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 Thank you for all the pain 'cause it made it be so much more fun | F. Coraline Dagenhart

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Niels Mørck

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MessageSujet: Thank you for all the pain 'cause it made it be so much more fun | F. Coraline Dagenhart   Mer 16 Nov - 23:14




Son corps entier était comme en train de le supplier de ralentir le rythme, comme pour lui rappeler qu’au fond qu’il le veuille ou non il n’était qu’un humain parmi tant d’autres, et que s’il venait à continuer sur cette folle lancée il allait être bon pour la casse en peu de temps qu’il ne faut pour le dire. Pourtant Niels était de nature prudente et surtout à avoir un contrôle absolu sur ce qui pouvait l’entourer, plus particulièrement encore sa propre personne et ainsi pouvoir continuer doucement mais sûrement la douce toile d’araignée qu’il était en train de tisser depuis un certain moment déjà, mais pourtant dernièrement toute son existence avait été une suite d’événements plus chaotiques les uns que les autres comme s’il était pris dans une tornade. Était-il en ce moment dans l’œil du cyclone ou avait-il enfin sorti de ce vacarme incessant ? Il aurait préféré la deuxième solution mais étrangement il était persuadé que c’était pourtant la première proposition qui reflétait très bien sa situation, un peu comme s’il s’était engagé sur le chemin du non-retour du début de la fin, peut-être me juste retour du coup de bâton ou le fruit de ce qu’il avait pu semer qui lui revenait tel un boomerang en pleine tête. Le jeu d’Alice n’avait pas l’air de bouger d’un seul millimètre pour son plus grand désespoir, il avait éloigné Lieserl qui lui manquait plus qu’il ne pourrait jamais l’avouer, il avait affronté la mort avec Katharina dans ce désespoir ambiant qui régnait dans cet entre-deux dans lequel ils s’étaient retrouvé, Cassandre était partie après avoir tué cet homme devant ses yeux et avait ainsi perdu sa précieuse petite chose, et pour finir il avait terminé à l’hôpital à cause de Coraline cette satanée réparatrice de poupées. Avec cette dernière il y avait une sorte d’affrontement au sommet quelque part, conscient qu’il aurait pu pourtant perdre la vie et qu’elle aurait eu raison de lui tout ceci à cause des pouvoirs extraordinaires qu’elle avait l’air de posséder, ce qui n’avait fait que lui donner un peu plus de jouer bien malgré lui. Elle était un mystère dont il voulait décortiquer chaque petite parcelle existante, venir l’épingler pour voir les horreurs qui pouvaient se trouver à l’intérieur et les agiter pour mieux la détruire pour cet affront qu’elle avait pu lui apporter car il était hors de question de passer une éponge dessus, et il avait pu en trois semaines quelques informations qu’il trouvait si délicieuses mais qui ne faisait que croître son appétit insoutenable.

La jeune femme n’était pas vraiment quelqu’un de tout blanc, malgré l’attitude de gamine qu’elle pouvait tout de même avoir par moments, ses mains étaient teintées du rouge du sang qu’elle avait pu déverser en tuant cette mère qu’elle avait eue durant la malédiction. Et même si les souvenirs étaient faux ils étaient pourtant bien présents, cette idée se trouvant ainsi être implantée dans l’esprit de Coraline de ce fait, lui offrant ainsi une autre part du puzzle qu’il avait commencé à créer avec tout ce qu’il pouvait avoir sur son compte. Niels en avait conclu que la femme dont la réparatrice pouvait faire référence lors de leurs échanges, comme si elle avait été prise d’un accès de folie dans ces instants précis quelque part, était peut-être celle qu’elle avait pu tuer mais le problème étant qu’elle lui avait dit qu’elle était persuadée qu’il travaillait en compagnie de cette femme mystère. Soit elle faisait preuve de paranoïa mélangée à d’autres problèmes psychiatriques, ce qui a son humble avis n’était pas réellement une thèse à venir exclure après tout surtout en voyant à quel point elle faisait autant preuve d’étrangeté à plusieurs niveaux, soit elle faisait encore référence à une autre personne qui se trouvait encore bien en vie. Mais qui ? Pour l’instant le marionnettiste n’avait aucunement réponse à ce questionnement, il lui manquait encore trop d’informations pour pouvoir finir le tableau de toute manière, mais à mesure qu’il avançait plus les choses devenaient peut-être plus clairs tout en s’enfonçant paradoxalement dans le flou le plus total. Il était en train de venir remuer quelque chose qu’il ne devrait certainement pas toucher, parce que Coraline avait agité sa curiosité et qu’il voulait la toucher là où elle pouvait avoir mal à défaut de lui porter physiquement atteint à cause de la protection naturelle qu’elle semblait posséder, mais le problème était qu’il avait cette fâcheuse tendance à appuyer là où il ne devait pas et plus c’était ainsi interdit plus ceci le démangeait de le faire malgré la persuasion y mettre. C’est sans doute pour cette raison qu’aujourd’hui il comptait bien retourner dans la boutique Big Eyes, histoire de faire une petite visite surprise à sa propriétaire, au lieu de rester dans son coin et de se faire oublier le temps que les esprits puissent se calmer après un tel échauffement de leur part. D’autant plus qu’il venait avec un petit cadeau, après tout il était de coutume d’apporter un présent à son hôte, étant sûr qu’il ferait bien entendu très plaisir à la jeune femme qui mettrait peut-être de sa possible amertume de côté en le voyant.

Un simple bout de papier. Néanmoins ce qui était le plus important dans ce cas présent ce n’était pas l’objet en lui-même mais ce qu’il représentait, l’écriture qui avait pu y être annoté dessus, à savoir une précieuse petite adresse. Niels était une personne de parole après tout et il avait promis à Coraline de l’aider à retrouver son chat, animal presque chimérique dont il doutait de plus en plus l’existence réelle et étant très probablement de l’ordre de la fabulation de la part d’un esprit si dérangé, trouvant ainsi la trace d’un fameux chat qui parlait à savoir celui de Cheshire. Plus précisément son bar. C’était mieux que rien et c’était une sorte de friandise qui allait pouvoir lui offrir dans toute sa générosité, il avait tellement de connaissances partout en ville que finalement recevoir cette petite information avait été assez simple, même si bien évidemment en échange il allait demander quelque chose d’assez équivalent même s’il était encore en train de réfléchir quoi. Peut-être concernant ce Itward qu’elle avait pu mentionner à plusieurs reprises lorsqu’ils s’étaient ainsi affronté, comprenant tant bien que mal que c’était lui la source de ses pouvoirs ou du moins qui avaient pu lui offrir - même si en réalité il était assez loin de ce qui se tramait vraiment, comptant bien avoir une entrevue avec lui pour lui demander justement si ce qu’il avait pu donner à Coraline il pouvait lui offrir à lui aussi. Il n’y avait pas de petite ambition dans la vie après tout. De toute manière, parce qu’il fonctionnait de cette manière, s’il offrait quelque chose à quelqu’un ce n’était jamais gratuit et il comptait bien recevoir en retour dans ce procédé d’échanger équivalent. Il n’avait pas de raison supplémentaire de se rendre dans cette boutique qui ne lui convenait pas, beaucoup trop grand dans une pièce avec le plafond bien trop bas et des meubles un peu partout dans une pagaille monstre, sauf peut-être en y regardant de plus près une forme d’amusement qu’il avait du mal à cacher car après tout la réparatrice s’était relevée être un divertissement de première catégorie même si elle s’était relevée être brutale et cassante qu’elle ne semblait être sous cet air fragile qu’elle possédait. Et puis elle avait pu apercevoir le monstre qu’il était derrière ce masque, le même qu’il portait encore à cet instant tant il lui collait si parfaitement au visage, même si elle avait peu si on regardait l’ensemble de sa route mais c’était déjà beaucoup trop.

La perspective qu’une personne puisse en avoir vu autant chez lui aurait pu l’effrayer, si seulement son cœur voulait bien lui offrir cette sensation même édulcorée à cet instant, mais pourtant Niels en avait presque des frissons délectables qui lui parcouraient l’échine. Lui qui passait son temps dans l’ombre ou à se cacher derrière ce qu’il n’était pas lorsqu’il se trouvait sur le devant de la scène, devant jouer son propre rôle d’une version qu’il avait pu être dans le passé et qui avait terminé par mourir en se faisant détruire dans ce vide qu’il y avait dans sa poitrine, pouvoir afficher ne serait-ce qu’une fois qui il était vraiment avait été une sorte de bouffée d’air frais qui l’avait peut-être fait sentir un tant soit peu vivant même si ce n’était que de façon synthétique en quelque sorte. Pourtant ça ce n’était pas fait sans mal quelque part, il avait eu cette perte de contrôle qu’il n’avait pas eu depuis des années et s’était laissé emporter par quelque chose qui le dépassait tellement qu’il avait eu la sensation d’être réel même si ceci n’avait que peu duré, surtout en voyant dans quel état physique il pouvait se trouver aujourd’hui. Coraline l’avait mis comme en lambeaux avec ce combat qu’ils avaient pu mener, les nombreuses attaques qu’elle avait eues à son adresse l’avaient malmené comme jamais même si au fond il était toujours présent dans ce monde, que ce soit en le transperçant à plusieurs endroits sur son torse ou la morsure qu’elle avait pu lui infliger dans le coup. Mais pour Niels le pire restant surtout le fait qu’elle avait pu lui geler les mains, le déclenchement d’une colère qui avait éclaté malgré lui et qui avait fait lâcher le moindre fils de marionnette qu’il avait pu lui-même s’accrocher, car sans elles ils étaient ainsi incapable de travailler et imaginer les perdre l’avait effrayé tout en agitant une haine sans pareille. Néanmoins l’engourdissement avait fini par disparaître assez vite, pour son plus grand soulagement, ce qui n’était pas encore de l’ensemble des trous qu’elle avait pu lui faire même si c’était sur la bonne voie et qu’il fallait juste changer les bandages qui se trouvaient globalement vers la même zone car correspondant à l’endroit où la réparatrice avait pu le toucher avec sa peau bien étrange. Il y avait eu une de ses prothèses de jambe qui avait pris un mauvais coup, l’armature s’étant fait endommager dans ce déferlement de violence presque animale qu’il y avait eu, décidant qu’il ferait lui-même quelque chose à ce sujet et pour l’instant il se contentait d’une béquille pour s’appuyer le temps de finir la création.

Niels n’avait pas forcément eu le temps en fait ces derniers jours car concrètement il avait été autorisé à quitter l’hôpital il y a si peu, commençant à avoir un certain antécédent médical qui venait à s’épaissir de plus en plus autant pour son plus grand désespoir que pour celui des médecins, surtout parce qu’on lui avait demandé comment il avait pu se faire tout ceci et qu’il s’était contenté de garder le silence réellement sur les événements sauf pour dire que ceci n’avait été qu’un jeu. Il ne mentait pas en disant ceci en plus, avec du recul affronter Coraline avait été un amusement qui certes sur le coup ne l’avait pas fait tant rire que ça mais qui lui avait pourtant permis de relâcher toute la pression accumulée dernièrement, mais ce n’était pas vraiment une réponse assez satisfaisante pour ceux qui pouvaient l’encourager car voyant bien les traces de dents que la jeune femme avait pu lui laisser en cherchant à toucher sa veine avec cette morsure au cou. Le marionnettiste avait ainsi été malmené au possible mais aussi fou que ça pouvait paraître il était prêt à en redemander, peut-être dans une volonté masochiste qui lui était propre après tout, mais surtout à défaut de ressentir sentimentalement quelque chose il ne pouvait que se référer à la douleur physique pour se dire qu’il était encore bien présent et ainsi le maintenir dans ce rôle qu’il jouait constamment. C’est pourquoi il n’hésitait pas une seule seconde à se diriger vers la boutique à la devanture qui avait de quoi mettre mal à l’aise, ne s’en préoccupant pourtant pas le moins du monde, portant juste un furtif regard à la vitrine où étaient entreposées quelques poupées avant de pousser la porte en pensant bien évidemment à se baisser pour entrer pour éviter de se fracturer un peu plus le crâne si possible. Le son de la cloche caractéristique résonna dans l’endroit qui semblait vide de sa propriétaire, alors que le lieu avait l’air encore plus en bazar que la dernière fois et qui donnait la nausée à son côté organisateur, avançant un peu du mieux qu’il pouvait avant de s’arrêter en souriant en voyant ainsi apparaître son amusant petit jouet qu’il était venu voir et vu sa tête très probablement qu’elle n’était pas prête à le voir ici en cet instant précis. Niels dégageait son air si chaleureux, pourtant si factice, s’appuyant sur sa béquille pour éviter de perdre l’équilibre.

« Coraline. Tu as l’air tellement en forme, plus que moi en tout cas ça c’est une certitude, désolé d’avoir autant tardé à venir te voir mais comme tu peux le constater je n’ai pas l’immense privilège d’avoir une peau aussi solide que la tienne. Je t’ai apporté un petit cadeau ! »


Presque moqueur dans le fond, sarcastique en tout cas c’était une certitude, il se présentait pourtant paradoxalement être si amical pourtant dans sa façon de faire et surtout de parler. Préférant en quelque sorte désamorcer la possible bombe qu’il était en train de lui-même lancer, c’était comme mettre un coup de pied bien placé dans une fourmilière après tout, cherchant à attirer dès les premiers mots son attention et tout particulièrement sur ce qu’il pouvait bien lui apporter. L’être humain était ainsi fait après tout car l’appât du gain était toujours le plus important, il y avait une avarice naturelle et un matérialisme à laquelle ils ne pouvaient se soustraire, lui-même avait pu être ainsi avant de comprendre ce qui était le plus important même si dans le fond ceci avait été trop tard. Depuis il ne rêvait plus de richesses incroyables ou de gloire éternelle, tout ça n’était bâti que sur du vent qui risquait d’emporter le tout tel de la poussière, ses ambitions allant bien plus loin que le simple commun des mortels qui ne faisait que voir plus petit. Pas vraiment que Niels puisse se sentir supérieur mais à son sens il n’était plus aveuglé, il avait pu ouvrir les yeux sur le monde et la réalité qui l’entourait, voyant très clairement les horreurs et être immondices sans nom que l’homme pouvait bien créer. Le tout était maintenant de savoir si Coraline était de la même trempe, essayant ce besoin de jouer avec elle mais pour ça il lui fallait aussi les bonnes cartes en main car s’il pouvait éviter de faire dans le même triste état à chaque fois qu’ils se voyaient le marionnettiste n’était pas contre car à cette allure il pourrait très certainement prendre une carte de fidélité à l’hôpital – au bout de la dixième visite réduction sur les suivantes, ne pouvant réussir à se soustraire à ce besoin profond que de jouer à un jeu bien trop dangereux et prendre le risque de bien se brûler. Un jeu auquel il voulait rajouter aussi le vent de la vengeance, il était hors de question qu’il laisser passer sans rien dire ce qu’elle avait pu lui faire, même si pour ceci il devait attendre longtemps ce n’était pas un souci pour lui du moment qu’il atteignait son objectif. Pour l’heure il se trouvait face à  Coraline, se tenant tout de même à une distance plus que raisonnable et séparé par les meubles entassés un peu n’importe comment, affichant toujours ce sourire comme s’ils avaient pu être de si bons amis.

« Et comment vont d’ailleurs les petits trésors que tu as détruits ? Tu sais, si tu ne te sens pas assez compétente, je peux m’en charger d’une partie. »

Subtilement il aimait remuer le couteau dans la plaie, ayant bien remarqué comment Coraline avait eu cette forte empathie envers les pantins et autres jouets de la garderie, souhaitant aussi remettre de l’ordre dans leur position.







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Dernière édition par Niels Mørck le Ven 17 Fév - 17:54, édité 1 fois
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F. Coraline Dagenhart

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MessageSujet: Re: Thank you for all the pain 'cause it made it be so much more fun | F. Coraline Dagenhart   Jeu 17 Nov - 19:24



Thank you for all the pain 'cause it made it be so much more fun

J'ai lu entre les lignes tout en croyant les mensonges pendant bien trop longtemps et je ne sais toujours pas comment j'ai fais et maintenant la guerre est déclarée les lignes de combats se dessinent et je ne vois plus droit avec tout ce sang dans mes yeux



Aussi loin qu'elle s'en souvienne, Coraline n'avait jamais été quelqu'un de particulièrement prudent ; elle s'aventurait sans la moindre peur dans des endroits qui devraient en temps normal la faire trembler, elle parlait aux inconnus dans la rue malgré que la première chose que l'on apprenait à un enfant c'était de ne pas le faire, elle se battait avec toute la violence dont elle était capable simplement parce que ses instincts meurtriers étaient titillés sans penser aux conséquences, et surtout, elle divulguait bien trop facilement un nombre improbable d'informations sur elle-même si son cerveau décidait qu'il avait besoin de s'exprimer. Au fond, c'était surtout à cause de ses délires, des chocs récurrents qui venaient parcourir sa psyché sans le moindre état d'âme quand elle n'avait pas pu ou pas voulu consommer la Duotine suffisamment régulièrement. Dans ces moments-là, c'était un peu comme si le temps cessait d'être une ligne droite continue, comme si soudainement le trait devenait un brouillon informe dessiné par un écolier impatient de finir le cours, et Coraline subissait cette cacophonie à pleine puissance, ne faisant plus la différence entre réel et imaginaire, entre présent et souvenirs, entre secrets et banalités. Elle perdait tant le sens des réalités qu'elle se mettait à hurler tout ce qu'elle avait sur le coeur simplement pour que les démons s'expulsent d'eux-même, sans même prêter attention au fait qu'il puisse y avoir un ennemi potentiel droit devant elle ; et dans le cas de ce combat qui avait réveillé en elle des pulsions bien plus présentes et pressantes qu'elle ne le pensait, l'adversaire était de taille.

Mais d'un autre côté, elle ne regrettait pas le moins du monde ce qu'il s'était passé ; peut-être un peu sur le moment, emportée dans des délires paranoïaques que Niels puisse la dénoncer -ce qui était plus plausible que paranoïaque à vrai dire-, et qu'elle entende les flics arriver toutes sirènes hurlantes pour l'enfermer au fond de l'asile jusqu'à la fin de ses jours ; elle n'avait pas tellement dormi les jours qui avaient suivi leur combat, son sommeil parasité par des cauchemars où un énorme pantin de bois et de chair au sourire éternel la fixait de ses orbites vides et noires, ses bras relevés par des filets de pêche plantés dans sa peau, le mettant dans une position qui lui donnait l'air désarticulé. Mais Coraline étant Coraline, elle avait ce don incroyable que malgré que les pires horreurs puissent lui arriver, elle finissait toujours par redevenir elle-même, guillerette et naturelle, comme si toutes les épreuves qu'elle traversait n'était que des songes nés de son imagination, et que seul son objectif final -à savoir remettre la main sur son adorable félin à la voix grave- venait remplir ses pensées, cherchant de nouvelles stratégies et d'éventuelles pistes qu'elle avait pu manquer, sachant que désormais elle avait perdu un allié qui aurait pu être précieux dans cette quête. Et en plus de ça, elle n'avait pas entendu parler de l'animateur depuis, ni directement ni à travers une arrestation en bonne et due forme, ce qui lui avait brièvement laisser croire que peut-être au fond il était quelqu'un de gentil qui ne voulait pas lui causer de problèmes, avant de se souvenir qu'elle l'avait pratiquement laissé pour mort et qu'il avait toutes les raisons d'opter pour une vengeance personnelle, au point que Coraline se surprenait souvent à épier la vitrine de sa boutique en attendant le jour où il se montrerait en personne. Et puis, une chose en entraînant une autre, elle avait même pu se faire de nouvelles amies à l'issue de ce combat, une directement et une autre qui n'avait pas grand-chose à voir avec cette histoire mais qui avait nourri la volonté de Coraline de penser que pas tous les adultes étaient des monstres masqués comme le marionnettiste. Il y avait cette femme qui avait répondu au téléphone à la place du Doc Whale, qui avait pris les choses en main sans la moindre hésitation et avait permis à Coraline de trouver un peu de répit dans ce bazar ; et il y avait cette jeune femme aux cheveux blonds et à l'aspect parfait de poupée, avec qui son échange avait été bien plus doux et enchanteur que son interaction avec celui qu'elle considérait pour l'heure comme sa némésis -en dehors d'une certaine Autre Mère qu'elle espérait ne plus jamais revoir, entendre, ou entendre parler de.

C'était dans cet état d'esprit insouciant qu'elle s'affairait dans son atelier, lorgnant sur l'énorme carton de morceaux de poupées et autres pantins tombés au combat, se demandant combien de temps tout cela allait lui prendre -bien que le fait d'être aussi occupée malgré la gratuité du service la remplissait d'une certaine allégresse, surtout parce qu'elle avait l'impression de sauver une vie à chaque fois qu'elle parvenait à rafistoler un de ces jouets brisés par sa faute, et elle avait plutôt bien réussi jusque là même si certaines cicatrices étaient désormais permanentes. Sur sa table de nuit était posé un mot de l'hôtesse d'accueil de la garderie, qui s'excusait humblement de la charger d'un tel travail, mais qu'il y avait eu un « incident » à la garderie et qui avait mis tous les jouets dans cet état, et que son collègue était à l'hôpital mais se chargerait des frais de réparation -Coraline avait sourit d'un air crispé en voyant la petite lettre, se demandant jusqu'à quel point la collègue de Niels en savait sur toute cette histoire, bien qu'elle ne semblait pas au courant que la réparatrice était directement concernée, et que le marionnettiste n'allait pas débourser un seul centime après coup.

Elle était en train de recoudre une petite robe déchirée dans le silence des lieux -quelque chose d'exceptionnel puisque d'habitude elle aimait mettre de la musique à plein volume- quand elle eut comme un frisson lui parcourant le dos. Elle entendait des murmures venir de l'autre côté de la porte, des petites voix sourdes et inintelligibles qui perçaient le bois délabré de la porte de l'atelier, mais qui pourtant semblaient familières aux oreilles de la jeune femme. Posant l'aiguille qu'elle tenait, manquant de se piquer bien qu'Itward réagit au quart de tour pour transformer la peau de son doigt en roche un bref instant, elle eut un instant d'hésitation, avant de hausser les épaules en se disant que c'était probablement un client curieux ou quelqu'un qui venait pour une réparation ou une commande. Reprenant un air sympathique et jovial, elle s'extirpa de la fine ouverture entre la porte et l'étagère qui bloquait cette dernière, tournant par contrainte le dos à la porte, avant de s'avancer avec peut-être un peu trop d'enthousiasme à l'intérieur de la boutique, impatiente d'accueillir la personne qui venait d'entrer.

« BonjouuuUUUOUAAAAH ! »

Elle avait poussé un cri de surprise avant de reculer d'un bond, se prenant l'étagère derrière elle dans un grand fracas qui fit tomber deux boîtes de pièces de remplacement pour des meubles de sa boutique et qui manquèrent de tomber directement sur elle, tandis qu'elle observait le géant souriant d'un air horrifié, la main sur la bouche pour s'empêcher de crier plus fort encore. Pourquoi était-elle si surprise, franchement ? Peut-être justement parce qu'il arrivait dans un moment où elle ne pensait plus à lui et à ce fichu combat au sommet, peut-être parce que si peu de temps après l'avoir envoyé au tapis elle ne s'attendait pas à le voir débarquer, peut-être aussi à cause de son aspect de momie échappée du musée d'histoire naturelle avec son pansement sur le front, son bandage au niveau du cou et son air avachi, armé d'une béquille sur laquelle Coraline lorgna en réfléchissant où elle avait bien pu poser sa batte de baseball. Et malgré tout ce qui s'était passé, malgré qu'elle ait vu très clairement qu'il n'avait rien d'un gentil bonhomme un peu trop mignon pour être honnête -comme quoi…-, malgré tout cela il continuait d'afficher sa tête toute souriante et avenante, que Coraline avait pu trouver sympathique par le passé mais qui ressemblait maintenant à ses yeux à la tête du gros beauf du lycée -elle n'avait pas non plus spécialement digéré les remarques lourdes de sens et lourdes tout court que Niels avait pu avoir sur son physique et sa féminité, elle devait le reconnaître.

Mais une fois remise de sa surprise, alors que Niels s'exprimait avec une voix qui ne cachait pas sa moquerie, Coraline se mit à sourire, d'abord juste au niveau des lèvres, avant de découvrir ses dents. Elle sentait des convulsions s'émettre de son estomac, l'envahissant de plus en plus au point que ses épaules se secouèrent jusqu'à ce qu'elle laisse échapper un fou rire qu'elle s'efforçait d'étouffer malgré les larmes qui lui montaient aux yeux. Au premier abord, on pouvait croire que ce rire était nerveux, mais il n'en était rien, non, ce rire était bien plus sincère que le masque que Niels portait, tandis qu'elle s'esclaffait en voyant l'air noble et intimidant du géant en prendre un sacré coup, au point qu'il ressemblait désormais plus à un vieil homme rompu par la vie et s'il n'avait pas eu son sourire elle l'aurait volontiers comparé au vieillard à la mâchoire carrée dans le film avec la maison volante. Elle ne put se calmer qu'au bout de plusieurs dizaines de secondes, s'essuyant les yeux en prenant soin de ne pas étaler le maquillage noir qui les entouraient.

« Oh bah alors, tu es dans un piteux état, mon grand, je me souvenais pas y avoir été aussi fort ! Tu es venu pour un second round ? Désolé de te décevoir mais on va pas pouvoir faire ça dans ma boutique, je tiens à ce que mes meubles et mes poupées restent entiers, tu vois. Quoique si tu veux les balancer sur moi maintenant, je t'en prie, qu'on en finisse tout de suite avec cette stratégie… » À vrai dire, elle préférait qu'il n'en fasse rien, trop attachée aux habitants de sa boutique ; mais elle savait déjà que Niels était du genre à ne pas hésiter si l'occasion se présentait, alors autant le provoquer tout de suite et se préparer au pire. « Aller, no rage, pas tout le monde peut avoir une peau comme la mienne comme tu le dis si bien. » Elle nota cependant la présence de la béquille, ne se souvenait pas avoir attaqué à un moment ou un autre ses jambes ; mais peut-être qu'il était simplement mal retombé à un moment ou un autre au point de se tordre la cheville ou elle ne savait quoi, elle n'avait pas été suffisamment consciente de ce qu'elle faisait durant la bataille pour noter toutes les blessures qu'elle lui infligeait, après tout. Elle haussa un sourcil en affichant un air blasé qui cachait une moue vexée quand il fit la remarque sur la réparation des poupées, ne voulant pas afficher la culpabilité qu'elle ressentait encore à leur égard. Elle se sentait comme la bonne vieille Coraline au mauvais caractère, et elle devait reconnaître que ça lui faisait un bien fou. « Non, ça ira merci, vois-tu ça m'a même donné l'occasion d'essayer plein de trucs que j'avais encore jamais fait et ça marche plutôt bien alors. D'autant plus que dans l'état où tu es je ne te ferai pas confiance même avec une poupée qui a juste besoin d'une petite retouche. » Elle nota avec amusement la distance que Niels conservait entre lui et elle, ayant même pris soin de rester derrière un vieux guéridon et une grosse malle de bois brun, se penchant légèrement en avant en prenant un air malicieux. « Tu as peur que je te touche encore une fois, chaton ? Ne t'en fais pas, j'ai eu ma dose de contacts physiques pour les trois prochains mois, alors tu n'es pas obligé de te cacher derrière les meubles... »

C'était une scène étrange que voilà, alors que l'agressé rendait visite à son agresseur et que s'ensuivait une conversation qui pouvait se montrer banale, un peu comme s'ils avaient posé les armes pour privilégier une joute plus verbale que physique, ce qui n'était pas pour déplaire à Coraline. Car il ne fallait pas se faire d'illusions, elle avait beau se reposer sans concession sur la protection d'Itward, toute magie possédait un prix, et même si les traces n'étaient pas visibles sur elle contrairement à lui, d'avoir puisé aussi profondément dans ses capacités mais aussi dans celles de la Marionnette qu'elle avait été lui avait fichu un sacré coup autant mental qu'énergique. À cela fallait-il ajouter le fait qu'elle espaçait au maximum ses prises de Duotine, d'abord par souci d'économie car ces trucs étaient quand même terriblement difficile à fabriquer vu la spécificité de la substance, mais aussi parce que Itward ne cessait de la presser de cesser la consommation de cette médication qui d'une certaine manière ne faisait que soigner le mal par un autre mal. Mais le fait d'espacer autant la prise de ce remède la rendait plus fragile qu'en temps normal, plus encline à être hantée par des hallucinations aussi violentes que celles qu'elle avait ressenti en affrontant Niels, et elle savait que se retrouver à nouveau dans une situation aussi périlleuse risquait de la mettre encore plus à mal que la dernière fois, et qu'elle n'allait pas pouvoir indéfiniment compter sur Itward pour repousser la moindre attaque extérieure, surtout que Niels avait pu voir au premier plan en quoi consistait ses capacités et elle se doutait qu'il n'était pas assez bête pour réessayer une attaque de front, qu'il chercherait ou cherchait même déjà une manière détournée de lui faire du mal. Et Coraline ne voulait pas avoir mal. Elle ne voulait pas souffrir à nouveau comme autrefois, mais ce n'était pas le mal physique qui lui faisait peur puisque d'une certaine manière le fait que quelqu'un d'autre qu'elle-même puisse lui infliger la moindre blessure l'enivrait, elle qui ne pouvait bénéficier de ces contacts physiques si vitaux pour les êtres humains le fait de toucher quelqu'un en exprimant ou non Itward l'électrisait plus qu'elle ne voulait bien le reconnaître, comme un ancien fumeur qui lorgnait sur une cigarette à moitié consumée dans un cendrier et devait se battre pour résister à l'envie de céder à la tentation elle devait se forcer à mettre des barrières entre elle et les gens alors que parfois la seule chose dont elle avait envie c'était d'un câlin rempli d'affection de la part d'un ami, d'un baiser sur le front ou sur la joue, d'une étreinte passionnée avec un homme qu'elle aimerait ou même d'un coup bien placé d'un ennemi potentiel, simplement pour ressentir quelque chose qui ne venait pas d'elle-même, pour cesser de se sentir aussi invisible et négligeable à force de ne jamais pouvoir être véritablement proche des gens qui l'entouraient. C'était le mal mental qu'elle redoutait plus qu'autre chose, et maintenant que Niels savait que le mal physique ne faisait pas parti de ses faiblesses et sa manière moqueuse de s'adresser à elle, elle se braquait, redoutant peut-être qu'il puisse ainsi changer de stratégie et essayer de jouer avec elle sur le plan psychologique, au point qu'elle était prête à rejeter la moindre de ses remarques et à détourner la moindre tentative de manipulation. Elle avait coupé ses ficelles depuis longtemps, mais ça ne voulait pas dire que lesdites ficelles ne traînaient plus sur ses épaules, et qu'un malintentionné ne puisse venir les rattacher à lui pour l'utiliser comme elle avait été utilisée autrefois, malmenée durant toutes son existence sur le plan mental avec une telle férocité qu'il était presque logique qu'elle puisse être aussi fragile psychologiquement.

« Tu disais que tu avais un cadeau ? » Elle croisa les bras en prenant une moue défensive, très peu convaincue que ledit cadeau puisse avoir la moindre portée bienveillante, sans se douter que le cadeau puisse être la promesse tenue de Niels en ce qui concernait les recherches sur Mr Midnight. « Franchement tu peux te le garder, on sait tous les deux que tu n'es pas exactement un ange et vu ce qu'on a déjà vécu je doute sérieusement que ce cadeau soit autre chose qu'empoisonné. » Elle adressa un signe de tête en direction de la porte d'entrée, on ne peut plus sérieuse. « Et si cela ne te dérange pas tu peux ficher le camp d'ici presto, comme tu l'as si bien dit j'ai des petits trésors à réparer et ça me demande beaucoup de temps et de travail, alors j'aimerais bien pouvoir me concentrer sans que ta tête me déconcentrent et les voix autour ne m'interrompent, merci bien. » Elle changea d'expression, bien que son grand sourire était absolument faux et cela se voyait. « Mais à part ça, une très bonne journée, et un prompt rétablissement, mon petit marionnettiste ! Tu feras un bisou à ta collègue de ma part. »

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Niels Mørck

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MessageSujet: Re: Thank you for all the pain 'cause it made it be so much more fun | F. Coraline Dagenhart   Dim 20 Nov - 17:48




Mépris. C’est le premier mot qui venait peut-être à Niels pour qualifier ce qu’il pouvait ressentir envers Coraline, ou du moins que son cœur en morceaux pouvait réussir à produire comme de manière assez synthétique à son adresse, parce que les personnes comme elle venaient s’attribuer un mérite qu’ils ne méritent nullement en venant s’occuper d’œuvre d’art que de véritables artistes comme lui pouvait produire. La réparatrice apparaissait au marionnettiste comme une sorte de charognard qui ne faisait que se repaître sur les restes qu’on voulait bien lui offrir, tirer gloire quelconque à différentes échelles lorsqu’ils réussissaient à reproduire partiellement un travail qui n’était de base pas le leur, et pour lui c’était bien là une différence de poids entre eux car il avait le pouvoir entre ses mains de créer selon son bon vouloir alors que la jeune femme ne faisait que recopier dans une contra-façon plus ou moins réussite. C’était peut-être ce qui l’avait poussé à se montrer assez hargneux quelque peu à son adresse en lui adressant cette subtile pique, qui ne l’était pas tant que ça après tout mais pour le coup il se fichait bien d’avoir pris ou non des pincettes pour cette petite écervelée bonne pour l’asile, en plus en tout cas que le mal qu’elle avait pu lui faire même si quelque par ressentir la douleur physique était un délice dont il ne se lassait jamais dans un sens. Dans un ego qui n’était pas resurgi depuis plusieurs années car n’ayant nul besoin d’exister de toute manière, laissant depuis bien longtemps ses rêves de gloire dans une boîte qui prenait la poussière sans en être le moins du monde affecté tant il avait eu le sens des priorités, c’était peut-être le fait de se retrouver mis en contact avec une personne se connaissant un minimum dans le milieu des pantins et des poupées qui avaient fait ressortir cet aspect-ci de façon si enfantine en y regardant bien de plus près. Et même s’il avait pu trouver intéressant à leur première rencontre de trouver une personne avec qui parler de ces êtres inanimés, de trouver un écho à son discours sur leur façon d’être et cette petite âme qu’ils pouvaient bien posséder, depuis cet affrontement à la garderie il avait une aversion naturelle qui était revenu au galop à l’idée même que Coraline puisse vouloir s’occuper de ceux que Niels avait pu apporter pour les enfants et il avait dans l’idée de lui demander ce qu’il lui revenait de droit.

Néanmoins pour l’heure il devait supporter les rires puérils de la réparatrice à son adresse, ne bougeant pas d’un seul petit centimètre avec ce sourire si figé qui cachait cette mélasse informe d’impression de lassitude profonde et de haine de plus en plus grandissante qui pouvait bien y avoir à l’intérieur pour un temps indéterminé, la laissant ainsi se calmer d’elle-même sans avoir à intervenir comme on pourrait le faire avec une enfant. D’ailleurs c’était ce qu’elle était pour lui à savoir rien d’autre qu’une gamine quelque part, ou une fille assez perturbée à la recherche de son chat peut-être déjà transformé en corde de violon et qui aurait très certainement besoin de quelques soins psychologiques de ce qu’il avait pu comprendre, même si cette dernière avait eu l’audace funeste durant la malédiction de s’en prendre à ce qui avait pu être une marâtre. Oh oui Niels connaissait l’histoire désormais et il était hors de question de laisser de côté cette arme si efficace, même s’il lui faudrait un peu tâter le terrain en prévision de son utilisation pour voir dans quel état d’esprit Coraline pouvait bien se trouver à ce sujet-ci quelque part, tandis que peu à peu les rires de la jeune femme venaient à se calmer. L’animateur de la garderie n’avait même pas sourcilier parce qu’il avait cette impression constante d’être comme sur le devant de la scène malgré lui, tout en tirant de manière subtile les ficelles dans l’ombre dans une sorte de dédoublement qu’il était le seul à maîtriser et à en avoir conscience, le spectacle devait continuer et ceci qu’importe la réaction que pouvait avoir le public que pouvait ainsi représenter la réparatrice à elle seule avant de prendre un ton à son adresse si condescendant qu’il était amusant de voir à quel point les deux avaient pourtant l’air de rire de la situation dans laquelle ils avaient pu plonger ensemble il y a quelques semaines. Mais tout ceci n’était que de la belle façade et il était sûr que tout comme lui Coraline le savait aussi pertinemment, atténuant ainsi la gravité de ce qui avait pu se produire, prenant peut-être tout ceci comme un simple affrontement entre amis cependant pour qu’une telle chose soit possible encore aurait-il fallu qu’il puisse développer ce genre d’attache de son côté. Il jeta un coup d’œil aux poupées entreposées, des fidèles petits soldats qui n’auraient d’autres choix que de lui obéir selon son bon vouloir de toute manière, avant de replanter son regard dans ceux qui fut il y a si peu de temps son adversaire.

« Oui en effet, forcer les poupées de ta boutique à se jeter contre toi pourrait être une optique si intéressante dans la mesure où tu serais trahi par tes propres créations si on peut nommer ça comme ça, mais ça serait un tel manque d’originalité déconcertant que je préfère m’abstenir de brasser de l’air pour une représentation qui serait si médiocre tant elle manquerait de saveur. »


Il avait déjà vu et il n’avait pas envie d’initier les mêmes erreurs que la dernière fois, attaquer même par surprise n’aurait aucun effet de toute manière vu la nature si extraordinaire que possédait ainsi Coraline même s’il ignorait le mot exacte de la qualification d’une peau bouclier comme la sienne, Niels sachant parfaitement qu’il y avait bien des méthodes pour faire mal à une personne et surtout en dehors du mal physique pour son plus grand amusement. À cet instant précis d’ailleurs il était déjà en train d’amasser le moindre petit mot qui pourrait sortir de la bouche de Coraline, d’analyser les gestes qu’elle pouvait avoir pour noter ses habitudes même celles qui pouvaient paraître les plus anodines pour le coup, alors que d’elle-même elle venait à lui avouer que sa peau si particulière était loin d’être donné à tout le monde. La question qui restait ainsi encore en suspens était de savoir comment. Le marionnettiste ferait tout ce qui était en son pouvoir pour se préoccuper une telle capacité même si pour ceci il devait se débarrasser de cette petite gamine insipide face à lui, il lui suffirait juste d’essayer plusieurs procédés jusqu’à obtenir ce qu’il souhaitait car après tout son ambition n’avait aucune limite et n’était jamais vraiment rassasié, c’était bien mal le connaître de croire qu’il resterait les bras croisés en attendant que les choses se passent même si c’était pourtant l’image qu’il pouvait refléter aux autres dans cette volonté personnelle que de tout cacher derrière un masque. Comme à cet instant alors qu’il ne reflétait rien d’autre que cette bienveillance naturelle qu’il pouvait offrir pour les autres, dans ce sourire qui ne fanait que rarement et que la vérité qui se cachait derrière n’avait que très peu pu être observée, tandis que Coraline lui parlait qu'elle se débrouillait très bien pour venir réparer les poupées dont elle avait la charge et que cette impression de charognard se faisait que plus grandissante. Il y avait cette aversion pour elle qui se faisait sans qu’il n’est besoin de venir se forcer, ayant la sensation profonde qu’il devait y mettre un terme tant elle était ainsi indigne de pouvoir exercer de la manière qu’elle faisait, tandis qu’il imaginait ces pauvres pantins être les cobayes d’expériences malgré eux et le fait que certaines poupées pouvaient être le fruit de sa création n’était encore que plus révoltant. Pourtant il n’y avait rien de sa part, aucune protestation ou même émulation d’aucune sorte, aussi vide que ce qu’il pouvait ressentir à l’intérieur.

