voyons Coraline. C’est moi le maître dans l’histoire, tu l’as bien vu avec nos petits amis les jouets pourtant, je tire les ficelles des autres sans vraiment en posséder moi-même. Le seul contexte où je pourrais accepter une maîtresse… hé bien tu es trop petite pour comprendre on va dire. »

Un sous-entendu dans un sens qui en disait beaucoup ou pas assez, c’était elle après tout qui avait engagé dans un premier temps le sujet alors autant continuer de glisser plus ou moins dessus, reprenant de son côté son sérieux intérieurement. Pourtant il y avait encore de quoi rire lorsque Coraline parlait du monde des adultes avec une telle véracité, elle était si consciente et pourtant si loin à la fois de la représentation réellement à son sens de par son côté assez gamin qu’elle pouvait avoir, elle avait si bien cerné ce qui pouvait les entourer. C’était la dure loi du monde très probablement que de devoir grandir et faire face aux responsabilités, d’apprendre à quel point la vie n’avait rien de doux et pouvait être violente au possible, lui avait juste tout bonnement décidé de ne pas se laisser écraser par elle et ainsi de jouer à la manière qu’il le souhaitait dans un sens. Il avait pourtant été une de ces personnes pleines de bonne volonté par le passé, toujours prêt à aider son prochain sans rien demander véritablement en retour, se sentant juste comblé et ne pensant que rien ne pourrait atteindre son bonheur. Néanmoins les choses changeaient très vite et il en était la preuve vivante, la douleur qu’il avait pu ressentir était toujours là et ne faisait que devenir un poids plus pressant à chaque instant qui pouvait passer, il s’était prisé et il était trop tard pour que l’idée même de revenir en arrière ne puisse lui effleurer l’esprit. Il en était hors de question. Niels avait tant fait qu’il ne pourrait jamais accepter l’idée d’abandonner son rêve, la seule chose qui faisait qu’il pouvait encore avancer et qui l’avait empêché de sombrer dans cet Entre-deux avec cette expérience encore trop étrange en compagnie de la Dame Blanche, s’il arrêtait la terrible machine qu’il en était en marche il savait pertinemment qu’il signait son propre arrêt de mort. Et qu’importe que ça soit si dur de continuer et tentant pourtant d’arrêter il ne pouvait s’y résoudre, cette promesse qu’il avait faite il voulait la tenir jusqu’au bout et les sacrifices pouvaient pleuvoir ça ne l’arrêtait aucunement de toute manière, même si la jeune femme masquée face à lui voulait lui trancher la tête ça ne l’arrêterait pas. Il gardait le silence tandis qu’elle avait l’air de lui parler d’un meurtre qu’elle avait pu commettre, ils avaient en commun d’avoir les mains tâchées de sang, alors que les mots qu’elle pouvait utiliser faisaient refléter une sorte de miroir qui le repositionnait dans quelque chose qu’il n’aimait pas. Des souvenirs qui étaient revenus et qui lui donnaient la nausée, une impression si désagréable qui en aurait des frissons, se contentant juste de la fixer malgré les provocations qu’elle pouvait faire.

Que pouvait-il de toute manière ? Le marionnettiste ne faisait que se préparer au pire de toute manière, comme il savait si bien le faire parce qu’il n’arrivait jamais quelque chose de bien dernièrement, sachant clairement qu’il n’aurait pas l’avantage si jamais cette perturbatrice venait à user de ses pouvoirs une nouvelle fois. Là où Niels ne pouvait toucher Coraline pour elle s’était tout l’inverse, le contact avec la peau de la réparatrice était un danger qu’il n’arrivait même pas à calculer, même s’il ne comprenait pas encore pourquoi elle avait pu l’embrasser sans que rien ne se passe. Elle aurait pu le tuer à cet instant et il le savait très bien, elle lui aurait enfin offert le repos éternel auprès duquel parfois il tendait les bras sans que rien ne vienne, mais pourtant elle n’avait rien fait et cette mentalité insaisissable ne faisait que la rendre imprévisible. Tout ce qu’il détestait. L’animateur aimait trop le contrôle, avoir une idée de ce qui allait se passer par la suite pour mieux s’y préparer, et comme si elle avait lu dans ses pensées elle bafouait de nouveau ses principes en se mouvant si vite que ses yeux n’eurent pas le temps de suivre jusqu’à sentir le poids dans son dos. Avant que le cri de douleur émanant de sa gorge ne vienne résonner dans toute la garderie en sentant ce qui était comparable à des lames le percer de part en part, essayant en vain de l’enlever de là comme si elle avait pu être un animal en cherchant en lui arracher le visage mais ce ne fut que le masque qui lâcha, l’apothéose dans cette morsure si sauvage quand il sentit les dents de la jeune femme se glisser dans son cou lui offrant sûrement les airs d’une créature étrange. La douleur physique c’était tout ce qu’il lui rappelait qu’il était encore vivant parfois, amant la recevoir dans des contextes assez particuliers dans un sens, appréciant que peu ce contact influé sur lequel il n’avait aucune emprise pour une fois. Niels profita de la position penchée de Coraline pour lui saisir les cheveux et tirer autant qu’il le pouvait, autant profiter d’avoir cette satané de sangsue ainsi contre lui pour essayer de la dégager justement, alors que dans un mouvement violent il recula contre le mur pour que son dos – ou plutôt le sale parasite accroché – puisse se cogner suffisamment  et surtout le lâcher mais ce ne fut pas assez très certainement à cause de ce pouvoir étrange qu’elle avait.

« LÂCHE-MOI ! Dès que je suis libre de mes mouvements je peux te promettre que je vais t’éclater ta sale boîte crânienne ! »

Le discours de la survie sûrement, alors qu’il était clair qu’il n’avait aucun moyen de la blesser, continuant à tirer les cheveux pour la faire lâcher en vain. Les spasmes de douleur incontrôlés se faisaient de part en part, lâchant des gémissements de douleur alors qu’il avait la sensation d’être pris dans un étau qui lui comprimait la respiration au moindre mouvement, finissant par tomber en avant en perdant brutalement l’équilibre en sentant comme une de ses jambes se disloquer à cause de répéter des gestes trop soudains et brutaux. Niels en lâcha Coraline alors qu’il se mit à crier un bon coup comme pour exorciser tout ce qu’il y avait au fond de lui, sentant les piques toujours présentent qui lui faisait un mal de chien, avant de porter son regard sur les morceaux de jouets qui se trouvaient tout autour d’eux. Il inspira un bon coup et se mordit les lèvres pour se calmer, souhaitant redevenir maître de lui, alors qu’il tendit une main vers le tas de petits soldats qui s’étaient ainsi sacrifiés vers son bon vouloir en sachant très bien ce qu’il cherchait. Il agrippa dans ses doigts le bout de ferraille servant à soutenir la structure de la poupée en porcelaine qui avait fini comme le reste, le même qui lui permettait ainsi de se mouvoir, comptant bien l’enfoncer dans la tête de cette foutue folle qui avait plus l’air d’une sauvage que d’un être humain. Il savait bien que les attaques physiques n’avaient pas fait effet sur elle, très certainement qu’elle allait tordre avant même de la toucher ce qu’il tenait en main, mais merde c’était le tout pour le tout qu’il devait tenter car il était hors de question de laisser la joie à cette réparatrice de le tuer sans protester ou même réagir une seule seconde. La vie était un combat et il ne s’arrêtait qu’à la mort, d’ici là il devait faire son mieux et tout faire pour survivre, serrant ainsi les doigts sur le métal et prêt à l’enfoncer vers Coraline tout en visant de préférence l’œil. Prenant ainsi son élan il s’arrêtant pourtant avec brutalité dans son geste, alors que ses yeux quittaient l’endroit probable où se trouvait son adversaire pour se poser vers l’entrée de la garderie, recevant une sorte de douche tellement froide qu’il en oublia tout le reste en entendant cette petite voix fluette qui s’était élevée dans ce véritable orage de la violence et de haine. Niels avait le souffle coupé alors que tout d’un coup il n’y avait aucun mouvement des deux côtés, comme si tout d’un coup le temps s’était arrêté mais pourtant ce n’était clairement pas le cas, tandis que l’enfant qui se trouvait au bout de ce champ de bataille improvisé répétait sa question comme par crainte qu’on ne l’avait pas entendu alors qu’il serrait contre lui son doudou comme dans l’espoir que ça pourrait le protéger.

