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 But now the sound of friendship is out of tune | Dante Tsukuyomi

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Lewis F. Pepper

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MessageSujet: But now the sound of friendship is out of tune | Dante Tsukuyomi   Mar 2 Mai - 19:31




Le doux son de l'archer sur les cordes d'un violon était en train de résonner dans ses oreilles, l'isolant ainsi du tumulte de la ville qui l'étouffait bien trop et lui offrait le vertige, les écouteurs le coupant du reste du monde pour son plus grand plaisir alors qu'il laissait ses pas le guider où bon lui semblait. Lewis voulait se noyer dans cet autre univers qu'était la musique et qui l'avait toujours fasciné depuis le début de son existence, qui avait persisté après sa mésaventure mortelle au point de le sortir sûrement de cette apathie si saisissante mais ô combien rassurante dans un sens, voulant juste occuper son esprit avec ce qui restait sûrement sa dernière réelle passion pour éviter de penser au reste. Encore plus avec cet épisode désastreux au royaume des Morts, où paradoxalement il aurait sûrement pu avoir une certaine place légitime si on y regardait d'un peu plus près en raison de son état actuel, qui avait réveillé des peurs auxquelles il ne se sentait aucunement prêt à devoir affronter et qui malheureusement s'étaient bien incarnées devant ses yeux. Et même si ça n'avait été qu'une simple illusion dans le but de le tromper il n'arrivait pas à oublier, passer cette barrière qui lui paraissait ainsi si infranchissable tant il se bloquait constamment sur ce qui n'allait pas au lieu de se focaliser sans doute sur ce qui allait, à l'instant même où il stoppait la musique le fantôme avait la sensation d'entendre de nouveau les rires à son encontre qui étaient en somme une incarnation de ses démons. C'était comme si une présence était en train de le suivre pour lui chuchoter au creux de l'oreille que les visions qu'il avait pu avoir avaient raison, ironie dans un sens de se trouver dans cette position de pseudo persécution alors qu'il serait plus normal que ce rôle lui revienne dans l'idéal d'être un esprit frappeur, et Lewis avait beau tenter d'ignorer au possible cette sensation désagréable c'était juste impossible pour l'instant. Comme pour le reste il lui faudrait sûrement du temps, pour tout digérer et accepter au mieux même si ce n'était pas une manche gagnée par avance – il n'y avait qu'à voir à quel point il avait encore des difficultés à admettre son état actuel, une notion qui au moins ne lui manquait pas vraiment dans l'état actuel des choses où il se sentait comme condamné d'une forme dont il ne pourrait jamais s'extraire. Une maigre consolation peut-être que de se retrouver ainsi hors des limites du temps, beaucoup étant si fantasque face à cette sorte d'immortalité mais ce n'était guère son cas, cependant à ses yeux ceci ne faisait que rendre plus terrible cette espèce de sentence ou ce qui assimilait comme tel.

Pour l'heure Lewis se contentait ainsi de déambuler sans réel but bien défini, ressentant juste le besoin de s'isoler à sa manière et ainsi évitait-il de rester au sein de la colocation dans laquelle il était au moins pour un après-midi, n'ayant aucune envie de se mêler comme il faut au commun des mortels. Néanmoins ceci n'était pas le signe d'une quelconque vanité de sa part ou d'un ego, ne se sentant clairement pas supérieur aux vivants bien au contraire, mais plus par crainte réelle de ce qui pourrait se passer en cherchant à entrer en contact avec eux aussi bien de manière sociale que physiquement. Après tout il passait à travers les murs et il n'avait aucune envie d'en faire autant avec les humains, ne voulant nullement se faire remarquer mais surtout passer pour un potentiel phénomène de foire ou il ne savait trop quoi comme c'était déjà arrivé dans de rares cas, ne se sentant pas à sa place sans savoir ce qu'il pourrait bien faire pour arranger ce ressentiment. Peut-être qu'il ne le pouvait pas, prenant cet état fantomatique comme sa propre malédiction et une possible punition pour ne pas avoir accepté correctement les bras de la Mort, et de toute façon il n'en avait pas encore spécialement l'envie. Accepter les autres et avoir la moindre forme de relation, aussi minime soit-elle, était déjà une épreuve en soi et Lewis avait encore un mal fou à accepter certaines présences à ses côtés malgré une fréquentation plus prolongée dans certains cas. Dernièrement il y avait le cas d'Aileas qui rentrait dans cette catégorie étrange, lui en voulant encore fortement pour ce qu'il prenait pour une trahison que de l'avoir ainsi traîné dans cet endroit de malheur, faisant tout pour ne pas croiser sa route parce qu'il n'avait pas encore pu passer outre toute cette épreuve. Elle devait redevenir un visage qui se perdait dans la foule, refusant tout d'un coup et de manière violente de la voir autrement que de cette manière, il ne l'aiderait plus à l'avenir et elle allait devoir apprendre à se débrouiller sans lui. Il allait ignorer le reste, juste avancer sans préoccuper du reste, rester aveugle à ce qui pouvait bien l'entourer. Ainsi il prenait un soin méticuleux à éviter tout le monde qui pourrait bien se dresser devant lui, jouant du mieux qu'il pouvait l'être invisible que personne ne remarque et ceci lui allant à merveille au final, sachant quel endroit ne pas traverser s'il souhaitait aussi éviter la possible foule qui pourrait se faire même si à l'échelle de Storybrooke celle-ci restait minime il devait bien l'avouer.

Un bref regard vers les quelques vitrines qui pouvaient se présenter et encore, ses yeux étaient surtout fuyants pour se perdre dans ses propres pensées ou la musique actuelle qui bourdonnaient dans ses oreilles, pas mal de choses venaient l'indifférer désormais et Lewis en était que trop conscient par moments au point qu'il regrettait d'avoir tant voulu continuer à exister. Pourquoi sait-il autant attaché ? Il s'était condamné lui-même à être un fantôme à son sens, tout ceci dans ce besoin ô combien vital de survie qui avait été trop extrême, alors qu'il aurait dû accepter la situation comme elle l'était. Mais il n'avait pas pu. Il avait encore tant à vivre et à connaître, tant de regrets qui pouvaient bien se trouver sur ses épaules au point de devenir un poids qui le faisait désormais couler, et surtout il avait encore clairement en tête ce regard de terreur que Vivi avait pu lui porter quand la roche avait éclaté mortellement son cœur. Il ne souhaitait pas que la dernière image qu'elle puisse avoir de lui soit celle-ci, qu'elle puisse perdre ce qui faisait d'elle cette fille extraordinaire à cause de cette vision traumatisante, mais surtout qu'elle puisse souffrir un seul instant par sa faute. À l'heure actuelle il gardait encore précieusement leurs souvenirs en commun, plus particulièrement ceux de la jeune fille qu'il avait pu voler, dans ce pendentif qui était ainsi l'incarnation même de son âme mais aussi sans doute par extension de son pêché en quelque sorte. Et dire qu'il était devenu l'incarnation de ce en quoi il ne croyait pas vraiment, le surnaturel de base il en était un grand sceptique de toute évidence, malgré le fait qu'il avait pu construire un groupe ayant pour but d’investiguer sur le paranormal. C'était contradictoire, même s'il était plus dans l'idée de prouver la normalité des situations, mais la réalité étant surtout qu'il ne l'avait pas fait pour lui mais bien dans l'espoir vain de pouvoir impressionner cette personne si importante à son cœur. Pour Lewis tout ceci n'aurait dû être qu'une simple blague, trouvant toujours une explication qui se voulait raisonnée ou même scientifique à chaque événement comme le faisait la grande majorité, sauf que ceci avait mal tourné et que la rigolade était désormais terminée. Il avait été bien trop insouciant et inexpérimenté du monde réel sûrement, au point que celui-ci lui avait payé cruellement et avait eu au moins le mérite de lui faire ouvrir les yeux sur la fragilité d'une chose aussi futile que pouvait être l'amitié, ne voulant plus qu'on le reprenne d'une manière ou d'une autre. Il serait plus dur que ce qu'il avait été, plus strict avec lui-même mais surtout moins faible, et si on venait à le chercher il n'aurait aucune pitié à brûler en premier la personne qui voudrait bien l'atteindre.

À l'image d'un animal sauvage qui ne se laisse jamais approcher, ou que dans de trop rares occasions, Lewis n'hésitait plus désormais à attaquer dès l'instant même où il se sentait que trop oppressé et encore plus après avoir fait comprendre à sa manière qu'il valait mieux abandonner envers lui. Tandis que la méfiance qu'il pouvait ressentir pour les autres ne faisait que croître sans qu'il ne s'en préoccupe réellement dans un sens, ne comprenant nullement que ceci n'avait rien de naturel ou du moins cette croissance ne l'était pas, empoisonné sans le savoir au plus profond de son cœur par une agitatrice d'émotions pour qui il n'était qu'un simple pantin. Et cette histoire avec ce royaume qu'il aurait déjà dû voir, qu'il n'aurait jamais dû quitter s'il avait ce jour-là foulé les pieds de par son arrivée bien plus naturelle que forcée comme dans le cas présent, ne faisait que faire couler un peu plus dans ses veines ce poison maudit qui devait bien faire les affaires de cette petite épice. Plus froid que d'accoutumer, si du moins une telle chose pouvait être possible, ayant ce besoin presque viscéral que de se couper encore plus des autres dans cette optique que l'oublie pourrait faire son œuvre. Aussi bien oublier les autres que le fait qu'on vienne l'oublier, n'étant à son sens qu'une question de temps alors qu'il n'avait aucune idée de la durée de son calvaire à être ainsi un spectre, et ainsi il n'aurait plus à souffrir ou même être blessé comme il l'avait été. Lewis n'était même plus sûr d'avoir le goût de retrouver le reste du Mystery Skulls, ce qui avait pourtant été jusqu'ici une sorte de ligne à suivre à défaut d'avoir autre chose, sans savoir en réalité s'il serait capable de renoncer à ce qu'il tenait encore. Il voulait goûter au fruit de la vengeance, devenir un véritable cauchemar pour son meurtrier, sauf que depuis la vision dans cet autre monde il doutait en se demandant si c'était vraiment ce qu'il voulait. Il essayait de se convaincre que oui, qu'il allait rendre la monnaie de sa pièce à ce soi-disant meilleur ami qu'il détestait désormais plus que tout, sinon son existence n'aurait aucun objectif réel et cette optique l'effrayait plus que de raison tant il ne voulait devenir une âme errante. Il ne voyait même pas qu'en adoptant cette attitude envers les autres il était justement sur cette lignée, tandis qu'il prenait toujours un soin minutieux à avancer en évitant au possible autrui que ce soit autant en s'écartant qu'un changeant même de trottoir, la musique qui résonnait étant peut-être encore l'unique connexion de l'instant qui l'empêchait de partir un peu dans une sorte de dérive passagère.