« Vraiment ? C’est vrai que tu as été particulièrement… tactile dirons-nous. De manière assez surprenante d’ailleurs, ça je dois bien l’avouer tout de même, je ne savais pas que tu pouvais autant aimer toucher quelqu’un. »

Un brin de moquerie qu’il n’avait pu retenir, faisant référence à sa manière au baiser qu’elle avait pu lui offrir et aussi la façon dont elle avait pu passer ses mains sous sa chemise dont des gestes qui auraient pu se montrer si sensuels dans d’autres circonstances, alors que Niels venait avancer de quelques pas en sa direction tout en s’aidant de sa béquille comme pour lui prouver qu’il ne la craignait aucunement mais aussi dans un geste de défi. Bien sûr, il avait eu horriblement mal des contacts qu’il avait pu avoir avec Coraline ce jour-ci, se souvenant des piques qu’elle avait pu lui enfoncer et des dents qu’elle avait plantées dans sa chaire tout comme le fait qu’elle chercher à lui geler les mains. Cependant il en fallait plus au marionnettiste pour chercher à reculer ne serait-ce qu’une fois, il commençait à accumuler un bon petit dossier sur elle avec tout ce qu’elle pouvait dire mais surtout faire, il était hors de question dans son esprit qu’il se laisse intimider d’une quelconque manière par une réparatrice de seconde zone qui n’avait dans le fond que très peu d’expériences dans le domaine. Il avait de toute manière toujours possibilité de venir le dénoncer auprès des forces de l’ordre, de venir porter plainte contre elle et possiblement la faire interner pour le restant de ses misérables jours, mais l’appât d’un jeu qui serait tellement excitant et si amusant l’avait stoppé dans le moindre élan en plus de cet esprit de vengeance qui se voulait le plus douloureux possible pour elle. Comme un enfant qui ne voyait que tout d’abord son propre amusement, venir être cruel autant qu’il le voulait avec un jouet pour qui il avait une aversion de premier ordre, il agissait sans doute égoïstement dans un sens mais c’était loin d’être une véritable préoccupation honnêtement. Ce qui ne fit qu’atteindre son apogée lorsque Coraline cherchait à la congédier, voyant très bien qu’elle cherchait à le mettre dehors tout en refusant de voir ce qu’il avait pu lui apporter, comme si de par cette manière elle venait d’actionner elle-même tout le mécanisme de la situation qu’il attendait tant dans une impatience pourtant si grandement maîtrisée. Et ce fut son tour de rire même s’il fut bien plus bref que celui qu’elle avait pu lui offrir tant il était épris dans ce contrôle qu’il avait, sachant ce qu’elle perdait et n’ayant qu’une seule hâte : voir sa tête dépitée lorsqu’il lui présenterait la nouvelle, venant sortir le bout de papier plié qu’il tenait entre les doigts de sa main libre tout en avançant encore d’un pas.

« Que c’est dommage Coraline j’avais pourtant trouvé une si bonne petite friandise, spécialement trouvé juste pour toi et personne d’autre, tu sais je me suis donné beaucoup de mal pour te le trouver et le moins que tu puisses faire ça aurait été au moins de demander ce que c’était. Toujours pas ? Bon. Très bien je n’insiste pas. »

Niels jubilait pourtant par avance que du déroulement futur des événements, venant à essayer de l’appréhender de tous les points de vue possible s’offrant à lui même si dans la grande majorité des cas il voyait la réparatrice blanchir à la nouvelle – à moins que ceci ne soit que le produit de son subconscient et c’était fort possible, alors qu’avec une habilité certaine dans son doigté il remettait en place précieusement le papier dans sa poche tout en regardant de toute la hauteur naturelle qu’il avait Coraline. C’était elle qui l’avait appâté avec ce jeu dangereux dans un sens et elle ne pourra que s’en prendre à elle-même à l’avenir, après tout elle avait attaqué la première alors qu’il était encore en phase d’observation de son côté et sur ce point-là il fallait qu’elle ouvre les yeux, alors qu’il allait appuyer dans peu de temps sur le moyen de pression qui lui avait apparu le plus efficace jusqu’ici à savoir le fameux chat noir qui parlait et qui était dans un pourcentage non négligeable juste le fruit de l’imagination bien trop débordante de cette petite folle. N’était-ce pas pour ceci qu’elle était venu s’adresser à lui après tout ? C’est pourquoi il y avait deux cas de figure à présent dans l’esprit du marionnettiste à savoir soit elle était bien à la recherche de ce dernier, se retrouvant alors à lui demander de lui donner cette adresse d’où en couleraient plusieurs autres situations, soit elle lui avait menti depuis le début et ce n’était qu’un prétexte pour obtenir quelque chose de lui comme il le pensait dès qu’il l’avait vu. Parce que Niels ne croyait pas encore totalement à cette théorie du chat perdu, pas vraiment après l’épisode catastrophique de la garderie en tout cas, restant dans cette optique qu’en tant que réparatrice de poupées elle voulait la mainmise sur son savoir-faire et plus que tout son pouvoir. Peut-être paranoïaque sur les bords dans cette histoire, il voulait bien en convenir après tout, mais l’un dans l’autre le plus important c’était qu’en ayant cette information qui puisse l’intéresser ou non il avait la sensation de prendre un certain avantage non négligeable qui lui permettrait de dégager ainsi la vérité. Il se contentait alors en cet instant de sourire avant de reculer lentement, sans jamais la lâcher des yeux comme on pourrait le faire face à animal dangereux et l’appellation n’était pas vraiment exagérée, prenant ainsi la direction de la porte de sortie sans pour autant la franchir ou l’ouvrir. Pas avant d’avoir lâché sa petite bombe en tout cas, pas avant de voir le désespoir et la panique dans les yeux de cette petite gothique lolita, pas avant de se réjouir du malheur de son adversaire.

« Moi qui pensais que tu voulais retrouver plus que tout ton précieux petit chat, Mr Midnight aurait été si content de te retrouver plus tôt mais on dirait qu’il va devoir attendre, vu que tu ne veux pas de mon présent. Juste pour information, c’était l’endroit où tu aurais pu trouver le fameux chat de Cheshire, mais vu que tu souhaites que je parte je ne t’embête pas plus n’est-ce pas ? »

Clairement il pouvait voir dans le regard de Coraline le trouble qu’il venait de semer par son annonce, le fait qu’il puisse ainsi avoir un précieux moyen de peut-être l’aider à trouver son chat avait l’air de produire chez elle une sorte d’électrochoc dont il se délectait sans retenue, Niels en déduisant alors qu’aussi curieux que ceci puisse être elle avait pu lui délivrer la vérité dès leur rencontre. Qu’est-ce qu’elle lui avait dit déjà ? Qu’il n’y avait eu que cet animal pour la soutenir pendant des temps difficiles, qu’il avait été son seul et unique véritable ami qui ne lui avait jamais tourné le dos, et dans un sens peut-être qu’il y avait un semblant de compréhension chez le marionnettiste. Tous deux étaient à la recherche d’une personne qui leur était chère, celle qui donnait tant de sens à leurs univers respectifs, même si c’était dans des proportions assez différentes dans un sens selon lui. Et c’est parce qu’il connaissait le désespoir de cette situation, cette envie que pouvait avoir la jeune femme de serrer dans ses bras ce chat qui était toute sa vie quelque part, qu’il savait encore plus appuyer où c’était douloureux et s’amuser à lui faire mal à sa manière dans cette douce petite vengeance qu’il lui préparait. C’était horrible de sa part, il ne pourrait pas supporter de son côté qu’on puisse lui faire subir une telle chose, mais la rancune qu’il avait envers Coraline était si forte qu’il se laissait aveugler sans chercher à contester une seule fois ce qu’il était en train de faire. Ce n’était pas vraiment comme s’il pouvait ressentir une forte empathie envers elle, à peine était elle apparu qu’elle s’était fait souffler en moins de temps qu’il le faut pour le dire, ce n’était pas ceci qui allait assez l’émouvoir ou il ne savait quoi pour oublier son petit plan puéril qu’il pouvait avoir à son adresse. D’ailleurs Niels comptait bien aller plus loin, la confronter à ce qu’elle avait pu lui faire dans une petite piqûre de rappel comme pour lui remonter que celui qui avait la patte blanche dans cette affaire c’était bien lui, comme pour faire la lumière sur la situation dans laquelle elle l’avait mis et ainsi la pousser à se voir comme étant la fautive de tout ça. C’était bien le cas d’une certaine façon, il s’était certes emporté mais ce n’était aucunement lui qui avait ouvert ainsi les hostilités, ayant peut-être ainsi trouvé le moyen de retrouver sa confiance dans le but futur de puiser plus facilement les informations qui l’intéressaient comme sa peau qui était un mystère tiraillant sa curiosité.

« Tu sais Coraline je suis quelqu’un de parole, je ne mens jamais même pour la chose la plus insignifiante, même s’il est vrai que tu n’as aucun moyen de vraiment le vérifier. J’aurai d’ailleurs pu te dénoncer, tu sais on m’a posé beaucoup de questions sur ce qui s’est passé à la garderie, mais je n’ai rien dit. Certes je t’ai attaqué et on peut me mettre en cause mais si tu y réfléchis bien je n’ai fait que me défendre, c’est toi qui as commencé tout ça en me gelant les mains en première, et puis finalement il n’y a pas réellement eu de casse de ton côté n’est-ce pas ? Et comme je l’ai dit on aurait pu si bien s’entendre mais bon, ça on ne le saura jamais du coup, il est clair que nous ne serons jamais amis ou que sais-je encore. »

Gardant ce sourire si familier qu’il avait dans n’importe quelle occasion, voulant montrer dans un sens à Coraline qu’il ne voulait pas forcer les choses car de toute façon elle avait fait son choix, le fait de la mettre face à ses responsabilités pouvait tout remettre en question même s’il faudrait attendre sa réaction mais surtout voir sur le long terme. Aucun des deux n’allait passer l’éponge sur ce qui s’était passé, tout avait été trop violent et intense pour se faire en tout cas, juste donner l’illusion qu’avec le temps tout pourrait doucement s’arranger entre eux même si pour Niels tout ceci avait clairement un objectif derrière voir même plusieurs. Il n’agissait nullement ainsi juste pour être sympathique, pire que tout pour être son ami en tout cas même s’il pourrait lui faire croire, mais parce qu’il était juste conscient au possible qu’il y avait un grand potentiel chez Coraline et qu’il pouvait beaucoup s’accaparer s’il jouait correctement et habilement le jeu à savoir celui de la manipulation. Mais aussi parce qu’elle avait pu voir une partie de son vrai visage, ce monstre régi par ce vide lancinant qui devenait de plus en plus hurlant et qui avait dernièrement un mal fou à tenir en place ce qui voulait dire devoir se montrer plus ferme avec lui-même dans cette discipline si rigoureuse qu’il s’instaurait, et il refusait le fait qu’elle puisse le répandre auprès des autres. Cependant s’il pouvait lui faire comprendre que tout ceci n’avait été que de la défense de sa part, ce qui était tout de même le cas en y regardant bien, il y avait des chances pour que le masque reprenne sa place dans cet esprit torturé qui lui faisait face à l’autre bout de la boutique et ainsi qu’elle vienne petit à petit se dire que le vrai lui était bien ce visage souriant qu’il pouvait offrir. Ce ne serait pas un exercice des plus aisés, qui ne se ferait pas en une ou deux visites de sa part bien entendu, établir un climat de confiance n’était pas quelque chose de facile et encore moins avec tout ce qui avait pu se passer entre eux. Mais en se montrant ainsi conciliant il avait des chances d’entrouvrir un peu la porte, juste suffisamment pour pouvoir s’y glisser comme il savait si bien le faire même dans la plus infime des brèches, il ne restait à voir à quel point Coraline pouvait être sensible à tout ça.

« De base, j’aurais pu te le donner sans en faire toute une histoire vois-tu et peut-être que je t’aurais juste sollicité pour une petite bricole, mais tu vois après tout ce qu’on a vécu… disons que ton comportement ne m’aide pas vraiment à juste te donner cette adresse. Alors que dirais-tu d’un petit échange ? Oh rien d’extravagant, je te rassure tout de suite ma petite Coraline, trois fois rien car tout se trouve déjà dans ta boutique en plus. Je souhaite juste récupérer le reste d’une poupée que j’ai ramené chez moi, tu as l’autre partie vois-tu après ta petite destruction et c’est assez gênant, ainsi qu’un peu de matériel qui peut malheureusement me manquer et dont j’ai besoin en urgence pour réparer quelque chose. Qu’en penses-tu ? »


Il revenait faire quelques pas vers elle, cette fois-ci au plus près d’elle et avec juste ce meuble qui pouvait les séparer, s’appuyant sur sa béquille alors qu’il lui laissait le choix sur la direction à prendre.







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F. Coraline Dagenhart

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MessageSujet: Re: Thank you for all the pain 'cause it made it be so much more fun | F. Coraline Dagenhart   Mer 30 Nov - 17:06



Thank you for all the pain 'cause it made it be so much more fun

J'ai lu entre les lignes tout en croyant les mensonges pendant bien trop longtemps et je ne sais toujours pas comment j'ai fais et maintenant la guerre est déclarée les lignes de combats se dessinent et je ne vois plus droit avec tout ce sang dans mes yeux



Coraline vivait d'illusions et de désillusions ; et lorsque Niels vint souligner avec un ton peut-être moqueur, peut-être méprisant que jeter les poupées de la boutique contre Coraline était une optique intéressante, elle avait eu cette étrange sensation que ce serait impossible, que jamais les poupées qu'elle avait mis tant de temps et de patience à réparer les blessures se retourneraient contre elle, tout en étant envahie par un doute sournois quant à la loyauté de ses propres « amis ». C'était leur prêter une humanité qui n'était pas la leur, au fond, d'être autant persuadée qu'ils avaient tous une âme revenait à signer son arrêt de mort puisqu'au fond ils étaient exactement ce qu'ils étaient, des pantins inhabités que Niels avait très exactement le pouvoir d'animer selon son bon vouloir, mais ce n'était pas cela qui blessait le plus la réparatrice puisque c'était la perspective d'être trahie en quelque sorte par les siens qui ne l'enchantait guère. Aussi fut-elle intérieurement soulagée que le marionnettiste puisse considérer cette stratégie comme un « spectacle médiocre et sans saveur », la faisant approuver de la tête comme si elle était d'accord avec lui alors qu'elle était surtout heureuse de ne pas voir ses précieuses poupées prendre vie et se jeter sur elle de la même manière que celles de la garderie.

Mais s'il n'allait pas s'amuser à l'attaquer physiquement, Coraline se préparait mentalement à toutes les autres techniques qu'il pourrait décider d'utiliser ; consciente qu'il en savait beaucoup sur elle, même si d'une certaine manière elle n'en avait que faire de tout ce qu'il pouvait connaître étant donné qu'elle n'avait pas cette peur sourde de son passé que les gens pouvaient avoir. Une histoire aussi traumatique que la sienne avait laissé des séquelles, c'était une évidence des plus visibles quand on passait plus de cinq minutes en compagnie de la jeune femme ; mais elle n'avait pas honte de son passé, elle considérait n'avoir rien de particulier à cacher, bien sûr elle ne venait pas raconter tous les détails de son existence mais si elle était amenée à le faire elle le racontait avec un ton si détaché et presque indifférent que l'on pouvait douter de la véracité des atrocités qu'elle avait à la fois traversées et commises. Mais ça n'était pas vraiment le sang et les visions morbides qui l'inquiétaient quand il s'agissait de jeux de manipulation, hormis peut-être le jour funeste de la mort de ses parents qui restaient sa seule source de terreur dans ce musée des horreurs qu'était son existence, non ; c'était étonnement et bien plus ce qui avait affaire au quotidien du commun des mortels, ce qui faisait de n'importe quelle autre jeune femme une personne normale et la reléguait tout de suite dans la catégorie « anormale » ou « bizarre » -euphémisme quand tu nous tiens. Toutes ces choses dont elle n'était pas capable ou faisait différemment, que ce soit physiquement, psychologiquement ou simplement absent de sa nature première, à commencer par sa crédibilité en tant qu'être humain, sa féminité ou sa capacité à faire preuve d'affection envers une autre personne. Ainsi n'avait-elle aucun problème pour expliquer en long et en large à quiconque à quoi ressemblait l'Ultraréalité ou l'aspect d'un animal qu'elle aurait vu écrasé sur la route ; mais lorsqu'il s'agissait de se moquer ou de simplement faire remarquer son comportement étrange et ses habitudes inhabituelles dans le monde social, elle devenait beaucoup moins patiente et beaucoup plus sur la défensive. Surtout quand elle voyait les choses d'une manière alors que la personne en face voyait les choses différemment, comme pour cette tentative d'attaque frontale qu'elle avait eu à l'égard de Niels à la garderie qui s'était seulement transformé en bouche à bouche involontaire et cet enlacement certain qu'elle se refusait à sortir de son contexte, mais que Niels ne manqua pas de faire à sa place.

« Je te rappelle que si je t'ai « touché » c'était pour te faire mal, » elle avait levé les mains et bien insisté sur les guillemets avec ses doigts en disant cela ; « j'y peux rien si ça a cafouillé sur le moment, et c'est toi qui a pas arrêté de répéter que t'es pas intéressé et que je me faisais des idées alors va pas jouer avec les mots maintenant espèce de pervers ! Et arrête de sortir les choses de leur contexte ! »

C'était plus qu'évident que leur « baiser » qui n'était pas censé en être un la mettait plus dans tous ses états qu'elle ne voulait le reconnaître, vexée surtout que Niels vienne jouer avec cela comme si c'était un de ces baisers d'un soir après bien trop d'alcool alors qu'il savait pertinemment que ça n'avait rien d'un geste affectif ; mais elle se mordit la lèvre en réalisant qu'elle était tombée droit dans le piège de sa moquerie, essayant d'empêcher le feu d'atteindre ses joues bien qu'elles prirent malgré elle une teinte légèrement rosée, la forçant à détourner la tête d'un air farouche, regardant n'importe quoi autour d'elle sauf les yeux perçants de son interlocuteur. Ce ne fut que quand il s'avança d'un air de défi après qu'elle ait pu le taquiner sur la distance qu'il mettait entre eux qu'elle replanta son regard dans le sien, un sourire malicieux sur les lèvres. Niels avait beau paraître si complaisant et bienveillant, presque tout gentil tout mignon avec un peu plus d'efforts, et malgré le fait qu'elle ait pu voir aux premières loges son autre lui beaucoup moins sympathique il restait un homme comme un autre à ses yeux, trop attaché au fait de prouver qu'il était un « homme fort » qui n'avait peur de rien et encore moins d'un « petit bout de femme » dans son genre, et bien que quelqu'un d'autre aurait pu être intimidé par la haute stature de ce géant il faisait tellement pitié à Coraline avec sa béquille et sa tentative d'intimidation qu'elle se contenta de prendre un air faussement attendri, les mains posées sur ses joues et les sourcils froncés.

« Tu es vraiment mignon, et bien un homme comme les autres. Je te fais juste remarquer que tu as l'air vachement distant, ce qui est normal dans un sens vu la raclée que je t'ai mis, et tu te sens obligé de te rapprocher et rouler des épaules pour montrer que ta virilité n'en a pas pris un coup dans le processus. C'est trop chouuuu ! »

Bien que de base elle se moquait de lui, elle ne put s'empêcher de ressentir ce petit pic d'attendrissement comme si elle avait les yeux rivés sur une peluche trop mignonne dans le rayon jouets d'un supermarché, les yeux brillants fixés dans ceux du marionnettiste. Mais Niels n'était pas non plus un idiot, et quand elle s'empressa de le congédier avec le ton le plus désagréable qu'elle était capable d'avoir -et il était rudement désagréable, il sortit un petit bout de papier sur lequel Coraline lorgna, incertaine de ce qu'était ce « cadeau » qu'il avait annoncé en mettant les pieds dans sa boutique, tout en avançant d'un pas, ce qui ne la fit pas reculer non plus non pas par défi ou par courage mais simplement par indifférence à l'égard de la proximité de cet individu qui commençait à inscrire son nom dans la liste des gens « abjects » aux yeux de la réparatrice. Et sa manière de présenter la chose avec un ton si condescendant finit de la mettre sur ses gardes, se demandant bien où il voulait en venir. La seule chose qui puisse être un si beau cadeau serait une piste dans ses recherches de Mr Midnight, mais elle avait du mal à croire qu'il puisse tenir la moindre promesse à son égard, surtout après tout ce qui s'était passé entre eux en si peu de temps. Elle soupçonnait quelque chose de beaucoup plus sournois, comme remplir le désir de Coraline pour en tirer le plus d’avantages pour lui-même que possible. Ce n’était pas si perché comme manière de penser après tout ; avec tout ce qu’elle lui avait fait, pourquoi se montrerait-il… gentil ?

Mais les paroles de Niels la hantait bien malgré elle, la façon qu'il avait de tourner les phrases éveillait un doute certain dans son coeur, surtout lorsqu'il parlait d'avoir trouvé quelque chose spécialement pour elle ; elle se dit pendant un instant qu'il avait peut-être très bien réussi son coup, qu'il avait retrouvé la trace de Mr Midnight et s'apprêtait à lui donner son emplacement exact inscrit sur ce morceau de papier qu'il tenait fermement entre ses doigts. Et maintenant ? L'espoir, l'espoir brut et intense qui brûlait soudainement dans son coeur, au point qu'elle en oublia toute méfiance, regrettant presque avec quelle ferveur elle avait cherché à le mettre dehors, les yeux rivés sur la main de Niels au point qu'elle tendit la sienne vers lui dans cette folie muette de vouloir se jeter sur cette proie qui avait été la sienne et lui arracher ce présent des mains. Elle en avait assez des individus qui venaient retirer Mr Midnight de ses bras et jouaient ensuite avec elle, avec ses ficelles pour la faire marcher droit tant que le chat noir serait leur prisonnier, et elle s'imagina un instant qu'il était lui-même responsable de toute cette mascarade ; car si il avait déjà retrouvé l'être qui comptait le plus pour Coraline, avec beaucoup trop d'aisance pour que ce soit entièrement innocent et dans un effort altruiste, peut-être qu'au fond il avait quelque chose à voir avec sa disparition première, ou même était-il le mastermind de toute cette conspiration, qu'il connaissait Coraline depuis bien avant qu'elle ne vienne l'aborder dans la rue et que tout ce qu'il avait fait jusque là était dans l'effort bien trop similaire à l'Autre Mère de la faire courir droit devant elle jusque dans le piège qui se refermerait aussitôt. Car ce n'était pas un suspens quelconque pour Coraline, elle avait parfaitement conscience qu'elle ferait exactement tout ce que lui dirait Niels simplement pour revoir son chat, elle se plierait à ses quatre volontés pour le prendre dans ses bras et se laisserait enfermer dans toutes les cages dorées qu'il voudrait si cela signifiait être réunie avec le félin si cher à son coeur. Ainsi poussa-t-elle un minuscule gémissement en le voyant remettre le morceau de papier dans sa poche, comme si on venait de retirer le bonbon ultime de devant le nez d'un enfant trop gourmand pour son propre bien, oubliant au passage qu'avec tout ce qu'elle avait fait il n'allait certainement pas lui offrir le moindre cadeau aussi aisément, aussi « gentil » qu'il veuille paraître aux yeux de la réparatrice. Il recula ensuite sans lâcher son fichu sourire de son visage, mais maintenant que la source de l'attention de Coraline avait disparu dans sa poche, elle releva les yeux vers lui comme un nourrisson qui ne voyait plus le jouet qu'on lui avait tendu quelques secondes auparavant, un peu comme si la permanence de l'objet était un concept qui avait échappé au développement psychique de la demoiselle. Elle croisa les bras, une expression blasée sur le visage.

« C'est bon tu as fini de faire joujou ? Tu peux y aller maintenant, je suis pas d'humeur à jouer avec les mots et j'ai passé l'âge de faire confiance à l'homme aux bonbons dans la camionnette blanche alors. Du balai ! »

Oui, voilà, ce n'était qu'un piège bidon pour mieux l'attirer dans ses filets ; il n'y avait rien d'inscrit sur ce petit bout de papier blanc, à part peut-être « je t'ai bien eu ! » écrit en comic sans ms pour ajouter de la substance à l'impact de sa blague, un stratagème immonde inventé par un taré pour mieux la coincer et s'en servir plus tard. Coraline avait beau voir le monde à travers un prisme très enfantin elle avait une expérience non négligeable quant aux apparences, surtout quand un « méchant » se faisait passer pour un « gentil », rien qu'avec les quelques journées passées aux côtés de l'Autre Mère dans un passé qui paraissait si lointain désormais. Elle n'avait pas décroisé les bras, mais sitôt qu'il prononça le nom de Mr Midnight elle eut l'impression de chuter dans un ravin sans fond pendant que le monde entier s'appuyait sur ses épaules frêles de jeune femme, tandis que sa bouche vint former un « oh » de détresse silencieuse et que ses traits semblèrent traduire un désespoir qui n'avait pas de fin. Niels était intelligent, c'était une certitude. Il venait de frapper avec une force bien plus intense que les attaques de Coraline sur lui, juste à l'emplacement de son coeur qui avait raté plusieurs battements et semblait prendre un poids considérable dans sa poitrine, au point qu'il avait envie d'imploser ; et tout cela, en prononçant seulement quelques phrases aux résonances si anodines pour les oreilles de n'importe quel badaud qui aurait pu se trouver en même temps dans la boutique. Elle commençait à avoir chaud et froid en même temps alors que la panique envahissait son corps bien qu'elle ne le montrait pas en surface, parfaitement immobile ; ça faisait longtemps qu'elle ne s'était pas sentie aussi piégée, et l'aspect bordélique de la boutique et la stature imposante du marionnettiste en rajoutaient une belle couche à cette oppression soudaine qu'elle s'était au fond infligé à elle-même. S'il ne s'était rien passé entre eux il n'aurait en aucun cas le droit d'exiger quoi que ce soit d'elle mais désormais, il était dans une position si puissante par rapport à elle qu'elle se sentit rapetisser à vue d'oeil pour atteindre la taille d'une souris inoffensive sur le sol, bien loin de l'image gigantesque et oppressante qu'elle avait put revêtir dans la garderie quelques semaines plus tôt. Et le monologue que Niels ajouta en plaidant la blancheur impressionnante de son honnêteté contre les actes bien moins glorieux de la demoiselle finirent de l'achever, au point qu'elle avait cette envie à nouveau très enfantine de s'enfuir en pleurant toutes les larmes de son corps en se recroquevillant dans un coin, gémissant aussi fort que possible pour que peut-être quelqu'un vienne la consoler et lui dire que tout irait bien.

Mais elle était une adulte, désormais ; elle sentait l'envie de craquer lui monter aux yeux mais elle serra les poings en les faisant se rejoindre derrière son dos. Elle devait être forte, elle devait l'être et si ce n'était pour elle c'était pour Mr Midnight, qui avait peut-être la peur de sa vie en ce moment-même, qui gémissait peut-être au fond d'une cage en espérant que Coraline vienne le délivrer comme elle le faisait toujours. Oui, Coraline était une grande gamine et c'était une gaminerie en grande partie assumée, mais même lorsqu'elle était réellement une gamine du point de vue de l'âge elle avait toujours affiché un courage et une curiosité qui l'emportaient sur tout le reste et la faisait toujours avancer malgré tous les obstacles qui se dressaient sur sa route, et ça n'était pas face à ce grand fourbe qu'elle allait lâcher maintenant ; pas si près du but. Niels possédait des armes excellentes, à commencer par un casier judiciaire totalement vierge en ce qui concernait sa relation avec la jeune femme, l'homme qui ne mentait jamais, qui n'avait pas frappé le premier, qui n'avait au final fait que se défendre et qui pouvait allègrement se positionner comme la victime de toute cette histoire. Tout ceci aurait pu semer le doute dans l'esprit de Coraline si elle n'avait pas vécu tout ce qu'elle avait vécu jusque là ; oui, elle était responsable de son propre malheur à cet instant précis, à toujours agir sans se soucier des conséquences en se prenant la décharge fatale dans la foulée. C'était elle qui avait attaqué la première, c'était elle qui s'en était sortie sans la moindre blessure hormis un sacré mal de crâne et des cauchemars à répétitions, c'était elle qui avait cassé tous ces objets de la garderie même s'ils étaient contrôlés par Niels, et c'était elle qui avait manqué de le tuer, ratant cet objectif uniquement parce que s'il y avait une chose qu'elle n'était pas, c'était une briseuse d'enfance. Mais il y avait aussi autre chose qu'elle savait d'expérience répétée ; elle savait que souvent les êtres les plus monstrueux revêtaient les masques les plus adorables qui puissent exister, mais que l'inverse était presque une impossibilité mathématique ; les gentils ne s'amusaient pas à prendre les airs d'un psychopathe sanguinaire, et s'il y avait une chose que Coraline avait vu chez Niels ce jour-là à la garderie, c'était ce potentiel meurtrier qui sommeillait en lui, depuis le moment où il avait explosé de colère quand elle lui avait gelé les mains jusqu'au moment où il avait arraché son masque de son visage avec une férocité brute qui ne venait pas de nulle part -du moins, c'était ce qu'elle percevait de lui.

Alors revint-il encore une fois près d'elle après avoir approché la porte de la boutique ; la confusion régnait dans le cerveau de Coraline, cette manière qu'elle avait de ne pas se sentir aussi responsable qu'elle l'était mais aussi en se sentant si piégée dans sa propre boutique comme elle avait piégé Niels dans son territoire à lui. Comme quoi le karma existait bel et bien, frapper signifiait forcément se faire frapper ensuite au centuple, et Coraline avait l'impression de vivre un cauchemar bien plus intense que toutes les atrocités qu'elle avait traversé jusque là, alors que l'homme qui avait peut-être toutes les réponses dont elle avait besoin se tenait devant elle avec un air si bienveillant qu'elle aurait pu s'y laisser prendre s'il n'y avait pas eu leur combat de la garderie. Une interrogation la hantait malgré tout ; pourquoi se montrait-il si conciliant, si généreux après tout cela ? Il lui avait certes demandé quelque chose en échange de cette adresse avec une voix bien trop familière à son goût, avec cette manière de dire « ton comportement me pousse à sévir » comme il aurait pu dire « je ne suis pas en colère, juste déçu », quelque chose que Coraline avait bien plus de mal à gérer que la colère c'était bien la déception, mais ça paraissait si incroyablement minime en contrepartie, de juste lui redonner ce morceau de poupée et ces quelques outils pour une réparation en échange de ce qui pouvait bien reconstruire l'existence même de la jeune femme devant lui.

« C'est tout ? Vraiment ? » Elle le sondait de son regard clair avec cet air farouche qui la caractérisait, peu convaincue que c'était tout ce qu'il exigeait d'elle dans les circonstances. « Donc je manque de te tuer, je laisse ton lieu de travail dans le chaos le plus total, tu dois faire un séjour à l'hosto à cause de moi, et toi tu te débrouilles quand même pour trouver une piste pour retrouver mon chat, et m'offrir ladite piste en me demandant simplement un morceau de poupée et des outils en échange ? » Quelques secondes de silence passèrent, pendant lesquels Coraline laissa ses pensées flotter ; elle avait soudainement l'impression d'approcher de son but ultime, elle sentait presque le petit corps tout doux de son félin entre ses bras et contre sa poitrine, et faire confiance à Niels était la seule option qu'elle avait à cet instant pour que cette fantaisie devienne réalité. Alors, contre toute attente, le visage de Coraline s'éclaira intensément, un grand sourire apparaissant sur ses lèvres tandis qu'elle frappa quelques fois ses mains l'une contre l'autre, soudain toute excitée, comme si toute la tension qu'elle ressentait depuis le moment où il avait mis les pieds dans la boutique avait totalement disparue au profit d'une impatience grandissante pour cette visite qu'elle rendrait au Cheshire qui devait forcément savoir où était son chat. « Cool ! Marché conclu ! Par contre je ne te sers pas la main pour des raisons évidentes, dirons-nous... » Elle se mit à regarder tout autour d'elle sans plus prêter attention à la proximité physique du marionnettiste, bousculant même le guéridon en l'envoyant dans la hanche du géant sans y prêter attention pour bondir su le comptoir et le franchir comme une barrière dans un pré, avant de s'affairer derrière ledit comptoir pour attraper son sac rempli d'outils posé derrière, sans plus regarder Niels tant ses yeux brillaient de l'espoir de retrouver son adorable félin. « Il te faut quoi ? Bon une partie de mes outils et la poupée sont dans l'atelier mais j'irai chercher ça après… Là j'en ai quelques-uns, c'est des petits trucs que j'utilise pour bricoler quand j'ai des envies de bricoler. Mes parents m'appelaient McGyver ! Enfin, j'aime bien imaginer que c'est comme ça qu'ils m'auraient appelée si j'avais eu des parents normaux, dans ce monde-ci... » Elle leva les yeux vers lui, lui adressant un clin d'oeil espiègle. « J'ose imaginer que tu as fais tes devoirs avant de venir, mon petit Niels. » La porte de la boutique s'ouvrit soudainement à la volée, laissant apparaître la silhouette d'une femme d'un certain âge, probablement une cliente potentielle ; mais Coraline se tourna soudainement vers elle, lui assénant un regard qui aurait pu faire froid dans le dos, avant de lui dire d'une voix mélodieuse que la boutique était fermée pour le moment, pour des affaires urgentes à régler. La femme sembla confuse quelques secondes, avant de bredouiller des excuses et de disparaître, refermant la porte derrière elle en jetant un œil curieux à Niels et son aspect peu enviable, laissant un silence mortel retomber sur la boutique. Coraline ne se retourna pas tout de suite vers le marionnettiste, soudain immobile. « Tu sais... » Elle laissa sa phrase en suspens quelques secondes. « J'espère que tu ne te fiches pas de moi et que cette supposée adresse n'est pas bidon. » Elle se tourna vers lui avec cette manière dansante qu'elle avait de se mouvoir, un doigt posé sur sa joue. « Au fond je n'ai rien le droit d'exiger de toi. Je crois que c'est quelque chose qu'on a préétabli au moment où j'ai voulu détruire tes mains. » Ses yeux luisaient avec une sincérité espiègle d'une étrangeté remarquable, comme si ils avaient pris une allure féline alors que ce n'était probablement qu'une illusion d'optique tant ses yeux clairs étaient visuellement curieux. « Tu me demandes juste des outils en échange, et c'est tellement rien comparé à ce que tu me donnes toi après tout ça. Mais au-delà de la… banalité ? De ta demande, ce n'est pas juste une adresse que tu me donnes alors... » Elle laissa son fil de pensée flotter quelques secondes, avant de se raviser, sans que son petit sourire presque mignon ne quitte son visage. « Laisse donc ! Je ne sais pas où je voulais en venir. Mon fil de pensée est presque aussi cohérent que le rangement de mes papiers administratifs, si c'est dire... » Elle aurait pu faire remarquer le chaos de la boutique, mais c'était quelque chose de si encré en elle que ça n'avait rien de mal rangé en ce qui la concernait ; mais elle désespérait chaque fois qu'elle jetait un œil à la pile de dossiers sur le comptoir et le courrier non-ouvert dans un tiroir, sans oser imaginer tout ce qui était en retard. « Ah ! Les outils. Je reviens ! » D'un mouvement toujours aussi dansant, elle se dirigea au fond de la boutique, et juste avant de disparaître derrière la petite porte entrouverte de l'atelier, elle se tourna vers Niels, un petit air malicieux sur le visage. « Eh ! Avec tout ça, peut-être qu'on finira quand même par si bien s'entendre. Tu aimes les chats ? Le jour où je retrouve Mr Midnight, je te le présenterai. » Puis, disparaissant pour de bon, elle lança d'une voix suffisamment forte pour être entendue : « Et pas de triche ! Dis-moi depuis où tu es ce dont tu as besoin. Personne n'entre ou ne regarde dans l'atelier, c'est la règle ! »

Elle ne savait pas où elle allait, en quelque sorte ; au fond d'elle régnait encore cette confusion, cette incohérence profonde dont elle était victime, née de la logique implacable qu'au final, Niels était bel et bien la victime de cette histoire ; et ils ne cessaient de répéter qu'au fond, ils auraient pu si bien s'entendre. Mais désormais, Coraline faisait fermenter en elle un doute profond quant à la nature réelle de Niels ; le monde n'était pas fait de gentils et de méchants, elle en était la preuve vivante, mais c'était tellement plus facile d'envisager les choses à travers un prisme aussi binaire que celui-là. Mais le problème était qu'elle rentrait Niels dans la seconde catégorie, alors qu'objectivement tout indiquait qu'il faisait parti de la première, sans penser une seule seconde qu'il puisse être comme elle, quelque part au milieu, un méchant qui se faisait passer pour un gentil mais pour des raisons bien trop louables pour lui en vouloir...

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Niels Mørck

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MessageSujet: Re: Thank you for all the pain 'cause it made it be so much more fun | F. Coraline Dagenhart   Sam 3 Déc - 18:41




Ce n’était pas la peine pour lui d’en demander trop car Niels savait parfaitement que ceci ne ferait que braquer Coraline dans le mauvais sens, elle risquait de camper sur un possible refus et pire que tout ressortir son état de furie qu’elle avait pu avoir à la garderie sauf que très honnêtement il n’avait pas le force d’engager un nouveau combat, le tout était de savoir faire subtilement les choses mais plus que tout dans des proportions des plus raisonnables. S’il lui demandait de devenir son garde du corps par exemple ou encore même de lui fournir la fameuse adresse de ce Itward, n’ayant aucun moyen de savoir qu’il s’agissait en réalité d’une entité imaginaire reliée à la réparatrice, il était sûr d’aller droit dans le mur. Non. Il fallait procéder petit à petit par étapes, une marche avant l’autre sous peine de venir dégringoler tout l’escalier, d’abord il allait ainsi lui demander ce simple service que de récupérer des outils ainsi que le bout de la poupée qu’elle pouvait avoir en sa possession. Refusant sans doute dans un ego qu’il n’avait guère eu depuis si fort longtemps qu’elle puisse venir toucher sa petite merveille, ce n’était certes pas une poupée aussi extravagante ou extraordinaire que les fameuses Rozen Maiden mais le travail restait tout de même assez fin et précis, la confiance n’était clairement pas de mise de son côté à ce niveau-ci et restant peut être malgré lui dans cette petite paranoïa qu’elle puisse vouloir le copier ou même lui voler quelque chose qu’il trouvait si précieux. Il souriait un peu plus en voyant l’air étonné qu’elle avait l’air d’aborder lorsqu’il lui avait énoncé les conditions, c’était tant dérisoire quelque part et pourtant même le plus grand marionnettiste sans ses outils ne pouvait faire grand-chose dans un sens, ce n’était là que le premier fil qu’il allait placer et le pire dans cette histoire c’était qu’en réalité la jeune femme en donnant son accord serait celle qui l’autorisait dans un sens à le placer sans même s’en rendre vraiment compte de ce fait. C’était elle qui le laissait entrer et lui accordait un semblant de confiance qu’il pouvait lui tendre, elle était libre ou non de refuser après tout, mais Niels était plus que conscient qu’il avait justement appuyé sur la plus grande faiblesse de son homonyme et qu’après tout l’être humain finissait toujours par se jeter les bras grands ouverts vers le fruit de leur désir. C’est pourquoi il ne prit même pas la peine de lui répondre lorsqu’elle exposait l’amalgame de ce qu’elle avait pu lui faire subir, à peine deux rencontres et la liste était déjà grande comme un bras quelque part, venant peut-être juste la fixer un peu plus comme pour lui signifier que c’était une offre dont la décision était peut-être temporelle quelque part et qu’elle devait se décider d’une minute ou l’autre.