« Niels qu’est-ce que vous faites… ? »

Que pouvait-il répondre à ça ?  L’animateur ne voulait mentir et même pas à un enfant, lui inventer une belle histoire qui viendrait le tromper, alors que tout ce qu’il avait envie de lui dire était de fuir de là aussi vite qu’il le pouvait. Il ne serait dire si c’était un résidu d’instinct paternel qu’il pouvait avoir mais il ne voulait pas le voir blessé, il n’était pas son enfant mais il ne tolérait nullement qu’on puisse faire du mal à des enfants innocents, alors que la crainte que Coraline vient s’en prendre justement à ce petit être vienne à se former. Il ne le tolérait pas à aucun moment et tant pis s’il devait par la suite rendre son dernier souffle de vie pour le protéger, ce serait même un honneur même s’il allait à l’encontre de sa promesse faite à Alice quelque part, mais dans un sens il avait l’impression que cette interruption avait elle aussi pu calmer son agresseuse et même si ce n’était que de manière provisoire alors il le prenait. Alors pour lui il reprit ce sourire et ignorait la douleur qui courait un peu partout dans son corps, parce qu’il refusait qu’il puisse le voir autrement et ceci même dans un moment aussi critique que celui-ci, s’appuyant sur le bras qui tenait le morceau qu’il destinait à venir éborgner Coraline pour essayer de se relever au mieux malgré le poids qu’il avait toujours sur lui. Niels ne voulait donner aucune vision de terreur à cette petite tête blonde, faisant des efforts comme jamais pour ignorer tout ce qui n’allait pas et remettre en marche son corps en l’agitant comme la marionnette qu’il était, mais pour que tout aille comme il faut il fallait qu’il réussisse à convaincre non seulement l’enfant mais surtout son adversaire d’aller dans son sens ne serait-ce que pour un temps suspendu. Niels ne pouvait pas être au plus bas de toute manière, sachant très bien où se trouvait sa priorité en cet instant bien précis, laissant de côté sa rage ou même la rancœur dans cet entracte improvisé bien malgré eux. Il inspira un bon coup pour porter un coup d’œil à Coraline, espérant qu’elle comprenne que derrière le masque qu’il avait sa démarche n’en soit pas moins sincère, venant lui chuchoter pour qu’elle seule puisse entendre dans le seul but de préserver ce petit gamin qui avait eu la mauvaise idée de revenir dans ce lieu qui était pourtant synonyme de protection pour lui en temps normal.

« Je me fiche que tu me tues mais… S’il te plaît… ne lui fait aucun mal et laisses le repartir, je n’ai pas le droit de te demander quoi que ce soit vu ma position mais je le fais quand même, après tu feras ce que tu veux quand il ne sera pas dans les parages... »

Aucune pitié de sa part n’était attendue, lui qui ne comprenait même plus le sens de ce mot quelque part, mais aussi étrange que ça puisse paraître il n’eut aucune protestation de la part de la jeune femme ou la moindre moquerie face à sa demande. C’était comme s’ils étaient en accord sur ce sujet-ci, comme s’ils savaient que cet enfant ne devait jamais voir la vérité, alors qu’il se relevait avec une difficulté monstrueuse malgré le fait qu’elle avait pu descendre de son dos. Son corps entier lui faisait mal tandis qu’il boitait en direction du petit, il fallait croire que l’une de ses prothèses avait pris un coup plus violent qu’il ne l’aurait cru, ne tournant pas un seul instant le regard vers son bourreau tant sa seule idée en tête était de s’occuper du petit et plus que tout de le mettre en sûreté. Autant minimiser les traumatismes car il fallait avouer que vu leurs têtes, avec le sang qu’ils avaient un peu partout avec Coraline, et la pagaille dans la salle ça ne serait pas très beau à voir. Il attrapa le sac à dos qui avait été oublié, d’ailleurs il eut un petit rire amusé en voyant que l’enfant était tellement tête en l’air qu’il revenait souvent après la fermeture pour venir chercher son bien qu’il oubliait tout le temps tandis que le parent attendait dehors sûrement à envoyer des messages ou il ne savait quoi pour sa part – mais qui avait le don incroyable de l’irriter, lui redonnant en essayant de faire au possible bonne figure comme il le devait. Une fois ceci fait Niels posa sa main dans le dos du petit pour le pousser très doucement vers la sortie, voulant le forcer à sortir de là au plus vite sans pour autant le brusquer, ne sachant quelle réaction pouvait bien avoir la réparatrice et surtout ne connaissait pas la patience qu’elle pouvait bien avoir donc il ne voulait prendre aucun risque. Il aurait pu se servir de lui comme dans un bouclier pourtant, s’en sortir sans plus de dommage et laissait l’enfant tout prendre à sa place, mais même lui avait ses propres limites et jamais ô grand jamais il ne ferait une telle abomination. Il s’arrêta dans ses mouvements en sentant le câlin qui lui était délivré, conscient qu’il n’avait pas vraiment dupé le plus jeune et surtout en voyant comment il pouvait bien s’accrocher à lui, se contentant juste de lui frotter un peu la tête pour l’encourager à partir et que ça serait ce qu’il y a de mieux.

« On se voit demain Niels ? »

« Ne t’en fais pas pour ça, tu devrais y aller avant que ta maman s’inquiète d’accord ? »

Inutile de lui mentir en lui disant que oui alors que le marionnettiste n’était même pas sûr de la suite, il avait la sensation qu’il allait s’effondrer d’un instant à l’autre, mais au moins ses paroles eurent l’air de rassurer suffisamment le petit qui finit par franchir le seuil de la porte et disparaître de la salle. Il ferma un instant les yeux car il savait qu’il allait devoir affronter la furie devenue blonde, qu’elle risquait de le tuer à tout instant désormais que son seul salut et protection étaient ainsi partis, finissant par se retourner vers elle toujours avec ce petit sourire bien malgré lui. Niels n’aurait pas la force de répliquer la moindre attaque, elle l’avait mis tellement mal en si peu de temps, il n’y avait qu’à voir comment elle lui avait perforé la peau de part en part comme s’il n’était qu’un simple petit gruyère. Il avait joué avec Coraline et il avait perdu même si c’était terriblement difficile à accepter, même si une grande partie de lui le refusait parce qu’il était entêté dans cette idée que tout ne pouvait se finir ici et surtout pas sans avoir atteint son but, mais il fallait surtout se rendre à l’évidence. L’animateur ne pouvait aucunement la blesser et il avait déjà toutes ses petites poupées en miettes, elle était trop rapide pour lui et ses mouvements se trouvaient devenir trop compliqués avec sa jambe qui risquait de céder à tout instant vu l’intense activité qu’il avait pu avoir, inutile de lancer de belles paroles de toute manière parce qu’elle n’y croyait plus à partir de l’instant même où elle avait pu apercevoir le véritable Niels. Elle avait gagné sur tous les tableaux et rien ne pourrait jamais le changer, elle l’avait battu sur son propre terrain pourtant conquit depuis tellement longtemps et surtout tout le long elle avait eu l’avantage, et même l’énergie de désespoir qu’il pourrait avoir n’y changerait rien. Pourtant il gardait ce même visage enjoué, se contentant d’écarter un peu les bras comme s’il avait pu être dans une représentation théâtrale avant de les laisser retomber comme pour prouver qu’il attendait quelque chose, après tout tant que le rideau n’était pas tombé la pièce continuait et ceci qu’importe ce qui pouvait se passer ou même l’état des acteurs.

« Et maintenant… ? Tu en termines c’est ça ? »

Simple question rhétorique de sa part en réalité, résigné dans son sort de toute manière, le seul luxe qu’il pouvait espérer c’était que la mort serait rapide et qu’il pourrait ainsi retrouver plus vite les bras de la seule personne qui comptait mais qu’il n’avait pu extirper de son état.







