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 « I was scared without you » ∞ Ellie & Joel

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Ellie Williams Lucas

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En réalité, je suis
Ellie
☸ Conte : The Last Of Us

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MessageSujet: « I was scared without you » ∞ Ellie & Joel   Lun 26 Juin - 13:34


Ellie avait plusieurs hobbies. La lecture, par exemple, en faisait partie. Elle pouvait dévorer un livre de plus de mille pages en seulement une journée. Elle aimait tous les styles : le classique, la science-fiction, même les livres d’histoires. Dans son ancien monde, elle n’avait pas beaucoup  de temps à consacrer à cette passion. Elle avait ses corvées à faire dans la zone de quarantaine et une fois avec Joel, elle ne pouvait lire que quand ils s’arrêtaient pour se reposer, et encore, il fallait qu’elle ait un livre dans son sac pour pouvoir le faire. Elle se baladait toujours avec ses trois livres de jeux de mots, mais elle les avait déjà lu et relu plus de fois qu’elle ne pouvait compter. Elle avait aussi ses comics, mais il lui en manquait plusieurs et elle ne pouvait pas forcément les lires dans l’ordre. Quand son sac n’était pas plein de nourriture, d’arme et de munition, elle se permettait de rajouter un ou deux livres en plus, mais elle ne voulait pas non plus rendre son sac à dos trop lourd. Même si la lecture lui permettait de changer de monde, le sien était toujours infecté et elle pouvait avoir à prendre la fuite à tout moment. Elle ne pouvait pas se permettre de se ralentir. Dans son nouveau monde, elle avait des bibliothèques et des bibliothèques de livres et de bandes dessinées. Elle les avait tous lu au moins une fois. Une bonne partie de l’argent qu’elle gagnait en travaillant chez sa grand-mère lui servait à s’en acheter des nouveaux.

Récemment, son argent de poche lui avait servies pour une autre passion : la musique. Elle avait toujours aimé chanter et aurait adoré jouer d’un instrument de musique. Quand elle avait appris que Joel voulait avant devenir chanteur, elle a obtenu de lui qu’il lui apprenne à jouer de la guitare dès que ce serait possible. Malheureusement, le bon moment n’étais jamais venu et Joel n’était plus là pour tenir sa promesse. C’était d’une certaine manière pour lui rendre hommage qu’Ellie s’était acheté une guitare. Internet, livres, elle n’avait que l’embarras du choix pour apprendre à en jouer. Malgré son accident, la guitare lui est venue naturellement et quand elle en jouait, elle n’avait plus aucun mal à faire bouger ses doigts. Elle avait encore un peu de mal à tenir un verre dans sa main, était encore incapable de tirer la corde de son arc  et de la tenir plus que quelques secondes, mais elle était plus que capable de jouer n’importe quelle mélodie qu’on lui mettait sous les yeux. Elle pouvait jouer, et elle jouait bien, mais elle pouvait aussi chanter, le seul moyen de communication qui lui permettait de ne pas bégayer. Quand elle partait jouer de la guitare, c’était comme si l’accident n’avait eu lieu. Comme si elle allait bien. C’était son refuge. Elle n’avait pas besoin de se forcer, ou de se concentrer, tout lui venait naturellement. C’était comme marcher, elle avait juste à penser à la faire et ses mains lui obéissaient sans qu’elle ait besoin de commander chacun de ses doigts un par un. Elle s’était alors retrouvé à jouer de la guitare de plus en plus souvent. C’est presque si elle ne se baladait pas tout le temps avec.