Pas un mot sortait de sa bouche et pourtant il mettrait sa main à couper qu’il pouvait voir Coraline venir s’agiter toute seule, comme quoi le pouvoir des mots était bien existant et il en avait la preuve sous le nez, il lui avait juste suffi de jouer sur le désespoir d’une situation assez bouchée et le tour était joué. Ainsi il n’était pas étonné que d’entendre ce petit bout de femme accepter sa proposition sans plus de considération pour les potentielles lignes écrites en tout petit en bas du contrat, en quelque sorte en tout cas s’il y avait eu une trace écrite, sachant peut-être quelque part malgré elle qu’il était peut-être l’un des uniques moyens qu’elle avait de retrouver ainsi son chat. Mais Niels ne pouvait même pas la blâmer dans un sens d’une telle attitude, ce n’était pas forcément de la stupidité pour lui mais bien un aveuglement de première catégorie, lui non plus ne serait clairement pas réticent à un marché de ce genre si on venait lui proposer de retrouver Alice ou même de faire un pas de plus vers elle le tout en échange de quelques bricoles dans ce genre. Peut-être qu’il irait les yeux fermés comme pouvait le faire Coraline en cet instant, même si sa nature à tout analyser et envisager la moindre situation sous des angles différents viendrait peut-être ralentir le processus dans un sens, dans le fond il n’y avait rien de plus prévisible d’une personne qui se voit proposer la chance d’obtenir ce qu’il souhaite le plus au monde. La faiblesse était propre à l’homme et encore plus lorsque son désir était mis à mal, lui en tant que marionnettiste tirait ainsi le plus habillement possible les ficelles pour justement les ajuster dans un sens ou l’autre, alors que quelque part la réparatrice ne faisait que jouer le rôle qu’il avait pu lui offrir dans sa tête et ainsi lui donner la réponse à laquelle il s’attendait tant. Mais dans le fond il ne la forçait en rien après tout et ne faisait que suggérer habilement, elle aurait pu être libre de refuser même s’il doutait fortement qu’elle ait pu faire une telle chose après avoir ainsi donné une proposition qui s’avérait bien trop alléchante, et c’était peut-être ce qui le rendait plus dangereux que ce qu’on pourrait croire à première vue et selon lui la raison pour laquelle il n’avait guère besoin d’une quelconque forme de violence pour avoir ce qu’il souhaite. Coraline avait dit oui mais la question était de savoir à quoi exactement, car il y avait plus que ce stupide enjeu de lui donner une adresse dont il n’avait que faire, nul doute que désormais la connexion était de nouveau établie qu’il ne la laisserait pas glisser aussi facilement et encore moins dans cette perdre de contrôle qu’il avait pu avoir à la garderie. Il eut un léger rire à son adresse, si faussement amusé par ce qu’elle venait de lui souligner, hochant la tête car il aurait été de toute manière hors de question de prendre un tel risque.

« Bien sûr, je comprends tout à fait et crois-moi je ne garde pas vraiment un très bon souvenir de ses mains, aussi baladeuses qu’elles ont pu être. »

Oh il n’avait pu s’empêcher de souligner le dernier point, ayant très bien vu à quel point elle avait pu prendre la mouche plus tôt et ne loupant ainsi pas le coche de lui faire une petite piqûre de rappel en quelque sorte, s’amusant très bien d’appuyer sur ce cas particulier du contact multiple que Coraline avait pu avoir à son égard mais plus que tout du plus tactile et surprenant. Niels reprit néanmoins son sérieux intérieur assez rapidement, encore plus en sentant le guéridon taper contre sa hanche et lui décrochant intérieurement une certaine crispation, car au-delà de la douleur physique qu’elle pouvait lui prodiguer il y avait surtout l’aspect de cette peau à toutes épreuves qui pouvait bien l’intéresser. Elle avait été capable de lui geler les mains, dans une parfaite horreur sans nom qu’il ne serait décrire, et elle avait pu aussi le transpercer à plusieurs reprises juste en le touchant. Il voulait connaître son secret et ainsi découvrir comment elle pouvait faire ceci, réussir à s’accaparer ce qu’elle possédait quitte à devoir lui arracher le cœur comme il avait prévu à un moment donné à la garderie, néanmoins avant de connaître le moindre résultat il allait éviter de rentrer en contact direct avec elle ou du moins avec sa peau. L’animateur de la garderie avait bien vu que rien ne s’était produit lorsqu’il avait pu lui agripper les vêtements et surtout qu’elle avait ainsi délibérément retiré les espèces de longues mitaines qu’elle pouvait avoir avant de l’attaquer, le fait qu’elle puisse s’attendre à un certain résultat lorsqu’elle avait pu poser les lèvres et sachant très bien que ceci n’avait rien d’une marque affective à son encontre mais il ne pouvait se retenir que de la tacler avec ça malgré tout, il fallait ainsi quelque chose de beaucoup plus direct avec la peau de la réparatrice. Une contrainte peut-être, en tout cas s’il voulait user de ce pouvoir si jamais il parvenait à savoir comment il pouvait bien fonctionner, mais c’était pourtant ceci qui lui avait peut-être sauvé la vie dans un sens lorsqu’il l’avait eu aussi près de lui et que rien ne s’était produit. Beaucoup de questions auxquelles il n’avait pas encore de réponses mais il comptait bien en avoir en devenant un peu plus proche de la jeune femme, du moins profiter de cette bonne entente même factice pour peur-être en découvrir plus malgré elle, alors qu’il examinait le moindre fait ou même parole pour les régurgitaient plus tard dans une analyse qui pourrait lui servir. S’appuyant toujours sur sa béquille il approchait du mieux qu’il pouvait du comptoir par lequel elle était passé par-dessus avec une dextérité certaine, essayant de se prendre le moins de meubles possible dans un exercice presque périlleux, alors qu’il sentait le besoin présent que de réparer et même modifier tout l’arsenal que pouvait avoir sa prothèse défectueuse après un tel combat à la garderie.

« De plusieurs petites choses, mais on va déjà commencer par voir si tu les as ici je suppose, comme par exemple une mirette assez fine pour pouvoir sculpter assez précisément donc il me faudrait le plus petit calibre que tu puisses avoir. »

Peut-être que malgré lui en cet instant son ton était plus naturel, encore aurait-il fallu faire attention pour le coup, car qu’il le veuille ou non Niels était un passionné par ce qu’il faisait et pouvoir ainsi discuter de cette manière avec une personne susceptible de comprendre certains termes peut-être trop techniques dans la fabrication de pantins était une denrée très drastique. Il pourrait rester des heures à parler ainsi, à faire le professeur même s’il avait une forme d’estime de Coraline ce qui était loin d’être le cas vu l’aspect charognard à laquelle il l’associait, avant de se reprendre assez vite alors qu’elle évoquait l’institution parentale. Il savait ce qu’elle avait fait par le passé fictif qui lui avait été attribué, il n’avait pas été si difficile que cela dans le fond que de retrouver la trace et de tomber sur le sang qu’elle pouvait avoir sur les mains, cependant malgré elle ce que la jeune femme venait de dire venait d’ouvrir une sorte de brèche supplémentaire sans qu’elle puisse en avoir forcément conscience. Elle venait de lui dévoiler une partie de son véritable passé qu’il ignorait, toujours le plus compliqué à trouver chez les individus de Storybrooke pour la plupart dont lui qui avait enfermé le plus possible de secrets à doubles tours, à savoir qu’elle avait eu certes des parents qu’ils n’étaient peut-être pas humains ou du moins entièrement normaux. Que c’était gentil à elle de lui offrir une merveilleuse friandise sans prévenir, en tout cas une piste avec de multiples réflexions possibles qui le mettaient déjà en joie dans un sens, donnant ainsi une nouvelle optique de vision à Niels malgré tout. Ainsi il y avait la possibilité que les pouvoirs de Coraline n’étaient pas le fruit d’un certain Itward, ou peut-être que ceci était le nom de l’un de ses parents en fait, mais bien héréditaire comme ceci pouvait être le cas pour certains individus. Un point d’interrogation supplémentaire, lui rappelant au passage qu’il ne trouverait peut-être aucune réponse à ce sujet-ci comme c’était le cas avec lui-même bien qu’une partie vînt de la pratique il y avait des aptitudes de bases déjà présentes, lui offrant l’envie de jouer un peu plus avec elle jusqu’à en avoir assez et le pousser dans un coffre à jouets après avoir pris tout ce qu’il pouvait vouloir d’elle. Néanmoins il ne serait dire si elle avait ajouté ceci dans le simple but de le taquiner ou de le prévenir, comme pour lui montrer de quoi elle était capable après tout et qu’il devait ouvrir les yeux à quoi il pouvait bien se frotter, prenant peut-être ceci comme une forme de défi qu’il acceptait sans rechigner alors qu’il gardait ce sourire indéfectible sur ce masque qui avait retrouvé sa place dans un naturel déconcertant alors qu’il prenait de sa main libre un outil dans le sac.

« Oh ne t’en fais pas Coraline. J’essaye toujours de m’assurer où je mets les pieds avant de venir quelque part, je suis un enfant sage qui fait toujours scrupuleusement ses devoirs comme tu le dis si bien, généralement ça m’évite de sacrées surprises comme ceci a pu être le cas te concernant à la garderie. »

Jamais plus il se laisserait avoir comme ceci et encore moins par elle, en montrant la dangerosité dont elle était capable Coraline avait montré son vrai visage et il était hors de question de venir ainsi l’effacer de sa mémoire, même si une partie de lui regrettait amèrement de s’être laissé emporter comme il l’avait fait de son côté. Niels n’avait pas su tenir son rôle, poussé par la colère et la peur qu’il était encore capable de ressentir à cet instant précis, et il était temps qu’il resserre ses propres ficelles pour ne plus se laisser submerger comme ceci. Pour l’heure il vérifiait surtout l’état dans laquelle se trouvait le petit ébauchoir qu’il avait pu prendre en main, juste par simple curiosité dans l’optique de se rendre compte comment la réparatrice pouvait prendre soin de ses affaires, avant d’être interrompu dans son expertise par la porte de la boutique qui venait de s’ouvrir sur une femme. Lui qui pensait que personne ne venait jamais s’aventurer ici, surprit quelque part de voir qu’un autre être humain pouvait vouloir braver ce bordel sans nom dans lequel il se trouvait alors cet endroit pourrait être si accueillant si seulement la jeune femme voulait bien remettre de l’ordre ici et si elle voulait avoir un endroit digne de ce nom, regardant alors presque amusé le petit manège qui s’opérait avec la propriétaire qui parlait d’affaires assez urgentes. Il ne fit que sourire le plus chaleureusement possible à cette personne qui le fixait avant de s’en aller, conscient quelque part que les bandages dont il était ainsi affublé ne venaient pas réellement l’aider et encore moins son allure imposante à cause du fait qu’il touchait presque le plafond, avant de glisser son regard sur Coraline qui avait presque l’air de le menacer indirectement dans sa manière de parler pour que tout ce manège autour de l’adresse ne soit pas une blague de sa part. Mais Niels n’avait pas besoin de mentir pour obtenir ce qu’il voulait, d’ailleurs il n’en voyait aucunement l’utilité et aucun mensonge ne sortait de sa bouche juste que le moindre mot était parfaitement calculé de manière à dire toujours la vérité, se crispant tout d’un coup sûrement plus que de raison en l’entendant parler du fait qu’elle avait juste voulu détruire ses mains. Le mépris qu’il pouvait ressentir pour elle ne se fit que plus violent, lui était capable de donner la vie alors qu’elle ne faisait que rafistoler les morceaux brisés d’une vie du mieux qu’elle le pouvait, il pouvait sentir dans le vide grandissant dans sa poitrine à quel point il pouvait la détester en cet instant de parler avec autant de légèreté d’une chose pourtant si vitale pour lui. C’était comme si tout d’un coup il ressentait le besoin d’abréger ce moment, remettant à sa place ce qu’il avait pu tenir dans ses mains comme pour peut-être éloigner justement sa main malgré lui, si elle trouvait cette phase amusante c’était loin d’être son cas alors que son expression ne changeait pas.

« Tu peux remettre en doute ma parole si tu le souhaites, c’est ton droit après tout, seuls les résultats peuvent compter dans ce monde. Et en effet, après ce que tu as pu me faire je n’étais pas vraiment pour te donner cette adresse, mais vois-tu parfois il est important de faire les choix qui peuvent être les plus appropriés même si ce ne sont pas toujours ceux qu’on a envie de produire. »

L’existence était une suite de choix après tout, des décisions qu’il fallait savoir prendre à un certain moment donné sur un carrefour des routes, tandis que Niels ne faisait pas celle qui serait vue comme la plus juste mais bien celle qui lui permettait le mieux de survivre et d’accéder un peu plus à son objectif à la longue. Aider Coraline n’était ainsi aucunement un caprice de sa part mais bien un choix qui avait pu être calculé, voyant qu’il aurait sans doute plus à y gagner à faire en quelque sorte la paix avec elle mais surtout de produire hypothétiquement une forme de reconnaissance à son adresse le jour même où elle retrouvait son chat noir, alors que la réparatrice avait peut-être l’air en partie de comprendre son action en agissant de la sorte. Elle avait raison. Ce n’était pas juste une petite adresse qu’il lui donnait mais beaucoup plus que ça, aussi bien pour elle que pour lui dans le fond car les deux étaient bénéficiaires de ce bout de papier mais à différentes échelles, restant dans cette attitude assez stoïque qu’il pouvait bien avoir et imperturbable pour éviter sans doute de se trahir. Une chance pour lui elle passait vite à autre chose, perdant encore le fruit de ses pensées qui avaient l’air assez instables du peu qu’il avait pu entrevoir à la garderie et qui ne faisait que rendre le cas un peu plus intéressant dans une sorte d’intrigue supplémentaire qui pouvait rendre la partie si amusante, alors qu’elle évoquait le fait qu’elle n’était nullement une personne organisée. Niels ne fit aucun commentaire à ce sujet, il ne préférait pas sous peine de lui faire une remarque qui pourrait très bien ne pas passer et ainsi avorter en quelque sorte les efforts qu’il était en train de brasser à cet instant, se contentant d’un petit rire qui était plus là pour une forme de courtoisie qu’autre chose. Pour un maniaque du contrôle comme lui, par extension ainsi du rangement et du fait que tout devait parfaitement se trouver à la place qui était ainsi la sienne, se retrouver dans cette boutique aussi bordélique était une petite torture qu’il devait supporter sous risque de venir froisser son hôte. Les meubles étaient rangés n’importe comment, il devait en être de même dans l’atelier et dans un sens il était presque heureux de ne pas avoir vu un tel massacre, rendant les déplacements d’une personne aussi grande que lui vraiment insupportable mais alors avec une béquille c’était dans un sens l’apothéose. La laissant s’éloigner il observait le moindre geste de Coraline, sa façon de bouger qui aurait pu lui donner des frissons tant il se souvenait avec quelle agilité elle était venue s’accrocher à son dos pour lui planter ses dents dans le cou tel un vampire en manque, lui ne doutant pas un seul instant qu’ils ne pourront jamais réellement bien s’entendre car malgré des points communs il subsistait des différences tout de même importantes et désormais un antécédent assez marquant.

« L’avenir n’est jamais quelque chose de réellement gravé, personne ne peut dire ce qui peut arriver après tout, mais si c’est ce que tu souhaites croire alors je ne vais pas te contredire chère Coraline. Je suis très curieux de voir ce que qui rend Mr Mignight si particulier, en dehors du fait qu’il parle bien entendu, je n’ai rien contre les chats même si j’ai une préférence certaine pour les lapins blancs... »

Où était donc ce maudit Magicien Laplace en ce moment ? Celui-ci avait pour habitude de revêtir une apparence de lapin blanc aux yeux rouges, portant même un veston et un haut-de-forme assez chic, mais plus que tout il était censé être l’arbitre pour le jeu d’Alice. Encore une sorte de parallèle qu’il pouvait faire avec le fameux conte, celui de tous où cette petite fille tombait dans le terrier du lapin à cause de sa trop grande curiosité, se reposant une fois encore un peu plus sur sa béquille tant il était las de tout ceci. Ce n’était pas à lui de venir s’occuper et gérer le jeu mais bien ce maudit être magique, devant ainsi faire des pieds et des mains auprès de quelques poupées qu’il avait pu retrouver alors qu’il en avait guère l’envie et si ça ne tenait que de lui il viendrait leur arracher une par une leur fameuse Rosa Mystica qui était la représentation de leurs âmes pour en faire quelque chose d’utile, le maudissant encore et toujours d’avoir ainsi disparu de la circulation. Niels reprit cependant consistance bien vide en entendant parler Coraline, la voyant ainsi disparaître derrière cette fameuse porte qui pouvait lui donner tant envie que de regarder derrière malgré le bazar qui pourrait y régner, reprenant ainsi bien vite le fil de ses pensées car ce n’était guère le moment de venir ainsi divaguer. Il ne prendrait pas le risque de venir regarder à travers, même de se pencher suffisamment pour ce faire, il était de nature trop prudente et contrôler pour oser ne serait-ce essayer de jeter un simple coup d’œil alors qu’il lui tardait de pouvoir obtenir ce qu’il souhaite en cet instant. Pourtant la tentation était grande malgré tout, il n’avait qu’à se déplacer assez sur le côté du comptoir pour observer sans réellement regarder, mais tant qu’il était encore dans cette période de « test » en quelque sorte envers la réparatrice il était hors de question qu’il vienne contredire ce qu’elle lui demandait pour l’instant. Un enfant sage comme il avait pu lui dire, se méfiant surtout de tout et tout le monde comme cette histoire de chat qu’elle avait pu lui pondre la première fois qu’elle l’avait abordé, après un tel numéro à la garderie il avait besoin de redorer cette image et tant pis s’il avait cette envie plus que dévorante de succomber à une sorte d’interdit pourtant. Fouillant un peu sur le sac qui pouvait être présent sur le comptoir, histoire de voir s’il ne pouvait pas déjà faire un tri ici pour trouver ce qu’il voulait, repassant en revue la liste qu’il avait pu faire dans son esprit avant de venir et dont il avait besoin en plus du corps de la poupée cassée qu’elle avait récupéré par mégarde.

« Comme je te l’ai dit une petite mirette du plus fin calibre que tu puisses avoir dans un premier temps et de préférence aussi avec l’embout le plus coupant sinon ça ne servirait à rien, une pince à glacis, un esteque avant tout et de taille assez moyen mais ce dernier point est assez optionnel, un petit racloir en bord dentelé, et aussi du kaolin s’il t’en reste bien sûr. »

Trop technique sans le vouloir, ayant ainsi toujours ses vieux réflexes même s’il avait par instants  du mal à donner une direction précise dans son travail dernièrement et dans cette frustration créative, sans se préoccuper sur l’instant si oui ou non Coraline pouvait bien comprendre de quoi il était en train de parler. Trop occupé à juger de l’instrument qu’il avait en main et qui aurait pu servir pour les crochetages, même si la boucle était avant tout là pour gratter dans un angle bien particulier et ne pas être gêné par le reste de la création, alors qu’une certaine forme de silence venait à se faire avant d’entendre de l’agitation dans la pièce à côté. Lorsqu’il vit revenir la jeune femme il avait toujours ce sourire impeccable, rajoutant ainsi sur le comptoir ce qu’il avait pu trouver comme pour lui signaler qu’il allait prendre ceci aussi, avait de froncer quelque peu les sourcils et penchant la tête légèrement la tête sur le côté. Elle ne lui avait pas du tout ramené ce qu’il avait pu lui demander, voyant bien dans son attitude qu’elle était loin d’être assuré, venant alors associer tout d’un coup Coraline à une sorte de novice qui n’avait aucune idée de ce qu’elle était en train de faire. Comment pouvait-elle se prétendre réparatrice si elle ne savait même pas avec quoi elle travaillait ? Le marionnettiste trouvait ceci tellement aberrant, tellement loin de sa compréhension et de sa manière de travailler forcément, regardant fixement ce qu’elle avait pu lui apporter notamment la pince qui devait servir en temps normal sur un barbecue en se demandant toujours et encore intérieurement si elle était bien sérieuse. Venant frotter sa lèvre de ses doigts, fixant le tout sans savoir s’il devait rire ou pleurer – enfin façon de parler, il ne fit qu’aucun doute que s’il avait pu il aurait produit un certain facepalm. Pas qu’il en était incapable, parfois ça le démangeait même plutôt pas mal, mais plutôt qu’il n’était nullement sûr que son geste puisse bien être pris. Il prit alors le petit racloir en bord dentelé, au moins elle avait bon sur un point c’était peut-être mieux que rien et son cas n’était peut-être mieux que le reste, continuant avec ce sourire même s’il prenait peut-être des airs de parent qui voulait faire comprendre à son enfant qu’il avait mal fait même si ce n’était pas très grave dans le fond. Un peu comme si elle avait confondu les couleurs sur un dessin, ou encore inversant les consignes qu’on avait pu lui donner, il avait largement la patience pour ceci alors qu’il agitait bien le fameux ustensile avant de le mettre avec celui qu’il avait pu trouver.

« Au moins tu as su trouver le racloir, sûrement le moins compliqué, mais pour le reste… ce n’est pas ce que je t’ai demandé. Je reprends : une mirette, une pince à glacis, un esteque, et du kaolin. Est-ce que ça va aller ou tu veux que je vienne voir moi-même ? »

Il y avait beau se montrer assez paternaliste dans sa façon de faire, articulant bien ce qu’il lui demandait, ça ne se faisait pas sans une certaine petite moquerie même si celle-ci était plus bon enfant. Niels regardait alors Coraline reprendre son bazar pour retourner dans l’atelier, se demandant si elle allait vraiment lui rapporter ce qu’il demandait mais surtout si elle avait une idée de ce qu’il pouvait bien raconter, alors que bien entendu elle avait décrété que non elle n’avait pas besoin de son aide et plus que tout qu’il n’avait pas à venir dans l’arrière. Reculant un peu de son côté il s’assit sur un meuble qui se trouvait non loin de là, soufflant un peu de soulagement de ne plus à se tenir debout à cause des blessures qu’il pouvait avoir et surtout ne voulant prendre trop le risque de venir endommager un peu plus sa prothèse dans un sale état, pensant que ce petit numéro comique allait prendre du temps. Il avait l’impression d’entendre la jeune femme rouspéter de l’autre côté de la porte, ce qu’il le faisait rire doucement, revenir à plusieurs reprises avec des instruments qui n’étaient pas les bons alors qu’elle s’entêtait de plus en plus à refuser son aide comme si par fierté elle voulait peut-être lui prouver qu’elle pouvait y arriver. C’est du moins ce dont il avait l’impression, ce n’était peut-être pas ce qui se déroulait après tout, juste le constat auquel il pouvait arriver. Cependant le marionnettiste avait beau être le plus patient du monde, adorer les petits jeux de toute nature soit-ils, au bout d’un certain temps tout ceci venait à l’ennuyer profondément face à cette perte de temps sans nom. Il essayait de décrire les instruments au bout d’un moment, essayer de lui faire comprendre ce que c’était tandis que Coraline avait l’air de mettre de plus en plus de minutes à fouiller et lui donnant juste envie de lui annoncer d’enfin faire du rangement là-dedans, jusqu’à finalement lui demander de tout apporter pour que ce soit plus simple vu qu’elle ne voulait pas qu’il puisse venir dans son atelier. Se relevant de son perchoir provisoire alors qu’il la voyait revenir avec tout un tas de bordel sans nom dans les bras, le faisant encore plus désespérer et donner de l’urticaire à lui qui était presque un fanatique du rangement, à force de recherche il put mettre la main sur ce qu’il demandait depuis le début même si certains outils semblaient déjà avoir bien servi. À défaut d’avoir quelque chose de beaucoup plus correcte il s’en contenterait, il faudrait juste qu’il vienne s’habituer avant de vraiment opérer sur son œuvre histoire d’être sûr de ne pas faire de bavure, mettant ce qu’il devait récupérer en éventail dans sa main libre comme pour lui donner une leçon qui à son sens ne devait pas être du luxe ou alors une sacrée piqûre de rappel pour le coup.

« La mirette. Elle te sert à sculpter certains détails, les plus fins et les plus précis, tout en pouvant retirer le surplus de ton argile par exemple. La pince à glacis, tu peux comme ça plonger des objets dans certains liquide sans le moindre mal, même si je conçois que tu ne dois pas t’en servir souvent vu ta peau je suppose. Un esteque c’est ce qui te permet de finir les ébauches, donner de l’uniformité à son travail, il faut toujours le prendre en bois ça te donnera un meilleur résultat. Quant au kaolin c’est l’un des composants essentiels de la porcelaine dure, assez blanche et friable, mais si tu n’en as pas je vais me débrouiller pour en trouver ne t’en fait pas. »

Prenant ainsi le temps de lui expliquer avec cette patience qui lui était propre, reposant le tout sur le côté pour la laisser débarrasser si elle ou non le comptoir et pour éviter de venir mélanger ce qu’il allait emporter, quelque part pouvoir ainsi retourner aux sources de cette façon lui faisait du bien même s’il ne viendrait pas l’avouer devant Coraline. Il aurait voulu enseigner tout ceci à une certaine personne, comme son père avait pu le faire avec lui, mais il n’avait pu aller jusqu’au bout et rien que cette pensée lui faisait mal. Pourtant rien ne le trahissait en extérieur, il restait le même comme figé à l’image des poupées qui l’étaient dans la porcelaine et selon la volonté de son créateur, alors qu’il lui décrivait qu’elle partie du pantin sans vie il voulait récupérer pour la suite. Ça ne serait pas trop dur à trouver, sachant parfaitement quel jouet était présent dans la garderie et sachant quelle particularité pouvait avoir sa création, attendant donc dans la partie boutique qu’on vienne lui rendre son bien alors qu’il laissait échapper un soupir une fois seul. Il était dans une phase où son passé lui revenait en pleine figure et sans prévenir, une façon de se faire surprendre d’une certaine manière et il détestait lorsqu’il se trouvait en présence des autres, comme si cette boutique ou plutôt l’activité que faisait Coraline avait une emprise sur sa mémoire malgré lui. Comme la première fois qu’il était venu et qu’ils avaient discuté, retrouvant un peu de choses qu’il ne prenait pas le temps de penser, et même si le ton pouvait être alors léger dans un sens il en faisait pas confiance tout comme aujourd’hui. Le calme juste en apparence n’était jamais synonyme de quiétude réelle, tout n’était qu’une question de façade et il était le mieux placé pour en parler après tout avec ce sourire bienveillant lui qui était si vide de l’intérieur, alors qu’il reflétait ainsi être cet être plein de bonne volonté à l’instant même où il voyait la silhouette de Coraline revenir comme si de rien n’était. Il n’y avait rien de plus plaisant que de retrouver son bien, touchant le morceau de poupée et voyant déjà comment il allait devoir œuvrer pour la remettre su pied, heureux de voir que la réparatrice ne s’était pas encore attaqué à cette pauvre petite demoiselle si fragile. Venant prendre le fameux papier dans sa poche, pouvant sentir une certaine impatience se faire de la part de la jeune femme, il lui tendit pour qu’elle puisse le prendre.

« Un marché est un marché. Il faut que tu ailles à cette adresse, uniquement le soir en revanche sinon tu trouveras porte close, va à l’accueil pour demander Hippolyte Tabbies. C’est lui le fameux chat du Cheshire, on m’a dit qu’il avait quelques capacités assez intéressantes au passage, tu devrais très vite le reconnaître ne t’en fait pas. Ah, avant que j’oublie, une tenue de soirée est de rigueur. »

Plus malicieux qu’à son habitude, sachant très bien de quel genre d’endroit pouvait être le club de ce chat dissident, Niels n’allait pas gâcher la surprise à Coraline tout de même de l’extravagance poussée de cet endroit sentant l’ébullition d’hormones à plein nez.







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F. Coraline Dagenhart

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Coraline, la fillette 3 en 1
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MessageSujet: Re: Thank you for all the pain 'cause it made it be so much more fun | F. Coraline Dagenhart   Ven 10 Fév - 15:00



Thank you for all the pain 'cause it made it be so much more fun

J'ai lu entre les lignes tout en croyant les mensonges pendant bien trop longtemps et je ne sais toujours pas comment j'ai fais et maintenant la guerre est déclarée les lignes de combats se dessinent et je ne vois plus droit avec tout ce sang dans mes yeux



Coraline avait senti comme un vent d’excitation monter en elle quand Niels avait confirmé « avoir fait ses devoirs » ; c'était d'autant plus plaisant que cet homme se montrait bien plus prévisible qu'il ne voulait probablement le laisser penser. Ainsi confirmait-il dans l'inconscient de l'une comme de l'autre qu'il n'était pas aussi impulsif qu'il ne l'avait été à la garderie ; qu'il n'était pas là que dans des intentions angéliques de vouloir simplement lui fournir une adresse qui pourrait la rapprocher de l'objet de son désir. Enfin, pouvait-elle vraiment lui en vouloir de s'être assuré qu'il n'avait pas affaire à une psychopathe sortie de l'asile avant de venir ? Peut-être, mais c'était d'autant plus étonnant qu'il ait alors mis les pieds dans sa boutique après avoir découvert ce dont Coraline était capable, faux souvenirs ou non, surtout dans l'optique de lui faciliter la vie. Ainsi n'était elle pas la seule qui faisait preuve d'une grande contradiction entre geste et paroles, paroles et paroles et gestes et gestes. L'homme qui prétendait ne pas mentir possédait une douceur sans égal dans le ton de sa voix ; mais s'il ne mentait jamais, ces jolies choses qu'il avait pu clamer à son encontre durant leur petit « débordement » au paradis des enfants ne prenaient qu'une saveur plus épicée dans la bouche de la jeune femme.

« ça te ressemble bien, pour le peu que je te connais, Monsieur Colgate. »

Oh, en vrai, elle ne savait rien de lui ; contrairement à son homologue elle ne passait pas son temps à retenir et analyser tout ce qu'elle pouvait capter avec ses cinq sens. Elle était même plutôt moyenne dans ce domaine, voire même totalement inconsciente, répondant avant tout à ses impulsions profondes ; elle ne s'amusait pas à faire la psychanalyse profonde de la moindre personne qu'elle croisait, dans l'idéal futur de s'en servir contre ladite personne, et/ou pour ses propres intérêts. Mais ce qu'elle était, cependant, hérité de son passé si tragique, c'était une chasseresse ; elle avait les airs mignons et inoffensifs parfaits pour faire baisser la garde à quiconque n'avait pas encore pu constater la Marionnette en elle, d'étonnantes capacités pour traquer ce qu'elle avait dans sa ligne de mire -sauf, très ironiquement, son chat, mais vu qu'il n'était pas une proie à proprement parler c'était parfaitement excusable.

C'est avec une expression énigmatique que Coraline reprit le fil de ses pensées, après ce petit incident avec l'inconnue à la porte de la boutique, puis cette perte de fil qu'elle avait eu en prenant soudainement conscience que c'était presque trop facile, que Niels venait lui offrir cette adresse sur un plateau d'argent alors qu'elle avait manqué de le tuer, réalisant qu'il n'y avait comme pour tout -car tout était soit noir soit blanc d'une certaine manière- que deux raisons à cet élan de sympathie de la part du marionnettiste : soit il était réellement d'une bonté absolue et ce débordement à la garderie était comme pour elle le fruit d'autre chose gravé en lui comme la Marionnette était gravée en elle, soit il avait bien autre chose derrière la tête et derrière son sourire, il cherchait à se servir d'elle en l'attirant d'abord grâce à des leurres stratégiquement élaborés à travers tout ce qu'elle avait déjà révélé sur elle-même avec une nonchalance imprudente. Ainsi était-elle revenue à elle plus vite que ses pensées ne circulaient, reprenant cet air mignon et cette démarche dansante qui la caractérisait, démarche qui curieusement pouvait rappeler le mouvement d'un brasier, étrangement fascinant mais dont on pouvait déceler la dangerosité si on s'approchait de trop près et que l'on parvenait à effacer cette fascination qu'elle pouvait évoquer chez les autres.

Ainsi se retrouva-t-elle dans son atelier, à peine attentive à la tirade de Niels bien qu'il lui sembla entendre quelque chose à propos d'un lapin blanc ; tiens, il aimait les lapins blancs ? Ça n'était pas un truc d'Alice au Pays des Merveilles ? Décidément, ce type avait plus de liens avec ce monde d'absurdités qu'il ne voulait bien le dire, Coraline en était persuadée ; et dans son cerveau lancé à cent à l'heure, elle s'imagina un instant avec une paranoïa presque inconsciente que peut-être cet homme était réellement le Cheshire, et que cette adresse sur son bout de papier menait à son chez-lui à lui, et que donc tout comme la petite porte et son tunnel tout ceci était un piège affreux et élaboré pour la piéger, peut-être pour tenter de lui voler ses pouvoirs, ou son âme, ou sa liberté, ou tout simplement sa vie dans une espèce de rage vengeresque après le coup de la garderie… mais cette pensée s'échappa aussi vite que les précédentes quand elle atteint sa table de travail, s'arrêtant devant en poussant un léger soupir en voyant le tas de bazar qu'il pouvait bien y avoir ; mais elle saisit l'un des objets et à nouveau ses pensées divaguèrent lorsqu'elle tourna les yeux vers un certain coin de la pièce d'où l'observait une petite poupée qui lui ressemblait comme deux gouttes d'eau. Sans s'en rendre compte, elle s'immobilisa devant son plan de travail tout en se rongeant un ongle de pouce, examinant tour à tour la poupée et ses outils, se disant que c'était quand même curieux que la malédiction lui ait donné ce goût prononcé pour la réparation de ses petites êtres qui lui ressemblaient bien plus qu'elle n'aurait voulu ; mais quelque part c'était presque normal, elle qui voyait les poupées comme des petits êtres certes inanimés mais bien conscients et dotés de personnalités, le fait que le destin ait choisi pour elle de les réparer du mieux qu'elle pouvait dessinait un parrallèle direct avec ce qu'était la Marionnette, la Marionnette qui rafistolait comme elle pouvait les enfants victimes de l'Autre Mère et leur facilitait la vie du mieux qu'elle pouvait sans pour autant être en mesure de leur redonner leur vie d'avant. Ils ne pourraient jamais rentrer à la maison, mais au moins, ils ne serraient plus jamais seule.

Secouant la tête, elle lança à l'attention de Niels pour se sortir de sa torpeur : « Tu voulais quoi déjà ? Comme outils je veux dire ! » Et ainsi Niels lui répondit avec cette voix douce qui le caractérisait, mais à vrai dire Coraline sentit une irritation profonde monter en elle à mesure qu'il prononçait les mots qu'il prononçait tant elle avait l'impression d'entendre une langue étrangère. Légèrement agacée, mais aussi, curieusement intimidée -car au fond à cet instant les rôles avaient changés, ce n'était plus la victime qui rendait visite à son agresseur mais l'apprentie qui se sentait soudain testée par un maître dans la matière qu'elle cherchait à perfectionner-, elle se gratta vivement la tête en regardant son plan de travail, priant pour que par miracle tous les mots bizarres que le marionnettiste avait prononcé à son attention apparaissent sur les bons outils pour qu'elle puisse tout lui ramener du premier coup et qu'elle puisse ainsi d'une certaine manière, au moins un peu l'impressionner -autrement qu'en manquant de le tuer, fort heureusement. « Une mirouette… Attends il a dit quoi ? Une pince ? Genre à cheveux ? Il en a pas assez pour une pince… et quoi, un Aztèque ? Pourquoi on parle de civilisations pré-colombiennes tout d'un coup ? Ce type est chelou mais là il abuse... »

Elle marmonnait pour elle-même, fouillant dans le tas sur son plan de travail -même si la majorité des objets sur ledit plan de travail n'était visiblement pas des outils ni même des éléments permettant la réparation des poupées, mais c'était une autre histoire-, soudain persuadée qu'il avait fait exprès de lui dire n'importe quoi juste pour la voir galérer ; alors elle attrapa à peu près tout ce qui lui passa sous la main, indifféremment que ça puisse correspondre aux directives du marionnettiste, partagée entre la satisfaction de ne pas remplir ses demandes juste pour le voir soupirer mais aussi étrangement peu assurée à l'idée de mal faire, elle qui prenait tant à coeur son métier de réparatrice, celle qui soignait les blessures, elle ne pouvait s'empêcher de mettre Niels sur un piédestal dès qu'elle se souvenait qu'il était aussi un professionnel bien plus avancé qu'elle dans le milieu qu'elle exerçait, et que pour une raison qui l'agaçait au plus haut point elle appréhendait tout en ressentant comme une excitation d'enfant pressé d'apprendre quelque chose de nouveau à l'idée de revenir vers lui avec ce qu'elle avait déniché. Et l'effet ne manqua pas de se faire sentir alors qu'elle parvint de son côté, les bras pleins d'objets en tous genres, à voir l'air très peu convaincu et quelque peu décontenancé qu'il pouvait revêtir à cet instant, tout en ne perdant pas un seul instant ce fichu sourire qui ne le quittait jamais. Ainsi il lui fit remarquer qu'au moins elle avait trouvé le racloir, avec ce ton de parent un peu las de toujours devoir tout expliqué mais qui essayait quand même de voir le positif, en un mot, avec ce ton condescendant qui me manqua pas de lui faire prendre la mouche à nouveau.

« Eh, je suis pas stupide ! C'est pas le mieux insonorisé ici mais j'entendais pas très bien ce que tu disais depuis l'autre côté alors. Et non merci, reste là, hors de question que tu mettes les pieds là-derrière... » Elle repartit dans l'autre sens, tout en sachant pertinemment qu'elle n'avait toujours pas compris ce dont Niels avait besoin, soudain enflammée par quelque chose de nouveau, l'envie de bien faire dominant le malaise initial d'avoir mal fait ; son envie d'apprendre et sa curiosité avaient toujours tendance à prendre le dessus dans diverses circonstances, et même si elle avait d'abord cru à une tentative de la part de Niels de la ridiculiser, la manière dont il parlait de ces outils et sa façon de la remettre à l'ordre semblait confirmer quelque part qu'il parlait vraiment comme le marionnettiste qu'il était et non pas comme un plaisantin qui faisait une bonne blague, venant nourrir l'envie de Coraline de revenir avec les bons outils pour à la fois le faire taire et le satisfaire -paradoxes étranges qu'était cette jeune femme. « Mirette, pince à glacis, esteque, kaolin... »

Ainsi commença-t-elle un ballet étrange où elle ne cessait d'aller et revenir avec des outils différents à chaque fois, et même de temps à autres avec des objets improbables qui n'avaient rien à voir mais qu'elle avait pris en se disant que peut-être elle était juste folle et que lui était effectivement en train de se moquer d'elle, se frustrant de plus en plus tout en refusant catégoriquement qu'il ne lui vienne en aide de quelque manière que ce soit -elle ne fit que noter qu'il s'était assis sur l'un de ses meubles, et s'il n'avait pas été en mauvais état -Niels, pas le meuble, le meuble était en parfait état- elle l'aurait probablement rabroué sèchement de s'asseoir sur une pièce de collection vintage de cette qualité, mais vu qu'elle était en train de galérer au plus haut point pour réunir les outils qu'il lui demandait et qu'il était déjà passablement blessé, elle n'avait fait que lever les yeux au ciel, se disant qu'elle lui ferait remarquer plus tard quand elle aurait enfin réuni ces fichus outils. Et ce moment miraculeux finit par arriver, non pas parce que Coraline avait compris ce que Niels voulait à travers les descriptions de celui-ci et les nombreuses minutes passées à fouiller dans son bazar, mais parce qu'il avait finalement suggéré de tout apporter d'un coup, ce qui eut pour effet de provoquer un soupir de soulagement de la part de la demoiselle, pestant en se demandant pourquoi elle n'avait pas eu cette idée plus tôt, avant de réunir tout ce qu'elle pouvait trouver sur son passage entre ses bras, outil ou pas outil -et notamment un soutien-gorge de bonne fabrique qui fit le voyage avec elle et qu'elle s'empressa de jeter derrière un meuble lorsqu'elle se rendit compte qu'il était là, non pas gênée ou embarrassée par l'aspect bordélique des lieux puisqu'elle ne voyait pas les choses comme ça, mais surtout parce qu'elle sentait que si elle le laissait dans le tas avec le reste Monsieur Colgate s'empresserait d'en profiter pour lui faire une remarque à ce sujet, ce dont elle n'avait pas la moindre envie vu avec quelle dextérité il parvenait à trouver les mots qui la faisait réagir comme un pantin victime de ses ficelles. Sans attendre une seconde, Niels se mit à minutieusement trier ce que la jeune femme venait de poser sur le comptoir dans un grand fracas pour y trouver ce dont il avait besoin, venant  à chaque fois lui expliquer ce qu'était l'objet, et Coraline prit alors cet air fasciné qu'elle pouvait avoir comme un chat qui dilatait ses pupilles en repérant sa proie, attentive au moindre mot prononcé et en hochant la tête à chaque fois, satisfaite d'en apprendre chaque fois un peu plus, bien qu'elle ponctua ses explications avec ses propres remarques, réalisant qu'elle savait ce qu'étaient ses objets et leurs utilités, mais n'avait jamais vraiment su le terme technique qui les désignait.