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F. Coraline Dagenhart

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MessageSujet: Re: Let's play a game where nothing that we can see, the same | F. Coraline Dagenhart   Sam 12 Nov - 16:37



Let's play a game where nothing that we can see, the same

Tu regardes ces jours heureux de naïveté et d'amour tu pensais que danser pouvait faire tomber la pluie de ton regard d'enfant tu observais le monde qui t'entourait tout te paraissait si grand mais tu ne seras plus jamais un enfant rien ne te fera sentir comme avant peut-être est-ce temps de changer de vision tu ne pourras plus rentrer à la maison



Elle n’était plus humaine ; son visage démasqué par la violence du geste de Niels n’affichait que sauvagerie primaire, ses pupilles si rétrécies qu’elle en paraissaient absentes, laissant seulement un regard presque transparent, vide de toute émotion. Elle mordait comme jamais rien n’avait mordu, au point que ses canines pourtant humaines avaient transpercé la peau au moins superficiellement, bien que heureusement sûrement pour Niels elle ne toucha pas d’artère, à croire que sans même s’en rendre compte elle s’efforçait de ne pas le tuer, ou le blesser assez pour qu’il meurt de lui-même. C’était insensé, à n’y rien comprendre quand on voyait l’animal furieux dont elle avait pris la forme cette fois en se contrôlant parfaitement, ne laissant pas ses démons la submerger comme quelques instants auparavant ; pourquoi ne pas l’exécuter maintenant ? Elle en avait le pouvoir, toutes les portes étaient ouvertes, elle n’avait plus qu’à en franchir une pour décider de quelle manière mettre fin à ses jours ; mais rien n’y faisait, ni la morsure, ni les piques de hérisson qui s’échappaient de sa peau pour venir se planter dans celle de Niels. Mille occasions ratées et au fond peut-être était-ce délibéré, comme ce contact bouche contre bouche qui aurait pu être celui de la Mort et qui était devenu celui de la Confusion, inefficace, sans le moindre effet alors que ça aurait suffit à délivrer un coup probablement si violent qu’il aurait simplement suffit de lui toucher le cou pour l’achever. Trois fois qu’ils se touchaient sans que Itward ne semble réagir, et lui qui était censé être instantané à la moindre menace physique, quand le marionnettiste était venu fracasser presque littéralement son front contre le sien, il y avait eu un instant d’hésitation, une édulcoration de l’impact pour lui au point qu’elle en avait ressenti l’onde de choc, comme si elle savait qu’il risquait de s’étriper tout seul s’il venait la frapper à pleine force de cette manière et qu’elle avait malgré elle diminué l’impact pour qu’il ne finisse pas avec le crâne entier fendu en deux, d’étranges automatismes quand on savait que de nature, Coraline n’était de loin pas incapable de tuer.

Alors, pourquoi lui ? Entre tous les être humains qu’elle avait tué ou qui étaient morts devant ses yeux pourtant si innocents, pourquoi ne voulait-il pas crever une bonne fois pour toutes ? Pourquoi ne parvenait-elle pas à infliger le coup fatal, celui qui le laisserait amorphe sur le sol avec elle l’observant, la bouche et les mains pleines de sang ? L’égoïsme, l’instinct de survie ; le rejet de celle qu’elle avait été, du monstre que l’Autre Mère avait fait d’elle. Un monstre ? Non, elle ne s’était jamais vu comme ça. Ce qu’elle avait fait, elle l’avait fait pour protéger ceux qu’elle aimait, ceux qui avaient besoin de sa protection alors qu’elle n’avait pas réussi à les sauver la première fois ; et elle ne savait pas un instant que c'était une de ces choses qu'elle avait en commun avec le marionnettiste. Connaissait-elle inconsciemment Niels ? Un être cher qu’elle ne voulait pas achever. Non… C’était plus complexe, bien plus complexe que cela. Un mélange de tout, un mélange de rien, le néant absolu et l’univers tout entier, passé, présent et avenir qui s’amalgamaient pour n’apporter à nouveau rien d’autre que cette confusion. Il avait pu la toucher deux fois alors qu’ils ne se connaissaient que depuis quelques instants, et ça n’arrivait jamais, pas même avec les individus les plus proches de Coraline ; un mystère total, une brume que la jeune femme n’avait pas hâte d’explorer, même si au fond d’elle-même elle savait qu’ils étaient désormais liés à tout jamais, ou du moins jusqu’à ce que cette interrogation ne devienne une réponse enfin claire à ses yeux.

Mais elle ne lâchait rien pour autant ; presque enroulée comme une anguille autour de lui, les dents toujours serrées sur son cou, même lorsqu’il se mit à tirer si violemment sur ses cheveux que c’était comme si sa peau se soulevait de son crâne, même lorsqu’il vint percuter le mur derrière lui dans l’espoir inutile qu’elle ressente la douleur et ait le réflexe de céder ; elle ne fit que sourire autant qu’elle en était capable quand il se mit à hurler, manquant de s’étrangler un instant sur le sang de Niels qui coulait dans sa bouche ; trop ravie de l’entendre tonitruer de la sorte, lui qui semblait si fier de se contrôler en toutes circonstances, elle avait l’impression d’avoir relâché une bête féroce au moment où elle avait gelé ses mains et elle devait avouer que la chasse l’exaltait plus que de raison, la Marionnette en elle se sentait incroyablement puissant de le faire faire tomber le moindre masque qu’il pouvait porter, se sentant comme supérieure puisqu’il n’était au fond que le maître marionnettiste, il tirait les ficelles mais ne portaient pas les masques et de le voir succomber si facilement en si peu de temps face à la vraie reine des masques l’excitait au possible. Elle l’avait fait dévoiler un nombre conséquent de choses sur lui alors qu’elle-même se montrait toujours aussi imprévisible, toujours aussi inconséquente, toujours aussi inconstante ; sauvage un instant, menaçante un autre pour redevenir gamine la minute d’après, certains pouvaient appeler ça de la bipolarité mais c’était si loin d’être le cas puisque toutes les facettes de Coraline fonctionnaient avec la même harmonie qu’un orchestre prestigieux et complexe, chaque instrument délivrant ses notes avec une précision cristalline pour libérer une mélodie d’une beauté incomparable.

Et tout s’effondra d’un seul coup. Les frissons devinrent glaciales, le temps s’arrêta, et les pupilles de Coraline se dilatèrent quand une petite voix vint remplir la garderie, à peine capable de couvrir les cris sauvages de Niels et la frénésie de Coraline. Et le silence. Le silence de plomb, le silence lourd et léger, le silence qui laissa s’échapper toute la folie dont recelaient ces lieux pourtant symboles d’innocence et de protection, devenu une scène de presque-meurtre parti de rien, d’une petite flamme consumée par le gel. L'immobilité de l'un comme de l'autre était surréaliste, et la pression que Coraline exerçait avec ses dents se dissipa avec une lenteur improbable, jusqu'à ce qu'elle libère totalement le cou de Niels, respirant lourdement, quand la petite voix s'éleva à nouveau, cette fois claire et intelligible, timide et effrayée, si dissonante dans l'écho de la haine qui habitait encore la pièce un instant plus tôt.

« Niels, qu'est-ce que vous faîtes ... ? »

Une voix d'enfant si innocente, si apeurée par ce à quoi elle assistait que les larmes montèrent à nouveau aux yeux de Coraline ; elle était déchirée à l'intérieure d'elle-même, la Marionnette s'était entièrement rétractée, honteuse et coupable du spectacle qu'elle offrait à un être pour lequel elle s'était battu toute son existence, pour les protéger, pour les épargner de l'horreur de l'âge adulte et de la réalité toute entière, passant ses journées à s'occuper d'eux avec douceur, à les distraire alors que désormais ce môme pouvait assister à toute l'horreur de ce qu'elle était vraiment. Coraline n'avait jamais cherché à cacher des choses aux enfants, elle qui avait baigné dans le sang et le glauque toute sa vie elle n'avait pas le moindre scrupule à leur expliquer les choses de la vie si la question venait à arriver, mais jamais au grand jamais ne voulait-elle qu'ils aient peur de cette réalité, qu'ils aient peur d'elle alors que sa seule raison de vivre était de leur faire conserver cette innocence qui les caractérisait si bien, contradictions et paradoxes quand on y pensait mais c'était d'une logique si limpide dans les yeux de Coraline.

