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 When I'm lost in the storm and I'm calling | Lieserl K. June

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Iñaki D. Blaze

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En réalité, je suis
la Salamandre
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MessageSujet: When I'm lost in the storm and I'm calling | Lieserl K. June   Dim 23 Oct - 22:15




Sa respiration était tellement mauvaise alors que sa main écrasait au possible le bouton d’appel d’urgence de l’ascenseur, celui-ci ne donnant comme seule réponse un véritable écho du vide face à l’absence totale d’interlocuteur, et s’il avait eu encore ses griffes d’antan il ne faisait réellement aucun doute qu’Iñaki les aurait planté dans le tableau de contrôle sans le moindre ménagement. La situation était tellement critique qu’il ne savait même plus où donner de la tête très honnêtement, essayant de garder son self-control si mince qui lui échappait de plus en plus à mesure que les secondes passaient car après tout il n’avait jamais su se contrôler, réussir à prendre le dessus de lui-même pour garder la tête froide était une mission impossible pour lui. Oh qu’il puisse exploser ici comme il savait si bien le faire, à savoir déverser autant de flammes ou de poison selon ce qui voulait bien sortir et dépendant aussi de la situation dans laquelle il se trouvait, ne le dérangeait pas vraiment et très honnêtement de base il laissait même tout librement sortir pour justement apaiser ce feu si ardent en lui. Il l’aurait fait bien volontiers, certes il aurait endommagé cette boîte de ferraille ambulante dans laquelle il se trouvait mais il s’en cognait pas mal, mais en cet instant présent il devait conjuguer avec le fait qu’il n’était aucunement le seul être vivant prisonnier de cette boîte de Pandore infernale et c’était bien le nœud du problème. La Salamandre ne savait pas du tout calmer ses pulsions primaires d’animal qui a besoin de tout faire péter autour d’elle lorsqu’elle se sent menacée, malgré lui c’était bien le cas présentement car le fait d’être ainsi coincé lui rappeler cette captivité subite à cause des humains cupides durant des années dans cette cheminée d’alchimie, et il risquait de mettre à tout instant en danger cette femme innocente qui n’avait rien demandé. S’il ne faisait pas quelque chose elle allait soit périr dans les flammes soit périr empoisonnée, se connaissant suffisamment pour savoir que tôt ou tard tout allait sortir et que ce n’était qu’une question de temps s’il ne sortait pas d’ici, et si blesser une personne l’importait peu le fait d’avoir une mort était peut-être différente depuis qu’il avait subi la malédiction mais surtout depuis qu’il avait eu affaire à l’Alpha des dragons.

Il se souvient encore de cette confrontation au sommet avec la plus jeune, la trouvant si frêle et fragile en apparence qu’il était sûr de gagner, Iñaki s’était retrouvé à mordre la poussière alors qu’il aurait dû avoir clairement l’avantage de la situation. Pourquoi avait-il perdu ? Il ne serait le dire avec exactitude mais il y avait eu chez l’étudiante quelque chose qui l’avait troublé comme jamais, une sorte d’aura qui l’avait presque paralysé de terreur et dont la concernée ne semblait nullement en avoir conscience elle-même de cet élan de pouvoirs qui était à l’intérieur d’elle, comprenant alors la supériorité qu’il affrontait. Et ça avait dur de plier devant elle en courbant l’échine, d’accepter sa défaite et encore plus en voyant à quel point elle était encore si inexpérimentée dans leur monde quelque part qui était tout de même assez à part, d’accepter l’idée qu’une personne puisse avoir une ascendance sur lui et puisse en quelque sorte le contrôler d’une manière ou d’une autre car l’Alpha avait ainsi le privilège presque royal d’ordonner sur les autres. Néanmoins aussi étrange que ceci puisse paraître à l’instant même où il avait craqué tout en se mettant en position d’allégeance à son égard il n’avait pas regretté, c’était comme si tout d’un coup un poids lui était retiré et qu’il n’expliquait pas mais ce n’était pas l’important à ses yeux, au contraire il avait même senti une forme d’apaisement intérieur comme il n’en avait pas eu depuis des années. Lieserl avait depuis le don de pouvoir calmer les crises dont il faisait preuve, évitant ainsi à la Salamandre de venir brûler toute la ville à la moindre contrariété, et elle était devenu pour Iñaki indispensable à l’apprentissage dont il devait faire preuve pour prendre le contrôle de lui-même car en étant parfaitement incapable tout seul pour l’instant. Elle était devenue avec un naturel déconcertant sa précieuse reine pour qui il serait prêt à donner sa vie, qu’importe si ce sentiment à son égard ne soit que le fruit ou non de l’influence que possédait le dragon dominant, lui qui pourtant était d’une espèce peu amicale avait trouvé sa place dans cette petite sphère qu’il appréciait sans l’avouer.

Même si des efforts avaient été fait de son côté pour pouvoir éviter de se transformer en véritable lance-flamme sur patte, ou même en véritable diffuseur de gaz mortel aussi, il restait énormément de chemin à faire et Iñaki se trouvait encore au point de départ pour l’instant. Si les exercices qu’il faisait avec la jeune fille ne se soldaient pas justement en éruption volcanique de sa part c’était grâce à cette aura qu’elle possédait mais pour ça il suffisait d’un contact visuel entre eux, parfois même physique lorsqu’elle posait sa main sur son épaule pour accentuer le don, et c’était comme si tout d’un coup il était dans un état second tandis qu’il entendait sa voix au loin le rassurer sur le fait qu’il pouvait le faire. Dans ses instants le dragon avait la sensation d’être lui sans vraiment l’être, comme s’il était conscient de ce qui l’entourait mais qu’il ne pouvait aucunement agir sans pour autant le vouloir étonnement, c’était toujours quelque chose de difficile à décrire lorsqu’il devait l’expliquer à Lieserl par la suite cependant il ne faisait aucun doute que la technique marchait assurément. C’était comme si toute la colère et la hargne qu’il pouvait avoir n’avaient alors plus aucun sens d’exister, se rendant compte qu’il s’emportait sûrement juste pour des broutilles dans le fond, bien que c’était son caractère naturel que d’être ainsi. Après tout il était né dans un volcan et à son image lorsqu’il venait à s’énerver il fallait que ça sorte, il ne pouvait pas contenir ce qui l’enflammait et le dévorait de l’intérieur, mais s’il pouvait apaiser ne serait-ce qu’un peu apaiser cet aspect grâce à la plus jeune alors peut-être que les choses deviendraient plus faciles pour lui et alors il serait beaucoup plus tranquille au final. L’ironie de la situation lorsqu’on voyait qu’il était une tête enflammée qui ne voulait que chercher du calme, s’emportant tantôt pour un oui et tantôt pour un non, et s’il pouvait avoir enfin le moyen de dominer ses pouvoirs il n’était pas contre. Ce qu’il n’avait pas là et encore moins en entendant la femme piailler mais qui paniquait à la longue, très certainement encore plus en voyant à quel point il semblait avoir du mal à supporter l’enfermement même si elle ignorait la véritable raison, ne faisait que venir user un peu plus le frein de sa patience déjà si limité alors qu’il frappa avec son poing contre le bouton d’appel plus pour passer un brin la colère que d’avoir un réel impact.

« La ferme ! J’ai besoin de silence sinon je te promets que cet endroit se transformera en brasier de l’Enfer et j’peux te dire qu’il faudra gratter à la spatule pour décoller tes os carbonisés de la ferraille fondue ! »

C’était rude de sa part mais juste la vérité, Iñaki ne préférant pas regarder la malheureuse peut-être prochaine victime, car l’autre souci en plus de ne pas avoir d’emprise sur ses pouvoirs était le fait que la Salamandre ne faisait jamais dans la demie-mesure dans le sens où il ne pouvait réguler l’intensité de son feu ou de son poison. C’était tout ou rien avec lui, pas entre les deux, dénotant un peu plus de sa dangerosité dont le dragon pouvait faire preuve. Il se fichait tellement de base de blesser une personne ou même de la brûler, c’était dans sa nature après tout, mais depuis qu’il fréquentait Lieserl son regardait changeait petit à petit et surtout en voyant le drôle d’attachement qu’elle pouvait avoir pour ce petit geek intello amateur de dragons que pouvait être Anthon. Ses relations avec les humains n’avaient pas été des plus merveilleuses lorsqu’il se trouvait dans la Forêt Enchantée, il s’était retrouvé prisonnier dans une sorte de puits sans issue possible pour leur fournir de son précieux feu qui pouvait transformer le plomb en or, mais ceux deux là avaient une approche tant différente de ce qu’il avait pu connaître qu’il en était presque intrigué. Il ne serait dire. Tout était compliqué à son goût, encore plus avec ce corps humain que la malédiction avait pu lui offrir, sauf qu’Iñaki n’était pas du genre à vraiment se prendre la tête ou pousser la réflexion trop lien. Il n’empêche qu’il n’était pas vraiment chaud - très ironique dans son cas – pour tout faire péter dans l’ascenseur, jouer les bombes humaines pouvant se retourner contre lui surtout qu’ils étaient coincés entre deux étages en cet instant, de base cette humaine ne lui avait absolument rien fait contrairement à certains qu’il avait pu faire rôtir et elle n’était qu’une innocente victime d’un concours de circonstances. Ainsi il garda une main appuyée contre la paroi de l’ascenseur alors qu’il avait la tête basse, fermant les yeux en respirant difficilement pour garder son calme, sortant son portable de sa poche pour téléphoner à la seule personne envers qui il avait entièrement confiance et celle qui serait arranger la situation. Il en était sûr, elle était sa reine après tout, composant à l’aveugle le numéro de Lieserl tout en venant déglutir difficilement ce qui cherchait à sortir. Il entendait la fameuse sonnerie d’attente, tentant de ne pas se laisser submerger par la colère qui ne demandait qu’à se manifester, de plus en plus crispé et au bord de la crise.

« Lieserl je t’en supplie décroche… Lieserl ! Lieserl il faut que m’aide ! Je suis coincé dans un ascenseur et je sens que j’vais exploser sauf qu’il n’y a pas que moi à l’intérieur ! Je vais la tuer si je me calme pas tout de suite ! Il faut que tu rappliques au plus vite ! »

Il ne lui avait pas laissé le temps de parler aussitôt qu’il avait pu entendre le son caractéristique que l’interlocuteur avait répondu à l’autre bout du fil, appuyant désormais son front contre la froideur du métal dans l’espoir de faire tomber ne serait-ce qu’un peu la fièvre en lui, maintenant tout pourrait s’arranger.







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The secret side of me I never let you see I keep it caged. But I can't control it. The beast is ugly I feel the rage and I just can't hold it. It's scratching on the walls in the closet, in the halls. It comes awake...
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Lieserl K. June

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En réalité, je suis
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MessageSujet: Re: When I'm lost in the storm and I'm calling | Lieserl K. June   Sam 5 Nov - 15:13

When I'm lost in the storm and I'm calling
Iñaki & Lieserl
When we stood on the skyline there was no turning back and you said not to stare at the ground there's a hole in my parachute as big as your heart and the gravity's pulling me down

Lieserl respira à fond quand elle put enfin se laisser tomber sur un banc du parc de Storybrooke, un café fumant lui réchauffant les mains. Emmitouflée dans une grosse veste hivernale, un bonnet brun lui couvrant pratiquement les yeux, elle maudit ses gènes de dragon qui ne voulaient décidément pas lui offrir le loisir de se réchauffer de manière interne quand le froid commençait à percer ; c'était même presque l'inverse.

S'appuyant en faisant légèrement bouger ses épaules histoire de détendre un peu ses muscles, elle se mit à fixer l'horizon. Elle savait qu'elle allait probablement détester cette pause de midi, comme à chaque fois qu'elle avait une seconde à elle, une seconde pour penser, une seconde pour regretter. Heureusement que son mois d'octobre avait été aussi mouvementée, entre le boom annuel des affaires à la boutique de farces & attrapes, son démarrage plus qu'approximatif à l'université et son déménagement plus qu'abrupt chez Queenie -et le temps de s'y adapter, elle ne savait plus où donner de la tête… et elle adorait ça. Rester occupée. Faire la poussière sur sa vie sociale. Se donner corps et âme à son travail, juste pour ne pas penser à ce qui pouvait la hanter. Des mots cruels prononcés, des erreurs commises même encore aujourd'hui après tout ce qu'elle avait fait dans le monde des contes. Plusieurs visages commencèrent à s'imposer dans son esprit mais elle secoua la tête, résolue à ne pas se laisser abattre encore une fois.

Une des rencontres qui l'avait probablement marquée plus que d'autres fut celle avec un étrange individu doté du visage le plus grognon existant ; il était probablement le maître incontesté de la « resting bitch face », sauf que dans son cas Lieserl se doutait qu'il était réellement constamment sur le point de piquer une crise de nerf. Et c'était précisément une des choses qu'elle aimait le plus chez lui ; l'authenticité totale de ce qu'il exprimait. Pas comme un certain buveur de café qui avait tellement constamment le sourire que Lieserl se demandait sincèrement s'il ne se faisait pas des massages à grands coups de crème anti-douleur chaque soir, au niveau de la mâchoire. Mais celui-ci n'était pas l'objet de sa pensée, non ; elle pensait à un certain dragon, une salamandre des plus singulières qu'elle avait eu le loisir de rencontrer de manière totalement hasardeuse. Sur le moment, la pensée que ce type était un espèce d'agresseur à la recherche d'une nouvelle victime à poignarder avait traversé son cerveau ; ça n'était pas exactement le contexte le plus bienveillant qui fut, alors, c'était entièrement rationnel, finalement, au point qu'elle avait adopté une attitude défensive tout en restant parfaitement calme, pour voir ce qu'il allait faire. Elle n'avait pas bougé, tout d'abord, son visage n'exprimant pas la moindre émotions, analysant le moindre geste de ce qui allait devenir un adversaire de taille. Car ils s'étaient battus, oui ; un homme d'un gabarit conséquent versus une jeune fille frêle et handicapée par sa hanche, et c'était lui qui avait fini par manger le sol, pour la plus grande satisfaction de Lieserl. À vrai, dire, elle n'avait que peu de souvenirs du combat en lui-même, emportée peut-être par l'adrénaline ; mais elle avait senti en elle quelque chose d'autre que la simple force de cette dernière, jusqu'à reprendre conscience en quelque sorte avec l'homme brûlant qui la fixait, bouche bée et essoufflé, visiblement estomaquée qu'il se soit fait battre par la plus improbable des adversaires. Leurs regards s'étaient croisés à cet instant et c'était comme si une synchronie s'était mise en place d'elle-même entre les deux, comme si un lien psychique s'était installé, une ficelle dorée invisible qui les avait rendu comme le reflet l'un de l'autre, d'un côté le dragon puissant rompu par son vécu qui ne laissait rien l'empêcher d'exister tel qu'il était, et de l'autre la dragonne tout aussi puissante et même peut-être plus sans même le savoir, qui cherchait à tout garder en elle à tout instant sans jamais se laisser aller. Pendant un instant, l'un était devenu l'autre, et l'autre était devenu l'un, scellant entre eux une alliance sans précédent pour Lieserl.

Car elle n'avait pas été l'Alpha très longtemps, dans le monde des contes, non ; à vrai dire, la malédiction avait frappé très peu de temps après qu'elle et Harold ait vaincu l'Alpha précédent, et dans cette manière d'être joueuse et presque naïve dans un sens, Krokmou n'avait jamais cherché à utiliser ses capacités d'Alpha sur les autres dragons, préférant les laisser vivre en se consacrant à la régulation des conflits et à la protection plutôt qu'à la domination pure et simple. Au fond, elle aurait pu ; elle aurait pu se laisser envahir par ce nouveau pouvoir et se retrouver avide d'en avoir encore plus, de posséder, de dominer, d'écraser ; mais en ce temps-là, elle aimait bien trop le poisson et la détente pour prendre sa position de chef des dragons plus au sérieux que cela. Et d'une certaine manière, autrefois comme désormais, c'était ses besoins et désirs primaires qui l'habitaient bien avant la volonté de mettre le monde à ses pieds ; elle se préoccupait d'elle-même et des gens qui lui étaient proches, et c'était déjà très suffisant en ce qui la concernait.