C'est pourtant cette même agitation qu'il essayait d'éviter qui lui avait montré la perturbation ambiante tout d'un coup, observant doucement autour de lui sans comprendre sur l'instant, avant de se rendre compte que la pluie était en train de tomber en trombe sans prévenir. Il s'était alors arrêté l'espace d'un instant, fixant le ciel sombre et sûrement grondant qui était ainsi apparu sans prévenir, laissant la pluie tomber sur son visage avec un étrange ravissement qui l'éclairait de l'intérieur. Depuis que Lewis était un fantôme il avait été privé de certains contacts avec ce qui pouvait se trouver autour de lui, n'arrivant plus à ressentir physiquement ce qui était pourtant basique comme un frôlement de main ou tout bêtement les gouttes, et pouvoir retrouver un peu de ceci dans cette étrange ville qu'était Storybrooke se trouvait être un petit plaisir secret dont il ne se lassait pas. Il était arrivé à apprécier et ainsi aimer les jours de mauvais temps comme celui-ci, à les préférer aux beaux jours qui étaient synonymes de vie auparavant, continuant sa marche sans se presser contrairement aux autres pour rejoindre un banc partiellement protégé par le toit plus avancé d'un immeuble. S'asseyant sur le bois rendu humide, en raison du temps catastrophique, il laissait les gouttes perler sur lui sans chercher à les essuyer tout en regardant la pluie qui continuait de s'abattre sur la ville. Il s'était extirpé du rideau du mauvais temps mais c'était peut-être pour mieux l'observer, regardant ce véritable ballet se faire sous son regard alors que la musique jouait toujours dans ses oreilles, sans que rien ni personne ne vienne le perturber. Du moins ce fut le cas les premières minutes, ne portant pas attention aux rares passants soient armés d'un parapluie soient qui couraient en toute hâte vers un endroit où s'abriter, tournant un peu la tête vers la gauche pour s’apercevoir qu'il y avait une personne à côté de lui. Lewis eut un léger mouvement sur le côté, surprit sur l'instant de ce qui avait presque l'air pour lui d'une apparition, n'ayant pas souvenir d'avoir pu voir ou avoir le sentiment qu'une personne s'approchait. Il le fixait un faible instant, se demandant si ce n'était pas une hallucination passagère mais ça n'avait pas l'air d'être le cas, avant de finalement détourner la tête tout en n'étant pas foncièrement à son aise. Comme à chaque fois qu'il avait dans son périmètre quelqu'un, dans ce cas présent plus proche que ce qu'il aurait pu penser en plus, se convainquant encore et toujours dans son esprit de tout bêtement l'ignorer même si c'était difficile.

De tous les endroits qu'il pouvait y avoir, étant à son sens assez nombreux que ce soit ne serait-ce que les boutiques, il avait fallu que cet homme vienne se mettre à côté de lui. Il avait du mal avec l'idée et ne la comprenait même pas, trouvant ceci tellement absurde alors qu'il s'enflammait légèrement intérieurement tout en cherchant à se calmer, tout ce qu'il devait faire c'était ne pas lui montrer la moindre attention et se laisser border par le bruit du violon qui résonnait encore dans sa tête grâce à ses écouteurs. Sauf que Lewis avait tout de même du mal à faire une abstraction entière de ce qui pouvait bien se passer autour de lui, encore plus aussi proche de lui et de cette façon, portant un coup d’œil à ce type pour l'observer un peu plus très certainement. Il y a quelque chose chez lui qui le dérangeait sans qu'il puisse sur l'instant dire quoi exactement, le plaçant encore moins à son aise de ce fait alors qu'il remontait ses deux jambes contre lui et s'y agripper quelque peu – offrant ainsi la possibilité de se réfugier de manière illusoire dans son propre cercle personnel, jusqu'à se rendre compte que c'était peut-être un regard qu'il jugerait comme trop persistant à son encontre. Ce n'était peut-être qu'un instant assez paranoïaque sur le coup, le fait qu'il n'appréciait aucunement d'avoir une compagnie à ses côtés et encore moins improvisée, sauf que ceci produisait tout de même chez lui une sorte d'électriquement qui serait presque angoissant quelque part tant il cherchait une solitude salvatrice trop poussée. C'était un instant où il devait prendre autant qu'il le pouvait sur lui, laisser couler comme il le pouvait même si sa prise sur ses genoux se faisait plus violente au point qu'il aurait presque pu en avoir mal, et s'il y arrivait les premiers instants en se focalisant uniquement sur les gouttes tombantes ce n'était plus possible rien que d'imaginer ce type encore le fixer. Une sorte d'angoisse montante en voyant les iris braqués sur lui, restant pourtant en extérieur d'une apathie à toutes épreuves, prenant cet individu aussitôt pour une menace potentielle et surtout à éradiquer. Fronçant les sourcils il venait retirer un de ses écouteurs, celui étant du côté de ce qu'il prenait déjà comme étant un futur problème, restant aussi méfiant que possible face à une personne qu'il voyait déjà comme étant à éviter pour l'avenir.

« … Un problème ? »

Non parce que là il allait lui retirer l'envie de venir le chercher, il ne savait pas à qui il avait affaire, et Lewis était prêt à devoir se défendre si le besoin s'en faisait ainsi ressentir.







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THE OTHER SIDE
Those days are dying in the dark. Boys I was shaped for the fury, now I pay the price of the human race's vice. And I was promised the glorious ending of a knight. And in the arms of endless anger will end the story of a soldier in the dark...
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Dante Tsukuyomi

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En réalité, je suis
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MessageSujet: Re: But now the sound of friendship is out of tune | Dante Tsukuyomi   Dim 28 Mai - 19:47

But now the sound of friendship is out of tune
I could never find the right way to tell you have you noticed I've been gone 'cause I left behind the home that you made me but I will carry it along and it's a long way forward so trust in me I'll give them shelter like you've done for me and I know I'm not alone you'll be watching over us until you're gone



Dante était le genre de personne que l’on ne savait jamais vraiment comment aborder, même lorsqu’on le connaissait bien ; non pas parce qu’il paraissait intimidant, bien qu’il y avait peut-être un peu de cela dans son expression curieusement dure pour un personnage de son extraversion, mais surtout parce qu’il possédait comme un je ne sais quoi qui laissait penser qu’il pouvait soudainement se transformer en une créature nourrie par la colère à chaque instant, au moindre faux pas. Comme une aura, certainement, qui venait contraster avec un air pourtant très sympathique. Et quelque part c’était bien cela qui pouvait le caractériser quand on savait ce qu’il avait été, un chien mignon mascotte de son groupe qui masquait une réalité tout autre, celle d’un animal légendaire et peu commode. Ce point d’interrogation qui semblait perpétuellement flotter au-dessus de sa tête et, plus littéralement, était gravé sur son ancien collier rouge et or et même dans son ancien nom semblait avoir perpétué dans son apparence humaine, celle d’un monsieur-tout-le-monde qui dégageait quelque chose qui n’avait rien de commun, et c’était peut-être bien cela qui venait faire hésiter ceux qui souhaitaient lui adresser la parole, que ce soit pour lui demander l’heure ou pour lui communiquer une affaire importante. Dans les faits, Dante était un homme étrangement extraverti malgré le fait qu’il présentait au premier abord toutes les caractéristiques d’un introverti ; silencieux, calculateur, du genre à laisser les gens parler et s’enfoncer tout seul jusqu’à ce qu’il décide qu’il se sentait suffisamment à l’aise avec l’inconnu en face de lui pour faire ressortir un côté bien plus expansif, un excentrique qui n’avait aucune limite lorsqu’il s’agissait de s’exprimer dans toutes les nuances de son humanité. C’était là le résultat même du savant mélange entre ce qu’il avait été et ce qu’il était désormais, un ancien kitsune qui vivait chaque jour la mine sombre et l’air profondément blasé versus un homme énergique et presque hypersensible qui exprimait chacune de ses émotions sans filtre aucun et dans l’indifférence la plus totale face à l’opinion d’autrui. L’indifférence était d’ailleurs ce qui devait être le point commun entre son lui d’avant et son lui actuel, d’abord indifférence pour la vie humaine au sens propre tant un être quasi immortel dans son genre n’avait pas la moindre considération pour des fourmis de l’existence comme les humains, et ensuite indifférence sociale qui pouvait découler de la première indifférence par le fait que puisqu’il se fichait bien de la vie des autres, il n’allait certainement pas avoir quelque chose à faire de leurs opinions. Bien sûr, chaque règle, chaque morale et chaque valeur avait bien son exception, et si le kitsune « trop vieux pour ces conneries » avait échangé son apparence pour celle d’un cabot mignon et attachant, c’était bien pour une raison. Cette raison, c’était une petite humaine qu’il avait rencontré dans le monde des contes et, comme dans une belle histoire pour petite fille narrant l’aventure d’un fougueux cheval sauvage s’attachant profondément et instantanément à une jeune fille presque toujours aussi sauvage, il avait succombé à l’innocence et la férocité de cette demoiselle au point de renoncer à son attitude habituelle, celle de ne pas se mêler aux humains, pour venir passer quelques années auprès de cette petite fille devenue grande pour lequel il avait eu un faible. Il s’était dit que ça serait une bonne pause bien mérité, lui qui était un autoproclamé gardien de l’Ordre dans le monde d’où il venait, après presque sept cent ans à faire exactement cela, il s’était dit que quelques années de pause n’allait pas le moins du monde affecter ledit monde. Ce n’était qu’un fragment de l’éternité, après tout, que pouvait-il bien se passer ?