Ce matin-là ne dérogeait pas à la règle. Elle avait sa guitare sur le dos et la laisse de son chien Lord dans les mains. Le bouvier d’appenzell avait son harnais « chien de travail » sur le dos. Il l’accompagnait partout où elle allait et dormait même dans la même chambre qu’elle – et quand Ceri n’était pas là pour la nuit, le chien dormait même dans le lit. Il allait faire trop chaud l’après-midi pour que qui que ce soit puisse sortir profiter de l’extérieur alors Ellie avait décidé d’aller se promener de bon matin, quand il faisait encore frais. Le chemin jusqu’au parc fut lent mais tranquille. Lord était détaché, reniflant à droite à gauche, profitant de sa liberté. Ellie marchait doucement, surveillant son chien, un léger sourire aux lèvres. Une fois au parc, elle choisit un banc à l’ombre, enleva la guitare de derrière son dos et s’assit sur les planche en bois, l’instrument sur ses genoux. Le chien vint s’allonger à côté d’elle, sur le banc, fermant les yeux. Il s’endormit avant même qu’Ellie commence à jouer.

Elle s’était entrainée à jouer plusieurs chansons. Elle en maitrisait pas mal d’ailleurs. Elle pouvait jouer Let Her Go, Creep, I’ll Be Good, Get Away With Murder, ainsi que pleins d’autre chansons qui lui plaisaient plus ou moins. Quand elle n’avait pas d’idée, elle prenait une chanson au hasard et la jouait, qu’elle l’aime ou non. Ces quatre-là faisait parties de ses préférées. Elle accordait sa guitare pendant qu’elle se souvenait de la dernière chanson qu’elle avait apprise, The House of Rising Sun. Une chanson douce et lente, un peu country, assez triste quand on écoutait les paroles mais qui l’apaisait quand elle la chantait. Une chanson courte mais pas forcément facile puisqu’il fallait jouer chaque corde indépendamment de l’autre au lieu de se contenter d’accords tous bêtes.  Ellie finit par se redresser et à commencer à jouer, se remettant en tête les différentes notes à jouer et murmurant les paroles pour être sûr de ne pas en avoir oublié. Une fois sûre de s’être rappelé de tout, elle se racla la gorge et se mit à jouer et à chanter.

There is a house in New Orleans
They call the Rising Sun
And it's been the ruin of many young poor boy
And God I know I'm one

My mother was a tailor
She sewed my new bluejeans
My father was a gamblin' man
Down in New Orle’s

Now the only thing a gambler needs
Is a suitcase and a trunk
And the only time he's satisfied
Is when he's all drunk

So mothers tell your children
Not to do what I have done

Spend your life in misery
In the House of the Rising Sun

© 2981 12289 0

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MessageSujet: Re: « I was scared without you » ∞ Ellie & Joel   Lun 26 Juin - 16:04





I was lost without you

Save your prayers don't shed a tear for me all I'm gasping for is one last breath of hope to heal the hearts I broke