« Bah si j'avais su aussi… ça j'appelle ça une raclette. » Elle désigna la mirette qu'il tenait, toute fière de constater qu'elle connaissait ces objets sur le bout des doigts. « Parce que ça sert à… racler. » Évidence, tout simplement ; pourquoi les gens s'amusaient à mettre des mots compliqués sur des choses simples était quelque chose qui lui échappait profondément. « Ah ! C'est à ça que ça sert cette pince ? Bah ouais comme tu dis disons que je n'en ai pas vraiment besoin… je croyais que c'était un de ces trucs de de médecin, ou je ne sais quoi. J'avais oublié que mon mentor utilisait ça pour mettre dans des liquides maintenant que tu le dis… » ça remontait à déjà si loin d'une certaine manière, et puis elle qui fonctionnait au feeling, elle avait tendance à effacer les choses techniques de sa mémoire assez rapidement. Cependant, elle attrapa l'esteque avec un enthousiasme peu commun, venant l'élever pour mettre le trou juste devant son œil, regardant Niels au travers. « ça c'est le caillou troué. Enfin je sais que ce n'est pas un caillou mais j'ai toujours trouvé ça marrant puisque j'avais un truc un peu pareil dans le monde des contes. Estèque c'est moche comme dénomination franchement… Caillou troué ça fait plus classe ! Et je suis sûre qu'en regardant dans le trou on peut trouver des trésors cachés. » Elle s'emportait dans son délire, faisant référence sans que Niels puisse le savoir au caillou triangulaire de couleur verte et serti d'une ouverture en son centre que les voisines du dessous lui avait confié, dans le monde des contes ; elle n'avait jamais pu en tester l'utilité puisqu'elle s'était enfuie avant d'avoir pu le faire, mais elle l'avait conservé durant tout ce temps avec elle comme un trésor précieux. Cela dit, elle lui rendit l'outil bien vite, levant les yeux vers le plafond comme pour réfléchir lorsqu'il parla de kaolin. « Ah, la farine pas comestible… Non je crois que je n'en ai plus, ou alors je ne sais plus où j'ai mis le paquet. Un des deux ! »

C'était même possible qu'elle le mettait avec l'unique paquet de farine qu'elle possédait et n'utilisait jamais, en train de croupir au fond d'un meuble de l'atelier, mais ça n'était pas la question. Pour l'heure, la méfiance de Coraline à l'égard de Niels, avec tout cela, s'était presque totalement estompée, trop heureuse d'avoir appris quelque chose au passage et d'avoir pu accomplir la requête du marionnettiste après autant d'aller retour -mais ça n'était pas la question. Il termina d'ailleurs sur la fameuse poupée cassée par la jeune femme à la garderie, arrachant une grimace à cette dernière en repensant à tous les soldats tombés au combat par sa faute, avant de revenir encore sur ses pas et retourner dans l'atelier, fouillant cette fois avec une infinie précaution parmi les cadavres de pantins inanimés réunis dans un grand cageot du côté de son plan de travail, cette fois certaine de ramener le morceau de la poupée à laquelle Niels faisait référence. Elle revint ainsi avec un enthousiasme sans pareille, excitée comme une puce à l'idée d'enfin avoir entre ses mains ce fameux indice qui allait la mettre sur la piste de son cher Mr Midnight, et lorsqu'il sortit le morceau de papier de sa poche elle ne put s'empêcher de taper dans ses mains comme impatiente de dévorer un plat préparé avec soin, et elle attrapa son bien à une vitesse insoupçonnée, l'arrachant presque des doigts du marionnettiste tout en prenant bien soin de ne pas entrer en contact avec sa peau -quelque chose de très inconscient mais de très automatique, surtout après ce qu'ils avaient « partagés » par le passé. Elle ouvrit fébrilement le morceau de papier plié en deux et y lu l'adresse à toute vitesse, voyant la mention « Moonlight Cat », se demandant ce que ça pouvait bien désigner bien qu'elle se mit à imaginer peut-être un observatoire pour regarder la lune et les étoiles, ou alors un centre de recueil pour chats, ce qui la rendait encore plus surexcitée à l'idée que peut-être dans ce centre puisse se trouver Mr Midnight peut-être, un petit chat noir perdu sans sa propriétaire et dont il retrouverait les bras plus vite que son ombre -sans se douter un seul instant qu'il s'agissait en réalité d'une boîte de nuit dans le genre osé, le genre de contexte où la proximité physique était de mise et où quelqu'un avec les capacités de Coraline ne devait surtout pas mettre les pieds, sachant qu'elle se laisserait probablement emportée par l'échauffement d'hormones du milieu et prendrait ainsi le risque de provoquer une sorte de massacre accidentel du fait des capacités destructrices d'Itward quand il s'agissait de contact peau contre peau… Elle se retint de sauter au cou de Niels cela dit, sachant que le geste avait le potentiel de le mettre dans un état encore pire qu'à l'heure actuelle, bien que l'impulsion était visible dans la manière où elle s'avança vers lui ; et elle se contenta de sautiller légèrement sur place en tenant le morceau de papier entre ses doigts, trop heureuse d'avoir eu ce qu'elle voulait, ayant visiblement raté plusieurs informations capitales -comme le fait que le Moonlight Cat ne semblait ouvrir que le soir, et qu'une tenue de soirée était la norme pour y aller, deux choses qui auraient dû lui mettre la puce à l'oreille sur la nature de cet endroit…

« C'est un plaisir de faire des affaires avec toi ! Et pour les outils, tu me les rends quand tu n'en auras plus besoin, on va pas chipoter dans les circonstances... »

C'était ainsi qu'aurait pu s'achever cette visite de « courtoisie », puisque Niels était venu livrer son cadeau et repartait avec ce qu'il voulait, et Coraline n'avait pas spécialement envie de le voir traîner là plus longtemps ; mais un silence vint envahir la pièce alors qu'aucun des deux ne semblait vouloir bouger de là où il était, un peu comme si le premier qui bougeait s'annonçait perdant -bien que ce n'était probablement que l'imagination de Coraline, qui se retrouva à fixer les yeux bleus de Niels, d'abord incertaine sur la raison de son absence d'impulsion en direction de la porte, puis sans trop savoir pourquoi se retrouvant à faire un mouvement de recul, réalisant qu'elle était à nouveau très proche de lui physiquement et que ça ne lui plaisait guère, comme s'il s'était arrosé ce matin là d'un répulsif à l'odeur sucrée ; elle ne savait toujours pas en fin de compte s'il était là pour être sincèrement gentil ou s'il cachait autre chose, et la facilité avec laquelle elle avait obtenu cette adresse, en sacrifiant quelques outils au passage la rendait fort heureuse et en même temps la laissait avec un goût légèrement amer dans la bouche, comme si quelque chose… clochait, mais qu'elle ne savait pas trop ce que c'était.

« Bon bah… Tu vas y aller maintenant non ? Tu as eu ce que tu voulais, j'ai eu ce que je voulais, tout le monde est heureux… enfin sauf ta facture d'hôpital. Ils font des rabais tu crois ? » Elle ne put enchaîner lorsqu'une musique caractéristique se mit à envahir la pièce, en même temps étouffée par quelque chose, une chanson qui faisait :

Rah rah ah-ah-ah!
Ro mah ro-mah-mah
Gaga oh-la-la!
Want your bad romance


L'absurdité totale de cette musique dans le contexte la laissa d'abord décontenancée, avant de se souvenir qu'il s'agissait probablement de son téléphone, enterré quelque part au fond de sa boutique ; mettre cette chanson en sonnerie avait été une des seules choses qu'elle avait réussi à faire sur ce maudit appareil, elle qui n'était pas le moins du monde familière avec la nouvelle ère technologique. Et pour dire, le téléphone en question était un vieux motorola à clapet à l'ère des smartphones tactiles, où était enregistré si peu de numéros qu'on pouvait se demander s'il arrivait à Coraline de sociabiliser, surtout que parmi ces rares numéros il y avait son médecin. Et puis, rares étaient les appels, même avec sa carte qu'elle distribuait à qui voulait bien l'écouter quand elle cherchait son chat, ou tout simplement des appels pros. La musique continua de résonner alors tandis qu'elle se mit à chercher frénétiquement l'appareil du côté du comptoir, pendant que Lady Gaga s'époumonait sur ses refrains ; et quand enfin elle parvint à mettre la main sur l'objet, elle ne répondit pas tout de suite, jetant un regard à Niels puis au numéro inconnu affiché dessus.

« Ce serait drôle que ce soit le Cheshire qui m'appelle tout d'un coup... » Elle répondit en ouvrant le téléphone. « Allo ? Bonjour… Non. Non. Oui ! Ah pardon… Il ne me semble pas. Oui… Ouais non. Pourquoi ? Ah… Je ne sais pas. Je vais voir ce que je peux faire. »

Elle ferma le clapet du téléphone sans même dire au revoir, non pas dans un geste irrité mais simplement rapide, avant de garder les yeux dans le vague quelques secondes, pour les relever vers Niels, qui n'avait toujours pas déserté la boutique -quelque chose qui commençait presque à la mettre en pétard, mais c'était une autre histoire.

« Un faux numéro. » Un bon gros mensonge puisqu'en réalité cela concernait la production de duotine ; et ça pouvait sonner comme un cartel de drogue alors que c'était juste une affaire locale, mais bon sang que ces pilules étaient difficiles à produire… Elle sourit de toutes ses dents, avant de lui indiquer la porte. « Je disais donc : Ciao bella ! Je crois qu'on en a terminé pour aujourd'hui. À moins que tu avais autre chose d'urgent à me transmettre ? » Elle jeta un œil à son comptoir désormais surmonté d'une montagne improbable d'éléments en tous genres, de toutes natures, puisqu'elle y avait précédemment déposé presque l'entier du contenu de son arrière-boutique, et que ladite montagne menaçait de s'effondrer d'un côté, ce qu'elle s'empressa d'ailleurs de faire, et Coraline poussa un léger soupir, se disant que Niels était vraiment gonflé de lui faire tant de bazar dans ce rangement chaotique qu'elle aimait tant. Puis, sans même broncher pour aller ramasser tout cela, son regard se posa sur le morceau de poupée que Niels tenait dans la main. « Oh attends, tu as peut-être besoin d'un sac pour transporter tout ça… » Elle s'accroupit derrière le comptoir, lui lançant presque littéralement un sac en plastique dessus, n'ayant pas la moindre envie de se retrouver trop près de lui à nouveau. « Pourquoi elle, en fait ? Cette poupée, je veux dire. De toutes celles que j'ai cassé, pourquoi c'est celle-là que tu veux récupérer en particulier ? »

Elle s'appuya sur ses coudes sur le comptoir, posant sa tête entre ses mains. Soudain, elle réalisa à quel point elle était fatiguée… avant de réaliser que son flacon de duotine était en équilibre sur le bord du comptoir sans qu'elle ne se souvienne l'avoir mis là, juste à quelques centimètres de la main libre de Niels, probablement poussé là-bas par le premier effondrement de la montagne d'objets qui s'amoncelaient précédemment sur le comptoir ; et par un réflexe total et malencontreux qui l'a mit dans une position plus que précaire -et douteuse tout à la fois, elle se jeta pratiquement dessus par-dessus le comptoir, sauf qu'elle se mit à plutôt à surfer sur tout ce qui s'y trouvait, poussant le flacon de duotine du côté de Niels qui le rattrapa probablement par réflexe, laissant Coraline partir se manger le sol bien que grâce aux miracles d'Itward elle ne sentit rien ; mais à la place, elle se retrouva juste aux pieds de Niels, qui avait l'air particulièrement amusé par tout ce qui était en train de se passer, tournant le flacon entre ses doigts. Elle se releva d'un seul coup et se jeta pratiquement sur lui sans plus se soucier du contact, lui arrachant le flacon des mains en manquant de lui infliger une nouvelle brûlure bien qu'il retira sa main comme s'il venait de toucher une plaque de cuisson brûlante, pendant que Coraline reculait pour venir se remettre derrière le comptoir en faisant comme si de rien n'était, plaçant le flacon dans une de ses poches à la vitesse de l'éclair.

« Désolée. »

Elle faillit enchaîner sur une énième excuse, mais se rendit bien vite compte que plus elle parlait, plus elle s'enfonçait...

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Niels Mørck

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MessageSujet: Re: Thank you for all the pain 'cause it made it be so much more fun | F. Coraline Dagenhart   Ven 17 Fév - 17:52




Meilleur spectacle en perspective que celui de pouvoir observer Coraline dans un endroit parfois synonyme de parfaite débauche, pour une personne qui ne pouvait soi-disant entré en contact avec la peau de quiconque inutile de dire que le rassemblement de tout d'un attroupement de personnes parfois si peu vêtues serait ainsi un divertissement de premier ordre, mais Niels ne pourrait que se l'imaginer car il était hors de question à son sens que lui-même puisse se rendre là-bas. Oh pas que l'établissement avait l'air des plus désagréables, surtout de ce qu'il avait entendu les nombreuses prestations proposées dont celles des fameuses chambres privées en fond auraient de quoi beaucoup l'intriguer, mais il était clair pour lui qu'il préférait éviter tout ce qui pouvait toucher de près ou de loin à ce qui pouvait se référencer comme étant le Pays des Merveilles. Pas vraiment qu'il avait déjà pu se rendre là-bas d'une quelconque manière, d'autant plus qu'il avait déjà rencontré à ce qu'il avait compris celui qui était devenu par la suite le Chapelier Fou en la personne de Jefferson même si ceci faisait si longtemps selon lui, mais il n'aimait pas les parallèles et certains points communs qu'il avait pu ainsi observer entre l'histoire du livre et la sienne. Le plus flagrant étant sans conteste le prénom de la petite fille qui se trouvait être Alice, une simple mention qui ne faisait qu'enfoncer un peu plus la lame du couteau invisible dans sa poitrine et venait ainsi réveiller la douleur dans l'expérience extraordinaire que pouvait avoir l'impact des mots, même si dans le fond il se résonnait autant que possible en se disant que même si elle était unique pour lui ceci ne voulait pas dire que d'autres personnes ne pouvaient porter le même prénom et la preuve en était le titre lui-même. Mais s'il n'y avait que ceci, bien sûr qu'il aurait pu faire plus facilement la part des choses tout de même, cependant Niels avait poussé son analyse plus loin pour trouver des signes qui le faisaient sourire de façon assez mauvaise. Les miroirs et le fait d'entrer dans un monde à part comme avec la N-Field, le fameux lapin blanc qui est en quelque sorte le passeur de monde comme pour Laplace qui revêtait une apparence de la sorte, les fleurs qui pouvaient parler comme les fleurs qui racontaient le passé si on savait les écouter, les parties de thés qui lui rappelaient celles de ses poupées parfois, et d'autres concordances dont il n'avait même pas envie de se rappeler quelque part. Il n'appréciait ainsi aucunement ce monde-ci et tous ceux qui pourraient en faire partir, plutôt viscéral que bien réaliste pour le coup mais il s'en comptait tout de même, et c'est pour cette raison qu'il ne viendrait jamais se rendre dans un endroit qui pouvait être tenu par ce chat peu ordinaire.

Dommage. L'animateur de la garderie allait devoir se priver d'une très belle perspective que de voir évoluer la réparatrice dans un monde plus adulte que ce dont elle avait l'habitude, du moins de ce qu'il en concluait à force d'observer certains de ses traits, car de par son caractère il était indéniable pour Niels qu'elle venait plus lui rappeler une enfant qu'autre chose. Il n'y avait qu'à voir la façon dont elle venait offrir des surnoms aussi bien à des personnes, tout comme lui parce qu'il devait trop sourire très certainement de la satire qu'il comprenait derrière cette appellation, mais aussi des objets comme ce fut le cas l'estèque en le qualifiant de caillou troué. Une forte imagination qui ne faisait que se confirmer à l'instant même où il avait pu la regarder observer à travers le trou qu'il y avait dans l'objet qu'elle tenait, lui expliquant qu'il serait drôle ou même probable que celui-ci pourrait lui permettre de trouver un quelconque trésor, ceux à quoi il n'avait rien rétorqué comme un parent pouvait le faire avec son enfant avec qui il veut se montrer patient. Il n'y avait qu'à voir aussi la façon dont elle avait pu se jeter sur le bout de papier qu'il lui tendait, pire que si ceci avait pu être une friandise qu'il lui aurait tendu même si sous un certain aspect c'était peut-être le cas quelque part, mais aussi toute la gestuelle qu'elle pouvait avoir et qui n'avait rien des postures habituelles qu'un adulte pouvait avoir et qui s’apparentait de ce fait beaucoup plus à celui d'un gamin. Car Niels était ainsi fait de son côté, à savoir ingurgiter aussi bien la moindre parole que le moindre mouvement au point de rendre tout ceci tellement crypté qu'il en devenait ennuyé à l'instant même où ce qu'il put envisager par la suite se déroulait comme tel. Coraline était encore au stade de curiosité pour lui, bonne ou mauvaise ça ce n'était pas à lui d'en juger vraiment, juste qu'à ce qu'il ne puisse ne plus rien avaler à son sujet qu'elle se trouve ainsi dans son esprit mis à nu au possible sans que la moindre surprise ne puisse se faire ressentir, et ce qui s'était passé à la garderie n'avait fait que pousser son envie habituelle à se développer pour produire une insatiabilité qui l'avait peut-être poussé un peu plus à venir aujourd'hui même pousser la petite porte de la boutique de celle qui avait manqué de le tuer il y a si peu de temps. Avec peut-être une petite masochiste quelque part, personne ne revenait voir son bourreau s'il n'avait pas apprécié ou trouvé ceci amusant comme c'était le cas de son côté, il n'avait qu'une envie présentement à savoir en découvrir toujours plus sur la jeune femme jusqu'à ce qu'il n'ait plus rien à découvrir et qu'il trouve un autre petit jouet avec lequel s'amuser à sa manière.

Coraline était ainsi une gamine par biens des aspects, même si dans un sens il pouvait dire autant à son propre sujet en ce qui concerne cette soif de jouer constante qu'il pouvait avoir, ne pouvant que se demander jusqu'où le jeu allait pouvoir aller en sa compagnie. Ainsi n'avait-il pu s'empêcher que de lui faire en quelque sorte l'instituteur d'école en lui expliquant quelques outils et les fonctionnalités comme si c'était là un rôle, retrouvant ainsi sa position de maître dans l'équilibre de la balance, et qu'il avait pu voir malgré quelques petites réflexions enfantines à quel point elle pouvait pourtant se montrer attentive. Mais ce qui l'avait interpellé c'était peut-être le fait qu'elle puisse se placer comme une apprentie, très certainement encore un argument valide à l'heure actuelle et il n'y avait qu'à voir le désert des connaissances en ce qui concerne le véritable mot qui désignait des outils qu'elle devait pourtant utiliser chaque jour qui puisse passer, ne faisant que lui offrir un nouveau champ à exploiter à savoir justement la position d'un supérieur au-dessus d'elle. Niels allait devoir en apprendre plus sur qui avait pu la former, ou du moins commencer la formation vu ce qu'il voyait car tout était loin d'être parfait si on voulait son avis et en particulier en ce qui concerne le rangement de l'atelier qui était pourtant un point crucial, et pourquoi pas même une certaine mécanique d'échange qui pourrait être profitable autant à l'un que l'autre dans un contexte futur plausible et envisageable. Oh non il n'allait pas lui offrir tout son savoir mais juste deux-trois bricoles si l'occasion s'en présentait, rien de ce qui pourrait être trop important à ses yeux et surtout pas le processus qui consistait à donner la vie à une poupée c'était hors de question, car il était et restait dans le fond Rozen le créateur. Et malheureusement il gardait jalousement pour lui ses petits secrets, d'autant plus à son sens que l'expérience n'était pas encore entièrement terminé et celui-ci ne pourrait se faire qu'à la fin du jeu meurtrier que ces créations devaient dénier achever, détendeur d'un savoir presque interdit sans s'offusquer pour autant. Le tout était de voir comment il pourrait articuler tout ceci mais surtout pour quelle raison valide il le ferait, après tout Coraline et lui ce n'était pas vraiment la meilleure entente du monde même si une personne extérieure aurait presque pu penser le contraire en voyant à quel point il y mettait un sourire si chaleureux mais qu'il avait en réalité en permanence, mais ceci restait une optique possible si jamais il voulait obtenir quelque chose de sa part. S'appuyant toujours sur sa béquille, voyant que tout était bien présent, il était du même avis quant au fait qu'ils avaient au moins pu trouver un terrain sur lequel s'accorder.

« Saches que le plaisir est tout aussi présent pour moi, au moins je n'aurai pas perdu mon temps pour une fois, et tout le monde y trouve son compte. Et ne t'en fais pas pour les outils, ils te seront rendus dans l'état actuel où tu me les prête, tu les retrouveras bien assez tôt. »


Comme elle le disait si bien en cet instant comme ceci chacun aurait eu ce qu'il voulait, peut-être étant plus ainsi des associés provisoires qui pourront toujours renouveler un possible partenariat quelque part, ce qui pouvait offrir une dynamique tout aussi intéressante même si une telle entreprise se ferait plutôt au gré de ses caprices de l'instant. À voir. Pour l'heure Niels portait plus attention sur les outils qu'il avait pu acquérir, ainsi que le morceau de poupée restant dont l'autre moitié se trouvait chez lui, en se demandant comment il allait pouvoir s'arranger pour transporter tout ceci en voyant que Coraline n'avait pas l'air très optimiste sur le fait de bien vouloir l'aider à ce niveau-là et d'autant plus que grâce à ses petits soins il se trouvait déjà avec une main bien occupée pour se soutenir. Mais il restait quelqu'un de débrouillard de toute manière, voyant que de toute manière ce n'était pas la réparatrice sur qui il pourrait compter de toute évidence alors qu'elle osait lui faire une remarque, interrompu dans sa lancée de lui vouloir rétorquer quoi que ce soit par une musique de ce qui semblait être une sonnerie d'un téléphone. Ainsi se contentait-il d'un sourire qui aurait presque pu être moqueur quelque part, surtout à la mention des frais hospitaliers et il allait lui en envoyer une belle petite copie juste histoire de vraiment régler ses comptes avec elle, la laissant donc à ses affaires personnelles alors qu'il prenait en main le bout de poupée pour l'observer de plus près. Du moins, ceci n'en était qu'une apparence car de toute évidence il aurait tout le temps de le faire plus tard dans son bureau et ainsi de réparer ce qu'il devait être fait, plus un prétexte quelque part juste pour avoir le loisir d'écouter ce qu'elle pourrait bien dire et surtout de glaner une information qui pourrait se montrer si savoureuse. Et ce fut tout de même un délice, bien qu'il n'y ait rien de directement très exploitable mais il fallait lire entre les lignes, car même si Coraline prétendait à un quelconque faux numéro Niels était sûr qu'elle était en train de mentir. Une conversation qui aurait été hypothétiquement de la nature dont la jeune femme prétendait n'aurait pas duré autant de temps, il n'y aurait pas eu autant de paroles d'échangées entre les deux interlocuteurs, et ne faisait que de cette manière alimenter le fait que les petits secrets qu'elle pouvait bien cacher devaient être somptueux à leur manière. Elle s'était senti obligée de préciser qui elle avait eu au bout du fil alors qu'il ne lui demandait aucun compte, ne faisant ainsi qu'agiter un peu plus le fait qu'elle mentait de façon qui devenait encore plus probable de cette manière, alors qu'il eut un léger rire à son attention et ne pouvant se retenir de prendre assez ironique à son encontre.

« Oh mais je ne t'ai rien demandé Coraline, tes appels téléphoniques ne regardent que toi, mais merci de me faire cette précision qui ne changera en rien ma journée tu sais. »

Et il eut comme seule réponse la rudesse de Coraline qui le congédiait une bonne fois pour toute à la porte, l'ayant peut-être bien cherché quelque part mais qui n'enlevait en rien son sourire de toute manière, se retenant de soupirer face à ce comportement gamin qu'elle pouvait avoir. Tout ce qu'il espérait en tout cas c'était en cet instant qu'il ne perde pas trop de morceaux de porcelaine de la poupée en route, même s'il était évident de toute manière qu'il allait devoir recréer une bonne partit de la structure vu à quel point elle avait été endommagée à cause de ce que la réparatrice avait pu faire à la garderie avec sa peau hors du commun, devant trouver par ailleurs de quoi pouvoir justement créer de la matière pour lui donner la forme qu'il voulait par la suite. Un contre-temps avec lequel il devrait faire avec de toute évidence, c'était juste repousser une partie du travail qu'il aurait à faire pour plus tard, tandis qu'il voyait comment attraper le reste des outils vu que miss gothique de service n'avait pas l'air de vraiment l'aider. Le plus compliqué serait sans nul doute la pince à glacis lorsqu'on regardait la taille du machin, à ne pas voir dans cette idée le moindre double sens en tout cas, alors que le reste il pourrait aisément le glisser dans ses poches très certainement. Jusqu'à ce que ô grand miracle des plus inespéré vienne enfin à s'accomplir lorsque Coraline jolie comprit enfin le pourquoi il était toujours ici, du moins une partie de la raison vu que l'autre étant une sorte de mission un peu d'espionnage en quelque sorte où il pourrait essayer d'en apprendre plus sur elle dans le but de mieux exploiter la situation, alors qu'en peu de temps Niels se trouvait avec à moitié un sac plastique dans la figure et une envie complète de lui faire avaler de force à cette satanée gamine. Secouant légèrement la tête de désespoir il venait à poser ce qui restait de la poupée à l'intérieur de la poche qu'elle venait de si généreuse lui offrir n'est-ce pas, plaçant aussi une partie des ustensiles qui pourraient lui être utiles par la suite pour divers travaux de réparation qui eux étaient beaucoup plus urgents que de venir donner un second souffle à ce pantin sans vie, ne lui portant pas spécialement un regard pour le coup alors qu'il était occupé à justement venir ranger avec soin tout ce dont il avait besoin alors que quelque part il aurait pu se ficher de peut-être malmener des affaires qui n'étaient pas à lui mais pourtant ce ne fut pas le cas. Peut-être à cause du peu de considération qu'il voulait bien offrir à Coraline, ou plutôt sur le fait qu'elle puisse réparer des poupées même si à son sens ceci restait une charognarde quelque part mais il devait bien avouer que le résultat était bien présent malgré tout, un certain respect silencieux pour son activité qu'il ne voulait se l'avouer.

« Tu es plus observatrice que tu en as l'air parfois. Mais dis-moi, je suis curieux de savoir, qu'est-ce qui a bien pu te mettre sur la voie ? Le fait que je ne puisse me servir que d'une main, grâce à tes petits soins d'ailleurs au passage, et qui rend donc le transport assez difficile ? Non vraiment je me demande ce que c'est, je croyais devoir me débrouiller sans aucun renfort, qu'est-ce que je ferai sans toi Coraline ? »

Son sourire c'était peut-être étiré un peu plus, dans la mesure du possible dans son cas en tout cas, alors qu'il faisait clairement preuve d'une ironie mélangée à un cynisme bien présent. Cependant celui-ci se calmait de lui-même en entendant la question que la réparatrice eut par la suite, Niels relevant quelque peu le regard avant de revenir à son petit rangement minutieux des instruments, alors que ceci pourrait paraître presque étrange avec tout ce qu'ils avaient déjà vécu d'avoir un brin de conversation qui pourrait se vouloir si normal et banal quelque part. Pourtant à leur première rencontre ils avaient assez bien parlé ensemble et il avait été surprit dans le bon sens du terme que d'entendre la vision qu'elle pouvait avoir sur les poupées, en particulier celles de la boutique qui à son sens avaient vraiment réussi à retrouver un bout de leur âme et de leur existence propre, sauf qu'avec le débordement de la garderie et le dérapage que Coraline avait pu avoir pour lui il ne pensait pas retrouver de sitôt une telle attitude en fait. Le tout étant de savoir ce que lui voulait de son côté, voyant plusieurs chemins se profiler devant ses yeux et surtout les plausibles conséquences de son agissement, il pouvait aussi bien feindre l'ignorance en sortant sans répondre ou faire une pirouette acrobatique dans ses paroles ou encore même lui offrir la véritable raison. Que de choix et de possibilités mais pourtant un seul ne pourrait être exécuté, après tout il n'était pas dans un jeu vidéo où il aurait simplement à recharger la partie si le choix fait ne lui convenait pas en somme, et il hésitait un petit instant alors que tout à coup par réflexe il venait à attraper un flacon sur le point de tomber. Néanmoins le plus curieux dans cette scène ce n'était pas le fait d'avoir pu sauver à temps le contenant mais bien de voir la jeune fille à moitié étalé de tout son long sur le comptoir pour finir sa course par terre, n'essayant cette fois-ci rien du tout pour tenter les pots cassés car après tous les derniers contacts avec Coraline l'avaient refroidi – littéralement vu les mains gelées, n'arrivant pas à retenir un léger rire face à ce qui pourrait être un spectacle du cirque Pinder. De la voir ainsi à ses pieds Niels ne pouvait qu'adorer quelque part car après tout c'était comme un tableau dans lequel c'était lui qui avait la dominance de la situation, même s'il aurait voulu que ça soit dans d'autres circonstances bien particulières qui pourraient lui donner des petites idées au fond, la rendant encore plus petite qu'elle ne l'était déjà forcément. Jouant un peu avec le flacon entre ses doigts qui avaient une assez grande agilité, après tout il n'était pas marionnettiste pour rien, son regard quittait la petite gothique pour se poser sur l'objet qu'il tenait.

« Je savais que tu étais forte pour faire quelques acrobaties, j'en ai eu après tout un bon petit avant-goût à la garderie et pas des moindres, mais tu devrais tout de même y aller plus doucement Coraline. Tu as manqué de peu de le briser, quelques millimètres auraient suffi tu sais, tu as eu de la chance que je sois là pour la rattraper. »

Niels quelque part faisait une fois encore référence aux nombreux gestes tactiles qu'elle avait pu avoir pour lui, même si elle s'était défendue à maintes reprises en clamant qu'il aurait dû se passer quelque chose et qu'elle n'avait pas fait ceci par une subite passion soudaine pour lui, non pas parce qu'il voulait faire un plan de drague foireux ou n'importe quoi d'autres sur cette lignée mais juste par simple plaisir purement coupable de la voir s'énerver ou de monter rouge en étant mal à l'aise. Parce qu'il avait bien vu la réaction de Coraline plus tôt lorsqu'il en avait déjà parlé et ce fut quelque part si magistral, tellement divertissant qu'il en redemandait encore et encore, ce qui prouvait dans un sens que même si la jeune fille était gamine sur les bords lui aussi pouvait se montrer particulièrement puéril dans ce domaine. Il voulait aussi se pencher sur ce que pouvait bien contenir ainsi le petit flacon qu'il avait pu sauver, souhaitant profiter de ce que la réparatrice puisse être à terre pour dévoiler peut-être quelque chose d'important à son insu car concrètement il n'avait pu voir l'objet avec l'amoncellement incroyable d'outils présents sur le comptoir au premier coup d’œil, arrêtant ainsi de le faire tournoyer dans ses doigts. Cependant tout ce qu'il eut vraiment le temps de voir ce fut juste des sortes de petites formes ovales, comparables à des mini-ballons de rugby, de couleur rouge qui pourrait faire penser à des bonbons même si le cas le plus probable étant des médicaments d'une nature dont la posologie lui était ainsi inconnue. Il ne put voir plus que Coraline était déjà debout, aussi rapide et agile qu'une anguille celle-ci, et pire que tout qu'elle venait de juste lui arracher des mains le flacon et inutile de dire que vu la partielle brûlure qu'il peut recevoir au passage son réflexe fut de lâcher aussitôt de rentrer en contact avec sa peau. Rien de plus pour faire perdre à Niels sa volonté de venir titiller la patience de la réparatrice, ou du moins plus précisément son envie de plaisanter comme il l'avait fait il y a quelques secondes de ceci avec le fait de lui rappeler qu'elle avait été si tactile, plantant ses yeux sur elle en se demandant presque intérieurement s'il devait prendre ceci ou non comme une sorte de déclaration de guerre comme elle avait pu le faire à la garderie. La laissant repasser derrière le comptoir il se raisonnait rapidement de lui-même, il y avait beau avoir beaucoup de poupées ici ça ne lui avancerait à rien d'engager le moindre combat avec Coraline et surtout pas dans l'état dans lequel il se trouvait actuellement, portant un subtil coup d’œil vers le rougissement sur sa main avant de reporter tout son attention sur ce qu'elle pouvait bien faire.

« Toujours aussi imprévisible et impulsive Coraline... mais vu notre dernière petite altercations, où tu étais particulièrement en forme par ailleurs, permets-moi d'avoir certains doutes sur le fait que tu puisses être vraiment désolée. Tu sais, mais ce ne c'est que mon avis personnel, tu devrais juste assumer le fait que tu ne peux pas t'empêcher de me faire du mal quand tu me croises et surtout à mes mains. Il ne me semble pourtant pas avoir été désagréable avec toi, encore une fois je ne faisais que me défendre pour la garderie, mais après tout il est dans la nature humaine de ne pas supporter quelques personnes sans que l'on ne sache pourquoi. Si je peux te donner un conseil pour la prochaine, si du moins il y en a une, tu sais que tu pourrais juste me demander gentiment de reposer le flacon ou que sais-je d'autre au lieu d'immédiatement chercher à faire de ma peau un véritable lambeau. Je t'en serai reconnaissant. »


Même si sa voix était toujours aussi posée au point de donner un ton assez doucereux à ce qu'il pouvait bien lui dire, ne venant aucunement hausser la voix à un moment ou l'autre, il n'en demeurait pas moins que Niels était d'un sérieux glacial dans le fond. Peut-être qu'il ne le prendrait pas si mal que ça si Coraline n'avait pas essayé de lui détruire déjà auparavant justement ses mains, étant pourtant le plus important pour un marionnettiste et créateur comme lui lorsqu'il avait la nécessité de tirer quelques ficelles ou même de façonner un petit être qui pourrait s'animer sous son impulsion si c'était ce qu'il voulait, sauf qu'il venait naturellement se placer sur la défensive à ce sujet-ci tout d'un coup. Déjà qu'il n'était pas très entier, en plus en ce moment assez cassé de toute part à cause d'elle de surcroît, le peu de parties qui pouvaient lui rester il avait très envie de les conserver bizarrement. Ironie. Sans rien ajouter d'autre il reprenait son rangement de ce qui serait un temps définit ses outils de travail, conscient qu'il allait devoir par la même occasion devoir refaire son propre stock pour l'avenir et ainsi ce genre de situation ne viendrait plus à se réinitier, quittant des yeux Coraline avec quelque peu de dédain ou peut-être même une forme de déception face au comportement qu'elle pourrait bien avoir. Il faisait des efforts pour lui retrouver malgré tout son chat, même si le but n'était pas tout à fait innocent et loin de ne pas être intéressé mais tout de même ça restait une sacrée paire de manches, et peut-être qu'il aurait été en droit d'en attendre autant de la part de miss gothique je brûle la peau des autres. Mais paradoxalement cette résistance exaspérante venait offrir un amusement à cette même hauteur, comme dans un parfait équilibre qui se faisait comme si l'un ne pouvait dépasser l'autre, ce qui allait se raviser de le dire ou de le montrer bien évidemment. S'assurant de bien avoir tout mis dans sa poche, qui avait mis quand même du temps à arriver, il n'en fallait pas plus pour que Niels vienne ainsi en saisir les anses alors qu'il penchait un peu sur le côté et offrait à son interlocutrice son air circonspect pour le coup alors qu'il reculait d'un ou deux pas boiteux tandis qu'il s'appuyait toujours avec autant de soin sur la béquille. Toujours le fameux sourire colgate en revanche, comme ceci lui plaisait tant de lui rappeler la réparatrice et dans un sens qu'il prenait comme un compliment parce qu'il ne voyait pas vraiment l'ombre d'une négativité là-dedans, une constante et peut-être un point de repère qui ne venait qu'en de très rares occasions se rompre même si quelque part Coraline avait pu voir une partie de ce que ce masque souriant pouvait bien cacher.  

« Je ne vais pas t’importuner plus longtemps, tu m'as assez bien fait comprendre que ma présence n'était pas vraiment la plus désirée ici de toute évidence, même si tu n'as pas la manière la plus douce de le montrer. De même, je ne te serre pas la main ou que sais-je encore, là encore pour une raison qui me semble assez évidente. Si je pouvais conserver ma main ça m’arrangerait beaucoup. »  

Encore quelque peu acide sur les bords, le tout une nouvelle fois enrobée dans ce qui pourrait être du délicieux miel, il était certain que Niels ne loupait jamais l'occasion de louper de lancer des piques et encore plus s'il savait avoir raison tandis qu'il levait un peu sa main pour montrer la rougeur naissante à cause du côté brûlant de la peau de Coraline. Agiter la culpabilité d'autrui était toujours un exercice qui pouvait donner des résultats aussi amusants qu'intrigants, ayant hâte quelque part de voir ce que ceci pourrait bien produire sur la jeune femme, puisque de toute évidence il ne pouvait pas l'atteindre physiquement alors autant faire de son mieux pour le faire psychologiquement même si l'exercice était loin d'être le plus aisé mais il préférait voir ceci comme un petit challenge. Elle avait beau avoir un petit aspect candide, peut-être un peu écervelée si l'on pouvait dire grossièrement ceci, mais le marionnettiste était convaincu que le passé tumultueux de la belle ne faisait que la rendre plus méfiante à la moindre tentative de manipulation quelconque. Entre ce qu'elle avait pu hurler à la garderie, des mots qui restaient gravés dans sa mémoire comme des données essentielless et qu'il venait combiner au meurtre d'une marâtre loin d'être aussi douce qu'on aurait pu le croire durant la malédiction de ce qu'il avait pu apprendre, pour lui il était clair qu'il faudrait y aller tout en finesse s'il voulait réussir un tour de force de n'importe quelle nature soit-il. Se retournant pour se diriger vers la sortie, devant inévitablement faire de son mieux pour slalomer entre les meubles disposés tellement n'importe comment selon lui et faisant une grimace intérieure quant au fait que chaque pas se trouvait être aussi difficile que douloureux, Niels refaisait tout cet entretien passé en compagnie de Coraline comme pour s'assurer qu'il n'avait oublié aucun détail. Il n'y en avait aucun si ce n'était la question qu'elle avait pu lui poser sur la poupée, à laquelle il n'avait toujours pas répondu d'ailleurs et se demandant s'il devait le faire ou non, essayant d'entrevoir les possibilités que ceci pourrait bien engager de lui répondre et surtout quelle information lui offrir en sachant qu'il ne mentirait pas. La main sur la poignée, prête à la tourner et ainsi quitter cet endroit jusqu'à sa prochaine visite – car oui après tout elle lui avait explicitement dit qu'il devrait lui rendre les outils et qu'il n'avait pas le droit de les garder, il tournait la tête en sa direction.