Ainsi était-elle devenue sans vraiment s'en rendre compte une reine pour cet homme, même si il ne l'avait jamais dit clairement -ou alors Lieserl avait ignoré le commentaire purement et simplement, tant l'appelation lui paraîtrait absurde, à moins qu'elle s'imaginait des choses à travers son ego mais c'était une autre histoire ; et les deux avaient entamé une sorte d'entraînement qui était bénéfique à l'un comme à l'autre, lui trouvant en elle une sorte de calmant occasionnel pour mieux se contrôler, et elle pouvant découvrir à mesure toute l'étendue de ce dont elle était capable -bien que le bref aperçu qu'elle avait eu ce jour-là sur la plage l'avait laissée légèrement effrayée et grisée en même temps, au point qu'elle avait à la fois envie de se laisser aller dans cet état et à la fois envie de le bannir au fond d'elle-même dès qu'elle se rendait compte que sa boule d'énergie était passée vraiment très près de la tête du marionnettiste, et qu'elle aurait pu tout aussi bien l'exécuter purement et simplement -vanité émotionnelle, comme elle aimait l'appeler, quelque chose qu'elle s'efforçait de maîtriser et de repousser au fond d'elle-même en adoptant une attitude froide et sans expression en permanence. Si elle se laissait trop aller, des gens risquaient leur vie, et Iñaki en était le parfait exemple.

Alors qu'elle en était à la moitié seulement de son café, plongée dans ses pensées, elle eut un léger sursaut en entendant les premières notes d'un remix celtique d'un morceau de punk rock, réalisant seulement au bout de quelques millisecondes que cela provenait de son portable. Fouillant rapidement ses poches, elle haussa les sourcils en voyant le nom d'Iñaki s'afficher en grand -quand on pense au loup… Son café encore tiède dans l'autre main, elle porta l'appareil à son oreille en décrochant en même temps, et voulut lancer un « allo » de courtoisie quand elle entendit la voix non pas paniquée mais singulièrement énervée d'Iñaki à l'autre bout du fil. Surprise, elle éloigna le combiné légèrement bien qu'elle l'entendait toujours aussi bien, fermant un œil en plissant les lèvres  comme si cela allait le calmer instantanément -geste régulateur étrange. Mais quand il termina sa tirade, elle saisit aussitôt l'urgence de la situation : si elle ne faisait rien, quelqu'un allait mourir, et Iñaki allait en subir les conséquences.

Non, ça n'était pas la potentielle victime qui affectait Lieserl le plus ; à vrai dire, elle était toujours aussi égocentrique, et au fond, ce qui comptait, c'était de sortir Iñaki de là sans dommages. Chez les dragons, tuer quelqu'un ça n'était pas la mère à boire -tout du moins de là où venait la salamandre, puisque les dragons et les humains avaient fait la paix chez Krokmou ; mais à Storybrooke, il s'exposait à de nombreux problèmes s'il explosait la demoiselle qui se trouvait avec lui dans l'ascenseur. Se levant prestement, elle se mit à réfléchir à cent à l'heure, essayant de déterminer qu'elle était la meilleure chose à faire ; l'urgence était réelle, mais jusqu'à là, Iñaki et elle avaient seulement travaillé en face à face, elle n'avait pas la moindre idée si l'effet qu'elle avait sur lui se transmettait aussi par téléphone. Et surtout, elle n'avait encore jamais eu à le calmer « pour de vrai », en quelques sortes, dans une situation qui impliquait de potentielles victimes...

« Déjà, tu es où ? L'ascenseur de quel bâtiment ? Mmh. Ok, Je peux être là dans… je vais me débrouiller, pense pas au temps. » Elle sentait la pression peser sur ses épaules, à mesure qu'elle avançait dans la direction adéquate. « Donne le téléphone à la personne avec toi. Fais moi confiance ! Si elle panique ça va être encore pire. Je vais lui expliquer. Madame ? Madame, calmez-vous, déjà. Mada… oh ! Calmez-vous je vous dis ! Si vous paniquez, vous allez l'énerver. Voilà, respirez… inspirez, expirez… Voilà. Maintenant, il est très important que vous fermez votre gueule. Très. Important. Faîtes vous toute petite dans un coin de l'ascenceur et ne lui parlez pas, ne faîtes pas de bruit, même pas un bruit de frottement, rien du tout. Laissez-lui de la place. De quoi ? Non je suis pas mé… Je suis sa psychiatre ! Faîtes moi confiance. Comment ça j'ai l'air vachement jeune pour une psychiatre ? Est-ce que c'est vraiment le moment de douter, madame ?! Je l'ai déjà vu dans ce genre de situations et je sais ce qu'il faut faire, alors, s'il vous plaît, faîtes moi confiance. D'accord ? Très bien. Redonnez-lui le téléphone et faîtes ce que je vous ai dit. D'accord ? Très bien. » Lieserl évita de justesse de se faire percuter par une voiture tandis qu'elle traversait la rue à toute vitesse, ignorant les coups de klaxon qui en résultèrent ; elle marchait, sachant que courir la ferait monter en créneau et que le stress se transmettrait dans sa voix, empirant probablement les choses. « Iñaki ? Je vais boucler le téléphone pendant trois minutes au maximum. Attends ! Je vais appeler les services d'urgence pour qu'ils débloquent l'ascenseur, mais en attendant il va falloir que tu te débrouilles tout seul juste le temps que je rappelle. D'accord ? Pense à ce qu'on a fait jusque là, et concentre toi sur ta respiration. Justement, c'est important ! Je fais au plus vite pour t'aider mais ça ne va pas marcher en dix secondes, d'accord ? Pense à ce qu'on a fait jusque là, et concentre toi sur ta respiration en la faisant aussi longue que possible. Trois, deux, un, je boucle... » Elle écrasa le bouton pour raccrocher avant de taper fiévreusement le numéro des services d'urgence. Dès qu'on décrocha à l'autre bout, elle se mit à expliquer à toute vitesse ce qu'il se passait ; qu'un homme était coincé dans un ascenseur avec une demoiselle et qu'elle risquait sa peau s'ils ne les sortaient pas de là ASAP. « Mais qu'est-ce que vous avez tous à douter de moi aujourd'hui ? Je vous rappelle qu'on est à Storybrooke, la magie est présente et pas tout le monde a le luxe de contrôler ses pouvoirs à la perfection, sans déconner ! Alors grouillez-vous avant de devenir responsables d'un homicide involontaire bande d'incompétents ! » Bon, peut-être qu'elle y avait été un peu fort, mais la voix bredouille de l'homme à l'autre bout lui confirma qu'ils avaient déjà envoyé une équipe vu qu'ils avaient reçu une notification d'urgence. Poussant un soupir, Lieserl raccrocha, bien qu'elle entendit au dernier moment ils seront là-bas dans dix minutes. Dix minutes… C'est beaucoup trop long. Exactement deux minutes et cinquante-neuf secondes après avoir raccroché, Lieserl rappela Iñaki, et il décrocha en à peine une sonnerie d'attente. « Iñaki ? Les services d'urgence devraient être là dans dix minutes maximum… Oui je m'en doute que c'est trop long. Attends… Je cherche une idée. Deux secondes. » Trop long pour les urgences ; trop lente pour qu'elle arrive avant qu'il ne succombe à ses propres capacités. Alors elle essaya autre chose, se glissant dans une ruelle latérale avant de se mettre debout face au mur ; puis, elle se concentra, respirant de manière régulière et longue, jusqu'à ce que ses yeux prennent une lueur bleue fluorescente. « Iñaki ? Écoute moi bien… »
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Iñaki D. Blaze

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MessageSujet: Re: When I'm lost in the storm and I'm calling | Lieserl K. June   Sam 12 Nov - 17:03




C’était bien être naïf à souhait que de croit qu’un simple coup de fil pourrait tout arranger en à peine un battement de cils, que Lieserl au bout du téléphone aurait la capacité de le calmer suffisamment pour ne pas qui vienne exploser l’ascenseur en entier et plus que tout l’autre personne, mais à cet instant Iñaki avait besoin d’un petit quelque chose pour resté encré à la réalité. Il fallait qu’on le maintienne assez conscient au lieu de se faire entièrement dominer par cette colère et ce besoin oppressant de tout détruire, dans cet espace réduit il était juste en train de suffoquer et le fait de pouvoir entrer en contact avec celle qu’il voyait comme sa reine depuis leur premier combat terrible ne faisait que le réconforter dans cette idée que tout pouvait bien se passer même si ce n’était sûrement qu’une douce illusion, bien vite rattrapé par ce qu’il se passait autour de lui en entendant la femme coincée avec lui un son de surprise plaintif en entendant le fait qu’il allait la tuer. Ses yeux s’étaient retournés vers elle d’une lueur jaunâtre de plus en plus menaçante, ses pupilles devenant plus petites de façon serpentine, alors que sa main avait l’air à chercher à déchiqueter le bouton d’appel contre lequel il n’avait toujours pas un seul instant retiré sa main comme si sous peu il allait entendre une autre voix qui pourrait les sortir de là. La Salamandre avait du mal l’espace d’un instant à voir distinctement celle qui pourrait potentiellement devenir une victime, c’était plus comme une forme humanoïde et la preuve certaine qu’il perdait pied pour se laisser dominer par ses plus bas instincts d’animal, préférant tourner la tête pour ne pas la fixer reprenant son poste contre la porte alors qu’il écoutait si religieusement la douce voix de Lieserl lui parler à l’autre bout du fil. Il aurait aimé qu’ils puissent avoir plus de temps à s’entraîner ensemble, quelque chose qui aurait pu éviter cette situation, ne voulant pas penser cependant au fait qu’ils n’avaient fait tous ceci qu’en tête à tête et surtout dans un endroit qui ne craignait absolument rien mais surtout désert. Cette cage d’acier c’était tout l’inverse de ce quoi Iñaki avait pu s’habituer jusqu’ici, augmentant peut-être encore plus la tension tellement palpable, et la nouveauté avait toujours été quelque chose qu’il avait du mal à supporter mais surtout un espace aussi réduit.

« Je sais pas ! L’immeuble tu sais au croisement du magasin de cupcake et du journal de la ville ! Celui qui est vraiment très grand ! Pourquoi tu veux lui parler ?! Mais elle panique déjà ! Je… ok… Prenez ça putain ! »

Sans ménagement il tendait le portable vers la pauvre victime qui n’avait rien demandé, produisant un feulement qui n’avait rien d’humain à son adresse et qui eut le don de monter un peu plus les larmes à la personne qui avait autant de mal que lui a gardé son calme, et le moindre son malheureusement qu’elle produisait ne faisait que lui donner une certaine envie de lui déchiqueter la gorge. Il n’avait jamais eu de bon rapport avec les hommes, il avait du mal à supporter déjà de se retrouver dans ce corps à cause de la malédiction et avait l’impression d’avoir échangé par moments sa cage d’antan conte celle-ci actuelle, et même si à Storybrooke il apprenait à se calmer vis-à-vis d’eux ou encore à apprendre à les supporter il avait encore du travail à faire quoiqu'il soit sur la bonne voie. Mais ce n’était pas toujours évident parce que Iñaki aimait une forme de tranquillité, un rien le faisait partie dans un déferlement de l’Enfer sur terre avec un geyser de flammes ardentes, et il semblait malheureusement avec le chic pour attirer les problèmes ou qu’on vienne le déranger sans arrêt au moment où il n’en avait pas envie. Et peut-être qu’à l’approche de l’hiver c’était encore pire comme c’était le cas présentement, parce que sous peu il savait qu’il allait devoir s’endormir et pire que tout qu’il serait vulnérable, le froid subi lors du sort du miroir n’avait été qu’un avant-goût qui lui restait encore bien au travers de la gorge. Alors il faisait de son mieux pour essayer le plus vite possible de finir les affaires les plus urgentes avant qu’il ne s’en trouve incapable, ce n’était pas la grande forme dernièrement comme pour lui indiquer qu’il n’était plus très loin de ses derniers instants avant le rude hiver qui le paralyserait, et ne faisant ainsi que grimper son irritabilité en flèche de manière fulgurante. Il enfonçait un peu plus sa main contre le panneau de contrôle en entendant piailler la femme à ses côtés, pouvant presque entendre Lieserl à l’autre bout du combiné la secouer pour qu’elle arrête, jusqu’à arriver à une respiration peut-être exagérée de la part de cette personne qui lui donnait presque l’impression qu’elle était sur le point d’accoucher. Et tout d’un coup sa voix résonna dans cet espace si réduit, lui donnant cette sensation horrible et étouffante d’être compacté dans quelque chose qu’il avait envie d’exploser pour sortir, alors que de son autre main il griffait presque les portes qui ne s’ouvraient pas tout en essayant d’être hermétique à tout ce qu’elle pouvait dire.

« Vous êtes médecin ou quoi ? Moi je trouve que vous avez l’air bien trop jeune pour être psychiatre… Bon d’accord je vais essayer de faire le moindre bruit possible… Oui je lui redonne… Tenez c’est pour vous... »

La ferme ! C’était tout ce qui venait dans la tête d’Iñaki qui hurlait intérieurement, même si à l’extérieur il y avait de plus en plus des grognements informes qui sortaient, ses yeux incandescents qui continuaient à indiquer son état de plus en plus fébrile alors qu’il sentit tout d’un coup son téléphone taper contre son oreille. Il eut un regard assassin vers la femme qui manqua de hurler, pensant certainement bien faire en lui mettant de cette manière, avant qu’elle ne se fasse le plus petit dans un coin comme Lieserl lui avait conseillé et qu’il lui arrache presque l’objet des mains. La Salamandre savait qu’elle devait arrêter de la regarder et reposa son front contre le métal froid qui prenait pourtant de plus en plus la chaleur, d’ailleurs il était en train de faire monter malgré lui la température ambiante de l’endroit sans qu’il n’en soit dérangé vu dans quel élément il vivait après tout, comme pour lui indiquer que la bombe humaine qu’il était venait de passer à un stade supérieur. Il devait se contrôler il le savait pertinemment mais plus il pensait à cette idée plus il rageait en voyant qu’il n’y arrivait pas, la concentration n’avait jamais été son fort et généralement il venait foncer avant d’agir, il était un impulsif assez dangereux et c’était pour cette raison que le pouvoir que sa jeune reine envers lui était une véritable bénédiction. C’était comme si en tant qu’Alpha elle savait toujours quoi faire même si elle n’avait pas toujours conscience de ses capacités, la synchronisation qu’ils avaient par exemple été uniques mais lui échappait autant à lui qu’à elle, c’est pourquoi il n’avait pas hésité une seule seconde à lui téléphoner à elle plutôt qu’à toute autre personne parce qu’a son sens il n’y avait que Lieserl qui pouvait réellement avoir un impact et faire la différence. Et il était désormais suspendu à son appel, plus particulièrement ses lèvres d’une certaine façon, prêt à exécuter tout ce qu’elle pourrait lui dire car Iñaki avait une confiance si aveugle en elle que ceci en était parfois effrayant. Néanmoins une forme de panique le saisit vivement en entendant les mots qu’elle eut pour lui, sur le fait qu’elle voulait raccrocher, il ne l’acceptait pas tandis qu’il abattit avec violence son poing contre la paroi comme pour manifester encore plus son refus parce qu’il avait l’impression que justement sans elle il allait déraper sévèrement.

« NON ! Tu ne peux pas couper ! Lieserl je ne vais pas y arriver ! Je… J’arrive plus à respirer comme il faut ! Je t’en supplie Lieserl ne raccroches… pas... »

Son dernier mot se fit dans le vide de la tonalité, restant sans bouger un instant en étant suspendu à ce bruit assourdissant, avant de commencer à sentir quelques spasmes dans son corps qui commençaient à lui indiquer qu’il perdait le contrôle. Bordel de merde ! Iñaki se laissait glisser pour se retrouver à genoux, une main toujours appuyée sur la porte qui restait close, tentant de commencer les exercices de respirations qu’ils avaient pu voir ensemble alors qu’il avait le sentiment de s’être fait abandonner malgré lui. Ses yeux fixaient le sol alors que son front frottait toujours contre la surface si plane, presque à bout de souffle comme s’il avait couru un véritable marathon, le bon point pour l’instant c’est que la femme dans l’ascenseur semblait suivre à la lettre les consignes que Lieserl avaient pu lui laisser même s’il ignorait ce que c’était contrairement. Iñaki essayait réellement de faire le vide dans son esprit, de ne penser à rien alors qu’il inspirait et expirait le plus lentement possible pour calmer dans un premier temps ses poumons mais surtout la boule de feu qui avait de se former au fond de lui. Mais malgré lui il ne pouvait pas se retirer de la tête le fait qu’il était enfermé et ça il avait un mal fou à le supporter, se souvenant avec tant de netteté lorsqu’il était dans le monde de contes sous sa forme de Salamandre qu’on l’avait enfermé contre sa volonté dans cette boîte si petite avant de le pousser dans un puits duquel il ne pouvait sortir, lui offrant cette sensation de vulnérabilité avec laquelle il avait du mal à conjuguer. C’est peut-être pour ça que malgré lui son mécanisme d’autodéfense se mit en marche, ne s’en rendant pas forcément compte sur le coup tant c’était d’un naturel chez lui et surtout dû au fait qu’il n’en avait pas encore l’emprise dessus depuis que la malédiction avait été brisée, et ce ne fut que lorsqu’il entendit tousser derrière lui que ses autres sens se mirent en alerte. Il tournait sa tête pour fixer cette femme qui n’arrivait pas à calmer sa toux, voyant pourtant qu’elle tentait de se protéger avec un foulard qu’elle avait pu mettre contre ses voies respirations, Iñaki venant réaliser à cet instant qu’il était en train de répéter le même schéma que lorsqu’il était coincé dans son autre vie : dégager du poison pour monter un certain mécontentement mais aussi à défaut de se retenir de cracher du feu. Sa sonnerie de portable le détourna du spectacle alors que la panique le prenait, il était un danger pour tout le monde, écoutant la voix de Lieserl à l’autre bout alors qu’il cherchait du regard quelque chose pour provoquer une aération dans l’ascenseur car s’il continuait ainsi il aurait un cadavre sur les bords.

