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 I never thought I could forget you...

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Niels Mørck

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En réalité, je suis
Rozen
☂ Conte : Rozen Maiden

☂ Emploi : Animateur à la garderie le jour & recruteur de show pour le Rabbit Hole la nuit
☂ True Love : She's the Puppet on a string, with a broken mind

☂ Avatar : Calvin Harris
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MessageSujet: I never thought I could forget you...   Dim 6 Nov - 13:57


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Wherever I go there’s a shadow of you. I know I could try looking for something new, but wherever I go, I'll be looking for you. No easy love could ever make me feel the same...


L’odeur des roses se mélangeait subtilement avec celui de la bougie qui brûle, la pièce uniquement éclairée par cette faible lueur dont le but premier n’était nullement de propager la lumière de manière amplifiée mais bien assez cosy, tandis que l’horloge était le seul son qui arrivait à résonner dans cette atmosphère où l’espace et le temps étaient presque à part. Assit sur une chaise tout en ayant les bras posés sur la table il observait sans vraiment voir la réalité en face, comme si tout en cet instant précis ce corps n’était qu’une carcasse vide dont le trou béant qui se faisait à l’intérieur avait terminé par tout dévorer, alors que le masque souriant que Niels avait en permanence avait aujourd’hui glissé pour laisser une expression d’une neutralité sans pareil sur le visage. Il ne dégageait rien et ne semblait rien ressentir, figé dans cette posture depuis des heures à regarder les flammes dévorer à petit feu la cire qui ne faisait que fondre, mais était-il aussi vide à ce point ? Il ne savait pas, il ne savait plus, il ne voulait pas le savoir. Peut-être même qu’il aurait préféré ce triste sort que devoir affronter la réalité bien trop difficile à supporter, fatigué de se bercer d’illusions et se mentir à lui-même alors qu’il n’était qu’honnêteté pour les autres, faire le vœu que tout finisse enfin par s’arrêter alors que ses actions lui paraissaient si dérisoires et tellement sans aucune logique. N’était-ce pas pourtant un jour de fête qui devait résonner en ce jour pourtant béni ? À cette mince réflexion ses iris se posèrent un peu haut au niveau de la chaise face à lui, vers la personne pour qui il avait pu préparer tout ceci, refusant pourtant de voir la vérité qui n’avait été supportable. Comme chaque année il lui avait fait pourtant la plus belle de toutes les poupées, il avait pris le temps nécessaire pour lui faire plaisir et surtout voir son doux sourire sur ses lèvres avec ce regard unique qu’elle pouvait avoir, il lui avait ramené des roses parce que c’était là les fleurs qu’elle aimait tant et avec lesquelles le marionnettiste avait fait une couronne pour lui prouver une fois de plus qu’elle n’était qu’une princesse dans son univers.

N’était-ce pas suffisant ? Il fallait croire que non. Tout ce que Niels faisait en cet instant lui semblait tellement pauvre de sens ou d’action, il n’en avait jamais trop fait et était loin d’être au résultat auquel il voudrait tant être, qu’importe l’air sur le visage à moitié dans la pénombre il savait pourtant la vérité qui pouvait se cacher dans le noir. Il avait tant à dire mais les mots restaient coincés dans sa gorge, comme s’il était incapable de parler pour une fois, incapable de sortir ses belles phrases car jamais il ne pourrait agir avec elle comme avec les autres. Elle était à part sans nul doute et il n’en doutait jamais, la personne la plus importante à ses yeux pour qui il serait prêt à tant de sacrifices dans son existence, au point qu’il avait organisé cette surprise pour elle pour lui prouver à quel point il pouvait l’aimer. Aimer ? Cette notion à elle seule l’effrayait au possible, mettant un point d’honneur à être pourtant hermétique à tout sauf lorsque ceci pouvait bien la concerner, mais pas réellement dans le sens que tout le monde pourrait penser. Il n’avait pas peur de l’aimer, bien au contraire c’était même le plus beau cadeau du monde, mais peur que ce qu’il pouvait ressentir justement pour elle puisse un jour se faire dévorer par ce vide qui ne faisait que devenir plus grand à mesure que le temps passe. Elle sa motivation première, son unique raison de vivre, si elle venait à se faire engloutir que resterait-il vraiment de lui ? Son cœur était brisé et jamais plus il ne pourrait se reformer comme avant, il avait offert les précieux morceaux qui le constituaient à l’exception d’un seul pour offrir la vie à des poupées qui n’avaient jamais été à la hauteur de ses attentes, et les fois où il venait oser le retirer de sa poitrine pour l’observer l’impression de tenir un fin bout de charbon se faisait de plus en plus pressante. Il n’y avait que cette faible petite lumière, celle encore épargnée par le reste, sa capacité à ressentir encore quelque chose qui n’avait fait que s’atténuer à mesure qu’il avançait. Mais il ne pouvait s’arrêter, il n’en avait pas le droit autant pour elle que pour lui même si ça pouvait être si égoïste parfois, tout était parti tellement loin que c’était impossible même s’il le voulait.  