Grand mal lui en fasse, comme on s’en doute ; car en très peu de temps, alors que tout semblait aller pour le mieux dans ce « gang » qu’il avait formé avec cette jeune fille et les amis de celle-ci, il ne fallut que très peu de temps pour que ce bonheur éphémère se transforme en tragédie. À commencer par le retour de son grand ennemi -si l’on ne comptait pas Shiromori, mais c’était une autre histoire-, retour qui avait provoqué la mort de l’un des membres du groupe, créé la discorde dans l’esprit du second et totalement traumatisé sa protégée au point qu’elle en avait perdu la mémoire -du moins c’était comme cela que Mystery avait compris la chose, car même s’il était possesseur de la majorité des pièces du puzzle, il restait encore quelques mystères qu’il n’avait pas élucidé. Est-ce que Dante ressentait du regret ? Certainement, mais pas de la manière dont un humain lambda culpabiliserait. Il était en quelque sorte indirectement responsable de tout ce fatra, et bien évidemment qu’il ne se sentait pas totalement à l’aise avec cette idée, mais disons qu’il n’était pas non plus mort de honte à moins que l’on vienne le mettre directement en face de ses actes -et encore, il parviendrait certainement à éviter le sujet voir même à régler le problème d’une manière peut-être un peu trop radical et peu éthique. Et bien sûr, malgré que cela l’ait éloigné du problème, la malédiction n’avait pas aidé son cas.

À la mort de Lewis, Mystery avait fait tout son possible pour rendre la vie d’Arthur et de Vivi aussi confortable et simple que possible, bien que le premier des deux avait développé l’obsession de retrouver son meilleur ami de toujours, visiblement pas conscient du fait qu’il l’avait tué de ses propres mains à cause d’une légère possession que Mystery avait fait la bêtise de croire passagère, persuadé d’avoir arrangé le problème d’une manière encore une fois, un peu trop radical et peu éthique. Sauf qu’avec la malédiction, il avait perdu ses deux compagnons de vue, et bien qu’il s’était activé à les retrouver, il commençait à se dire qu’il faisait probablement exprès de ne pas y parvenir simplement parce qu’il assumait ses actes presque aussi bien qu’un chien qui baissait la tête de honte après avoir détruit l’appartement de ses propriétaires. N’étaient-ils pas mieux sans lui de toute manière ? Après tout, le simple fait qu’il ait décidé de prendre une pause avait été le cataclysme qui avait motivé son cher frère à le réveiller d’une manière un peu trop radical et peu éthique, alors peut-être qu’ils étaient mieux sans lui, dans cette petite bourgade presque ordinaire, avec des vies presque ordinaires. Il n’avait pas un seul instant pensé que le mort de leur histoire puisse être toujours mort, mais vivant à la fois, s’accrochant à sa haine d’Arthur et à la vie tout court au point que Lewis avait lui aussi revêtu une apparence on ne pouvait plus humaine à Storybrooke, la même qu’il avait de son vivant.

C’est ainsi qu’en ce jour de pluie, Dante avait terminé son service en tant que cuistot dans une cantine scolaire, une odeur de frites et de poisson scotché à ses vêtements sans que cela ne le gêne -car il était doté d’un grand appétit malgré une silhouette qui pouvait faire pâlir de jalousie un athlète amateur mais chevronné, ayant l’improbable chance d’avoir été sélectionné par la loterie de la nature à posséder un corps naturellement svelte et musclé sans qu’il n’ait besoin de faire d’efforts et en suivant un régime alimentaire plus que douteux. Alors le fait qu’il sente la nourriture sur lui comme une aura ne le gênait pas, et même cela lui ouvrait l’appétit malgré le fait qu’il avait déjà mangé pour quatre depuis le matin-même. Il marchait ainsi sous la pluie sans se soucier de celle-ci hormis le fait qu’il avait mis son capuchon, dissimulant du même coup sa chevelure des plus étranges, qui s’était mise à pousser rouge vif sur le dessus depuis le retour de la magie. Son visage revêtait son expression habituelle, sérieuse et dure au point que l’on pouvait le croire frustré ou vaguement énervé, bien que dans les faits, c’était comme s’il sifflotait intérieurement, se demandant ce qu’il allait faire pour le reste de l’après-midi. Il n’avait pas particulièrement de hobbies en dehors du fait qu’il aimait cuisiner, et cuisiner il faisait ; son frigo était toujours plein de toutes ses dernières créations, et la majorité de son salaire fuyait sous la forme des nombreux ingrédients qui débordaient de ses placards. À vrai dire, le reste de son appartement était pratiquement vide en dehors de son lit presque inutilisé, de son armoire à vêtements, de quelques commodes presque aussi vides, d’un vieux canapé sur lequel il préférait dormir et une vieille télé qu’il n’allumait pratiquement jamais. C’était un peu comme si en entrant chez lui on pouvait le prendre pour un bachelor qui passait tout son temps hors de chez lui, jusqu’à ce que l’on entre dans la cuisine ; et soudainement tout autour de soi prenait des couleurs fantastiques et l’atmosphère devenait soudain plus chaleureuse que celle d’une maison familiale à Noël.

Il parcourait ainsi les rues de Storybrooke sans vraiment se soucier du chemin qu’il prenait, sa chevelure enterrée dans son capuchon de sorte que l’on ne voyait que son visage, jusqu’à ce qu’il ne croise la route d’un homme à l’air si sombre qu’il pouvait décemment le vaincre dans une compétition du visage le plus sombre possible. Pendant un instant, il n’avait pas réagi, et soudain un sourire était apparu sur son visage, mais pas le genre de sourire content, plutôt le genre de sourire crispé qui s’immisçait là sans prévenir et venait exprimer un profond désarroi ; il s’était immobilisé sous la pluie, son sourire figé tout comme le reste de sa tête, et les rares passants auraient pu le prendre pour une statue tant il avait totalement cessé de fonctionner. Mais qu’avait-il vu de si choquant ? Un visage, justement, et pas des moindres. Un visage qu’il n’avait pu depuis un bout de temps, monde des contes compris, et c’était relativement normal : ce visage était censé appartenir à celui d’un mort. Sauf que ce n’était pas possible. Ou tout du moins, du peu que Dante connaissait du fonctionnement réel de l’après-mort, au-delà des croyances religieuses diverses et de l’espoir d’une vie avec la fin de la vie, ce n’était pas possible que ce visage existe physiquement dans ce monde-ci. Dans le suivant, peut-être ; là où les morts purgeaient leur peine et expiaient leurs péchés, ce charmant purgatoire qui venait décider si l’âme devait passer l’éternité dans la souffrance ou si on lui ouvrait la porte vers la sérénité tout aussi éternelle -bien que du point de vue d’une créature, encore une fois, quasiment immortel, ou qui pouvait en tout cas vivre de très, très longues années, le concept d’une vie après la mort le laissait plus qu’indifférent, qu’elle soit sereine ou brisée par la souffrance. Il avait plutôt tendance à voir la mort comme une fin, on faisait apparaître le générique et c’était terminé, un état aussi éternel que le reste mais qui mettait bel et bien fin à une existence bien trop longue pour son goût personnel, mais justement, cela n’était que de son goût personnel. Digression ! L’heure n’était pas de décider si une vie après la mort était une bonne ou une mauvaise chose, ni même si cela existait bel et bien ; l’heure était plutôt de comprendre pourquoi il avait l’affreuse impression qu’il venait de croiser quelqu’un qui était censé être mort depuis un paquet de temps. Est-ce que la malédiction affectait aussi les morts ? Non, sinon il aurait déjà remarqué la présence de revenants en tous genres. Il avait sûrement rêvé… oui, c’était cela, il avait eu une hallucination, à cause de la fulgurance passagère et périodique de culpabilité qu’il ressentait de temps à autres.

Lewis ne pouvait pas être vivant.

Mais Dante avait malgré tout tourné les talons, l’air toujours aussi pantois, jusqu’à voir l’inconnu prendre place sur un banc, et quand il put examiner un peu son visage quand la pluie ne venait pas brouiller son regard, il ne pouvait s’empêcher de penser que cet homme possédait une ressemblance si flagrante avec Lewis que Dante avait l’impression de voir un fantôme. Est-ce que Lewis avait un frère jumeau ? Non, il avait juste rêvé ; sa vision était juste brouillée par la pluie, et puis il ne portait pas ses lunettes, alors forcément il ne voyait pas très clair. Même s’il avait bien envie d’en avoir le coeur net ; et sans même vraiment réfléchir, Dante s’était retrouvé assis sur le banc, à côté de cet homme, ne pensant pas même à sortir ses lunettes tant il était obnubilé par les traits de cet inconnu. Lewis ? Pas possible, non, pas possible. Il le saurait si il était vivant ! Et puis cet homme dégageait une aura tellement sombre en comparaison avec l’énergie enthousiaste et confiante du Lewis que Mystery connaissait qu’il ne pouvait se résoudre à croire sa propre hallucination, bien que son regard restait fermement fixé sur l’inconnu, jusqu’à ce que celui ne vienne retirer un écouteur et ne lui demande d’un air méfiant s’il avait… un problème.

C’était sa voix. Mystery avait une très bonne oreille. Et son coeur arrêta de battre quelques fractions de secondes.

Il leva la main comme pour interrompre l’inconnu malgré que celui-ci n’avait rien ajouté, plaçant la main dans sa poche pour en retirer son étui à lunettes ; puis, s’assurant de les mettre en place sans que la pluie ne vienne les flouter avec ses gouttes démoniaques, il leva la tête pour revenir sur le visage de l’homme et…

Poussa un cri. Puis un autre, un peu plus fort. Puis il se leva, pointant l’homme du doigt.

« Tu... »

Il poussa encore un cri, se frottant vivement la tête en retirant sa capuche au passage, révélant ses cheveux rouge vif. Il fit un tour sur lui-même, comme dans l’espoir que l’homme disparaisse en une fraction de secondes comme un esprit ou une hallucination ; mais il était toujours là, assis, à le regarder d’un air toujours plus méfiant, pendant que la panique s’emparait du corps entier de Dante. Que devait-il faire ? Que devait-il dire ? Il n’en avait pas la moindre idée, et tout ce qui lui traversa l’esprit fut de se rasseoir tout aussi brutalement en continuant de fixer l’homme.

« Tu… » Il se frotta les yeux en surélevant ses lunettes, avant de s’appuyer sur le banc avec un air profondément désemparé. Respire, Dante, respire. « Désolé, vous ressemblez à quelqu’un que je connais mais le problème c’est que c’est impossible. Et c’est pas genre juste un air de ressemblance, c’est genre vous êtes carrément identique. »

Comment pouvait-il lui poser la question, sérieux ? Eh, Lewis, t’es pas mort en fait ? Ou pire, vous êtes pas le frère jumeau d’un certain Lewis Pepper ? Ce ne serait pas très sympathique que de venir réveiller une blessure comme la perte d’un être cher, ni de lui rappeler qu’il était lui-même l’être cher en question. Puis, il se souvint qu’en temps normal le tact n’était pas son dada, et il partit s’enfoncer dans le bourbier comme il savait si bien le faire.