Elle se relâcha presque entièrement, toujours agrippée à Niels mais sans plus le percer de toutes les aiguilles qui pouvait bien sortir de sa peau pour rencontrer celle du marionnettiste, tandis que celui-ci peinait à se relever. Elle ne regardait rien, ni l'enfant ni sa cible, instantanément refroidie dans ses ardeurs tandis que la voix de Niels dans son horreur, si douce et basse résonna comme un écho dans le lointain, et la seule chose qu'elle fut capable de faire fut d'acquiescer légèrement, avant de se laisser glisser sur le sol, s'installant en tailleur et les mains appuyés derrière elle comme si elle se trouvait simplement à un pique-nique entre amis. Elle se couvrit la bouche pour essuyer le plus possible le sang qui s'y trouvait, le goût âcre dont elle se délectait juste avant devenu soudain métallique et désagréable, et elle se sentit comme projetée dans ses souvenirs un instant. Elle ne pouvait s'empêcher de se mettre à la place de cet enfant, elle qui avait vécu une horreur similaire et pourtant mille fois plus impactante et plus terrifiante, le jour où elle avait réussi à échapper à l'Autre Mère la première fois et qu'elle était revenue dans sa maison, impatiente de sauter dans les bras de son père et de sa mère. Mais tout ce qu'elle avait trouvé ce jour-là c'était une quantité affreuse de rouge peint sur les murs comme de l'art abstrait, et devant ces yeux la réalité affreuse l'avait si violemment percutée qu'elle n'avait eu que le réflexe de s'enfuir, les larmes roulant sur ses joues sans qu'elle ne puisse les empêcher. Ce petit garçon à l'entrée de la garderie montrait bien plus de courage et de lucidité qu'elle ce jour-là, et pour cela elle l'admirait en quelque sorte, restant assise en silence, entourant ses jambes de ses bras en fixant le sol avec un air coupable.

À cet instant, pendant que Niels s’occupait tant bien que mal du petit enfant qui n’était pas stupide et comprenait que quelque chose n’allait pas, Coraline se sentie comme rétractée dans un autre monde ; ses yeux étaient fermés, et par une sorte d’empathie étrange elle se retrouva à la place du bambin. Sauf que ce jour-là, son jour fatidique à elle, son père ne s’était pas relevé en grimaçant, sa mère ne lui avait pas chuchoté que tout irait bien même si son visage couvert de sang lui racontait une autre histoire. Elle avait été seule à cet instant, et la seule chose à laquelle elle avait pu se raccrocher était ce chat noir dont elle ne savait rien ; il était devenu son rocher, la seule chose qui lui tenait la tête hors de l’eau, qui lui avait permis de voler encore malgré les chaînes dont l’affligeait l’Autre Mère jour après jour. Cet immonde personnage avait détruit sa vie, déjà que ça n’avait jamais été un conte de fée mais les longues soirées d’ennui en tant que fille unique, Coraline s’en souvenait comme étant si douce et si belle après qu’on les lui ai arraché. Et après cela elle n’avait jamais eu réellement le temps de guérir, se réfugiant dans les mondes pas si imaginaires que cela qu’elle croyait inventer ; elle n’avait fait qu’un avec sa douleur en se faisant immunisée contre l’horreur, en ne ressentant rien d’autre que curiosité et agacement quand un autre enfant aurait probablement hurlé de terreur face à ce à quoi elle assistait, face aux démons de l’Ultraréalité, face à Itward même. Elle réalisait peut-être pour la première à cet instant, en voyant ce petit garçon si lucide faire un câlin à Niels, qu’elle n’avait absolument jamais pris le temps d’affronter son propre passé, qu’elle n’avait fait que courir droit devant elle en encaissant tous les obstacles sans jamais s’arrêter pour soigner ses blessures. Qu’elle avait couru droit dans le piège, bien encore après avoir franchi cette petite porte dans le salon, bien après avoir trouvé ses parents morts, bien après avoir perdu la mémoire la première fois, bien après être devenue la Marionnette.

Comment avait-elle pu s'emporter à ce point-là, précisément contre l'homme qu'elle semblait parfaitement incapable de tuer pour une raison qui lui échappait encore ? Elle n'était pas du genre à vouloir tout contrôler mais peut-être qu'elle l'était plus qu'elle ne le pensait, qu'elle s'était inconsciemment donné pour tâche de faire comprendre à ce marionnettiste qu'il ne serait jamais son maître alors qu'il n'avait pas même effleuré la suggestion, ne sachant même pas qu'il se trouvait face à une marionnette. Et elle avait gagné. Elle avait gagné au prix d'un choc émotionnel à un enfant si jeune encore, plus jeune même qu'elle au moment où elle-même avait dû grandir d'un coup et affronter la réalité et qu'elle avait préféré s'enfuir et s'enfoncer bien plus loin encore dans les annales de sa propre imagination, de sa propre folie tordue. Sans s'en rendre compte elle se mit à mordre son poignet, non pas avec violence mais doucement, un peu comme quelqu'un se pincerait pour se sortir d'un cauchemar ; tour à tour, elle mordait jusqu'à faire apparaître les marques rouges de ses dents, avant de lécher doucement du bout de la langue pour mordre à nouveau, comme pour se faire comprendre qu'elle avait fait quelque chose de mal et qu'elle allait le regretter tout en essayant de se convaincre qu'elle avait fait le bon choix -les gestes avaient un don inexpliqué pour trahir les processus de l'inconscient.

La porte claqua au moment où l'enfant disparu mais l'ambiance fiévreuse d'autrefois ne fit pourtant pas surface à nouveau, et Coraline se contenta de se relever, juste avant que Niels ne se retourne et l'affronte du regard. Il semblait las, fatigué malgré qu'il continuait d'afficher un air enjoué son corps percé de partout et sa posture incertaine le trahissaient, pas une seule seconde d'humeur à lui « exploser la boîte crânienne » comme il l'avait hurlé quelques instants plus tôt ; et Coraline n'avait plus la volonté de le tuer. Au contraire, elle avait l'estomac au bord des lèvres, sentant en elle l'envie sourde de vomir ses tripes mais se retenant malgré tout, affichant le même air las et épuisé que revêtait Niels à cet instant. Alors qu'il suggérait de terminer le travail, Coraline poussa le plus long soupir de sa vie, se massant légèrement la tempe d'une main.

« Je ne lui aurais fait aucun mal, je tiens à ce que tu le saches. »

Elle rouvrit les yeux, regardant Niels avec les sourcils froncés, et son visage affichait un mélange entre dédain, inquiétude et même une pincée de regrets. Quelques secondes passèrent et ses cheveux virèrent lentement du blond presque blanc au noir corbeau qu'ils affichaient en temps normal, et elle se contenta de ramasser le bonnet de Noël pour y replacer l'entier de sa chevelure afin de la faire disparaître, gardant en tous temps malgré tout une distance plus que raisonnable avec le géant -à tout moment pouvait-il changer d'avis et profiter du fait qu'elle n'avait plus la moindre envie de jouer pour essayer encore de l'achever, et très sincèrement elle n'avait plus la moindre envie même de se défendre, elle se laisserai probablement tomber sur le sol sans bouger le temps qu'il tombe d'épuisement à force d'essayer de frapper quelque chose qui ne peut pas être frappé sans conséquences.

« Je ne saurais même pas quoi te dire. En terminer ? Ce serait trop facile, à ce stade. » Elle ricana légèrement, mais son sourire s'estompa très vite, son regard parcourant le corps de Niels et particulièrement sa chemise trempée de sang et la jambe sur laquelle il semblait n'oser s'appuyer. « Itward était en forme aujourd'hui. » Elle se gratta l'arrière de la tête comme une gamine nerveuse, tant elle ne savait pas comment les choses allaient avancer depuis là. Si elle le laissait en vie, il viendrait se venger, appellerait la police, ou alors se viderait de son sang pour devenir un fantôme qui viendrait hanter ses nuits. Bien que cette dernière option risquait d'arriver même s'il restait en vie, vu l'ampleur des cauchemars qu'elle pouvait faire de manière très régulière. « Tu veux mourir, Niels ? » La question était d'une sincérité absolue, prononcée avec le même timbre de voix que lorsque l'enfant lui avait demandé s'il allait revoir l'animateur le lendemain. « Parce que je n'ai pas envie de te tuer. » Un aveu absent d'émotions. « J'aurais pu le faire mille fois, et pourtant tu es toujours debout, et ça me rend dingue. » Son regard dévia un instant alors qu’elle fit un signe de tête vers l’entrée de la garderie. « Et maintenant encore moins, car je refuse que cet enfant grandisse en se demandant où tu es passé, en se sentant coupable de n’avoir rien pu faire, de briser l’espoir qu’il a ressenti en te demandant s’il te reverra demain ou un autre jour. Je ne lui aurais fait aucun mal. Je ne suis pas comme elle. » Elle se retrouva à nouveau projetée en arrière, cette fois dans ses faux souvenirs, au moment où elle avait planté son couteau dans le coeur de la marâtre, et encore un peu plus dans le passé, le jour où l’Autre Mère l’avait tuée. « ça me rend dingue parce que je sais que je serais capable de te tuer, et que je n'ai jamais rien autant désiré dès le moment où j'ai vu ce dont tu es capable. Mais tu es toujours vivant. Pourquoi tu es toujours vivant ? »