« C’est trop long dix minutes ! Lieserl tu ne te rends pas compte, elle va mourir si ça continue, ils doivent arriver beaucoup plus vite que ça ! »

La vérité restait coincée dans sa gorge, il n’osait pas lui avouer qu’il était en train de tuer en ce moment même à petites doses de poison cette personne qui était avec lui, et si d’ordinaire il n’avait aucun état d’âme à blesser quelqu’un ou autres cette fois-ci était bien différente. Peut-être parce que depuis qu’il connaissait la dragonne son regard changeait très doucement envers les humains, ils n’étaient pas tous nocifs et il n’y avait qu’à voir le cas d’Anthon qui avait lutté pour instaurer une paix entre eux, et malgré son si mauvais caractère il avait aussi réussi à se lier à quelques rares personnes mais qui étaient devenues assez importantes pour qu’il puisse avoir envie de se battre pour elles. Mais aujourd'hui c’était comme si les bonnes résolutions qu’il avait pu vouloir prendre en apprenant à se contrôler ne servaient à rien, c’était comme lui jeter en pleine figure qu’il resterait une terrible Salamandre trop dangereuse pour avoir le droit d’exister, qu’il finirait toujours par blesser les autres malgré lui. N’est-ce pas pour ça qu’il avait décidé d’être horrible avec Jackie-Rose après tout ? Iñaki avait tellement peur d’un jour lui faire du mal, elle cette amie qui s’était imposée mais qu’il remerciait en silence de l’avoir fait, dans cette non-maîtrise de ses capacités qu’il avait préférées jouer les méchants pour mieux l’éloigner de lui et ainsi la faire se retrouver dans ce cas de figure dans lequel il se trouvait actuellement. Restant par terre il reposa sa tête contre les portes qui resteraient sans doute closes avant que les secours arrivent, il serait trop tard au moment où ils viendraient les sortir de là et peut-être même que le poison se diffuserait d’une telle manière que certains des sauveteurs y succomberaient aussi, toujours la respiration si mauvaise alors qu’il fermait fortement les yeux comme s’il refusait de voir la vérité en face mais pourtant elle était bien là. Il se haïssait tant. Lieserl était une reine formidable et elle n’avait fait que perdre son temps avec lui, il n’était qu’un incapable qui restait une allumette qui s’enflammait à une rapidité si déconcertante au moindre petit choc qu’on pouvait lui donner, alors que les toussotements de la femme ne venaient pas s’arrêter comme pour lui confirmer tout ce qu’il pensait.

« Lieserl ce n’est pas le feu… C’est le poison ! Ce n’est que le début mais je suis toxique au possible ! Je ne sais que blesser les autres... »

Il se tut alors que les mots de Lieserl résonnaient dans sa tête, c’était comme si elle lui avait donné un ordre et qu’il avait obéi sagement et sans rechigner une seule seconde, sa simple voix lui donnant une électricité étrange dans tout son corps et qui était la même que lors de leurs synchronies dans le but de le contrôler mais si l’impression était moindre. Une sensation qui lui redonnait peut-être un brin de courage pour le coup, reprenant son exercice de respiration et tentant de faire aux possible abstractions de ce que pouvait bien faire la femme avec lui dans l’ascenseur, sentant un peu comme une sorte de flottement dans son esprit qui se faisait sans qu’il comprenne comment. Iñaki releva la tête tout en ouvrant les yeux, l’éclat jaune était toujours présent mais à la différence de tout à l’heure c’est que ses pupilles avaient l’air de changer de taille rapidement en passant d’une dilatation complète à un rétrécissement extrême sans réussir à se calmer, fixant droit devant lui comme s’il pouvait apercevoir quelque chose au loin ou à travers la porte alors qu’en réalité il n’y avait que cette paroi en ferraille qui le maintenait captif. La Salamandre se laissait border par ce sentiment étrange mais loin d’être désagréable, comme si peu à peu il venait à se déconnecter de la réalité pour trouver une certaine paix, venant lâcher le bouton d’appel de sa main pour la poser contre la porte scellée. C’était si étrange qu’il n’arrivait pas à mettre des mots dessus, il ne cherchait aucunement à en trouver de toute manière, se laissant juste doucement enivrer sans comprendre ce qui était en train de se produire. Pourtant il était en train de se calmer par il ne sait quel procédé, sa respiration se faisait certes sifflante mais c’était comme si l’air qu’il était en train d’aspirer venait à calmer le feu intérieur qui était en train de se former, dans le même déroulé que lorsque les deux dragons se trouvaient face à face et sans que rien vienne interférer. Est-ce vraiment ce qui était en train de se dérouler ? Il n’y comprenait rien car Lieserl n’était pas là à ses côtés, par physiquement en tout cas, mais ce n’était pas l’heure de se poser des questions et son cerveau était en train de couper petit à petit sa moindre faculté à penser par lui-même comme prêt à se soumettre une fois encore à cette entité supérieure.

« Tu ne… m’abandonneras pas… n’est-ce pas… ? »

Iñaki n’attendait pas vraiment de réponse de la part de Lieserl, comme s’il connaissait la réponse avant même de poser la question, mais ceci avait été peut-être plus fort que lui que de lui demander. Il n’avait jamais été une créature proche des autres, aussi bien des autres êtres vivants que de ses congénères, mais désormais qu’il commençait à sortir de sa coquille il se rendait peut-être compte à quel point il avait pu être seul depuis tout ce temps. Ainsi l’étudiante n’était pas juste sa reine comme il l’aimait se dire, une façon d’arriver à se contrôler et éviter de mettre la vie en feu, elle était devenue une attache vers laquelle se tourner comme aujourd’hui et s’il osait le dire peut-être une amie. Il n’avait aucune idée de ce qu’il pourrait faire si elle décidait de ne plus l’aider, de lui tourner le dos parce qu’il se trouvait être trop dangereux ou même en la décevant, elle était devenue beaucoup en si peu de temps alors que la dévotion de la Salamandre n’allait que vers elle. Mais tout d’un coup il entendit un lourd bruit sourd derrière lui qui la ramena vers l’ascenseur, coupant momentanément le lien qui était en train de s’établir, se retournant pour voir la femme d’une pâleur extrême au sol.

« Elle vient de tomber par terre ! Lieserl je vais la tuer ! Je vais la tuer ! »

Il avait retrouvé son état de panique en voyant que la femme venait de perdre connaissance, il avait essayé de produire le moins possible de poison mais l’exposition dont elle faisait preuve avait dû avoir raison sur elle, essayant de lui donner des tapes sur la joue pour la réveiller.







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The secret side of me I never let you see I keep it caged. But I can't control it. The beast is ugly I feel the rage and I just can't hold it. It's scratching on the walls in the closet, in the halls. It comes awake...
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Lieserl K. June

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MessageSujet: Re: When I'm lost in the storm and I'm calling | Lieserl K. June   Mar 15 Nov - 15:42

When I'm lost in the storm and I'm calling
Iñaki & Lieserl
When we stood on the skyline there was no turning back and you said not to stare at the ground there's a hole in my parachute as big as your heart and the gravity's pulling me down

Bien que la levée de la malédiction et tous les événements qui avaient suivi comme une suite continue de catastrophes n'avait pas épargné Lieserl en matière de remise en question sur qui elle était, il y avait bien une chose qui la caractérisait, et c'était sa capacité à garder son sang-froid même quand tout lui hurlait de paniquer un bon coup et d'exploser à la moindre excuse valable. C'était probablement là la grande différence entre la jeune femme et Iñaki, elle qui s'efforçait de se maîtriser et parfois même un peu trop au point d'accumuler le ressentiment au lieu de le laisser éclater, et lui n'ayant pas le moindre contrôle sur ses propres nerfs et se laissait un peu trop facilement aller, au point que l'on pouvait penser que le juste milieu se trouvait juste entre leurs deux personnalités. Mais dans ce cas précis, c'était le sang-froid qui primait, la capacité à garder son calme malgré la voix de plus en plus stressée d'Iñaki à l'autre bout du fil, et il allait falloir qu'elle mette cette capacité en pratique aussi rapidement que possible avant qu'il n'y est une morte.

« Iñaki ? Écoute moi bien... »

Elle se concentrait autant qu'elle en était capable alors qu'au fond d'elle elle savait qu'elle n'avait pas la moindre idée de ce qu'elle faisait ni de ce qu'il fallait faire ; elle laissait simplement ses capacités prendre le dessus, ses yeux passant du brun habituel à un bleu foncé fluorescent, essayant de mettre en application ce qu'elle avait déjà observé avec Iñaki auparavant, cette synchronie étrange qui les liait quand ils étaient face à face et que leur entraînement avait lieu. C'était autant pour l'un que pour l'autre un jeu à tâton dans le noir, aucun ne sachant vraiment ce qu'il se passait mais ça fonctionnait alors ils s'en contentaient très bien, trouver des explications scientifiques viendrait probablement bien plus tard même si Lieserl sentait comme une pression sur ses épaules, sachant qu'il allait bien falloir qu'elle fasse face à tout l'étendue de ses pouvoirs un jour dont elle n'imaginait pas même l'envergure, simplement pour pouvoir aider les gens comme Iñaki d'une manière encore plus efficace qu'actuellement où elle ne faisait qu'improviser et tenter des trucs. Elle avait toujours été du genre raisonnable et responsable durant la malédiction, pas forcément du genre à s'occuper des autres comme une baby-sitter mais plutôt du genre à prendre les devants quand la situation se gâtait et que tout le monde baissait la tête sans oser élever la voix, de peur de devenir responsable de conséquences qui pouvaient tout à fait être désastreuses. Lieserl avait conscience qu'elle n'était pas un héros ; elle savait pertinemment qu'elle ne savait pas ce qu'elle faisait, encore plus maintenant qu'elle se souvenait avoir été un dragon plutôt du genre indifférent et irresponsable à l'ego surdimensionné, seulement guidé par les instructions d'Harold pour éviter de se jeter droit dans le mur ; elle savait pertinemment qu'échouer était une possibilité, qu'elle n'allait peut-être pas pouvoir sauver cette femme qui mourrait à petit feu sans même qu'Iñaki ait besoin de la toucher. C'était même cette lucidité qui la poussait à tenter quelque chose, car elle savait tout autant que dans les circonstances elle était bien la seule qui était en mesure d'aider Iñaki de quelque manière que ce soit, et qu'elle se devait à elle-même et surtout à lui de tenter le tout pour le tout, quitte à le malmener un peu au passage si ça pouvait le calmer ou le mettre au pas -ou les deux.

« Iñaki, je t'ai dis de m'écouter ! Est-ce que tu crois que le moment est vraiment approprié pour te morfondre et songer à tous les maux que tu envoies sur Terre ? Tu ne sais que blesser les autres dis-tu, et pourtant il ne me semble pas avoir souffert la moindre griffure ou même le moindre empoisonnement de ta part, alors ça te fait déjà une personne dans la liste des gens que tu n'as jamais blessé, concentre-toi sur ça. Concentre-toi uniquement sur moi, sur ma respiration, sur la tienne. On n'est pas l'un en face de l'autre alors tu ne peux pas voir mon regard ; alors il va falloir que tu la fermes et que tu te concentre uniquement sur mes mots et ma respiration. »

Sa voix était bien plus calme que d'ordinaire, un mélange entre douceur et fermeté, juste de quoi le faire arrêter de glapir pour éviter qu'il ne vienne enfoncer le couteau dans sa propre blessure et se fasse paniquer encore plus. Et pendant qu'elle parlait, son cerveau fonctionnait lui de manière bien plus réactive et agitée que sa voix, cherchant une idée, n'importe quoi qui puisse ralentir le processus ; et son coeur rata un battement lorsqu'elle entendit la voix cette fois plaintive d'Iñaki, beaucoup plus douce qu'elle ne l'avait jamais entendu, posant une de ces questions dont la sincérité était la plus totale, comme s'il avait soudain pris l'apparence et le ton d'un orphelin qui s'accrochait désespérément à une bouée de sauvetage. Elle ne répondit rien ; elle savait qu'il n'attendait pas réellement de réponse, et elle savait qu'il la connaissait déjà de toute manière ; et d'une certaine manière, elle n'avait pas envie de lui répondre. Pour elle, les gestes étaient bien plus parlants que les paroles, si il voulait une preuve qu'elle ne l'abandonnerait jamais ce serait au moment où les secours ouvrirait cette fichue porte d'ascenseur et qu'elle serait la première à l'accueillir au dehors, pour le prendre dans ses bras ou lui foutre la baffe de sa vie -ou probablement les deux.

Mais l'urgence se fit plus présente, alors que leur lien plus psychique que physique se brisa au moment où Iñaki recommença à paniquer, et Lieserl devina que la victime venait probablement de s'évanouir ; et malgré elle fut elle aussi projetée dans la réalité, son regard bleu se dissipant sans qu'elle ne puisse rien contrôler, et sa concentration en prenant un coup certain. Elle serra les dents, se frappant le front de la paume de la main, essayant d'avoir une révélation divine ou quelque chose qui puisse la téléporter là-bas ou même simplement téléporter Iñaki le plus loin possible de cette femme ; elle entendait la détresse dans la voix du dragon empoisonné, une détresse qu'il exprimait si rarement dans cette contradiction qu'il avait à être authentique au point d'être lisible comme un livre ouvert en même temps cette tendance qu'il avait à refouler tout ce qui n'était pas de la colère ou de l'amertume. Elle sentait que son corps avait autant besoin que lui de paniquer, de se laisser aller dans un délire paranoïaque, abandonnant la lutte et faire comme si elle n'avait rien à voir dans cette histoire, pauvre réflexe de survie d'une humanité sans pareille ; mais elle se forçait à se concentrer sur ce qu'elle était réellement, sur le dragon courageux qu'elle avait été, sur la furie nocturne crainte de tous et plus noble que tous les autres, tandis qu'elle prit un ton aussi calme que possible en réponse à Iñaki.