L’esprit de Joel n’était clairement pas en paix. Il était de ce genre d’hommes qui ne se faisaient pas d’illusions ; et même si l’espoir ne semblait jamais le traverser, cela pouvait devenir une qualité utile dans un monde comme celui d’où il venait. Ne pas se faire d’illusions signifiait ne pas se laisser enchaîner par des événements antérieurs et quand on était un survivant, quand on vivait dans un monde où chaque seconde pouvait être la dernière, il était primordial de savoir avancer et continuer quelles que soient les circonstances. C’était bien cela qui l’avait gardé en vie pendant vingt ans ; pas d’attaches, pas de sentiments, rien qui pouvait le freiner dans la grande course vers la survie. L’état d’esprit adopté par tous était tout simplement le chacun pour soi ; et Joel avait su mettre cela en pratique dès le moment où sa fille était morte entre ses bras. Les autres survivants à quelques exceptions près avaient à ses yeux des vies aussi valeureuse que celle des claqueurs et des coureurs ; c’est-à-dire, aucune, dès le moment où ces existences se mettaient en travers de sa route. Il ne faisait nul doute qu’il était tout simplement bâti pour ce nouveau monde de chaos et de désordre, et même si l’on pouvait se demander comment, et surtout pourquoi avancer quand la société n’était devenue qu’une ruine, on pouvait toujours compter sur lui pour avoir une raison de le faire. Vengeance, protection, exploration, recherche d’êtres chers ; n’importe quelle excuse lui suffisait pour s’en faire un objectif, entité abstraite ou personne réelle qui comptait pour lui. C’est cela qui l’avait bien arrêté de mettre fin à ses jours pour rejoindre sa fille plus rapidement. Son petit frère, d’abord ; puis ses envies de vengeance durant de nombreuses années, le rendant impitoyable, puis Tess qui vint peut-être adoucir un tant soit peu cette carcasse blindée qu’il était, puis, bien sûr, Ellie. Mais comment pouvait-il transposer cet manière d’exister, cette philosophie de la loi du plus fort dans un monde qui ressemblait beaucoup trop à son monde d’avant ? Il ne pouvait pas, c’était bien simple. Le jour où les souvenirs étaient revenus, Johakin avait dégluti en regardant son calendrier. 2012. Un an plus tard, ils allaient tous mourir. Le 27 septembre 2013, il était resté chez lui, enfermé, les jointures blanchies à force de serrer les poings, s’attendant à tout moment de voir l’Apocalypse se produire. Mais bien sûr, rien ne s’était produit. Tout était resté pareil, et Joel avait réagit de deux manières différentes : le soulagement d’abord, que ce monde-ci ne soit curieusement pas condamné à subir le cordyceps, puis, quelque part, la déception. Il était bâti pour un monde détruit, pas pour un monde comme celui de Storybrooke ; et cela se voyait à son comportement passablement paranoïaque à chaque fois qu’il sortait de chez lui. Le moindre bruit soudain et violent le mettait sur le qui-vive ; le moindre choix de mots suspect le faisait porter sa main à son flingue, caché sous sa veste en tout temps. Il avait vu les pires tares de l’humanité, et il était persuadé que chaque personne qu’il croisait avait le potentiel de faire ressortir cette furie, cette cruauté que l’on nommait instinct de survie et qu’il portait en lui comme tous les autres. Dans ce monde que l’on pourrait pourtant croire rétabli, mieux portant que le précédent, Joel n’était plus que l’ombre de lui-même. Encore plus sans la présence d’Ellie pour alléger ce poids constant qu’il avait l’impression de porter sur ses épaules.

Ellie était devenue sa raison de vivre ; et nombre de gens auraient pu l’appeler égoïste, car il était capable de la faire passer avant l’humanité toute entière simplement pour l’avoir près de lui. Mais pour lui, ça n’était pas cela ; c’était bien plus complexe, une relation froide au départ qui était devenue fusionnelle, symbiotique. Ellie n’avait en aucun cas remplacé sa fille à ses yeux ; mais elle était devenue aussi importante que si elle avait été la chair de sa chair. Quelqu’un pour qui il aurait mis le monde à genoux, pour qui il se serait battu même avec l’entièreté de ses membres coupés. Il avait mal au coeur rien que d’y penser ; une de ces douleurs stridentes et indescriptibles, quand il s’était réveillé dans ce garage et qu’il avait réalisé que Ellie avait dû se débrouiller sans lui. Il n’avait jamais cherché à l’épargner de la laideur du monde, mais tant qu’elle allait bien, tant qu’elle était vers lui, bien vivante, il savait qu’elle était assez forte pour affronter ce monde seule. Elle était née dedans, en même temps ; elle n’avait pas connu la société que la Terre possédait en son sein auparavant, elle n’avait pas connu les joies de l’enfance, les tumultes du lycée, et elle ne connaîtrait jamais les lassitudes de la vie adulte, les joies et les peines, les amours et ce quotidien si débilitant et pourtant si précieux une fois qu’on l’avait perdu. Du moins, il ne le pensait pas avant que ce nuage violet ne vienne les séparer pour de bon. Il ne savait pas ce qu’elle était devenue ; il ne savait pas si elle était même tout simplement vivante, car il n’avait pas eu le temps de la retrouver. Et il s’en voulait au point d’avoir des cauchemars tordus où il la voyait hurler, partir en fumée avec ce bâtiment en flammes, la dernière chose qu’il avait vu avant de se retrouver dans cette ville grise et glauque à souhait. Et il ne se faisait pas d’illusions. Il ne la retrouverait pas. Car la retrouver serait sa fin heureuse à lui ; et il savait que c’était quelque chose qui n’arrivait pas ici.