Elle commençait à se sentir frustrée, mais elle n'avait plus assez d'énergie pour transformer cette frustration en coup fatal pour le marionnettiste. Elle avait désiré sa mort, vraiment ? Alors pourquoi se tenait-il toujours devant elle ? Et maintenant, qu'allait-il se passer ? Allait-il la laisser s'en aller bien gentiment, et ils se diraient adieu comme des vieux amis dont les chemins deviennent trop disparates pour songer à se recroiser ? C'était d'une absurdité si risible qu'elle en sourit à nouveau, bien qu'elle n'avait pas bougé de l'endroit où elle avait ramassé son chapeau, les yeux tournés vers Niels qui se tenait près de la porte. Enfin, elle fit quelques pas en direction de la fenêtre, voyant que le jour commençait à baisser, et ce fut comme une surprise de voir que pendant que ce combat sanglant se déroulait, le monde n'avait pas cessé de tourner, la routine avait continué et personne n'avait retenu son souffle. Cela mettait tout en perspective, à quel point cette bataille n'avait pas la moindre importance dans le grand déroulement des choses, à quel point tout cela était si insignifiant au fond qu'elle se demanda presque si tout cela n'avait pas été qu'un rêve, un songe rêvassé au coin de sa boutique après sa première rencontre avec le marionnettiste. Ça n'était pas au-delà d'elle de se lancer dans une telle rêverie, après tout ; mais c'était bien réel, Niels était bien aussi mal en point qu'il en avait l'air et elle était bien l'auteur de cette mise en scène sordide qui était partie de si peu.

« Tu devrais appeler une ambulance. Je ne devrais pas avoir touché quelque chose de vital mais… Dans l'état où tu es c'est la meilleure chose à faire. »

Elle se sentit à nouveau nauséeuse, imaginant les questions qu'on lui poserait en voyant les marques de dents très humaines sur son cou, les nombreuses blessures provoquées par les piques, ses mains dégelées mais douloureuse, ce trou au milieu de son front fendu. On lui demanderait dans quelle horrible scène de torture il s'était retrouvé, qui avait bien pu lui en vouloir à ce point-là, quel secret on avait bien pu chercher à lui arracher avec une violence aussi inhumaine. Mais non, tout ça n'avait été qu'un jeu, un jeu dangereux et sanglant dans lequel ils s'étaient lancés tous les deux, Coraline sachant très bien qu'elle avait l'avantage à tous les niveaux grâce à Itward mais s'était malgré tout lancée là-dedans sans la moindre hésitation. Comme une enfant grondée par ses parents après avoir volé un bonbon dans une supérette, elle s'imagina les policiers arriver sirènes hurlantes à sa boutique, la taclant sans ménagement pour l'emprisonner le restant de ses jours au fond d'une cellule -bien qu'elle avait déjà traversé cette épreuve une fois auparavant et cette fois ce n'était pas juste un bonbon volé qui la rendait paranoïaque. Dans ses faux souvenirs, elle l'avait déjà vécu, et tout avait semblé si irréel ce jour-là qu'elle se sentit comme transportée dans le cauchemar que ça avait été. Sauf que cette fois ils ne serait pas indulgents, il n'y aurait pas de pitié dans leurs regards, ils ne penseraient pas que c'est juste une adolescente qui a mis fin au cauchemar de sept enfants désespérés d'une manière si monstrueuse ; non, cette fois ce serait différent.

« Et maintenant… ? On se dit au revoir et à la prochaine. » Au tribunal, probablement, bien qu'elle ne l'ajouta pas à la fin de sa phrase. Elle se sentait stupide ; elle avait agit comme une enfant capricieuse, sans penser une seule seconde que ses actions pouvaient avoir de lourdes conséquences pour l'un comme pour l'autre. « Franchement, tu t'attends à quoi ? Que je vais te tuer maintenant juste pour finir le jeu ? Ce n'était même pas mon intention de base… Je voulais juste détruire tes mains, je voulais juste être sûre que l'on ne puisse plus jamais me contrôler comme tu contrôles tes marionnettes, je voulais juste… Je voulais juste que cette peau de vache crève une bonne fois pour toute ! » Elle avait crié malgré elle, et à nouveau elle sentit une affreuse douleur dans son œil gauche la parcourir au moment où une larme de sang unique roula sur sa joue, larme qu'elle essuya aussitôt d'un geste rageur. « C'était pas censé partir en vrille comme ça ! C'était juste un jeu… C'était juste un de ses putains de jeux pour me ralentir encore ! Ah elle m'a bien eue cette garce, même sans être là elle joue encore avec moi… Je ne voulais pas redevenir la Marionnette mais elle ne m'en a pas laissé le choix en me livrant une cible aussi tentante… »

Elle était encore intimement persuadée que Niels avait quelque chose à voir avec Remor, malgré tout ce qu'il lui avait dit, malgré qu'il ait tourné les choses en dérision en la traitant avec une condescendance paternaliste des plus agaçantes. Et malgré le fait qu'elle avait gagné ce combat sur tous les plans, qu'elle avait vaincu Niels physiquement, qu'elle avait déjoué ses masques et percé la face visible de ses secrets, elle se sentait comme le dindon de la farce, comme la personne qui vient d'apprendre que tout cela n'était qu'une caméra cachée, une supercherie qui l'avait poussée dans ses derniers retranchements -ou presque. Un instant, elle imagina ce qui se serait passé si Nightmarionne s'était exprimé à pleine puissance, et elle en trembla légèrement, se couvrant les yeux de ses mains. Elle serra les dents, poussant un gémissement de colère en essayant de retirer tout le sang qui se trouvait encore sur son visage comme pour effacer tout ce qui venait de se passer, comme si tout allait disparaître en même temps que le liquide séché sur ses joues.

« Je suis Fran Coraline Dagenhart et rien d'autre… Je ne suis plus sa chose… je ne suis plus sa chose ! »

Elle ouvrit la fenêtre avec violence, et ce fut une bouffée d'air frais qui caressa son visage, tandis qu'elle contempla l'horizon quelques secondes, immobile, la bouche entrouverte et les yeux perdus. Elle était épuisée, mais elle eut soudain comme une épiphanie : elle savait exactement qui appeler en cet instant de tourmentes où ses démons commençaient à pointer le bout de leur nez à nouveau. Elle se tourna vers Niels, bien qu'elle n'affichait plus grand-chose en matière d'émotions, trop fatiguée sûrement.

« Je crois qu'on a fini de jouer pour aujourd'hui, chaton. Ne t'en fais pas, tu devrais t'en remettre assez rapidement. Enfin, j'espère… Ce serait dommage sinon ! Enfin, comme tu disais, c'est si dommage au fond… On aurait pu si bien s'entendre. » Elle s'efforça de reprendre un air enjoué, et le fait de se forcer sembla lui redonner sa personnalité si enfantine, au point que cela devint naturel, alors qu'elle adressa un regard amusé aux pantins disloqués sur le sol. « Tu diras à ta collègue de me livrer tous ces pauvres cadavres. Je les réparerai autant que possible… gratuitement. Elle n'aura qu'à les laisser à l'ent… Elle n'aura qu'à les livrer à la boutique, je m'en occuperai personnellement. » Elle s'était corrigée à mi-phrase, se rendant soudainement compte qu'elle n'avait plus la moindre envie de mettre les pieds dans cette garderie, risquant d'y recroiser Niels dans le futur, quelque chose dont elle n'avait pas particulièrement envie pour le moment. Puis, d'un geste vif, elle se plaça à califourchon sur le rebord de la fenêtre, soudain malicieuse. « Je m'excuserais bien mais… au fond je sais que ce jeu nous a autant amusé l'un que l'autre. Enfin peut-être pas sur la fin pour toi mais… Enfin. Il faut que je file, j'ai des choses à terminer avant que… avant que tout cela ne vienne me mordre au centuple. »

D'un geste vif, elle se laissa tomber de l'autre côté avec légèreté, à peine consciente du fait que son aspect était effrayant et absurde tout à la fois, avec ses vêtements étirés et en désordre, le sang sur son visage et son bonnet de Noël sur la tête ; mais elle n'y prêta pas attention, filant droit dans les rues comme une ombre avec pour seul objectif de rejoindre sa boutique au plus vite ; mais elle s'arrêta cependant, sortant son téléphone de sa poche en s'appuyant au mur comme si elle était sur le point de tomber dans les pommes ; puis, d'un geste vif, elle parcourut son répertoire avant d'appuyer sur un nom : « Doc ».