« Iñaki, si tu paniques, oui, elle va mourir ; mais non, tu ne vas pas la tuer. Parce que tous les deux on s'est entraîné comme des dingues, on a pas le moindre idée de ce que l'on fait quand on s'entraîne mais on le fait parce qu'on se rend compte que ça nous fait autant de bien à l'un qu'à l'autre ; il va falloir que tu te sortes cette idée de la tête, je ne suis pas une super-héroïne et je ne peux pas te sauver en un claquement de doigts simplement parce que je t'ai laminé la première fois que l'on s'est vu, tu comprends ? Mais tu sais quoi ? Ce n'est pas grave. Ce n'est pas important. Là tout de suite, je ne suis pas aussi importante que toi. Je sais exactement ce que c'est de se retrouver comme réceptacle d'un pouvoir plus puissant que soi, et d'en perdre totalement le contrôle ; je sais ce que ça fait de faire du mal à quelqu'un qui est innocent, à quelqu'un que l'on aime, même. » Elle marqua un temps, les sourcils froncés et le coeur lourd et douloureux de penser à cet instant où son attaque mortelle avait atteint le père d'Harold de plein fouet, mais elle secoua la tête. Ça n'était pas le moment. Elle n'était pas le centre de cette histoire. « Tu ne connais pas cette femme mais le simple fait que là tout de suite ton plus fort désir est de l'épargner, c'est crucial. Accroche-toi à cette idée. Accroche-toi au fait que tu n'es pas un monstre tueur, que ton passé est derrière toi et que maintenant le plus important c'est de trouver une manière de changer ce qui a l'air d'être inévitable. » Elle réfléchit un peu plus encore, avant de lever le doigt, et sur sa bouche se forma un « oh » salvateur tandis qu'une idée venait traverser son esprit. « Iñaki, on a peut-être un truc. Tu es dans un ascenseur, et la plupart des ascenseurs sont équipés d'une sortie de secours ou au moins une bouche d'aération, une espèce de trappe au plafond. Elle est peut-être pas visible mais en tapant un peu tu devrais trouver la plaque qui est creuse… ça te fera déjà une bouche d'aération supplémentaire pour dégager le poison de la cage d'ascenseur, d'accord ? Maintenant, cherche cette trappe et débrouille toi pour l'ouvrir, pour l'instant c'est la seule chose que tu puisses faire physiquement. »

Elle appuya son poing sur son front comme si ce geste régulateur allait pouvoir la calmer plus efficacement, bien qu'elle se débrouillait pour qu'aucun stress ne transparaisse dans sa voix, simplement pour éviter qu'Iñaki le ressente ; et le silence retomba un instant, comme si Iñaki avait posé le téléphone, à la recherche de la trappe. Elle essayait de visualiser la scène ; la femme sur le sol, inconsciente alors que son sang assimilait fiévreusement la moindre particule de poison qui traînait dans l'air, et Iñaki les yeux levés vers le plafond, cherchant cette fichue trappe qui devait forcément exister -on était en Amérique, bordel, ça devait forcément y être ! Un instant, elle pria pour que l'ascenseur ne soit pas trop haut de plafond, et que Iñaki était assez grand pour l'atteindre, mais en entendant un juron dans le lointain elle se pinça la lèvre, devinant qu'il n'était pas en mesure d'atteindre l'ouverture solo. Elle serra les dents à nouveau encore plus fort si c'était possible, se disant que si elle avait été dans cet ascenseur elle aurait pu sans problème exploser cette fichue trappe sans causer trop de dégâts pour les autres occupants, alors que le cas d'Iñaki était encore trop compliqué, lui qui avait un mal fou à gérer la puissance de ses attaques, privilégiant naturellement le plein impact de ses capacités que la gestion de l'intensité en fonction de l'obstacle devant lui.

« Iñaki ? Tu as trouvé la trappe n'est-ce pas ? Elle est trop haute… je m'en doutais, mais tu vas pouvoir arranger ça. Si ! Concentre-toi ! Il va falloir que tu montes plus haut. Et pour cela, soit tu trouves quelque chose -n'importe quoi- sur lequel grimper, soit il va falloir te remémorer les cours d'athlétisme au lycée dans tes faux souvenirs… Enfin tu vois ce que je veux dire. » Elle prenait un ton léger qui contrastait fortement avec l'urgence de la situation, mais c'était une stratégie comme une autre pour éviter de dramatiser encore plus la situation, même si Iñaki n'avait pas l'air très réjoui de l'entendre. « T'as une bonne détente, et vu l'adrénaline que ton sang doit pomper en ce moment tu devrais pouvoir sauter assez haut pour frapper aussi fort que tu peux sur la plaque… Mets-y toute ta force, comme la première fois qu'on s'est battus. Et si ton corps est à chaud… Je sais que tu ne sais pas encore maîtriser la puissance de tes coups, de tes flammes et de ta chaleur corporelle, mais si tu parviens à concentrer toute cette puissance au même point, c'est-à-dire dans tes mains et dans tes poumons, tu devrais réduire la plaque à néant sans le moindre problème quelle que soit la méthode. Est-ce que tu as compris ce que tu dois faire, Iñaki ? » Avec cette nouvelle stratégie, Lieserl retrouvait un semblant de concentration ; alors elle ferma les yeux et secoua sa main libre pour dégager le stress, se mettant à respirer avec une lenteur sans pareille, et elle se sentit à nouveau envahie par une chaleur étrange ; et quand son regard se rouvrit, ses yeux avaient recouvrés cette lueur bleue caractéristique. « Concentre-toi, Iñaki. Pense à ce que je t'ai dis. Ton désir le plus fort en ce moment précis c'est que cette femme ne meurt pas à cause de ce que tu peux faire. Tes pouvoirs ne sont pas une malédiction incontrôlable mais un puits formidable de possibilités ; il ne tient qu'à toi de les utiliser à bon escient, et même si tu as l'impression que tu perds le contrôle, il te suffit de garder tes yeux rivés sur ton objectif et tes pouvoirs te serviront à l'atteindre. »

Dans un autre contexte, elle aurait pu tellement rire d'elle-même et de ce ton de vieux sage qu'elle adoptait, comme si elle avait depuis longtemps tout compris à la vie et à la nature d'un dragon aussi puissant qu'elle-même ou Iñaki, alors qu'elle autant que lui savaient pertinemment qu'elle n'avait rien de cette personne visionnaire, qu'elle avait encore une infinité de choses à apprendre et que rien n'était réellement acquis, quelque chose qu'elle avait amèrement compris à force de s'en prendre plein la gueule depuis le retour des souvenirs -entre Harold, Niels et tous ceux entredeux avec qui ça s'était mal passé, elle n'était pas exactement la reine du bon sens, rejetée encore et encore bien qu'elle avait comme cette impression de provoquer elle-même ces réflexes de rejets, comme si elle était atteinte d'une malédiction répulsive et que tout ce qu'elle savait faire désormais c'était pousser les gens à la détester, à cracher leur venin sur elle, qu'il n'y avait rien d'appréciable en elle qui n'était habitée que par l'amertume et les regrets et que tous ces gens avaient raison de la traiter ainsi. À vrai dire, chaque mot qu'elle prononçait pour rassurer et envoûter Iñaki, elle avait l'impression que ce n'était pas elle qui les prononçait, elle avait même cette idée étrange qu'ils auraient plus convenus dans la bouche de Niels, et la simple idée qu'il ait déteint sur elle plus qu'elle ne le croyait initialement lui déchira le coeur un peu plus.

Mais ce n'était pas le moment d'y penser ; car il existait des gens qui ne l'avaient pas rejetée en la voyant dans cet état incertain, et dans cette liste tristement courte il y en avait un qui faisait preuve d'une loyauté dont elle ne se serait jamais douté auparavant, qui la traitait avec un respect certain et même une sorte d'admiration, quelque chose qui avait pu enfler son ego initialement mais qui lui avait aussi fait un bien fou, ce dragon grognon qui était devenu l'un des êtres les plus importants à ces yeux, qui ne l'avait jamais abandonnée et qui avait toujours été de son côté quelles que soient les circonstances depuis le moment où elle l'avait explosé dans un combat improbablement épique. Iñaki était probablement bien plus humain que n'importe qui dans cette ville, si l'on parlait de valeurs que les humains ne cessaient de s'attribuer les mérites sans jamais les mettre en pratique ; et cette attache formidable qui liait les deux dragons procurait une force insoupçonnée à Lieserl. Iñaki ne l'avait jamais laissé tomber, alors elle n'avait pas la moindre intention de l'abandonner maintenant, alors que c'était un de ces moments où il avait le plus besoin d'elle -même si elle essayait tant bien que mal de lui faire comprendre que la seule chose dont il avait réellement besoin, c'était de lui-même, à cet instant précis où le temps était compté.

« Iñaki, fais-le ! Maintenant ! »
Made by Neon Demon

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MessageSujet: Re: When I'm lost in the storm and I'm calling | Lieserl K. June   Ven 25 Nov - 19:12




Ce qui était un problème aujourd’hui ne l’était pas dans le passé, il s’était débarrassé de tellement d’humains et de tout autres vivants durant son existence qu’il ne serait dire combien il en avait tué, mais la différence flagrante qui faisait que Iñaki à l’heure actuelle avait un semblant de préoccupation était bien l’humanité qu’il avait pu acquérir avec cette fichue malédiction. Ce n’était pas réellement qu’il était passé d’un être mauvais à quelqu’un qui voulait racheter ses fautes ou devenir bon, ne se voyant pas comme l’un ou l’autre en réalité, il était juste désormais un animal coincé dans un corps qui n’était pas le sien et d’autant plus avec un minimum de conscience humaine dont celle de juger malheureusement. La Salamandre donnerait tout ce qu’elle avait pour s’en débarrasser pourtant, n’offrant après tout qu’un putain de cocktail explosif avec son caractère déjà si facile et qui pouvait s’enflammer pour un rien, alors que malgré elle Lieserl était arrivée dans son existence comme pour lui influer encore plus le fait qu’il ne pouvait pas décemment faire comme bon lui semble. Néanmoins il plaçait sa confiance aveugle en elle, parce qu’elle avait su le battre avec une facilité si déconcertante qu’il aurait due en avoir honte dans un sens de s’être fait ainsi ramasser par une fillette aussi frêle, et ce n’était pas juste à cause de cette idée qu’elle était l’Alpha ou par superposition sa reine comme il aimait si bien le dire. Non. Elle lui donnait envie de la suivre jusqu’au bout du monde et même au-delà de l’horizon, de découvrir beaucoup plus sur lui-même et le monde qui pouvait se trouver autour de lui, sachant parfaitement dans son esprit qu’il ne viendrait pas hésiter un seul instant à sacrifier sa propre vie pour la jeune dragonne même si elle lui ordonnerait de pas le faire – le seul ordre qu’il ne pourrait jamais écouter dans sa façon si particulière d’être assez têtu. Cependant la réalité le rattrapait à cet instant, alors qu’il continuait de tenter de réveiller la femme qui n’avait pas l’air décidée à ouvrir les yeux et qui se trouvait encore à l’heure actuelle en contact avec le poison qui se diffusait toujours bien malgré lui, il faisait partie d’une race dont l’interaction primaire avec les autres êtres vivants était de tuer. Toujours la même rengaine, que ce soit autant dans le but de se protéger que pour montrer une quelconque supériorité sur les autres, cette scène restant au final que celle du crime qu’il était en train de commettre encore une fois.

Putain ! Iñaki n’avait jamais demandé une telle chose, arrivant même à regretter le temps de la malédiction où il était certes muselé dans un sens mais au moins il n’était pas un tel danger public pour les autres, tout ce qu’il voulait c’était de la tranquillité mais il finissait tôt ou tard par se mettre dans une merde pas possible même sans chercher les embrouilles lui-même quand on venait trop le chauffer. Lieserl avait eu tort lorsqu’elle lui avait dit qu’il ne déversait pas les maux sur les autres, il était une catastrophe ambulante, mais pourtant malgré tout celle-ci n’avait pas l’air décidé de l’abandonner alors que sa voix calme lui parvient dans l’oreille et faisait juste un contraste saisissant avec la panique dont il était la proie. Pourquoi elle ne raccrochait pas et ne laissait pas juste se d’emmerder surtout avec les véritables problèmes qui profilaient s’il venait être inculpé pour homicide involontaire ? Lui avait offert sa dévotion envers elle de par son positionnement il est vrai, même si ce n’était pas l’unique raison, mais le fait qu’elle puisse avoir une sorte de réciprocité avec lui qui n’était qu’un vieux dragon trop grincheux qui passait plus de temps à grogner qu’à sourire lui échappait entièrement. Parce qu’il ne pensait pas mérité une telle attention envers lui, ne se voyant que comme un danger public en cet instant alors que sa main libre se refermait dans un poing tremblant qui avait du mal à se calmer, s’accrochant sans doute plus que de raison  à ce téléphone qui avait d’être son seul contact avec la réalité dans ce film presque surréaliste qui était en train de se dérouler. Iñaki s’en voulait de l’avoir mêlé à toute cette histoire, il aurait dû rester dans cette espèce d’insensibilité animale et laisser derrière lui le corps de cette femme sans même se retourner mais il en était juste incapable à cause de la jeune femme parce qu’il voulait peut-être la rendre fière malgré lui, et même si les mots qu’il entendait auraient dû être peut-être une sorte de réconfort ou de motivation il n’était plus vraiment sûr de lui à cet instant. Peut-être que dans le fond il avait juste envie de laisser le monstre flambeur ressentir pour tout brûler autour de lui, laisser s’étendre sa colère comme il savait si bien le faire, et abréger toute cette connerie qui se déroulait une bonne fois pour toutes. Non. Ça ne servait à rien de se leurrer car c’était bien Lieserl qui avait raison, il ne voulait pas juste détruire mais bien essayer de construire pour changer même s’il n’était pas sûr de la voie à suivre dans un sens, ne sachant quoi dire et vu la grande-gueule qu’il pouvait bien être c’était peut-être du repos pour les oreilles de la plus jeune à l’autre bout du fil.

Respirant fortement et tentant toujours de réveiller l’inconnue en sa compagnie, tandis que ses pupilles jouaient du yo-yo dans cette situation si inconsistante qui lui donnerait presque la gerbe, il avait la sensation que ses os dans la main qui tenait le téléphone étaient en train de se fissurer tant il y mettait de la pression. Et comme le phare lumineux en plein milieu de la nuit, comme s’il venait d’être éclairé au milieu de ce foutoir qui était en train de se dérouler, Lieserl faisait son possible pour le sortir de là et tous les efforts qu’elle faisait juste pour lui il ne pouvait pas les ignorer. C’était-on déjà préoccupé de son sort avant-elle ? On le forçait toujours à faire des choses, parfois allant même dans l’extrême que ça soit en l’enfermant dans une boîte en tant que Salamandre qu’en le poussant à bout en étant Iñaki, ce qui le poussait sans doute encore une fois à la suivre les yeux fermés sans se poser la moindre question. Il hochait donc la tête au fait qu’il pouvait trouver un issu au niveau du toit de l’ascenseur, comme si elle avait pu être physiquement à ses côtés pour le voir faire, se mettant aussitôt en tête de cette fameuse porte de sortie qui serait toujours bonne à prendre. Levant les yeux pour tenter de trouver la bouche d’aération, ayant du mal à vraiment distinguer ce qu’il voyait, le plus dur dans cet exercice pourtant si banal était de se calmer. Encore une fois il se laissait bien trop emporter alors que ses nerfs lâchaient à chaque seconde qui pouvait bien se passer, il n’était pas du genre à y croire à fond et quelque part peut-être assez fataliste ou réaliste sur ce qui se passait, sentant tout de même sur ses épaules cet énorme poids qui venait appuyer de plus en plus dessus. Finalement il finit par voir le fruit de ses recherches et en approchait pour se mettre en dessous, évitant au passage de marcher sur la victime, se mettant sur la pointe des pieds tout en tant sa main libre pour forcer l’ouverture. Mais aussi grand qu’il pouvait être ce n’était largement pas assez, même en se mettant sur la pointe des pieds ça ne changeait absolument rien, comme si le sort était en train de s’acharner. Au bout d’une trentaine de secondes il comprit que ça ne servait à rien de forcer le truc bordel, il ne pouvait pas gagner les centimètres qui lui manquaient d’une manière ou d’une autre, tapant un bon coup contre la paroi en ferraille qui prit quelque peu la forme de son poing alors que ses yeux retrouvaient cette brillance furieuse.

« MERDE ! Elle est trop haute Lieserl ! Quoi ? Non j’peux pas arranger ça ! Me concentrer ça va servir à que dalle , je suis trop petit ! Un cours d’athlétisme ? Sérieusement ?! »


Lui n’était pas amusé, d’ailleurs il ne l’était jamais et c’était à se demander si le mot ‘’rigoler’’ faisait partie de son vocabulaire, alors que dans sa voix il y avait une sorte de feulement presque étouffé qui venait à sortir. Il ne faisait aucun doute punaise que son énervement impacté forcément sur ce qui se passait dans cette pièce close, qu’il le veuille ou non d’ailleurs, libérant très certainement une dose plus grande de son magnifique poison qui était en train de lui laisser un cadavre sur les bras s’il ne faisait rien. Bien sûr, il pourrait peut-être sauter pour taper sur la plaque comme le disait si bien Lieserl, ça serait une solution de facilité mais pour ça il lui fallait tout de même de la place. Le souci avec Iñaki c’était qu’il ne savait rien faire en finesse, sauf bizarrement tout ce qui concernait son travail mais dans ce cas bien précis il n’y avait personne pour lui taper sur le système et il entrait ainsi dans un calme olympique à toutes épreuves aussi étonnant que ceci puisse paraître, il avait besoin d’espace pour s’exprimer et le fait d’être ainsi confiné dans un lieu aussi clos l’empêchait justement de pouvoir s’étendre comme il le voulait. À croire que finalement c’était toujours une sorte de question de territoire avec lui, qu’il y avait cet instinct animal en lui qui prenait le dessus quoi qu’il puisse faire, tandis qu’il fixait cette satanée plaque en se disant que oui bien évident qu’il se ferait une joie de la démonter s’il le pouvait mais que malheureusement le processus allait être assez compliqué. Il soufflait comme pas possible, perdant encore plus patience parce qu’il avait la sensation que Lieserl ne comprenait pas ce qu’elle était en train de lui demander alors qu’elle lui disait qu’elle devait frapper une bonne fois pour toutes, ce n’était pas aussi facile à dire qu’à faire. Enfin si. C’était facile mais c’était ce qui en découlait qu’il l’était moins, s’il se mettait dans une position prêt à s’emporter malgré lui, même si sa reine lui en donnait le feu vert ce n’était pas réellement ça qui arrivait à la convaincre à cet instant. Sa main descendait doucement le long de la paroi comme s’il cherchait à griffer, comme Iñaki l’aurait fait sous sa véritable apparence de Salamandre alors qu’il fixait la plaque récalcitrante, car dans un sens il en avait envie car c’était comme s’il avait la permission de pouvoir se déchaîner cependant il ne serait dire ce qui allait se passer après.

