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 Confide in me • Lewis F. Pepper

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Canelle S. Cioban

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MessageSujet: Confide in me • Lewis F. Pepper   Dim 2 Avr - 21:43



Confide in me
CANELLE & LEWIS
Devrais-je offrir mon aide qui tu es a-t-il de l'importance nous sommes tous blessés par l'amour et nous avons tous une croix à supporter mais au nom de la compassion nos problèmes devraient être partagés confie-toi à moi



The Moonlight Palace Hotel ; monde d'opulence, de richesse, dont on sortait peu, et où l'on rentrait difficilement. C'était un peu le New York local, le lieu qui ne dormait jamais ; et tous ces gens qui avaient hérité d'une richesse conséquente grâce -ou à cause de ?- la malédiction de Regina en profitaient jusqu'au dernier centime, jusqu'au moment de réaliser que ce monde-bulle n'était qu'illusoire, qu'excès en tous genres qui finissaient toujours par venir mordre au centuple une fois que les dollars avaient tous été transformés en boissons alcoolisées et en mets de choix. À vrai dire, on pouvait presque croire quelque part que la rupture de la malédiction n'avait pas eu le moindre effet sur cet endroit étrange, si bruyant et lumineux mais que personne ne voyait jamais à moins de s'y égarer par mégarde, que tous les charmants personnages qui rendaient les lieux si vivants -principalement la nuit- continuaient bel et bien de vivre encore et encore la même journée, débauche, démesure, débordement ; si l'on cherchait un monde débridé, on tombait au bon endroit, pourvu qu'on ait une bonne gueule ou un compte en banque suffisamment fourni. Mais une fois passé l'émerveillement qui contrastait tant avec le côté grisaille morne du reste de la ville, l'on pouvait se rendre compte que la partie la plus intéressante de cet endroit, c'était bien les coulisses. Beaucoup moins glamour, beaucoup moins flashy, beaucoup moins excessif ; surtout peut-être des employés cyniques qui soient enviaient ceux qui avait bénéficié de l'herbe verte de la malédiction, soient connaissaient par coeur à quel point ce monde étrange qu'était le MLP transpirait le faux et le paraître, avalant les individus goulûment pour les recracher après une digestion calculée et sans pitié. L'on pouvait alors se demander dans quelle catégorie de personnes Canelle rentrait ; et à vrai dire, chez elle c'était plus un mélange des deux. Non pas qu'elle puisse les envier de quelque manière que ce soit, mais elle se berçait d'illusions de grandeur et savait qu'un jour elle serait non pas employée mais cliente de ce genre de domaines de gens opulents et bourrés jusqu'à la nausée de pouvoir ; elle serait maîtresse du monde à sa manière un jour, ce n'était plus qu'une question de temps, et que les limites de la ville ne se lève. Mais tout en même temps dans cette perception distordue de la réalité, elle possédait une lucidité sans pareille que tout cela n'était que du paraître au final, ce qui la rendait peut-être encore plus redoutable d'avoir une telle conscience de ce monde à part réservé à l'élite corrompue, car elle savait alors exactement quelles armes utiliser pour dominer son monde, et le fait qu'elle soit capable de manipuler les émotions des gens en était une si fatale que si elle n'avait pas été si précautionneuse et calculatrice, elle aurait atteint le sommet en si peu de temps -pour tomber de son piédestal avec autant de violence et de brusquerie, ce qui était bien la raison de sa minutie. Non, elle préférait largement avancer en écrasant une personne à la fois, malgré la frustration qu'elle ressentait parfois depuis que le temps s'était remis à tourner, passant à la fois si vite et si lentement.

Ainsi se terminait pour Canelle une soirée de service au restaurant de l'hôtel. Paradoxalement, Canelle appréciait tout particulièrement son travail, et plus que pour les émotions positives qui coulaient à flot et dont elle se nourrissait sans vergogne et cette attache même minime qu'elle avait avec ce monde qu'elle voulait dominer plus tard, c'était quelque part ce quotidien de citoyen moderne qu'elle aimait, ce sentiment d'avoir rempli une journée de plus en faisant un pas de plus vers son objectif. Elle avait séduit plus d'une personne ce soir là en ne leur adressant que quelques mots et un sourire, sans savoir qu'elle se servait de leurs propres émotions en les réfléchissant sur eux pour leur donner l'impression que sa simple présence leur suffisait à se sentir soit simplement bien, soit amplis d'une allégresse fraîche et enivrante au point qu'elle avait même dû repousser sous le couvert de l'amusement quelques mains baladeuses et tentatives d'approche presque vulgaires -quelque chose qu'elle adorait et détestait tout en même temps, ce sentiment tout aussi enivrant d'être désirée par tous ceux qui posaient les yeux sur elle contrebalancé par le fait qu'elle n'aimait pas être vue comme la proie de personnages persuadés d'avoir l'ascendant sur elle, en apparence petite serveuse lambda, puisque ce qu'elle voulait réellement c'était être désirée sans que ces individus ne se miroitent un instant de l'espoir qu'ils puissent la posséder. Ils la vénéreraient, elle les posséderait ; c'était ainsi qu'elle avait inscrit son destin, pour toujours et à jamais, jusqu'à ce qu'elle puisse atteindre un tel niveau de pouvoir qu'elle serait comme la Lune Mère, si belle et mystérieuse mais si inaccessible pour l'écrasante majorité de la population.

Elle rejoint les « coulisses » en traversant les cuisines, vides et nettoyées de fond en comble puisque les cuisiniers et les auxiliaires finissaient toujours avant les serveuses. La pièce était plongée dans la pénombre, et derrière la double porte qui menait à la salle du restaurant elle n'entendait plus que le murmure de l'agitation dans le bar de l'hôtel, qui prenait le relais après que les clients aient bien mangé et pour la plupart, déjà bien bu. Quelque part, cela faisait presque du bien, ce silence et cette pénombre quand on avait passé la soirée dans la lumière et le bruit ; et comme presque tous les soirs, elle s'arrêta quelques secondes, prenant appui sur un évier en respirant à fond. Elle avait beaucoup travaillé, autant physiquement qu'au niveau de son pouvoir ; et le trop plein d'émotions de toutes natures se faisait sentir dans son coeur qui lui paraissait atrocement lourd. Paradoxal quand on y pensait, elle qui était si apathique et calculatrice se retrouvait avec un coeur plus gros que le plus sensible des êtres humains. Elle inspira et expira quelques fois, appliquant les techniques normalement utilisées par ces gens bourrés d'anxiété -les pauvres âmes-, pour dégager le maximum d'émotions tout en conservant celles qui pouvaient bien l'arranger -à savoir à cet instant, une simple quiétude paisible avant d'aller se coucher. Puis, un petit sourire sur les lèvres, elle s'engouffra dans les locaux des employés à l'arrière de la cuisine pour rejoindre le long couloir mal éclairé et mal entretenu qu'empruntait le bas-peuple -comme ils étaient considérés dans le coin-, essayant de percevoir une présence à travers une signature émotionnelle. Mais il n'y avait rien de particulier, hormis peut-être une sorte de sentiment d'oppression fantômatique quelque part, et elle repoussa ladite émotion en se dirigeant vers les vestiaires. Poussant la porte, elle se retrouva dans un minuscule couloir qui possédait une porte à chaque bout, l'un pour les femmes et l'autre pour les hommes, sans croiser personne, même si c'était plutôt normal vu l'heure, quand la porte du vestiaire des hommes s'ouvrit d'un seul coup, la faisant stopper net pour voir de qui il s'agissait, bien qu'elle s'en doutait. Bien vite malgré la pénombre, elle reconnut le gardien de nuit en personne, vêtu de son uniforme violet et qui était en train d'ajuster sa cravate : Lewis Pepper.

« Bonsoir Lewis ! C'est moi qui ai fini tard ou c'est toi qui commence tôt ce soir ? »

Lewis était une de ces personnes curieuses aux yeux de quelqu'un comme Canelle ; une vraie boule d'émotions mystérieuses derrière une façade d'apathie et d'indifférence, un vrai cas d'école pour la reine des émotions. Il avait été particulièrement laborieux de percer cet homme à jour, mais c'était bien cela qui avait poussé la jeune femme à persévérer avec le temps, un challenge comme aucun autre et un plaisir certain quand elle avait enfin commencé à entamer le mur de béton armé barbelé au possible autour du coeur du gardien de nuit. À vrai dire, c'était la raison même pour laquelle elle finissait aussi tard depuis quelques temps, même après que ses collègues au service ait déguerpi pour rejoindre la vie plus normal et lente de Storybrooke -aussi normale qu'elle puisse être dans une telle ville-, afin de s'assurer de finir à peu près au moment où il commençait, surtout un soir de semaine où les gens restaient moins longtemps au restaurant. Cela lui permettait de le croiser aussi souvent que possible, et de ce fait, lui laissait le champ libre de le « travailler » un peu avant de rentrer chez elle, lentement mais sûrement, jusqu'au jour où il s'offrirait entièrement à elle et à personne d'autre. Avec le temps, elle avait déniché ses faiblesses ; à commencer par son aversion certaine pour le commun des mortels, quelque chose de particulièrement délicieux puisque ça lui facilitait grandement la tâche. La stratégie était même plutôt simple : s'assurer de nourrir encore et encore cette sorte de haine des autres qu'il pouvait posséder -même si la raison de cette haine lui était encore incertaine-, tout en s'assurant tout à la fois qu'il la considère elle comme son refuge, la seule personne qu'il puisse apprécier et au fil du temps véritablement aimer, jusqu'à ce qu'il devienne si accro à elle qu'exister sans qu'elle soit dans les parages lui paraisse tout bonnement impossible. La route était longue, mais terriblement délicieuse.

Il ajustait sa cravate, et soudainement ce geste lui parut bien plus qu'anodin. À vrai dire, elle n'y avait jamais fait attention auparavant, mais une chaîne luisait dans le peu de lumière, et sur cette chaîne était accrochée comme un pendentif sur lequel elle gardait ses yeux fixés. C'était… fascinant. Elle avait depuis longtemps découvert le pouvoir émotionnel des objets, cette sorte de signature sentimentale que les gens portaient pour telle ou telle babiole qu'ils affectionnaient pour une raison ou pour une autre ; mais l'effet de ces objets étaient plus couramment d'activer des émotions inconscientes chez leurs propriétaires, et c'était un peu comme si un lien se faisait entre l'objet et la personne, lien que Canelle pouvait en quelque sorte voir, ou plutôt percevoir. Mais le cas de ce pendentif était tout autre chose, car les émotions semblaient venir de lui et non pas de Lewis, comme si ça en était un réceptacle, surtout qu'aucune des émotions qui s'en échappaient comme de la vapeur d'une cheminée étaient perceptibles chez Lewis, ou tout du moins, pas toutes. Fascinant.

Elle devait mettre la main sur cet objet coûte que coûte.

« Joli collier ! Je ne l'avais jamais vu avant… je ne pensais pas que tu avais un truc pour les bijoux, mais il te va bien en tout cas. »

Comme elle s'en doutait, Lewis sembla se bloquer instantanément, finissant de nouer sa cravate pour y dissimuler l'objet des désirs actuel de Canelle, et le blocage qu'il transmettait en était presque perceptible, au point que Canelle ne se priva pas d'absorber cette sorte de fureur soudaine associée au collier qu'il ressentait, essayant de l'apaiser au passage. Le plus important en cet instant, était qu'à aucun moment il ne perçoive Canelle comme une menace, car cela ruinerait instantanément tous les progrès qu'elle avait fait jusque là…

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MessageSujet: Re: Confide in me • Lewis F. Pepper   Ven 21 Avr - 18:31




Assez perdu dans ses pensées comme à son habitude, ne se souciant de rien ni de personne autour de lui comme s'il possédait des œillères sur le monde qui pouvait l'entourer, en ce début de soirée Lewis se dirigeait vers le Moonligh Palace pour prendre son service de nuit qui allait bientôt débuter. C'était assez curieux de se trouver dans cet endroit qui en fait le révulser sur bien des aspects, même s'il avait au moins le loisir de pas mal se balader sur le terrain forestier que l'établissement en lui-même, regroupant tout un tas de points qui le faisait serrer des dents et lui offrait l'envie de partir aussi loin que ses jambes pourraient lui permettre quelque part. L'endroit était en fait bien trop animé à son goût et par conséquent rassemblait, du moins selon ses critères et qui n'engageaient que lui, une foule trop importante de personnes confinées dans un même espace. Ce n'était pas réellement de la claustrophobie mais plus de l'agoraphobie d'une certaine façon, voir ainsi une telle concentration de masse le plaçait obligatoirement sur la défensive, heureux dans un sens de constater que son travail ne lui demandait pas de forme de contact privilégié mais bien plus une distance au contraire dans une discrétion naturelle pour laquelle il était malgré tout félicité. Néanmoins observer toute cette agitation qui pouvait avoir lieu, l'endroit recelant après tout diverses activités pour le bien de ses petits pensionnaires chéris, lui donnait le reflet d'une insouciance de vivre contre laquelle il manifestait à l'intérieur et étant peut-être le reflet d'une certaine jalousie en connaissance de cause qu'il l'avait perdu à l'instant où il était mort. Oui c'était bien le nœud principal du Moonlight et qui le forçait à le pousser malgré lui dans sa misanthropie latente, inconscient par la même occasion qu'une certaine serveuse ne faisait qu'accentuer ce ressentiment amer et coléreux à l'encontre de ses vivants pour qui il n'avait qu'une froideur – bien que restant professionnel, c'était le possible reflet d'une existence qu'il ne pourrait aucunement connaître à l'avenir parce que aux yeux de Lewis la sienne n'était qu'une sorte de damnation éternelle jusqu'à ce qu'il trouve peut-être le moyen de se libérer de ses chaînes qui pouvaient le maintenir ici-bas. La question plus juste à se poser était de savoir si c'était ce qu'il voulait réellement, il avait fui la mort d'une certaine manière quand on y regardait plus près même s'il en payait encore actuellement le prix de sa détermination trop grande, celle sur laquelle il ne voulait pas vraiment se pencher et encore moins en voyant les lumières du riche endroit se dresser devant son regard.