« Réponds… alleer…. Doc ? Doc c'est Coraline ! J'ai besoin de votre aide, je crois que j'ai fais une connerie... » Elle s'arrêta, surprise d'entendre une voix qui n'était pas du tout celle de Victor au bout du fil. Tiens ? « Doc, depuis quand vous avez une voix de femme ? Oh vous êtes devenu trans ? vous auriez dû me dire ! Comment ça c'est pas Victor ? » Elle s'arrêta à nouveau, prise de court par la voix inconnue qu'elle entendait au bout du fil. Victor avait une copine ? Pourquoi on ne lui disait jamais rien ?! Enfin, peut-être parce qu'il était son médecin d'abord alors, sa vie privée ne la concernait pas. Que les adultes étaient rabât-joie ! « Est-ce que Victor est là ? Pardon, c'est assez urgent… Non ? D'accord. Excusez-moi... »

Elle voulut raccrocher mais la femme au bout du fil la retint soudain, apparemment prête à lui refiler un coup de main en l'absence du médecin ; et Coraline hésita d'abord, sachant que Victor savait des choses peut-être trop confidentielle pour être partagée, avant de se dire qu'au fond, c'était sa copine alors, pourquoi ne pas lui faire confiance ?

Oui, Coraline, pourquoi ne pas faire confiance à un adulte à qui tu parles pour la première fois de ta vie ? Qu'est-ce qui pourrait bien mal tourner ?..

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Niels Mørck

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MessageSujet: Re: Let's play a game where nothing that we can see, the same | F. Coraline Dagenhart   Lun 14 Nov - 17:02




Tous les scénarios possibles venaient à se jouer dans sa tête même s’ils conduisaient tous dans la même direction, une fin de son côté qui se ferait dans le sang et peut-être enfin connaître l’apaisement après une existence tellement rude de vécue avec tant de sacrifices, dans sa vision Coraline prenait les airs de la grande Faucheuse et viendrait cueillir son dernier souffle de vie. Et Niels dans tout ça s’était presque entièrement résigné, n’ayant comme profond regret de n’avoir pu pour son plus grand malheur puis voir cette personne tant aimée pleine de vie, après tout il avait eu un aperçu de ce que la mort pouvait être au cas de l’étrange Katharina qui l’avait sorti de cet état avant qu’il ne soit trop tard. À croire que depuis il aimait faire un peu plus de vagues, prendre des risques qu’il n’aurait peut-être pas pris avant cette expérience hors du temps et de l’espace, parce qu’il avait eu le ressentiment atroce de jouer contre le temps et surtout sa détermination n’avait fait que monter d’un cran dans la mesure du possible. Il était alors là à faire face à la réparatrice se trouvant un peu plus loin, avec ce corps si douleur au possible qui avait l’air de s’effondrer d’une minute à l’autre tant il n’en pouvait plus et qu’il était arrivé à terme malgré ses efforts à avancer encore, offrant peut-être l’illusion qu’il était plus proche d’être une sorte de carcasse fragile que vraiment un corps humain. Il était sa propre marionnette après tout et celle-ci n’en pouvait plus, c’était comme si en cet instant il se chuchotait à lui-même qu’il était temps d’arrêter et de continuer à courir contre une illusion qui ne faisait que disparaître à chaque fois qu’il pouvait s’en approcher, ayant alors du mal à trouver un semblant de point d’appui sur cette jambe qui risquait de se briser d’une minute à l’autre si jamais il venait à initier une fois encore ce type d’activité pleine d’adrénaline comme il y a de ceci à peine un faible moment. Il y a peu il était prêt à enfoncer une tige de fer dans le crâne de Coraline, du moins essayer vu la façon dont elle avait l’air si imperméable à tout, et désormais il était juste las comme dans une prise de conscience sur le fait que le contrôle lui avait totalement échappé.

C’était comme si tout d’un coup l’électricité dans l’air avait disparu, pour laisser apparaître la vérité et l’atrocité du spectacle qu’ils avaient pu opérer ensemble, alors que Niels avait toujours ce sourire sur le visage comme si tout allait pour le meilleur du monde. Mais c’était faux. Il avait juste la sensation qu’il lui en faudrait tellement peu pour tomber sans qu’on vienne chercher à le rattraper, pour se faire happer vers un repos salvateur ou encore une délivrance qui était peut-être plus près de portée de main qu’il ne pouvait le penser, mais pourtant il avait réinstallé ce masque qui ne le quittait presque jamais. Et Coraline avait pu voir à travers celui-ci, apercevoir ce monstre qu’il était vraiment derrière ce sourire qui se voulait pourtant si bienveillant, avoir une simple idée de l’horreur qui se tramait derrière celui-ci sans pourtant en mettre forcément le doigt dessus. Après tout ce qui venait se produire il aurait été si légitime pour elle de venir le transpercer une fois encore avec sa peau si étrange, lui arracher ce peu de cœur qui lui restait et l’écraser dans sa paume, néanmoins la seule réponse qu’il put obtenir de sa part concernant une fin qu’il pensait toute proche ce ne fut qu’un long soupir tout aussi fatigué qu’il pouvait l’être à cet instant précis. Il ne comprenait pas. Le marionnettiste à la place de la réparatrice n’aurait même pas eu une seconde d’hésitation, s’il avait été en position de force il en aurait ainsi profité jusqu’au bout et encore plus pour se débarrasser d’un futur problème car il ne se faisait aucune illusion sur le fait que tôt ou tard elle deviendrait une véritable plaie qui offrirait la gangrène, et c’était peut-être bien là une grande différence entre eux après tout. Elle avait beau clamer qu’elle était sans état d’âme c’était pourtant lui qui agissait comme tel, lui qui jouait tant les innocents aux yeux de tous pour mieux obtenir ce qu’il voulait, alors qu’au fond de lui se formait cette infime colère sourde qui se fit bien vite dévorer par ce vide qu’il avait en lui. Dans cette non-violence qu’elle voulait exprimer il y voyait peut-être de la pitié ou de l’empathie à son égard, deux concepts qui avaient depuis si longtemps filé entre ses doigts tel du sable, avant de se dire que ça serait peut-être là l’occasion future d’en profiter pour finir ce qui avait pu commencer dans cette salle.

Le silence s’imposait un peu plus alors que Coraline faisait la confession qu’elle n’aurait jamais pu blesser cet enfant, la fixant toujours avec peut-être un peu plus d’intensité comme s’il pouvait être à la recherche de la vérité ou d’un moyen de prouver qu’elle pouvait mentir mais ce fut en vain, et de toute manière jamais il ne lui en aurait donné l’occasion de toute manière. Niels ne laisserait aucun des enfants qui étaient naturellement sous sa protection, sans qu’ils n’aient jamais rien demandé et n’en étant très certainement nullement conscients, être blessés ou même atteint d’une quelconque manière. Même s’il était vrai que cette promesse muette avait pu être assez entachée pour le coup vu la scène qui avait pu se dérouler sous ses yeux, entre la garderie dans un état improbable de chaos intense et eux recouvert de sang tout en criant à en perdre haleine ce n’était pas vraiment le genre de scène qui serait vite oubliée, cependant à son sens les dégâts avaient peut-être pu être minimisés au possible avec le fait que par exemple la jeune femme ne lui avait pas ouvert le gorge devant lui. Il cherchait quoi riposter mais son regard se perdit dans la chevelure d’une blondeur éclatante de son adversaire qui redevait aussi sombre que les ailes d’un corbeau, la couleur à laquelle il avait pu être en quelque sorte habitué car il l’avait rencontré ainsi, et l’idée de se débarrasser d’elle avait été si forte que ce genre de détail ne lui avait aucunement sauté aux yeux plus tôt. L’animateur de la garderie penchait un peu la tête sur le côté en essayant de décrypter ce drôle de phénomène, voulant comprendre la signification et ce qui se passait, devant finalement avouer qu’il n’avait pas assez de données pour ce faire. La curiosité était là malgré lui dans un moment inopportun, blâmant pour le coup cet emportement sulfureux qu’il avait pu avoir sans que ce genre de comportement ne lui ressemble, venant peut-être le réveiller un peu plus de la torpeur dans lequel il glissait doucement comme si la part de mystère face à lui venait à le secouer malgré lui. Il n’eut qu’un petit rire face aux mots qu’elle put avoir pour lui, apparemment une cible bien trop facile pour elle, tant de dédain à son égard ne pouvait dans le fond que l’amuser.