« Tu me demandes vraiment de lâcher toute ma force ? Lieserl c’est de la folie ! Tu sais bien que je ne peux pas ! Je ne maîtrise pas ce que je produis et généralement c’est loin d’être une simple petite vague ! Je… Oui j’ai compris mais… d’accord... »

Il n’était pas convaincu, mais alors pas du tout merde, c’était un peu comme une sorte de mission suicide à son sens alors qu’il venait plaquer le plus doucement possible la femme dans un coin pour ne pas qu’elle vienne le gêner avant de reculer aussi loin que cette petite boîte en ferraille lui permettait. Ses yeux fixaient avec intensité ce qui venait s’associer à son ennemi à abattre, sentant son être entier comme s’embraser de l’intérieur dû au fait qu’il devait justement prochainement libérer tout ceci et devenant une sorte d’attente difficile à contenir pour son corps, alors qu’une sorte de grondement d’avertissement se faisait malgré lui. Même si son caractère explosif rendait souvent ses actions imprévisibles, n’étant que de l’ordre d’une impulsivité violente, en y regardant de lus près il agissait exactement comme une Salamandre le ferait. Ne pas lâcher sa proie des yeux, la prévenir de dégager sous peine de justement se faire dégager bien il faut, pour attaquer tout d’un coup même si parfois la deuxième étape avait tendance à plus ou moins s’effacer. Lorsque la voix de Lieserl retentit c’était comme un coup d’envoi qui avait été donné, le déclic qui avait actionné d’une façon ou d’une autre la violence en lui qui ne cherchait qu’à sortir, bougeant tout d’un coup en se focalisant le plus possible sur son objectif. Sautant au dernier moment, pour être le plus en dessous possible, il tentait de venir s’appuyer sur le mur pour se donner plus de détente mais surtout dans une gestuelle et une manière de faire qui n’avait rien d’humain. Il put atteindre la plaque qui sous cette impulsion extraordinaire dont il était doté se décrochait sans mal, ne faisait qu’ouvrir une partie de la boîte de Pandore en libérant cette colère partielle, venant se réceptionner sur ses jambes du mieux qu’il pouvait avait de se mettre en position accroupi et se soutenant d’une main. Iñaki avait du mal à respirer normalement en cet instant, c’était plus des longs râles sifflantes qu’autre chose, cet exercice venait de le mettre en feu et le souci étant que désormais il fallait calmer le départ d’incendie que ceci avait provoqué. Ses iris n’étaient que des feintes assassines, hermétique à la voix de Lieserl qui pouvait bien sortir du téléphone qu’il tenait toujours, alors qu’il venait à poser son regard sur cette inconnue. Pourquoi se donnait-il autant de mal pour elle ? Ce n’était qu’une humaine après tout, embrouillé par ce besoin basique d’éradiquer la moindre forme de menace potentielle, il serait si facile en cet instant de se débarrasser d’elle au final.

Les bruits qui émanaient de lui n’avaient plus rien d’humains, réveillant ce qu’il essayait justement de tenir enchaîné au fond de lui, alors que son désir de supprimer toute forme vivante à part lui était bien présent. La température de l’endroit était alors en train de grimper en flèche, sûrement atténué tout de même par l’aération qu’il venait de forcer et effectuait malgré lui un grand travail de ventilation dans l’ascenseur, si loin de cette préoccupation de préservation qu’il avait voulu jusqu’ici. Iñaki aspirait beaucoup plus d’air pour se préparer à recracher beaucoup plus de flammes à venir, inconscient du danger que ceci pourrait bien représenter même pour lui s’il cherchait à faire exploser cette boîte de conserve ambulante, alors qu’il pouvait sentir la boule chaude caractéristique dans son estomac commencer à se former et que de la fumée sortait un peu de sa bouche. Il était juste un dragon à cet instant précis, ce qu’il était réellement au lieu de cette mascarade où il était présenté comme un humain avec des pouvoirs ou capacités extraordinaires, le même qui avait été enfermé dans un espace réduit tout ceci pour pouvoir fournir une matière précieuse pour ses humains trop avides et cupides. Et le fait qu’il en avait une en sa présence dans cet endroit était impardonnable, n’arrivant plus à juger correctement et être objectif dans ce qui l’entourait vraiment, prêt à faire feu à tout instant. Mais la voix de Lieserl résonna alors avec une telle intensité qu’il ne put l’ignorer, comme une claque ou une douche froide qu’on venait de lui jeter à la figure, se réveillant de cet état sauvage dans lequel il était en train de glisser. Se mettant à tousser avant de plaquer sa main contre sa bouche, les yeux écartés de stupeur alors qu’il pouvait sentir la boule de feu remonter le long de sa trachée, il fit son possible pour ravaler comme le put ce qui tentait tant de sortir. Son corps était pris de spasme face à cet exercice, c’était comme réprimander une envie de vomir et tout faire pour que ça ne sorte, réussissant dans un effort improbable à repousser le tout même si ça ne se fit pas sans douleur. À bout de souffle il se laissait tomber sur le côté, tremblant quelque peu à cause de ce tout qui le mettait à mal, remettant le téléphone contre son oreille alors que son autre main agrippait fortement son haut tant il avait la sensation que son cœur allait exploser dans sa poitrine d’avoir fait une telle chose.

« J’ai pu le faire… j’ai cassé la plaque… et j’ai pu contenir une… une boule de feu mais la suivante passera… J’arrive pas à le calmer… ça brûle de l’intérieur Lieserl…. Fais quelque chose s’il te plaît... »

Il était plaintif et suppliant comme jamais, sentant bien qu’au fond de lui ce n’était que le premier round qui venait de se produire et que ce qu’il avait pu repousser une fois ne ferait que trouver son chemin avec plus de violence la prochaine fois, les larmes lui montant aux yeux face à la douleur qu’il pouvait ressentir alors qu’il restait toujours couché sur le sol. Iñaki venait d’aller à l’encontre de sa nature de Salamandre et il avait l’impression d’en payer le prix fort, le mettant à mal comme jamais auparavant, se recroquevillant sans doute de plus en plus sur lui-même. Le souci étant qu’il se sentait menacé, pas vraiment par la jeune femme qui était présente dans l’ascenseur mais bien d’une manière plus globale en cet instant et surtout en se sentant si faible, et son mécanisme interne se mettait en route à savoir le faire en quelque sorte renaître par les flammes. Une fois il avait été dans cette situation à savoir l’instant même où il s’était retrouvé coincé au fond de ce puits de cheminée, dès lors condamné par les humains à faire selon leur bon vouloir sans qu’il ne puisse rien faire, le désespoir qui avait pu l’envahir au moment même où il avait compris qu’il n’y avait aucune échappatoire possible avait fait qu’il avait cherché à enflammer l’endroit. Ironiquement il n’avait fait alors que jouer le rôle qu’on attendait de lui, à savoir un feu assez puissant et qui ne périrait jamais, produisant une telle déflagration qu’il aurait pu réduire à néant toute une ville certainement si le système de sécurité n’avait pas été assez en norme. Mais là ? Il n’y avait rien pour l’arrêter, rien pour le retenir d’être une véritable bombe qui viendrait s’abattre sur Storybrooke sans prévenir, rien à part ce portable auquel il s’accrochait désespérément mais plus que tout cette voix à travers le combiné. Il voulait rendre Lieserl si fière pourtant, lui prouver qu’elle avait raison et que le travail qu’il avait pu faire ensemble avait enfin porté leur fruit, mais il s’en sentait juste incapable à l’heure actuelle. Surtout pas en ressortant au fond de son œsophage la boule de flammes grossir encore plus, l’entraînant dans un cercle vicieux où il avait la respiration presque coupée de ce qui fermentait en lui au point de le forcer à chercher de l’air qui ne faisait qu’alimenter justement le processus de création, conscient qu’il ne pourrait pas venir avaler comme tout à l’heure une telle chose ou même la bloquer une seule seconde. Fermant fortement les yeux, comme dans l’espoir vain que toute cette situation n’existe pas, la vérité lui semblait si horrible à regarder.

« Tu es une reine si... incroyable… Que tu me viennes me foutre la raclée du siècle… ça a été la meilleure chose qui a pu se passer dans ma vie… C’est un peu triste quelque part… mais je ne regrette pas… Lieserl il faut que tu t’éloignes le plus possible... d’où je me trouve… Je ne veux pas qu’il t’arrive du mal... »

Il avait du mal à parler, la seule personne qui ne souhaitait pas blesser étant celle qui ne l’avait jamais laissé tomber depuis le début, sentant sa nature incontrôlable sur le point de craquer.







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Lieserl K. June

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MessageSujet: Re: When I'm lost in the storm and I'm calling | Lieserl K. June   Dim 26 Fév - 17:32

When I'm lost in the storm and I'm calling
Iñaki & Lieserl
When we stood on the skyline there was no turning back and you said not to stare at the ground there's a hole in my parachute as big as your heart and the gravity's pulling me down

Le « maintenant » avait été comme un déclic, autant pour l'un que pour l'autre. Elle avait cessé de réfléchir, de paniquer dans ce coin de rue, partant en courant sans même regarder derrière elle à une vitesse insoupçonnée, qu'elle n'aurait jamais pensé atteindre. Elle courait aussi vite que ses jambes humaines pouvaient la porter, ignorant sa prothèse au niveau de la hanche qui menaçait de lâcher, ignorant la moindre douleur que ses muscles pouvaient produire sous l'effort. Elle courrait si vite que les passants auraient pu s'imaginer voir des gerbes de flammes s'échapper à son passage, et peut-être que ce n'était pas que leur imagination, tandis qu'ils ne voyaient non plus une jeune fille l'air à la fois désespérée et déterminée, mais un dragon noir qui franchissait le moindre obstacle comme si ce n'était qu'une bagatelle dérisoire. Elle avait conscience qu'elle allait payer le prix de cet effort physique, mais elle n'avait pas cessé de le répéter au téléphone : pour l'heure, elle n'était pas importante, seul Iñaki l'était.

Il restait si peu de temps, au point qu'elle en comptait presque les battements de son coeur, ses inspirations, ses expirations. Tout était silencieux autour d'elle, en dehors du sifflement du vent ; elle se sentait soudainement transportée en arrière, comme ce jour étrange où elle avait entendu la détresse d'Harold, où elle avait senti qu'il était en danger de mort, et que si elle n'agissait pas malgré les obstacles, malgré le fait qu'elle était physiquement incapable de franchir le ravin à cause de sa blessure, elle s'était forcée, elle s'était traînée le long de la paroi à la force de ses griffes, elle s'était blessée dans le seul et unique but d'arriver à temps pour protéger ce petit humain qu'elle avait appris à aimer. C'était fou comme l'histoire pouvait se répéter ; et même si Iñaki n'était pas en danger de mort, et même plutôt le contraire, il était le futur responsable de la mort de quelqu'un d'autre, il était bien trop important à ses yeux pour laisser sa hanche, ses limitations physiques ou même les doutes constants qu'elle avait à l'égard d'elle-même lui barrer la route. Non. Plus rien ne lui barrait la route. Ni les bâtiments, ni les passants, ni les portes ou les barrières ; la seule chose qu'elle avait en tête, qu'elle visualisait, c'était Iñaki dans cette cage d'ascenseur.

Elle courait si vite désormais qu'elle peinait à réaliser que ses jambes quittaient le sol de manière si furtive qu'on avait presque l'impression qu'elle flottait dans les airs ; et peut-être que d'une certaine façon c'était le cas, mais elle avait perdu toute notion d'espace, de temps, devant elle seulement son objectif, à l'intérieur, calme olympien alors que son coeur menaçait d'exploser et sa hanche tout autant. Ça allait lui coûter une bonne visite à l'hosto, ça, mais ça n'était pas le problème. Elle se concentrait sur sa respiration ; inspirant, expirant, jusqu'à ce qu'il n'y ait plus la moindre pensée qui flotte dans son esprit en dehors d'Iñaki coincé dans cette « cage » -oh ironie du sort devrait-on dire. Inspiration, expiration. Inspiration, expiration. Ses yeux bruns et humains avaient totalement disparus au profit d'yeux étrangement félin à la pupille fendue, et ses iris profondes d'ordinaire ne laissait transparaître qu'un bleu perçant et presque luminescent. Inspiration, expiration. Sa bouche était entrouverte, et dans son dos si ses vêtements avaient été plus plaqués sur son corps on aurait pu voir au travers comme une luminescence bleue similaire à son regard, tout le long de sa colonne vertébrale. Désormais, il n'était plus question d'une jeune fille qui enfermait un dragon ; c'était désormais un dragon qui avait revêtu l'apparence d'une jeune fille, mais dont le costume grotesque de la malédiction s'effritait au rythme de ses pas.

Inspiration, expiration.

VLAM !

Un tonitruant bruit de verre brisé retentit ; Lieserl avait tout juste eut le réflexe de lancer une boule de flammes électrique droit devant elle lorsqu'elle avait aperçu bien trop tard les portes de verre coulissantes du bâtiment où se trouvait Iñaki, passant au travers en diluant son attaque dans l'air. Fort heureusement pour elle, personne ne s'était retrouvé sur son passage, tandis qu'elle roulait sur le sol en serrant le téléphone dans sa main comme si elle s'accrochait à une veste de survie, non sans copieusement se couper le corps ici et là avec des morceaux de verre. Haletante, elle se redressa d'un seul bond, encore emprise par le pouvoir phénoménal de l'adrénaline, et plus encore, par son instinct de dragon qui était encore semi-dominant malgré l'impact qui aurait dû la faire revenir à la réalité plus violemment qu'une claque en plein visage. Elle regardait ses mains, coupées par les débris de verre ; avait-elle vraiment couru si vite ? Elle avait perdu toute notion de réalité durant ces quelques instants de course éperdue, et c'était… exaltant. Bien trop exaltant, elle qui avait passé toute sa vie d'humaine à se contrôler en toutes circonstances, à mesurer ses propos, ses actes, ses gestes. Et tout à coup elle était redevenue la dragonne sauvage et insaisissable, ne répondant qu'à cet instinct primaire qui grognait au fond d'elle, comme quand elle avait lâché une boule de feu sur Niels, comme quand elle s'était battue avec Ruffio. C'était un peu comme si toute cette mesure et cette apathie qu'elle présentait en tant qu'humaine était un mur géant mais qu'au pied de se mur s'élevait une bête sauvage qui ne demandait qu'à sortir, qui rugissait, fulminait et frappait ce mur jusqu'à ce qu'il se fissure, et que de ces fissures venaient s'échapper ces bribes de colère et d'impulsions qui avaient pu hanter sa vie depuis la levée de la malédiction.

Le seul problème était qu'elle n'avait pas la moindre idée de la puissance de cette bête, et pire encore, ce qui pouvait arriver si elle se laissait trop aller, si elle la laissait prendre le contrôle sur sa manière d'être. Et si ça terminait comme Iñaki, qui pouvait allègrement faire exploser la ville en se laissant aller comme il savait si bien le faire ? Ou peut-être même pire. Et Lieserl ne voulait pas prendre une seule autre vie humaine ; elle n'en avait pas la force.

« Iña ! T'es toujours là ? »

Elle avait crié dans l'appareil alors qu'elle l'avait déjà élevé jusqu'au niveau de son oreille, attendant une réponse avec appréhension, quand elle prit enfin conscience de la réalité et se mit à regarder autour d'elle. D'abord, le trou béant qui avait remplacé les portes coulissantes de l'entrée, puis, les visages horrifiés de toutes les personnes immobiles réunis, et puis, soudainement, le bruit sifflant d'une alarme d'urgence ; il résonnait depuis le moment où elle avait traversé la vitre, mais ce n'était que maintenant qu'elle se rendait compte de son existence, et elle réalisa au même instant à quel point son crâne lui faisait un mal de chien. Que se passait-il, déjà ? Ah oui, elle avait explosé une porte, et l'état d'urgence était total. Au loin, les sirènes vombrissantes des secours qui arrivaient ; elle était donc arrivée avant… Impressionnant.