« Et c’est impossible parce que ce quelqu’un est… plus de ce monde. Ni de l'autre. Normalement. Vous connaissez pas un certain Lewis Pepper ? Vous êtes de sa famille ? Il ne nous a jamais parlé d’un frère jumeau mais… personne ne dit vraiment tout sur lui-même à chaque instant. »

Il eut un sourire qui était en réalité très ironique étant donné qu’il était lui-même l’incarnation de cette phrase par le fait qu’il était un kitsune qui se faisait passer pour un chien auprès des êtres qu’il aimait le plus au monde. Même si là il était humain. Dante était toujours appuyé sur le banc, et il ne regardait plus vraiment Lewis, perdu dans ses pensées sans réaliser que son manque absolu de tact avait peut-être pu affecter la personne auprès de lui, même si celle-ci semblait avoir profondément bugué elle aussi.

« Non Lewis avait pas de frère jumeau, j’en suis plus que certain. Et puis c'est nul les histoires où le protagoniste avait un frère jumeau tout du long. Mais alors… C’est toi Lewis ? C’est… vraiment toi ? » Il avait à nouveau planté son regard dans celui du fantôme sans savoir que celui-ci était bel et bien un fantôme qui s’était raccroché à la vie de manière un peu trop radical, mais cette fois, très éthique ; car vouloir vivre n’était franchement pas un manque d’éthique, sauf si l’on se disait que l’on ne devait pas éviter sa propre mort comme ça juste parce que l’on pouvait. Était-ce contre la morale que de vouloir vivre ? Non, l’heure n’était décidément pas appropriée pour considérer des questions si pointues, surtout quand on venait de refaire la rencontre d’une personne qui ne pouvait tout simplement pas exister dans ce monde-ci. « Oh attends, je sais pourquoi tu fais cette tête, j’ai pas la même tête ici, moi. » Il se frotta vivement les cheveux en mettant en désordre et donc en valeur ses cheveux rouge vif avec les côtés noirs, et même si dans le monde des contes c’était l’inverse avec les bordures rouges et le dessus noir, c’était une caractéristique qui ne passait pas inaperçu. « C’est moi ! Mystery le… le chien avec les poils rouges ! Et j’ai toujours les mêmes lunettes à montures dorées. Elles sont trop belles pour que je les change... » Il asséna un sourire étendu à Lewis, les bras ouverts comme pour lui faire un « tadaaaa » silencieux, avant de se souvenir qu’il se trouvait devant quelqu’un qui était censé être mort. « Tu me reconnais ? Non… sérieusement, Lewis… C’est toi ? »

Dante était le genre de personne que l’on ne savait jamais vraiment comment aborder, même lorsqu’on le connaissait bien ; et il devait reconnaître qu’en même temps, il avait la singulière tendance à ne pas réagir de manière très conventionnelle à la plupart des événements qui régulaient le cours de sa vie, comme à cet instant où il avait devant lui un revenant de manière très littérale, et qu’il n’était pas encore parti ou courant ou ne s’était pas mis à pleurer de joie, adoptant plus l’attitude de quelqu’un qui recroise par hasard la route d’un vieil ami d’école primaire, avec toute la gêne sociale que cela pouvait occasionner...



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MessageSujet: Re: But now the sound of friendship is out of tune | Dante Tsukuyomi   Mer 31 Mai - 17:57




Depuis qu'il était mort et devenu un fantôme il était évident que Lewis avait un mal fou avec les autres, si lors de son vivant il avait pu être d'une sociabilité exemplaire aujourd'hui c'était tout le contraire qui le caractérisait, mais plus que tout il était animé d'une méfiance à la limite de la paranoïa pour la moindre personne qui osait s'approcher trop près de lui aussi bien sur le plan physique que sur le plan mental. Depuis ce qu'il prenait pour la trahison mortelle d'Arthur, celui qui avait été son meilleur ami durant des années entières avant de le poignarder sans prévenir dans le dos – ou dans cas le pousser pour le faire mourir, la moindre approche que l'on pouvait faire à l'égard du jeune homme venait aussitôt l'alarmer et le pousser à se protéger d'autant plus qu'il en était désormais capable de façon parfois assez brutale. C'était comme une sorte de pallier qui s'emportait dans quelques occasions beaucoup trop rapidement, passant à une étape supérieure où la recherche de l’annihilation de l'individu face se trouvait être le cas le plus extrême et que réellement rarement atteint à cause d'un manque de contrôle de sa personne, mais pour l'heure Lewis se contenait encore au mieux pour ne pas se laisser aller à user de ses dons fantomatiques dont il était désormais affublé. Sans doute une petite consolation que de passer de vie à trépas, la mort lui avait ainsi permis d'obtenir des facultés dont il n'était pas pourvu de son vivant et il n'avait aucune idée si ceci avait une signification quelconque ou autre, et il n'allait pas se mentir il se sentait beaucoup plus en sécurité avec eux même si cette origine restait un mystère. Flammes, lévitation, illusions, étaient devenues d'une certaine façon sa nouvelle faction de fonctionner et si ce type à côté de lui n'arrêtait pas de le fixer le fantôme ne promettait pas qu'il pourrait se retenir d'user de l'une de ses cartes maîtresses pour son plus grand plaisir coupable. Parce que venir repousser les autres était désormais un art dans lequel il excellait grandement, aussi bien dans la sphère du travail que dans le cadre privé, refusant le moindre lien d'une nature quelconque avec n'importe quel individu. Il ne croyait plus en cette notion de l'amitié qui n'avait été qu'un poison de son existence, l'amour lui avait littéralement brisé le cœur et il n'avait aucune envie de le confier à l'avenir d'autant plus avec les précieux souvenirs qu'il pouvait bien conserver à l'intérieur, tandis que la nature humaine de façon globale le révulsait en ayant vu selon lui son véritable visage.

Et tout ceci le poussait inévitablement à chercher à se débarrasser de cet individu de sa zone de confort, sentant son espace personnel beaucoup trop empiété pour le coup et de manière brutale aussi ce qui mettait un pavé de plus dans la mare, ne comprenant pas ce qu'il avait à le regarder de la sorte et quelque part il n'était pas vraiment sûr de vouloir le savoir tant les individus lui offraient une indifférence certaine dans la grande majorité des cas. Ainsi Lewis se contentait-il de laisser faire ce type faire son petit manège étrange ainsi que plus alarmiste, dans un sens il ne savait aucunement à quoi s'attendre et l'inconnu était une perspective qui ne le mettait pas toujours à son aise parce qu'il était évident que s'il avait pu anticiper une certaine situation il n'en serait pas là à l'heure actuelle, se penchant peut-être de manière imperceptible sur le côté opposé où l'homme était en train de fouiller dans sa poche. Il relâchait la pression en voyant qu'il ne s'agissait que d'un simple étui à lunettes, se préparant toujours au pire dans une pensée défaitiste bien ancrée dans son esprit, bien qu'il ait plus agi dans un geste de prévention que de peur réelle car après tout il ne pouvait rien lui arriver concrètement de pire. Mourir ? Déjà fait, il ne pouvait pas réellement ressentir une angoisse à ce sujet-ci de toute évidence au vu des circonstances le concernant, l'avantage d'être devenu un fantôme c'est que tout ce qui lui restait à faire c'était pouvoir traverser vers l'au-delà désormais que la grande faucheuse fait son travail le concernant. Certains pourraient d'ailleurs se satisfaire amplement de cette situation, se dire qu'ils avaient désormais un temps illimité pour exister et agir selon leur bon vouloir, néanmoins c'était loin d'être le cas de Lewis qui aurait préféré voir sa vie continuer jusqu'à se stopper vraiment à un moment donné. Le fait que la vie puisse s'arrêter c'était à son sens ce qui la rendait si belle, se retrouver piéger comme il était dans un entre-deux n'était pas une existence viable qui le condamnait à une solitude certaine qu'il avait déjà adoptée, même s'il avait tout fait pour s'y accrocher au moment où son dernier souffle était venu. Mais le souci étant que pour lui ce n'était clairement pas une seconde chance qui pouvait s'offrir à lui, au contraire c'était sa propre malédiction qu'il devrait porter sans chance rédemption ou du moins qu'il n'avait pas trouvée, et pour l'instant tout ce qu'il arrivait à produire c'était le rejet violent de ses anciens semblables comme ce fut automatiquement le cas de ce type qui s'agitait bien trop à son goût.

Cette manière d'agir peut être trop vivante à son goût, alors que lui se trouvait presque dans ce cliché du fantôme apathique qui ne faisait que déambuler et passer à travers deux ou trois murs au passage, ne faisait dans un sens que renforcer son incompréhension de cette étrange situation qui ne le mettait pas à son aise. Cet homme était un point d'interrogation dont les mimiques ne faisaient que grossir le tableau du mystère au point de le pousser à vouloir partir un peu plus, Lewis n'appréciait pas la façon dont les choses se déroulaient tout en étant incapable pour le coup de les ignorer, tandis que les petits cris et le fait d'être pointé de la sorte le poussaient à le mettre en quelque sorte sous les feux des projecteurs ce qui n'était pas une situation viable pour lui. Il préférait rester dans l'ombre, se mêlant ainsi parfaitement à cette optique qu'on puisse le laisser seul et qu'on le laisse de cette manière tranquille, sauf que la façon de faire le mettait au centre d'une attention même si vu le peu de personnes aux alentours ceci restait en grande partie illusoire mais assez consistante pourtant pour en avoir conscience lui-même. Ainsi jetait-il des coups d’œils furtifs autour de lui, comme pour s'assurer qu'on ne venait pas braquer un regard sur lui qui ne ferait que malaxer encore plus ce malaise intérieur en train de se produire, ne sachant même pas s'il ressentait ou non une pointe de soulagement en voyant l'énergumène se reposer à ses côtés. Ce ne le fut pas vraiment en fait à l'instant même où la question d'une ressemblance quelconque avec une personne fut abordée, le faisant inévitablement froncer le nez et surtout augmenter l'état d'alerte intérieur quant au fait qu'il devrait sans doute agir au lieu de rester aussi impassible qu'il était, devant en conclure de son côté qu'il ne connaissait en rien cet inconnu. Néanmoins Lewis pouvait comprendre cette insistant dont l'homme pouvait faire preuve, le sort qui avait pu être jeté avait divisé des personnes et avait même rendu humains des êtres qui ne l'étaient pas forcément de base à ce qu'il avait pu entendre – dans un sens il en était la preuve aussi, il donnerait beaucoup pour revoir ne serait-ce qu'une dernière fois sa famille et surtout Vivi même s'il n'était pas réellement sûr que des retrouvailles puissent être une si bonne idée. Mais il préférait aussi calmer les ardeurs du John Doe à côté de lui, ne préférant pas entrer dans son jeu ou lui offrir le moindre espoir, voulant couper court avant d'être pris dans une discussion qu'il ne voudrait même pas avoir puisqu'il ne se sentait pas concerné par son souci.