« Tu crois ? Très certainement oui. Comme tu l’as si bien dit je suis un tireur de ficelles, en dehors du métier je veux dire bien sûr, je ne suis pas un combattant et je n’ai jamais prétendu l’être. Tu en as eu la preuve. »

Bien plus le stratège que le guerrier, préférant amplement se servir de sa tête bien pleine que d’une violence qu’il trouvait si lassante en réalité, tandis qu’il se montrait presque amical dans sa façon de parler à la fois si douce et si décontractée. C’était comme si Niels se permettait la plaisanterie avec Coraline, comme s’ils avaient toujours été des bons amis qui n’avaient fait qu’avoir un petit dérapage – très gros en fait – qui les avait beaucoup trop dépassé, parce qu’il était ainsi fait alors que la rancune dans le fond à son égard était bien présente. Il eut un moment d’interrogation en entendant un drôle de nom, ce n’était pas la première fois qu’elle le prononçait devant lui et elle l’avait fait plus tôt avant d’exploser dans une colère qui avait fait tant de dégâts sur lui, ne faisant qu’étouffer un peu plus la réparatrice dans un mystère qu’il lui donnait de plus en plus envie de décortiquer ou même d’autopsier. Il ne fallait pas se mentir : les pouvoirs que la jeune femme possédait se trouvaient être dans les plus extraordinaires qui lui étaient donnés de voir, cette protection qu’elle avait et ceci même sans avoir à bouger n’avait fait qu’accroître une forme d’envie dévorante que d’acquérir lui-même ce don, et peut-être qu’involontairement elle venait de lui donner une pièce du puzzle en lui offrant ce qui était a priori un nom. De qui ? Oh ça allait être une devinette si amusante que de le découvrir à son sens vu qu’elle avait l’air partisan d’en rester là, ceci convenait formidablement bien entendu, ébranlant tout de même sa conviction qui était en train de se faire de par sa question. Mais Niels gardait son calme comme il savait si bien le faire, ce contrôle dans lequel il se berçait lui-même et non pas cette catastrophe ambulante qu’il avait pu laisser s’échapper, à l’avenir il allait devoir prendre un temps pour lui pour se recentrer mais surtout éviter que ce qui s’était produit aujourd'hui ne recommence en muselant la moindre tentative instinctive de sa part. La laissant continuer Coraline ne cachait pas son envie de meurtre à son égard, une fois encore un point commun sur ce qu’ils pouvaient avoir envie de faire à l’autre, alors que son sourire ne fit que s’agrandir avec beaucoup plus de malice que d’ordinaire à cette question sans doute rhétorique de sa part. Il eut même un faible rire qui s’estompa très vite, ne la quittant toujours aucunement du regard de son côté, comme si pour lui c’était une sorte d’évidence qui avait pu pourtant manquer à cette petite chose face à lui.

« Coraline… Une fois encore tu n’écoutes pas lorsque je parle, ça commence à devenir un très vilain défaut tu sais, je pourrais presque finir par me vexer. Mais comme je te l’ai dit tu peux me trancher la tête si ça te chante mais ce n’est pas ça qui va m’arrêter, je serai là toujours debout, tant que mon objectif ne sera pas atteint je ne pourrai pas mourir même avec toute la bonne volonté que tu peux mettre dans cette action. »

Moralisateur comme le pourrait être un professeur, pourtant emprunt à une douceur étrange qui lui était propre, délivrant une fois encore la vérité mais uniquement celle qu’il voulait bien montrer. Niels avait l’art de faire passer des discours si horribles avec un air si convivial que généralement les personnes se trouvaient si confuses par ce contraste qu’elles n’osaient répliquer, comme un peu s’il avait trouvé un moyen aussi efficace qu’un bouclier pour obtenir une certaine protection, ne le mettant jamais en cause vraiment dans les propos qu’il pouvait avoir. Cependant il fut ramené vers la réalité en voyant Coraline commencer à bouger, essayant de se tenir plus droitement comme pour lui prouver qu’il était prêt à répliquer si elle avait fini par changer d’avis mais sa jambe n’était presque plus en état de quoi que ce soit comme pour le confronter à la situation dans laquelle il se trouvait, l’observant se déplacer en direction de la fenêtre qu’elle ouvrait alors qu’au loin la nuit se profilait à l’horizon. Et l’air qui se dégageait dans la pièce fut un peu bienfaiteur, emportant l’odeur de sang qui s’empreignait doucement dans ce lieu plus loin comme pour lui prouver qu’il n’avait pas sa place dans ce temple pourtant de l’innocence, ne se laissant pas encore bercer pourtant par la situation car il était hors de question de baisser sa garde tant qu’elle serait présente à ses côtés. Malgré la fatigue et la lassitude il ne fallait pas croire qu’il avait dit son dernier mot, il tenterait jusqu’au bout même si la défaite se profilait dans le coin, alors que quelque part il ne devait peut-être que sa vie à cet enfant revenu à l’improviste cherchait son sac qu’il avait pu oublier. Dans le cas contraire ? Ça faisait partie des scénarios qu’il avait pu envisager, se préparant à tout même à la fin de sa propre existence, celui où il quittait ce monde pour un autre encore tellement inconnu de l’être humain. Il eut un regard vers son torse pour voir le sang qui coulait toujours, se collant à sa chemise dont la couleur de base devenait de plus en plus méconnaissable, il n’y avait pas à dire Coraline y avait été fort et ce n’était pas quelque chose qui passerait après une simple nuit de sommeil mais qui nécessité bien la prise en charge minimum d’un médecin même s’il avait horreur de ça. D’autant plus que ce petit accident avec la fameuse Dame Blanche ne datait pas d’aussi loin qu’il pouvait le penser, parfois il perdait la notion du temps mais il était bien vite rattrapé pourtant vers la réalité des choses, poussant à son tour un long soupir fatigué mais avec cette mine si réjouit qui lui collait à la peau.

« On dirait bien oui. Mais de toute façon je saurai où envoyer la facture après tout, je sais où se trouve ta boutique après tout, si jamais je vois que les dégâts dépassent ton premier diagnostic. »


Ceci aurait presque pu être amusant dans un sens, une bonne blague qu’on se faisait entre amis, mais pourtant Niels était loin de rire dans le fond. Moins il voyait le corps médical et mieux il se portait, trop d’antécédents trop lourds à supporter dans son cas précis que ce soit directement ou indirectement,  se voyant déjà devoir passer un appel et plus que tout garder une forme de silence propre lorsqu’on allait lui demander ce qui s’était passé. Parce qu’il ne mentait pas malheureusement, ce qui aurait pu être si pratique dans ce cas précis pourtant, et qu’il comptait régler l’affaire Coraline lui-même que de laisser faire la justice bien trop incompétente à son goût. La vengeance était un plat qui se mangeait froid après tout, peut-être même glaciale tant il avait la patience d’attendre le meilleur moment pour frapper, et si la réparatrice croyait qu’elle allait s’en tirer si facilement par la suite alors elle se trompait bien lourdement sur son compte. Il lui ferait regretter la moindre pique qui avait pu transpercer sa peau, ses dents qui avaient pu s’enfoncer dans son cou même si avec du recul il pourrait trouver ça très plaisant – les goûts et les couleurs de chacun, mais plus que tout d’avoir osé lui geler les mains comme elle avait pu le faire. Car pour un marionnettiste et fabricant de poupées comme lui il n’y avait rien de plus important que cette partie-là de son corps, c’était elles qui venaient donner vie à ses créations et avec lesquelles il arrivait beaucoup mieux à manipuler son pouvoir, et rien que pour avoir voulu le priver de quelque chose d’aussi précieux il la détestait tellement qu’il n’avait pas les bons mots pour le décrire mais cette haine criante à l’intérieur se faisait un plaisir de son côté à le faire. Pourtant il restait là avec le sourire comme à son habitude si déconcertante, comme si tout ceci était sans gravité et tellement contradictoire avec les actions qui s’étaient pourtant déroulées, essayant au plus de réussir à conjuguer son attitude avec celle de Coraline mais le caractère si imprévisible de la jeune femme rendait le tout assez difficile car rendant la plupart des situations qu’il avait pu appréhender en adoptant différents angles de vue stériles. Ce qui fut le cas une fois encore lorsqu’elle s’adresse à lui alors qu’elle semblait vouloir partir, étant assez circonspect par ce qu’il pouvait entendre, ne manquant par d’une certaine façon de noter sa surprise même si ce fut assez édulcorée dans sa manière d’agir car après tout il ne montrait jamais plus que le nécessaire.