Comme dans un rituel habituel il s'arrêtait juste un instant pour regarder l'immense palace, comme s'il était prêt à engloutir quiconque pourrait bien franchir les portes pour le garder dans son ventre bien au chaud dans le seul but de lui soustraire toujours plus d'argent, jusqu'à finalement faire le tour pour entrer vers ce qui était d'une certaine façon les coulisses de l'endroit car il était évident qu'aucun des employés de la bâtisse n'avait l'autorisation de prendre ou terminer son service en passant par la grande porte d'entrée. Ce qui convenait très bien à Lewis par la même occasion, se voyant même devoir débarquer au milieu de toute cette agitation oisive où les regards pourraient se poser sur lui et les sourires possiblement moqueurs s'afficher jusqu'à ce que les langues jouent les vipères, depuis qu'il était devenu un fantôme il préférait rester dans l'ombre au point d'être un réel contraste avec celui qu'il avait pu être de son vivant. S'il avait pu être le jour aujourd'hui il était la nuit, de la même manière que son cœur portait désormais comme un voile et n'était plus aussi lumineux qu'il avait pu l'être, à son sens le jour où il était mort il n'avait pas juste perdu la vie mais il avait tout perdu et surtout il en avait été bien plus brisé que son corps physique au fond de cette maudite caverne. Il inspirait profondément pour refouler le moindre ressentiment pour pénétrer dans cette suite de couloirs presque labyrinthiques, laissant un peu le vent extérieur doucement lui pousser quelques mèches de cheveux, comme pour se mettre en condition pour débuter le rituel habituel qui s'offrait ainsi à lui. Celui consistant surtout à éviter le moindre contact avec un être vivant, peut-être encore plus un collègue avec qui il refusait la moindre proximité qui aurait à son sens la mauvaise idée de refléter une possible bonne entente et encore pire l'illusion d'une amitié qu'il se ferait une joie d'étouffer dans l’œuf, autant si au sens strict du terme que de manière élargie. Et dans un sens se fut un soulagement pour Lewis lorsqu'il passait le seuil des vestiaires que d'avoir pour éviter la moindre âme qui vive, laissant un fin soupir lui échapper et regarder le lieu toujours aussi désert, l'avantage principal que pouvait présenter selon lui un travail de nuit très certainement. Parce que choisir une activité qui lui convienne et en adéquation avec ses facultés peu ordinaires, dans un nouveau monde et après une malédiction qu'il n'avait pas vraiment connu au passage, ceci n'avait pas été évident et même si l'idée de continuer de créer l'illusion de faux argent était un avantage ceci n'était valide que sur le court terme malheureusement.

Gardien de nuit avait été ainsi la meilleure option qui s'offrait à lui sur de nombreux rapports, ayant sûrement un don naturel pour refouler les gens et donc de quiconque voudrait approcher sans autorisation de ce lieu qui se devait de protéger, et si au début il n'était pas forcément convaincu de la chose il l'était devenu à la longue. Son besoin réduit de sommeil lui offrait un tel temps libre que Lewis avait préféré miser sur un métier de nuit dans l'optique de s'occuper, le jour il préférait ainsi se concentrer parfois sur la possibilité réduite de trouver un potentiel membre de l'ancien groupe d'investigation et ceci ne pouvait bien plus aboutir au moment où le plus d'êtres humains étaient ainsi actifs, et surtout son employeur lui avait souligné qu'importe le moyen utilisé son rôle était de faire en sorte que personne ne puisse franchir les murs. L'apathie et l'aversion pour les autres ayant rendu la tâche plus facile, n'ayant que faire pour sa part des possibles mensonges ou jérémiades qu'on pouvait lui servir sur un plateau, même si parfois la méthode n'était pas la plus douce du monde. Pas besoin d'arme pour ce faire, on lui avait pourtant proposé à plusieurs reprises mais en tant qu'être ayant été assassiné disons que l'optique d'en faire autant sur autrui n'était que difficilement concevable ou même prendre le risque de trop blesser, il lui suffisait juste d'user de quelques illusions ou de son feu rosé pour dissuader le moindre fou qui voudrait outrepasser l'interdiction. Ce qui lui rappelait indéniablement le peu de fois où il avait pu avoir des visiteurs dans ce manoir qu'il avait pu créer dans le passé, une fine course-poursuite et le résultat était le même à savoir des cris retentissants en voyant cette forme monstrueuse qu'il pouvait avoir, et dans un sens c'était ainsi une sorte de continuité malgré lui. Enfilant son fameux uniforme de cette couleur violacée, tirant tout de même plus dans le foncé que le clair, Lewis venait à emmêler sans faire exprès la fameuse cravate assortie avec la chaîne de son pendentif en forme de cœur qui ne le quittait jamais. Il préférait sur l'instant se concentrer sur le reste, mettre tout en place pour mieux revenir sur le problème, accrochant ainsi à la ceinture prévue à cet effet le soi-disant ensemble du parfait petit gardien si on pouvait l'ironiser de cette façon. Prêt à prendre son poste il se débattait toujours avec le tissu bien trop enlacé dans les fins maillons, ne pouvant se contenter de juste tirer dessus pour prendre le risque de déchirer ou briser l'en ou l'autre, se stoppant bien vite dans son avancée en entendant une voix qui était devenue bien trop familière et lui faisait relever le nez vers elle.

« … Bonsoir Canelle. Vu l'heure c'est surtout toi je pense, tu aurais dû terminer depuis un bout de temps, donc tu m'excuseras j'ai du travail qui m'attend... »

À l'entendre parler on pourrait croire que Lewis ne faisait aucun effort avec Canelle, même si dans un sens il essayait toujours de couper court à la conversation mais cette mauvaise tendance il l'avait avec tout le monde, néanmoins il y avait pourtant un mieux indéniable depuis son arrivée ici. Le simple fait qu'il puisse lui répondre était une preuve en elle-même, les premières semaines où il avait été ainsi embauché il ne s'adressait à personne et même la jeune femme avait eu le droit pour seule réponse au silence à l'époque pas si lointaine, ainsi que le ton neutre qui valait mieux que l'animosité qu'il pouvait bien mettre parfois. Sans le savoir elle était comme une privilégiée dans son univers si restreint, voulu de son propre chef de toute façon et le seul moyen de se sentir à l'abri quelque part de la moindre agression quelconque de l'extérieur, et le fantôme n'arrivait même pas à expliquer pourquoi elle plus qu'une autre personne. Il ne savait pas et quelque part il ne voulait pas non plus le découvrir, refusant juste de croire avec une fermeté extraordinaire que ceci pouvait être l'ombre ne serait-ce que d'une amitié, même s'il était certain que la présence de Canelle se trouvait être une notion qui ne le révulsait aucunement. Du moins, en temps normal et ce ne fut clairement pas le cas à l'instant même où elle évoquait son collier, se crispant aussitôt et se dépêchant de finir aussi vite qu'il le pouvait le nœud de cravate pour ranger correctement ce qui était son bien le plus précieux. Plus que ça même dans un sens, ce n'était pas qu'un simple objet après tout qui l'accompagnait en toutes circonstances, l'essence même et la concentration de son existence ainsi que de ses sentiments en grande partie mais pas que les siens. Ce réceptacle contenait les souvenirs de Vivi qu'il avait pu voler en mourant, tous leurs souvenirs en commun qu'ils pouvaient avoir ensemble, le rendant ainsi encore plus inestimable qu'il l'était de base. Paradoxalement, ce qui était la chose la plus précieuse à ses yeux était aussi un poids si difficile à supporter, peut-être en quelque sorte l'exposition de sa propre malédiction que celle d'être un fantôme. En comparaison il pourrait prendre la caricature d'un spectre à savoir un être avec un boulet au pied, signe qu'il était coincé sur terre pour une raison diverse, sauf que lui au bout de sa propre chaîne c'était désormais de bijou d'un doré lumineux qu'il ne manquait pas de cacher derrière la couche de vêtements. Forcément que Lewis se plaçait aussitôt sur la défensive, délivrant un regard froid qu'il offrait surtout sur le reste du commun des mortels, voyant cette simple phrase comme une sorte de menace à elle seule.

« Qu'on soit bien d'accord toi et moi... je n'ai rien avec les bijoux et de toute façon je ne vois pas en quoi ceci peut bien te regarder... »

Curieusement la sorte de colère sourde qui était en train de se former en lui, étant presque à devoir se défendre par n'importe quel moyen possible même si ceci voulait dire devoir blesser Canelle au passage, venait à s'évaporer doucement alors qu'il était en train de regarder la jeune fille. Pourquoi ? Il n'en avait aucune idée ou du moins pas une qu'il trouvait assez acceptable à son sens, reculant tout de même d'un pas comme en prévention même si c'était plus dans l'optique de se prémunir lui-même, refusant de croire une seule seconde qu'elle pouvait susciter ce qu'on pourrait nommer une corde sensible chez lui en quelque sorte. Oh Lewis n'était pas une personne qui ne ressentait aucune émotion, même si généralement on pourrait le croire vu son air neutre sur tout ce qui l'entourait, au contraire il en avait même une multitude trop grande et dans le fond il était une personne assez émotive qui essayait d'agir avec le plus de justice ou de logique possible. Mais le simple fait de se diriger dans une forme de relation, quelle que soit la nature, était ce qui l'effrayait le plus et qui lui faisait avant tout le plus mal. Son propre meilleur ami l'avait tué et ainsi il voyait mal ce qui pouvait retenir un inconnu d'en faire autant, enfin de chercher à le blesser en tout cas même si désormais c'était bien plus compliqué, refusant ainsi quiconque de s'approcher de lui pour cette raison. Son colocataire avait réussi à franchir ce mur de froideur pourtant, ce n'était pas faute d'avoir tout fait pour le repousser, et le fait qu'il avait la sensation que Canelle en faisait tout autant mais encore plus à cet instant précis le faisait peut-être perdre pied. Cependant la crainte habituelle n'était pas aussi virulente, ne pouvant même pas trouver un justificatif pour sa part, le mettant ainsi dans une docilité conciliante qui l'étonnait lui-même. En fait, plus il prenait du recul et moins il lui semblait être normal en sa compagnie, il laissait plus facilement les choses se passer et n'essayait pas de mettre un quelconque frein comme à son habitude. Pourtant Lewis était loin de se douter que tout ceci n'était que le résultat de la serveuse face à lui, qu'il était en train de venir progressivement se coincer dans les fils d'une toile qu'il ne voyait pas au point de jouer le jeu qu'elle attendait de lui, la seule chose dont il était certain c'est qu'il ne savait plus sur quel pied danser à la longue avec elle. Regardant un peu, n'étant pas forcément à son aise pour le coup et surtout après ce qu'il avait pu lui dire, il retenait un de ces soupirs habituels qu'il aurait pu avoir dans ce genre de situation.

« Je suis désolé Canelle... Je ne voulais pas dire ça... pas comme ça en tout cas... »

Repousser les autres c'était facile mais les accepter en revanche c'était tellement difficile, il avait une telle misanthropie qui augmentait de manière croissante avec le temps, faisant dans un sens cet effort pour la jeune femme non pas par obligation mais par peut-être un besoin. Il savait qu'il avait l'habitude de dire les choses comme elles étaient, de manière brute et sans y mettre les formes, au point de passer parfois cruel dans ses propos parce qu'il ne venait pas y mettre ainsi les pincettes d'autant plus que son côté défaitiste n'aidait pas. Néanmoins Lewis était juste neutre et peut-être le plus juste en agissant de cette manière, il pouvait dire les choses abruptes dans le moindre mal parce que justement il n'était pas à la recherche d'un lien quelconque avec les autres, même si ça ne l'empêchait pas dans certains cas de compatir en silence malgré tout. Habituellement il n'avait aucune culpabilité que d'agir de la sorte et il n'était de toute façon pas là pour faire plaisir, si une personne prenait mal ses remarques alors elle ne pouvait s'en prendre qu'à elle-même car dans un sens le fait d'être dérangée c'était mettre le doigt sur ce qui n'allait pas, mais face à Canelle c'était différent une fois encore de manière si inexplicable qui le mettait intérieurement aucunement à son aise. Il était loin le temps où il allait sans mal vers les autres et les accueillait avec le sourire sans le moindre effort, où il pouvait passer des heures avec une personne rencontrée il y a quelques heures à peine, de cette sociabilité illimitée dont il pouvait faire preuve par le passé. Une mort ça changeait vraiment quelqu'un et surtout Lewis, ne voulant plus que la même tragédie revienne à se répéter dans un sens même si son état fantomatique l'empêchait sûrement de succomber à une nouvelle chute probablement – n'ayant pas trop envie de tester, au point de douter parfois d'être encore lui. Il était peut-être comme une pièce de monnaie, deux faces distinctes mais pourtant la même personne, se contentant ainsi de subir sans chercher à renverser les choses. Ainsi restait-il un instant sans savoir quoi dire de plus, se demandant s'il y avait oui ou non une bonne manière d'ajouter autre chose et surtout s'il devait le faire par la même occasion, Canelle le faisait ainsi naturellement plus réfléchir quant à son interaction avec les autres et particulièrement avec elle. Retrouvant ainsi sa neutralité extérieure, bien plus calme que la perturbation survenue lors de l'évocation du collier en tout cas, il reportait son regard sur elle.

« … Tu devrais rentrer chez toi tu sais, la nuit tombe en plus, et tu devrais aller dormir. »

Une fois encore Lewis préférait mettre court à la discussion, il avait de toute façon sa garde de nuit à bientôt prendre, essayant à son échelle de se montrer sans doute gentil.