« Et bien si c'est impossible ça règle le problème... je ne suis pas cette personne et voilà tout... »

Il n'y avait mis aucun sentiment particulier dans sa façon de parler, sauf peut-être un profond ennui, pensant que ceci pourrait ainsi faire taire son interlocuteur et le faire par la même occasion dégager de son champ de vision. Mais Lewis avait tort et ce qu'il entendit par la suite lui glaçait le sang, tournant aussitôt la tête vers cet homme qui venait de prononcer son nom, il venait en quelque sorte de basculer dans une situation qu'il n'avait pas vu venir et pire que tout il n'avait pas la moindre idée de qui était ce type trop souriant pour être honnête. Il avait beau tenter de détailler à son tour son visage mais aucun souvenir ne lui faisait surface, rien ne collait avec ce qu'il avait pu connaître de son vivant, et pire que tout la façon dont la phrase avait pu être tournée tendait à indiquer qu'ils se connaissaient. Était-ce vraiment le cas ? Le fantôme était complètement perdu et la paranoïa dont il pouvait faire preuve parfois prenait le dessus, comme si tout ceci n'était qu'un piège tendu à son encontre parce que ce type avait une idée non seulement précise de qui il était vraiment mais qu'en plus il l'avait retrouvé par il ne sait quel miracle, nageant dans un flou qui le faisait suffoquer tout en le plaçant ainsi dans une situation trop délicate qui échappait à son esprit. Pire que tout l'information la plus capitale se trouvait être, du moins selon ses critères, qu'il savait que Lewis était mort ce qui voulait par conséquent dire que cette personne à ses côtés avait été témoin des événements de la grotte ou du moins en avait connaissance. Il est vrai que tout était assez flou sur ce qui s'était passé juste après sa mort, lui-même possédait des trous dans le puzzle et sa mémoire sans qu'il ne sache trop quoi en faire ou comment trouver ce qui lui manquait, mais il s'était convaincu que son corps était resté pourrir dans cet endroit sans que personne ne s'en préoccupe. Il tentait de trouver du sens à tout ceci mais il n'était même pas sûr qu'il puisse en avoir, trop choqué du cumul d'informations si précieuses en un temps si court, au point de ne pas savoir quoi répondre à cet inconnu qui en savait peut-être plus que lui pour le coup sur tout ce qui avait pu se dérouler sur l'après sa mort car même s'il avait été bien présent sur terre ceci ne voulait pas dire qu'il avait pour autant du contact avec l'extérieur ou autres. Et sur l'instant il n'avait aucune idée non plus de la réponse à fournir, la vérité ou le mensonge pour le prémunir du moindre mal, alors que ceci pouvait être une sorte de test ou il ne savait quoi alors qui se perdait dans le regard de son homonyme.

Existait-il ne serait-ce qu'une bonne réponse à apporter ? Tout et rien lui traversait la tête en même temps, alors que de toute évidence qu'il le veuille ou non ce type connaissait sa véritable identité il n'y avait aucune erreur possible mais surtout des petits détails qui lui faisaient dire que ce ne pouvait pas juste être une personne qu'il avait croisée à Storybrooke mais bien obligatoirement de son propre monde d'origine, le paralysant d'une manière qui lui semblait irrationnelle. Lewis n'avait qu'à user de ses pouvoirs pour malmener cet énergumène jusqu'à ce qu'il lui donne des réponses, ce n'était pas une chose difficile et il n'avait même pas besoin de lever vraiment le petit doigt dans le cadre d'une illusion par exemple, mais la perspective même d'être face à une potentielle ancienne connaissance l'empêchait d'agir selon son bon vouloir personnel en raison d'une peur qu'il prenait pour bien fondée. En devenant un fantôme il était devenu ainsi un monstre qu'il le veuille ou non, il n'y avait qu'à voir la réaction des quelques rares visiteurs égarés par le passé qui avait pu pénétrer dans ce manoir hanté qu'il avait pu constituer et surtout la réaction de la rencontre avec son fameux gang 'adoré' – en toute ironie, et il n'avait aucune envie en cet instant de s'exposer comme tel face à quelqu'un qui avait pu le connaître même si pour l'instant il ne savait pas de qui il était. C'était peut-être dans un désir fou mais non moins vital que d'entretenir, même de façon temporaire car connaissant désormais ses fâcheuses tendances à pouvoir faire des trucs de fantôme comme il disait, cette illusion qui se mélangeait avec étrangeté à quelque chose qu'il n'avait pas ressenti depuis un bout de temps à savoir l'espoir. Celui même qu'il avait perdu depuis longtemps, celui qui pourrait lui faire dire qu'il avait des chances de rédemption et de quitter cette damnation dont il était lui-même coupable, et celui qui pourrait lui confirmer au final qu'il avait bien vécu car plus le temps avançait et plus Lewis avait la sensation de perdre les bons souvenirs. Tout ce qui restait c'était le côté funeste et tragique de son meurtre, tout ce qu'il avait pu perdre et tout ce qu'il ne connaîtrait jamais, toute cette vengeance et cette colère au fond de lui qui n'était que la retranscription même d'une douleur qui le faisait encore tellement souffrir. Mais peut-être que c'était l'inverse en fait et que c'était le désespoir profond qui était en train de prendre le pas sur tout le reste en cet instant, celui qui hurlait sans cesse dans son esprit qu'il était toujours là malgré tout, encore plus après les événements qui avaient pu se dérouler dans le royaume des Morts.

Tout était si confus que l'étonnement ne fut sans doute que plus grand en voyant dans un premier temps cette chevelure flamboyante sous les yeux, lui murmurant au creux de l'oreille qu'il ne connaissait pas tant de personnes – au sens large du terme et pas seulement humain – qui abordait une telle couleur de chevelure, alors que le prénom de Mystery ne faisait qu'enfoncer le clou final à justement ce mystère sur ce type et son identité secrète. Lewis revoyait des flashs de sa mémoire où l'animal faisait tout pour se mettre en travers de Vivi et lui, à la moindre occasion et de manière incroyablement improbable il venait à juste apparaître entre eux l'air de rien alors que le phénomène n'était en rien normal – sauf qu'à l'époque il ne croyait pas à ce monde de magie et autres, l'irritation qu'il pouvait parfois ressentir d'être si proche du but pour enfin prendre comme il faut son courage à deux mains dans l'espoir que cette fille si extraordinaire accepte de sortir avec lui. Néanmoins rapidement cette même petite colère laissait bien vite à l'amusement de sa part, comme si au final Mystery l'avait bien eu tout bêtement même si ça pouvait paraître idiot dans un sens de penser ainsi, lui refilant alors quelques grattouilles à celui qui était devenu d'une certaine façon la mascotte du groupe qui portait même en partie son nom. Ce même chien affectueux peut être beaucoup trop protecteur envers sa maîtresse par moments, ou peut-être que ce n'était là qu'un ressentiment de ne jamais réussir dans cette entreprise d'avoir un moment privilégié avec celle qu'il voyait comme étant déjà son âme sœur, qui se trouvait juste devant lui en cet instant. Ou presque. Ce n'était plus ce petit animal au pelage si particulier qui lui faisait face mais bien un être humain, Lewis était même incapable de dire s'il était plus grand que lui ou quoi alors qu’auparavant il lui arrivait juste au-dessus des genoux, et la transition avait encore du mal à se faire de son côté. Très certainement même qu'il lui faudrait un temps d'adaptation, se mélangeant encore difficile avec le fait qu'il ne croyait pas à la magie et autres mondes paranormaux par le passé même s'il avait été obligé de plier face à la réalité depuis un bout de temps, et en toute honnêteté si en fait ce type ne lui avait pas dit être Mystery il y avait fort à parier qu'il n'aurait pas trouvé. Ce qui le poussait à rester encore assez hébété pour le coup, n'en revenant pas de ce spectacle étrange, alors que la surprise était totale.

« Mystery... ? Mais tu... tu es devenu... humain... ? Pour de vrai... ? »

C'était incroyable au point de ne pas savoir quoi dire, restant dans cette position assise et recroquevillée sur le banc protégé en partie de la pluie, avant de ce dire qu'il ferait mieux de se regarder dans un miroir au lieu de dire une telle connerie. Mais il était plus difficile pour son esprit, de base programmé en quelque sorte pour être rationnel même si sa mort lui avait prouvé à quel point qu'il avait faux en ouvrant un monde paranormal auquel il ne croyait pas, de passer d'un chien à un être humain ou du moins c'était plus compliqué que de passer de fantôme à plus ou moins vivant et sans doute que ceci étant dû à l'idée anthropomorphique des choses. Néanmoins il se devait de se rendre à l'évidence, Lewis avait face à lui Mystery désormais devenu humain dans une ville qui était la concentration même d'êtres touchés par une malédiction – dit comme ça c'était assez relativisant, tandis que de nouvelles perspectives se présentaient devant lui mais aussi la confirmation de doute qu'il pouvait avoir. Il était loin de se douter de la nature réelle de celui qui s'était fait passer durant des années pour un chien, cachant en réalité un kitsune aux pouvoirs surpassant très certainement les siens actuels, et en réalité ce n'était pas ceci qui lui effleurait alors l'esprit mais tout ce que la présence de l'ancien canidé pouvait bien conduire. Si Mystery était ici alors ceci voulait sans doute vouloir dire qu'il en était de même pour les deux autres membres de leur groupe d'investigation, à savoir la douce Vivi et ce traître d'Arthur, une vision qui le réveillait tout d'un coup de cette apathie naturelle dans laquelle il était alors qu'il se relevait vivement pour se mettre face à cet ami perdu. Jusqu'ici Lewis n'avait pas pris la peine de faire de véritables recherches en ce qui concernaient son ancien groupe, se laissant plus porter par les circonstances et peut-être encore plus depuis ce voyage forcé pour aller chez les morts, souhaitant en réalité éviter de croiser la route par inadvertance de celle qui avait pu tant faire battre son cœur plus que tout parce qu'il savait pertinemment qu'elle ne se souviendrait pas de lui et que la douleur serait insupportable. Ce qui était le contraire en revanche du peureux de la bande, étant sûr d'avoir pu voir son véritable visage qui était tellement sombre, voulant lui rendre la monnaie de sa pièce pour tout ce qu'il avait pu lui faire.

