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 Where innocence is burned in flames (OS)

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Garrett Colt

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En réalité, je suis
Wild Cat
☸ Conte : inventé.

☸ Emploi : voyou, un job d'avenir.
☸ Avatar : Scott Eastwood.
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MessageSujet: Where innocence is burned in flames (OS)   Mer 14 Juin - 12:41

Where innocence is burned in flames
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Un rouli régulier me berçait. Un doux ronron mécanique me maintenait dans la torpeur des réveils à rallonge. C'était agréable. J’aurais bien roupillé quelques heures de plus, si un foutu klaxon n’avait pas décidé de pousser la chansonnette. Grommelant comme un ours mal léché, je passai une main sur mon visage pour me tirer du sommeil. D’une pichenette, je relevai mon Stetson. Je dus cligner plusieurs fois des yeux avant que ceux-ci ne s’habituent à la clarté. Mon regard bleu acier balaya le décor qui m’entourait. Qu’est-ce que je fous là moi ? Je grattai ma barbe de trois jours, me demandant comment je m’étais débrouillé pour finir dans un train. Ouais, un train. Rien que ça. Comment vous dire que ça courait pas les rues à Storybrooke. Surtout que ce serpent de ferraille m’avait l’air de dater de la conquête de l’Ouest. La banquette en bois d’un confort douteux sur laquelle j’avais réussi à me caler pour pioncer m’en donnait la preuve formelle. Autre point non négligeable : le wagon était vide. La curiosité me faisant totalement émerger du brouillard somnolant, je me redressai sur mon siège et m’étirai. Un cliquetis métallique familier me fit baisser la tête vers mes pieds. Je ne rêvais pas, je portais des bottes ornées d'éperons ! Puis, en inspectant le reste de ma tenue, je me rendis compte que j’étais paré pour jouer le cowboy des Village People. En plus poussiéreux et moins porté sur les mecs, mais quand même. Un jean foncé qui avait connu des jours meilleurs, une chemise avec des taches d’origine non identifiée (dont je ne préférais rien savoir), un long manteau de cuir et un foulard noué autour du cou. Ça rappelait des souvenirs. Mais le plus troublant restait cette grosse ceinture à laquelle pendait un revolver. Par précaution, je vérifiai s’il était chargé. Six balles en argent. Il était plein. Je commençais à me dire que quelque chose ne tournait vraiment pas rond lorsque je jetai un coup d’oeil par la fenêtre. Un “p*tain de merde” m’échappa. C’est quoi ce bordel ? soufflai-je, fixant le paysage comme si des singes volaient de l’autre côté de la vitre. Ce que je voyais était en réalité encore plus déroutant que n’importe quel macaque croisé pigeon. Des terres arides s’étendaient à perte de vue sous un soleil de plomb. Le relief se résumait à une chaîne de montagnes rocailleuses dans le lointain. La locomotive me menait vers un amas de bâtiments en bois que j’aurais reconnu entre mille. Ellwood. La bourgade qui m’avait vu naître, grandir, et qui avait fait les frais de mes premières frasques. Environ les 513 premières pour être précis. On peut dire que j’avais un beau palmarès de sales coups à mon actif. Et je ne comptais pas m’arrêter en si bon chemin.