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MessageSujet: Re: Confide in me • Lewis F. Pepper   Mar 30 Mai - 16:24



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Devrais-je offrir mon aide qui tu es a-t-il de l'importance nous sommes tous blessés par l'amour et nous avons tous une croix à supporter mais au nom de la compassion nos problèmes devraient être partagés confie-toi à moi



À vrai dire, depuis l’arrivée de Lewis, Canelle avait noté plus d’un changement au sein du Moonlight Palace Hotel. Oh, bien sûr, cet endroit restait comme son propre monde dans un monde plus grand, comme une bulle où le temps et la raison s’arrêtaient à l’entrée pour laisser place à l’excès et à la dépense jusqu’à dévorer ses victimes jusqu’au dernier centime ; mais déjà qu’autrefois cet endroit avait une réputation peu enviable qui réfutait les curieux chevronnés, depuis que Lewis était là, Canelle avait entendu des rumeurs des plus étranges. On disait le Palace hanté depuis la levée de la malédiction ; et les contes d’un fantôme qui rôderait la nuit autour du Palace, malgré qu’à l’intérieur aucun invité n’ait fait part à quiconque de telles superstitions conspirationnistes, avaient commencé à circuler autour de la ville comme une traînée de poudre. C’était plutôt avantageux à vrai dire, car désormais il n’y avait que les chasseurs amateurs de fantômes qui se risquaient à pénétrer sur le terrain du Palace une fois la nuit tombée, et lesdits chasseurs se faisaient si rares que les patrons de l’établissement étaient persuadés que Lewis faisait si bien son travail qu’ils pouvaient pardonner sa froideur extrême dans un milieu où un naturel chaleureux était bien plus approprié. Et puis, de toute manière, il était gardien de nuit et non pas serveur, portier ou homme de ménage, alors le contact avec la clientèle n’était pas l’essentiel de son boulot, ce qui lui garantissait de pouvoir rester dans le coin sans souffrir de remontrances hiérarchiques. De ce qu’elle avait pu observer, il arrivait toujours à l’heure peu de temps après la fin du service de restauration, au moment où les résidents étaient censés aller se coucher mais préféraient rejoindre le bar de nuit, et disparaissait à peine les premières lueurs de l’aurore apparaissaient dans le ciel. Et l’autre conséquence de l’efficacité accidentelle ou volontaire de Lewis était que les résidents, n’étant plus périodiquement hantés par la possibilité qu’un voleur ou un fou ne vienne perturber les festivités, se sentaient encore plus en sécurité et en conséquence, dépensaient plus, buvaient plus, et dépensaient encore plus après avoir bu encore un peu. L’allégresse avait légèrement augmenté, et en ce qui concernait Canelle, qui s’en nourrissait avidement dès qu’elle en avait l’occasion, ça n’était pas plus mal que de pouvoir se servir comme elle servait les clients du restaurant. Donnant-donnant, n’était-ce pas merveilleux ? Elle ne faisait rien de mal après tout, ne faisant que récupérer son dû après avoir rendu service…

Ainsi se devait-elle de chouchouter l’homme qui avait provoqué probablement malgré lui cette augmentation de l’indice de non-sobriété au sein de l’établissement, et c’était de cette manière que Canelle s’était initialement intéressée à l’individu. À vrai dire, personne d’autre qu’elle n’avait vraiment remarqué ce changement d’humeur, sachant qu’elle était justement bien placé pour le faire ; et comme elle conservait un œil farouche sur toute personne entrant ou sortant de cet endroit, elle avait bien vite fait le lien avec ce nouvel employé de nuit. Elle ne l’avait pas approché tout de suite, car cela aurait été imprudent et impulsif de sa part, et l’on savait qu’il était toujours mieux de savoir à quoi l’on avait affaire avant de trop s’approcher de sa proie potentielle. Était-ce un poulain naïf, une vieille jument blessée ou un étalon fougueux dont elle ne voudrait pas se prendre les sabots en travers du visage ? Elle avait préféré faire autrement, profitant de ses nombreuses balades nocturnes au clair de lune pour venir l’observer de très loin, et dès qu’elle ressentait comme un malaise chez lui, comme s’il avait ressenti sa présence entre les arbres et les ombres, elle s’empressait de lui retirer ce sentiment pour endormir sa vigilance, se permettant ainsi allègrement de l’analyser sans pour autant prendre le moindre risque à son encontre. Puis, quand elle avait passé suffisamment de temps à déterminer la nature du gardien de nuit, elle avait franchi le pas, provoquant leur première rencontre en se débrouillant pour retarder son départ du service restaurant. Elle avait pour la première fois accepté de « rester un peu » avec un client louche comme elle en voyait des centaines puis, quand le dernier employé avait quitté les coulisses du Palace, elle s’était empressée de disparaître pour venir croiser Lewis pour la première fois. Et comme elle s’en doutait, cela ne s’était pas montré aussi facile qu’elle aurait voulu. Elle s’était présentée d’abord, essayant de se faire passer pour une demoiselle maladroite et joyeuse tout en flirtant peut-être un tout petit peu simplement pour voir si ses charmes féminins viendraient faire mouche, pour se retrouver instantanément face au mur glacé le plus épais qu’elle ait jamais vu, au point que cela l’avait presque vexée au fond d’elle-même, ressenti qu’elle avait aussitôt balayé pour retrouver sa contenance apathique habituelle. Mais cela ne l’avait pas découragée pour autant, non ; Canelle était le genre de personne qui, confrontée à un obstacle, le voyait alors comme un challenge et y plantait ses ongles avait la ferme détermination de venir voir l’obstacle en question s’écrouler sous la puissance qu’elle possédait, coûte que coûte. Elle avait abandonné le flirt, constatant avec peut-être une pointe d’agacement que cela ne serait de loin pas efficace préférant adopter une sympathie calme et mesurée. Le mur qui encerclait le coeur de cet homme était le genre qu’il fallait entamer à la cuillère, le retirant morceau par morceau jusqu’à tant l’affaiblir qu’une fois qu’elle l’aurait traversé, il serait totalement à sa merci. En définitive, Lewis était devenu un petit jeu des plus délicieusement amusant.

« J’ai été retardée par quelques soucis avec un client insatisfait. Mais je ne vais pas te retarder dans ton travail rassure-toi ! Ça me fait juste plaisir de te voir avant de partir. Je fais toujours de beaux rêves après ! »

Cette image de petite femme presque trop innocente pour son propre bien l’amusait peut-être bien plus qu’elle ne voulait bien l’avouer ; mais c’était si jouissif quelque part de jouer les cruches naïves et de voir les hommes tomber dans ses filets avec une telle facilité. Les hommes de ce milieu étaient plus que prévisibles, si confortablement installés dans leur fortune, si arrogants et confiants qu’ils ne se doutaient pas un seul instant qu’ils se faisaient gentiment plumer ou alors s’en fichaient bien puisqu’ils pouvaient se le permettre, non pas seulement par Canelle et ses desseins atypiques mais tout autant par les demoiselles qui se faisaient un plaisir de flirter avec eux si ça pouvait remplir leur pourboire jusqu’à déborder de gros billets. Ça n’était pas un milieu pour les bisounours, cela allait sans dire, et d’un côté comme de l’autre, chacun ici, employés comme clients, sauf peut-être Lewis justement, ne cherchait qu’à satisfaire des désirs immédiats. C’était là le principe même du Palace, un lieu de plaisir où le monde réel n’existait pas, où l’on avait pas besoin de s’en soucier, et ce simple fait de ne pas se préoccuper des problèmes mondains suffisait à éveiller toute la noirceur qui se cachait dans le coeur de chaque personne franchissant le seuil du Moonlight, leur faisant laisser leur conscience à l’entrée pour ne vivre qu’à travers leur ego et leurs fantaisies les plus animales possibles. Mais cette façade naïve n’avait pas le moins du monde d’effet sur Lewis, à part peut-être permettait d’endormir son agressivité et sa froideur depuis quelques temps, et Canelle le testait patiemment pour voir à quel point elle avait entamé ce mur de glace autour de son coeur, grisée de voir que son petit manège fonctionnait de mieux en mieux. Elle devinait que la mention de ce pendentif que Lewis prenait un tel soin à cacher allait évoquer chez lui comme une distanciation, et le sentiment froid qu’elle éveilla chez lui prit métaphoriquement la forme d’un écran de fumée qu’elle dissipa d’un geste de la main, se servant de son pouvoir pour venir faire mourir dans l’oeuf la moindre agressivité qu’il viendrait ressentir ou exprimer. Elle ne se démonta pas, et haussa les épaules en souriant en affichant un air non pas compatissant ou empli de pitié mais simplement rassurant et sympathique.

« Oh, valeur sentimentale, tu as raison cela ne me concerne absolument pas. »

Elle constatait cependant que mettre la main sur ce pendentif allait se montrer bien plus compliqué qu’elle aurait pu le penser initialement, et surtout qu’éviter le sujet et le voir cacher son objet sous ses vêtements rendait la tâche d’autant plus difficile. Elle avait presque totalement absorbé cet écran de fumée métaphorique, en prenant soin de lui en laisser un tout petit peu car tout retirer laissait souvent les gens comme vidés, dénués d’énergie et ce simple fait pouvait facilement éveiller les soupçons ; et elle se préparait mentalement à ressentir elle-même toute l’agressivité qu’il avait pu avoir à l’évocation de son bijou. Cela faisait cependant longtemps qu’elle ne se sentait plus affectée par les sentiments qu’elle absorbait, ou plutôt elle avait appris à les sélectionner pour ne conserver que ce qui l’intéressait, ayant développé plusieurs stratégies pour se décharger de ce trop-plein émotionnel qu’elle n’avait pas eu l’occasion de réverbérer. L’avantage cela dit était qu’elle pouvait en l’absorbant jauger l’intensité de l’émotion en question, et ainsi déterminer très exactement l’ampleur que le sentiment avait sur son propriétaire d’origine ; tout un mécanisme complexe digne d’un horloger ou du plus chevronné des scientifiques qu’elle s’amusait à détailler dans son esprit pour que sa raison domine sur l’envie que son corps pouvait avoir d’exprimer toutes les émotions qu’elle possédait dans son coeur. Et dans le cas de Lewis, la vitesse à laquelle il avait changé d’expression la laissait penser que ce pendentif était probablement plus puissant encore qu’elle ne le pensait. Elle chercha durant quelques secondes la moindre émotion positive que Lewis pouvait dégager afin de l’intensifier et le faire se sentir à l’aise, mais le problème était que cet homme avait le chic pour ne refléter que si peu, autre que de l’apathie et, en creusant un peu, une forte colère et une tristesse intense, et si Canelle avait pu se soucier de lui, elle en aurait exploré les origines, mais le passé de Lewis ne l’intéressait pas le moins du monde. Seul son destin, celui qu’elle avait choisi pour lui, comptait au final… Même si Lewis pouvait se montrer très surprenant. Comme à l’instant où il sembla regretter ses paroles sèches et qu’il s’excusa avec un air vaguement coupable, tout en tirant la tête de celui qui n’avait pas l’habitude de faire une telle chose. Canelle cligna quelques secondes des yeux, la surprise étant peut-être l’une des seules choses encore sincères qu’elle exprimait sur son visage, avant de se reprendre en lui souriant à nouveau de ce sourire doux et énergique qu’elle aimait afficher dans ce genre de cas. Comme quoi, elle avait fait encore plus de progrès qu’elle ne le pensait initialement. Très, très bon signe.

« Si ça peut te rassurer, je ne l’ai pas pris personnellement, je comprends tout à fait qu’il y a certains sujets que l’on ne veut pas aborder avec certaines personnes, c’est là toute la tristesse des relations humaines. Et puis, on ne se connaît pas depuis si longtemps, mais je maintiens que tu peux me faire confiance, même si peut-être tu ne le vois pas aujourd’hui tu apprendras que je suis le genre de personne à qui l’on peut se confier sans tabous aucun. C’est parfois difficile d’apprendre à se reposer sur les autres dans un monde où tout le monde semble n’attendre qu’une occasion bénie pour trahir les gens proches de soi, pour l’avoir vécu par quelqu’un qui aurait dû être là pour moi en toutes circonstances tu as mille fois raison d’être sur la défensive, et je ne t’en veux pas ! »

Sa tirade était parsemée de vérités qu’elle gardait volontairement dans le vague, car quelque part elle avait bien vécu cette situation, trahie par l’homme sensé être son père ; et quand son propre paternel n’avait qu’une chose en tête, à savoir mettre fin aux jours de sa progéniture, il devenait difficile d’apprendre à faire confiance à qui que ce soit. Mais la manière dont Canelle tournait ses phrases n’étaient pas pour faire preuve de sympathie, mais plus largement pour appâter celle de Lewis, pour éveiller aussi subtilement que possible un sentiment de confiance à l’égard de Canelle tout en nourrissant l’aversion du fantôme pour le commun des mortels, quelque chose qui n’était pas bien difficile étant donné qu’il avait fait la majorité du travail tout seul. Quelque part Canelle faisait exprès que d’exagérer sa couverture de petite femme énergique et positive pour mieux le contraster avec ses paroles sur l’humanité mauvaise qu’elle voulait refléter, et elle sentait que de se mettre dans le même bain que tout le monde tout en trouvant des points communs potentiels avec Lewis dans ce domaine pouvait endormir la méfiance qu’il pouvait ressentir avec elle. Elle savait que trop insister ou trop paraître gentille et loyale ne ferait que le braquer un peu plus, un peu comme si personne ne pouvait être aussi sympathique et c’était bien là la réalité malheureusement ; mais l’image qu’elle se donnait était plus subtile, plus complexe, comme si elle avait eu le même point de départ que Lewis et qu’elle ressentait la même aversion pour l’humanité -ce qui n’était pas exactement faux- sauf qu’elle avait pris un autre chemin que lui en s’assurant que toutes les petites trahisons du quotidien ne ternirait pas sa personnalité si pétillante qu’elle endossait en présence d’autrui. Au final, c’était comme un jeu, un test délicieux qu’elle faisait sur lui, repoussant les limites pour bien visualiser où elles étaient et mieux cerner Lewis pour pouvoir l’engloutir au moment approprié, et la perspective de voir ce moment arriver toujours plus près l’envahissait d’un sentiment de contrôle et d’excitation bien plus exaltant que toute la joie qu’elle aspirait des clients du restaurant. Comme quoi, peut-être qu’au fond les émotions qu’elle volait aux autres n’étaient qu’une drogue artificielle et que seuls les sentiments qu’elle ressentait de manière réellement authentique avaient de la valeur, mais elle exerçait un contrôle bien trop grand sur son système émotionnel pour se monter raisonnable et recouvrer un peu de son humanité plutôt que de continuer sur la voie de la reine de glace qu’elle cherchait à devenir. N’avait-elle pas déjà assez souffert de sa propre hypersensibilité ?