Puis, dans l'appareil, une voix, plaintive, sifflante, comme si parler était un effort considérable, ou comme s'il avait quelque chose de coincé au fond de la gorge. Le coeur de Lieserl rata un battement. Oh, joli coeur qu'elle avait dans sa poitrine, elle qui avait tant voulu qu'il n'y soit plus, en cet instant, il lui faisait un mal fou. Elle montra les dents, bien que Iñaki ne pouvait évidemment pas le voir ; la frustration était à son comble.

Dans le silence général de l'étonnement -en dehors de l'alarme-, elle leva soudainement son bras gauche, avant de pousser un sifflement strident, bien que légèrement redondant puisqu'elle avait déjà l'attention de tout le monde. Puis, d'une voix forte et improbablement autoritaire -qu'on aurait pu croire mélangé à une sorte de rugissement de dragon, elle ordonna à l'assistance présente :

« On a pas le temps de discuter de cette entrée en scène magistrale, mesdames et messieurs ! Mais pour l'heure, vous entendez les sirènes des services d'urgence, au loin ? Ils arrivent exactement ici, parce qu'au bout du fil j'ai un dragon sur le point d'exploser, et que ledit dragon se trouve dans l'ascenseur de cet immeuble ! Alors si vous voulez bien vous donnez la peine de quitter le bâtiment dans les plus brefs délais, et de mettre le plus de distance possible entre vous et lui… Vous avez jamais entendu d'alarmes ou quoi ? TOUT DE SUITE ! »

Dans la confusion générale, les badauds ne se firent pas prier, bien qu'elle avait noté que quelques-uns avaient leur portable au niveau de l'oreille, probablement pour appeler une ambulance, ou alors, les flics. Dans les deux cas, elle n'en avait que faire ; le plus important, c'était de sortir Iñaki du piège dans lequel il s'était mis tout seule. Reposant son portable au niveau de son oreille, elle ne dit rien d'abord, essayant d'écouter ; des râles, des murmures étouffés, du désespoir. Puis, à nouveau, la voix de la Salamandre, encore plus faible qu'auparavant, non pas parce qu'il perdait en énergie mais parce que la boule de feu qui se formait dans son système interne l'empêchait de plus en plus de parler ; et tandis qu'il parlait, déballant ses sentiments à l'égard de Lieserl dans une dynamique de film de guerre dramatique au moment où Soldat 1 est sur le point de mourir dans les bras de Soldat 2, Lieserl… leva les yeux au ciel, avant diriger son regard du côté des ascenseurs. Ok, il y avait exactement trois ascenseurs côte à côte, et par pur concours de circonstances, les deux aux extrémités s'ouvrirent pratiquement en même temps, laissant échapper des gens qui n'avaient visiblement jamais retenu qu'on ne monte pas dans un ascenseur quand sonne l'alarme ; mais bon, au moins ce fantastique coup du sort lui indiquait où se trouvait exactement son dragon. Ses pupilles en fissures à nouveau, si fines qu'elles étaient à peine perceptibles, entourées de leurs iris bleu nacré, levèrent les yeux pour voir le numéro de l'étage où la cage était restée coincée. Noté. Ça allait grimper mais c'était pour la bonne cause. Alors, ignorant toujours superbement les blessures ouvertes sur son corps, sa hanche qui menaçait de lâcher, et le fait probable que son corps était sur le point de totalement s'effondrer, elle se dirigea vers la cage d'escalier, répondant à Iñaki d'une voix cinglante :

« Tu te fous de ma gueule là j'espère Iñaki ?! T'es le premier à te foutre en rogne pour trois fois rien et là quand les choses sont contre toi tu laisse tomber en me demandant de me barrer aussi sec et en me faisant des espèces d'adieux larmoyants ? T'es complètement con ou quoi ? Si tu me dis de m'éloigner dans l'autre sens, tu sais très bien que la première chose que je vais faire c'est faire exprès de me mettre au milieu des flammes. D'ailleurs, pour ta gouverne, je suis dans le bâtiment ; me demande pas comment j'ai fais aussi vite, tu ne veux pas le savoir… Et donc, si ton intention c'est de ne pas me faire de mal, alors évite de faire exploser le bâtiment pendant que j'y suis, vu ?! »

Son ton était autoritaire, sec, sans appel ; et en même temps qu'elle parlait, elle montait les marches de l'escalier de service à vitesse grand V, se plaçant stratégiquement un étage au-dessus de celui où se trouvait Iñaki -car le plus simple dans son esprit était encore d'arriver par en haut, ou plus précisément, par la trappe. En mode SURPRISE même si elle avait l'intention de le prévenir avant car elle n'avait pas la moindre envie qu'il ait un réflexe de peur et lui envoie la boule de feu qu'il avait dans la gorge droit sur sa figure. Elle parvint jusque devant la porte de l'ascenseur de cet étage, et sans la moindre hésitation, jeta une boule de feu droit dans sa direction, faisant fondre le métal et laissant à sa place un autre trou béant et fumant, qui sans qu'elle ne l'ait vraiment fait exprès, offrait à l'air empoisonné de la cage d'ascenseur un nouvel échappatoire.

« Je descends dans trente secondes maximum. »

Le temps de laisser le métal refroidir, et aussi de quoi descendre sans se faire trop de mal -elle avait déjà bien subi depuis qu'elle s'était mise à courir, et elle savait qu'elle n'était de loin pas indestructible. Passant la tête par l'ouverture qu'elle avait créé, prenant soin de ne rien toucher à cause de la chaleur émanante, elle regarda vers le bas, cherchant la trappe des yeux ; à travers celle-ci, elle pouvait voir une partie du corps d'un homme, et elle devina rapidement qu'il s'agissait d'Iñaki, qui était visiblement en train de se battre avec violence avec ses propres démons. Elle se mordit la lèvre ; peut-être qu'elle avait une bête en elle-même qui se battait pour exploser elle aussi, mais elle était loin de ce que devait traverser Iñaki chaque jour qui passait. Faire taire cet animal sauvage qui était en lui à chaque instant, sous peine qu'il ne s'exprime de manière dévastatrice, avec des nerfs aussi fragiles que les siens… Elle devait le sauver. Coûte que coûte.

« Prépare-toi à retenir ton poison. Je descends. »

Elle avait dit ça sur le ton étrangement à la fois neutre et autoritaire de l'Alpha, sans réaliser que la réalité n'allait pas tarder à la rattraper, elle et toutes les petites coupures qui décoraient son corps depuis qu'elle avait traversé la vitre, sa hanche qui n'était probablement plus qu'un amas de métal coincé dans son corps, et ce mal de crâne de plus en plus intense. Elle débuta sa descente, s'accrochant aux câblages en se laissant pratiquement tomber jusqu'en bas, gardant juste un rappel pour éviter de simplement s'écrouler sur la cage d'ascenseur ; puis, rentrant la tête dans l'ouverture de la trappe, ses cheveux vinrent chatouiller le visage d'Iñaki, tandis qu'ils se retrouvèrent enfin en face à face.

« En plus, je suis ta reine, alors c'est moi qui décide quand tu meurs, et quand tu tues. »

Et sans qu'elle ne puisse rien faire, sa position renversée fit monter le sang dans son visage, la poussant à l'intérieur de l'ascenseur dans une chute brusque et sans la moindre grâce, comme une pierre chutant au fond de l'eau. Elle regarda sa main, et réalisa qu'elle voyait double ; puis, elle cligna des yeux, remarquant que le paysage semblait aller moins vite que ses mouvements d'yeux, ce qui était profondément perturbant.

« Tu vois Iñaki, maintenant je suis là, alors tu as intérêt à faire arrêter ton poison si tu ne veux pas me tuer. »

Elle savait qu'en disant cela, elle allait le faire paniquer encore plus ; mais elle avait la tête si légère si soudainement que c'était comme si elle venait de fumer des herbes peu recommandées, même si l'origine de son trouble était plus dans le mélange intense entre ses blessures et le poison de son précieux Iñaki. Elle se sentait flotter pendant quelques secondes ; ou peut-être que c'était plusieurs minutes, ou même des heures entières, elle n'en avait pas la moindre idée. La seule chose qu'elle parvint à percevoir fut une grande claque en travers du visage, et qu'elle crut d'abord infligé par Iñaki, avant de se rendre compte que cette main ouverte au bout de ce bras était le sien. Il était tant de se réveiller ; elle avait traversé tous ces efforts pour lui, pas question d'abandonner maintenant…

Alors elle se releva, malgré ses jambes tremblantes, mettant l'intégralité de son poids sur sa jambe valide, l'autre étant presque totalement hors-service ; puis, sans un regard pour la femme évanouie dans un coin, victime innocente de cette affaire mais qui la laissait profondément indifférente, elle se tourna vers Iñaki, qui n'était pas le moins du monde calme face à tout ce qui était en train de se dérouler sous ses yeux impuissants, et par sa faute. D'un mouvement, elle l'attrapa par le col pour le forcer à se tourner vers elle, avant de poser ses mains sur chaque joue de la Salamandre, plongeant son regard bleu au fond du sien pour bien qu'il ne la perde pas du regard.

« Concentre-toi sur mes yeux, et respire. »
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MessageSujet: Re: When I'm lost in the storm and I'm calling | Lieserl K. June   Lun 13 Mar - 16:21




C'était incroyable de voir que la personne la plus importante de la vie d'Iñaki se trouvait être, du mois en apparence car dans le fond elle était loin d'être juste ceci, était un bout de ce qu'il nommerait une gamine qui n'avait techniquement rien à lui apprendre de la vie. Lorsque le vieux dragon avait ainsi croisé pour la première fois celle qui était alors sur le coup son adversaire, bien décidé à supprimer cette vermine qui pourrait lui empoisonner la vie et bordel il n'était pas du genre à se laisser faire, il avait presque cru à une mauvaise blague qu'on lui faisait parce qu'on l'avait soi-disant décrite comme étant une Alpha avant cette vie à Storybrooke. Connerie à son sens, on se foutait vraiment de sa gueule, et c'est peut-être pour cette raison qu'il avait pu bien trop cet entrevu à la légère au point de s'imaginer la mettre au sol en deux-trois mouvements car après tout il avait l'expérience mais plus que tout cette putain de soif de destruction. En tant qu’aîné entre les deux ceci aurait été bougrement plus logique que ça soit à lui de venir apprendre à la plus jeune tout un tas de choses, la remettre à sa place quand elle en avait besoin et surtout tout faire pour qu'elle lui foute royalement la paix car s'il voulait le titre de roi des dragons en quelque sorte c'était pour s'assurer que personne ne pourrait plus le contrôler ou lui casse les pieds, sauf qu'Iñaki avait très vite compris que dans l'affaire l'ignorant qui avait tant à apprendre c’était lui. Ainsi la Salamandre, aux côtés de celle qui était ainsi devenue sa chère reine pour qui sa dévotion ne flanchait à aucun instant au point qu'on pourrait presque croire à un lavage de cerveau de malade, avait pu faire petit à petit affaire à des notions qui lui étaient jusqu'ici inconnues et ceci grâce à la patience que Lieserl pouvait mettre dans son ouvrage. La cohésion sociale, le fait d'essayer de cramer en barbecue tout ce qui pouvait approcher de lui – même si ça c'était encore en cours de validation, le fait de faire partir d'une sorte de groupe et peut-être en quelque sorte à une famille ? Il ne savait pas trop si ça allait si loin. Sa race avait des prédispositions à vouloir se la jouer en solo, à s’entre-déchirer entre eux pour une question de territoire, loin d'être le genre très amicale en réalité. Et sa reine était justement le contrepoids qui l'empêchait de s'adonner sans retenue à sa nature bien trop sauvage, lui montrant qu'une forme de cohabitation était possible et qu'il pouvait même ressentir un apaisement en côtoyant des personnes qu'il avait un mal fou à supporter au point de s'emporter à la moindre petite chose qui pouvait venir le contrarier, et c'est sans doute pour cette raison il y était autant attaché au point qu'il ferait tout pour elle au point de la suivre aveuglement sans se poser la moindre question tant sa confiance en elle se trouvait être inébranlable.

Tout ce qu'il voulait c'était la protéger, aussi bien des autres que de lui qui était une des grandes potentielles menaces de cette ville dans un sens, sentant cette boule de feu dans son estomac se former de plus en plus et qu'il savait par avance assez violente. Mais Iñaki ne s'attendait pas à ce que Lieserl lui avoue être dans le bâtiment et qui lui faisait écarter les yeux de surprise, le souffle haletant et sifflant il ne comprenait pas comment la jeune fille avait pu arriver avec une rapidité affligeante alors qu'elle tiendrait même pas la route deux minutes s'il lui proposait de venir courrier avec lui dans les bois, alors qu'il se ratatinait sur lui-même à mesure qu'elle lui criait dessus. Oh oui il y avait de l'énervement dans l'air, comme d'habitude certes, le fait de se faire parler ainsi même par sa reine divine provoquait chez lui un grognement de mécontentement mais pourtant ce n'est pas le sentiment le plus fort qui l'envahissait le plus. C'était la honte que pouvait ressentir un enfant qui se fait taper sur les doigts quand il vient de se faire attraper en train de faire une grosse bêtise, se sachant coupable de ses actes et les regrettant amèrement lorsque l'autorité supérieure vient lui démontrer à quel point il a pu avoir tort, comme si quelque part la déception que Lieserl pouvait ressentir face à son comportement de lâche pour le coup l'atteignait en plein cœur. Parce que pour Iñaki elle était son point de repère et celle qui le faisait grandir, même si une fois encore c'était lui le plus âgé mais il fallait croire que l'expérience n'avait rien à voir avec le temps d'existence mais bien autre chose, et son avis était ainsi le plus important de tous au point qu'il s'en fichait carrément de ce que les autres pourraient bien lui dire. Cependant elle avait apporté une donnée inestimable dans l'affaire à savoir qu'elle se trouvait dans le même bâtiment que lui, par extension supposant qu'elle serait aux premières loges s'il venait à exploser comme il savait si bien le faire, ne pouvant que se faire violence au possible pour éviter de libérer ce feu destructeur qui pourtant lui ferait un bien fou merde. Il venait à plaquer de nouveau une main sur sa bouche comme s'il allait gerber, même si pour le coup ça serait plus une sorte de lave en fusion qui en sortirait, alors que ça brûlait jusqu'au fond de ses entrailles face à cette puissance qui ne demandait qu'à sortir. Lieserl ne se rendait pas compte de l'effort plus que surhumain qu'elle lui ordonnait, parce que dans le fond il n'avait pas réellement le choix, il en avait déjà réprimé une juste avant et il n'était pas sûr de pouvoir refaire un tel exploit pour le coup tant il n'avait jamais eu à se contenir de la sorte. D'habitude c'était feu et point barre, si quelqu'un était dans le coin alors tant pis pour lui, sauf qu'en cet instant tout était si différent.

« Tu fais chier... Lieserl... »

Il y avait l'urgence de la situation car l'une des seules personnes qu'il ne voulait absolument pas blessé risquait de l'être, même si la jeune femme n'était pas la seule elle se trouvait malgré tout en tête de liste, devant alors lutter contre sa nature belliqueuse de lance-flamme sur jambes. Et même si Iñaki se montrait grossier envers sa prodigieuse reine, faisant un effort pour parler de manière la plus intelligible possible, la colère qu'il pouvait ressentir n'était pas dirigé contre elle mais contre lui-même tout bêtement. Jamais il ne pourrait se pardonner d'avoir pu lui faire du mal et elle le confrontait au pied du mur sans qu'il ne puisse vraiment s'y préparer, sachant très bien que la gestion et le contrôle de ses pouvoirs lui échappaient totalement, émettant un autre grognement beaucoup plus long qui ressemblait plus à un soupir alors que ses pupilles n'arrêtaient pas de changer de forme et prouvait qu'il était en train d'agir quelque part. Et encore une fois il dut faire le terrible exercice que d'essayer de ravaler cette déflagration de flammes qui pouvaient sortir, nul doute que combinées avec le poison sous forme gazeuse qui se trouvait dans l'ascenseur il pourrait exploser les lieux en quelques secondes et même s'il était pas fortiche en physique-chimie ça il le savait très bien, alors qu'il se crispait comme jamais alors que sa main lâchait le portable comme pour griffer le sol qui venait à garder les traces. Iñaki produisait en cet instant une chaleur bien au-dessus de la normale, mettant sans doute encore plus à mal la pauvre victime qui se trouvait avec lui dans ce satané ascenseur, et peut-être qu'il y avait eu l'espace d'un instant des griffes qui avaient pu réellement sortir mais il n'y mettrait pas sa main à couper tant sa vision était biaisée par tout un tas de choses. Faire cette action insensée, car contraire à sa nature de Salamandre, lui procurait la même sensation que tout d'un coup ses organes explosaient de l'intérieur car subissant l'attaque qui aurait dû sortir – du moins supposait-il que ça devrait être un truc du genre. Il avait beau être résistant au possible, être taillé pour casser des gueules et encaisser des coups, il ne pouvait empêcher un cri de douleur de sortir de tout son soûl et produisait un écho dans la cage d'ascenseur qui était plus celui d'une bête qu'autre chose. Cependant il n'était pas con pour autant car conscient qu'il ne faisait que retarder l'inévitable, la troisième fois serait la bonne et pour preuve il ressentait au fond de lui la boule de feu se reformer encore plus rapidement que précédemment, alors que sa seule planche de salut se trouvait être Lieserl en qui il plaçait tous ses espoirs d'arriver à temps alors qu'il lui en offrait du mieux qu'il pouvait à son échelle.  