« Au revoir ? Et c’est tout ? Vraiment… ? »

Ses pupilles se rétrécirent sûrement sur Coraline à cause de cette colère qui se faisait à l’intérieur, en entendant le fait qu’elle confirmait avoir bien voulu détruire ses mains, reculant d’un pas du mieux qu’il pouvait lorsque le ton montait du côté de son adversaire. Qui était donc ce ‘’elle’’ ? Ceci non plus de ce n’était aucunement la première fois que la réparatrice semblait l’évoquer, faisant ainsi référence à une femme mais le tout était de savoir qui, et pour l’instant il ne faisait que stocker bien comme il fait la petite information dans son tas de données la concernant tant son esprit était trop embrumait pour vouloir réfléchir correctement à cet instant. Son œil analysait tout comme le reste de son corps qui le pouvait, cette violence et cette rage qui émanaient d’elle ne se trouvaient pas être anodines, lui indiquant ainsi à l’avenir vers où il allait bien pouvoir creuser pour en découvrir beaucoup plus sur la jeune femme et ainsi prendre petit à petit un certain avantage. C’était toujours ainsi qu’il procédait d’ordinaire, il collectait pour en sortir le plus important ou les sombres secrets qui ne se voyaient pas toujours d’un simple coup d’œil mais uniquement en composant avec plusieurs éléments, ce qu’il avait considérablement oublié de faire dans cette bataille dans laquelle il s’était emporté. Tous les mots devenaient pourtant une saveur envoûtante et une mélodie à part entière, dessinant déjà les prémisses des premières conclusions à tirer, notamment sur le fait que Coraline avait pu s’émanciper d’une influence de ce qu’il arrivait à comprendre. Intéressant ! À voir ainsi quelle tactile adopter par la suite, ne venant pas l’interrompre alors qu’il emmagasinait tout ce qui était possible de l’être alors que son sourire à son adresse demeurait bien là. Tous les deux étaient fatigués de toute évidence, pour des raisons pourtant si différentes, elle mentalement et lui physiquement alors que ce bal se dirigeait vraiment vers sa fin. Il était à bout de souffle mais pour l’instant il restait toujours debout, il ne lui ferait pas le plaisir de voir sa faiblesse parce qu’il n’aimait pas montrer ce genre de chose, restant dans ce stoïcisme qui lui était bien propre et qui ne se laissait atteindre par rien et encore moins personne.

« S’entendre oui… très probablement. Mais tout ceci ne reste que de l’ordre de l’hypothétique en fin de compte, de ce qu’on a pu voir aujourd'hui c’est bien loin d’être le cas, et désormais je doute que ceci puisse réellement être possible. »

Sans prévenir Niels vit disparaître Coraline par la fenêtre, comme si tout ceci n’avait été dans le fond qu’irréel, attendant quelques instants comme pour s’assurer de ne pas voir sa tête repasser et ainsi lui faire une mauvaise blague. Mais il n’en était rien. Le marionnettiste se laissa tomber à genoux au sol dans une longue râle douloureuse, se retenant d’une seule main contre le sol alors que toute la tension reçue était en train de lui donner un coup violent face au fait qu’elle pouvait enfin s’exprimer, respirant à un rythme régulier alors que son autre main tremblante il sortait son téléphone dans le but de téléphoner à un médecin. Elle l’avait mis mal comme jamais, ça faisait terriblement longtemps qu’il ne s’était pas trouvé dans un état aussi lamentable et se sentant aussi insipide, ayant du mal à supporter l’idée pour l’instant même s’il devait faire avec. Ses doigts ensanglantés, dus au fait qu’il avait cherché à s’essuyer le front plus tôt même si désormais le sang était sec, avait du mal à trouver les bonnes touches parce qu’il y avait ce spasme incontrôlé dans tout son corps. Il se mordit avec violence la lèvre tout en fixant l’appareille mais plus particulièrement sa main, soufflant lourdement dans un état proche de l’énervement et de l’épuisement, refusant de perdre une fois de plus le contrôle de lui-même ou de ce qu’il faisait. Et à force d’auto-persuasion il y réussit, hors de question après tout de faire n’importe quoi et il était fou de voir qu’il avait une telle emprise sur lui-même qu’il pouvait faire ce que bon lui semblait quelque part, profitant ainsi de cette reprise solide des rênes pour finir de composer le numéro tant convoité. Alors que la sonnerie caractéristique se faisait entendre tout se bousculait dans son esprit, tout ce qu’il avait pu apprendre sur Coraline, commençant ainsi déjà son tri de ses informations pour mieux les exploiter par la suite. En résumé, de ce qu’il avait pour l’instant, offrait le tableau d’une jeune femme assez étrange ayant des capacités extraordinaires offertes sûrement par un certain Itward et qui détestait qu’on puisse avoir une emprise quelconque sur elle à cause d’une femme qui avait eu une influence telle au point de la traumatiser. C’était déjà pas mal. Il interrompit le fil de ses réflexions alors qu’il entendit une voix féminine à l’autre bout, lui demandant quel était son problème, affichant toujours son sourire malgré le fait qu’elle ne puisse le voir.

« Bonjour. J’aurais besoin urgemment d’un médecin à la garderie, pas pour un enfant mais pour moi, pour une perte importante de sang et de multiples contusions un peu partout sur le corps. À prévoir peut-être un scanner au niveau du crâne, il a été sévèrement touché, enfin tout dépendra de l’avis de l’expert je suppose. Voilà c’est tout. »

Et avant qu’elle ne puisse dire quoi que ce soit il raccrochait, perdant cette façade souriante, se laissant doucement glisser pour se trouver allongé sur le sol avant de bouger pour être sur le dos. Il était fatigué, il avait mal absolument partout, et surtout la défaite avait un goût des plus amers. Le sol froid lui faisait un bien fou, passant doucement une main sous sa chemise pour constater les dégâts qui n’étaient pas aussi dramatiques ou fatals de ce qu’ils pouvaient paraître à première vue, pourtant bien vite gênait par un objet dans son dos. Grimaçant quelque peu il vient le sortir de dessous lui pour se retrouver avec ce qui restait de la tête de la poupée qu’il avait pu créer, celle en porcelaine et dont les yeux en verre se trouvaient être si abîmés qu’on aurait pu croire qu’elle était aveugle, observant cette pauvre petite chose avant de la poser contre ses lèvres comme l’aurait pu faire un père envers son enfant quelque part. Son sourire revenait alors de lui-même, repensant à ce pouvoir incroyable que Coraline possédait en y regardant avec du recul désormais, il allait devoir trouver un moyen de contrer cette petite réparatrice et peut-être qu’il pourrait toujours utiliser le cadavre de quelques fidèles petits soldats pour ce faire. Elle avait dit après tout qu’elle voulait tous les réparer, sans bien entendu le croiser vu qu’elle avait fait la mention de l’apporter à la boutique, instaurant ainsi à l’avenir le fait qu’il allait devoir redoubler d’une forme d’ingéniosité pour recroiser sa route. Masochisme ou pensée suicidaire qu’importe, il n’était pas question de ceci pour le coup, Niels ne comptait pas en rester là avec Coraline et surtout pas après en avoir tant vu mais aussi entendu. Reculant son bien pour l’admirer, parcourant de son autre main l’endroit où la porcelaine avait pu se briser pour devenir aussi coupante qu’une lame de couteau, il repensait à ce qu’elle avait dit sur le fait que tout ceci n’était qu’un jeu. Il en demandait plus alors, elle avait titillé bien trop sa curiosité, ayant qu’une hâte à savoir la décortiquer pour en faire une sorte de sujet d’études dont il n’était pas prêt de se lasser. On dirait bien qu’il avait trouvé un nouveau jouet finalement, le fait qu’elle lui tienne tête ne faisant que faire grimper son envie de savoir la vérité, réfléchissant à tout ce qui venait de se passer.

« Un jeu amusant ? Oh peut-être plus que tu ne le crois Coraline mais ce que tu ignores c’est que ce n’est que le commencement... »

Riant quelque peu alors qu’il fixait la tête éclatée de cette poupée entre ses mains, ce n’était qu’une victoire pour elle mais la guerre venait juste d’être déclarée, son appétit insatiable pour le jeu venant de se mettre en marche.







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Let's play a game where nothing that we can see, the same | F. Coraline Dagenhart
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