« Je suis un oiseau de nuit figure toi ! Et de toute manière le chemin jusqu’à chez moi est sûr, je ne pense pas faire de mauvaises rencontres ce soir ou un autre. Quelque part je crois en ma bonne étoile, et je ne suis pas si fatiguée que cela, mais ton inquiétude me fait grandement plaisir. »

Elle n’avait pas la moindre envie de partir mais elle savait que si elle forçait sa présence auprès de Lewis cela risquait de le braquer, alors elle devait s’empresser de trouver un stratagème plus réfléchi pour lui permettre de passer encore un peu de temps près de lui, autant pour renforcer le pouvoir qu’elle pouvait exercer à son égard que pour rester en présence de ce pendentif sur lequel elle voulait tant mettre les mains… et si elle devait le poursuivre toute sa vie pour cela, elle le ferait. De toute manière si un jour Lewis venait à se rendre compte qu’il n’avait pas une amie devant lui mais bien une ennemie et pas des moindre, il dégageait tant d’émotions négatives malgré ses airs apathiques qu’elle se ferait une joie de venir le torturer jusqu’à ce qu’il hurle de douleur sur le sol et la supplie de cesser -bien qu’elle ne cesserait pas pour autant. Si Lewis ne finissait pas à l’aduler jusqu’au fond de ses tripes, il finirait quelque part sur le sol à ne plus pouvoir bouger… les émotions humaines étaient si délicieusement vicieuses après tout. Une idée lui traversa soudainement l’esprit, et elle prit l’air de quelqu’un qui se rappelle d’une information importante avant de prendre une expression préoccupée.

« Au fait, maintenant qu’on en parle, quelques clients se sont plaints de rôdeurs autour de la propriété, je ne les ai pas vu personnellement mais comme ce n’est pas rare d’avoir des voleurs ou des curieux qui se promènent dans le coin vu l’endroit où l’on est, je te conseille de faire un tour pour t’assurer que tout aille bien. Comme tu le sais la direction préfère que tout le monde ici ne se préoccupe plus du monde extérieur alors si on peut les rassurer rapidement que tout va bien dans le domaine ils seront contents… Je peux te montrer les endroits où les clients ont dit avoir aperçu des rôdeurs pour te faciliter le travail, comme je te disais je ne suis pas pressée, et puis s’il y en a vraiment et que tu les attrapes avant que je file je pourrai rentrer seule chez moi l’esprit tranquille. »

Elle pencha un peu la tête de côté, avec ce sourire qui se voulait simplement amicale, se disant que parler boulot avec Lewis, qui semblait curieusement dévoué à son travail pour quelqu’un de si taciturne, lui permettrait de prolonger un peu leur entrevue...

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Lewis F. Pepper

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MessageSujet: Re: Confide in me • Lewis F. Pepper   Jeu 8 Juin - 20:34




Canelle était le genre de jeunes filles qui avait un charme certain sans la moindre difficulté, il lui suffisait sûrement de battre un peu des cils pour obtenir bon nombre de choses qu’elle voudrait, sauf que c’était cette même première attitude envers lui qui avait poussé encore plus Lewis à mettre une forme de distance entre eux. Le numéro de la prétendue belle plante du coin qui se montre fragile pour s’attirer il ne sait quelle faveur il le connaissait très bien, il avait déjà croisé la route de personnes dans son genre plus d’une fois et qui avait contribué à refouler plus fermement sa collègue dans les premiers jours où il avait pu la côtoyer histoire de mettre les points sur les i, et d’autant plus que c’était loin d’être son genre si tenté il pouvait dire qu’il avait encore un genre. Une part de lui n’avait pu s’empêcher de faire le parallèle avec Vivi malgré sa réticence à vouloir y penser, cherchant à éviter de s’ajouter une pensée déprimante encore plus à la mare de la désolation qui était devenue son existence de fantôme, se souvenant tout de même à quel point celle qui avait pu tant faire battre son cœur était un modèle de force. Il n’y avait pas à dire le membre féminin du Mystery Skulls était le spectre qui le hantait personnellement encore à l’heure actuelle, bien plus que tout le reste réuni en tout cas, et parfois Lewis se disait amusé intérieurement que s'il croisait de nouveau sa route elle n’hésiterait pas une seconde à lui mettre un bon coup de pied au cul pour le remuer. D’autant plus que dans son pendentif se trouvaient les précieux souvenirs qu’ils pouvaient bien avoir en commun, il les avait volé pour lui éviter la moindre souffrance de sa disparition parce qu’il ne pourrait jamais supporter d’être une source de malheurs pour elle, les observant parfois silencieusement en boucle comme un film qui pourrait bien passer à l’écran. Qu’il le veuille ou non il aurait toujours une forme d’affection pour elle et ce qui l’empêchait peut-être en cet instant de se prendre dans les filets de Canelle, du moins en ce qui concerne sa tentative de charme qu’il avait pu voir arriver à des kilomètres à la ronde, parce qu’il n’était pas prêt à passer à autre chose et surtout il n’en avait pas la volonté depuis qu’il avait senti son cœur se briser une fois qui fut trop difficile à supporter. Tout ceci contribuant au fait qu’il était resté impassible lorsqu’elle évoquait de faire des beaux rêves en pensant à lui, n’ayant même pas ressenti une certaine gêne passagère ou la moindre palpitation, se contentant de la fixer sans rien dire tout en retenant un soupir d’ennui face à un tel discours de quitter son être.

Une apathie latente qui avait fait ainsi quelque peu contraste avec une forme d’agressivité passagère, pas forcément bien physique – quoi que sa façon de se dépêcher à remettre son collier en place en était peut-être une preuve en soi, que Lewis avait cherché lui-même à calmer dans un contrecoup en se disant qu’il ne devait pas perdre son tempérament pour si peu et contrôlant ainsi cette adrénaline qui avait vite été soufflée par sa manière habituelle d’agir. C’était là son bien le plus précieux qu’il pouvait avoir, aussi bien la représentation physique de son âme et la seule chose qui arrivait peut-être à la maintenir encore sur terre en dehors de son envie irrésistible de se venger mais aussi de connaître les motivations de son meurtrier, et il savait qu’il ne pouvait se permettre une seule seconde de se permettre de prendre le risque qu’une personne en dehors de lui puisse bien le toucher ou même vouloir se l’approprier. Parce qu’il ne serait dire les conséquences que ceci pourrait bien avoir autant pour cette personne que pour lui, se souvenant de la perte de contrôle qu’il avait pu avoir quand il avait pu se fissurer au point qu’il avait pu s’enflammer comme jamais auparavant dans une douleur telle que ce triste spectacle n’était que la retranscription directe de sa peine, et il n’avait aucune envie de retenter l’expérience mais surtout en sachant parfaitement qu’une créature avait cherché à extraire de sa puissance. Cette femme plante était un grand mystère qui titillait Lewis même s’il ne le dirait pas ouvertement, après tout leur bande était un groupe d’investigation et venir enquêter était une perspective qui lui plaisait de façon surprenante alors que tout ceci n’était là de base que pour s’amuser, et rien ne lui garantissait qu’elle ne se trouve aucunement ici en raison de la malédiction mais plus que tout qu’elle avait pu revêtir une apparence humaine qui lui donnait un avantage certain dans l’art du camouflage. Et peut-être qu’indirectement le fantôme avait un peu raccroché Canelle à cet être humanoïde à l’instant même où elle lui fit remarquer son collier, ne sachant nullement s’il devait prendre ceci comme un avertissement et un petit clin d’œil au passé ou si ceci n’était qu’une simple phrase de convenance dans le fond avec une certaine innocence de ce fait, avant de chercher à se ressaisir en se répétant plusieurs fois à quel point il devait arrêter de constamment voir le mal partout et avoir ce pessimisme constant bien que c’était une sécurité à son sens après avoir vu l’odieuse nature humaine.

À cet instant il avait su qu’il avait été trop loin et si habituellement l’exercice ne le dérangeait pas réellement, voulant tout faire pour éloigner les autres de lui dans cette volonté de se protéger que l’histoire se répète pour lui et surtout n’ayant aucune confiance à offrir aux autres depuis sa mort, c’était assez différent lorsqu’il s’agissait de Canelle même s’il ne l’expliquait pas forcément avec des mots. Ce n’était pas que Lewis voulait bien s’entendre avec elle ou même faire ami, l’amitié n’étant pas une valeur sûre et dans laquelle il pouvait bien croire de toute évidence après toute cette sombre histoire dans la grotte, c’était juste qu’il avant la sensation étrange qu’il n’avait pas besoin d’être aussi extrémiste à ce sujet avec elle mais aussi peut-être le sentiment qu’il devait lâcher un peu la bride qu’il serrait si fort avec une poigne trop ferme. Il n’irait pas jusqu’à traîner avec sa collègue en dehors des horaires de travail, ou même lui proposer un de ces jours de faire quelque chose en toute innocence comme juste parler à tête reposée, néanmoins il acceptait plus sa présence que les autres dans son espace privé contrairement au reste du personnel ou même des clients. Combien de fois Lewis s’était-il montré extrêmement cassant avec une personne alors que celle-ci voulait juste se montrer gentille ? Une attitude qui avait poussé le directeur à accepter le fait encore plus facilement qu’il n’avait pas besoin d’entrer en contact avec ces personnes pleines aux as qui dépensaient sans contexte au Moonlight Palace, de toute façon le plus gros de son travail consistant à être à l’extérieur pour vérifier la sécurité et s’assurer à l’intérieur que tout se passait bien sans pour autant aller dans les parties où la foule pouvait se rassembler, tandis qu’il refoulait à sa manière tout individu qui pourrait bien chercher à entrer dans la propriété sans en être pour autant autorisé. Personnes qui se faisaient plus rares d’ailleurs en y repensant bien, même si globalement c’était les curieux qui restaient les plus persistants en ayant entendu une histoire de fantôme dans le coin – trouvant un peu de nostalgie en se disant qu’il y a quelque temps c’était lui qui était à leur place justement, lui ayant valu des félicitations mais avant toute chose l’autorisation d’agir comme bon lui semblait ce qui voulait dire pour lui la possibilité d’éviter tout le monde. Et dans l’ensemble ceci marchait assez bien, les employés ayant pris dans la grande globalité le pli et évitait de s’approcher de lui, tout du moins en dehors de Canelle qui avait l’air de s’accrocher sans qu’il ne puisse comprendre la véritable raison qui se cachait derrière son comportement.

Une forme de mystère qui était peut-être ce qui le poussait éventuellement à ne pas la refouler comme le reste, découvrir le secret derrière le point d’interrogation qui était sa manière de faire se trouvait être un challenge plus alléchant qui pourrait le dire, car qu’il le veuille ou non Lewis restait d’une certaine façon un membre du Mystery Skulls et sa fonction était de résoudre des enquêtes dans le sens le plus large du terme ce qui comportait ainsi la façon de faire de la serveuse. Un ressentiment qui ne faisait que se renforcer à l’instant même où Canelle venait à lui évoquer les relations humaines, restant pourtant inexpressif à l’extérieur malgré ce petit intérêt qu’elle pouvait tout d’un coup susciter, tandis que les mots qu’elle pouvait bien dire faisaient tellement écho en lui sans pour autant qu’il réagisse. La trahison était en effet quelque chose qu’il avait pu goûter chez l’être humain, qui l’avait changé sur bien des aspects puisque celle-ci lui avait été mortelle, le poussant ainsi toujours plus à vouloir se protéger et la meilleure façon étant de ne jamais se laisser approcher par personne même si ceci voulait dire une existence de solitude. Cependant ce qui frappait le plus Lewis dans ce discours c’était le fait que la jeune femme puisse sous-entendre, de manière assez ouverte en fin de compte, qu’elle savait parfaitement de quoi il en était question pour en avoir elle aussi fait les frais bien qu’il ne connaisse pas les détails pour le coup. Une révélation qui venait toucher plus que prévu la compassion dont le fantôme était pourvu, car s’il avait beau se montrer apathique au possible ceci n’était là que pour couvrir une certaine sensibilité trop forte à contenir parfois et les mots de Canelle avaient touché quelque chose en lui, une sorte de compréhension silencieuse sans doute qui était en train de se faire malgré tout. Et le fait qu’il puisse voir exactement de quoi il était question, sachant à quel point il n’avait aucune réelle envie de se confier à qui que ce soit par crainte qu’on s’en serve pour lui faire de nouveau tout en étant persuadé quelque part que pourtant venir recracher un bon coup son ressentiment pourrait lui faire du bien, produisait chez lui une sensation étrange de mal être qu’il n’expliquant pas vraiment. Comme si au fond de lui il savait qu’il devait dire quelque chose, ne serait-ce qu’un mot réconfortant comme il aurait pu le faire par le passé, sauf que sur l’instant il n’avait aucune idée et surtout il craignait que ceci sonne comme une sorte de confession tandis qu’il se contentait de regarder quelque peu ailleurs.

« Ne te méprend pas Canelle… toi et moi on n’est pas des amis, on le saura très probablement jamais, et je n’ai aucune raison ou obligation de toute évidence à ta confier quoi que soit… Ni aujourd’hui ni demain... »

Lewis pouvait faire difficilement plus cassant pour le coup, voulant être clair depuis le début au lieu de se retrouver avec une sorte de drame à l’avenir ou il ne savait quelle autre bêtise, même si ceci n’avait pas l’air de vraiment entamer la bonne humeur ou les bons sentiments de Canelle. Très certainement parce que malgré lui il émettait une sorte d’hésitation dans sa façon d’agir, ne sachant pas très bien s’il devait fermer réellement les portes à la jeune femme comme il semblait pourtant le dire, des doutes qui devaient être si délicieux pour elle sans que de son côté pourtant le fantôme en est conscience. Une inconstance qui l’avait poussé à chercher à couper court plus rapidement que prévu à la conversation, n’ayant aucune envie de s’attarder ou de chercher un seul instant à se prendre la tête d’une manière ou d’une autre à force de rester en contact avec elle, et de toute façon son travail l’attendait. Et il le prenait particulièrement au sérieux, d’aussi loin qu’il pouvait encore se rappeler il avait toujours été comme ceci à savoir vouloir aider de cette manière-ci – notamment au restaurant de ses parents ou en gardant ses petites sœurs, se donnant toujours à fond quoiqu’il puisse bien se passer. Ainsi, à l’instant même où Canelle venait parler de la possibilité d’intrus récurrents sur le domaine du Moonlight Palace ceci produisait comme une électricité chez Lewis, venant tout d’un coup la fixer tout en fronçant quelque peu des sourcils. Cette histoire ne lui plaisait pas et il était hors de question qu’il puisse laisser les choses continuer ainsi, cet endroit était d’une certaine façon son territoire sur lequel il devait veiller comme le fait que les fantômes venaient souvent à hanter un endroit précis et son activité actuelle était peut-être comme la retranscription de sa condition, ne comprenant pas dans un sens comment une telle activité avait-elle pu glisser loin de sa vigilance. Pourtant il n’avait aucune raison de douter de la jeune femme, c’était comme si tout d’un coup l’aspect boulot ajoutait une sorte de nouvelle dynamique à la situation ou du moins de ne  pas douter en ce qu’on pouvait lui dire mais juste de faire ce qu’on lui demande tout bêtement, ne voyant pas forcément le fait que sa dévotion pour son travail de son côté n’était pas toujours partagée par le reste du commun des mortels. Néanmoins pour lui ce n’était pas un aspect négligeable, c’était une variable peut-être qui lui permettait de garder la tête en dehors de l’eau en le poussant à se focaliser sur quelque chose, et dans un sens il remerciait Canelle pour sa sollicitude en hochant quelque peu la tête.