Un matin comme les autres qu’était ce matin-là ; il s’était levé très tôt, comme il en avait l’habitude, le corps endormi mais l’esprit en alerte. Il s’était aspergé le visage d’eau pour se rafraîchir et se réveiller un peu mieux, avant de consulter son carnet où il notait tous les jobs qu’il avait à accomplir dans la semaine et le reste de la journée. Puis, il s’habillait, qu’il ait quelque chose de prévu ou non, avant de placer son arme dans son pantalon et de s’asseoir dans sa cuisine, soupirant et les bras croisés, le visage lugubre. C’était les quelques minutes du matin où il contemplait son existence, où il se demandait comment cela pouvait bien être réel. Mais la réalité était qu’il se sentait comme détaché, comme si sa vie ne lui appartenait pas, comme s’il n’était pas réellement là et que tout cela n’était qu’un rêve, ou un de ces flashbacks que les gens disent avoir lors d’expériences traumatiques ou proches de la mort. Et enfin, au bout d’un certain temps, il regardait sa montre, sa jolie montre fissurée et qui avait cessé de répandre son tic-tac à l’instant même où sa fille avait quitté le monde des vivants. Un cadeau d’elle. Son trésor le plus précieux. Alors il se résignait, il ramassait l’essentiel -portefeuille, clés de voiture, téléphone en cas d’appels pour du travail et boîte à outils- avant de sortir en ville, occupant son temps comme il le souhaitait en fonction de son programme. Son petit quotidien débilitant, et qu’il se surprenait à savourer dans les moments où il réalisait qu’il avait tout simplement échappé à l’Apocalypse… Même si sans Ellie, ça n’avait pas le moindre sens à ses yeux. C’était une journée ordinaire, une journée comme les autres… quand il la vit. Une chevelure rousse qui flottait légèrement sous les courants d’air ; une silhouette gracile qui marchait le long de la rue, juste en face de lui alors qu’il venait de passer un contour. Son coeur rata un battement, et ses yeux s’ouvrir en grand ; en quelques pas, il l’avait rattrapée.

« Ellie ! Ellie c’est toi ! Ellie... »

Des yeux plein d’espoir, une frénésie qu’il essayait de retenir tant bien que mal. Il posa une main sur son épaule, et elle se retourna, la bouche formant un « oh » de surprise et de vague inquiétude sur les intentions de cet inconnu qui venait l’agresser de la sorte. Et la déception. Ça n’était pas elle. Ça n’était pas son visage, pas sa voix qui lui demandait ce qu’il lui voulait. Il retira sa main de son épaule comme s’il s’était brûlé, avant de reprendre contenance, rejetant les quelques émotions au fond de lui-même, pour redevenir aussi stoïque et impartial qu’il l’était d’ordinaire.

« Désolé jeune fille, je vous aies pris pour quelqu’un d’autre. »

Il continua sa route en ignorant le regard appuyé et vaguement dégoûté que l’adolescente lui lança, une main tenant fermement sa boîte à outils et l’autre s’enfonçant dans sa poche. Malgré tout, il poussa un soupir ; ça devait bien être la dixième fois cette semaine-là qu’il croyait la voir. En fait, il croyait la voir partout ; de l’autre côté de la rue, dans un rayon du centre commercial, sur une photo dans le journal local. Ça n’était pas comme Sarah qu’il s’imaginait apercevoir ici et là, un sourire compatissant sur les lèvres, et qu’il observait du coin de l’oeil, le regard triste mais apaisé par le temps ; c’était bien plus viscéral, bien plus douloureux, car malgré tout, il existait cette possibilité qu’Ellie pouvait être bel et bien vivante, quelque part dans cette ville.

Mais il ne se faisait pas d’illusions.