Alors il restait juste là dans le silence, les mains s’agrippant de plus en plus aux manches de sa chemise comme pour tout contenir, alors que tout autour de lui paraissait si assourdissant et lui donnait envie de crier. Parce que c’était toujours les mêmes scènes qui tournaient en boucle dans son esprit, les mêmes qui hantaient ses nuits sans qu’il puisse s’en défaire et peut-être qu’en même temps il ne voulait pas, des souvenirs certes horribles mais qui restaient pourtant si précieux parce qu’elle en faisait partie tout simplement. Et c’était bête dans un sens, ça faisait mal à chaque fois, mais pourtant il les accueillait les bras ouverts parce que dans un sens c’était tout ce qui pouvait lui rester. Fermant les yeux pour essayer de bloquer cette peine, cette déchirure qui saignait encore dans son être et dans son âme, son envie de lâcher prise était là mais il ne pouvait lâcher le contrôle. Ce n’est que le petit rire enfantin qui le fit ouvrir de nouveau les yeux sur la réalité, fixant droit devant lui, pour voir que la place en face avait toujours été vide. Qu’importe ce que Niels pouvait rêver ou même espérer, qu’importe à quel point il pouvait ou voulait y croire les choses ne marchaient pas de cette manière mais même en le sachant pertinemment il aurait souhaité pour une fois que ce soit réel, encore une fois Alice n’était pas présente pour son propre anniversaire et pour l’instant il devait accepter l’idée aussi dur que ça pouvait bien être qu’elle n’était pas là. Ses doigts se crispèrent un peu plus alors qu’il n’exprimait rien d’autre, n’en pouvant plus de cette attente si intenable, depuis le temps elle aurait dû se trouver ici en sa compagnie et il lui aurait offert tout ce qu’elle aurait voulu parce qu’elle le méritait pour être ainsi la petite lumière de sa vie mais aussi pour être la petite fille la plus parfaite du monde. Au lieu de ça il devait attendre. Attendre que ses poupées veuillent bien enfin avoir la décence de faire ce qu’il avait ordonné, attendre qu’elles réunissent de nouveau les fragments de son cœur qui fut jadis le sien pour redonner un second souffle à sa fille, attendre que des tierces veuillent bien lui rendre son bien le plus précieux au monde. Mais il était fatigué que de jouer à tout ça,  il n’avait plus le temps nécessaire et à la longue il allait se détruire, après tous les sacrifices le bonheur ne lui était toujours pas accordé alors qu’il avait pourtant une unique volonté.

Doucement Niels se releva sans lâcher de vue cette chaise vide en face, restant un instant ainsi toujours sans rien perturber de ce qui pouvait se calmer dans ce calme ambiant, tandis que la cire des bougies continuait de fondre et de tomber de leur socle. Sa respiration se faisait de plus en plus longue comme pour venir museler ce qu’il y avait à l’intérieur, cette colère sourde qui prenait le dessus et qui ne demandait qu’à venir exploser en détruisant tout ce qui pourrait se présenter dans ses mains, se refusant d’être l’espèce de monstre qu’il avait pu devenir au fil des années. Non. Aujourd’hui il n’était qu’un père endeuillé, celui qui ne pouvait se résoudre à ne vivre qu’avec les souvenirs de sa petite fille partie beaucoup trop tôt, qui avait perdu celle pour qui pourtant il aurait donné sa vie s’il en avait eu l’occasion. Cependant il resterait dans cette idée fantasque qu’un jour elle lui reviendrait, il avait après tout mis en place pour qu’un tel exploit puisse arriver à l’avenir, et ils fêteront autant d’anniversaire qu’elle le voudra si c’était là son souhait. Faisant le tour de la table il prit en main la poupée qu’il avait pu faire, la serrant contre lui comme si elle avait pu être vivante toujours dans cette expression si vide de sa part, avant de lui poser la couronne de fleurs et se diriger vers son bureau faisant office de lieu de création pour son petit musée des horreurs. Avec toute la délicatesse du monde il y déposa l’objet inanimé sur une étagère, observant cette petite fille de porcelaine les yeux fermés dans son sommeil éternel, finissant par s’en détacher pour revenir vers le salon où il s’arrêta sur le seuil. Il n’avait pas le courage en cet instant de jeter le reste, c’était comme faire abstraction à ce qui aurait dû se dérouler et au jour ô combien si important pour lui, se contentant juste d’observer cette scène éclairée par les petites flammes. Mais il ne pouvait plus supporter la vue au bout d’un moment, si son cœur avait été capable de pleurer ou de se briser à nouveau très certainement qu’il l’aurait fait cependant dans l’état actuel des choses c’était juste impossible, incapable pourtant de pouvoir exprimer cette douleur qu’il était persuadé de sentir dans son âme meurtrie. Il se détourna du spectacle tout en s’arrêtant, inspirant un bon coup, affichant un faible sourire si sincère.

« Joyeux anniversaire… Alice... »


Il quitta entièrement la pièce pour aller se coucher, sortant de sa poitrine ce morceau restant juste pour le regarder en s’imaginant sans cesse que cette petite lumière à l’intérieur n’était autre que sa fille, alors que personne ne pouvait deviner à quel point une fois que les rideaux étaient baissés le véritable spectacle pouvait être si triste à voir et surtout le conteur d’histoires.







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You got big smile, those fake moves. I heard heaven and thunder cry. Don't be afraid of the fear that's a plain eyed trap, you know you're not the only one, and don't look back just run for cover... ⊹ lumos maxima
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