« Très bien… je vais aller jeter un coup d’œil, comme tu le dis ce n’est pas quelque chose que cet endroit accepte et moi non plus de toute façon, et pour ce qui est de m’accompagner… D’accord… Tu me montres juste les endroits et après tu pars, je n’ai pas le temps de m’occuper de toi Canelle, et tu me laisses donc faire mon travail… »

Il était clair que Lewis n’était pas là pour s’amuser ou avoir le moindre tact, prenant cette demande de vérification très au sérieux et sans se douter une seule seconde que l’on puisse se jouer de lui, contournant ainsi la serveuse pour avancer et ainsi prendre les devants sur la situation. Repassant ainsi dans le long couloir sans porter forcément plus attention sur le reste qui pouvait l’entourer, plus particulièrement Canelle qui devait probablement le suivre dans cette optique de l’aiguiller sous peu vers les lieux qui avaient été signalés par quelques clients – même si ne voyait pas sur l’instant pourquoi on avait pas pris la peine de le prévenir plus tôt, se mettant déjà en condition mentale mais surtout évaluant quelque peu la situation. Il devait agir avec la plus grande prudence mais surtout avant toute chose avec la plus de normalité possible, ou du moins comme un humain des plus normaux pour le coup, il ne devait pas user de ses dons fantomatiques d’une manière ou d’une autre devant un témoin du calibre de la jeune femme. Que les importuns puissent circuler le fait qu’il puisse y avoir un esprit dans les environs du Moonlight Palace lui importait peu, dans un sens ceci ne faisait que repousser les éventuels voleurs dès l’instant où ils pouvaient vérifier ceci, car dans un sens ceci se propageait avant tout comme une rumeur et non pas quelque chose de forcément sérieux. D’autant plus que si on ajoutait à ceci le fait qu’ils puissent être extérieur à l’endroit, n’étant ici que parce qu’ils étaient perdus ou de manière occasionnelle pour commettre un larcin, il y avait très fortement à parier que Lewis n’aurait pas à les recroiser et il n’y avait pas le risque qu’on puisse le reconnaître en reprenant son apparence squelettique en feu. Néanmoins pour Canelle c’était différent parce que s’il venait à agir comme habituellement elle serait au courant de sa véritable nature, d’autant plus qu’il la connaissait et qu’il la croisait déjà bien trop pour juste l’ignorer au cas où, et il n’avait aucune envie de tenter le Diable sur ce que pourrait donner cette drôle de situation imprévue. Il pourrait beaucoup moins se justifier à son sens, avec un inconnu il pourrait prétendre que celui-ci était sous une hallucination ou qu’il s’était cogné la tête mais il avait la sensation que chercher à duper la serveuse ne serait pas la plus brillante des idées, et il allait donc devoir se montrer prudent. Mieux, il allait mettre des limites pour encadrer cette petite expédition, s’arrêtant ainsi une fois dehors et s’arrêtant pour se retourner vers Canelle pour qui il n’avait pas l’ombre d’un sourire.

« Quelques petites règles avant de partir… Tu ne me quittes pas est-ce qu’on est bien d’accord ? Ensuite si tu vois quoi que ce soit bouger tu évites de crier… il serait dommage d’avertir une éventuelle personne avant qu’on puisse l’appréhender… Et dernièrement tu ne dois pas chercher à jouer les héroïnes... »

Prenant sa lampe torche il l’allumait un instant tout en la pointant vers la jeune femme, un peu comme pourrait le faire un policier en plein interrogatoire dans une tentative minime d’intimidation tout de même de son côté, espérant avoir été clair sur ce qu’il pouvait bien attendre d’elle et surtout dans un sens pour sa propre sécurité. Même si de base Lewis n’avait rien contre elle rien ne pouvait garantir entièrement qu’il ne viendrait pas l’attaquer d’une manière ou d’une autre, il était possible qu’il puisse venir s’enflammer parce qu’elle avait pu lui sortir quelque chose qui ne lui avait pas plu – ou dans cet ordre d’idées en tout cas, d’autant plus que le fantôme n’hésitait pas toujours à chercher à se défendre dès l’instant même où il se sentait en danger même si la méthode pouvait se montrer sous certains aspects assez extrême il pouvait en convenir mais il était hors de question de se laisser faire. La mort lui avait désormais offert les moyens de combattre, ce qu’il avait été incapable de faire dans cette grotte où il avait perdu la vie, et il n’était pas du genre à cracher sur les cadeaux qu’on pouvait bien lui faire. Cependant Lewis savait qu’il allait devoir se montrer vigilant alors qu’il se mettait en route, ne cherchant pas particulièrement à faire la conversation comme à son habitude de toute façon, tout en laissant de côté quelques habitudes pour ainsi paraître autant commun que n’importe quel être humain normalement constitué. Parce qu’il avait constaté que souvent lors de ses rondes il usait quelque peu de lévitation au lieu de marcher, lui permettant de se rendre plus facilement d’un point vers un autre et sans se fatiguer ainsi énormément tout en lui offrant une discrétion non négligeable dans son travail qui avait déjà fait des merveilles, même si c’était à moins de dix centimètres du sol habituellement il ne voulait prendre aucun risque. Ainsi lorsqu’ils venaient à croiser une partie du terrain plus glissante dans la forêt sombre dans laquelle ils s’étaient engagés, uniquement armés d’une lumière qui était à son sens largement suffisante car après tout il était une arme à lui seul quelque part, le fantôme savait qu’il devait se montrer prudent et ne pas y aller comme il le ferait d’habitude. Il aurait juste fallu pour lui passer au-dessus, après tout la gravité n’était pas une notion qui l’atteignait, tandis que là il prenait soin de ne pas tomber pour se retrouver en bas en toute sécurité. Se retournant vers Canelle il tendait la main vers elle, il avait le devoir de veiller sur elle tant qu’elle était ici avec lui, soupirant quelque peu face à la situation malgré tout mais aussi dans l’idée que justement elle ne s’en fasse pas des idées sur ses intentions et qu’il voulait juste l’aider.

« Fais attention à toi c’est assez glissant dans les environs… donnes-moi la main pour descendre doucement... »

Attrapant ainsi la main de Canelle il faisait en sorte qu’elle ne vienne pas se précipiter trop vite, finir les fesses par terre ou il ne savait quoi mais surtout blessée, s’assurant ainsi qu’elle ne se foule pas la cheville par ce bout chemin légèrement escarpé qui avait vite fait d’offrir une visite chez le médecin. Lewis n’avait qu’à voir les quelques cas qui avaient pu courir dans cette direction après qu’il ait usé de ses dons, leur offrant l’une des plus grandes frayeurs de leur existence, il était certain que quiconque passait par-là sans faire attention finissait avec un plâtre ou un truc dans la même ligne d’idée. Sur l’instant ce fut d’ailleurs peut-être sa véritable nature altruiste qui prenait le pas sur sa réserve envers les autres, de base le fantôme n’était pas quelqu’un d’aussi aigri et c’était même tout le contraire, jusqu’à ce qui se ressaisisse rapidement et vienne à lâcher aussitôt la main de Canelle lorsqu’il était sûr que cette dernière ne risque plus rien. Il était hors de question qu’elle puisse se faire la moindre idée, surtout une faussée qui lui donnerait plus de problèmes par la suite s’il laissait les choses comme tel au lieu de les clarifier dès le début, tandis que Lewis se plaçait ainsi sur la défensive dans une froideur bien notable alors qu’il reprenait la marche. Et pourtant pour toute personne qui arrivait à le côtoyer de manière assez régulière, ou du moins qui commencerait à se faire à sa présence et son comportement, celle-ci aurait pu noter que même s’il avançait droit devant lui il faisait mine de jeter par instants sa lampe à gauche ou à droite pour s’assurer que la personne qui le suivait se trouvait toujours dans son champ de vision. Une petite subtilité qui pourtant avait son importance, même si Lewis agissait avant tout pour lui par instants il n’arrivait pas entièrement à se détacher de celui qu’il avait pu être et ceci voulait dire s’assurer du bon déroulement d’une situation ainsi que d’une personne, mais encore fallait-il avoir l’œil pour pouvoir observer cette nuance. Au bout d’un instant ils finirent par arriver à l’un des endroits dont Canelle lui avait parlé, il n’y avait pas l’ombre d’une présence comme on pouvait s’y attendre après tout, tandis que le fantôme avançait dans la zone tout en pointant plus en direction du sol dans le but de trouver des indices. Oui décidément c’était comme retourner dans les actions du Mystery Skulls, chercher la vérité et résoudre des mystères tout en enquêtant sur la vérité paranormale d’une affaire ou non, et c’est peut-être grâce cette attitude refoulée pourtant qu’il vient trouver quelque chose d’intéressant. S’accroupissant à un endroit il venait toucher la terre, les traces au sol avaient l’air d’être encore fraîches de ce qu’il pouvait sentir sous ses doigts, réfléchissant à la situation.

« Il y a eu de l’activité ici tu avais raison… cependant ça ne semble pas être humain… Tu vois ? C’est plus des traces de cerf ou quelque chose du même genre… et c’est peut-être encore dans les coins... »

Il était toujours en train d’éclairer les traces tout en se relevant, les suivant un peu pour voir en quelle direction cet animal avait pu passer, restant vigilant sur le fait qu’ils n’étaient pas à l’abri d’une attaque quelconque.







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MessageSujet: Re: Confide in me • Lewis F. Pepper   Sam 1 Juil - 20:00



Confide in me
CANELLE & LEWIS
Devrais-je offrir mon aide qui tu es a-t-il de l'importance nous sommes tous blessés par l'amour et nous avons tous une croix à supporter mais au nom de la compassion nos problèmes devraient être partagés confie-toi à moi



« Exactement. »

Canelle avait lancé un regard et un sourire confiant à Lewis quand celui-ci avait affirmé qu’ils n’étaient pas amis, entendant ce discours qu’elle s’était préparée à entendre en réalisant qu’elle y avait peut-être été un peu trop de front, jusqu’à ce qu’elle perçoive comme… était-ce possible ? De la compassion. Pas le genre qui envahi les veines comme l’adrénaline et vient faire plisser les sourcils dans un regard de pitié, mais une petite goutte de compassion cachée au fond de son coeur ; et pendant un instant, Canelle s’imaginait comme la méchante reine, fermant ses mains serties d’ongles effrayants sur le coeur de Lewis -la pomme rouge empoisonnée. Elle était la maîtresse du poison, il était le poison. Et tout à coup, elle voyait en lui bien plus qu’une simple nouvelle victime ; car si elle s’y prenait suffisamment bien, si elle parvenait à tant lui crever le coeur qu’il se jetterait avec dévotion à ses pieds pour lui obéir au doigt et à l’oeil comme le larbin aveugle qu’elle avait toujours voulu avoir, il pouvait devenir une arme très précieuse. Rien de tel qu’un type aussi lugubre pour propager la dépression et le désespoir à travers le monde ; cet homme pouvait faire baisser la température d’une pièce de plusieurs degrés et en ternir les couleurs simplement en y mettant les pieds. Canelle voulut d’abord venir amplifier cette compassion comme un lance-flamme, avant de se raviser, se disant qu’il était beaucoup trop tôt. Lewis n’était pas encore prêt ; ce qu’elle devait faire, c’était maintenir cette petite forme de sympathie qu’il ressentait, cette petite lueur de bougie au fond d’une caverne sombre. N’était-elle pas généreuse à souhait ? Certains qui observeraient les desseins de Canelle de l’extérieur la verrait comme une cinglée furieuse dont il fallait immédiatement retirer les pouvoirs ; mais pour Canelle, c’était très loin d’être une sorte de plan machiavélique façon méchant de dessin animé au rire diabolique. Non… n’aidait-elle pas les gens à se sentir mieux ? Après tout elle ne faisait pas naître les émotions des gens, du moins, pas avec des pouvoirs secrets ; non, c’était les gens qui les ressentaient tout seul. Alors n’était-elle pas quelque part une sauveuse, que de vouloir maintenir leurs joies hautes, leur compassion raisonnable, leur tristesse juste assez fructueuse pour guérir l’âme en purgeant la peine par les larmes ? Voilà ce qu’était Canelle, au fond : la sauveuse de l’humanité. Elle qui voyait tous ces humains se battre et se déchirer à cause de ces émotions, de cette adrénaline, de cette colère sourde qui semblait habiter chacun d’entre eux, elle était envoyée du ciel -littéralement quelque part, par sa mère-lune, et elle était bien capable de le penser- pour les guérir, pour rationaliser, pour soulager ces colères et amplifier ces joies ; elle voulait littéralement soigner le coeur des Hommes grâce à l’amour. L’amour qu’ils lui porteraient, l’amour qu’ils ressentiraient pour elle. Ils, hommes, femmes, enfants, ne verraient plus qu’elle, et leur attention serait à tout jamais détourné de ces conflits stupides et puérils qu’ils avaient les uns envers les autres. Elle était la flamme qui réchauffe, l’eau qui apaise, la terre qui nourrit, l’air qui rafraîchit. Elle était tout cela et bien plus encore. Sans jamais qu’elle ne comprenne, ou veuille tout simplement effleurer l’idée, que ce n’était pas l’humanité qui mourrait sous son addiction à l’adrénaline ; c’était elle qui périrait par son obsession d’être aimée jusqu’à la folie.