« Et le pourquoi je voulais récupérer cette poupée, du moins si ça t'intéresse, c'est une raison toute bête tu sais : parce que c'est moi qui l'ai fabriqué. Je l'avais fait pour quelqu'un mais finalement j'ai décidé de la laisser à la garderie, là où on pourrait s'amuser avec elle car comme tu l'as si bien dit lors de notre première rencontre il serait criminel que de laisser ces pauvres poupées prendre la poussière sur une étagère, et j'ai cru qu'elle y coulerait des jours heureux jusqu'à ce que tu viennes l’exploser en petits morceaux. Je suis assez étonné que tu n'aies pas pensé à ceci, pourquoi elle et pas les autres, tu devrais savoir à quel point un créateur peut avoir de la fierté pour ce qu'il façonne et a quel point il peut se montrer... un brin égocentrique ? »

Une nouvelle fois il se montrait assez amusé en rigolant quelque peu, alors que Niels était loin d'être le genre à succomber justement à un ego quelconque même si ça avait été quelque peu le cas par le passé mais il ne renouvellerait pas son erreur, alors qu'il semblait important pour lui que de récupérer son bout de poupée pour la raison évoquée. Lorsqu'il avait fait cet être inanimé il pensait vraiment venir l'offrir à une merveilleuse petite fille, la seule qui pouvait compter à ses yeux, mais qu'en attendant ce jour où il pourrait lui donner alors il voulait bien la prêter au reste de la garderie pour que cet être inanimé puisse au moins avoir la fonction pour laquelle il avait pu le créer. Un élan de sentimentalisme peut-être, il le devenait toujours malgré lui et ce trou béant dans sa poitrine lorsque le sujet se présentait frontalement à lui, mais aussi une autre vérité qu'il n'avait pas mentionnée ou du moins pas directement. Il n'acceptait pas que son travail puisse être copié, Rozen faisait des pièces qui restaient uniques en son genre, et quoi de mieux que de pouvoir faire une reproduction qu'en venant tripatouiller dans le cadavre d'un des pantins qui se trouvait être désarticulé. Car comme ses actions il faisait tout toujours dans un but bien précis, ce qui se voyait forcément avec sa collection si particulière de sept poupées aux attributions si particulières, et que dans cette recherche qu'il faisait de la petite fille parfaite il ne pouvait accepter cette idée qu'on puisse chercher à imiter la perfection et juste s'en contenter. Comment pourrait-il l'accepter avec tous les sacrifices qu'il faisait depuis des années ? Il était si facile de recopier le travail d'un autre et de s'en attribuer le mérite, c'était lui dans cette histoire qui prenait tous les risques et faisait l’innovation, il ne permettrait pas que quelqu'un arrive et lui vole ses travaux comme une fleur tout en ignorant tout ce qu'il y avait et pouvait encore y avoir derrière. La contrefaçon n'était pas une chose qu'il pouvait tolérer et encore moins en se prétendant meilleure que l'originale, son but par exemple en faisant ses poupées était bien différentes que celles d'une autre personne et justement cette différence avait à son sens un poids considérable, et c'était pour cette raison qu'il avait du mal avec l'aspect réparateur de Coraline aussi car même si la démarche était différente du recopiage il ne pouvait s'empêcher que de le lier à cette activité. Soupirant légèrement, pas spécialement d'ennuis mais plus de contentement en fait, il avait toujours son regard posé sur la miss gothique de la boutique.

« Sur ce, tu m'excuseras ma gentille petite fournisseuse, mais comme tu le sais j'ai une répa- for helvede ! »

Avançant tout en se retournant Niels venait de se prendre le haut de la porte au niveau du nez, sortant tout un lot d'injures dans sa langue natale en se pinçant l'arête pour éviter au sang qu'il sentait arriver de couler trop en abondance, ayant oublié le problème de taille. Et même pour être plus précis sa taille...







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F. Coraline Dagenhart

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MessageSujet: Re: Thank you for all the pain 'cause it made it be so much more fun | F. Coraline Dagenhart   Jeu 9 Mar - 21:32



Thank you for all the pain 'cause it made it be so much more fun

J'ai lu entre les lignes tout en croyant les mensonges pendant bien trop longtemps et je ne sais toujours pas comment j'ai fais et maintenant la guerre est déclarée les lignes de combats se dessinent et je ne vois plus droit avec tout ce sang dans mes yeux



C'était quelque chose d'étrange à reconnaître mais le sourire de Mr Colgate possédait un pouvoir certain sur Coraline. Non pas peut-être, comme pour le commun des mortels, de séduire et amadouer par la chaleur qu'il en dégageait, mais plutôt par une espèce d'envoûtement étrange ; elle qui se sentait pourtant si méfiante au fond à son égard après leur épisode à la garderie, et même si elle s'impatientait de le voir partir le plus vite possible de sa boutique, plus elle passait du temps avec lui et ce visage si sympathique, plus elle se sentait bizarrement à l'aise, moins sur le qui-vive. Quelque chose qu'elle ne reconnaître jamais non plus était que Coraline était le genre de personne hautement susceptible de se faire charmer par tout individu doté d'une éloquence assurée, de belles paroles pleine de sucreries pour ses oreilles et d'un sourire si doux en apparence. S'il ne s'était pas amusé à la chambrer et à lui balancer le moindre sarcasme qu'il pouvait au visage, peut-être qu'elle serait tombée sous le charme plus vite qu'il ne pouvait l'imaginer ; mais voilà, il n'avait pas cessé depuis son entrée dans la boutique à contraster avec son air si gentil par des remarques bien placées qui n'en finissaient pas de réveiller le côté capricieux et boudeur de la jeune femme, au point qu'elle commençait à avoir une overdose certaine du sourire de cet homme malgré ce si bon moment qu'elle avait passé à boire ses paroles quand il lui avait expliqué quelques notions sur son propre métier. C'était un peu comme s'il jouait du violon et qu'elle se retrouvait hypnotisée par la beauté de la mélodie, mais que très régulièrement il faisait crisser son archet sur les cordes rien que pour le plaisir de la voir serrer les dents et faire la grimace, ce qui au bout d'un moment venait carrément ruiner la chanson.

Ainsi elle avait levé les yeux au ciel quand il était venu la tacler sur le fait qu'elle n'avait pas réalisé plus tôt qu'il avait peut-être besoin d'un sac de transport ; il s'était amusé à la taquiner de la sorte depuis le début de la conversation mais là on aurait pu croire qu'il avait pris un marteau et un pieu et essayait tant bien que mal de l'enfoncer dans sa poitrine en sachant parfaitement qu'elle avait une peau invincible. Mais au fond c'était bien cela le problème, il n'y avait que sa peau qui était indestructible ; elle était physiquement en sécurité puisque Itward était tout simplement fait pour la protéger de toute attaque de nature non-magique, la rendant presque parfaitement immunisée contre la moindre douleur physique. Mais en ce qui concernait la douleur mentale, c'était une autre histoire ; Coraline avait beau posséder un gros caractère, le genre de gamine capricieuse qui ne se laissait pas faire si facilement, elle était beaucoup plus fragile face aux attaques verbales, psychologiques et plus que tout à la manipulation. Elle si instable et imprévisible, il n'était pas aussi facile qu'à première vue de l'avoir dans sa botte mais une fois que l'on comprenait comme se tiraient ses ficelles elle devenait un vrai petit pantin qui ne se doutait pas même de cette autre nature, bien que si un jour elle réalisait qu'elle se faisait mener par le bout du nez depuis le début, elle devenait tout simplement invivable. Et dans le cas de Niels c'était d'autant plus flagrant qu'il la blessait dans son ego alors qu'elle n'en avait pas tant que cela, un peu comme une enfant qui en avait assez qu'un adulte la prenne de haut avec autant de ferveur et d'aisance dans ses propos. Sans qu'elle ne le veuille mais aussi quelque part inconsciemment, avec cette langue d'or qu'il possédait à toujours choisir ses mots avec un soin particulier, il la faisait danser, oh, danser comme jamais elle n'avait dansé auparavant, peut-être pas comme il le voudrait -c'est-à-dire en la faisant devenir sa petite marionnette- mais plus en la rendant folle dans son esprit, elle qui pourtant faisait un effort pour rester civilisée -ce qui n'était peut-être pas très visible mais elle commençait à en avoir assez qu'il ne cesse de se moquer d'elle de la sorte. Il y avait quelque chose chez lui qui la rendait dingue depuis le moment où elle avait posé ses lèvres sur les siennes dans le seul but de lui pulvériser ce stupide visage au grand sourire permanent comme un sourire dessiné sur une poupée, mais à cet instant, cette attaque avait cafouillé au possible, et ça c'était quelque chose qu'elle n'arrivait toujours pas à comprendre, autant le comment, que le… pourquoi ? Pourquoi avait-il fallu que de toutes les personnes que Itward aurait pourtant pu épargner, Jack, Queen, Iñaki même, pourquoi avait-il fallu que ce soit avec celui dont elle n'était même pas sûre de l'authenticité, qu'elle avait manqué de tuer simplement sous l'impulsion du jeu qu'ils avaient décidé de jouer ? Elle ne savait même pas pourquoi Itward avait subitement cessé de fonctionner comme une erreur de chargement de page, et c'était bien cela qui quelque part la faisait paniquer intérieurement, car cela pouvait signifier un nombre tellement élevé de choses qu'elle avait peur du pouvoir que cela pouvait donner à Niels sur elle. Et si c'était Niels lui-même le responsable, par un biais dont elle n'avait pas conscience ? Et si ce n'était que le début ? Et si Itward cafouillait toujours plus en présence de Niels, au point qu'il puisse un jour la toucher autant qu'il le voulait, au point qu'elle soit sans cette armure salvatrice face à lui ? Elle ne savait pas même comment elle réagirait si un tel jour venait à arriver ; mais elle savait que sa nature profondément humaine viendrait quelque part prendre le dessus. Le contact humain était si précieux, si important dans l'équilibre psychique et Coraline en était privée par sa nature ; mais d'avoir quelqu'un dont elle puisse être proche sans vivre dans la peur sourde de le blesser à chaque instant… Comment ne pas succomber ?

« Wow ! Tu viens de me sortir un roman juste pour ironiser sur le fait que je n'ai pas pensé tout de suite à te donner un sac pour transporter tes affaires. T'as vraiment une dent contre moi mon pauvre… Ah mais oui, j'oubliais ! Ton corps entier est contre moi… compréhensible vu dans quel état je l'ai mis à la garderie. Après tout tu sembles prendre un plaisir énorme à me le rappeler alors, j'ai presque l'impression que tu m'en remercie alors, de rien, j'imagine ! »

Il était clair que Coraline ne possédait pas une aisance naturelle avec les mots comme Niels possédait ; et c'était d'autant plus clair qu'elle s'était presque perdue dans ce qu'elle disait tant elle sentait l'énervement grimper en elle de se faire traiter comme une enfant stupide par ce type-là en particulier. Elle comprenait bien qu'elle avait manqué de le tuer alors, l'animosité qu'elle s'imaginait ressentir était justifiée quelque part mais tout de même, pourquoi ne pouvait-il pas être sans cesse comme quelques instants plus tôt, quand il lui expliquait patiemment à quoi servait chaque outil et quel en était le nom ? Et c'était d'autant plus énervant qu'il semblait avoir particulièrement apprécié le petit spectacle qu'elle avait lui avait offert sur un plateau en se jetant sans réfléchir vers son précieux flacon, se retrouvant le nez en l'air et les yeux fixés sur ceux de Niels, qui semblait avoir élargi son sourire un peu plus si c'était possible, bien trop heureux lui qui était déjà grand de se retrouver en position de force en quelque sorte, avec elle étalé à ses pieds comme un bon chien obéissant. C'était d'ailleurs pour cela également qu'elle n'avait réussi à souffler qu'un « désolée » lorsqu'elle s'était relevée, de plus en plus frustrée de se retrouver ainsi en position de faiblesse encore et encore face à lui, elle qui avait pourtant failli le tuer sans même faire un effort dans cette direction à la garderie ; mais elle se sentait aussi au fond étrangement… satisfaite. Satisfaite que ce contact bref entre leurs mains avait été celui d'une brûlure, que les questions qu'elle se posait sur la nature de Niels et le pourquoi de la non-activation d'Itward lors de leur « baiser » se retrouvaient calmée par la confirmation qu'il ne semblait pas en mesure « d'éteindre » son pouvoir sur commande et que, plus que tout, il ne semblait pas avoir entretemps développé une immunité contre celui-ci. C'est à cet instant précis que ces doutes qu'elle avait le concernant s'était dissipés, sur le fait qu'il puisse un jour exercer un pouvoir sur elle s'amenuisaient en un seul contact, et qu'il n'allait pas devenir la seule personne sur la planète qu'elle serait en mesure de toucher sans risquer de blesser, ce qui dans le cas contraire l'aurait probablement amené à se la coltiner plus qu'il ne le voudrait probablement, car elle savait qu'au fond elle ne pourrait s'empêcher de continuellement lui sauter dessus « pour voir si Itward est toujours en congé » -alors que c'était surtout parce qu'elle en avait envie et, sans vraiment le réaliser, besoin.

Mais malgré elle, elle avait honte quelque part tant elle avait l'impression de se faire sermonner par un adulte qui l'avait prise sur le fait, tandis qu'elle planqua ses pilules au fond de sa poche comme pour cacher l'objet du délit alors qu'il avait eu tout le temps de voir ce que c'était, et même s'il ne pouvait pas deviner l'effet de cette médication ni même si c'était des médicaments elle avait l'impression étrange qu'il pouvait lire la réponse sur son visage tandis que le feu lui montait aux joues encore une fois, non pas parce qu'elle était gênée mais parce qu'elle en avait assez, et parce qu'il ne cessait de lui reprocher encore et encore ce qu'elle lui avait fait. Elle ne regrettait pas réellement de lui avoir fait du mal, c'était un fait ; elle n'avait pas une notion aussi claire du bien et du mal, et pour tout dire elle considérait toujours cet événement comme un jeu quelque part innocent entre eux, mais c'était un peu comme si Niels jouait les mauvais perdants en ne cessant de lui rabâcher encore et encore que c'était de sa faute, que tout ce qu'elle voulait c'était lui faire du mal, et ce n'était pas le fait de lui faire du mal qui la dérangeait mais plus le fait qu'il l'utilise ainsi contre elle alors qu'au fond il était aussi responsable qu'elle. C'était un peu comme s'ils avaient fait une grosse bêtise ensemble mais qu'en se faisant prendre il avait décidé de la livrer lâchement aux adultes et qu'il n'assumait pas un seul instant les événements qui s'étaient déroulés, qu'il disait des mensonges juste pour s'en sortir, alors que pour une fois elle n'avait vraiment pas fait exprès de lui brûler à nouveau les mains. Elle avait gardé le silence, les yeux baissés vers le sol en fulminant intérieurement de se faire sermonner de la sorte, jusqu'à ce qu'elle en ait assez et relève enfin les yeux en les plantant dans les siens.

« Tu sais très bien que j'ai pas fait exprès cette fois alors arrête de jouer les grands moralisateurs, ça te donne des rides toutes moches, comme ce sourire que tu arrêtes jamais ! Sérieux si le Cheshire part en vacances je suis sûre tu le remplaces sans problèmes ! Et figure-toi que ça m'amuse pas plus que toi de « te faire mal », je sais pas où tu va chercher des idées pareilles espèce de tordu, et ça va j'ai compris que j'ai failli te tuer à la garderie pas la peine de me répéter cinquante fois la même rengaine au bon d'un moment j'ai compris que je suis en tort et que tu es la pauvre petite victime de la méchante Coraline qui blesse tout ce qu'elle touche ! »

Malgré elle, l'émotion était montée bien plus haut qu'elle ne le voulait vraiment ; elle avait tendance à s'échapper de la réalité mais parfois celle-ci revenait lui mettre une claque en travers de la tête et de manière très peu agréable, dans ce cas précis par les paroles si perçantes de Niels sur le fait qu'elle ne cessait de lui faire mal encore et encore. Eh bien quoi ? Elle savait très bien que sa peau n'était pas une source de sécurité pour les gens qui l'entouraient, elle savait très bien qu'elle était littéralement un danger public et vivait avec cette notion depuis la levée même de la malédiction, depuis ce moment où elle s'était piqué le doigt en récupérant ses souvenirs et avait ressenti de la douleur pour la dernière fois avant que le nuage de magie ne la traverse. Depuis ce moment-là elle n'avait jamais pu toucher qui que ce soit sans le brûler, le geler ou le blesser tout simplement, elle avait fait du mal aux gens qu'elle aimait alors qu'elle voulait seulement leur faire un câlin et leur témoigner l'affection qu'elle leur portait, mais ça n'avait fait que les envoyer à l'hôpital les uns après les autres. Déjà qu'elle n'était pas foncièrement sociable de base, ça n'avait fait que l'enfoncer dans une solitude forcée qu'elle ne voulait pas, elle qui avait besoin de gens autour d'elle comme le commun des mortels, et elle devait vivre avec ce pouvoir chaque jour, ce pouvoir conçu pourtant pour la protéger avec la même ferveur que la promesse faîtes par Itward le jour où elle était devenue la Marionnette. Elle ne savait pas en ce temps-là ce qu'il voulait dire par la protéger mais elle le savait désormais ; et même si elle aimait Itward de tout son coeur comme elle aimait Mr Midnight, même si elle le remerciait chaque jour de la protéger du moindre mal physique qu'elle puisse se faire, parfois elle avait honte, honte de soudainement le détester quand elle voyait deux amoureux s'embrasser dans la rue, ou une mère enlacer son enfant à son premier jour d'école, ou deux hommes se serrer les mains pour un dîner d'affaires, ou deux amis se faire un câlin d'au revoir avant un long voyage. Tant de petites joies de l'existence qu'elle ne pouvait plus vivre à moins de s'emitouffler des pieds à la tête dans une combinaison de cosmonaute et encore, ça n'était pas autant une garantie de sécurité car il suffisait qu'Itward considère un contact comme une menace -et il lui fallait très peu pour cela- pour qu'il laisse s'échapper des lames pour qu'elles se plantent dans l'importun comme elles s'étaient plantées dans la peau de Niels à la garderie, au point que Coraline mettait un point d'honneur à ne jamais risquer le moindre contact avec le commun des mortels même si parfois elle se laissait aller, comme à la garderie, ou même tout simplement dans ce moment d'urgence qu'elle avait ressenti en voyant son précieux flacon entre les mains du marionnettiste.

« Mais oui, c'est ça, fiche le camp. Je suis pas « douce » et je crois qu'on a tous les deux remarqué ce détail dès le moment où j'ai gelé tes pauvres petites mains à la garderie alors va jouer à la poupée et fiche moi la paix. »

Elle l'avait simplement défié du regard avant de lui tourner le dos en croisant les bras, bien qu'elle ne pouvait s'empêcher d'avoir cette envie de pleurer que les gens pouvaient avoir, même si dans son cas c'était particulier parce que les larmes étaient si douloureuses qu'elle avait appris à les réprimer autant que possible. Alors elle n'avait que ses yeux qui rougissaient et piquaient au point que ça lui donnait un air particulièrement effrayant, et elle n'avait pas envie qu'il voit l'ampleur des dégâts de ses paroles sur elle, surtout qu'elle avait la nette impression que ça lui ferait bien trop plaisir de voir que c'était si facile de la mettre dans tous ses états, elle qui était pourtant physiquement impossible à blesser. Elle restait plantée là sans plus vouloir le regarder, se fichant même de ce qu'il tenterait de faire à partir de là en sachant pertinemment qu'il ne s'approcherait pas puisqu'il ne voulait probablement pas risquer plus de blessures sur son corps déjà passablement marqué par les effets de son temps passé avec Coraline. Elle ne culpabilisait pas le moins du monde, à vrai dire ; elle se fichait bien de l'avoir blessé à nouveau, et c'était là qu'il se trompait sur toute la ligne en pensant que lui montrer sa nouvelle blessure allait lui faire le moindre effet. Non, Coraline était bien trop égoïste pour penser un seul instant au fait qu'elle lui avait quand même fait du mal physique, plus préoccupée par le fait que LUI lui faisait du mal psychique à elle, avec ses remarques à n'en plus finir. Dans tous les cas, ce n'était pas en jouant sur la culpabilité qu'il allait avoir la main mise sur elle ; mais elle était malgré elle en train de lui dévoiler une toute autre facette de son fonctionnement, même si à cet instant elle s'en fichait autant que de la brûlure sur la main du marionnettiste. Une facette dont elle n'avait pas honte non plus à vrai dire, le fait qu'elle puisse être passablement susceptible quand on venait sans cesse piquer au même endroit ; comme on avait pu le constater plus tôt, Coraline était une personne qui avait la gâchette facile, il suffisait de la provoquer de la bonne manière et elle dansait, oh, elle dansait. Même si dans son cas c'était de la danse improvisée alors certes, elle dansait, mais on ne pouvait jamais anticiper quel serait son prochain mouvement…

Elle fut quelque part soulagée de l'entendre approcher de la porte d'entrée, prête à lâcher un soupir long et bruyant quand il aurait refermé la porte derrière lui mais elle pesta quand elle l'entendit rajouter encore quelque chose après tout ce qu'il avait déjà dit -décidément il ne s'arrêtait jamais… bien qu'elle tendit l'oreille lorsqu'elle réalisa qu'il parlait de la poupée, par rapport à la question qu'elle avait posé plus tôt. Elle se retourna vers lui, décroisant les bras d'un air intriguée bien qu'elle resta silencieuse. Décidément, il avait un souci du détail passionnant, de se souvenir ainsi de cette question qu'elle avait au fond posé de manière hasardeuse ; mais surtout, pourquoi prenait-il la peine d'y répondre ? C'était à n'y rien comprendre. Pourquoi s'obstinait-il ainsi à prolonger leur temps ensemble, sérieusement ? Il ne cessait de répéter qu'elle devait avoir un côté sado à force de vouloir le blesser -même si « vouloir » n'était pas exactement le bon terme-, mais il devait carrément avoir un côté maso à toujours vouloir prolonger leurs entrevues même après les événements de la garderie. Et bien sûr, il vint encore une fois piquer en lui reprochant le fait qu'elle avait explosé la poupée, alors que c'était lui le responsable puisque c'était lui qui lui avait envoyé sur la figure. Levant les yeux au ciel encore une fois, elle haussa les épaules, n'ayant plus envie de s'énerver comme auparavant, prenant une voix doucereuse à son tour.

« Niels, Niels, Niels. Figure-toi que j'aime bien entendre les gens me raconter l'histoire de leurs poupées, d'où la question ; je trouve que savoir leur parcours aide à pouvoir les réparer de la bonne manière. Tu avais si bien commencé en me racontant ces jolies choses ; mon estime de toi allait presque remonter en entendant que tu réservais un destin plus sympathique à cette poupée que la laisser sur une étagère, mais bien sûr il faut que tu viennes tout gâcher en me rabâchant encore une fois que c'est moi la responsable de sa misère. Mais je te rappelle que c'est toi qui me l'a envoyée sur la figure, comme un général bien à l'abri derrière les rangs qui envoie ses soldats vers une mort certaine, alors réfléchi un peu avant de répéter que tout est de ma faute, ce n'est pas moi qui a jeté ma propre poupée dans la gueule du loup... »

Elle lui sourit en l'entendant soupirer alors qu'il se tourna vers la porte, lui offrant ses dernières salutations, quand…

Fou rire.

Étonnement d'abord ; les yeux ronds, la main posée sur sa bouche ouverte, puis fou rire aussi puissant qu'un « standing ovation ». Elle riait et si ses glandes lacrymales avaient été normales elle en pleurerait de rire. Niels, si digne et noble, si mesuré et soutenu dans ses propos, venait de se retourner trop vite en se prenant le haut de la porte droit dans le nez, relâchant des jurons dans une langue que Coraline ne connaissait pas -mais qui sonnaient comme une douce mélodie à ses oreilles, après tout ce temps à se faire incendier de paroles sarcastiques, de voir que la porte de sa boutique était de son côté lui faisait plus plaisir que de raison. Non, vraiment, le potentiel comique de la scène atteignait des sommets ; elle qui était incapable de trouver des mots cinglants comme il le faisait si bien contre elle, elle se retrouvait vengée en une poignée de secondes par une porte trop basse -ou, de son point de vue, par un homme trop grand pour son propre bien. C'était étrange cette dynamique qui avait pu naître entre eux ; il jouait avec les mots pour la faire danser, et ne cessait de se faire avoir physiquement par le karma, via la peau ou l'environnement de Coraline. Maltraitance psychologique, maltraitance physique, chacun se retrouvait puni à sa manière, et après une longue discussion si pénible aux oreilles de Coraline, le craquement du nez de Niels contre le bois au-dessus de la porte était devenu une des plus belles chansons pour les oreilles de la jeune femme, la soulageant instantanément de tout ce qui venait de se passer entre eux. Entre deux éclats de rire, elle parvint même à lui rendre la monnaie de sa pièce…

« Et la porte aussi tu vas lui balancer des sarcasmes pour te passer les nerfs ? Parce qu'on sait tous les deux qu'elle ressent autant la douleur physique que moi mon cher, alors tu vas difficilement pouvoir la taper… Quoique, ton nez a eu l'air de penser le contraire. »

Nouvel éclat de rire ; elle ne parvenait pas à se calmer, alors qu'il se tenait l'arrête du nez pour éviter d'inonder son visage de sang, pendant que Coraline se tenait au comptoir en entourant ses côtes d'un bras tant elle avait mal à force de rire. Quand enfin elle parvint vaguement à se calmer, ayant la chance de ne pas avoir la vision floutée par des larmes puisque ses capacités lacrymales étaient limitées, elle releva le visage vers lui, clignant un peu des yeux qu'il… souriait. La tête relevée vers l'arrière, la main toujours autour du nez pour limiter le saignement, il arborait encore et toujours son sourire colgate -bien que c'était maintenant le colgate blanc strié de rouge-, ce qui évoqua une grimace blasée du côté de Coraline. Ne s'arrêtait-il donc jamais ?

« Attends, je vais chercher mon kit de premiers secours… enfin. De quoi te soigner plutôt. Et de la glace, je crois que j'ai de la glace quelque part... »

Car le kit en question était probablement aussi introuvable que les outils précédemment ; mais quoiqu'il en fut, elle disparut à nouveau dans son atelier, farfouillant un peu partout en se remémorant ce grand moment de solitude pour lui, laissant échapper un petit rire de temps en temps, se demandant s'il était toujours dans la boutique ou s'il avait préféré fuir de ce moment de honte total pour lui -bon, elle s'imaginait qu'il avait terriblement honte, mais ça lui faisait tellement plaisir quelque part qu'elle ne pouvait s'empêcher de croire que parfois, oui, parfois, il avait des réactions d'humain normal… Ah ! Elle mit la main sur de la ouate, une bande de gaze, un ciseau et un paquet de mouchoirs, et fourra le tout dans ses poches en jetant un œil du côté de son minuscule frigidaire qui possédait un tout aussi minuscule compartiment de congélation. Fort heureusement pour lui, elle y conservait depuis un bout de temps un paquet de légumes congelés, ce qui allait devoir suffire pour soulager la douleur à Niels au moins l'espace de quelques instants. Sifflotant presque tant la situation la mettait de bonne humeur, elle s'en retourna à la boutique pour le trouver appuyé sur un de ses meubles -pour pas changer…-, lui annonçant avec une joie peut-être un peu trop flagrante ce qu'elle avait déniché à l'arrière.

« J'ai de la ouate et des mouchoirs pour arrêter ou au moins ralentir le saignement… et un paquet de légumes congelés pour poser sur le nez, histoire d'éviter que ça gonfle trop, t'es déjà assez consistant comme ça… ça va te valoir une nouvelle visite à l'hôpital je crois. Et c'est pas ma faute cette fois-ci ! » À vrai dire, le contraste provoqué par la situation avait endormi l'animosité de Coraline à nouveau, et elle se sentait comme une petite infirmière en charge d'un patient, tandis qu'elle lui tendis le matériel précautionneusement, histoire d'éviter qu'ils ne rentrent à nouveau en contact au niveau des mains… « Oh attends, j'ai une idée. » Elle partit fouiller à nouveau dans les tiroirs de son comptoir, pour en sortir triomphalement un paquet de gants en plastique -quand on avait autant de bazar on pouvait littéralement trouver de tout- et elle s'empressa d'en enfiler une paire avant de retourner près du « malade », bien trop joyeuse pour les événements qu'elle avait sous les yeux. « Promis, je te fais pas mal, d'accord ? Enfin, pas moi directement, si ça te fait mal quand je touche c'est normal, tu viens de t'explo… t'exploser le… t'exploser le nez. » Dire ce qui s'était passé à haute voix réveillait encore et toujours un rire au fond de ses tripes, bien qu'elle essayait de s'en empêcher pour éviter de le froisser encore plus, lui qui était déjà en bien mauvais état. « Tu tiens un mouchoir pour arrêter le saignement pendant que je te tiens le paquet de légumes sur le nez d'accord ? Comme ça tu peux toujours t'appuyer à ta canne ou que sais-je, et je peux regarder au passage si c'est pas plus grave que ça en a l'air... » Elle eut une petite grimace à l'idée qu'il ait pu carrément se casser le nez, et qu'il ne vienne encore une fois l'accuser, que tout est de sa faute vu que c'est SA porte de boutique ou que savait-elle encore qu'il serait capable d'inventer… « Et avant que tu me la sortes, parce que je suis sûre que tu vas pas hésiter à me sortir un truc sur le fait que j'essaie de te soigner après t'avoir mis dans cet état… Quand c'est pas moi qui cause la douleur, c'est pas amusant, alors autant te filer un coup de main. Et tu sais, je suis réparatrice de métier, alors même si les blessures que je soigne normalement sont celles imprimées dans la porcelaine ou le tissu, je suis sûre que ça peut se transposer sur la chair. »

Elle haussa les sourcils en souriant comme pour le défier du regard, bien que ses yeux pétillaient beaucoup trop pour être totalement innocente, tandis qu'elle examinait le pauvre nez du géant avec une étrange attitude qu'elle n'avait pas montré jusqu'alors, comme un plaisir à être aux petits soins… quelque chose comme cela. C'était bien étrange venant d'elle, mais avec toute la tourmente qu'il avait réveillé à force de la tacler sur le fait qu'elle ne cessait de blesser les gens qu'elle touchait, le fait de pouvoir l'aider même peu ou indirectement à se soigner d'une blessure même si ce n'était pas elle qui l'avait provoquée lui faisait… plaisir. Un peu comme si ça la rassurait elle-même, qu'elle ne faisait pas que faire du mal mais qu'elle pouvait aussi faire du bien, et un peu aussi comme pour lui prouver qu'elle n'était pas qu'une destructrice, qu'elle était une réparatrice et même si en temps normal cela s'appliquait d'abord aux poupées, ça ne voulait pas dire qu'elle ne voulait pas mettre ses mains au service de la reconstruction de personnes bien vivantes. Elle toucha du bout de ses doigts cachés dans les gants qu'elle portait son nez, et, bien sûr, rien ne se produisit du point de vue d'Itward, mais Niels eut malgré tout un léger mouvement de recul, réflexe sous le coup de la douleur ; et tandis qu'elle maintint le paquet de légumes sur son nez sans appuyer, simplement pour soulager, elle se mit à l'observer de plus près, sans vraiment y faire attention, car c'était bien étrange de se retrouver à nouveau si près de lui sans que ce soit pour le tuer comme à la garderie. En fait, la situation était même totalement l'inverse, maintenant qu'elle essayait de le soigner, et elle se dit simplement que c'était étrange que la proximité physique soit autant une source de douleur et de blessures que de soins et de douceur.

« Je ne crois pas que ce soit cassé, mais il va sûrement te rester un bleu… Mais bon, vu ton aspect actuel, je crois que ça passera inaperçu avec le reste. » Elle lui adressa un léger clin d'oeil, se sentant bien trop légère face à la situation. Et, pour ne rien ajouter à l'absurdité de son attitude, elle lui demanda avec toute l'innocence du monde : « C'était quoi la langue que tu parlais tout à l'heure ? C'était joli, la résonnance. Mélodique, quelque part. »

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Niels Mørck

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MessageSujet: Re: Thank you for all the pain 'cause it made it be so much more fun | F. Coraline Dagenhart   Dim 2 Avr - 20:33




Niels avait manqué de vigilance sur ce coup-ci, cruellement même et en réalité il était trop occupé à vouloir affronter en quelque sorte verbalement Coraline qu’il en avait oublié d’appréhender son espace, oubliant totalement le fait qu’il lui fallait se baisser pour pouvoir pénétrer ou sortir de la boutique sa réparatrice préférée. C’est dans cette instance de perturbation mais surtout de douleur on ne peut plus normale pour le coup, car après tout il n’avait pas cette chance incroyable que d’avoir une peau indestructible de son côté contrairement à une certaine petite personne avec qui il prenait un trop malin plaisir à affronter d’une manière ou d’une autre, qu’il n’avait pu s’empêcher d’offrir tout un joli florilège de mots peu glorieux dans sa langue natale et surtout perdre l’espace d’un instant son précieux sourire qui faisait office de masque qu’il offrait au reste du monde pour couvrir ce qu’il était réellement. À savoir un être de plus en plus vide dont le cœur était en miettes et horriblement incomplet, aux sentiments qui s’effritaient à mesure que le temps pouvait bien lui continuer sa course sans en être préoccupé, mais surtout qui était prêt à tout pour obtenir ce qu’il souhaitait le plus au monde sans le moindre état d’âme. Son véritable visage qu’il pouvait bien avoir derrière ce contrôle permanent qu’il avait sur lui-même, la moindre de ses paroles ou de ses actions n’étant que le fruit d’une réflexion intérieure au point que Niels savait parfaitement que quelqu’un part il était aussi bien le marionnettiste que la marionnette de sa propre existence mais qui lui semblait de surcroît nécessaire, au point de refuser désormais que quelqu’un puisse le voir tel qu’il était réellement parce qu’il était inconcevable maintenant de se défaire de cette image si précieuse qu’il pouvait bien offrir en spectacle de manière si constante. Parce qu’il était aussi devenu plus facile de faire semblant que de réellement ressentir quelque chose de toute évidence, étant devenu difficile s’il était un monstre se faisant passer pour un humain ou l’inverse de manière si subtile dans son fonctionnement et sa manière d’agir qui n’avaient qu’une logique que lui seul pouvait bien comprendre, car après tout il le savait mieux que quiconque le sourire était le meilleur déguisement du monde que personne ne venait ainsi soupçonner et lui laissait le loisir de pouvoir doucement mais certainement continuer à tirer ses petites ficelles dans l’ombre comme il l’avait toujours fait. Néanmoins, l’espace d’un bref instant en tout cas, c’était comme si le masque avait glissé et qu’il laissait cette sensation colérique dicter un peu trop à son goût la réaction pourtant si normale qu’il ait bien pu avoir en lançant ce flot d’injures tandis qu’il se tenait l’arête du nez pour éviter que le sang ne vienne trop couler d’un coup en abondance même s’il pouvait le sentir déjà tomber pour atteindre ses lèvres.

Ce fut le rire de Coraline, qui résonnait si fortement dans toute la boutique, qui permit tout d’un coup à Niels que de vouloir se reprendre et surtout le ramener vers la réalité au lieu de vouloir se laisser submerger par une vague expression d’une colère qu’il n’était même pas sûr posséder dans le fond. Ainsi reprenait-il son masque souriant en un instant, comme si tout ce petit épisode avec la porte n’avait pas eu lieu et malgré la désagréable sensation que ceci pouvait lui offrir quelque part à cause des muscles faciaux qui venaient sans qu’il ne le souhaite bouger de façon minimale celle de la zone toucher, mettant de côté au possible la douleur physique en cherchant au fond de lui à garder ce calme constant dont il faisait preuve et ainsi étouffer dans ce vide grandissant la moindre forme de protestation qui aurait bien pu se faire de sa part. Tout n’était qu’une question d’apparence et d’illusions, rien n’était vrai et quelque part c’était bien dans son travail de marionnettiste de base que de réussir à envoyer de la poussière aux yeux pour cacher les ficelles qui pouvaient bien animer les pantins et par extension la vérité, tandis qu’il laissait la petite gothique se lancer sur la voie de la comédie si pittoresque dans un jeu de mots qui aurait pu l’amuser grandement s’il n’en avait pas forcément été ainsi la victime. Parce que ce que la réparatrice venait de faire c’était jouer sur les mots et c’était une facette qu’il adorait pour sa part sauf présentement, peut-être qu’avec du recul il pourrait l’apprécier à sa juste valeur mais dans l’état actuel des choses l’envie était assez passable pour souhaiter la relever, et dans un sens si Niels n’avait pas eu ainsi le nez en sang il aurait pu trouver aisément quelque chose à rétorquer ou sur lequel rebondir de la même façon que Coraline avait pu le faire. Mais au lieu de ceci il gardait juste le silence et son sourire comme seule arme qui n’étaient pas à son sens des moindres, les mots avaient une force puissante mais parfois ne rien dire pouvait être une notion beaucoup plus précieuse et qui avait un impact qui se voulait bien plus grand que ce que l’on pouvait croire, et il en voulait pour preuve le fait qu’en voyant la façon qu’il avait ainsi de prendre les choses la jeune femme s’était comme coupée nette dans son élan euphorique que de le voir ainsi se blesser contre la porte. Lui offrant quelque part une certaine satisfaction qui restait tout de même assez acide, n’étant jamais agréable de se faire blesser – du moins pas de cette façon qui manquait tant de classe, mais l’animateur s’en contenterait largement si c’était tout ce dont il avait le droit.

En revanche, il était sur le point de partir après cette cuisante humiliation qu’il avait pu recevoir, n’étant que le résultat d’une génétique qui l’avait fait trop grand pour un espace bien trop petit à son goût avant que Coraline ne vienne l’arrêter dans ses paroles qui le laissaient sur l’instant assez perplexe. En réalité Niels ne comptait pas s’éterniser ici et encore moins après le coup qu’il avait eu, le fait qu’il puisse avoir arrêté le rire certes musical de la réparatrice mais aussi grisant à ses oreilles, se sentant prêt à partir sans demander son reste car à son sens de toute évidence les blessures physiques n’étaient pas quelque chose que la propriétaire des lieux pouvait bien maîtriser lorsqu’on regardait le fait qu’elle était imperméable au possible. Il la regardait ainsi partir à l’arrière pour se rendre dans la partie atelier, celle qu’il ne pourrait très certainement jamais voir mais qui le rendait pourtant si curieux que de découvrir ce  lieu avec une pointe d’horreur pourtant rien que d’imaginer à quel point l’ordre était le même que pour le reste du bâtiment à savoir si chaotique, hésitant un faible moment sur la démarche à suivre alors que ses yeux se portaient sur la porte qui elle n’avait subi aucun dommage bien évidemment. Partir ou rester. C’est ainsi que Niels se mettait à analyser la situation dans laquelle il était et surtout ce qui pourrait découler de son choix, abordant ainsi tous les angles possibles et les chemins à emprunter mais surtout sur quoi ils pourraient bien déboucher, appréhendant ainsi du mieux qu’il pouvait ce qu’un bon nombre de personnes nommaient « l’effet papillon ». Cette fameuse croisée des chemins qui déterminait à un moment précis un possible changement dans la vie, même si dans ce cas précis le choix semblait minime il était inconcevable pour le marionnettiste de ne pas connaissance comme si ceci pouvait avoir une importance capitale pour la suite malgré tout, y réfléchissant ainsi un temps tandis qu’il pouvait entendre Coraline farfouiller de l’autre côté de l’armoire qui pouvait faire office de porte et qui séparait ainsi la partie publique de celle privée. Il ne voulait pas prendre cette décision à la légère alors que le facteur blessure était quelque chose qu’il mettait de côté dans cette histoire, s’il voulait vraiment se faire soigner il n’avait qu’à voir un médecin même si à l’allure qu’il y allait dernièrement il devrait très probablement demander s’il n’y avait pas une carte fidélité, ce qui devait entrer en compte en revanche c’était ce qu’il pourrait en tirer ou non dans cette histoire et donc la seule chose viable selon lui.

Ce n’était qu’après cette réflexion que Niels décidait finalement de rester, se posant un peu sur un meuble non loin tant il ne voulait pas prendre le risque de s’appuyer plus sur sa jambe que ce qu’il avait besoin de base et poser par la même occasion le sac qui contenait la poupée ainsi que les outils, passant le revers de sa main sous son nez pour essuyer en partie le sang qui avait pu et coulait encore. Pourquoi rester ? Parce qu’il avait tout à y gagner, beaucoup plus qu’en partant en tout cas, sachant quelque part que plus longtemps il restait avec Coraline puis il avait de chance que ceci puisse déboucher sur quelque chose de tellement amusant et surtout qui pourrait rassasier un brin sa curiosité sur ce personnage si extravagant qu’elle pouvait être. Elle était une énigme qu’il voulait découvrir et qui l’intéressait sur un plan exclusivement enfantin quelque part, comme un jouet qui avait encore de l’intérêt à ses yeux même s’il était certain qu’une fois cette petite nouveauté savoureuse passée il passerait à autre chose sans demander son reste, d’autant plus que le fonctionnement dont elle faisait preuve avait tellement de facettes qu’il s’était retrouvé un instant surprit de voir la complexité qui faisait que Coraline était justement Coraline. Beaucoup de personnes restaient de véritables livres ouverts aux yeux du marionnettiste, son côté grand observateur et analyste faisaient que dans certains cas si insipides il pouvait déjà appréhender les réactions futures sans grand mal, mais cette petite gothique elle était à un rang supérieur qui ne faisait qu’animer son côté joueur qui prenait un plaisir certain à décortiquer les moindres de ses réactions ou de ses mots. Et il avait besoin d’en voir plus, parce que Niels avait une ambition qui n’avait aucune limite et quand celle-ci le poussait à devoir trouver le plan mental d’une personne il faisait pour aller le plus loin possible, quitte à devoir s’initier dans son esprit et ainsi s’implanter comme une mauvaise herbe qui ne faisait que grandir comme ce fut le cas avec Cassandre qui avait terminé par avoir ce geste irréversible envers un homme. La mentalité humaine était une chose si fascinante et le cas de la réparatrice pouvait passer comme une perle d’exception dans le lot, braquant aussi son regard vers elle lorsqu’elle revient dans son sillage alors que son sourire ne l’avait pas quitté pour sa part et tellement bien remis à sa place, voulant en voir toujours plus dans cette mauvaise habitude avide. Il penchait un peu la tête sur le côté à ce qu’elle disait, relâchant la pression sur son nez qui avait déjà l’air de se calmer niveau saignement, reprenant cet air qu’il avait constamment.