« Il faut que je sache Mystery, est-ce que tu sais où se trouvent Vivi et Arthur... ? Je dois savoir c'est absolument capital ! Vivi est en danger si elle se trouve avec lui ! »

Lewis se laissait emporter par ses sentiments d’aversion envers Arthur, n'osant imaginer ce traître serait capable de faire aux deux derniers membres du Mystery Skulls, il était clair que le jour où il mettrait la main sur lui le fantôme ne ferait preuve d'aucune pitié ou tendresse à son adresse. Pas après ce qu'il avait pu lui faire, se souvenant que trop bien de la douleur insoupçonnable de la roche transperçant sa poitrine et le goût du sang dans la bouche, et tout ceci le mettait dans une rage folle qu'il contenait du mieux qu'il pouvait alors que ses poings se serraient au point de blanchir ses phalanges. Néanmoins il savait aussi qu'il devait se contrôler et ne pas se laisser perdre dans ces pulsions ravageuses, ce ne serait bon pour personnes et surtout l'optique de venir produire une véritable explosion de flammes n'était pas une optique qui lui faisait plaisir, fermant un instant les yeux fortement pour ainsi retrouver un certain calme ainsi que reprendre une attitude qui se voudrait plus normale mais aussi une apparence. Lorsqu'il se laissait aller à tout ce ressentiment négatif son côté fantôme prenait le dessus au point de ne savoir comment cet aspect de lui pouvait réagir, de manière inconsciente ses yeux pouvaient par exemple devenir entièrement noirs en dehors d'un cercle mauve luminescent entre autre, et ce n'était pas le moment selon lui que de venir jouer malgré lui l'esprit frappeur ou qui s'enflammait. Littéralement. Il avait déjà mis le feu à l'ancien canapé de l'appartement, tout ça parce que Pietro insistait trop sur l'importance de l'amitié qu'il avait horreur à cause de son petit accident de spéléologie qui n'en était pas un, ce qu'il refusait de faire face à Mystery qui l'avait connu humain avant toute chose. Lewis savait qu'il devait éviter de précipiter les choses alors qu'il inspirait profondément, calmant relativement bien la colère en lui qui se trouvait ainsi réprimandée, reposant son regard dans celui qui n'était plus un chien désormais mais bien un être humain. La situation était tellement étrange tout de même, ayant du mal encore à superposer l'image du canin à cet adulte, et surtout il se rendait compte qu'il ne lui avait peut-être fait le meilleur accueil du monde que d'avoir pu le retrouver. Si dans son ancienne existence il n'aurait pas hésité un instant à le prendre dans ses bras, tout en lui offrant des tapes amicales, ce ne fut clairement pas le cas présentement alors que la seule chose qu'il était capable de faire c'était d'afficher un faible sourire qui restait malgré tout préoccupé et pire que tout mettant même une petite distance d'un ou deux pas.

« Désolé... Je... ça me fait plaisir de te revoir Mystery même si je ne m'y attendais pas... pas comme ça en tout cas... »

Il ne serait dire s'il venait de trouver un potentiel allié dans sa quête, une personne qui l'aiderait à mettre hors d'état de nuire ce danger qu'était Arthur, mais pour une fois le fantôme qu'il était espéré que ceci soit bien le cas alors qu'il était évident que ce moment ne le rendait pas forcément le plus à l'aise du monde. Ainsi Mystery n'était pas le seul à avoir bien changé depuis leur dernière rencontre, ou du moins l'avant-dernière puisque le groupe n'avait a priori pas fait le rapprochement entre lui et son apparence de fantôme lorsqu'ils avaient pu se croiser de nouveau avant la malédiction, Lewis se montrait assez distant dans sa façon d'être de manière globale même après cette révélation hors du commun. En fait, lorsqu'on y regardait de plus près, il gardait cette méfiance naturelle et peut-être encore plus pour une personne qui était de base censée être dans les cases de l'amitié. Il avait été trahi une fois après tout, une fatale et de trop, et il était évident pour le fantôme qu'il était hors de question que ce type d'accident puisse lui arriver de nouveau même si cette fois-ci il n'avait rien à craindre du côté de la mort. C'était juste qu'il ne voulait et ne pouvait plus offrir sa confiance, ou quoique ce soit s'en apparentant en tout cas, à quiconque dans cette crainte compulsive dont plusieurs facteurs venaient alimenter. Et même s'il était partiellement heureux, parce qu'il n'arrivait pas encore dire quel sentiment ces retrouvailles étaient en train de le procurer concrètement, de retrouver Mystery ceci ne voulait pas dire que Lewis était prêt en réalité à le laisser de nouveau entrer dans son existence. Une partie de lui le savait parfaitement dans le fond, même s'il ne voulait pas encore y penser présentement, et c'était peut-être pour cette raison qu'il avait déjà pu mettre de la distance entre eux de manière inconsciente comme pour prévenir par avance qu'il ne faudrait pas s'habituer à un quelconque confort de la part de cette situation ou il ne savait quoi alors qu'il se laissait border par ce mélange de joie mais aussi de tristesse que de revoir un vieil ami. Essayant de maintenir difficilement du mieux qu'il pouvait ce sourire, finissant tout de même par s'éclipser tant il n'avait pas le cœur pour ceci, il haussait un peu les épaules tout en observant autour de lui avant de reporter attention sur Mystery qui avait toujours l'air de dégager cette énergie folle comme par le passé.

« J'ai l'impression que tout ça est totalement irréel... »

Toute son existence avait l'air de l'être, il ne savait même plus ce qui était vrai ou faux, même avoir retrouvé Mystery semblait plus réaliste en rêve.







copyright Bloody Storm

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THE OTHER SIDE
Those days are dying in the dark. Boys I was shaped for the fury, now I pay the price of the human race's vice. And I was promised the glorious ending of a knight. And in the arms of endless anger will end the story of a soldier in the dark...
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Dante Tsukuyomi

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En réalité, je suis
Mystery le Kitsune
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MessageSujet: Re: But now the sound of friendship is out of tune | Dante Tsukuyomi   Dim 11 Juin - 16:56

But now the sound of friendship is out of tune
I could never find the right way to tell you have you noticed I've been gone 'cause I left behind the home that you made me but I will carry it along and it's a long way forward so trust in me I'll give them shelter like you've done for me and I know I'm not alone you'll be watching over us until you're gone



Il y avait toujours un instant dans une discussion où l’on se rendait compte que l’on avait dit le mot de trop, que l’on avait révélé trop de secrets, ou que l’on avait enchaîné les bourdes qui venaient nous trahir une par une ; et pour Dante, c’était l’instant même où il avait fait part à Lewis qu’il savait qu’il était censé être mort. Cette information-là n’avait pas exactement fait le tour du monde, et la population au courant de cette nouvelle n’était que très réduite, et si l’on y réfléchissait bien, en vérité, la seule personne au courant devait justement être Mystery, étant donné qu’après les événements funestes qui avaient eu lieu dans ces tunnels, Vivi comme Arthur avaient perdu la mémoire, et sous sa couverture de chien et surtout par instinct de protection, Mystery n’avait jamais eu le coeur de révéler aux autres que leur ami de toujours n’était plus de leur monde, et encore moins briser les espoirs de la famille du fantôme qu’un jour il reviendrait peut-être. En somme, entre Lewis et Mystery c’était un gros patchwork d’éléments connus et inconnus, et le kitsune se rendait compte qu’il allait devoir être particulièrement méticuleux pour se rendre compte de l’ampleur du savoir de Lewis, et surtout, d’être certain de ce qu’il ne savait pas afin de ne pas faire une autre bourde à l’avenir, tout comme il ne devait en aucun cas trop en dire à Lewis sur ce que lui-même savait. Il avait vu la détresse de Vivi, il avait senti le désespoir d’Arthur, et il n’était pas prêt à infliger de nouvelles souffrances à son troisième ami humain, non… c’était tout bonnement hors de question. Il était primordial pour Dante qu’il ait toujours une longueur d’avance sur les autres, simplement pour être le plus à même de protéger les autres le moment venu. Car la dernière fois qu’il avait ignoré les paramètres et qu’il avait préféré fonctionner au jour le jour… Quelqu’un était mort, et ce quelqu’un se trouvait juste à côté de lui, assis sur le banc. Malgré sa forte envie de jouer les amis proches, surtout depuis qu’il avait revêtu ce corps humains et avait perdu la mémoire pendant vingt-huit ans, Dante s’était fait la promesse de redevenir au moins intérieurement le kitsune qu’il avait été, le gardien de l’Ordre face au Chaos, et si cela voulait dire garder certaines informations pour lui pour préserver cet Ordre, il n’allait pas hésiter une seule seconde.