Bref, en attendant, le train freina avec force, sifflant son arrivée à la gare. Enfin “gare”, c’était vite dit. Une baraque montée en à peine une demi-journée, une petite estrade pour les voyageurs et le tour était joué. Renfonçant mon chapeau sur mon crâne, je sortis du wagon. Je n’allais pas poireauter à l’intérieur hein. Une fois sur le quai de fortune, j’emplis mes poumons de cet air sauvage et sec. Je n’avais toujours pas compris comment j’avais atterri là, mais je devais admettre que ça faisait du bien d’être de retour. Après tout, Ellwood était ce qui se rapprochait le plus d’une maison pour moi. Ses rues poussiéreuses étaient mon berceau. Une maman un peu rude et pas très affectueuse, mais une maman quand même.
Une légère brise charia une odeur âcre de poudre. Rien d’inhabituel par ici. Les coups de feu étaient fréquents. Ce qui aurait été plus inquiétant, ce serait de ne pas en entendre du tout… Et c’était exactement ce qu’il se passait. Il régnait un silence de mort. Pas un cri, pas la moindre gueulante, pas même un malheureux rire d’ivrogne. C’est alors que la vérité me frappa en pleine face. Les bâtisses que j’avais connues débordantes de vie étaient à présent creuses, mortes de l’intérieur. Des coquilles vides. Les portes étaient largement ouvertes, telles des plaies béantes. Une sournoise angoisse remonta le long de mon échine. Que s’était-il passé ?
Mes pieds foulèrent le sol sablonneux tandis que j’arpentais l’avenue principale à la recherche d’un quelconque signe de vie. En vain. La ville n’était plus que l’ombre d’elle-même. L’anarchie qui inondait chaque centimètre carré des rues de mes souvenirs avait laissé place à un chaos d’un tout autre genre : le chaos du néant. Un vide glacé. J’avais besoin d’une explication, une suite logique qui aurait pu mener à un tel résultat. Je me triturais les méninges, mais rien ne me convenait. A travers l’entrée d’un saloon, je remarquai que les chaises et les tables étaient renversées. Comme si un ouragan avait tout dévasté. Je fronçai les sourcils, de plus en plus anxieux. Mon pas s’accéléra à mesure que j’avançais. Je ne voulais pas encore admettre que tout ceci était réel. Je ne le pouvais pas. J’avais beau afficher fièrement mon statut de grand solitaire sans attaches, Ellwood possédait une place toute particulière dans mon cœur. Nous avions tous un lieu qui, dans notre esprit, faisait office de foyer. Je m’y réfugiais encore quand les journées se faisaient plus difficiles. Je pouvais être dehors, en pleine nuit, la pluie battante me refroidissant jusqu’aux os, affamé et n’ayant nulle part où dormir, la bourgade de mes jours innocents était toujours là. Intacte. Un sanctuaire. Il me suffisait de repenser à la chaleur de son soleil implacable sur ma peau, à sa poussière qui recouvrait le bout de mon nez. Et tout allait mieux.