« Voyons Coraline. Je sais encore faire la différence entre une porte et toi, je sais très bien que tu n’y es pour rien si c’est ceci qui t’inquiète vraiment dans cette histoire, même si elle a dû faire preuve d’un peu plus de douceur que toi. Petite plaisanterie. »

La précision était de mise, préférant prendre les devants avant qu’elle ne vienne s’énerver pour un rien car il n’avait pas spécialement l’envie de regretter son choix d’être resté pour pouvoir gérer les états d’âme de Coraline, et dans un sens c’était aussi lui montrer la manière dont il prenait cette histoire à cœur à savoir sur un bon ton ou du moins en apparence. Il était d’ailleurs assez comique de voir au passage à quel point tous les deux prenaient un soin certain à échanger de main le nécessaire de soin, de manière sans doute bien trop consciente surtout après leur formidable bataille à la garderie qu’il valait à Niels d’être actuellement dans un état assez déplorable il devait bien lui concéder sans grand mal, préférant de son côté éviter de devoir prendre le risque de se faire brûler ou même geler une nouvelle fois les mains car c’était l’aspect le plus catastrophique à son sens pour un marionnettiste que se retrouver incapable de se mouvoir comme il faut. Il avait eu son quota pour la journée et les jours à venir, même si celui-ci en peu de temps avait grimpé en flèche et notamment par son manque de vigilance de ce fait au point qu’il ne pouvait que se blâmer lui-même que d’avoir pu oublier ainsi un détail pourtant si important, souhaitant éviter de devoir faire grimper ce taux encore plus haut et au moins Coraline avait l’air d’accord avec lui. Il venait la suivre des yeux sans comprendre sur soi-disant une idée qu’elle avait pu avoir, se méfiant peut-être un peu trop ce celles que la réparatrice pouvait bien avoir pour le coup, alors qu’elle lui demandait d’attendre il ne savait quoi avant de la voir sortir une paire de gants qu’elle enfilait pour revenir vers lui. Finalement ça pouvait lui arriver d’avoir un éclair de lucidité, comme quoi tout pouvait arriver et qui faisait rire intérieurement Niels en la voyait faire, comprenant bien pour qu’elle raison bien trop évidente elle faisait ceci à savoir éviter le moindre contact direct entre eux. Elle neutralisait d’elle-même un possible problème qui pouvait se présenter pour lui, car concrètement c’était bien lui la victime de cette particularité tactile dont elle était capable alors que de son côté elle avait l’air de se porter comme un charme, tandis qu’elle s’empêchait de rire de manière trop évidente en mentionnant ce petit accident qu’il avait pu avoir en rencontrant de trop près la porte de la boutique. Décidément elle faisait réellement preuve d’un manque de maturité pour lui, prenant un mouchoir pour le placer de manière à éviter que le sang ne continue à lui couler dessus tout en le maintenant avec sa main, s’exécutant si docilement à ce qu’elle était en train d’entreprendre car il était de toute façon inutile à son sens de venir compliquer beaucoup les choses sans réelle raison légitime avant d’avoir un léger rire à ce qu’il pouvait bien entendre en voyant l’occasion de la taquiner malgré elle.

« Alors on en est vraiment à ce stade-là toi et moi ? Je ne savais pas que tu prenais un certain plaisir à me faire du mal, je ne sais pas si je dois m’en réjouir ou non, j’étais loin de me douter que tu aies ce genre de petite tendance cachottière de… dominatrice. »

Est-ce qu’il venait de lui faire un sous-entendu masochiste ? Totalement. À défaut de pouvoir ressentir réellement ou pleinement des sentiments, faute de son cœur qui s’assombrissait de plus en plus, la douleur physique était au moins une alternative pour combattre peut-être une forme d’apathie qui pourrait bien s’installer chez lui. Néanmoins Niels ne voulait pas que Coraline puisse se braquer, ou du moins partir en quart de tour au point de venir appuyer exprès sur l’une de ses blessures pour le calmer car le contexte ne lui offrirait aucune satisfaction personnelle ou même plaisir pour sa part, il avait dit tout ceci avec le ton le plus amusé qu’il pouvait avoir histoire de bien souligner qu’elle ne devait pas prendre ses paroles au sérieux. Quoique. Bref. Cependant il gardait dans le coin de son esprit très précieusement le fait qu’elle voulait avant tout réparer les choses, que ce soit aussi bien des poupées comme son métier l’exigeait mais aussi des humains de ce qu’il y décelait dans ses paroles, actualisant ainsi les données qu’il pouvait avoir sur elle et surtout sur le fait qu’il n’arrêtait pas d’essayer de la faire en grande partie culpabiliser de la manière qu’elle avait eu de l’avoir ainsi blessé avec autant de violence à la garderie. Désormais il était plus que convaincu que c’était un point sensible et par extension une forme de faiblesse qu’il serait bon pour lui de venir exploiter, combiné avec le fait qu’elle voulait arranger ses erreurs ou du moins bien faire lorsque le mal physique était bien là pourrait offrir un cocktail ambigu tout à fait remarquable et qui pourrait faire ses preuves s’il venait à gérer le tout correctement, ruminant ainsi les mots qu’elle avait pu dire pour en ressortir l’essentiel tandis que comme un enfant discipliné il ne bougeait pas d’un centimètre alors qu’il voyait pourtant ses doigts gantés approcher de lui. Il aurait pu être légitime pourtant qu’il refuse qu’elle le touche ou même d’avoir une certaine peur en la voyant de la sorte, surtout après tout vu ce qui commençait à être un lourd passif entre les deux du point de vue entrer en contact physiquement, mais pourtant le seul petit recul qu’il avait pu avoir ne fut qu’un réflexe physique provoqué par la douleur partielle que la zone endommagée en quelque sorte avait eue à sa place tandis qu’il n’arrêtait pas d’afficher ce sourire à l’adresse de la réparatrice. Il n’était pas réellement du genre à se laisser impressionner pour si peu, très certainement en sachant d’autant plus que curieusement la volonté de Coraline était en cet instant de l’aider et non pas de l’enfoncer encore plus en venant tout d’un coup possiblement le frapper là où il avait déjà mal, malgré son passif commun avec la jeune femme il n’y avait clairement aucune peur de son côté.

Parce que Niels avait des peurs qu’il pourrait qualifier de plus légitimes quelque part, même s’il n’était pas réellement sûr pour le coup que c’était le terme le plus adéquat pour lui dans ce cas précis, mais surtout bien moins contrôlables que pouvait l’être une personne bien physique. Il y avait toujours moyen d’atteindre une personne physiquement et de l’atteindre, même si c’était plus délicat dans le cas de la petite gothique ça il le concédait très bien, pour finalement s’en débarrasser d’une manière ou d’une autre ce qui n’était aucunement le cas avec celles qui pouvaient bien l’habiter au plus profond de lui. Toutes reliées à une seule et même chose, même une personne qui avait pour lui la plus grande importance qui ne pourrait jamais être égalée, en la personne d’Alice. Ainsi avait-il peur d’un jour la perdre définitivement en se rendant compte que le jeu qu’il avait pu mettre en place entre ses poupées ne validait pas toutes les théories qu’il pouvait avoir, que ce se fait jamais elle ne connaîtrait la renaissance tant attendue qu’il lui avait promis de lui offrir le jour où elle avait pu le quitter de façon tellement prématurée, ou même peur qu’un jour il ne puisse plus jamais ressentir l’ombre d’un sentiment pour elle. Niels ne voulait plus ressentir pour autrui, venant se prémunir au possible alors que le morceau restant du palpitant dans sa poitrine tendait réellement dans cette direction, mais c’était avant tout pour se préserver au mieux et surtout ainsi offrir l’exclusivité de son cœur à la seule personne qui le méritait pour lui. Sauf qu’à force de venir ainsi annihiler la moindre forme de sentiment, même infime puisse-t-elle exister en laissant ce vide engloutir une vibration naissante, n’était-ce pas prendre le risque qu’il étouffe lui-même ce qu’il voulait offrir ? Une tendance si contradictoire en y regardant de plus près, qu’il essayait d’ignorer autant qu’il le pouvait et s’aveuglant de beaux mensonges qu’il pût se faire, créant ainsi sa plus grande peur à savoir son incapacité à aimer sa propre fille. Au fond Niels n’en restait pas moins un être humain plus banal qu’on pourrait le croire, même s’il avait tendance à avoir de plus en plus un rejeté de son humanité qu’il trouvait abjecte alors que paradoxalement il voulait aussi la maintenir, loin d’être aussi intouchable qu’il le souhaiterait parfois. Un problème ingérable contrairement à Coraline, étant aussi beaucoup plus visible et lui donnant l’illusion de savoir quoi combattre même s’il ne pouvait pas totalement la toucher au risque de se retrouver à l’hôpital de nouveau, la raison pour laquelle elle ne provoquait pas forcément une certaine peur chez lui et qu’il se laissait faire avec une docilité bien présente alors qu’il revenait un peu vers la réalité en l’entendant.

« Tu crois ? C’est toujours ça de pris je suppose, je n’ai plus qu’à espérer que ma petite réparatrice préférée fasse son travail de manière remarquable et on n’y verra que tu veux, après tout il ne manquait plus que ceci pour compléter ma magnifique panoplie du blessé. Qu’en penses-tu ? Tu valides pour Halloween ? »

L’autodérision il n’y avait rien de mieux que pour faire passer une situation dans les meilleures conditions possibles, Niels ne reculant nullement à l’idée de créer une bonne relation avec Coraline dans le but premier de mieux exploiter ses nombreux talents lorsque le moment s’en ferait ressentir, et de toute façon elle avait une partie tellement immature que le marionnettiste fût certain de lui faire de ce fait plaisir. Elle lui rappelait beaucoup les enfants qu’il gardait à la garderie, même s’il y avait aussi une complexité dans son caractère qui faisait qu’elle était tout aussi différente, pensant que c’était une bonne idée que de venir l’amadouer en restant dans un esprit assez humoristique sur les bords. Cependant il reprenait un certain sérieux lorsqu’il écoutait sa question sur la langue qu’il avait bien pu user tout à l’heure, lorsqu’il avait dans un fort moment d’égarement usé de sa langue primaire pour exprimer son mécontentement en versant ainsi un lot de gros mots compréhensibles que de lui-même, ne sachant pas réellement ce qu’il pouvait dire. Pourtant la question était tellement anodine, tout ce qu’il y avait de plus banale, mais elle bloquait quelque part chez lui pour une simple et bonne raison. Le secret. Moins il divulguait d’informations sur lui et mieux il se sentait, ne souhaitant pas qu’on puisse les utiliser contre sa personne comme lui pouvait le faire avec n’importe qui d’autre, même si cette tendance avait eu plutôt à se faire à l’instant même qu’il avait pris le nom de Rozen. Assez tôt il avait compris qu’en fabriquant des poupées vivantes, qui possédaient ainsi une âme toute à elles, il allait devoir se frotter à divers problèmes et aussi des convoitises dans un but tellement cupide qu’il refusait. Sa collection de ses sept poupées si formidables se devait de demeurer unique, la contre-faon n’étant pas quelque chose qu’il puisse tolérer et encore moins avec l’imposition d'un jeu qui avait pour but de découvrir la petite fille parfaite, prenant ainsi l’habitude d’offrir un certain mystère sur sa personne au point que même ses origines restaient un point d’interrogation dans une mer pleine de questions qu’on pourrait se poser sur son compte. Ainsi se retrouvait-il retissant sans un premier temps à répondre, laissant sans doute un certain flottement se faire dans la pièce tandis que Coraline était toujours employée à lui tenir encore le sachet de surgelé, la fixant quelque peu alors que même dans sa position à moitié assise contre le meuble il constatait qu’il restait plus grand qu’elle en cet instant.

Mais qu’est-ce qu’il pouvait bien craindre de sa part franchement ? Rien, en dehors d’un bon ravalement de façade comme elle savait si bien le faire mais encore fallait-il le provoquer, du moins à première vue même si Niels avait un sérieux doute à ce qu’elle puisse faire dans la manipulation de ce qu’elle avait pu apprendre de sa part de façon plus ou moins frontale. Au contraire même, elle avait hurlé dans une crise monumentale à la garderie qu’elle avait été justement la victime de ce genre de machination qui était en quelque sorte la spécialité du marionnettiste, la voyant mal replonger dans toute cette affaire de près ou de loin même si c’était pour devenir celle qui vient à tirer les ficelles. Elle lui avait encore dit tout à l’heure qu’il s’était caché derrière des petits soldats sans bouger, sous-entendu ici qu’il lui avait lancé sans honte les poupées et autres jouets de la garderie à la figure en venant les animer avec son pouvoir, ne faisant qu’appuyer le fait qu’elle avait horreur de forcer les personnes à se sacrifier sans se salir les mains soi-même. C’est peut-être au final cette réflexion qui faisait dans un sens plier Niels à accéder à sa requête ne voyant pas vraiment de toute façon ce qu’elle avait à y gagner ou lui à perdre, ce n’était qu’une discussion en toute banalité. Parfois il avait tendance à oublier que tout n’était pas forcément compliqué, une sombre affaire de manipulation ou un jeu assez tortu auquel il pouvait bien participer, tandis qu’il faisait mine d’être occupé à éponger un peu plus le sang qu’il sentait bien moins couler tout en passant un rapide coup de langue pour retirer un peu du liquide carmin qui se trouvait dans sa bouche. Une manière d’agir comme pour justifier le fait qu’il ne lui répondait pas aussitôt, comme pour lui signaler qu’il était occupé partiellement mais pas de panique il arrivait bientôt l’éclairer sur ce point-ci, toujours dans cette optique primaire de faux-semblant et de ne pas réveiller le moindre soupçon de ce fait pour endormir si possible la possible méfiance de Coraline envers lui. Il ne devait pas non plus voir ceci comme un privilège qu’il lui faisait, peut-être un tout de même, mais plus comme un moyen d’aller de l’avant et ainsi avancer les choses tout en lui prouvant qu’elle et lui pouvaient tout aussi bien avoir une discussion des plus normales possibles. Si. Comme quoi avec un peu de bonne volonté d’un côté comme de l’autre, bien que la prochaine fois il voudrait éviter d’être blessé pour ce faire, la mécanique pouvait marcher.

« Hm… C’est du danois. Ma langue natale, bien que j’en ai appris quelques autres à force de voyager un peu partout, de même pour ce qu’il en est de mon nom de famille en fait. Je ne sais pas vraiment si on peut la qualifier de mélodique, surtout pas vu les mots que j’ai pu dire quelque part, mais je n’ai pas trop l’occasion réelle de l’utiliser de toute manière ici. Mais un jour, si tu es assez sage, je pourrais toujours t’apprendre deux-trois mots en même temps que les noms réels des outils n’est-ce pas ? Parce que caillou troué ça fait pas très pro. »

Finalement c’était peut-être plus fort que Niels que de toujours piquer Coraline quelque part, d’une façon ou d’une autre comme dans un petit plaisir personnel, ne s’imaginant pouvoir être dans un sens aussi gamin sur les bords de cette manière. En fait, il n’y avait qu’avec elle qu’il arrivait à se permettre à lâcher un peu de leste, elle avait vu après tout une partie de son véritable visage et pourtant elle se trouvait toujours dans son sillage même s’il avait un peu forcé les choses en venant aujourd’hui. Cependant, c’était bien la nécessité qui l’avait poussé à aller à la possible confrontation avec elle et prendre le risque que de se retrouver encore plus blessé – bon c’était le cas présentement mais étant donné que ceci était indépendamment de la volonté de la réparatrice ça ne comptait pas réellement, même s’il avait présentement un certain amusement malgré lui. Mais après réflexion ce n’était que constater ce que les autres pouvaient être pour lui à savoir un divertissement, parfois même une opportunité de pouvoir avancer comme il le voulait aussi, et dans un sens la jeune femme en dérogeait ainsi nullement à la règle. Il l’observait toujours alors que la proximité était de mise, regardant en cet instant chacun de ses traits comme il pourrait le faire avec n’importe quelle poupée, à croire qu’entre eux ils ne faisaient que se repousser pour mieux se rapprocher dans certaines mesures comme il était de rigueur dans certaines danses. Pour Niels c’était peut-être même la meilleure façon pour qualifier leurs relations étranges, plus que des étrangers même si c’était relatif et moins que des amis, une rivalité qui s’exprimait ainsi où l’un comme l’autre protagoniste voulaient prendre le dessus tout en cherchant à attaquer de diverses façons tout en s’accordant des instants futiles comme pour faire le point ou profiter d'un entracte largement mérité. Mais Coraline ne serait jamais la gagnante, il s’en assurerait et il ne reculerait devant rien pour toujours avoir le dessus ou une longueur d’avance face à elle, son besoin de jouer était fort et celui de l’emporter encore plus parce qu’il était clair que le marionnettiste se lançait dans une forme de compétition que lorsqu’il était sûr d’avoir du challenge ainsi que la victoire. Il ne reculerait devant rien, comptant bien perturber au possible la réparatrice dans ses repaires surtout en ce qui le concernait, son sourire venant sans doute s’élargir à cette perspective venant tapoter la main qui était en train de toujours lui soutenir les légumes congelés comme pour la remercier mais surtout la perturber tout en profitant du fait qu’il ne pourrait pas se faire toucher par cette espèce d’armure naturelle qu’elle pouvait bien avoir.

« Tu vois, en y regardant de plus près, que tu sais être douce quand tu veux ma petite Coraline. Je ne pensais pas vraiment que tu irais jusqu’ici, me soigner de la sorte, je t’en remercie. Mais tu sais… tu disais tout à l’heure qu’on pourrait peut-être un jour s’entendre, même si ce petit instant tendrait dans ce sens, j’ai des sérieux doutes malgré tout. Si tu sembles avoir une adoration pour me blesser, et paradoxalement me soigner, je crois que j’apprécie beaucoup trop de mon côté voir ton joli visage de poupée être marqué par la colère que tu peux ressentir lorsque je t’embête. Et puis, comme tu l’as si bien fait remarqué dans ta façon de faire, tu ne m’apprécies pas beaucoup n’est-ce pas ? »

Une question rhétorique, qui n’attendait ainsi pas vraiment de réponses de sa part, alors qu’il continuait encore le tapotement qu’il pouvait faire contre la main de Coraline avant de s’arrêter et de prendre son mal en patience dans un bref soupir malgré son sourire bien apparent. Cependant tout ce qu’il avait pu dire était véridique, pas comme si le mensonge faisait partie de sa manière d’agir de toute évidence, Niels doutait qu’un jour ils puissent avoir une assez bonne entente entre eux. Pourtant il y avait quelque part une certaine complémentarité de par leur travail, lui le maître et elle encore une apprentie – à ses yeux en tout cas car hors de question de nommer une simple réparatrice comme étant réellement quelqu’un de qualifié, mais aussi dans la manière d’agir où elle se relevait être en quelque sorte une brute physique et lui dans la finesse mentale. Mais ils étaient avant tout diamétralement différents. De ce qu’il avait vu, ce qu’il avait pu observer depuis le premier jour où il l’avait croisé à la sortie de la garderie, Coraline était une personne qui était assez transparente dans sa manière d’agir ou même sa pensée. Si authentique, si franche, si simpliste. Elle avait laissé sa colère l’envahir, ainsi que tout un autre panel de sentiments dont certains échappaient désormais à la compréhension de Niels, et même si lui aussi en avait fait de même ce ne fut qu’un faible instant perdu dans un océan contrôlé qui ne laissait jamais place à l’improvisation pour faire ce qu’il devait faire ou même instaurer la meilleure option. Les différences l’emportaient plus sur le reste et c’est en ça qu’il en venait à cette conclusion, calculant ainsi le tout comme si ceci pouvait être une équation mathématique, mettant de côté le facteur humain comme à chaque fois qu’il entrait ainsi en compte comme facteur. Un bref instant durant lequel il arrêtait d’éponger le sang, reniflant légèrement pour voir où ça en était de ce côté-ci même si ce geste le tiraillait déjà, ressentant peut-être toute la fatigue réelle que tout son corps avait pu accumuler jusqu’ici et lui offrant presque l’impression de partir en morceaux. Ce n’était peut-être pas aussi faux, ce combat avec Coraline l’avait usé au possible, plus soulagé qu’il ne voudrait bien l’avouer le fait d’être en cet instant maintenu d’une certaine façon par un meuble et surtout cette pause improbable qu’elle venait lui offrir. Niels restait néanmoins lui-même et il se ramenait aussi vite à la réalité, il ne devait pas endormir un seul instant sa vigilance et surtout pas en camp encore ennemi, se tenant d’un coup le plus droit possible.

« Tu sais bien jouer les infirmières dis-moi, il manque plus que la tenue qui va avec pour l’illusion parfaite, je serais presque aux petits soins. Cependant n’en fais pas trop quand même tu veux, ce n’est pas parce que tu te dis réparatrice que tu peux réellement tout faire, je voudrais partir d’ici en entier. Enfin dans la mesure du possible. Tiens question. Pour les outils tu es pressée ou non de les récupérer ? Un délai maximum pour le temps que je peux les garder ? »

Et quelque part la perceptive de les rendre signifiait devoir de nouveau affronter Coraline, pas vraiment sûr que la jeune femme avait bien pensé à ceci, annonçant ainsi un futur round entre eux.







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F. Coraline Dagenhart

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MessageSujet: Re: Thank you for all the pain 'cause it made it be so much more fun | F. Coraline Dagenhart   Dim 28 Mai - 21:40



Thank you for all the pain 'cause it made it be so much more fun

J'ai lu entre les lignes tout en croyant les mensonges pendant bien trop longtemps et je ne sais toujours pas comment j'ai fais et maintenant la guerre est déclarée les lignes de combats se dessinent et je ne vois plus droit avec tout ce sang dans mes yeux



On pouvait constater avec soit amusement ou agacement que Coraline n’était pas à son premier paradoxe en ce qui concernait son comportement ; quand quelques secondes plus tôt elle ne désirait que le voir partir, comme si une tension grimpait en elle et ne pouvait qu’être brisée par la non-présence de cet homme aux multiples visages, cette même tension s’était vue s’amenuiser par ce spectacle fichtrement hilarant que Niels avait donné malgré lui. Elle qui avait quelque peu commencé à le voir comme un espèce de grand noble maniéré et ne pouvait s’empêcher de le considérer quelque peu comme un supérieur hiérarchique, du moins dans le domaine des poupées, son geste accidentel l’en avait fait prendre pour son grade, passant dans l’esprit de Coraline à menace potentielle quelque peu excitante et source d’admiration à un clown burlesque, ce qui avait automatiquement et pratiquement annihilé la méfiance qu’elle conservait à son égard depuis le moment où elle avait eu froid dans le dos en l’apercevant à l’entrée de la boutique. Et ainsi, malgré le fait qu’ils s’étaient cordialement battus presque jusqu’à la mort dans une certaine garderie, elle s’était soudainement transformée en petite infirmière aux petits soins pour sa victime, et si l’on ne connaissait pas Niels et l’assurance qu’il possédait derrière ses airs gentillets, on aurait presque pu croire que Coraline essayait consciemment ou non de lui insuffler le syndrome de Stockholm en le soignant après l’avoir mis dans cet état juste pour endormir l’animosité potentielle qu’il puisse ressentir à son égard. En réalité, c’était un jeu bien plus complexe qui naissait entre les deux, plus conscient chez lui que chez elle, car dans le cas de Coraline si elle avait ce geste pour lui ça n’était pas vraiment par compassion ou par stratégie, mais simplement parce qu’elle était du genre à n’avoir aucune constance entre un geste et le suivant. Une personne normale l’aurait peut-être chassé malgré sa blessure, ou alors aurait serré les dents en endurant la présence de quelqu’un qui avait dévoilé un visage bien plus effrayant que celui qu’il essayait de transmettre, tout cela par simple réflexe dû à la peur ; mais la peur n’était pas quelque chose qui affectait Coraline ou du moins pas de manière très classique, et l’on ne pouvait pas dire un seul instant qu’elle ait réellement peur de lui. Non, elle n’en avait pas peur physiquement, car elle avait pu constater qu’elle était en mesure de le mettre en pièces si elle y mettait les efforts et le sadisme nécessaire ; mais, comme un enfant qui oubliait vite ses tracas grâce à un câlin de papa ou maman, la peur psychologique que pouvait lui insuffler Niels avait disparu au moment où il avait perdu toute classe dans l’oeil de Coraline en se vautrant lamentablement contre le dessus de la porte, un peu comme si le voir ainsi était son équivalent d’un câlin réconfortant, la faisant oublier qu’elle était censée ne pas trop l’apprécier et qu’elle désirait plus que tout de le voir disparaître à jamais de son existence.

« Si la porte a été plus douce que moi, je n’ose pas imaginer dans quel état tu es en dessous de tous ces bandages. » Petite plaisanterie, comme c’était mignon qu’il ne vienne le préciser, comme si il se sentait à la merci de la demoiselle et qu’il avait peur qu’en la vexant elle ne vienne empirer l’état de son nez bien qu’elle avait déjà décidé que quoiqu’il fasse elle allait faire de son mieux pour le soigner un minimum. Et puis, elle ne partageait pas du tout son humour, au point que sa remarque, sans la vexer pour autant, n’avait pas fait apparaître l’ombre d’un sourire sur son visage. « Tu devrais travailler sur ton humour, vraiment... »

Même si en réalité sans qu’elle ne le sache, ils avaient tout simplement des humours incompatibles et plus généralement auraient été de ceux qui montent sur scène et tentent une blague pour se retrouver avec des bruits de criquets à travers la salle ; mais Coraline, personnellement, se trouvait très drôle, tout comme elle ne trouvait Niels pas drôle du tout, et peut-être que le vice versa de cette histoire était applicable, mais elle n’était pas dans sa tête pour le savoir. Mais malgré cette différence dans le ton il avait bien un point commun et cela était d’être plus immature l’un que l’autre, même si cela s’exprimait de manière différente entre les montées en créneaux de Coraline et les blagues vaseuses de Niels qui venaient elles aussi neutraliser son côté presque gentleman pour révéler un enfant de treize ans qui se forçait à être désagréable avec les filles parce qu’il n’avait pas la moindre idée de comment agir en leur présence. Tout du moins, c’était comme cela que Coraline s’imaginait de le voir sans se douter un seul instant qu’il n’avait rien d’un enfant et encore moins de choeur en ce qui concernait les relations humaines, et que cela pouvait se voir par le fait qu’il fréquentait très régulièrement un endroit comme le Rabbit Hole, endroit dans lequel Coraline ne mettait les pieds que pour descendre un maximum de shots en solitaire et, dans des moments où la Marionnette s’exprimait en elle, pour le plaisir de partir à la chasse juste pour couper court un peu brutalement à toute tentative de séduction dans sa direction. À vrai dire, contrairement à ce que son comportement enfantin et presque naïf laissait penser, ça n’était pas qu’elle était totalement inconsciente des choses plus adultes comme le désir ou la séduction, et son côté Puppet pouvait en être témoin tant elle devenait joueuse dans ces moments-là, mais disons simplement que son côté très capricieux et le fait qu’elle ne pouvait bénéficier du toucher d’autrui la conduisait à se comporter comme une gamine effarouchée dans les moments où elle n’était pas possédée par son côté plus chasseresse. En somme, vu de l’extérieur, on pouvait clairement la considérer comme une allumeuse de première, mais dans son cas c’était totalement non-assumé, et elle excusait ce comportement par le fait qu’elle ne pouvait être touchée et risquait de blesser si cela venait à arriver, et que donc, c’était toujours la faute des autres et pas la sienne.

Une gamine, disions-nous ?

Et en parlant de blagues vaseuses, Niels venait de délivrer une bombe qui ne manqua pas de crisper légèrement Coraline ; elle qui n’avait pas cherché du moins consciemment à faire le moindre sous-entendu, il s’amusait à déformer ses propos pour les rendre bien plus tordus que son intention d’origine, et elle pressa accidentellement un peu plus fort sur le nez de l’homme avant de s’excuser légèrement comme si cela était hors de son contrôle.

« C’était une façon de parler figure toi. Une « petite plaisanterie » comme tu dis, alors si tu pouvais arrêter de tordre mes propos et te transformer en mec méga-lourd ça nous arrangerait tous les deux, tu ne crois pas ? »

Mais le problème était qu’en réalité, même si Niels avait opté pour un ton amusé pour souligner la plaisanterie, ça n’était pas exactement faux et quelque part Coraline le savait pertinemment ; elle avait beau afficher les airs d’une simple femme-enfant qui n’avait pas conscience de ses gestes, son côté Puppet était la preuve qu’elle ressentait un certain plaisir à infliger de la douleur, en particulier aux gens vêtus de violet, pauvres âmes malchanceuses qui auraient dû réviser leur garde-robe. Ça n’était pas quelque chose qu’elle contrôlait ni cela dit quelque chose qu’elle reniait ; cela faisait entièrement parti d’elle-même, catapulté au premier plan par son passé mais si l’on réfléchissait bien cela n’était pas entièrement à cause de ses années passées en Puppet. Contrairement aux autres enfants elle avait gardé sa conscience enfantine durant cette période et c’était comme si la boîte de Pandore s’était ouverte, comme si la serrure de sa nature avait été ouverte par une clé maléfique et qu’elle avait ainsi appris à ne faire qu’un avec autant sa nature bonne qui voulait soigner et apporter son soutien aux gens qu’elle aimait ou qu’elle avait blessé comme elle le faisait avec Niels, et sa nature mauvaise qui la faisait sourire quand une proie se mettait en travers de sa route et qui éveillait une excitation nouvelle quand elle se retrouvait dans des situations comme celle de la garderie. Contrairement au commun des mortels elle n’était de loin pas entravée par une sorte de morale ou d’éthique personnelle qui la faisait rechigner à causer de la douleur ou de la destruction quand la situation l’imposait, elle n’était pas un héros ni même un anti-héros qui se déculpabilisait en faisant le plus de bien possible autour de lui ou cherchait une rédemption de pacotille mais elle n’était pas non plus foncièrement mauvaise au point que cela soit son désir ultime que de causer le mal ; non, c’était bien plus simple et complexe à la fois, elle ne faisait que répondre à ses instincts et ses désirs tels qu’ils se présentaient à chaque instant, et que cela serve à faire ce que les gens appelaient le bien ou le mal lui importait si peu tant que cela puisse assouvir ses pulsions ou que cela la mette en sécurité elle ou les gens pour qui elle avait de l’affection. Elle était autant la petite Fran Bow innocente malgré ses caprices, que la Puppet aux mains tâchées de sang, et elle le vivait bien mieux que la plupart des gens hantés par un passé plus morbide qu’il ne devrait l’être pour chacun.

Et c’était sûrement pour toutes ces raisons que malgré la froideur dont elle avait fait preuve, Coraline affichait une mine bien plus amusée qu’elle n’en avait conscience, et cette idée empoisonnée qu’elle puisse en fin de compte trouver un terrain d’entente paradoxal avec Niels s’insinuait encore un peu dans son esprit. Il n’en avait peut-être pas conscience mais cet épisode imprévu avait été sûrement l’élément central au plan interne qu’il pouvait avoir, celui de vouloir endormir la méfiance de Coraline pour rétablir un semblant de confiance de la part de la jeune femme, et même si elle n’oubliait pas pour autant ce visage si cruel qu’elle avait vu à la garderie, son côté Puppet et son absence de peur véritable à son égard la poussait à être plus intriguée par cet autre lui qu’elle ne le devrait. Il avait allumé la flamme d’un briquet et elle se retrouvait fasciné par celle-ci, ou peut-être plus adéquatement dans le cas de Coraline c’était comme s’il fredonnait une chanson en continu, comme s’il expirait une comptine sans le faire consciemment et que, de part sa nature de Marionnette, Coraline se retrouvait envoûtée par cette chanson et se retrouvait sans vraiment le savoir dans la position de la proie en se croyant pertinemment à la place du chasseur. Leur petit jeu à la garderie avait éveillé en elle une folle envie de s’amuser encore et encore avec lui jusqu’à pousser leurs gamineries dans leurs derniers retranchements, elle dansait avec lui et loin était le moment où elle serait fatiguée de cette danse, ce ballet était lancé et plus rien ne pouvait désormais l’arrêter. Oh elle avait bien tenté de faire fuir ce sentiment en se percevant comme hantée par cet homme qui pouvait à cause de ses propres actes détruire la vie de la jeune femme en toute impunité, tant il était aux yeux de la loi la victime de leur histoire ; et c’était dans cette volonté de fuite qu’était né ses cauchemars, ses hallucinations où un homme trop grand et dont la chair était perçée de fils de marionnettes venait toquer à la fenêtre de la boutique en lui assénant le sourire le plus effrayant possible. Mais dès l’instant où il avait montré son visage ce jour-là, cet éclair de lucidité avait proprement disparu pour ne laisser place qu’à ce jeu qu’ils affectionnaient déjà bien trop pour leur propre bien, et désormais elle n’avait pas d’autre choix que de constater qu’il faisait parti de sa vie pour le meilleur, et surtout pour le pire.

« Petite réparatrice préférée, hein ? » En bonne gamine qu’elle était, Coraline avait pris cette remarque au plus premier des degrés au point de se sentir flattée en ignorant totalement le sarcasme dont il faisait preuve subtilement ou non en disant cela, et quelque part il ne devait pas y avoir des milliers de réparatrices dans la ville alors ça n’était pas un exploit que d’être sa préférée, mais elle s’en fichait bien tant l’idée lui plaisait pour une raison ou pour une autre. « Pour Halloween, je ne sais pas, il faudrait plutôt demander à mon copain Jack, c’est lui l’expert dans le domaine… le roi d’Halloween en personne, et le mieux placé pour te dire si ton costume de momie est suffisamment crédible… Quoiqu’au niveau de l’âge je suis sûre que tu es bien placé, vu ta robustesse tu ne dois plus être tout jeune. »

Un œil pour un œil, non ? Puisqu’il semblait tellement s’amuser à la tacler de toutes les manières possibles, même s’il semblait prudent au point de bien souligner le fait que tout cela n’étaient que des plaisanteries innocentes, ça n’allait pas empêcher de venir le tacler à son tour. Une dent pour une dent ! Même si pour le coup malgré son geste plus brutal précédemment elle restait très consciencieuse dans ses gestes ; debout campée fermement sur ses jambes tout près de lui, elle ne regardait pas vraiment ses yeux ou tout du moins que périodiquement, le regard rivé sur son nez et le gros sac congelé qu’elle tenait délicatement dessus, au point qu’elle se mordait la langue par concentration intense. Elle n’avait pas particulièrement besoin de bouger ou de faire quelque chose et pour d’autres personnes cette immobilité et cette proximité aurait pu occasionner comme une gêne mais dans le cas de Coraline elle était bien trop contente de se la jouer soigneuse pour y prêter attention, au point qu’elle s’amusait à examiner le moindre recoin de son visage pour y déceler d’autres potentielles blessures qu’elle pourrait venir tenter de soigner. À vrai dire elle avait une envie folle de venir promener ses doigts sur chaque recoin de sa tête mais même si elle avait ses gants elle ne voulait pas s’y risquer, n’ayant pas la moindre envie de lui donner une autre raison que de la charier pour son côté « tripoteuse ». Alors elle luttait pour se passer l’envie que de venir faire son chat en se collant à lui ou en essayant d’examiner son visage d’une autre manière que ses yeux, et elle comblait ces instants en notant chaque détail qu’elle pouvait à son propos, tout en sachant qu’elle n’allait probablement pas les mémoriser ; c’était plus pour son amusement personnel et parce qu’elle ne passait malheureusement pas tant de temps que cela aussi près des gens, peut-être se sentant comme un aimant polarisé victime de ses propres lacunes en proximité physique. Quelque part dans cet esprit tordu qu’elle avait elle avait bien envie de retenter un baiser de la mort comme elle avait décidé de les appeler -n’ayant eu l’occasion d’en tenter un qu’avec lui jusque là- juste pour voir ce qu’il se passerait cette fois-ci, mais non pas par un désir volatile et sensuel comme il aimait le suggérer mais bien pour tenter le diable en personne ou plus précisément, pour provoquer Itward et voir s’il serait aussi passif que la première fois. L’ennui étant que si cela se reproduisait de la même manière Niels n’hésiterait probablement pas à la taquiner sur ce harcèlement involontaire alors qu’elle voulait surtout voir à quel point elle serait en mesure de venir écorcher ce beau visage qu’il avait comme elle avait écorché le reste de son corps.