« Ouaiiis ! Aussi humain que toi ou Vivi. C’est un des effets secondaires de la malédiction, figure-toi. Il y a pas mal d’anciens animaux en ville si tu veux tout savoir… énormément de créatures et d’animaux de l’autre monde se sont retrouvé dans un corps humain ici. Mais alors Lewis, c’est vraiment vraiment toi ?! Rohlala quelle bonne nouvelle ! »

Et en même temps, une mauvaise nouvelle, car comme signalé auparavant, il manquait des pièces au puzzle que possédait Mystery. À commencer par le fait que Lewis était bel et bien censé être mort, et qu’aux dernières nouvelles, certes la malédiction avait donné des corps humains aux animaux mais il n’avait jamais entendu parler de morts qui étaient revenus à la vie… Et cela pouvait impliquer pas mal de problèmes. Soit que effectivement, la malédiction s’était amusée à résusciter certaines personnes, voir peut-être même tous les morts mais si c’était le cas Storybrooke serait une mégapole et non une petite bourgade de campagne ; soit que Lewis n’était pas réellement mort au fond de cette caverne, et qu’ainsi Mystery avait raté pas mal d’informations alors qu’il avait bel et bien constaté la présence du corps empalé de l’humain. Il n’envisageait pas unes eule seconde que Lewis puisse être justement entre les deux, qu’il n’était ni mort ni vivant, un être d’une rareté extraordinaire mais qui devait bien exister dans le folklore universel… et dès l’instant où il saurait que Lewis n’était pas tout à fait vivant, il s’empresserait de faire des recherches sur le sujet. Tout pouvait être expliqué ; il avait même un gros bouquin sur les kitsune chez lui, même si certaines informations sur son espèce le faisait doucement rire tant elles étaient fausses. C’était là le propre des livres documentaires et historiques après tout ; il y avait toujours une part de fiction, ou plutôt une part de subjectivité qui mettait les informations du point de vue de l’auteur aussi objectif qu’il cherchait à être. Plongé dans ses réflexions, Dante eut un sursaut de surprise quand Lewis se leva d’un bond en proclamant qu’il fallait absolument retrouver Vivi pour la protéger d’Arthur… Le kitsune ne put réagir autrement qu’avec un sourire nerveux. Lewis n’était donc effectivement pas au courant de tout. À commencer par le fait que, pour autant que Mystery le sache, Vivi n’était pas en danger pour le moment ; et c’était bien arrogant de sa part de le penser, lui qui était persuadé qu’il avait réglé le problème en arrachant le bras d’Arthur. Mais bien sûr, il ne pouvait décemment pas raconter purement et simplement tout cela à Lewis… Car cela impliquait d’autres choses, et ces autres choses impliquaient encore d’autres choses. Et de fil en aiguille, Lewis ferait des liens que Dante ne voulait pas qu’il fasse… Il allait devoir détourner le sujet.

« Hum… Je n’ai pas encore retrouvé ni Vivi ni Arthur, mais justement, si je n’ai pas encore pu les retrouver alors je ne pense pas que Arthur ait déjà retrouvé Vivi. Alors s’il te plaît calme-toi ! À nous deux on devrait bien finir par remettre la main sur eux ! »

Une information que Dante ne possédait pas par exemple était qu’il avait bel et bien et sans le savoir recroisé la route de Lewis dans le monde des contes ; quand le gang avait atteint ce drôle de manoir en recherchant justement leur ami décédé, ils avaient bel et bien réussi sans s’en douter une seule seconde… Dante prit une expression vaguement dépassée par les événements, montrant ses paumes à Lewis comme dans un geste régulateur censé lui faire comprendre que s’il avait envie de péter un câble, ça ne servait à rien de péter ledit câble contre lui. Et grand bien lui en face, car grâce à son petit geste régulateur, Lewis sembla se calmer, allant jusqu’à s’excuser de paraître si brutal dans un moment où tous deux auraient dû se serrer dans les bras et se faire des papouilles jusqu’à s’endormir corps contre corps sous les étoiles -même si en y réfléchissant un peu le fait que Mystery n’était plus exactement un chien viendrait rendre toute la situation bien plus étrange que s’il avait toujours son aspect canin. Mais il s’en fichait ! Il était Mystery avant tout, et les papouilles, il adorait ça, et n’hésitait pas une seconde à en faire à tous ceux qui se proposaient. Il n’y avait rien de plus gratifiant et de réconfortant que des petites caresses entre les oreilles et des câlins à n’en plus finir… surtout quand c’était Vivi qui les prodiguait. Devant les excuses de Lewis, Mystery ne put s’empêcher de lui faire son plus beau sourire colgate, se levant d’un bond avec l’impulsion de faire au moins un high-five à son potentiel ami, avant de se retenir en réalisant la distance que Lewis mettait entre eux deux. Curieux. Avait-il changé ? Dans le monde des contes, Lewis n’aurait pas hésité un instant à lui sauter dessus, voir à lui mettre la tête en clé de bras pour de faux juste pour rire. Mais là, il était distant, et carrément froid quelque part ; mais Dante n’y réfléchit pas plus que cela et mit cela sur le compte du choc de voir son chien soudainement revêtir des traits humains. Peut-être qu’il avait froid à cause de la pluie aussi ? Il se contenta de transformer son geste en un étirement avant de se rasseoir sur le banc comme si de rien n’était, même si le commun des mortels aurait probablement appelé ça un « vent magistral ».

« Et ça me fait plaisir de te revoir aussi, mon vieux ! Même si bon, je crois que tu as des choses à me dire, n’est-ce pas ? Enfin je ne sais pas si tu as envie de balancer ça comme ça alors qu’on s’est revu que depuis cinq minutes mais dis-toi que c’est quand même curieux de te revoir ici après… tout ce temps. » À mesure qu’il s’exprimait, Dante semblait marcher de plus en plus sur des œufs, un peu comme s’il avait couru dans l’océan avant de réaliser que l’eau était froide et de se rétracter légèrement pour prendre des pas un peu plus précautionneux. Il en disait le moins possible, surtout pour ne pas que Lewis ne se pose des questions ou pire, ne réalise que Dante en savait probablement plus sur toute cette histoire que lui. « Eh, on ne choisit pas toujours les circonstances de nos rencontres, et si tu veux mon avis tu as bien de la chance que de me revoir moi avant les autres. Je veux dire… hahaah ! T’aurais dû voir la gueule que tu faisais quand je t’ai dit qui je suis. Et c’est moi le chien dans l’histoire, c’est moi qui devrait avoir une gueule HAHAHahahaha... »

Le visage de Lewis restait muet de toute réaction et le rire de Dante mourut avec tous ses espoirs de dérider un peu le jeune homme. Détournement d’attention, Dante, détourne son attention ! Il devait reconnaître que la tentation de parler de leur passé commun était bien trop vive dans son esprit ; et c’était normal, au-delà du fait que Lewis était censé ne pas être là, ils étaient après tout comme de vieux amis qui se retrouvaient pour la première fois depuis années. Et que faisait les anciennes connaissances, en général ? Elles rattrapaient le temps perdu, elles comblaient les lacunes sur ce que l’un savait et l’autre non, elles riaient en racontant ce qu’ils étaient devenus depuis le temps. Mais le problème était bel et bien que Dante, malgré sa vive curiosité à l’égard du destin réel de Lewis, ne pouvait décemment pas trop rentrer dans les détails sans éveiller celle du fantôme. Dilemme dilemme, petit toto qui s’est perdu… Irréel, n’est-ce pas ? Il n’avait pas idée. Un petit sourire en coin apparut sur le visage de Dante, en se remémorant le type d’homme qu’avait pu être Lewis dans le monde des contes. Un brave gars, extraverti et bon vivant, confiant et toujours prêt à se lancer dans une aventure dès que l’occasion se présentait. Mais même s’il avait toujours aimé une bonne exploration, il n’en était pas moins un sceptique ; et Mystery soupçonnait que le leader des Mystery Skulls ne s’était lancé dans cette aventure que dans le but d’impressionner et de se rapprocher de Vivi, qui elle était irrémédiablement friande de tout ce qui relevait de l’inexplicable. Mystery avait toujours vu ce refus de croire que les fantômes ou les goules pouvaient bien exister comme un poil risible, en sachant qu’il en avait un exemple concret sous les yeux sans même le savoir ; mais à vrai dire Mystery comprenait tout aussi bien cette volonté de ne pas tout croire et tout avaler comme un enfant incapable de discernement, justement parce qu’il était bien placé pour savoir que nombres de légendes et de superstitions n’avaient aucune base solide, ou alors étaient le résultat d’une déformation année après année par le bouche à oreille au point que l’histoire vraie qui avait donné naissance à la légende n’avait plus rien à voir avec ladite légende. À commencer par les kitsune ; on disait qu’ils prenaient toujours l’apparence d’une jeune femme… et est-ce que Dante avait l’air d’une jeune femme ? Pas le moins du monde. Mythe brisé ! Au final, Lewis était un gars intelligent, le genre de type sociable né pour réussir. Alors… que s’était-il passé ? Pourquoi avait-il l’air si… éteint, désormais ? Pourquoi avait-il l’air de vouloir rentrer littéralement sa tête dans ses épaules ? Pourquoi ne cessait-il de regarder partout autour de lui comme un paranoïaque ? Un… paranoïaque.

Et soudain, tout prit un sens dans l’esprit de Dante. C’était évident ! Lewis n’était pas véritablement mort dans ce tunnel… mais on ne s’en sortait pas d’une telle blessure si facilement. Une poitrine empalée, ça n’était pas juste une coupure superficielle. Peut-être qu’il y avait eu d’autres esprits malfaisants dans ce tunnel… et Dante, trop occupé par son « cher frère », n’avait rien vu. Et Lewis avait marché ! Il avait dû se retrouver devant une proposition, le genre qui ne se refuse pas… vivre ou mourir. Mais vivre signifiait toucher à la magie noire, et Lewis était probablement devenu l’esclave d’un mage puissant, ou d’une créature qui baignait dans le Chaos ; et c’était pour cela qu’il n’avait jamais refait surface. Et maintenant qu’il avait été libéré de ses chaînes par la malédiction, il vivait dans la paranoïa et la peur, il devait se demander à chaque instant quand est-ce que son ancien maître viendrait lui remettre ses chaînes… Mais oui ! C’était évident ! Oh s’il l’avait su plus tôt, le kitsune aurait été battre et vaincre cette créature inconnue pour le sortir de là… Il se sentit soudain culpabiliser, ayant le sentiment d’avoir abandonné son ami durant tout ce temps, avant d’automatiquement se rassurer en se disant qu’il avait déjà eu beaucoup de travail à s’occuper d’Arthur et de Vivi. Il jeta un coup d’oeil vers Lewis, et ouvrit la bouche en pointant le doigt en l’air, avant de se raviser, alors que Lewis fixait le sol, un air profondément confus encré sur son visage. Non. Il ne pouvait pas lui poser directement la question. Car cela pourrait griller sa couverture… Lewis semblait se cacher, et Mystery n’était pas près de révéler sa planque à qui que ce soit. Si Lewis était bel et bien victime du Chaos comme le pensait Mystery, alors il était de son devoir de remettre ledit Chaos à sa place, et cela coûte que coûte. Même si cela voulait dire laisser Lewis tranquille et enquêter de son côté pour retrouver cet être abject. Il soupira légèrement, un sourire satisfait sur le visage ; décidément, il était génial. Il avait tout deviné sans que Lewis ne doive lui dire quoi que ce soit.