Des minutes qui lui semblaient être une éternité, toujours par terre en train de respirer difficilement avec les yeux perdus vers son portable qui n'était que le seul lien qui le retenait encore à la réalité et le retenait de se dire que merde à la fin s'il a envie de tout brûler c'est lui que ça regarde à la fin, entendant à peine la voix de Lieserl qui résonnait si faiblement à son oreille dans cette putain de boîte de métal. La même voix qui lui avait l'air si proche d'un coup, lui redonnant un peu comme un coup de pied au cul bien placé, tentant de se relever comme il le pouvait alors qu'il se sentait peu à peu perdre le contrôle sur lui-même. Iñaki laissait de plus en plus place à son côté Salamandre sans réussir à le réprimer, ne se sentant clairement pas capable de le faire de toute évidence et surtout pas dans l'état actuel des choses, ne comprenant pas tout ce qui était en train de se dérouler alors qu'on lui chatouillait quelque peu le nez. Il lui fallut un laps de temps avant de comprendre que ce n'était autre que sa reine la responsable de cette désagréable sensation, renfrognant le nez qui lui donnait presque envie d'éternuer et c'était juste pas le moment merde, alors que sans tout arriver à suivre elle se trouvait à ses côtés. Il avait comme des faibles instants de perte de conscience, s'adonnant durant celle-ci à ce côté bestial que ce soit autant en grognant qu'en produisant un peu plus de poison comme pour se protéger de cette nouvelle menace dans l'ascenseur, alors qu'un moment de lucidité le frappait en plein dans la figure comme un fort électrochoc. Lieserl était là, bien réelle et non pas une quelconque hallucination que son cerveau aurait pu produire dans le but de le réconforter ou il ne sait quoi, et il était toujours en train de sécréter malgré lui du poison. La panique l'envahissait au point de rendre encore plus ingérable le peu de contrôle qu'il pouvait avoir, même pas sûr qu'il existe vraiment en fait celui-ci, devant gérer deux problèmes à la fois à savoir la boule de feu de plus en plus imminente et la diffusion d'un poison qui a une dose prolongée venait provoquer la mort assurée. Rien que ça. C'était bien trop que ce qu'Iñaki pouvait supporter, aussi bien physiquement que mentalement, respirant avec une forte difficulté, de plus en plus usé par cette épreuve qu'il était en train de subir. Il eut comme un feulement agressif envers la plus jeune lorsqu'il se sentit agrippé et tiré vers le col vers elle, faisant moins de distinction entre un allié et un ennemi alors que dans le fond tout ce qu'il voyait c'était protéger sa reine, augmentant peut-être la chaleur de son corps par auto-défense quand il sentit le froid que le contact des mains de Lieserl produisait sur ses joues.  

« Je... fais v-vite... j'suis en train de... de partir... uuuurgh ! »

Se courbant à la douleur intérieure alors que les flammes étaient en train de forcer le passage, il savait qu'il y a des moments où il n'était plus vraiment lui mais juste cet animal colérique qui détruisait tout qui réclamait de sortir comme en cet instant, avant de poser ses yeux jaunâtres dans ceux d'un bleu extraordinaire de celle qui était l'Alpha des dragons. Et c'était une sensation étrange que d'entraîner une sorte de synchronisation durant laquelle il se soumettait entièrement à sa reine, lui laissant le contrôle de sa personne pour qu'elle en face ce que bon lui semble, il ne serait décrire avec exactitude ce qui se passait exactement mais Iñaki savait que c'était le seul moyen de tout arrêter. Pourtant cette fois-ci tout ne se passait pas comme d'habitude, il n'était jamais dans un tel état extrême les fois précédentes où ils avaient pu s'entraîner, ses pupilles ne faisaient que changer de tailles alors qu'il venait à saisir les deux poignets de la jeune fille qui lui tenait la tête tout en lui poussant un cri d’agressivité dessus. C'était comme si un faible espace-temps son côté animal remettait en cause cette place d'Alpha, refusant cette soumission qu'elle voulait lui imposer, avant de doucement grogner tout en se rabaissant. Finalement Lieserl avait raison de lui, il n'y avait qu'à la regarder comme actuellement dans les yeux pour savoir où était sa propre place et surtout qui était le dominant dans ce faible rapport de forces, serrant de moins en moins les poignets qu'il avait pu serrer et auxquels il se soutenait dans un sens désormais. De par sa manière de faire, purement animale, il reconnaissait une nouvelle fois en elle une autorité supérieure et acceptait ainsi sa condition. Ses pupilles arrêtèrent leur irrégularité pour se stabiliser et s'accorder à l'identique sur celles de la jeune femme face à lui, respirant autant qu'il le pouvait comme elle lui avait ordonné, alors que peu à peu c'était comme si la sérénité venait à l'envahir au point que la colère se faisait étouffer. Iñaki, avec l'aide inestimable de sa reine, était en train d'acquérir un point de calme comme à chaque fois qu'elle opérait dans ce sens. Bordel. Tout était comme plus facile avec elle dans les parages, elle était les chaînes qui l'empêchaient de péter un câble, alors que la production de poison venait à s'estomper en premier au point que l'air devenait pour les autres bien plus respirable. D'autant plus que la bouche d'ouverture qu'il avait pu faire au-dessus aidait grandement à évacuer cette prolifération, tout venait à s'évacuer doucement mais bien sûrement vers la trappe ouverte, ce qui ne pouvait que contribuer à le calmer un peu plus, bien que le plus gros était encore à venir avec le souci le plus compliqué de tous.

La boule de feu était toujours là, lui arrachant même l'intérieur de l'œsophage tant son corps humain n'était pas toujours bien habitué à cette production toujours assez virulente, cependant il reprenait confiance parce que Lieserl était là et qu'il savait qu'elle allait régler la situation. Elle le ferait, il avait confiance en elle, ne la quittant toujours pas des yeux. Et c'était comme si la synchronisation passait à un niveau au-dessus tout d'un coup, comme si l'urgence de la situation ne permettait pas de prendre des pincettes, alors qu'il était incapable de dire ce qui se passait concrètement. Juste des sensations vagues. C'était comme si tout ce contre quoi il luttait n'existait plus, comme s'il n'y avait plus rien pour l'atteindre ou pour l'agresser, comme s'il avait enfin ce qu'il recherchait tant à savoir juste la paix. Une sensation si enivrante qui calmait ainsi sa colère, sa réticence naturelle qu'il pouvait avoir, tout le négatif qu'il pouvait bien avoir juste pour garder le meilleur et uniquement ceci. Attaquer n'avait plus aucun intérêt, c'était sans doute ainsi que son cerveau le transcrivait en tout cas, et le feu en lui était en train d'abandonner cette idée de tout brûler pour s'apaiser de lui-même. Comme une putain de douce ivresse qui le prenait, alors qu'il avait l'impression que la voix de Lieserl résonnait au fond de son crâne même si c'était plus quelque chose d'hallucinatoire que réel certainement, et au final même si ceci avait mis un certain temps il fallait se rendre à l'évidence quant au fait que sa reine avait réussi. Ne faisant que la rendre un peu plus inestimable à ses yeux, l'unique personne à l'heure actuelle capable d'un tel prodige comme elle venait de le faire, alors que ses yeux perdaient de son côté cet aspect de reptile pour revenir à quelque chose de beaucoup plus normal pour ce monde et cette apparence-ci. Iñaki venait tout d'un coup émettre un son de surprise, reprenant bien sa conscience ce qui était en train de l’entourer, respirant fortement comme pour évacuer au mieux la fatigue qui tombait lourdement sur ses épaules. Il n'allait pas mentir c'était un soulagement, ils avaient évité le pire mais surtout elle, restant essoufflé par toute cette épreuve. Ça lui laissait tout de même un goût amer, voyant bien qu'il était encore bien loin de pouvoir se débrouiller tout seul quant à la maîtrise de ses pouvoirs et sur le niveau de sa dangerosité, même si dans le fond il était heureux de ne pas à avoir à suivre cette épreuve seule et qu'il aurait toujours une personne pour veiller sur lui mais aussi au bond déroulement des choses. Il eut un petit sourire en coin, lui qui pourtant en temps normal n'abordait qu'une mine de colère, regardant Lieserl.

« ... Heureusement que tu étais là... je ne sais pas ce qui se serait passé si ça n'avait pas été le cas... enfin si je m'en doute... Tu es vraiment la plus formidable des reines t'le sais ? »


Il se trouvait à bout de souffle tandis qu’il réalisait peut-être petit à petit ce qui avait pu se passer, il y a à peine un instant il était sur le point de déchaîner un véritable Enfer de flammes et désormais c’était comme si toute cette putain de tension qu’il pouvait avoir partout dans le corps s’en était allé d’un simple claquement de doigt magie, ne pouvant que se soumettre au fait que le pouvoir de l’Alpha était certes quelque chose de vraiment puissant mais qui utilisé correctement pouvait faire des miracles. Parce que s’en était presque un là pour Iñaki sérieusement, il s’était déjà imaginé en train de raser toute la ville de la carte d’un simple souffle monstrueux et pour l’instant le danger était loin des radars, encore plus le fait que la jeune femme avait pu arriver à temps pour éviter la catastrophe du siècle. C’était vrai ça. Lieserl avait traversé une distance phénoménale en si peu de temps, même lui ne pouvait aller si vite alors qu’il avait de l’entraînement et qu’il avait sa hanche en bon état contrairement à sa sauveuse, ne comprenant même pas comment elle avait fait pour arriver plus vite que les secours. Ainsi reprenait-il son air habituel, à savoir celui qui disait que si quelqu’un approchait de trop près il lui pétait joyeusement la tronche, alors que le flou se faisait dans son esprit. Relevant le regard pour avoir quelques réponses à ses interrogations légitimes c’est uniquement là qu’il put voir les différentes blessures que sa reine pouvait aborder, certaines contenant encore des morceaux de verre brisés, ce qui était une horreur sans nom pour le fidèle sujet qu’il pouvait bien être. Sa reine blessée ! C’était une vision qu’il ne pouvait pas supporter, la colère reprenant le pas – même si elle était plus inoffensive qu’autre chose pour le coup, elle s’était mise en danger pour lui et ceci il ne pouvait pas le supporter quelque part parce que Iñaki estimait qu’elle devait rester le plus en état possible parce qu’il n’y avait qu’elle qui pouvait le gérer. Mais pas que. La Salamandre avait une affection toute particulière pour cette incroyable figure, une forme d’amour pour elle qui se traduisait en dévotion car après tout il y avait plein de manières d’apprécier une personne et pour lui c’était la voie de la loyauté sans conteste, et il savait qu’il était de son devoir que de prendre soin d’elle au point qu’il serait même prêt à se sacrifier. Il en oubliait totalement la présence de l’autre femme dans l’ascenseur, n’ayant que son attention tournée vers la personne la plus importante de la pièce pour lui, forçant Lieserl à s’allonger pour lui éviter de devoir trop bouger et ainsi produire la moindre douleur.

« ‘Tain Lieserl ! T’crois pas qu’il aurait été plus simple de me laisser tout éclater que de te foutre dans un tel état ? Sérieux ? Et j’fais quoi moi si un jour t’viens à disparaître ? Merde à la fin ! »


Râler était le moyen qu’il avait toujours de communiquer, trouvant toujours à grogner sur tout et n’importe quoi, mais il fallait savoir lire entre les lignes pour le coup pour bien comprendre son véritable message. À travers son énervement passager, encore un, Iñaki ne faisait que délivrer de manière indirecte son attachement particulier pour Lieserl quelque part. Et même s’il osait l’engueuler, même si c’était plus comme le ferait un aîné envers son cadet dans un sens, il venait d’avouer à quel point elle comptait pour lui. Son monde n’était plus exactement le même depuis qu’elle avait trouvé sa place dans celui-ci, même si ça n’avait pas été simple au début et qu’il avait cherché à la repousser que ce soit aussi bien métaphorique que littéralement avec la bataille qu’ils avaient pu avoir, ses priorités avaient changé et pour rien au monde il ne voudrait revenir en arrière. Tout d’un coup, sans réellement prévenir, les portes de métal venaient à s’ouvrir en grand pour laisser place à toute une unité de personnes prêtes à intervenir en cas de crise même s’il était clair que c’était bien après la bataille. Il ne put s’empêcher que de gronder et commencer à montrer les dents comme le ferait un animal sur la défensive, mais c’était ce qu’il était et resterait dans le fond après tout, tandis que ses iris reprenaient une teinte jaunâtre. Cependant il voulait calmer sa méfiance, portant un regard derrière lui pour voir le corps pour l’instant inanimé de la victime de son poison et comprenant que l’heure n’était pas à vouloir intimider qui que ce soit, surtout en voyant dans quel état Lieserl pouvait être. Iñaki n’avait aucune compétence médicale et il devait malgré lui laisser faire le corps professionnel sur ce coup-ci, sachant très bien qu’il ne pourrait pas vraiment faire quelque chose de son côté et que si la jeune femme devait aller mieux il devait déléguer les soins à une tierce personne, prenant ainsi sur lui pour calmer son sang qui bouillait. Ce qui ne l’empêchait pas de gronder un coup en disait qu’il n’avait rien, qu’ils feraient mieux de s’occuper des deux autres et surtout de Lieserl, se relevant sans trop de grandes difficultés alors que les pompiers faisaient évacuer les deux autres. Approchant du brancard sur lequel se trouvait sa reine il venait lui prendre la main, la serrant peut-être plus qu’il ne le devrait mais étant là que le reflet de sa détermination envers elle, il lui devait tellement qu’il savait qu’elle pourrait tout lui demander et même l’inimaginable.

« Je ne t’abandonnerai pas comme tu la fais pour moi, est-ce que tu entends ? Tu vas vite d’en remettre, parce que t’es juste une putain de battante, et tu peux compter sur moi ! Et… merci... »


Et ce n’était pas des paroles en l’air, Iñaki plaçait son existence entière entre les mains de Lieserl et la suivrait au bout du monde, qu’importe la tempête il se battrait toujours pour elle...







copyright Bloody Storm

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Monster
The secret side of me I never let you see I keep it caged. But I can't control it. The beast is ugly I feel the rage and I just can't hold it. It's scratching on the walls in the closet, in the halls. It comes awake...
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Lieserl K. June

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MessageSujet: Re: When I'm lost in the storm and I'm calling | Lieserl K. June   Jeu 23 Mar - 15:25

When I'm lost in the storm and I'm calling
Iñaki & Lieserl
When we stood on the skyline there was no turning back and you said not to stare at the ground there's a hole in my parachute as big as your heart and the gravity's pulling me down

Le contraste entre Iñaki et Lieserl était plus qu'évident ; et l'on pouvait se demander comment l'un comme l'autre pouvait être lié par un lien si fort. La surprise serait peut-être de mise en apprenant que, contrairement aux apparences, ce n'était pas le vieux dragon rompu à une existence bien fournie qui était le mentor de leur histoire commune, mais bien la petite dragonne tout juste mise face à l'existence autant humaine que dragonne, qui au fond ne connaissait réellement pas grand-chose et n'avait pas suffisamment vécu d'événements pour se considérer comme « sage ». Non, Lieserl était plus dans le feeling le plus total, répondant à ses instincts elle qui s'en était si fortement distancée dans sa vie d'humaine, et c'était cet instinct qui lui avait permis de courir si vite, c'était cet instinct qui l'avait poussée aux derniers retranchements de ses capacités physiques juste pour pouvoir protéger quelqu'un qu'elle aimait profondément, quelqu'un qui était d'une importance capitale à ses yeux. Mais au fond, même s'ils évoluaient à travers leur passé commun d'anciens dragons, elle n'était au fond pour lui que son mentor humain, que sa source d'inspiration à ce que devait être un humain, ou plutôt un dragon dans un corps d'humain, ironique quelque part puisqu'elle ne se sentait clairement pas comme un exemple à suivre dans son humanité. Mais en réalité, en ce qui concernait être un dragon au sens pur du terme, être un être d'une telle puissance et d'une telle sagesse quelque part, c'était bien Iñaki qui avait l'ascendant sur elle. Lui qui se voyait comme un monstre parmi les hommes, il possédait en réalité cette union totale et absolue avec son lui d'avant, qui se manifestait certes par ce pouvoir si brute et inconditionnel mais qui possédait une pureté et une beauté dont il n'avait pas conscience aux yeux de la jeune fille, elle qui avait en quelque sorte si fortement rejeté la bête au fond d'elle-même que des conséquences drastiques en avait découlé, la perte d'un être cher après l'autre, au point qu'elle ne se faisait plus confiance dans toutes les formes qu'elle pouvait revêtir. Ça avait été grisant de courir comme cela, sans prêter attention à cette jambe qui menaçait de lâcher, sans se soucier des gens autour d'elle, sans se soucier des conséquences juste pour pouvoir le sauver, lui, son Iñaki, l'un des piliers de son existence qu'elle ne laisserait jamais tomber quelles que soient les circonstances.