Mais qu’était-ce donc que ces pensées qu’elle avait ? Elle cligna brusquement des yeux en se forçant à se ramener à la réalité, perturbée pendant une fraction de secondes d’être si attirée par la personne qu’elle voulait détruire initialement et qu’elle voulait toujours détruire à vrai dire plus que jamais, perturbation qui s’évapora très vite car c’était bien cela le propre de Coraline, que de vouloir détruire quelque chose pour lequel elle se sentait attirée. Loin du concept humain du désir et de la sensualité c’était plus proche que de la relation entre un prédateur et sa proie, une volonté de combler sa faim et son instinct de tueur par tous les moyens possible et cela pouvait bien passer par une attirance qu’elle ne souhaitait pas initialement. La Puppet qui ne désirait que de voir la peur envahir le regard des gardiens de nuit vêtus de violet s’était transposée chez Coraline en quelque chose de plus large et de plus complexe, et Niels dès le moment où son sourire avait disparu à la garderie était devenu bien malgré lui la prochaine proie aux yeux de son bourreau, de sorte que l’un comme l’autre était devenu le chasseur et la victime, chacun pour ses propres raisons et chacun à sa manière. Niels avait désormais comme une cible dessinée sur son dos et même si Coraline affichait une attitude de gamine qui ne voulait que le voir disparaître elle désirait surtout que de le voir détruit entre ses propres mains ou plutôt ses longues griffes de Marionnette, sans que la demoiselle ne sache qu’elle était elle-même devenue malgré elle la victime de la manipulation du marionnettiste pour le servir dans ses ambitions folles que de vouloir résusciter les morts ou plutôt, une morte en particulier. L’une guidée par ses instincts et son désir de vengeance, l’autre fonctionnant uniquement à travers sa volonté et sa douleur, tous deux brisés par la perte d’êtres si chers à leurs yeux. C’était si fascinant que de constater à quel point ils étaient différents, et à quel point ils étaient semblables tout en même temps, sans qu’aucun ne se doute qu’un autre point commun les surplombait encore, la silhouette sombre et terrifiante d’une certaine Autre Mère…

« Danois, tiens tiens ! Et grand voyageur sur les bords, c’est étrange je te voyais plutôt sédentaire, cela dit c’est plutôt logique vu ton faible pour les marionnettes, tu devais suivre les spectacles comme une fangirl suit son groupe préféré en tournée. Oh attends t’es marionnettiste donc c’était toi sur lequel on fangirlait… » La perspective de voir Niels entouré de groupies et les mains pleines de pantins l’amusait plus que de raison, mais elle reprit vite son sérieux. « Je me disais bien que c’était que des gros mots, vu le coup que tu t’es pris. Mais tu sais les mots vulgaires sont très mélodiques justement, ce n’est pas pour rien qu’une insulte à pour synonymes des « noms d’oiseaux » après tout, les oiseaux ne sont-ils pas réputés pour chanter comme des anges ? » Si elle était sage, disait-il ? Il n’avait pas la moindre idée à quel point elle pouvait être sage, tant que cela venait d’elle ; jamais elle ne serait sage juste pour satisfaire quelqu’un qui croyait la dominer. Encore qu’il se permettait de la taquiner à nouveau, au point qu’elle avait à son tour bien envie de jurer un peu, bien que pour Coraline les insultes prenaient une tournure plus… originale. Elle ne se servait pas ou rarement de mots classiques que les gens disaient tellement qu’ils perdaient toute signification ou portée, mais préférait au contraire inventer ses propres délires comme « fesses d’ananas » ou « pet de vache lobotomisée », quand les caprices prenaient le dessus sur son sang froid. « Je te l’ai dis non ? Les noms réels c’est pas drôle. Caillou troué ça en jette ! Et puis au moins tu sais directement de quoi je parle, parce que estèque ça me fait plus penser à des incas ou des mayas qu’à un outil de réparation si tu veux mon avis… Mais bon, c’est assez évident que tu fais parti de ces gens ennuyeux qui tiennent à ce qu’on appelle les choses par un nom particulier et seulement par ce nom. Quand je dis que tu as pas d’humour, ça s’étend dans tous les domaines... »

L’impatience se lisait dans sa voix, surtout parce qu’elle avait tendance à ne pas trop apprécier qu’on remette en question sa manière d’être. Elle était bien consciente d’être particulièrement différente quand il s’agissait des normes, tout comme elle avait tendance à ne pas s’en soucier le moins du monde jusqu’à ce que l’on vienne le lui jeter en pleine figure, et c’était peut-être pour cela qu’elle s’entendait aussi bien avec Jack Skellington. Outre le fait qu’ils avaient tout deux un attrait certain pour le morbide et le glauque, lui dans un ressort plus festif qu’elle cependant, il n’avait jamais été le genre à remettre en question les actions et les paroles de Coraline ni à la questionner sur le pourquoi du comment, probablement parce qu’il était surtout centré sur lui-même mais aussi parce que ça n’était pas dans son style, tout du moins c’était comme cela que Coraline le voyait de son point de vue très probablement aussi peu fiable que l’opinion de Jack à propos de lui-même. Mais le problème restait que sa tendance à manquer de patience dès que les choses n’allaient pas dans son sens laissait la porte ouverte aux plus charmantes plaisanteries de son comparse blessé, le pauvre marionnettiste qui n’en menait pas large physiquement mais qui cependant avait un don tout naturel pour venir faire travailler le mental de ses adversaires et victimes potentielles, et bien sûr, Coraline se jetait bien volontiers dans la gueule du loup, une mauvaise habitude qu’elle se disait devoir apprendre à maîtriser mais qu’elle ne faisait jamais en fin de compte, surtout parce qu’elle se reposait souvent un peu trop sur le fait qu’on ne pouvait pas l’atteindre physiquement alors, pourquoi pourrait-on l’atteindre mentalement, n’est-ce pas ? À vrai dire, c’était presque pitoyable à quel point elle se faisait si facilement avoir par ses remarques alors qu’elle semblait intérieurement adopter la position de la chasseresse, et de l’extérieur on pouvait conclure assez rapidement que dans cette danse c’était Niels qui menait les pas, alors qu’en creusant un peu plus on pouvait se rendre compte que l’arme fatale de Coraline, du moins quand elle n’était pas d’humeur Puppet, était justement ce côté impulsif et désordonné, contradictoire en plusieurs endroits et surtout terriblement imprévisible. Certes, elle réagissait au quart de tour et se prenait les pieds dans toutes les perches qu’il tendait mais c’était justement parce qu’elle réagissait à chaque fois d’une manière différente qu’il était difficile de réellement savoir si elle était vexée, amusée, agacée ou même totalement indifférente, comme si l’on pouvait se laisser croire qu’elle ne faisait que porter un masque pour cacher un dessous bien plus calculateur et lucide, un peu à l’image de Niels, même si c’était loin d’être le cas pour Coraline. Toute sa dextérité en matière de comportement social reposait justement sur le fait qu’elle n’était pas guidée par une éthique ou une morale quelconque, elle ne faisait qu’écouter ses instincts et ses envies du moment et réagissait ainsi en fonction de ce qui lui venait sans dilemmes, un peu comme si l’ange et le démon sur ses épaules s’entendaient à merveille et s’échangeaient de temps à autres les fils du destin de Coraline, voire les tenaient ensemble main dans la main.

L’avantage et en même temps l’inconvénient d’être quelqu’un de si inconstant était que cela s’appliquait également à la vision qu’elle avait des gens ; comme elle n’était pas guidée par une boussole morale qui catégorisait les gens sur le spectrum allant du grand gentil au grand méchant, elle ne se retrouvait pas totalement déboussolée quand elle avait affaire à quelqu’un qui montrait des traits qui tendaient autant vers le bien que le mal, ou qui un instant affichaient une mine cruelle pour adopter une sympathie palpable la seconde d’après. Ça n’était pas le genre de choses qui la perturbait, et c’était bien visible dans son comportement avec Niels puisqu’elle n’avait pas l’air plus affectée par le fait qu’ils avaient failli s’entretuer quelques semaines plus tôt pendant qu’elle le « chouchoutait » à sa sauce. Même si le problème inverse existait également, c’est-à-dire que cette tendance à ne pas catégoriser les gens ou alors à les changer de catégorie d’un jour en l’autre en fonction qu’ils étaient sympathiques ou antipathiques à son égard lui causait pas mal de soucis sociaux ; par exemple si l’on était méchant avec elle un jour elle voyait la personne comme méchante indépendamment de son affiliation réelle, et si cette même personne faisait preuve de gentillesse à son égard le jour suivant avec un peu d’efforts elle changeait d’avis, pas dans le sens qu’elle pardonnait leur méchanceté précédente mais plutôt qu’elle refusait de figer les gens dans une seule catégorie quand elle-même était si volatile dans le grand spectrum des affiliations sociales. Au final, elle avait créé sa propre échelle de ce qui constituait à ses yeux un méchant et un gentil, en fonction de ce que les gens exprimaient en sa présence, et si elle décidait que quelqu’un était l’un ou l’autre il le restait jusqu’à ce qu’elle change d’avis -ou qu’il change de comportement, même si la plupart des gens étaient comme des électrons libres sur cette échelle au point que l’existence même de cette échelle n’avait pas le moindre sens. Entrait alors en scène l’électron libre du jour, et sacré électron il était puisqu’il avait passé toute cette entrevue à passer d’un bout à l’autre de l’échelle à chaque fois qu’il ouvrait la bouche, soit pour faire preuve d’humour, de gentillesse ou de taquinerie à l’égard de Coraline. Et bien sûr, elle répondait adéquatement à chaque remarque, c’est-à-dire, à chaque fois d’une manière différente, mais presque toujours sans réfléchir une seconde à l’image qu’elle renvoyait à son geôlier -oui, geôlier, qui la retenait dans ses affaires alors qu’initialement elle voulait qu’il parte. Comment ça c’était elle qui l’avait retenu à la base ?

Et Niels venait de parfaitement résumer tout cela en quelques phrases. Enfin, plus ou moins.

« Je ne suis pas douce, juste concentrée. » La vérité vraie telle qu’elle le pensait, et cela se voyait par la manière dont elle se mordait la langue en ajustant chacun de ses gestes comme lorsqu’elle se concentrait pour réparer ses poupées ; le seul moment à vrai dire où elle était concentrée et attentive, à vrai dire, était quand elle était occupée avec ses protégées, ou qu’elle était en train d’apprendre quelque chose. Le reste du temps, elle était plus impulsive et distraite que n’importe qui. Elle se contenta de sourire de toutes ses dents, de ce sourire plein de malice qui laissait penser qu’elle allait faire une bêtise. Et bêtise elle fit, bien que cela ressemblait à un geste anodin, du fait que son nez était en miettes cela pouvait passer pour une attaque physique quand elle lui tapota le bout du nez avec le bout de son doigt dans un « boup » bien placé. « Tu es vraiment narcissique, eh bah ! Ce n’est pas toi en particulier que j’aime blesser, tu es vraiment bizarre de prendre les choses si personnellement, tes chevilles doivent être énormes, et j’en ai vu des grosses chevilles. Mais tu sais quand on ne peut pas se faire mal on développe un goût certain pour infliger la douleur qu’on ne peut pas ressentir aux autres. Enfin je crois, je ne suis pas psy, faudra demander à je sais pas qui c’est le psy de la ville… » Quoiqu’elle avait le potentiel de rendre fou ledit psy en une seule séance, c’était sans dire. Elle eut un de ces sourires flattés quand il parla de joli visage de poupée, encore une fois sans voir le sarcasme qui pouvait y être, comme une petite fille que l’on venait d’appeler mignonne. « Non, je t’aime pas trop, non. » Question réthorique que Coraline avait largement raté. « J’ai pas encore totalement décidé, mais vu la tête que tu tirais à la garderie derrière ce joli sourire de dentiste, c’est un peu difficile de se faire un avis. Et je me mets pas en colère ! Je me laisse pas faire, c’est tout. On appelle ça avoir du caractère ! » Et du caractère, elle en avait, c’était certain. « Mais justement tu vois, vu que tu as l’air de tellement apprécier de voir ma tête, et que j’ai l’air de tellement apprécier de t’infliger une petite blessurounette ici et là par simple instinct de protection de mon intégrité -une chose à savoir sur Coraline était qu’elle ne savait pas ce que voulait dire nombre de « mots savants » qu’elle pouvait bien utiliser mais avait le talent pour les placer chaque fois au bon endroit-, ça veut dire qu’on est fait pour s’entendre, non ? Plus tu me provoques, plus je réagis, et plus je réagis plus je peux te pincer, alors au final, c’est gagnant-gagnant. »

Encore une manière si simpliste et étrangement enfantine de voir le monde, mais c’était bien cela sa nature. Elle recula enfin en retirant le sac de légumes congelés comme pour constater le résultat, même si bien sûr le fait de geler sa blessure comme elle avait gelé ses mains -tiens, étrange parallèle entre les deux situations- n’allait pas guérir cette nouvelle blessure en deux temps trois mouvements, même si elle eut un haussement d’épaules satisfait et jeta le sac derrière elle comme on jette le linge sale qu’on a la flemme de ranger là où il faut le soir en se couchant. Elle ne s’en rendit pas compte tout de suite, mais le simple fait que de prendre de la distance avec le magnétisme qu’exerçait Niels sur elle avait comme alléger ses épaules, un peu comme si elle avait été prise dans un prisme malgré elle et qu’elle venait de s’en faire rejeter, comme si la gravité avait soudainement décidé qu’elle n’était pas méritante de son traitement. La réalité, pour autant qu’elle la percevait, semblait avoir repris ses droits sur des instants de proximité bien trop… proches justement, au point qu’elle n’avait vu plus que lui durant tout le temps qu’elle avait passé tout près, presque au point d’oublier l’amoncellement de bordel qui envahissait toujours plus sa boutique. Elle reprit conscience de son espace et surtout du fait que c’était SON espace, et enfin elle eut l’impression de reprendre les rênes d’elle-même, de se réconcilier avec le fait qu’ici c’était elle la reine comme lui était le roi de la garderie. Comme quoi chacun avait une stratégie de combat différente et chacun avait envahi l’espace de l’autre à sa manière, et de manière justement bien trop efficace vu l’état mental de Coraline et l’état physique de Niels. Alors elle croisa les bras avec un petit sourire satisfait, prenant une de ces poses qui transpirait la confiance même si elle devait surtout avoir l’air grotesque vu de l’extérieur, approuvant de la tête à la mention de ce que disait Niels.

« Si ils ont une version gothique de l’uniforme je suis même d’accord de l’enfiler rien que pour tes beaux yeux. Chacun son tour pour les remarques vaseuses espèce de gros lourd ! » Elle aurait bien pu gagne à ce petit jeu si elle n’avait pas ajouté cette dernière phrase, mais elle était bien trop fière d’avoir perçu un semblant de sous-entendu dans ce qu’il disait, ou alors avait lu bien trop entre les lignes tant elle avait la tendance à soit ne rien voir soit à s’imaginer des choses qui n’étaient pas réelles ; et sa fierté s’affichait sur son visage, ce qui lui donnait un air encore plus enfantin que d’habitude. « Bah non je peux pas tout faire, t’es bête ou quoi ? Mais il ne faut jamais hésiter à tenter des nouveaux trucs tu sais. J’aurais pu passer à côté de quelque chose, mais maintenant je sais comment tenir un paquet de glace sur une blessure, tu te rends compte ? » À cet instant on pouvait se demander si elle était sincère ou sarcastique, et à vrai dire elle n’était pas sûre elle-même. « Euh… non pas vraiment pressée. J’ai tendance à racheter des trucs quand je les retrouve plus alors je dois sûrement avoir des doubles ici et là, et dans le pire des cas je t’appellerai si j’ai besoin d’un truc ou de l’autre. Enfin j’ai pas ton numéro alors je passerai à la garderie… voilà. Ou tu as un atelier ? Une adresse ? Tu es qui en fait ? » C’est à cet instant que Coraline se rendit compte de sa tendance à ne pas retenir la moindre information sur les gens qu’elle croisait, en dehors du fait qu’il était danois et avait beaucoup voyagé même si elle allait très probablement oublier tout cela très vite. Elle n’avait que son nom, elle ne savait pas qui il était ni où il vivait, et cela l’aurait bien perturbée un peu plus si elle n’avait pas été Coraline. À vrai dire, tout ce que cela provoqua chez elle fut de se braquer en considérant le fait qu’elle venait de passer une bonne dizaine de minutes à deux centimètres du visage d’un homme qu’elle ne connaissait absolument pas en dehors de leur passion commune pour ce qui recelait des poupées et des marionnettes en plus de quelques autres petites choses en commun ou non qu’elle avait relevé durant leurs quelques entrevues. « Ouais, garde-les et tu me les ramèneras quand tu en auras plus besoin. Pourquoi tu en as besoin d’ailleurs ? Un expert comme toi devrait être équipé en toutes circonstances… C’est bizarre. Tu les avais pas dans la garderie et c’est pas comme si je les avais cassé… enfin peut-être que tu les as cassé mais pour un type qui a l’air aussi consciencieux tu devrais être sacrément brute ou maladroit pour casser autant d’outils à la fois. Pourquoi tu es venu sérieusement Niels ? »

Décidément, Coraline mettait un temps fou à se préoccuper des détails qui pouvaient bien être la clé de ses problèmes. Cet homme avait dit peu de choses sur lui et il restait tellement de coins d’ombre à son propos qu’elle se sentit soudain comme mal à l’aise, non pas par peur d’être près de lui mais par cette méfiance qui dormait encore en elle, comme la méfiance que l’on peut ressentir lorsque l’on se fait aborder par un inconnu en pleine rue au creux de la nuit. Et maintenant, elle commençait à poser des questions, et pour une fois c’était bel et bien les bonnes questions ; celle que l’on pose à quelqu’un qui s’insinue beaucoup trop dans son esprit, et qui a révélé ne pas être exactement un ange…

« En fait tu cherchais une excuse pour revenir me voir ! Rohlala t’es trop mignon en fait ! Je comprends mieux pourquoi tu fais ton lourdeau depuis tout à l'heure ! »

Ah non, fausse alerte.

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Niels Mørck

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MessageSujet: Re: Thank you for all the pain 'cause it made it be so much more fun | F. Coraline Dagenhart   Mer 14 Juin - 18:03




Venir approcher Coraline c’était un peu comme chercher à mettre la main dans le feu sans la moindre protection, se retrouver ainsi brûlé à des degrés différents selon son obstination à vouloir maintenir le contact avec elle, et dans un sens c’était peut-être ce danger perpétuel qui attisait la curiosité de Niels mais aussi un certain masochisme dont il ne se cachait pas spécialement au point d’une certaine manière en avoir fait déjà par à la jeune femme à ses côtés. Néanmoins, le marionnettiste savait également que même s’il avait pour l’instant une quelconque attention pour elle tout viendrait disparaître à l’instant même où il aurait terminé de la décortiquer tout en l’épinglant de part en part, alors que dans tout ce micmac il n’avait aucune confiance en elle bien qu’à l’heure actuelle il était en train de la laisser le soigner comme si de rien n’était. Après l’épisode de la garderie qui avait été particulièrement éprouvant, en portant de son côté encore les séquelles physiques d’une telle violence qui avait pu éclater aussi bien de son côté que de celui de la petite gothique – même si de toute évidence c’était bien elle qui l’avait emporté quand on voyait son état, il y avait comme un point d’interrogation sur qui pouvait bien être cette infirmière improvisée qui se tenait à ses côtés. Il pouvait commencer à peindre son portrait mais les traits restaient encore globalement trop flous, il y avait une force en Coraline qu’il jugeait si sombre qui le fascinait plus que de raison car il n’y avait rien de plus exaltant que de connaître le véritable visage d’une personne et non pas le masque qu’il pouvait porter de manière consciente ou non comme c’était le cas pour lui par exemple, et même si de son côté Niels en avait eu un aperçu c’était bien loin d’être suffisant à son sens. Il avait cette faim insaisissable que de tout connaître sur un individu dans le seul but de savoir où tirer les ficelles pour ensuite la rendre utile ou non dans sa quête qui était loin de prendre fin de toute évidence, il ingurgitait le moins détail dans une boulimie d’informations jusqu’à s’en rendre malade si c’était nécessaire parce qu’il était convaincu que plus il en savait mieux c’était aussi pour appréhender une situation, et pour l’instant l’objet de sa dégustation se trouvait être Coraline pour qui il avait aussi bien de l’amusement qu’une forme de mépris hautain qui ne lui ressemblait pas forcément. La voir rechercher à le réparer en quelque sorte, ou plutôt son nez sur lequel elle avait fait exprès d’appuyer à un moment donné, provoquait chez le marionnettiste une aversion dans le fond qu’il avait du mal à expliquer.

Ou peut-être que Niels ne voulait pas regarder les choses en face, comme beaucoup de choses qui pouvaient bien le concerner après tout et il vivait dans un mensonge perpétuel après tout sans chercher à mettre la lumière dessus, quant au fait que quelque part il se trouvait dans l’incapacité de réparer ce qui avait le plus d’importance à ses yeux. Après tout, il était connu comme étant Rozen le créateur et cette appellation était ce qu’elle est à savoir le fait que de ses mains il venait offrir la vie que ce soit à différentes échelles pour le coup, mais jusqu’ici même s’il pouvait donner un second souffle à une poupée s’il le voulait il ne pouvait pas en dire autant pour ce qui était d’Alice malheureusement. Tout était certes en place pourtant pour se faire mais rien n’avançait depuis un moment, il savait se montrer patient même à force cette même patience était en train de s’effriter petit à petit d’autant plus qu’il savait que s’il le souhaitait il pouvait agir pour tout bouger comme bon lui semblait, s’il le voulait réellement il pourrait être un acteur bien actif de tous ces événements au lieu de se tenir ainsi spectateur comme il le faisait. Néanmoins en intervenant l’animateur de la garderie n’avait aucune idée des conséquences que tout ceci pourrait bien avoir et il n’avait aucune envie de fausser les résultats, il n’aurait certainement pas la force de devoir tout recommencer s’il venait à perturber la situation et que finalement tout vienne à se mettre hors de son contrôle alors qu’il faisait tout pourtant pour tenir la bride, il avait fait tant de sacrifices qu’il ne pouvait aller que de l’avant et la moindre régression serait un supplice qu’il n’était pas convaincu de pouvoir supporter dans le cas éventuel où celui-ci se produirait pour le coup. D’autant plus que le temps n’était pas un luxe que Niels avait envie de prendre, plus celui-ci continuait sa course plus il se sentait fatigué mais surtout le vide dans sa poitrine ne faisait que dévorer un peu plus cette faible humanité qui était là, et même s’il pouvait chercher à se réfugier dans la N-Field comme il avait déjà pu le faire par le passé il savait pertinemment que ce monde de rêve pouvait avoir des impacts incontrôlables lorsqu’il le souhaitait. Et quelque part c’était Coraline qui venait lui rappeler tout ceci lorsqu’elle le traitait de façon assez directe de vieux, tandis qu’il n’était même pas sûr d’avoir dix ans de différence avec elle même si pour le coup il n’était pas vraiment sûr de ce qu’il pourrait avancer à ce niveau-ci, appuyant sur le fait que malgré tout il était peut-être plus proche de la fin qu’il pourrait le croire. Pourtant il gardait le sourire, comme en toutes circonstances de toute façon, se perdant un faible instant dans ses propres idées.

« Tu dois avoir raison… J’ai vécu et j’ai vu tant de choses dans mon existence, que certains ne pourraient même pas imaginer au final, que parfois je me dis que tout ceci ne peut se contenir dans une seule vie. Mais l’âge n’a rien à voir avec les expériences que l’on peut connaître, on peut être vieux sans avoir jamais rien vécu d’exaltant au point de rendre la vie horriblement longue et de l’autre on peut se retrouver briser si jeune, et puis il ne faut jamais se fier aux apparences. Mais je divague pour le coup. »

Niels ne serait dire avec exactitude quel âge il pouvait bien avoir, déjà que le calendrier de la Forêt Enchantée lui semblait être assez approximatif bien que possédant un cycle de saison inutile de dire que c’était parfois pire dans des mondes qu’il avait pu visiter, et prendre ne serait-ce qu’un peu conscience de ceci lui mettait en avant tout le temps qui avait pu s’écouler depuis la dernière fois qu’il avait pu avoir cette chance incroyable que de tenir dans ses bras sa fille. Et c’était si douleur d’y penser, beaucoup plus bien évident que les soins que Coraline pouvait chercher à lui appliquer en venant de la sorte plaquer ce bout de surgelé contre son nez qui avait pris un sacré coup, concentrant son regard vers le plafond comme faisant mine de chercher à repousser le sang qui pouvait bien couler même si en réalité c’était plus pour peut-être éviter de se trahir d’une manière ou d’une autre envers la réparatrice. On disait que les yeux étaient la fenêtre de l’âme et la sienne n’était pas des plus somptueuses à voir, elle partait en morceaux pour laisser quelque chose de plus sombre prendre le pas sur lui sans avoir la moindre idée jusqu’où tout ceci pourrait bien aller, trop secret pour laisser la moindre ouverture possible même la plus hypothétique dans ce désir de tout contrôler. Le moindre détail il le voyait et jugeait bon d’en faire ce qu’il voulait, dans ce cas précis le camoufler ou le mettre de côté par pure prévention même s’il n’avait aucune idée de quoi exactement, c’était après tout son existence était une grande scène de représentation et lui en tant que metteur en scène il se devait de penser à tout ce qui ne collerait pas en quelque sorte. D’autant plus que Coraline avait déjà vu une partie de son véritable visage, celui du monstre à l’intérieur de lui qui prenait le pas sur l’humain et qui repoussait de plus en plus des limites qu’il avait pu établir mais qu’il finissait à la longue par franchir, et il était hors de question pour le marionnettiste qu’elle puisse en voir plus. Il avait déjà pris trop de risques avec elle à son sens, même si paradoxalement il était en train de continuer de par sa simple présence ici de toute évidence, cependant quelque part ceci faisait aussi partie du jeu exaltant qu’il était en train de jouer sans que la jeune femme puisse peut-être en avoir conscience. Perdre ou même se retrouver mal faisait ainsi partie des dommages collatéraux qu’il pouvait supporter surtout en voyant le résultat, il était encore en train de glaner de précieuses informations pour continuer son tableau qui lui permettrait de mettre une mainmise non négligeable sur la réparatrice – selon son point de vue, et peut-être même que cette défaite faisait plus ses affaires que s’il avait pu gagner.

L'une des particularités que Niels pouvait posséder c'était d'entrevoir l'effet papillon comme une sorte de réalité qui avait bien sa place dans le monde, il était sûr qu'il y avait des univers alternatifs différents comprenant ou non les mêmes individus qui se trouvaient être en quelque sorte changés du coup, et dans une de ces versions il avait pu mettre hors d'état de nuire Coraline en venant ainsi lui mettre la raclée qu'elle devait bien mériter lors de leur affrontement. Par quel moyen ? C'était là toute la question où la réponse lui échappait pour l'heure actuelle, sans savoir si un jour il pourrait l'obtenir ou non, et quelque part toute cette histoire ne faisait qu'appuyer un peu plus la vision du marionnettiste sur le monde mais d'autant plus le fait qu'il était en train d'analyser tout le temps son environnement pour justement appréhender dans quelle galerie d'univers il était en train de s'engouffrer. Et dans cette éventualité où il aurait pu battre la réparatrice la situation serait venir s'embourber très certainement dans quelque chose d'assez compliqué à régler après tout, imaginant peut-être à tort une rancune tenace à son encontre même si ce qui était en train de se passer tendait à montrer que la jeune femme avait l'air de tout même de passer facilement au-dessus des événements – peut-être en partie à cause de sa peau extraordinaire qui ne craignait rien, lui laissant ainsi entrevoir alors que la défaite qu'il avait pu subir avait été peut-être la meilleure voie qui avait pu s'ouvrir face à lui. Tellement de possibilités et d'occasions, essayant du mieux qu'il le pouvait pour prendre la meilleure option qui s'offrait à lui le tout dans le seul unique but de pouvoir justement réaliser son souhait le plus précieux, ce qui l'avait peut-être conduit à éviter de se rendre jusqu'ici dans la N-Field depuis que la malédiction avait été levée. L'endroit faisait perdre la notion de tout mais surtout il y avait des zones dangereuses dans lesquelles se perdre, comme la Mer de l'Inconscience qui mettait n'importe qui à la dérive au point de ne plus savoir qui on était, mais surtout Niels savait ce qu'il pourrait trouver dedans et pour l'instant ce n'était pas une option qu'il se voulait d'envisager. Il devait y arriver autrement et si pour ceci Coraline devait encore le mettre à mal pour continuer sa route alors il encaisserait, il n'avait guère le choix de toute évidence, tandis que son regard venait à se reposer sur elle alors qu'elle évoquait une possible sédentarisation de sa part. Elle était si loin du compte au final, se satisfaisant dans un sens d'être difficilement lisible quelque part car moins on en savait sur lui mieux c'était pour lui, ne faisant que l'amuser dans un sens.

« On se fait toujours une image des autres de toute façon, on les regarde en imaginant comment ils fonctionnent et ce qu'ils ont pu vivre, cependant dans le fond ils ne restent que de parfaits étrangers même pour eux-même. J'ai beaucoup voyagé dans le cadre de mes spectacles, c'est beaucoup moins le cas désormais bien entendu, mais pas que. Qui sait, tu as peut-être fait partie de cet attroupement sans même le savoir, rien n'est impossible. »

Personne ne pouvait affirmer à 100% qu'un tel événement ne s'était pas produit après tout, entre ses voyages dans divers mondes rien ne disait qu'il n'avait pas pu tomber dans celui de Coraline, se souvenant qu'elle lui avait annoncé que le sien se trouvait être assez contemporain ainsi que semblable à celui-ci. Il en avait vu dans ces cas-ci, sachant notamment que ses petites poupées qui devaient se battre entre elles se trouvaient avant la malédiction dans un monde assez similaire également, même si dans un sens il n'avait donné que très peu de représentations parce qu'il n'avait pas réellement le cœur à en produire et que ce n'était pas sa priorité très clairement. D'autant plus que si le cas s'était présenté dans le fond il ne l'avait fait que pour un public très réduit, comprenant exclusivement des enfants pour qui il ne ferait jamais le moindre mal contrairement aux adultes  - s'il en trouvait une quelconque utilité tout du moins qui l'arrangeait au possible, mais Niels ne venait pas exclure pourtant le fait qu'il est pu se promouvoir devant une jeune Coraline puisse être impossible ou improbable. Une réflexion qui se faisait alors que la réparatrice partait dans ses propres idées mais surtout visions des choses, pensant lui expliquer pour quelle raison les mots vulgaires se faisaient nommer comme ceux d'oiseaux même si pour lui le chant ne devait pas être le pourquoi en toute logique, lui donnant l'illusion l'espace d'un instant d'être avec une enfant imaginative sur les bords. Plus il en apprenait sur sa façon de faire, sur qui elle pouvait être et sur les informations qu'il glanait même au compte-gouttes, plus il avait l'impression de parfois avoir face à lui une petite fille. Une petite forme d'innocence qui le faisait doucement rire, encore plus après avoir été témoin de quoi elle était capable – son corps pouvant en témoigner par les stigmates encore présents après tout, alors que lui avait tout d'un adulte il était vrai. Du moins, tant qu'on ne venait pas éveiller chez lui son envie de jouer à laquelle il ne pouvait jamais résister, mais pour le reste en dehors de son sourire constant Niels faisait preuve d'un sérieux perpétuel qui était dû au fait qu'il ne se relâchait jamais et avait un contrôle de lui-même à toute épreuve. Rien ne devait jamais le détourner de la ligne qu'il était en train de tracer, mais plus encore vers laquelle il se dirigeait aveuglement dans un besoin de plus en plus pressant, c'était ce que sa vie était devenue et il était de plus en plus difficile pour lui de savoir comment elle avait été par le passé.

Depuis combien de temps n'avait-il pas sourit sincèrement ? Il n'en avait aucune idée, ce masque était devenu le sien et c'était tout ce qu'il devait retenir parce que c'était autant si bien un camouflage qu'une arme pour désarmer, les bons souvenirs qu'il pouvait bien lui rester de son existence n'en devenaient que plus douloureux ou se faisait dénaturer de tous sentiments par ce vide constant qui avait ainsi faim. Et pourtant malgré tout ceci Niels n'était pas prêt à abandonner pour autant, s'il venait à le faire tout aurait rimé à rien jusqu'ici et surtout c'était accepter une situation à laquelle il ne se sentait pas apte à regarder en face bien que le temps ait déjà pourtant autant coulé, étant que trop conscient qu'une part de lui de toute façon fût morte en même temps que le départ d'Alice. Ce qui était sa passion que la construction de pantins et de poupées avait mutée en une nécessité vitale pour lui que de produire, il fallait dire les choses comme elles étaient même s'il n'avait pas cette vision dans un déni certain, un être qui serait capable de combler le trou qu'une telle disparition avait pu produire dans sa vie. Mais dès la première poupée à avoir ouvert les yeux il avait su que ce n'était pas ce qu'il voulait, une personne comme Alice était irremplaçable et elle seule serait la plus mieux placer pour panser les blessures un point c'est tout, mais pourtant malgré tout il avait continué cette sordide expérience jusqu'au bout en désespoir de cause. Il avait imaginé, beaucoup trop naïvement sans doute pour le coup malgré toute la logique qu'il pouvait bien rechercher pour chacun de ses gestes, que peut-être ne serait-ce qu'une partie de son âme aurait pu être comme sauvegarder. Une copie en somme, pas vraiment l'original pour le coup certes il le concevait parfaitement sans pour autant l'avouer clairement, mais il aurait peut-être pu l'accepter et même ressentir comme avant. Tout ceci lui mettant tout de même en avant à quel point le temps était précieux tout de même, en particulier pour lui, et il y avait une certaine amertume qui se faisait ressentir de façon disparate envers Coraline qui prenait tout si à la légère comme si de rien n'était. Mais pourtant il avait toujours ce sourire sur le visage, il l'aurait de toute façon en permanence qu'importe ce qui pourrait se passer et son manque de contrôle à la garderie n'était qu'un cas à part qui ne devait jamais se renouveler à son sens, laissant ainsi couler doucement tout ce qui l'encombrait pour un silence intérieur qui n'en finissait pas.

« Un nom est là pour qu'on puisse désigner un objet ou même une personne, c'est avant tout un sens pratique et une façon de se repérer entre individus dans une compréhension commune, c'est un peu comme une convention. Et le fait que tu lui offres un autre nom, de même que cet argument est valide de mon côté par ailleurs, conduis au fait qu'on a perdu du temps inutilement. »

Il s'était montré quelque peu paternaliste et moralisateur sur l'instant, reflétant ainsi son besoin de tout contrôler qu'il pouvait avoir et qui était plus fort que lui, avant de venir enchaîner rapidement par la suite sur le fait que Coraline était finalement capable de douceur. C'était un peu comme venir taper les doigts pour finalement appliquer de la pommade, le tout en disant que ce n'était pas grand-chose après tout et qu'il n'y avait part mort d'homme, tandis qu'elle lui offrait le juste retour des choses en lui tapotant un peu le nez ce qui eut le don de le faire reculer sans pour autant grimacer avant de se remettre correctement à sa place. Il eut même une légère exclamation rieuse en l'entendant parler de son narcissisme, du même que l'état de ses chevilles car il était persuadé que si elle en voyait l'état réel elle ne dirait pas la même chose, car s'il y avait bien quelque chose qui Niels ne possédait pas c'était cette goutte de vantardise que certains pouvaient avoir. Oh, certes il était fier de ses créations mais il savait aussi que ses poupées étaient loin d'être parfaites vu qu'elles ne pouvaient le satisfaire comme il le voulait, et il savait qu'il n'y avait rien de mieux que la flatterie pour conduire un homme à sa perte. Et en cet instant il avait la sensation de voir en Coraline son reflet inversé dans le miroir, le fait qu'ils étaient aussi semblables que différents sur des points, l'observant encore plus en détail tout en ingurgitant ses paroles. Elle était incapable de ressentir de la douleur physique tout comme lui était de plus en plus incapable de ressentir des émotions, une différence assez intéressante qui lui sautait aux yeux bien plus fort en cet instant que depuis leur rencontre, mais surtout ils avaient l'air de prendre un plaisir – malsain pour lui c'était sûr – à rechercher à infliger leur manque sur les autres. Lui en manipulant les autres, jouant avec leurs émotions qu'il n'avait plus comme s'ils étaient de vulgaires poupées de tissue, et elle lâchant une violence certaine au moindre contact avec sa peau que ce soit aussi bien par la glace que le feu ou toute autre chose qu'il n'avait pas encore eu le loisir de pouvoir tester. Différents et à la fois pareils, mettant à la lumière du jour pourquoi il avait ce besoin que se confronter toujours plus à elle, c'était un peu comme le yin et le yang au point d'expliquer peut-être une forme de révulsion envers l'autre tout en voulant voir de quoi il en retournait vraiment. Coraline était décidément pleine de surprises, sans même le savoir elle-même très certainement, tandis qu'elle essayait de lui montre par A + B qu'il était possible pour eux au final d'avoir une certaine entente.

Quelque part Niels voulait poussait l'analyse beaucoup plus loin, malgré le fait qu'il n'avait pas encore toutes les données disponibles pour se faire mais pourquoi pas une sorte de préambule, provoquant un amusement certain ainsi qu'une possible clé pour tirer par la suite plus facilement ses ficelles dans l'ombre. Ses expériences et son existence faisaient qu'il était devenu un être assez mature sur plusieurs des aspects, connaissant les responsabilités, comment agir en société, s’adapter à son environnement pour survivre, en somme un adulte. De ce qu'il avait pu observer jusqu'ici chez la réparatrice c'était plus l'inverse, elle ne savait pas comment se comporter en partie à cause de sa peau bien qu'il soupçonnait autre chose en plus, elle était une bombe destructrice à retardement, étrange au possible, et surtout encore très gamine pour se prétendre adulte. Comme le marionnettiste l'avait pensé plus tôt Coraline lui faisait penser à un enfant, de par sa façon de voir le monde ou encore de s'exprimer avec un certain caprice parfois, ce qui par définition la rendait aussi tout aussi imprévisible ce qui était une forme de contrainte pour lui qui passait son temps à tout anticiper comme il le pouvait. Là où Niels se contrôlait Coraline de son côté s'exprimait sans aucun filtre, elle était aussi plus réactive alors que lui se laissait glisser sans mal dans les mots avant tout, mais malgré tout il y avait peut-être un point commun qu'on ne pouvait leur retirer à savoir une monstruosité intérieure qui leur était propre. Chacun avait pu voir un bout du véritable visage de l'autre lors de leur combat, étant devenu désormais une sorte de fascination pour l'animateur de la garderie qui voulait en voir plus, et il se demandait si c'était suffisant pour créer cette scène surréaliste dans laquelle ils pouvaient se trouver. Il était en train de se faire soigner par celle qui avait pu le blesser, prenant un soin délicat à ne pas le faire particulièrement plus de mal, le tout dans une étrange ambiance sarcastique ou de confrontation. À moins qu'ils étaient en train de danser ensemble, de manière imager bien sûr, tout en gardant un couteau prêt à se planter dans le dos de l'autre en cas du moindre geste suspect. Et c'était si exaltant dans un sens, ce jeu prenait sincèrement une dimension de plus en plus attirante qui lui donnait envie d'en redemander plus, regardant Coraline qui s'extasiait sur un rien à savoir juste tenir une poche de glace. Oui décidément son cas était bien à part et unique, rien que d'imaginer le fait qu'il puisse la mettre à genoux ou la coincer dans ses fils n'en serait que plus délectable, ne cherchant pas à la contracter car il n'aurait aucun intérêt à la braquer de façon abrupte.

« Hé bien. Si j'avais su avant qu'il en fallait si peut pour te rendre heureuse je t'aurai demandé bien avant de jouer les infirmières, il y aurait eu de quoi faire après notre petit... amusement à la garderie, ça aurait plus agréable que l'hôpital tu peux me croire. »

Copiant sa petite joie passagère en répondant sur le même ton qu'elle avait pu proposer, maîtrisant à force de simuler les intonations ou les mimiques à avoir pour donner l'illusion de produire l'ombre d'une émotion, Niels avait enchaîné par la suite sur la question du matériel et surtout leur date d'expiration en quelque sorte pour pouvoir les rendre. Le moins que l'on puisse dire c'est qu'il se trouvait décontenancé par la réponse que pouvait lui faire Coraline, n'osant nullement dans quel état pouvait bien se trouver en cet instant l'atelier alors que la boutique en elle-même lui donnait déjà de quoi faire des cauchemars pour une personne aussi ordonnée qu'il pouvait être, se demandant sur le coup si elle était sérieuse ou non. Certes, il était peut-être trop perfectionniste dans l'âme quelque part, mais à ce point-ci ce n'était pas être tatillon face une personne aussi négligente que pouvait l'être la petite gothique improvisée infirmière. Et s'il ne voyait pas son visage prendre une expression aussi confuse et délectable pour lui, exprimant une certaine surprise ce à quoi le marionnettiste répondait à un air peut-être plus malicieux, très certainement qu'il aurait laissé apparaître son désespoir en la sermonnant comme on le ferait avec une enfant qui n'a pas rangé comme il faut sa chambre et qui par conséquent a perdu son jouet dans un coin. Néanmoins Coraline venait soulever un point si intéressant qu'il ne pouvait se permettre de se relâcher en cet instant, la question de sa véritable identité ou du moins d'informations sur lui était un sujet que Niels prenait avec le plus grand sérieux du monde, lui rappelant un peu la levée de la malédiction où chacun se demandait qui était qui et surtout si son voisin ne se trouvait pas être un dangereux psychopathe ou quelque chose dans ce goût-là. Et l'animateur avait été particulièrement doué à ce petit jeu mais encore plus à contourner la question le concernant, après tout son passé n'appartenait qu'à lui seul, ainsi il était hors de question de divulguer la moindre information sur lui. Ceci en revenait au fond au même point que lorsque la réparatrice avait pu lui demander quelle langue est-ce qu'il parlait, une simple petite pièce de puzzle certes mais une fois combinée avec tout un tas ceci donnerait un tableau entier ce qu'il n'avait aucune envie, c'était prendre le risque d'entrouvrir la porte sur quelque chose qui pourrait le dépasser au final et surtout où il n'aurait aucun contrôle. Rien ne garantissait qu'un jour Coraline n'allait pas débarquer chez lui pour faire il ne sait quoi, peut-être finir le travail en l'achevant, ce qu'il ne pouvait se permettre après tout. Il n'avait aucune idée si c'était un piège qu'elle était en train de lui tendre, alors qu'il continuait de la regarder sans changer particulièrement d'expression, mais une chose était sûre c'est qu'il n'allait pas lui faire cette joie de se jeter dedans si c'était bien le cas.