« Exactement pour ça que je te le dis. Parce que tu as le choix. »

Sa réponse était peut-être plus énigmatique qu’elle ne l’avait initialement prévu, mais cela l’enchantait encore plus de rester vague dans les paroles qu’elle pouvait prononcer. Elle savait ô combien les mots étaient précieux et dangereux, à quel point les conséquences d’une simple conversation laissée au hasard pouvaient être dévastatrices. La moindre formulation suspecte, la moindre expression du visage trop soudaine ou trop forcée ; elle savait à quel point la méfiance était une seconde nature pour l’humain, et Lewis plus que toute personne dont elle avait croisé la route. C’était curieux, mais évident pour Canelle à quel point le mal était plus encré dans les mœurs que le bien, du moins les définitions classiques que l’on donnait ; car cela s’observait pas le simple fait que la confiance était une construction rude faîte de patience et d’assurance, mais qui pouvait chuter et être réduite en poussière au moindre doute occasionné, alors que la méfiance était comme un fort de barbelés et de fusils qui fusait à tout instant et se voyait bien plus difficile à faire succomber que le mur de la confiance.

Le cas de Lewis était différent sur certains points, cependant ; tellement enterré derrière son propre mur de méfiance et d’apathie, presque mépris à l’égard des autres que les mains tendues dans sa direction lui devenaient étrangères, et donc, sources de curiosité, réservoir de doutes et d’incertitudes qui venaient paradoxalement faciliter le travail que Canelle exerçait sur lui sans qu’il ne s’en rende compte. Le commun des mortels bâtissaient la prudence et la méfiance à mesure des trahisons qu’ils vivaient au fil de leur existence, passant d’une simple barrière à une véritable forteresse pour les plus malchanceux en relations humaines. Dans le cas de Lewis, c’était comme s’il était né avec cette muraille, ou plutôt qu’un seul événement avait suffit à le faire apparaître instantanément il y a des années de cela, mais toute construction qui prenait de l’âge venait à s’effriter et le mur de Lewis était si haut et âgé aux yeux de Canelle qu’il présentait des lézardes on ne peut plus intéressantes, des fissures qu’elle cherchait à exploiter autant que possible dès qu’elles apparaissaient évidentes à ses yeux. C’était pour cela qu’elle avait passé tant de temps à l’observer, à examiner cette muraille de fond en comble pour en trouver les faiblesses afin de ne pas gaspiller d’énergie en tapant au hasard, préférant frapper de son marteau là où la construction présentait les meilleures zones de possible effondrement. À vrai dire, même si d’ordinaire la personne ne l’intéressait pas -seul son coeur comptait-, Canelle se surprenait à se demander ce qui avait bien pu pousser Lewis à vouloir travailler dans un lieu si éloigné de sa nature. Lewis représentait à lui tout seul le contraire exact de toute la philosophie dégagée par le Moonlight Palace ; le lieu des sept péchés capitaux coulant à flots, où matérialisme et désirs immédiats primaient, où les gens étaient chaleureux et la lumière chaude et invasive, contre le taciturne gardien de nuit, qui vivait des ombres et se présentait comme étant l’une des personnes les plus froides et les plus lugubres de l’existence humaine. Le contraste était tel que la question se posait bel et bien, du moins pour l’heure dans l’esprit de Canelle ; ce qui avait pu pousser Lewis à travailler là lui échappait. Jusqu’à ce qu’elle puisse lui demander, elle l’imaginait comme un insecte attiré par la lumière ; après tout, ne disait-on pas que les contraires s’attirent ? Peut-être qu’il était venu ici exactement parce que travailler en pleine lumière, près de ce qui était le contraire de lui-même, lui permettait d’autant mieux se cacher. Les gens d’ici n’aimaient pas spécialement les gens comme lui, et donc ils ne s’y intéressaient pas, et faisaient comme s’il n’existait pas, ce qui devait parfaitement arranger le fantôme du Moonlight Palace Hotel.

« Tu n’as pas à t’occuper de moi tu sais, je disparaîtrais avant même que tu t’en rendes compte. »

Canelle était très satisfaite d’avoir choisi cette option-là ; car Lewis semblait bien plus à même de discuter quand il s’agissait de travail, ou plus largement de ne pas parler de lui, d’humanité, ou de relations. C’était là qu’étaient ses points faibles, elle en était de plus en plus certaines ; dès que le sujet venait traîner sur le concept des relations humaines, il se fermait comme une huître et elle pouvait dire au revoir à toutes ses chances de réussite à ce moment-là. Mais dès que la conversation traînait sur quelque chose de plus tangible, de plus actuel, de plus distant et professionnel, il semblait toujours plus à même d’écouter, plus attentif ; il prenait son rôle très au sérieux et se devait de corriger le moindre faux pas qu’il ait pu exercer, semblant prendre personnellement l’idée que des rôdeurs puissent être en train d’épier la propriété. C’était là tout le paradoxe du personnage ; il était distant, professionnel, froid ; mais si quelque chose pouvait venir remettre en question le boulot qu’il avait déjà contribué au sein du Moonlight, il avait toujours l’air d’en faire une affaire personnel, un truc à régler illico presto. Canelle ne savait pas si chez lui c’était de l’ego, une envie d’offrir un travail propre, rapide et constant, ou parce qu’il s’ennuyait tant dans sa vie de tous les jours ; mais dans tous les cas ce n’était pas ce dont elle avait l’habitude avec les gardiens de nuit. Jusqu’à son arrivée, elle avait vu défiler un nombre impressionnant de clichés vivants, entre l’homme en surpoids de type morbide qui ne bougeait que si le directeur était dans le coin et le petit nerveux qui avait peur de sa propre lampe torche en passant par le gros qui se croyait plus fort et courageux qu’il ne l’était vraiment. Lewis avait balayé les performances de tous ces gens en un rien de temps, de ce que Canelle avait déduit au fil des rumeurs et des bruits de couloirs, même si ça n’était pas très étonnant. Pour un Hotel qui se voulait luxueux, les patrons n’étaient pas très regardant sur la sécurité en dehors des murs, trop confiants que personne ne puisse mettre les pieds chez eux. C’était le genre de boulot qu’ils refilaient au premier qui se présentait, qu’il ait cinq diplômes et dix-sept formations professionnels ou un simple ultimatum comme quoi la personne devait trouver un travail dans les plus brefs délais pour pouvoir garder sa maison -ou pire, ses gosses. Et ils avaient trouvé leur perle en Lewis : un gars sans histoire, qui semblait sorti de nulle part, et n’était clairement pas le genre qui allait leur causer des problèmes. Qui fuyait même ces derniers, probablement. Avec ses compétences évidentes, le directeur ne pouvait être que satisfait.

« Je te colle et je ne dis rien. Compris ! » Elle haussa un sourcil quand il parla de jouer les héroïnes ; ça n’était pas son genre, ni celle de l’apparence qu’elle se donnait, d’ailleurs. « C’est toi le chef de la sécurité, moi je me contentes de servir des verres et des assiettes, alors l’héroïne ici ça ne sera clairement pas moi. »

Son ton était emprunt de sarcasme, mais le genre de sarcasme qui n’avait pas de sens caché, car elle n’avait bel et bien rien d’une héroïne, et si l’un d’entre eux devait se rapprocher d’une telle définition, c’était Lewis. Cela dit le sarcasme permettait de ne pas le baigner de compliments, quelque chose pour lequel il semblait conserver une aversion plus que certaine, en mentionnant l’évidence : c’était lui en charge de la sécurité, alors elle lui laisserait faire son boulot sans empiéter sur son territoire. Et tout cela empaqueté dans une phrase laissée au hasard -presque. Elle eut un mouvement de recul en levant le bras en se prenant le flash lumineux de la lampe de Lewis en plein visage, plissant les yeux dans une grimace peu flatteuse, sentant une légère frustration monter en elle alors qu’elle afficha un sourire qui se voulait complice, dans le genre « t’es sérieux là ? » mais sur un ton plaisantin. Le chemin qu’ils parcoururent ensemble débuta alors, Lewis devant et Canelle légèrement en retrait ; et la jeune femme ne chercha pas un seul instant à briser le silence qui se faisait. D’un côté, parce que Lewis semblait le chérir, mais surtout parce qu’elle-même appréciait cet état d’être rare et précieux dans un monde comme celui-ci, et surtout dans le Moonlight Palace Hotel. Le silence était d’or, et même de platine ; elle le savourait toujours, car il lui permettait de rassembler ses pensées. Canelle vivait en permanence avec un trop plein d’émotions, parfois les siennes mais souvent celles des autres, et de toutes les tares qu’elle pouvait bien avoir, elle avait tout de même développé des bonnes habitudes pour savoir les gérer, en alliant par exemple son pouvoir à des techniques de respiration, de méditation et de yoga. Aussi cliché que cela pouvait paraître vu son physique de jeune femme dynamique et sportive, personne ne pouvait nier que ces méthodes apportaient un semblant de bien-être, en particulier aux gens qui avaient du mal à gérer leurs émotions, et encore plus dans le cas de Canelle où les émotions des autres venaient s’ajouter sur le tas. Le silence, surtout dans la nuit noire et la forêt où seuls les criquets et quelques oiseaux de nuit se faisaient entendre, était un plus sur lequel elle ne crachait jamais. Elle pouvait ainsi avoir tout le loisir de rassembler ses pensées, de réfléchir à ce que serait son prochain coup, à analyser Lewis dans un autre contexte que la discussion. Une image vaut mille mots, alors de pouvoir le voir en pleine action, concentré et le visage encore plus sombre mais étrangement dénué de ce vide qu’il affichait en temps normal -peut-être car il était focalisé sur sa tâche-, et cette image lui permettait d’emmagasiner un nombre non négligeable d’informations à son sujet. Ils arrivèrent ainsi dans ce silence jusqu’à une zone où le terrain devenait plus accidenté, et Lewis passa devant, avant de se retourner vers elle et de lui tendre la main ; et mille idées traversèrent l’esprit de Canelle sur comment elle devait aborder ce point non-négligeable. D’extérieur c’était une situation mortellement commune mais dans le cas de Lewis et de Canelle s’était comme si ce geste devenait le croisement de toutes les possibles ; tout dépendait de comment Canelle interprétait ce geste « gentil » et comme elle réagissait.

« Merci. » Elle n’avait pas sourit, elle avait seulement conservé une expression concentrée, prenant la main de Lewis et s’en servant pour descendre de manière aussi sécurisée que possible. Arrivée en bas, elle se contenta de s’épousseter, ne voulant pas faire de cela une montagne même si quelque part ça l’était dans son esprit. Un pas de géant vers le coeur de Lewis, et elle ne voulait pas son coeur pour des raisons nobles ou par frénésie amoureuse, cela allait sans dire… « On continue ? »

Elle avait prit les devants, faisant de son mieux pour que Lewis ne la perçoive pas comme une gêne ou quelque chose qui puisse le ralentir. Au contraire, elle voulait développer chez lui l’impression qu’il pouvait compter sur elle, ou plus largement qu’il n’avait à aucun moment besoin de s’inquiéter ou de se préoccuper d’elle… pour le moment. Jouer les damoiselles en détresse n’était pas la stratégie la plus légitime, elle le sentait. Cela aurait plutôt le don de l’énerver, ça aussi elle en était certaine. Elle se disait qu’avec lui il fallait doser, entre énergie et calme, entre besoin et indépendance ; juste assez des deux pour endormir sa volonté de s’éloigner à tout prix de tout le monde. Car s’il enregistrait dans son esprit que la présence ou non de Canelle ne changeait rien, alors cela voulait dire qu’elle pourrait à l’avenir être dans son sillage sans qu’il ne prenne aussitôt cette attitude fermée et fuyante. Un pas de plus vers son coeur, un pas de plus vers le pendentif. Ils continuèrent leur route dans ce même silence qu’auparavant, bien que Canelle avait presque un peu plus les yeux rivés sur la nuque de Lewis, observant le moindre de ses gestes pour y déceler tout comportement qui sortait de l’ordinaire. Elle ne détachait les yeux de lui que pour profiter de la lueur de la torche pour voir où elle mettait les pieds car une tenue de serveuse comme la sienne n’était pas exactement l’idéal pour une sortie au fond des bois. Un peu plus loin, elle pointa du doigt un des coins où les clients auraient aperçus quelque chose, mais Lewis entra bien vite dans la conclusion que ce n’était que des traces animales.

« Tu en es certain ? Les clients avaient l’air vraiment sûrs d’avoir vu quelque chose, et je ne pense pas qu’ils s’agiteraient pour un cerf. Le Palace est au fond des bois alors c’est plutôt ordinaire d’en voir… Quoiqu’ils ont peut-être vu des ombres et ont vu que ce qu’ils voulaient voir. Ils tiennent à leur argent alors si des bandits de grand chemin locaux s’amusent à zieuter un trésor pareil… n’importe quoi devient suspect. » Canelle laissait croire qu’elle se prenait au jeu de l’enquête, cherchant surtout à éveiller l’intérêt de Lewis qui semblait justement sensible à ce genre de petite aventure vu son attention au détail et sa concentration extrême pour ce qu’il était en train de faire. Et puis, contrairement à ce que l’on pourrait croire, pas tout le monde était capable de déterminer les origines de traces sur le sol et encore moins les pister. « Suis-moi, il y a aussi un coin près des suites résidentielles où des silhouettes auraient été aperçues. »

Elle fit mine de passer devant mais laissa en réalité Lewis prendre les devants, d’abord parce que c’était lui la source de lumière paradoxalement et aussi parce qu’elle préférait avoir un œil sur lui plutôt que l’inverse. Elle contrôlait les émotions, certes, mais elle n’était pas moins vulnérable au cas où Lewis se transformait en psychopathe. Ça n’était pas si étrange que de le penser vu son côté fuyant ; peut-être avait-il commis des atrocités dont il essayait de se cacher… et Canelle n’avait pas envie de le découvrir en se transformant en victime. Le chemin ne fut pas aussi long qu’elle l’aurait voulu, car malgré le silence, plus elle passait du temps avec Lewis, plus un lien pouvait se nouer entre les deux, et c’était bien là son but intermédiaire ; et ils firent le tour de la propriété -qui était étrangement large malgré la petitesse que l’on pouvait suspecter dans une ville comme Storybrooke-, avant d’arriver du côté des suites et des chambres d’hôtel. Car même si le bâtiment avait surtout des airs de boîte de nuit éternelle, il ne s’appelait pas le Moonlight Palace Hotel pour rien. De ce côté là, l’atmosphère était déjà bien plus sombre et silencieuse que du côté du restaurant et des zones d’activités ; la plupart des résidents étaient de toute manière du côté du bar, et ceux restant devaient probablement dormir d’un long sommeil. Canelle avait fait la rencontre de quelques résidents qui ne semblaient pas partager le goût des vices et des désirs immédiats des autres, et elle s’était toujours demandé pourquoi diable ils restaient là ; mais la réponse sonnait presque évidente. Parce qu’ils n’avaient nulle part où aller. Les habitants du Moonlight avaient passé vingt-huit ans à faire la fête, se croyant riches héritiers en vacances, hommes d’affaires en voyage et autres nouveaux riches chanceux ; mais quand la malédiction s’était levée, ils avaient totalement perdu leur place. Ils n’appartenaient ni au monde réel et aux fortunés de ce monde-là, n’existant tout simplement pas à leurs yeux ; et ils n’appartenaient pas non plus aux Storybrookiens, ils n’avaient pas de maisons où aller, de famille à retrouver. Ils vivaient littéralement dans leurs chambres d’hôtel, et préféraient oublier la place qu’ils n’avaient pas en ne cessant jamais cette fête éternelle, du moins jusqu’à ce que les réserves s’épuisent et que tout s’effondre sous leurs yeux. Ils étaient à un stade avancé du déni de réalité, ce qui était d’autant plus pratique pour Canelle, qui se retrouvait avec un hôtel entier de victimes idéales.