« Oh, je te rassure, c’est bien réel. Franchement tu te dis ça alors que tu es dans une ville où des personnages de contes ont pris vie ? Je crois que t’as besoin d’une bonne cure, toi. Et j’ai exactement le remède ! Figure-toi que je suis devenu cuistot dans ce monde-ci, et je fais les meilleurs gâteaux du monde… Ou alors un truc épicé ? Je sais que tu aimes ça hein ? » Il fit un clin d’oeil à Lewis, avant d’ajouter : « Et ne t’en fais pas, ton secret est bien gardé avec moi. »

L’excitation commençait à envahir Dante ; l’excitation de retrouver un vieil ami perdu, d’avoir trouvé tout seul toute la vérité, de se réjouir que dès qu’il serait rentré, il pourrait cuisiner ; même la pluie ne semblait pas l’affecter le moins du monde, car il n’avait pas relevé sa capuche et ses cheveux rouges et noires coulaient, se collant à son visage, le faisant s’ébrouer de temps en temps, comme le ferait un chien. À vrai dire, s’il avait été un chien à cet instant, il aurait probablement eu la langue pendante, les yeux brillants et une folle envie de japper et de secouer la queue en tous sens…

CRACK

Il se figea. Oups. Oh non. Pas maintenant. Complètement immobile, il semblait soudainement suspendu dans le temps, priant pour que ce ne soit pas ce qu’il pensait ; mais plus les secondes passaient et plus il devait se rendre à l’évidence : au moins une de ses queues venait d’apparaître. Non, ils faisaient comment dans les dessins animés ? De tous les animes que Dante avait pu voir, à chaque fois que cela mettait en scène un homme-animal, sa queue féline ou canine apparaissait mais semblait surtout suspendue au vêtement plus que directement à la colonne vertébrale, mais dans la réalité c’était bien plus respectueux de l’anatomie humaine. Ses queues de kitsune devenaient des prolongements de sa colonne vertébrale en partant de son coccyx qui se scindait en fonction du nombre de queues apparentes, et toute sa structure squelettique s’adaptait au passage à l’arrivée de ces extrémités d’ordinaire étrangères à l’anatomie humaine. Enfin, la biologie c’était bien joli mais le seul problème restait l’aspect magique du problème, qui faisait apparaître les queues sans prendre en compte le fait que Dante portait un pantalon. Il ne comptait même plus le nombre de fois qu’il avait dû en racheter tant ces apparitions étaient imprévisibles… On pouvait penser qu’un simple pantalon doté d’une ouverture pouvait être une bonne alternative, mais ça avait surtout conduit Dante à se retrouver les fesses à l’air dans plus d’une situation gênante. Même si pour le coup, à ce moment précis, s’en était justement une. Mais maintenant qu’il en était là, il espérait de toutes ses forces qu’il n’y en est qu’une ; et cela simplement pour éviter de révéler à Lewis ce qu’il était réellement, surtout d’une manière aussi grotesque. Il agita ses vertèbres et fut satisfait de constater qu’effectivement, il n’y en avait qu’une, qui s’agitait doucement entre l’appui-dos et le siège du banc, couverte de son habituelle fourrure blanche et noir. Dante poussa un soupir et se pencha en avant pour adopter une position plus confortable, plongeant sa tête dans ses mains… quand il sentit le frottement de grosses griffes acérées le long de son front. Juste pas de quoi le blesser, mais juste de quoi le faire glapir de surprise et de peur à l’idée de s’auto-empaler le visage. En bon galérien, il se battait contre lui-même, et il mit un moment à se rendre compte que Lewis observait son manège avec un air peu convaincu, surtout qu’il n’avait plus exactement un humain devant lui, mais un type avec une queue, des dents plus longues que la normales et des griffes qui feraient doucement rire Wolverine à la place des ongles. Ce ne fut qu’à cet instant qu’il mit brusquement ses mains derrière son dos en essayant de cacher sa queue de kitsune, tentant un sourire crispé qui lui donnait l’air surtout effrayant vu la paire de canines qu’il arborait désormais.

« Hehehe… Un effet secondaire d’être un ancien animal, depuis le retour de la magie. Certains d’entre nous récupèrent des particularités de notre ancienne espèce, comme les sens surhumains ou la vitesse, ce genre de choses… mais moi j’ai surtout récupéré l’anatomie. Et je ne sais pas comment font les femmes avec de longs ongles mais je te garanti que des griffes c’est pas du tout pratique pour faire quoique ce soit. » Cela dit, au moins, Mystery revêtait désormais un peu plus son apparence d’antan, ce qui pouvait peut-être rassurer un peu Lewis, ou même l’amuser peut-être, bien qu’il semblait être devenu le genre de gars qu’il est très difficile de faire sourire. « ça devrait disparaître dans pas longtemps… Rien de grave. Je vais juste devoir racheter un pantalon... » Fort heureusement, l’ouverture supplémentaire de son vêtement était adapté au diamètre de ses os supplémentaires, et parfois il préférait qu’elle ne disparaisse pas avant qu’il soit chez car sinon il avait surtout l’air d’un idiot avec un trou à l’arrière de ses pantalons. « Quoique ça peut avoir ses utilités. J’ai un meilleur équilibre par exemple ! Même si des fois j’ai de ces envies de courir dans un champ de blé en aboyant... »

En vérité, ça n’était pas dans la nature de Mystery d’avoir des réflexes de chien, tout simplement parce qu’il n’était pas un chien à l’origine. Le kitsune était plus proche de l’esprit que du véritable animal, et même si son espèce prenait l’apparence de ce canidé aux queues multiples, ça ne faisait pas d’eux véritablement des renards. Sa qualité d’esprit avait fait de lui le genre au-dessus des attaches matérielles, au point qu’il avait développé une arrogance certaine face à la mentalité matérialiste des vivants terrestres, et plus particulièrement du sens capitaliste des êtres humains. Ces petites fourmis de l’univers étaient si préoccupés par chaque jour passant, quoi manger, quoi acheter, comment remplir leur vie pour échapper à la dure réalité en se couvrant d’espoir de gloire et de succès qu’aucun qu’eux n’atteindrait réellement. C’était bien ça la triste vérité ; les humains ne faisaient que vivre dans leurs désirs et leurs pulsions, et dès que lesdites se retrouvaient satisfaites, elles perdaient toute saveur et ils se mettaient à en trouver des nouvelles. C’était bien cela leur tombeau, cette poursuite perpétuelle d’un bonheur total qu’ils n’atteignaient jamais, surtout parce qu’ils ne semblaient jamais se rendre compte que le bonheur ne pouvait qu’exister en parallèle au malheur, car si l’un n’existait pas alors l’autre perdait tout son sens. Les kitsune étaient bien placés pour comprendre cet équilibre permanent entre lumière et ombre, entre bonheur et malheur, et surtout, entre Ordre et Chaos ; c’était leur pain quotidien que de le maintenir. Leur travail n’était pas même de détruire le chaos en faveur de l’ordre, tout simplement car encore une fois, l’un ne pouvait exister sans l’autre ; mais ils s’affairaient sans cesse à les maintenir au même niveau l’un comme l’autre. C’était peut-être l’élément le plus difficile à comprendre et, en tant que « jeune » kitsune, à accepter, de se dire qu’il ne pourrait jamais totalement détruire ces êtres du Chaos, seulement les tenir à distance, et il avait mis très longtemps à se mettre à leur place, en se disant qu’eux suivant suivaient cet instinct naturel de répandre ce dans quoi ils étaient nés.

Mais un beau jour, le kitsune, qui approchait de sa sept-centième année, avait décidé qu’il avait besoin d’une pause ; qu’il avait droit à une pause. Il s’était décidé à rejoindre les vivants en se faisant passer pour un chien, et petit à petit, malgré une certaine prétention initiale, il s’était pris au jeu, et peut-être justement un peu trop. D’abord chien blasé et peu joueur, il avait peu à peu découvert les plaisirs simples du quotidien, ces choses que faisaient les êtres de son espèce d’adoption, comme léchouiller le visage de son maître pour le réveiller le matin, jouer dehors à la ba-balle, se prélasser au soleil des heures durant ou se gaver de toute la nourriture qu’il était capable de manger en une journée. Et en quelques années, il avait cessé d’être entièrement un kitsune, un être spirituel, pour devenir sans le vouloir une sorte d’hybride, un être mi-spirituel, mi-mortel, séduit par les plaisirs matérialistes -certains y compris lui-même par le passé auraient dit corrompu- et quelque part, ceux de son espèce d’origine n’avait pas spécialement apprécié ce changement. Il était après tout comme une sentinelle qui avait déserté sa place attribuée dans la grande guerre de l’univers, cette guerre de tous les jours plus symbolique que réelle et que personne ne voyait vraiment, et pour certains cela faisait de lui un traître. Il se disait souvent que ça n’était pas un hasard que son cher « frère », son équivalent du Chaos, l’ait retrouvé si facilement, alors que pour eux quelques années n’étaient qu’un minuscule fragment de leur existence totale ; et surtout, ça n’était pas un hasard que tout soit passé d’une agréable petite vie de chien à un bordel sans nom à partir du moment où ils avaient mis les pieds dans ce tunnel. Et il avait le résultat devant les yeux, ce jour-là même à Storybrooke, alors que la pluie tombait et qu’il était assis à côté de ce que les gens comme lui appeleraient un « dommage collatéral ». Il eut comme un rire cynique en pensant à tout cela ; normalement, Vivi n’aurait dû être qu’un dommage collatéral elle aussi. Mais pour lui, elle était devenue l’univers entier. Son coeur s’était ouvert à un point qu’il n’aurait jamais cru possible, et lui qui avait été si arrogant, il ne remercierait jamais assez la jeune femme de lui avoir fait découvrir autre chose qu’un champ de bataille constant que les humains et leurs esprits étroits prenaient pour des catastrophes naturelles. Elle, elle voyait ces choses. Elle en avait toujours été capable. Une femme si ordinaire qui avait le chic pour attirer l’extraordinaire.

« Tu n’as pas changé de tête en tout cas, Lewis. Et je commence à me demander si certains, oui. Parce qu’une chevelure bleue ça ne devrait pas passer inaperçu… mais peut-être qu’elle a changé d’apparence. Ou peut-être n’est-elle pas là du tout… Il me semble avoir entendu parler de gens qui seraient restés de l’autre côté. »

Son visage s’était fait soudainement grave, alors qu’il réunit précautionneusement ses mains pour éviter de s’infliger une blessure à lui-même, posant sa tête sur ses poings fermés. Derrière lui, son prolongement de colonne vertébrale s’agitait doucement, peu à peu trempée par la pluie qui continuait de tomber.


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