Comme tous les matins, il acheta un sandwich dans une petite boulangerie locale, se répétant comme à chaque fois qu’il allait bien devoir remplir ses placards un jour sans jamais le faire. À vrai dire, son frigo contenait surtout quelques bouteilles de bière et un peu de nourriture qu’il conservait là depuis tellement longtemps que c’était sûrement périmé. C’était bien la seule habitude qu’il avait lâché depuis son retour à la vie « normale », cet instinct de survie de toujours conserver un maximum de nourriture simplement pour être sûr de pouvoir manger chaque jour même un petit peu. Les seules traces de ce comportement était un réduit où il conservait nombre de boîtes de conserve, juste au cas où, mais qu’il n’avait pas ouvert depuis belle lurette. D’un pas calme, bien qu’il était toujours sur le qui-vive, prêt à sortir son arme, il rejoint le seul endroit qui l’attirait à ce moment-là : le parc de la ville. De loin, il put entendre quelques accords de guitare portés par le vent, et sans savoir pourquoi, il se sentit attiré par ce son distinct ; peut-être était-ce en commémoration de son amour pour la musique étant plus jeune, mais il avait le sentiment que c’était… autre chose. En sortant du couvert des bâtiments, il eut une seconde d’hésitation, s’immobilisant quelques secondes ; sa paranoïa le gagnait à nouveau, peu sûre de justement vouloir se mettre à découvert, et il lui fallait bien quelques secondes pour se convaincre qu’il ne vivait plus dans un monde où des monstres pouvaient jaillir à chaque instant. Quelques pas plus tard, il aperçut un chien couché au soleil, la langue pendante à cause de la chaleur de l’été malgré la fraîcheur matinale ; puis, il vit des mains se promener le long de cordes de guitare. Et une voix, une voix portée par le vent, qui chantait doucement une balade lente et mélodique.

There is a house in New Orleans
They call the Rising Sun
And it's been the ruin of many young poor boy
And God I know I'm one


Joel cessa de mâcher. Il interrompit même le moindre mouvement.

My mother was a tailor
She sewed my new bluejeans
My father was a gamblin' man
Down in New Orle’s


Une voix qu’il connaissait.

Now the only thing a gambler needs
Is a suitcase and a trunk
And the only time he's satisfied
Is when he's all drunk


Mais c’était impossible. C’était encore une satanée hallucination. Il devait encore s’imaginer qu’une inconnue était Ellie… C’était bien cela ?

So mothers tell your children
Not to do what I have done
Spend your life in misery
In the House of the Rising Sun


Il lâcha sa boîte à outils, qui tomba dans l’herbe dans un fracas assourdi par le sol mou ; et cela eut pour effet d’interrompre les accords de la jeune fille au loin, qui leva le visage dans sa direction, retirant les mèches qui le lui cachait. Joel plissa les yeux ; et son coeur s’arrêta de battre encore une fois. Tout en elle indiquait ce qu’il voulait tant voir, et il cligna des yeux pour se forcer à sortir de cette hallucination, mais elle ne changea pas d’apparence.

C’était elle.

C’était Ellie.

« Ellie... »

Il resta immobile, respirant à peine, les jambes paralysées par la peur qu’il puisse se tromper à nouveau.

by tris

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TURN YOUR HEART
to the trail of souls behind me
All I'm looking for is a little bit more rope to wrap around my throat and all I'm gasping for is to hear the hearts I broke when you lay my body down don't be sorry save your prayers don't shed a tear for me

(c) black pumpkin


Dernière édition par Johakin Carpenter le Lun 26 Juin - 16:27, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: « I was scared without you » ∞ Ellie & Joel   Lun 26 Juin - 16:07