« Par là… Attends ! »

Elle fit signe à Lewis de s’arrêter, avant de pointer du doigt vers une des fenêtres sans lumière, du côté du bâtiment le moins visible depuis le reste de l’hôtel et le plus orienté vers la forêt. De la fenêtre curieusement ouverte semblait se profiler une silhouette qui s’échappait avec agilité dans un silence total. Il gravissait le mur pas à pas sans se presser, sachant pertinemment que personne ne viendrait l’embêter par ici de si tôt, vu que les clients étaient occupés à boire et la sécurité n’était pas censée se pointer dans le coin avant un petit moment. Canelle chuchota :

« Cambrioleur… Comme quoi les clients n’avaient pas tort, ce type a dû venir fouiner par là pour préparer le terrain… Lewis, tu n’as pas d’armes, tu crois que tu peux t’en... »

Elle s’interrompit, la bouche entrouverte. Elle venait de sentir le canon froid et métallique d’une arme pointée sur son crâne. Quelqu’un était derrière elle. Elle pesta intérieurement ; trop concentrée à analyser dans les moindres détails le flux émotionnel de Lewis, cherchant à repérer celui du pendentif, rassurée par l’idée que toute cette histoire de clients inquiets n’étaient au fond qu’une ruse et que c’était vraiment juste un cerf... Elle n’avait pas repérer plus tôt un autre flux émotionnel. Surtout parce que ce dernier semblait d’un calme olympien, le genre d’émotion qui passe pratiquement inaperçu, bien qu’elle percevait quelque part un léger stress venant du nouveau venu, probablement le complice de celui qui était en train de s’enfuir depuis la fenêtre. Elle voulut d’abord éteindre ce stress pour calmer la personne derrière elle, histoire de s’éviter une balle à travers la tête ; mais elle opta pour une autre solution… elle l’amplifia, encore et encore, jusqu’à ce que l’inconnu ne se mette à respirer comme un bœuf essoufflé, leur ordonnant de ne pas faire un seul geste. Elle lança un regard de détresse à l’attention de Lewis ; les cartes étaient entre ses mains… et même s’il ne faisait rien, elle avait déjà trouvé sa porte de sortie.

fiche codée par Empty Heart

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MessageSujet: Re: Confide in me • Lewis F. Pepper   Ven 21 Juil - 18:30




Affirmer que ce petit jeu de piste dans les bois était en train de l'amuser se trouvait être une notion bien trop forte pour Lewis, même s'il était vrai que le fait d'enquêter pouvait lui procurer de bons souvenirs il n'irait pas non plus jusqu'à se prendre entièrement au jeu pour en oublier son travail c'était une certitude, d'autant plus en voyant que le mystère se résolvait de lui-même en observant les traces typiques d'un cervidé sur le sol alors qu'il gardait en extérieur cette apathie latente dont il faisait que trop souvent preuve. Le fantôme prenait beaucoup trop à cœur son travail pour se relâcher ne serait-ce qu'un seul instant et encore plus en se trouvant ainsi en service, il était selon lui de son devoir d'inspecter la moindre piste même si celui-ci s'avérait être fausse ou même déboucher pourquoi sur quelque chose d’inattendu, devenant quelque part la seule notion viable en laquelle il pouvait encore croire même si elle n'était peut-être pas celle qui pouvait faire le plus rêver pour le coup il s'en fichait éperdument. De la même manière il se trouvait pas ici en compagnie de Canelle pour un quelconque amusement, moins il fréquentait les autres après tout et meilleur c'était pour lui selon sa vision des choses au point de pouvoir glisser sans mal la jeune femme dans le reste du panier dans son esprit, mais bien parce qu'il se devait de s'assurer de la sécurité de la moindre personne domiciliant au Moonlight Palace ainsi que de leurs biens qui en attiraient plus d'un. Lewis se pliait ainsi à l’exercice sans rechigner une seule fois parce qu'il savait pertinemment que c'était ce qu'on attendait de lui et la raison première de son travail ici, sinon il n'avait qu'à trouver autre chose après tout si le poste ne lui convenait pas, même si pour cette petite expédition se montrait un peu plus périlleuse que prévue car de son côté il fallait agir avec le plus de naturel possible mais plus que tout le plus normalement. Un exercice qui d'un coup lui semblait si difficile à opérer à cause du fait qu'il était accompagné, s'imaginant dans un pur esprit paranoïaque que le moindre de ses faits et gestes se trouvaient épiés à la loupe par Canelle – s'en savoir que ceci était sûrement plus véridique que ce qu'il pouvait penser, se maîtrisant autant qu'il pouvait pour ne pas produire la moindre petite étincelle surnaturelle comme par exemple en lévitant doucement à travers les bois comme il le ferait en temps normal lorsqu'il faisait sa ronde habituelle du coin. Il ne devait éveiller aucun soupçon, encore moins en voyant que le danger était peut-être écarté avec cette découverte, restant tout de même attentif à ce que la jeune fille pouvait lui raconter.

Bien que toute cette histoire pouvait se dévoiler comme une monstrueuse perte de temps, que tout ceci ne puisse être que l'imagination trop fantasque de personnes si avares et matérialistes, il était certain que Lewis ne laissait rien de côté et prenait tout de même cette affaire avec tout le sérieux dont il était capable. Peut-être qu'en dehors de la sphère du travail il n'en aurait pas fait plus de cas tant les petits soucis personnels des autres ne l'intéressaient pas le moins du monde, encore plus pour ce qu'il prenait comme étant des futilités puisque n'importe quelle chose matérielle pouvait se remplacer sans le moindre mal, sauf que présentement dans le cadre de son travail le fantôme se trouvait être un exemple de la recherche de la perfection ou du moins de ce que le commun pouvait nommer le travail bien fait. Depuis toujours il en avait été ainsi et ceci même de son vivant, venant ainsi aider dès qu'il le pouvait ses parents avec leur restaurant sans qu'on ne lui demande forcément pourtant, et quelque part il était plaisant de voir que peut-être qu'il n'avait pas tout perdu de son ancienne existence de vivant qui lui manquait toujours aussi cruellement. Et alors qu'il regardait un peu Canelle il pouvait constater qu'au moins il avait la même vision des clients et de leurs richesses, semblant ainsi arriver à la même conclusion que la moindre ombre tapis dans la pénombre pouvait avoir des allures menaçantes parce qu'ils avaient bien trop peur qu'on puisse leur dérober quoi que ce soit, retenant un soupir d'exaspération pour cette tranche si particulière par égard envers la jeune femme. Même si Lewis n'avait aucune envie de devenir l'ami de la serveuse, tant l'idée même d'amitié le mettait mal à l'aise tout en lui donnant une certaine rage à cause de ce que son soi-disant meilleur ami avait pu lui faire, il n'avait pas non plus envie d'instaurer une atmosphère pesante entre eux parce qu'il n'avait aucune subtilité avec les autres. Encore plus en sachant que Canelle prenait de son temps libre pour le guider dans les endroits à sécuriser, rien ne l'obligeait à faire ceci même si pour le fantôme elle aurait pu juste se contenter de lui indiquer où elles se trouvaient au lieu de se donner tout ce mal à crapahuter dans la forêt, et c'était pour cette raison toute simple qu'il n'allait pas non plus la froisser en étant un peu trop franc dans sa manière de dire librement ce qui pouvait lui passer par la tête parfois. Il savait aussi qu'il devait faire un effort, même aussi minime puisse-t-il exister, car même si de son côté il pouvait vivre dans une relation à la froideur extrême ceci serait peut-être injuste pour la serveuse qui avait toujours fait son possible pour établir ne serait-ce qu'un aspect cordial entre eux.

« Oui... je peux te garantir que la seule chose qui est passée ici c'est un cervidé, les traces sont assez marquées pour éviter un possible doute... Comme tu l'as dit ils ont dû confondre dans la pénombre et puis tout dépend aussi d'où ils pouvaient bien regarder... Probablement que c'est la même chose pour les autres coins mais je préfère m'en assurer directement... »

Lewis préférait de toute évidence s'en assurer pour en être entièrement sûr, le risque zéro n'existait dans aucun domaine et il avait beau effrayer le plus grand nombre de traverser le domaine sans y être convié que ceci ne voulait pas dire que des petits malins ne voulaient pas eux aussi tenter leur chance, alors qu'une forme de réticence se faisait ressentir en lui en voyant que Canelle voulait encore l'accompagner même s'il venait doucement à hocher la tête avant de se mettre en route. S'il venait à se passer quelque chose le fantôme n'avait aucune envie qu'elle puisse être témoin de ses pouvoirs, par extension de ce qu'il était par la même occasion tant son état n'était aucunement une chose qu'il venait crier sur les toits et pour lui moins on en savait mieux c'était, même s'il pouvait peut-être lancer une illusion sur elle pour lui faire croire qu'elle avait pu tomber et rêvait de tout ceci. C'était extrêmement gros et risqué tout de même, surtout que rien ne pouvait lui assurer que ceci pouvait fonctionner surtout si elle se trouvait être assurée de ce qu'elle avait pu être témoin même s'il venait lui répéter qu'elle se trompait, encore plus si la serveuse venait à entendre par la suite des rumeurs qui pourraient lui confirmer que tout ceci était bien réel. C'était pourquoi Lewis préférait travailler seul dans les conditions actuelles qui étaient les siennes, d'autant plus qu'il ne faisait guère confiance à qui que ce soit tant il savait qu'il était difficile de venir poignarder une personne dans le dos si facilement, et si certains pourraient trouver ainsi la compagnie de Canelle comme une sorte d'occasion à ne pas louper – parce qu'après tout elle devait bien en faire tourner des têtes – inutile de dire que de son côté il laissait sa place bien volontiers au premier venu. Néanmoins il était aussi conscient qu'il était inutile de venir pleurnicher sur son sort ou il ne savait quoi, ce n'était pas comme si les miracles pouvaient bien exister et il y a bien longtemps qu'il ne croyait plus à ce genre de choses, le fantôme se ressaisissait ainsi assez rapidement puisqu'il était de son devoir de s'assurer que tout se passer pour le mieux tandis que le silence était de mise entre eux durant le trajet qui avait l'air interminable à son goût. Non pas à cause du fait qu'il n'y avait aucune parole entre eux, au contraire ceci lui convenait même parfaitement, mais tout bêtement parce que rester ainsi avec autrui n'était clairement pas son fort. Mais Lewis faisait au possible table rase de tout ceci pour se focaliser uniquement sur sa mission, à force de parcourir le domaine il connaissait les recoins susceptibles de représenter un futur potentiel danger, cherchant le moindre mouvement suspect à l'horizon sans être trompé par le fait qu'il pourrait être trompé par un buisson bordé par le vent un peu plus loin mais tout autant d'eux avait l'air assez calme.

Sa vigilance se portait aussitôt sur l'endroit où Canelle venait lui montrer, quittant ainsi l'observation de la nature alentour à la recherche d'un autre possible cerf qui pourrait ainsi expliquer de nouveau l'émulation dont certains avaient été frappés en croyant voir l'ombre d'un voleur dans les environs par crainte, fronçant aussitôt les sourcils en voyant effectivement ce qui avait été une figure humaine passer trop fugacement à son goût dans une chambre du palace. Cependant il ne voulait pas non plus crier au loup trop vite, certes le fait qu'ils avaient devant eux ainsi une infraction devant les yeux ne signifiait pas à son sens qu'ils devaient ainsi aussitôt se jeter sur lui parce qu'on ne pouvait jamais prédire comment l'individu allait pouvoir réagir et s'il prenait la fuite à l'intérieur de l'établissement tout serait pire, mais ceci ne voulait pas dire pour autant que Lewis allait rester là les bras croisés à ne rien faire. Tout ce qu'il avait à faire s'était de base l'appréhender et encore plus à l'instant même où ils pouvaient le voir grimper ainsi avec plus ou moins d'agilité, lui donnant par la même occasion une sorte de feu vert de lui-même pour l'autoriser ainsi à l'attaquer en quelque sorte et ainsi le mettre hors d'état de nuire au plus vite, puis il viendrait récupérer ce qu'il avait pu prendre une fois qu'il l'aurait soit fait déguerpir d'ici soit après l'avoir mis k-o ce qui impliquait dans le dernier cas devoir téléphoner à la police pour qu'il vienne le chercher. Le seul bémol serait de gérer Canelle dans cette affaire car si le fantôme pouvait ce genre de situation de crise, sans le moindre mal en usant des dons qu'il avait pu hériter en passant de vie à trépas, avoir un témoin se trouvait être toujours aussi compliqué pour lui de toute évidence surtout qu'il n'avait aucune arme sur lui. Il était l'arme techniquement. Et si le directeur de son côté ne lui posait aucune question sur ses méthodes ou de la manière dont il pouvait s'y prendre pour garder le lieu sécurisé, après tout seul le résultat comptait et surtout la satisfaction des clients qui se sentait de ce fait encore plus intouchables que d'ordinaire, il y avait forte à parier que la jeune femme n'allait pas juste fermer les yeux sur ce comment il allait se débrouiller pour se sortir de cette situation et ainsi appréhender l'individu sans pouvoir avoir recours au moindre objet de persuasion comme un revolver qui aurait été le bienvenu dans ce cas présent. Lewis devait se débarrasser momentanément de Canelle, peut-être qu'il pouvait lui demander d'aller passer un coup de fil à la police en attendant qu'il s'occupe de ce cas, étant dans l'état actuel une gêne à ses mouvements en toute franchise.