L’état des bâtiments de faisait qu’empirer. Si du côté de la gare ils avaient l’air normaux, le quartier où je me trouvais à présent n’avait pas autant de chance. Un champ de ruines incandescentes. Un incendie. Quelque chose clochait. Les habitants de la bourgade étaient conditionnés aux départs de feu. Ils étaient assez rôdés pour maîtriser un début d’incendie sans aucun problème. Là, on aurait dit qu’ils avaient laissé le feu dévorer le coin délibérément. Il fallait que je trouve quelqu’un. N’importe qui pour m’expliquer ce foutoir. La vue de ces cadavres de maisons calcinées attisa mon propre feu de colère. Personne n’avait le droit de toucher à mon Ellwood. Je continuai mon inspection, mû par une nouvelle énergie. Qui était le sombre c*nnard à avoir saccagé mon chez-moi ? Il allait goûter de ma semelle.
Oh non. Toutes mes craintes éclatèrent comme un bouquet de dynamite dans mes entrailles. J’étais arrivé à la limite de la ville. Sous mes yeux, un tableau qui resterait gravé à jamais dans ma mémoire me coupa le souffle. Des corps. Des corps étendus au sol, à perte de vue. Une mer de maccabés. Un trente-six tonnes me tomba sur les épaules, qui s’affaissèrent sous l’impact de cette révélation. J’étais assommé par ce spectacle morbide. Sentant mes genoux lâcher, je partis comme un dératé vers le mort le plus proche. C’était une femme d’une petite trentaine d’années. Ses cheveux blond vénitien encadraient un visage figé dans une expression de terreur innommable. Je tombai à genoux, hagard, mes prunelles ne sachant plus où se poser. J’eus des vertiges, la marée de cadavres tournoyait autour de moi. Elle m’aspirait dans un tourbillon mortel. Ces gens étaient morts. Ceux qui j’avais connus, ceux qui peuplaient mon enfance, ceux qui faisaient vivre mes souvenirs avaient été décimés. Et je n’avais pas été là pour les sauver. Quel con. Mon innocence avait été bafouée. Piétinée, écrasée comme on écrase un mégot de cigarette. Ce n’était pas Ellwood qu’on avait ravagé, mais le gamin que j’avais été. Le gamin qui avait grandi. De rage et de désespoir, je frappai le sol de toutes mes forces. Un craquement sinistre m’arracha un grognement. Je venais de me péter quelques phalanges. La douleur aiguë m’aida à éclaircir mes idées. C’est dans ce moment de lucidité que j’examinai la cendre sous mes mains. Elle dégageait un parfum étrange… un parfum que je connaissais. La lumière se fit dans mon cerveau. Ces pourritures du Démon. Des vampires. Ces sangsues de la mort ne grouillaient pas trop dans la région à cause du manque d’ombre. Mais apparemment, la météo avait due être assez nuageuse ces derniers temps pour leur permettre de parvenir jusqu’ici. Leur venue expliquait le carnage ainsi que l’incendie volontaire. La population avait dû tenter de tous les brûler d’un seul coup. Manque de pot, leur plan avait bien merdé. Une rage monta en moi tel un volcan en éruption.
Soudain je fis volte-face, bondissant avec agilité sur mes pieds. Un bruit suspect m’avait alerté que je n’étais pas si seul que ça. Un gosse d’environ huit ans se tenait là, planté sur ses courtes jambes à une dizaine de mètres de moi. Il était pâle comme un linge. Exsangue. Il était tellement faible qu’il tanguait. Vacillant, il s’approcha de moi. Je me revoyais à son âge et j’eus l’impression qu’il me renvoyait mon image. Je relâchai ma garde, troublé. Le marmot en profita pour augmenter l’allure. Nom d’un coyote borgne ! Le petit gars était à présent assez proche pour que je distingue clairement, caché derrière son col, deux trous dans son cou. Pas le temps pour les états d’âmes. Dans mon monde, la moindre hésitation était fatale. Aussi dégainai-je en un éclair mon revolver et tirai pile entre les orbites du môme. Un coup suffit pour que ce dernier, hébété, tombe en cendres. Comme ce qu’il me restait de mon innocence enfantine.

Les vampires avaient fait des successeurs. Je dus me raisonner pour ne pas partir en croisade contre cette progéniture de Satan. J’étais seul, avec cinq balles d’argent au compteur. Et l’estomac vide. Pas les conditions idéales pour aller buter du moustique mort-vivant. Si on m’avait fait venir ici, c’était pour me laisser ce message : Wild Cat devait reprendre du service. Information reçue cinq sur cinq. Les créatures de la nuit ne perdaient rien pour attendre. Je ne verserais pas une larme. Ils n'auraient pas ma peine. Je ne leur offrirais que ma fureur, et ce, à coups de balles dans le cœur.
Je saisis un paquet d’allumettes dans ma poche et en fis craquer une. Après avoir enlevé mon chapeau (un minimum de respect s’imposait), je lançai la petite flamme sur l’herbe sèche où reposaient les centaines de cadavres. Le brasier grossit aussitôt et dévora les corps. Au moins, ceux-là n’auraient pas à être tués une seconde fois. Remettant mon Stetson, je fis demi-tour jusqu’à la gare, sans un regard en arrière. Le train m’y attendait. Mâchoire crispée, je serrai les dents. La rage au ventre. Une rage qui ne me quitterait plus. Un nouvel objectif s’était imposé à moi : la vengeance. Lors de mon prochain voyage dans l'Ouest du monde des contes, je serais le cauchemar des suppôts de l’Enfer. Les cendres de mon innocence seraient vengées.      

Emi Burton

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