« Tu t'intéresses à moi maintenant Coraline ? Je pense que le plus simple ça reste que tu puisses venir à la garderie, même si je peux toujours te passer mon numéro c'est vrai, tu ne voudrais pas prendre le risque de te perdre en route en voulant trouver mon adresse voyons. »

Pouvoir être en contact avec la jeune femme ne dérangeait aucunement Niels, c'était même tout l'inverse car ceci pourrait multiplier les échanges et ainsi voir comment agir de façon adéquate pour pouvoir se la mettre dans la poche ou potentiellement la contraindre, sauf que dans toutes les demandes qu'elle avait pu lui formuler c'était bien la seule chose qu'il voulait lui offrit. Sauf que Coraline avait l'air peut-être plus perspicace qu'elle avait l'air au début, elle pouvait se montrer naïve mais elle avait aussi des éclairs de génie il fallait croire, et sur l'instant il ne savait quoi répondre quant au fait de sa présence ici ou plus précisément pour quelle raison n'avait-il pas tout le matériel qu'il lui fallait pour travailler. Bien sûr qu'il avait tout ce qu'il fallait, il était un maître dans son domaine de création de poupées et il avait même aménagé un coin atelier dans son appartement dès que la malédiction avait pu se lever, prenant un soin méticuleux à bien tout nettoyer et faire en sorte que tout fonctionne correctement. Il n'était pas comme son infirmière de fortune qui achetait des outils parce qu'elle ne savait pas ce qu'elle faisait de ses affaires, non lui tout était à sa place avec un soin certain, d'autant plus qu'à son sens plus un outil prenait de l'âge plus il avait de l'expérience en quelque sorte et il était plus aisé de travailler avec lorsqu'on sait son fonctionnement qu'un truc neuf. Sans le savoir Coraline avait elle-même donné une partie de la réponse, se contentant sur l'instant de lui sourire comme si de rien n'était, s'il n'avait pas ce qu'il fallait c'était parce qu'il avait cassé une partie de ses biens. Pourquoi ? Niels n'arrivait plus à créer depuis quelque temps, il avait la sensation que c'était de pire en pire, c'était comme si la passion se faisait elle aussi dévorer par ce vide intérieur qui prenait de plus en plus de place et le temps d'un instant la frustration avait pris le dessus au point de lâcher tout le contrôle qu'il pouvait posséder. Il avait laissé la rage profonde s'exprimer au point de partiellement saccager la pièce, qu'il était d'ailleurs encore en train de mettre correctement en ordre, au point que sur l'instant la moindre trace de poupée ou même tout objet permettant une telle création lui avait fait horreur. Il avait laissé un bas instinct prendre le dessus ce qu'il refusait avec hargne par-dessus tout, il était conscient qu'il devait évacuer tout ce qui n'allait pas mais plus que tout reprendre les choses en main, ne sachant quoi répondre sur le coup. Une chance pour lui certainement que Coraline faisait ses propres déductions, partiellement fausses car ce serait mentir que de dire qu'il ne voulait pas la revoir même si le but n'était pas de l'ordre amical – plus dans l'optique de voir comment la mettre en confiance la suite, ce qui le faisait sortir de cette situation épineuse sans même avoir besoin de faire la moindre petite pirouette.

Parce que le propre de Niels après tout c'était de savoir manipuler les mots, il n'avait pas besoin de mentir de ce fait, il tournait les phrases de manière à ne jamais se retrouver coincer d'une manière ou d'une autre par la suite et c'est pour cette raison qu'il prenait ainsi le temps de tout analyser. Et quelque part si Coraline était dans son propre délire le concernant il n'allait pas forcément le rompre, il fallait peut-être mieux même qu'elle puisse avoir ce visage de lui que celui qu'elle avait pu avoir à la garderie, néanmoins il ne fallait pas non plus trop en abuser pour le coup. Reprenant alors il faut sa béquille en main le marionnettiste se relevait de toute sa hauteur – et vu qu'il touchait presque le plafond ce n'était pas rien, tout en prenant un soin certain à ce que la réparatrice ne vienne pas le toucher directement pour éviter de finir une fois encore aux urgences si possible, il ne devait pas laisser la petite gothique venir tenter de gratter un peu plus sur lui comme elle avait pu le faire sans même s'en rendre compte ou du moins c'est ce qu'il espérait. Peut-être que dans le fond elle était de la même espèce que lui, avec une cuirasse protectrice infernale, même s'il en doutait fortement il avait tout de même en tête le fait que l'improbabilité n'était pas une valeur sûre sur laquelle s'appuyer de même que des impressions. Ce qui comptait c'était le concret dans ce genre de cas, tant qu'il n'avait pas la preuve formelle cette hypothèse n'était pas à exclure pour le coup, et pour l'instant il savait aussi qu'il ne devait pas forcer ou prolonger de trop près le contact avec une personne comme Coraline qui pouvait être si dangereuse. Reniflant un peu pour constater que le sang avait l'air de finir d'avoir coulé, du moins par le long de son visage ce qui était déjà un bon point, il avait les outils en main pour sa réparation ainsi que le morceau de poupée déchiquetée que la peau destructrice de la petite gothique avait mis en pièces. Plus rien ne le retenait réellement ici et au final ce petit accident avec la porte n'avait fait que prolonger de manière surprenante sa petite visite ici, à savoir si celle-ci se trouvait être de courtoisie pas vraiment car après tout il n'agissait jamais sans raison et c'était bien l'idée d'un prototype de réconciliation avec la jeune femme qui l'avait poussé à venir ici dans son état car il était hors de question de se la mettre à dos, et Niels avait une certaine satisfaction de la situation lorsqu'il la regardait avec du recul. Il avait beaucoup gagné dans cette histoire, peut-être même plus ce qu'il avait pu espérer de base et tentait à lui prouver que ses efforts finissaient toujours par triompher de ce fait, réfléchissant à tout ceci alors qu'il avait toujours son attention portée sur Coraline qui lui semblait si petite de son point de vision – bon vu sa taille c'était aussi avec tout le monde mais quand même.

« Est-ce qu'on t'as déjà dit que tu avais une imagination débordante ? Te voir ce n'est qu'un petit bonus on va dire, juste pour le beau plaisir des yeux en quelque sorte si on aime les femmes de ton gabarit aux tenues si affriolantes, comme je t'ai dit plus tôt je voulais juste que l'on puisse faire un échange tout ce qu'il y a de plus réglementaire. Et puis, en y pensant bien, ce qui compte c'est que tu as eu ton adresse pour retrouver ton chat n'est-ce pas ? Tu vas peut-être pouvoir le serrer dans tes bras d'ici peu de temps. »

Agiter avant toute chose le félin dans cette histoire, comprenant très bien à quel point la réparatrice y était attachée au point de le chercher absolument partout, c'était mettre la lumière sur quelque chose d'assez irrésistible à son sens et surtout qui lui permettait de pouvoir s'en sortir dans trop de mal dans cette affaire. Avec de la chance, même si Coraline posait les bonnes questions pour le coup, elle n'irait pas jusqu'au bout de ses démarches parce qu'elle avait l'esprit bien trop occupé par l’éventualité de retrouver son chat qui parle. C'était le propre même d'un bon spectacle et surtout des tours de magie, pouvoir attirer l'attention de l’œil et de manière globale de l'esprit du spectateur pour avoir le champ libre de faire comme bon lui semble comme ceci pouvait être le cas avec un changement de personnage sur scène par exemple, et Niels en bon professionnel qui existe connaissait justement les astuces dans ce genre-ci qui lui permettrait de lui faire miroiter avant toute chose ce qu'elle avait envie pour finalement de son côté être suffisamment mis de côté et qui lui allait parfaitement. Après tout, la place dans l'ombre lui allait beaucoup mieux et il se complaisait parfaitement dans ce rôle, tandis que tout ce que Coraline devait avoir en tête dans un sens c'est qu'elle faisait un pas de plus dans sa quête, et si effectivement elle pouvait grâce à lui retrouver son précieux petit animal il était sûr que tout le négatif qui pouvait encore demeurer assez fortement entre eux viendrait à disparaître de lui-même. D'autant plus que le marionnettiste ne l'avait jamais montré mais si effectivement elle venait à retrouver cet être qui était si important pour elle il trouverait tout ceci si injuste, encore plus de s'être démêlé autant pour pouvoir ainsi le retrouver, il comptait bien faire en sorte que ce service lui soit rendu comme il se devait et pas seulement avec de stupides outils. En somme tout ceci n'était qu'un somptueux cadeau empoisonné qu'il venait de lui faire, emballé avec soin comme pour proférer la bienveillance à l'image que pouvait être son sourire, et Coraline l'avait accepté moyennant d'autant plus le prêt de certaines affaires. D'autant plus même si cette piste ne conduisait nul part au moins, ce qui au passage ne serait nullement sa faute vu qu'elle lui avait demandé de lui avoir l'adresse du chat de Cheshire et il l'avait fait, au moins Niels avait rétabli une connexion avec la jeune femme qui aurait pu se ternir à cause de leur affrontement peu glorieux pour lui.

« Ce n'est pas le tout mais j'ai une réparation à effectuer, je voudrais éviter qu'elle prenne trop de retard, et puis il me semble que tu dois te préparer Coradrillon car comme je te l'ai dit la tenue de soirée est de rigueur pour entrer voir le petit chaton du Pays des Merveilles. Encore merci pour tes généreux petits soins, je ne manquerai pas de revenir pour que tes petits doigts se remettent à l’œuvre je crois, et tiens-moi au courant de l'affaire Mr Midnight. Oh j'ai presque oublié. »

Venant ouvrir de sa main libre Niels cherchait un bout de papier dans sa poche intérieure, ainsi que de quoi noter dessus, finissant par sortir un morceau vierge qui ferait l'affaire et qu'il posait un instant sur le meuble contre lequel il était assis plus tôt. Griffonnant ainsi son numéro de téléphone la démarche avait à son sens plusieurs buts, comme toujours il ne laissait rien au hasard après tout et chaque parole ou geste avait sa propre fonction, à savoir continuer d'établir un lien avec Coraline dans cette volonté finale qu'elle puisse le voir sous un bon œil et ainsi lui rendre potentiels futurs services mais aussi lui montrer sans doute quelque part il ne craignait pas spécialement quelque chose venant d'elle en prenant ainsi le risque de lui donner de quoi le contacter. D'autant plus, qu'en y regardant de plus près, c'était ainsi un complément à la question qu'elle avait pu poser plus tôt et que le marionnettiste avait pris soin de mettre de côté comme si de rien n'était parce que mademoiselle lui avait offert d'elle-même une porte de sortie vers laquelle Niels s'était précipité sans mal. Il avait la sensation de reprendre les rênes de cette relation catastrophique, ne voyant pas trop comment le nommer autrement après le tragique épisode de la garderie qui lui avait valu un séjour forcé à l'hôpital, ce qui lui allait parfaitement et il devait tout faire pour se mettre à l'abri d'une mauvaise surprise. Il restait néanmoins curieux de voir évoluer Coraline dans le monde de la nuit, s'étant bien gardé de ce dire que l'adresse était celle d'une boîte de nuit que le félin du monde de la folie possédait, mais c'était un petit loisir malheureusement dont il devrait se passer même si la curiosité le dévorait de l'intérieur comme jamais. Car mettre au milieu d'une foule bondée de monde, surexcitée aussi bien par la musique que par les substances qui pouvaient passer par là-bas, une personne comme Coraline qui ne pouvait avoir aucun contact physique sans presque tuer quelqu'un c'était de l'ordre de l'amusement total selon lui. Dommage. Gardant ce sourire qui se voulait si chaleureux il laissait le mot derrière lui, elle ne ferait ce qu'elle voudrait après tout et ne pas lui forcer la main c'était le mieux à faire à son sens, alors qu'il reprenait le chemin vers la sortie. Ouvrant la porte, étant bien sûr cette fois-ci de bien faire attention, il se retournait vers Coraline une dernière fois.

« Et surtout Coraline, n'oublie pas, si tu trouves le terrain d'un lapin ne t'y précipite pas sans réfléchir. »

Un petit clin d’œil est Niels ressortait de la boutique, sans se prendre quoi que ce soit au passage, il était temps pour lui de se remettre en état et surtout d'avancer ses propres projets de recherche.







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F. Coraline Dagenhart

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MessageSujet: Re: Thank you for all the pain 'cause it made it be so much more fun | F. Coraline Dagenhart   Mer 16 Aoû - 16:20



Thank you for all the pain 'cause it made it be so much more fun

J'ai lu entre les lignes tout en croyant les mensonges pendant bien trop longtemps et je ne sais toujours pas comment j'ai fais et maintenant la guerre est déclarée les lignes de combats se dessinent et je ne vois plus droit avec tout ce sang dans mes yeux



Coraline n’était pas quelqu’un de particulièrement porté sur la philosophie ; si l’on pouvait paradoxalement lui assigner une pensée connue c’était peut-être l’agnosticisme ou même le nihilisme, tant elle avait vu la mort en face et vécu des événements que peu de gens vivaient. Elle se disait qu’il devait y avoir une vie après la mort mais seulement quand une force supérieure le permettait, et la force supérieure en question n’était autre que l’Autre Mère, qui avait tué les enfants en volant leurs âmes pour les enfermer dans ces jouets mécaniques et quelque part grotesques, leur donnant une deuxième vie où ils étaient cent fois plus enchaînés qu’auparavant. Mais ça n’était pas seulement cela qui la rendait si imperméable aux grandes questions de l’univers, elle qui était capable de voir plusieurs couches de réalités et notamment une que l’on nommait « ultra » et où tout était rouge et déformé, elle qui avait voyagé à travers les mondes en tombant dans des puits ou des ravins pour se réveiller dans les cieux, il n’y avait plus de bas et de haut, plus de gauche et de droite, plus de sens et de non-sens. C’était ces milliers de perspectives dont elle était témoin, ces dizaines de formes de vie qui n’auraient jamais pu exister dans une réalité ou dans l’autre, d’avoir vu le monde à travers des yeux d’enfants, de malade et de monstre, d’avoir pu prendre la place de toute l’échelle des valeurs pour en adopter le point de vue, elle avait depuis longtemps accepté qu’il n’y avait justement pas de réponses aux grandes questions de l’univers, ou plutôt qu’elles étaient si subjectives qu’elles en devenaient absurdes et redondantes. Certains étaient nés avec un destin bien encré, une histoire linéaire avec un début, des péripéties et une fin comme l’histoire de Blanche-Neige ou de la Belle au Bois Dormant ; d’autres comme elle avaient subis des embranchements improbables, certains prétendraient que la ligne qu’elle avait suivie était bel et bien linéaire mais elle savait que c’était faux tant la plupart des choix qu’elle avait fait avec totalement chamboulé son histoire sans qu’une certaine méchante reine ne soit la cause de la fin de sa fin heureuse. Passer ou non la petite porte, faire confiance à Mr Midnight ou aux belles paroles de l’Autre Mère, s’enfuir dans la forêt ou rester pour sauver les enfants, partir à la recherche de Mr Midnight ou rester à l’asile pour enfants, tuer ou non tous ces gardiens de nuit pourtant les plus innocents de son histoire. Tant de choix qui, dans un sens ou dans l’autre auraient provoqué des conséquences radicalement différentes, une histoire totalement inédite à chaque fois et une seule d’entre elle possédant une fin heureuse : rester pour sauver les enfants. C’était son seul regret. Elle avait raté ce que les gens appeleraient son destin, et pour cela elle détestait cette manière que les gens avaient de voir l’existence comme une ligne droite pré-établie par une sorte de force incernable, puisque sa fin malheureuse a elle avait été le fruit de son propre choix. C’était pour toutes ces raisons et d’autres encore que Coraline s’était contentée de hausser les épaules et d’approuver de la tête lorsque Niels avait divagué, parlant du fait que l’âge n’était jamais un facteur réelle dans une vie car quelqu’un qui avait peu vécu en années pouvait avoir beaucoup vécu en événements, et vice versa et toutes les combinaisons possibles. Elle était l’exemple vivant de quelqu’un qui avait beaucoup vécu en peu de temps, et personne ne pourrait jamais dire le contraire, car aucun enfant ne pouvait prétendre avoir eu quelque part trois vies avant son onzième anniversaire, sans compter les années passée dans la peau de Puppet, bien qu’elle n’avait jamais pris le temps de compter ces années-là, qui pouvait bien être d’à peine une à peut-être plusieurs dizaines.

Niels avait le chic pour donner une note fataliste et sérieuse à ce qui n’était qu’une remarque passive et amusée de la part de Coraline ; et elle s’était déjà habituée quelque part à ne l’écouter que d’une oreille, bien que ce qu’il pouvait bien dire faisait son chemin dans son esprit, lentement, venant mêler et mélanger tout ce qu’elle pouvait bien ressentir au sujet de ce qu’il racontait. Il aimait rester vague mais ce côté vague venait justement stimuler l’imaginaire de la jeune femme tandis qu’elle contemplait ses gestes sans vraiment voir ce qu’elle faisait, les yeux perdu dans le néant de la concentration en laissant ses pensées flotter au gré des paroles du marionnettiste. Elle savait parfaitement de quoi il parlait quand il disait que les gens se faisaient une impression de quelqu’un au premier regard et y restaient souvent bloqués, elle en était la preuve vivante avec son physique de poupée mêlé d’un style peu commun, et sa tendance à paraître un peu glauque dans ce qu’elle disait et sa manière de narrer des choses morbides comme si elle parlait du dernier épisode d’un dessin animé. Mais elle n’était pas entièrement d’accord quand il disait que les gens étaient souvent des étrangers à eux-mêmes, car en ce qui la concernait elle savait parfaitement qui elle était ; peut-être quelque part était-ce le privilège d’avoir vécu trois vies, d’avoir pu explorer trois aspects de l’existence alors que la plupart des gens n’en vivaient qu’un, et d’avoir pu « débloquer » en quelques sortes toutes les facettes d’elle-même alors que le commun des mortels s’affligeaient souvent d’airs choqués quand il faisait preuve d’une méchanceté ou d’une gentillesse qui ne leur ressemblait pas en temps normal. Elle savait qui elle était tout comme ce qu’elle avait le potentiel d’être, du moins croyait le savoir, et ne refoulait aucunement la moindre facette d’elle-même, consciente et inconsciente à la fois de toute la complexité qui faisait sa personne. Elle avait tant voyagé, tant vu de choses et pourtant elle n’avait rien oublié, malgré ce côté Fran Bow qui voulait renier la réalité, chaque événement qui avait marqué sa vie étaient gravés au plus profond de sa mémoire. Ce qu’elle ne voyait pas cependant au sens métaphorique était ce qu’elle n’avait pas vu au sens littéral, toutes ces petites choses auxquelles elle n’avait pas fait attention lors de ses voyages, non pas un spectacle de marionnettes mais par exemple cette chambre d’enfant dans la maison de l’Autre Mère, cette amertume dans le coeur de celle-ci -ou l’absence de coeur pour le coup, le lien qui unissait sa pire ennemie à son plus cher compagnon, cette volonté de vivre transmise par la peur des gardiens de nuit. Au final elle avait fait comme tout le monde, filtré sa réalité pour ne voir que ce dont elle avait besoin ou que ce qu’elle voulait bien voir, ou alors n’ayant pas eu suffisamment de contexte ou d’informations au moment des faits pour faire les bons liens par la suite, comme par exemple le fait immuable et tordu que, d’une manière ou d’une autre, cette homme qu’elle avait cherché à détruire et soignait avec dévotion et elle-même était liés par le destin, ce destin qu’elle méprisait tant, et d’une manière presque aussi tordu que le lien même qui les unissait. Si elle avait su un seul instant que Niels puisse être lié à l’Autre Mère, et par le sang qui plus est, et pire encore qu’elle et lui étaient liés par une magie plus forte que toutes les autres, et peut-être encore pire que tout qu’il était indirectement la cause de ses souffrances et de celle de ses frères et sœurs, elle l’aurait tout simplement exécuté au moment même de croiser son regard lorsqu’elle l’avait vu dans la rue pour la première fois.

« Non, je n’ai jamais vu de spectacle de marionnettes, dans le monde des contes. Mais j’aurais bien voulu. Quoique… peut-être quand j’étais toute petite, alors, genre dans les années où les souvenirs ne s’impriment pas sur le long terme. Avant… Avant. » Elle n’avait pas enchaîné, ne voulant pas venir étaler les annales de son existence à ce moment-là, surtout parce que dire avant que l’Autre Mère tue mes parents et que je me retrouve dans un asile pour enfants et que je parte à la recherche de mon chat et que je finisse enfermée justement dans une marionnette sans apporter aucun contexte ou aucune explication lui paraissait désagréable, car elle se disait qu’il clignerait des yeux et demanderait toujours plus d’informations pour tout comprendre comme la plupart des gens à qui elle déballait des choses sans y réfléchir, et que de devoir développer sur quelque chose alors que ça lui paraissait parfaitement clair l’énervait rien que d’y penser. « Ce serait drôle, quand j’y pense, tu imagines ? Si ça se trouve on s’est déjà vu pendant un de tes spectacles et tout ! Espérons juste pour ton corps entier que ça m’a pas mise dans le même état que le dernier que j’ai vu. »

Un grand sourire sur ses lèvres, elle le narguait sans aucune subtilité même si encore une fois les paroles supposément profondes et vagues du marionnettiste ne pouvaient s’empêcher de s’insinuer dans son esprit. Après tout il était un voyageur, volontaire dans son cas alors que Coraline était plus dans le domaine de l’accidentel puisqu’elle tombait un peu partout au hasard de ses pas ; mais l’idée qu’elle ait pu croiser Niels ou même d’autres personnes rencontrées à Storybrooke sans le savoir la fascinait plus que de raison. Le fait qu’elle ait pu rencontrer Niels auparavant la faisait se demander durant quelle vie cela aurait pu se passer, la première où elle vivait comme une petite fille normale et peut-être que Niels avait été un membre d’une fête foraine grise et triste comme le reste de son monde, dans la deuxième où Niels aurait pu être à peu près n’importe quoi d’un cheval-fourmi à une parodie étrangement féérique du dragon-chien de l’histoire sans fin, ou même dans la troisième où Niels aurait été un habitant de la petite ville où Puppet et ses sbires sévissaient sans discrimination. Si ça avait été le cas, aurait-il été un enfant comme elle ? Aurait-ce été durant son adolescence, son âge adulte ? Était-il un proche de quelqu’un qu’elle avait tué, ou une créature biscornue de Ithersta ? Plus elle se posait la question sur quand elle aurait pu croiser sa route et plus elle se rendait compte qu’il avait beau en avoir déjà dévoilé pas mal sur son passé de marionnettiste, elle ne savait absolument pas qui il était exactement. La plupart des gens à Storybrooke portaient les stigmates de leur passé soit dans leur physique par des ailes ou un sourire de Cheshire, soit par des comportements particuliers comme un accent ou une démarche ; mais Niels était illisible au possible, il portait un masque sur son visage mais elle réalisait que ce masque s’étendait sur son corps entier et sa gestuelle. Rien sur lui ne faisait transparaître une quelconque indication sur qui il était, sur ce qu’il était, et à aucun moment Coraline ne pouvait se dire à quel point il ressemblait à une certaine Autre Mère. Parce qu’elle n’avait pas encore pu l’observer suffisamment, avant tout, mais aussi parce que la seule apparence physique que l’Autre Mère avait pu adopter était celle de la mère de Coraline et que donc en ce qui la concernait l’Autre Mère lui ressemblait à elle. Même le fait que l’Autre Mère possédait des yeux boutons poussait le vice de la non-ressemblance par le fait que comme disait l’expression, les yeux sont les fenêtres de l’âme, et l’Autre Mère avait pris soin de briser cette fenêtre en les remplaçant par des boutons qu’elle manipulait à sa guise.

Rohlala qu’est-ce que t’es rabat-joie, c’était tout ce qu’elle avait pensé quand il avait joué les paternalistes moralisateurs. Elle ne l’avait pas dit, simplement trop concentrée sur ce cher nez en lambeaux comme le reste de son corps, mais elle se disait également que pour un gardien d’enfants il devait bien avoir un côté paternel quelque part, et ce fut à cet instant qu’elle se demanda comment un homme qui avait montré un tel visage pouvait travailler avec des enfants. Contrairement aux apparences Coraline passait beaucoup de temps à réfléchir, même si la plupart du temps ses pensées lui échappaient ou partaient dans des embardées folles et sans queue ni tête, venant rarement l’ébranler plus que cela puisqu’il lui en fallait beaucoup pour faire travailler ses méninges plus que ce dont elle avait envie. Mais c’était malgré tout très curieux qu’un homme qui semblait peu affligé que la femme qui avait failli le tuer se mette à le soigner de la sorte, il en semblait même pas le moins du monde affecté et il était clair qu’il fallait ne pas être exactement ordinaire pour cela, alors quelque part le comportement qu’il affichait gardait un contraste terrible avec le fait qu’il puisse garder des enfants. Cela dit il s’était montré tout autre au moment où le gamin était venu interrompre leur combat, lui sauvant la vie au passage rappelons-le, un peu comme si cette espèce de cruauté malsaine qu’il avait arboré se limitait aux individus ayant dépassé un certain âge. Et au lieu de continuer le chemin de cette réflexion pour trouver les bonnes conclusions sur que Niels était réellement, elle se mit à chercher quel était justement cet âge limite qui transformait un enfant en adulte, qui passait de protéger à potentielle victime aux yeux du marionnettiste, même si « victime » n’était pas le bon terme, étant plus proche de « personne pour qui il ne ressent pas le besoin d’épargner ». Était-ce à treize ans, quand l’adolescence commençait selon les standards sociétaux ? Ou les adolescents comptaient-ils parmi les gens que Niels ne voulait pas affecter outre mesure ? Elle se disait que ce que Niels voulait préserver était probablement l’innocence, et de ce fait il était probablement persuadé que les enfants étaient tous innocents et purs et leur âme épargnée de la bêtise humaine ou non-humaine, quelque chose sur lequel il se trompait radicalement, et Coraline en était la preuve vivante. Elle-même se sentait particulièrement protectrice à l’égard des enfants mais ça n’était pas à proprement parler leur innocence qu’elle voulait conserver, puisqu’elle n’était pas au-dessus de leur décrire l’aspect d’un cadavre pourrissant si la question lui était posée, et  justement le fait que des enfants puissent montrer de la curiosité pour des choses morbides venaient prouver quelque part que leur innocence n’était pas si blanche et pure que les adultes leur donnait. Non, pour Coraline les enfants étaient bien plus malins et ingénieux que la plupart des adultes, ils ne possédaient aucun filtre et aucun tabou et vivaient selon leurs instincts et leurs envies indépendamment des pressions que l’on ressentait en grandissant. C’était cela que Coraline voulait protéger avant tout, elle voulait qu’aucun enfant ne traverse les mêmes épreuves qu’elle tout en les ouvrant à tout ce qui existait sans jamais rien leur cacher, consciente qu’ils étaient parfaitement capables de gérer et intérioriser ce dont ils étaient témoins même si c’était bien plus à leur manière qu’à celle des adultes. Elle ne voulait pas qu’un jour il puisse y avoir une Coraline 2, qu’un autre enfant soit modelé au gré d’événements hors de son contrôle et contre sa volonté alors que pour elle un enfant se devait de grandir au gré de sa propre volonté et de sa curiosité en cumulant tout ce qu’il pouvait croiser pour ensuite trier tout cela et en tirer ses propres conclusions, tout cela pour tracer sa propre route. Coraline était tout l’inverse, certes elle avait été témoin de choses dont un enfant ne devrait jamais être témoin sans avoir activement poursuivi ce chemin mais elle était surtout constamment victime des horreurs des autres, à commencer par l’Autre Mère, puis les caprices des employés de l’asile pour enfants et à nouveau l’Autre Mère par la suite. Constamment la victime, constamment la marionnette des événements et consciente que quelque part le seul choix actif qu’elle avait pu faire avait été de partir à la recherche de Mr Midnight car même après cela c’était le destin qui avait choisi sa route pour elle en la faisant tomber ici et là au hasard, destin parfois aidé par les manigances de Remor. Pour elle un enfant devait conserver un maximum d’indépendance et faire les choses selon ses propres termes et non au gré de ce que les adultes ou les événements lui dictaient, un point c’est tout. C’était bien pour toutes ces raisons et d’autres encore que Coraline était souvent perçue comme une femme-enfant, loin de s’adapter à la société pour y survivre elle faisait même parfois tout ce qui était en son pouvoir pour faire un pied de nez aux contraintes de l’âge adulte, bien que cela l’avait mise en sursis à plusieurs reprises et c’était quelque part un miracle que sa boutique tournait encore et qu’elle n’était pas une SDF du parc public.

« Bahaha ! Je n’ose pas imaginer l’état dans lequel tu serais si c’était moi qui t’avais soigné après coup. J’aurais probablement laissé le gamin partir et fini le travail, cela dit. Tu sais, comme on euthanasie un animal trop blessé au lieu de tout faire pour le soigner même si son arrêt de mort est signé depuis longtemps… Parce que bon, ça aurait été mille fois plus simples de t’achever tout court que de te remettre sur pieds. » Elle disait cela sur le ton le plus factuel qui soit, car quelque part en ce qui la concernait c’était vrai. Malgré tous ses comportements Coraline restait humaine et la loi de la flemme dictait la plupart de ses actions, alors mettre un terme à la vie de Niels aurait semblé une alternative bien plus humaine et simple que de tenter de le soigner avec ses connaissances très limitées dans le domaine. Elle savait bien réparer un bobo et mettre un sparadrap sur une coupure de part son expérience de « grande soeur » dans ses faux souvenirs, mais ses compétences en soins se limitaient bien à cela. « Je ne sais pas si ça aurait été plus agréable mais ça aurait été carrément plus marrant si tu veux mon avis. »

Coraline ne s’était jamais sentie concernée par la recherche d’identité que la plupart des habitants avaient eu lors du retour des souvenirs, en particulier les anciens animaux qui se retrouvaient dans un corps étranger à leur ancien. Premièrement parce que pour elle ses faux souvenirs étaient aussi vrais que les anciens, un peu comme une quatrième vie ou une réalité alternative un peu à la manière de l’Ultraréalité, mais aussi parce qu’elle ne comprenait pas pourquoi les gens pouvaient s’inquiéter de qui étaient autrefois leurs voisins, leurs collègues, leurs supérieurs. Ils stressaient quelque part à l’idée que ces individus avaient pu être des bandits de grands chemins, des méchants de contes ou même carrément des psychopathes serial killer, mais Coraline n’en voyait pas l’utilité, puisque déjà d’une certaine manière elle avait été tout à la fois -enfant blasée, folle en fuite et serial killeuse- mais surtout parce qu’au final, faux souvenirs ou non, personne en savait jamais qui étaient réellement leurs voisins ou leurs patrons. Qu’il y ait un monde des contes ou non, qu’il y ait des faux souvenirs ou des changements de personnalité radicaux ou non, personne ne pouvait jamais être à 100 % sûr que telle ou telle personne ne cachait pas un passé atroce ou un peu moins grave ne se cachait pas via le service de protection des témoins, personne ne pouvait savoir si l’épicier du coin ne cachait pas des cadavres au fond de son jardin. La malédiction n’était qu’une excuse de plus pour se méfier les uns des autres et s’enterrer dans une peur qui servait à éviter d’affronter ces dernières. Après tout, que penserait les gens si elle leur disait de but en blanc qu’elle était autrefois une marionnette tueuse mais aussi une enfant à qui l’on avait justement volé son enfance ? L’important n’était pas de se rendre paranoïaque sur les gens de tous les jours qui n’affichaient aucun comportement hors de la norme mais plutôt de s’inquiéter des individus qui présentaient concrètement des attitudes contradictoires comme Niels depuis qu’elle l’avait rencontré.

En parlant du comportement de Niels leur échange sembla prendre fin alors qu’il se releva de toute sa hauteur en s’appuyant sur sa canne, bien que toute sa hauteur n’était pas la plus impressionnante étant donné que le plafond était bas et qu’il ne pouvait donc pas exactement bomber le torse comme un gorille fier de sa stature imposante, ressemblant plus à quelqu’un qui avait trop grandi pour son propre bien et s’en retrouvait handicapé. Elle semblait avoir tiré sur une corde telle une marionnettiste au moment où elle avait fait sa petite déduction passablement absurde car il semblait désormais pressé de mettre fin à leurs interactions, et si Coraline avait comme lui le désir d’en savoir plus elle aurait pu en conclure qu’il ne voulait pas qu’elle devienne trop curieuse à l’égard de ses réelles intentions en venant à la boutique. Coraline restait debout à proximité de lui, les mains désormais dans le dos et le regardant en levant les yeux car bien obligée par leur différence de taille et un grand sourire affiché sur son visage, flattée dans son ego absurde qu’il voulait réellement la revoir malgré leur petit débordement de la garderie. Quelque part elle savait au fond d’elle que c’était grotesque de penser que Niels puisse apprécier sa présence mais son petit côté enfant innocent aimait se reposer sur cette idée, qu’elle ait pu lui faire une impression telle qu’il se sentait désireux de se retrouver à nouveau dans ses parages. La vie sociale si limitée de la jeune femme et les frais qu’elle en faisait, elle qui manquait sérieusement de présence humaine, ne faisait qu’appuyer sur ce petit plaisir qu’elle ressentait que quelqu’un puisse apprécier de rester en sa compagnie car se faire des amis n’était pas quelque chose de facile pour elle, et même les gens qui pouvaient bien l’aimer au premier abord finissaient par disparaître en constatant les détails de sa personnalité changeante et capricieuse et son côté fort immature pour être réellement digne de confiance. Trop inconstante, trop imprévisible et trop bizarre tout simplement pour être le genre de personne qu’on invitait à ses soirées entre amis, le genre de personne même que l’on avait un peu honte de présenter à quelqu’un avec ce sourire nerveux qu’elle n’aimait pas du tout voir sur le visage des gens. Elle préférait nettement quelqu’un qui témoignait clairement qu’il n’était pas heureux de la voir plutôt que quelqu’un qui se forçait en disant des banalités affligeantes qui ne manquaient pas de la contrarier, même si pour le coup Niels n’était ni l’un ni l’autre. Son sourire se transforma en grimace cependant quand Niels se mit à commenter sur son aspect physique, un sujet ma foi étrangement sensible chez elle surtout qu’il utilisait des grands mots pour dire à peu près l’équivalent d’un « eh mademoiselle t’es bonne », même si ce qui la contrariait n’était pas qu’il puisse en quelque sorte complimenter son apparence d’une manière détournée mais qu’il semblait dire que le style de Coraline était au goût de quelque potentielle autre personne et non pas le sien. Non pas que cela puisse la vexer que Niels ne la trouve pas à son goût mais que ça n’était jamais forcément plaisant de se faire refouler gratuitement alors qu’elle ne l’avait absolument pas sollicité de quelque manière que ce soit. Du moins c’était comme cela qu’elle l’avait compris, alors qu’en réalité Niels avait à nouveau réussi avec son aisance naturelle à rester totalement vague, ni oui ni non, ne disant pas qu’il ait un plaisir particulier à regarder Coraline mais sans le renier pour autant. Parfois, elle réfléchissait simplement trop, et c’était toujours un avantage de savoir que ce fil de pensées grotesque et absurde s’estomperait dès qu’il disparaîtrait de la boutique. Fort heureusement pour elle Niels ne manqua pas de ramener Mr Midnight au centre de la discussion, qui eut justement cet effet d’oblitération totale de son esprit pour se focaliser uniquement sur la silhouette de son chat tant chéri, provoquant un pincement au coeur et une autre grimace de tristesse et d’espoir à la fois. Il venait tout simplement de balayer tout le reste de la discussion en une seule phrase, et c’était comme si plus rien n’existait d’autre que son objectif principal : retrouver Mr Midnight.

« Oh oui je vais le retrouver, et je vais le ramener à la maison. » Elle avait levé les poings en les serrant en affichant cet air déterminé digne d’une midinette dans un shojo japonais, ne réalisant pas à quel point cela lui allait bien avec cette apparence de gothique lolita qu’elle affectionnait tant. À nouveau le marionnettiste insinuait dans l’esprit de la jeune femme une image positive de lui-même, en grand sauveur quelque part comme il lui avait fourni le numéro de téléphone, et l’idée qu’il puisse être une menace potentiel s’en allait alors de l’esprit de Coraline tandis qu’elle le regardait avec des flammes dans les yeux. L’espoir de retrouver Mr Midnight était une des seules choses qui ne s’éteignaient jamais dans le coeur de Coraline, tant elle était abusivement persuadée que cela finirait par arriver même si elle n’allait pas aimer les circonstances et encore moins la conclusion de cette histoire qui résidait encore dans son avenir, bien que cela recelait de son avenir immédiat. « Coradrillon ? Ah c’est ça le dress-code, je dois mettre une robe de princesse ? Rohlala je sais pas si j’ai ça dans mes armoires, moi… Quoique je pourrai sûrement coudre un truc sympa. »

Elle était déjà en train d’imaginer ce qui serait la robe sympa en question sans s’imaginer une seule seconde que Niels pouvait être sarcastique, étant donné que le dress code en question était très loin de l’image de la princesse noble et glamour et bien plus proche de la tenue la plus osée qu’elle puisse posséder. Bien que paradoxalement par son style naturel Coraline aimait les vêtements moulants, courts et quelque peu aguicheurs même si elle ne les voyait pas comme ça, les appréciant plus pour ce qu’ils étaient, un style qui lui correspondait et par extension lui allait à merveille. Elle ne prêta pas attention à Niels qui sortait un autre morceau de papier -à croire qu’il se baladait constamment avec des bouts de papier et des stylos, comme quoi l’ordre qu’il semblait aduler n’était pas si total dans ses poches, et elle ne revint à la réalité que quand elle aperçut du coin de l’oeil la silhouette de Niels se diriger vers la porte dans un ultime au revoir, repoussant au fond d’elle-même une folle envie de rire en le voyant sortir cette fois manière particulièrement précautionneuse pour éviter de redonner à son nez un coup en plus -même si Coraline aimait la légende urbaine comme quoi s’infliger la même blessure physique ou mentale deux fois venait annuler les effets de la première fois et donc réparait les dommages. Elle aurait bien voulu que Niels se reprenne une fois le haut de la porte, non pas pour qu’il reste encore un peu et même loin de là, mais surtout parce qu’elle trouvait cela fort amusant qu’un homme si philosophe puisse être victime d’événements si grotesques. Elle fronça les sourcils néanmoins à sa remarque.

« Un terrier de lapin ? Eh bah pour un type qu’est pas de Wonderland tu aimes ce genre de référence, mais tu sais bien que je ne suis pas Alice... »

Il disparut alors derrière la porte qui grinça en se refermant derrière lui, et Coraline sentit comme un étrange soulagement dans ses tripes. Comme si la boutique semblait soudain avoir pris en volume alors que l’atmosphère était restée passablement oppressante durant tout le temps où Niels avait été là. Peut-être à cause de la différence de perception de l’espace, car après tout le gabarit de Niels voulait qu’il prenne pas mal de place quand même dans une boutique si menue et mal rangée, et Coraline se gratta la tête en se demandant ce qu’elle devait conclure de tout cela. Cependant, un sourire s’afficha sur son visage en repensant au bout de papier contenant le numéro de téléphone du Chat de Cheshire, sans se douter une seule seconde où ce terrier de lapin métaphorique allait l’amener, tandis qu’elle tourna les yeux vers la table où Niels avait laissé son propre numéro. Elle le ramassa et l’examina en silence, déchiffrant les chiffres en se disant qu’elle n’allait probablement jamais en avoir besoin, et l’idée de simplement le jeter lui traversa l’esprit, se disant que de toute manière il n’y avait aucune raison de revoir Niels en réalité maintenant qu’elle savait où était le Cheshire, persuadée que ce dernier était la clé de son objectif, et que de toute manière s’il n’avait plus besoin de ses outils il n’avait qu’à les ramener au final, car il savait où la trouver. Malgré tout, elle glissa ce nouveau morceau de papier dans sa poche plus inconsciemment qu'aute chose, pas tout à fait prête de faire une croix sur ce drôle de contact qu’elle s’était fait dans un enchaînement de circonstances extraordinairement uniques…

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