Un état qui ne faisait que se compliquer davantage lorsque son regard se posait sur la jeune femme, en cherchant pour qu'elle raison elle avait pu ainsi s'interrompre dans sa phrase, voyant ainsi une tierce personne armée prendre en quelque sorte la serveuse en otage. Merde. Il n'y avait pas forcément besoin de mots entre eux pour savoir exactement quelle était la situation et ce que ce type ferait si jamais Lewis faisait le moindre mouvement ou alertait quelqu'un, bien que techniquement il n'y ait pas grand monde à alerter puisqu'il était la seule représentation de la sécurité dans l'état actuel, gardant pour sa part son calme tout en levant un peu les mains comme pour lui prouver ainsi le fait qu'il n'avait rien en main et que tout allait bien. Le fantôme devait voir la situation dans sa globalité et avoir un tableau d'ensemble de ce qui était en train de se dérouler, premier bon point l'acolyte était encore dans la chambre en train de fouiller et donc il n'aurait qu'une seule personne à gérer à la fois, quant à Canelle elle se trouvait ainsi être la monnaie d'échange pour leur silence et surtout le fait que les deux voleurs pourraient s'enfuir sans le moindre mal. Le plus simple serait sûrement de ne pas intervenir pour éviter que la jeune femme puisse se retrouver blessée mais il n'avait aucune garantie que ceci ne serait pas le cas à l'avenir, d'autant plus que c'était aller à l'encontre de son travail et que même s'il faisait ceci pour sauver ainsi la serveuse ceci ne serait peut-être pas la meilleure des solutions, et même si de base Lewis n'avait pas envie de faire voler en éclat sa couverture en s'affichant comme un être lié au surnaturel avec ce qui était en train de se dérouler il n'aurait peut-être aucunement d'autre choix qui se présenterait face à lui. Le tout était de savoir si son secret était plus important que la vie de Canelle, lequel sur la balance faisait ainsi le plus de poids, et même s'il se préoccupait avant tout de lui la réponse restait tout de même que la serveuse restait la plus importante. Pour une personne comme lui qui avait pu perdre la vie forcément que l'existence était une chose bien trop précieuse, qu'il se devait ainsi de protéger si elle était menacée de la sorte, d'autant plus que ce n'était pas une inconnue dont il était question. Surtout qu'il était assuré que l'individu devenait de plus en plus instable, il était évident que la respiration saccadée dont il faisait preuve et la main légèrement tremblantes se trouvaient être des facteurs qui ne trompent pas, et quelque part il lui en faudrait peut-être assez peu pour le faire déguerpir au plus vite d'ici avant que sa peur ne le pousse à faire l'impensable.

« Tout va bien... Vous allez la laisser tranquille et repartir d'où vous venez... si vous le faite personne ne sera blessé mais surtout pas vous... On est d'accord... ? »

« La ferme ! T'as pas à me dire ce que je dois faire ! C'est moi qui aie l'arme donc c'est moi qui commande ! »

Les négociations ne se présentaient pas sur leurs meilleurs jours, résultant sûrement de la peur que de se retrouver dans cette situation était en train de lui procurer pour le coup, ne pouvant que lui démontrer un peu plus qu'il allait devoir agir physiquement s'il voulait tout arranger et surtout sortir Canelle d'ici. Lewis n'était clairement pas enchanté, détestant tellement qu'on puisse venir lui forcer la main, néanmoins il était hors de question que la serveuse puisse périr alors qu'il avait pourtant les moyens d'agir pour le coup. Dans ce cas présent ce n'était pas comme si le fantôme se trouvait à la merci de l'assaillant sans rien pouvoir faire, il avait le moyen d'agir et s'il ne le faisait pas il savait pertinemment qu'il aurait des regrets supplémentaires mais surtout bien inutiles dont il n'avait pas besoin – déjà assez de tourments comme ceci s'en devoir en ajouter une nouvelle couche, soupirant alors quelque peu à l'attention de l'homme qui n'avait pas l'air de comprendre l'occasion qu'il avait de s'en tirer sans le moindre mal. Il ne restait qu'à choisir ce qu'il pourrait bien faire pour pouvoir l'appréhender, devant garder en tête le fait qu'il y en avait un deuxième en train de se servir dans la chambre sans probablement ignorer ce qui se passait en bas, éviter dans tous les cas que Canelle ne puisse être blessé. Lewis avait le choix entre les flammes ardentes qu'il pouvait contrôler à sa guise, du moins du moment qu'elles émanaient de lui en tout cas, ou une illusion pour le plonger dans un état de confusion ou même de terreur la plus totale. Dans les deux cas il y aurait un mouvement de panique de la part de ce type, le tout était de s'assurer que dans un possible geste brusque il ne vient pas appuyer sur la détente et ainsi faire exploser un peu partout la boîte crânienne de la jeune femme, devant ainsi choisir habilement selon lui ce qui serait la meilleure des options. Il devait faire en sorte qu'il vienne dévier le bout du canon ailleurs que sur Canelle, même sur lui ça ne serait pas réellement un problème vu qu'il aurait la possibilité de faire passer au besoin la balle à travers lui, puis ensuite à voir si celui-ci prendrait les jambes à son cou en laissant son acolyte sur le banc de touche seul ou s'il faudrait qu'il vienne le calmer un bon coup jusqu'à ce qu'il ne soit plus une potentielle menace. Fixant l'individu les yeux de Lewis prenaient un aspect bien moins humain, peut-être quelque part bien malgré lui comme à chaque fois qu'il se sentait en danger d'une manière ou d'une autre, tout était sombre en dehors d'un fin cercle violacé luminescent.

« Vous ne pourrez pas dire que je ne vous ai pas prévenu... »

Il était clair que l'individu face à lui se trouvait assez confus, ayant sûrement du mal à faire le point avec l'angoisse dont il semblait être fortement épris pour le coup, et le fantôme devait avant tout en profiter pour agir avec le plus de discernement possible. Il était de toute façon trop tard pour faire machine arrière maintenant, tout ne pouvait pas revenir à la normale et faire comme si rien ne s'était passé car quelque part Lewis avait déjà franchi une première ligne, mais ce n'était pas le moment de penser à toutes les conséquences possibles que ses actes pourraient avoir et les impacts futurs avec Canelle. Il devait la sauver c'était tout. Ses mains s'enflammaient de ce feu rosé qui lui était propre sans plus de préambule, le timing allait être de mise il savait très bien, n'attendant pas une seule seconde de plus pour balancer ce qui était ainsi un projectile de feu vers la figure de l'indésirable dont il avait pu voir la peur grandissante sur son visage avant l'impact. L'action eut pour effet de faire reculer sous la surprise et la douleur le voleur tout en l'aveuglant provisoirement, prenant ainsi de la distance malgré lui avec Canelle alors que le fantôme espérait que celle-ci n'allait pas avoir la mauvaise idée de bouger ou crier, avançant à toute vitesse pour s'interposer entre la jeune femme et son tortionnaire grâce à une lévitation si fulgurante qu'on aurait pu croire à une téléportation certainement pour un œil non entraîné. En moins de temps qu'il faut pour le dire Lewis offrait un coup de poing enflammé dans l'estomac du premier cambrioleur avec une telle violence qu'il sentait le souffle de l'autre se couper, cherchant ainsi à le faire taire pour ne pas qu'il puisse prévenir le deuxième encore dans la chambre à voler tout ce qu'il pouvait et aussi le mettre hors-service pour ne plus qu'il soit un souci, le voyant alors tomber au sol lourdement sur le dos tout en ayant vraisemblablement perdu connaissance. La première menace était écartée tandis qu'il ramassait l'arme de l'individu au sol, pouvant voir au passage qu'il lui avait infligé quelques brûlures qui mettraient quelques jours à partir complètement car le but n'avait pas été de le tuer ou encore de lancer une forte offensive sur lui mais bien le déstabiliser pour ne plus menacer Canelle, venant tendre l'objet à la jeune femme par pure précaution et aussi en étant un moyen de la rassurer en lui montrant qu'elle avait ainsi une forte carte en main par la suite car Lewis ne pouvait dire comment elle allait réagir à tout ceci et surtout si elle pouvait avoir la moindre appréhension de sa personne après ce petit spectacle offert malgré lui.

« Tout va bien Canelle... Je sais que... que tu as sûrement des interrogations mais ce n'est pas le moment... il en reste encore un qui ne pas tarder à descendre de la fenêtre... Je te donne cette arme... tu peux frapper celui au sol avec la crosse s'il vient à se réveiller... Juste... c'est bizarre mais... mais fais-moi confiance... »

Bien entendu qu'elle aurait des questions à lui poser, il n'avait pas besoin d'être devin pour pouvoir le deviner pour le coup c'était une certitude, sauf que Lewis ne voyait pas ceci comme étant encore la priorité des événements puisqu'il y avait encore un individu à venir appréhender. Et même si une part de lui avait cette crainte de cette dévoilée de la sorte, surtout qu'il devenait de toute évidence très difficile de faire passer tout ceci pour un drôle de rêve aux yeux de Canelle désormais, la priorité restait pour lui son travail alors qu'il prenait un peu de distance avec la jeune femme aussi bien pour lui que pour elle. Parce qu'il n'était pas du tout à son aise, depuis le début il aurait dû venir ici tout seul et désormais il ne pouvait que s'en mordre les doigts quelque part, mais aussi parce qu'il ne savait comment la serveuse pourrait bien réagir et qu'il préférait lui laisser au cas où le temps et l'espace de pouvoir plus ou moins digérer ce qu'elle avait vu. Rien ne lui garantissait après tout que sa collègue puisse être une habituée de la magie, si elle venait d'un monde comme le sien ça pouvait être un choc dont il était conscient pour le coup, et dans le fond peut-être même que la crainte qu'il avait ne serait pas grand-chose si par exemple elle le prenait pour un mage ou assimilé. Gardant tout de même une certaine attention sur l'homme à terre, jetant des regards furtifs pour s'assurer qu'il ne se réveille pas et vienne reprend l'arme des mains de Canelle, sa concentration se focalisait néanmoins sur l'ombre qui ressortait alors de la chambre en passant par la fenêtre. Il n'allait pas faire deux fois la même erreur et laisser ce type descendre tranquillement, qu'il puisse ainsi sortir son arme comme si de rien n'était, alors que dans la pénombre ambiante Lewis distinguait assez bien les formes pour sa part et sûrement grâce à son état de fantôme. Quand il le vit s'accrocher sur le bord de la fenêtre, tout en cherchant un appui des pieds, pour sa part il n'attendit alors plus une seule minute et lui envoyait un nouveau projectile qui vient faire lâcher prise l'homme en raison de la douleur. Il savait que ce n'était pas ce qui allait le tuer, ce n'était pas aussi haut que ça – et surtout il n'y avait aucune pique en bas contrairement à lui qui n'avait pas eu cette chance dans cette maudite grotte, le voyant lourdement tomber au sol tout en geignant alors de douleur et lui offrant des côtes cassées. Approchant de l'homme mal-en-point le garde de nuit vient prendre les menottes dont il disposait pour ainsi les passer sur les poignets du coupable, lui fouillant les poches pour sortir l'argent et les bijoux qu'il avait pu voler dans la chambre du client dans laquelle il s'était ainsi introduit, essayant de l'intimer à ne pas bouger pour lui éviter des douleurs inutiles avant de prendre son talkie-walkie.

« Est-ce que quelqu'un m'entend... ? J'ai du côté Nord-Ouest deux voleurs qui ont été arrêtés et sous contrôle... au pied de la bâtisse... Il faut prévenir la police... et une possible unité de soins... Terminé. »

Il eut pour réponse une voix assez étouffée qui lui disait que ça serait fait sous peu, comme si ceci était une chose assez banale même si dans un sens ça l'était presque au vu du nombre de curieux et plus encore de voleurs qui avaient pu venir dans les coins – bien que le chiffre était en chute depuis son arrivée, accrochant avec soin à sa ceinture l'appareil qui venait par la suite émettre un peu de grésillement et qui quelque part était dû à la perturbation magnétique de son côté spectral était en train de produire à cause d'une certaine nervosité qui prenait dès lors le dessus vu que l'état de crise avait l'air d'être passé. Inspirant un bon coup il se relevait tout en fixant quelque peu l'homme qui avait ainsi dégringolé, il était clair qu'il serait incapable de se relever sans de l'aide et qu'il devait avoir plusieurs endroits de cassés sans que ce soit vraiment son problème – sa faute certes mais après tout il n'avait fait que son travail en l'empêchant ainsi de repartir avec un beau butin, avant de reporter son attention sur Canelle tandis que la moindre trace de surnaturel était en train de disparaître pour lui donner son apparence ordinaire. Lewis ne savait aucunement comment trop agir tant la réaction des gens face à tout ce qui n'était pas normal se trouvait imprévisible, lui-même par le passé et surtout avant de mourir aurait pensé que tout ceci n'était qu'une caméra cachée ou quelque chose dans le genre tant il ne pouvait croire qu'il existait des êtres aussi étranges, surtout dans une ville comme Storybrooke en fait si on y regardait de plus près. Il y avait de tout et après tout il avait lui-même eut la surprise de tomber sur un autre fantôme, la célèbre Dame Blanche rien que ça qui était pourtant un mythe si populaire dans le monde dont il venait, mais ce n'était pas aussi simple que cela pourtant. Parce qu'il se sentait comme un monstre depuis l'instant même où il était devenu un fantôme, il n'acceptait pas la condition dans laquelle il se trouvait et avait ainsi un certain rejet de sa personne qu'il venait étendre sur les autres, convaincu de ce fait qu'on ne pouvait le voir comme tel et c'était tout. C'est sans doute pour cette raison qu'il préférait encore rester assez loin de Canelle, par mesure de sécurité et parce que de toute façon il partait perdant dès le début pour ne pas être d'autant plus blessé, sachant très bien qu'ils n'allaient pas se regarder dans le blanc des yeux sans un seul mot jusqu'à ce que la police vienne embarquer ces deux-là.

« Je suppose... que c'est un peu trop demander de faire comme si tu n'avais rien vu... »

Sarcastique sur l'instant, prouvant encore plus le malaise qui se faisait à l'intérieur de lui, Lewis ne savait même pas quoi dire dans le fond et tout ce qu'il voulait c'était rentrer chez lui pour oublier tout ça au plus vite.







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Confide in me • Lewis F. Pepper
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