Mais la réalité la rattrapait bel et bien juste avant qu'elle ne se lève pour saisir le visage d'Iñaki. Son corps entier lui faisait un mal de chien, et en particulier sa hanche artificielle qui avait dû violemment subir le contrecoup de ce qu'elle avait fait ; elle était persuadée qu'elle allait devoir encore passer quelques temps à l'hôpital pour réparer cela, se jurant qu'elle ne ferait plus jamais une course pareille, surtout que cette fois-ci elle ne serait pas temporairement divertie par un « prison break » avec un inconnu aux jambes artificielles et à l'air mystérieux. Chassant cette pensée en se disant que si Niels mettait les pieds à l'hôpital ne serait-ce que pour rendre visite à quelqu'un d'autre sans même savoir qu'elle s'y trouve -bien qu'elle était bizarrement persuadée qu'il avait vent de tous ses faits et gestes d'une certaine manière-, elle ferait bien exploser les lieux en se basant sur les tendances destructrices de Iñaki -le maître qui dépasse l'élève ?-, elle se leva donc, prenant entre ses mains le visage d'Iñaki. Le doute qui l'avait submergée quelques instants auparavant, lorsqu'elle était encore dans cette ruelle à broyer du noir sans savoir quoi faire, avait cessé de ternir son coeur au moins temporairement, et pour une fois, elle se laissa entièrement envahir par le dragon qui l'habitait. Non, pas le dragon ; l'Alpha, ce pouvoir qu'elle n'avait pas eu très longtemps finalement dans son autre forme, ce pouvoir mystérieux dont elle ne comprenait pas elle-même le fonctionnement mais qui coulait dans ses veines comme la Furie Nocturne qu'elle était. Elle se concentra ; laissant ses pensées divaguer là où elles voulaient aller pour ne se focaliser que sur les pupilles changeantes d'Iñaki, et ce fut comme si soudainement, elle perdait toute notion de réalité, pour ne voir plus que ses yeux à lui. Elle sentait quelque chose s'agiter en elle ; comme si un être qu'elle ne connaissait pas encore sortait d'un long sommeil et s'étirait, lui faisant alors face ; c'était un affrontement interne entre l'Alpha et la jeune fille, entre l'Alpha et la Furie Nocturne. Comment pouvait-on faire confiance à un dragon si jeune, à une fille si fragile avec un tel pouvoir ? Peut-être était-ce une mauvaise idée. L'ancien Alpha avait bien prouvé que ce pouvoir extraordinaire pouvait être utilisé pour faire le mal ; pour contrôler, et non pas pour protéger. Ainsi avant même de pouvoir aider Iñaki, elle devait désormais dompter cette autre partie d'elle, si peu familière. Ses pupilles à elle s'agitèrent elle aussi, alors qu'elle réalisait qu'elle était désormais en position de force par rapport au vieux dragon, et qu'à tout instant, elle pouvait décider d'en faire son esclave ; et cette perspective de pouvoir lui procurait une sensation nouvelle, une sensation de puissance inconnue, elle qui avait passé ses jours depuis la levée de la malédiction à se sentir si impuissante et sans la moindre force, petite fille fragile et sans soutien sur lequel s'appuyer. Et si elle le rendait esclave à elle-même ? Et si elle utilisait ce pouvoir qu'elle ne maîtrisait pas encore pour rendre la Salamandre encore plus accro à elle quelque part, en le faisant devenir son petit larbin de poche dont elle pourrait se servir comme bon lui semblait. N'était-ce pas cela d'être le maître des dragons ? Il lui était déjà si dévoué après tout, ce serait si facile, un petit lavage de cerveau et tout serait parfait…

Elle frappa une fois du pied sur le sol ; pour se ramener à la réalité elle-même, sans pour autant ruiner le lien qui se tissait intensément entre elle et Iñaki. Leurs pupilles semblaient se battre entre elles à un rythme imperceptible, un peu comme un jeu de « celui qui cligne des yeux en premier a perdu », même si les conséquences de celui qui remporterait la victoire avaient un potentiel drastique en matière de destruction. Si Iñaki gagnait ce combat silencieux, Storybrooke pouvait disparaître dans une explosion digne d'une bombe nucléaire. De la pression ? Pas du tout… Iñaki lui attrapa les poignets avec brutalité mais ce fut comme si Lieserl ne sentait pas la pression de ses mains sur ses petits bras frêles, ignorant totalement cette tentative de résistance qui naissait en lui alors qu'elle continuait de le fixer droit dans les yeux intensément. Elle ne savait pas ce qu'elle faisait non, elle n'en avait pas la moindre idée ; elle savait juste que ça marchait, c'était une affaire d'émotions, de sensations qui semblaient se transmettre entre eux, comme une transe dans laquelle ils entraient ensemble et s'affrontaient l'un l'autre dans un imaginaire qui n'existait que dans une autre réalité, dans un combat sanguinaire ou aucun coup n'était frappé. Elle ne faisait que saisir plus fermement ses joues en le forçant à continuer de la regarder, silencieuse, tout juste consciente de ce qu'il se passait, jusqu'à ce que la loi de la nature ne vienne imposer sa hiérarchie, loin de la complexité des relations humaines. Même si quelque part Lieserl détestait et adorait à la fois le concept de la dominance sur un autre, ça n'était pas à elle de décider ; c'était une affaire de relations animales, l'Alpha au-dessus des autres dragons, et Iñaki n'avait pas d'autre choix que de courber l'échine devant sa dominante qu'il le veuille ou non. Ce n'était pas de l'arrogance, pas chez les dragons ; c'était simplement comme cela que les choses fonctionnaient, pour que l'Ordre soit au rendez-vous et que le Chaos n'assombrissent pas le monde de ses serres acérés. Et le dominant était seul à choisir entre les deux quelque part, entre mener son peuple avec sagesse et le protéger de toute famine ou de tout conflit, en échange de la loyauté de ses sujets, et le dominer et l'abuser au gré de ses caprices -bien que cette seconde solution risquait de forcément finir par une mutinerie un jour ou l'autre, comme ça l'avait été pour les anciens Alpha du monde des contes.

Et finalement, une entente se fit entre les deux ; les pupilles d'Iñaki se stabilisèrent en se synchronisant aux siens, et elle le sentit s'abandonner à son pouvoir, relâchant la pression sur ses poignets pour venir comme s'y appuyer, s'y accrocher en se remettant entièrement à elle. Que faire désormais ? Lieserl n'avait toujours pas la réponse, mais comme auparavant elle laissa la bête en elle prendre les devants. Il n'était plus question d'une bombe à retardement coincé dans un ascenseur mais de deux êtres plus liés que jamais par des pouvoirs mystérieux. L'extérieur n'avait plus la moindre importance, ni même la femme sur le point de mourir à leurs pieds ; elle n'existait pas plus que le reste du monde. Lieserl luttait elle aussi quelque part, contre la bête pour ne pas que celle-ci ne vienne dominer Iñaki mais bien le guider vers le droit chemin -ou était-ce vraiment le « droit » chemin ? La question pouvait se poser mais l'heure n'était pas la bonne pour ce faire. Tout ce qui importait c'était de calmer Iñaki, non pas le brider comme des chaînes mais bien l'apaiser pour qu'il vienne exprimer son pouvoir d'une autre manière que celle dont il avait l'habitude. Car c'était bien cela qu'elle avait en tête, même s'ils s'amusaient à dire que l'une était la reine et l'autre le sujet elle ne le percevait pas comme un être inférieur et même bien supérieur à elle quelque part dans sa nature de dragon, et tout ce qu'elle voulait c'était qu'il vive une existence sans culpabilité, sans regrets, sans cette colère qu'ils semblaient partager tous les deux quand on y regardait de plus près. Et parfois, cela voulait dire ne pas se laisser aller à son dragon intérieur, malgré qu'elle ne souhaitait pas l'enchaîner dans son corps d'humain, elle qui admirait tant justement cette union qu'il avait avec son lui d'avant, elle qui se sentait en quelque sorte désynchronisée de la Furie Nocturne qu'elle avait été.

« Tu écouteras ma voix, tu me regarderas dans les yeux, et ce sera comme si tout en toi disparaissait. »

Sa voix n'était pas naturelle ; elle ressemblait plus à un grognement, un ordre aboyé avec tant de fermeté que Iñaki ne pouvait y couper. Enfin, il lâcha totalement prise, laissant ses bras retomber le long de son corps, tandis que ses yeux retrouvaient un aspect plus humain ; mais Lieserl ne le relâcha pas tout de suite, d'abord pour s'assurer qu'il était bien hors de danger, mais aussi car elle sentait que dès le moment où elle laisserait la bête se rendormir, tout l'épuisement qu'elle ressentait, toutes les blessures qu'elle avait accumulé depuis ce coup de téléphone la submergeraient sans qu'elle ne puisse rien y faire. Elle retira précautionneusement ses mains de ses joues comme pour s'assurer que la rupture de ce contact étrange ne soit pas trop brusque, avant que ses yeux à elle ne reprennent peu à peu un aspect eux aussi plus humain, retrouvant leur couleur brune habituel. Et tout se mit à tourner ; elle respirait par la bouche avec difficulté comme prise d'une crise d'asthme, ayant toutes les peines du monde à rester debout, en équilibre sur sa jambe valide.

« Je suis surtout la reine des idiotes si tu veux mon avis. Mais je ne t'aurais jamais laissé faire quelque chose que tu regretterais plus tard de toute manière alors… »

Elle se frictionna le front, la tête baissée, essayant de se remémorer tout ce qui venait de se passer ; mais tout était flou depuis le moment où elle lui avait attrapé le visage, elle ne se souvenait que d'avoir été submergée par quelque chose qui lui échappait complètement. Triste ironie que lui comme elle n'ait pas la moindre idée de comment pouvait bien fonctionner ce lien entre l'Alpha et la Salamandre, mais tant qu'il marchait, elle n'allait clairement pas se plaindre. Le seul souci, c'était cet état de fatigue intense, entre ce tour de force, ses coupures, sa hanche réduite en bouillie et l'inhalation temporaire du poison d'Iñaki, auquel elle ne parvenait pas réellement à faire face. Elle essayait de rester debout, de ne pas se laisser tomber au sol alors qu'elle n'avait qu'une envie : se recroqueviller dans un coin et ne plus bouger pendant des semaines. Comment allait-elle bien pouvoir expliquer tout cela à… à personne. Il n'y avait personne avec qui elle parlait réellement alors… Elle sourit, sarcastique, se disant qu'elle allait se sentir bien seule dans sa chambre d'hôpital, à se faire rabrouer par les médecins qui la connaissaient et prise en pitié par les infirmières, comme la dernière fois. Oh, elle n'avait vraiment, vraiment pas envie d'y retourner, mais c'était le prix de sa dévotion, et elle ne le regrettait pas une seule seconde. Elle se laissa faire lorsque Iñaki vint la forcer à s'allonger, soulagée quelque part de ne plus avoir besoin de rester forte plus longtemps. Elle en avait assez à vrai dire, d'être forte pour les autres, d'être forte pour elle-même ; elle qui avait tant de poids sur son coeur, pourquoi ne pouvait-elle pas rester dans son coin et mourir à petit feu ? Même si quelque part c'était ce qu'elle faisait depuis quelques semaines, depuis qu'elle s'était faîte jetée, depuis qu'elle avait pratiquement coupé les ponts avec Harold, depuis qu'elle avait laissé tomber même l'idée de sortir de chez elle autrement que pour aller prendre l'air cinq minutes par jour. Et sacrés cinq minutes, d'ailleurs. Elle attrapa la main d'Iñaki, un petit sourire sur le visage, sa voix affaiblie par tous ces événements.

« Le truc c'est que si tu avais tout éclaté j'aurais probablement fini dans un état encore pire, mon cher Iñaki. Maintenant arrête de t'inquiéter et laisse moi prendre les décisions, c'est moi le patron dans cette histoire je te rappelle... » Elle prit une grande inspiration. « Et je suis désolée, vraiment. Je déteste avoir à être celle qui enchaîne ton dragon, alors qu'il devrait pouvoir s'exprimer comme bon lui semble… Ce n'est jamais bon que d'accumuler du ressentiment, encore plus quand celui-ci se transforme en feu bel et bien physique. Mais bon, la prochaine fois évite d'aller te coincer dans un ascenseur, je n'aurai pas besoin de venir te chercher... »

C'était des faux reproches, trahis par le ton amusé qu'elle prenait ; en réalité, elle était rassurée d'avoir été là, rassurée d'avoir pu débloquer quelque chose en elle pour le sortir de l'embarras, son cher Iñaki, même si ça lui coûtait sa santé. Même si pour le coup, l'hypervitesse c'était bien joli mais elle ne comptait pas réutiliser cet aspect-là de ce qu'elle pouvait faire de sitôt…

Les portes métalliques s'ouvrirent, révélant les services d'urgence, et Lieserl laissa un « c'est pas trop tôt » s'étouffer dans sa gorge, tandis qu'elle-même lâchait elle aussi prise, se retrouvant dans un état de semi-conscience. Elle ne voyait plus que des silhouettes, maintenant que le choc était passé il n'y avait plus que la douleur, et des gémissements qui lui échappaient par intermittence. Un peu plus tard elle se sentait soulevée, placée sur un brancard ; elle entendit le son des roues passer sur les débris de verre à l'entrée, ayant la pensée absurde qu'elle allait probablement se retrouver dans la mouise dans la catégorie « vandalisme de biens publics », se disant en même temps que ça n'avait vraiment aucune importance. Elle voyait des lumières tournoyer au-dessus d'elle, et sa raison lui indiqua que c'était les phares des ambulances présentes, tandis qu'une foule observait la scène un peu plus loin comme des vautours avides de sensations fortes. Elle en avait assez. Elle avait envie d'exploser elle aussi tout en sachant pertinemment qu'elle n'avait plus la moindre force dans son corps, cherchant désespérément quelque chose auquel s'accrocher sans pour autant faire le moindre mouvement, quand elle sentit une main chaude saisir fermement la sienne. Elle cligna des yeux plusieurs fois, jusqu'à comprendre que la silhouette à côté d'elle était Iñaki, un air inquiet et renfrogné à la fois imprimé sur son visage, pendant que les secouristes s'affairaient autour d'elle et l'autre victime. Elle tenta un sourire, mais ce ne fut qu'une grimace en l'entendant parler.

« Oh mais tu m'en dois une belle là Iñaki… Je déteste les hôpitaux. » Encore des faux reproches, tandis qu'elle serra faiblement sa main dans la sienne, heureuse quelque part que quelqu'un soit là pour elle et, plus encore, qu'elle ait pu être là pour quelqu'un d'autre. « Ne me remercie pas. Je serai prête à tout pour que tu ne regrettes pas un seul instant de ton existence, et tu pourras toujours compter sur moi, quoiqu'il se passe, quoique tu fasses, je serai là... »

Elle se sentit partir ; ses yeux se révulsèrent légèrement tandis qu'elle laissa échapper un léger gémissement. Un secouriste vint écarter Iñaki pour qu'ils puissent la charger dans l'ambulance, et leurs mains se séparèrent ; mais elle en conservait la chaleur dans sa paume, et elle savait que quoiqu'il arrive, cette chaleur serait toujours là.
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