Lord s’était réveillé pendant la chanson, surement à cause de la chaleur. Il haletait désormais, écoutant sa maitresse jouer, regardant autour de lui, tout simplement. Et Ellie continuait de jouer et de chanter cette chanson qu’elle avait connue par hasard et qui ne sortait plus de sa tête. Elle pouvait l’écouter en boucle sans s’en lasser. Elle la mettait pour s’endormir, pour se réveiller, se baladait avec son casque sur les oreilles et la musique à fond. Aujourd’hui c’était cette chanson, demain elle changera peut-être. En attendant, elle profitait du plaisir que la musique lui apportait quand elle l’entendait, quand elle se mettait à la chantonner sans que sa langue trébuche sur les mots qu’elle devait prononcer. C’était un vrai plaisir. Et peut-être que les autres ne comprenais pas comment c’était possible d’écouter la même musique en boucle des semaines, des mois durant parfois. La plupart des gens se lasseraient au bout de quelques heures. Pas elle. Il existait bien des musiques qui l’ennuyaient si elle les écoutait plus de deux fois de suites, mais il arrivait souvent que ce soit tout l’inverse. C’était comme un film que le revoit une seconde ou une troisième fois. À chaque visionnage, à chaque écoute, elle découvrait quelque chose de nouveau. Un détail, un objet caché, la manière qu’avait la langue de prononcer certaine lettre et celle qu’avait la voie de monter et descendre. Elle se raccrochait à ça jusqu’à ce que l’envie de l’écouter passe et qu’elle enchaine sur la musique suivante, et tout cela se reproduisait encore, et encore. Par la suite, il lui suffisait d’écouter la musique pour se rappeler des bons moments qu’elle avait passés pendant qu’elle l’écoutait. Cette chanson-là allait se raccrocher à un tout nouveau souvenir.

Elle venait de finir de jouer la dernière note quand elle entendit un bruit sourd un peu plus loin. Elle releva la tête au même moment où son chien aboya. Elle s’imaginait déjà des milliers de scénarios tous plus improbable les uns que les autres. Par exemple, qu’un producteur venait de l’entendre. Il l’aurait trouvé tellement fantastique, tellement douée, qu’il en aurait été abasourdie et en aurait fait tomber sa mallette. C’était pourtant tout autre chose qui se déroulait à ce moment-là. Au même moment où l’aboiement de Lord lui vint aux oreilles, elle aperçue un visage qu’elle reconnaitrait entre mille. Il y aurait eu foule qu’elle l’aurait tout de même entendu chuchoter son prénom. Elle le connaissait trop, l’attendait trop, pour ni le voir, ni l’entendre. Et pourtant, elle avait déjà fait son deuil. Elle l’avait laissé seul et blessé. Certes elle voulait l’aider, mais elle avait été retenue prisonnière et n’avait pas pu retourner le voir. Elle avait ensuite pu s’échapper de David et de ses hommes, mais n’avait pas eu le temps de retourner près de lui. Elle l’avait laissé seul et blessé, et il était surement mort depuis. Mort de ce trou dans le ventre qui l’avait empêché de bouger pendant presque une saison. Elle avait dû s’occuper de lui comme il l’avait fait jusqu’à présent, elle avait fait de son mieux, et cela n’avait pas suffi. Elle l’avait cherché longtemps lorsque la malédiction s’était brisée. Elle n’était pas allée voir Ruby, ou Granny, qui étaient pourtant celles qui s’étaient occupé d’elle ces derniers mois. Non, elle était partit chercher Joel. Et après plusieurs jours, plusieurs semaines de recherches sans résultats aucun, elle s’était rendue à la conclusion qu’il n’avait pas été maudit. Elle s’était rendue à la conclusion qu’il était mort.

Et pourtant il se tenait juste devant elle. Il était debout un peu plus loin, il avait lâché sa boite à outilles, il tenait un sandwich, il la regardait, il ne bougeait plus. Ellie se dit qu’elle l’imaginait. Ca ne lui était pas arrivé depuis longtemps de le voir dans les rues alors que ce n’était pas lui. Elle se demandait pourquoi elle le voyait maintenant. Elle ne s’était pourtant pas endormie sur le banc pendant qu’elle jouait de la guitare, si ? Lord l’aurait surement réveillé. L’idée de se pincer lui vint à l’esprit. Faire comme dans les films et voir si tout cela était un rêve ou non. Se pincer le bras et avoir mal si c’était la réalité, ou ne rien ressentir si elle était en plein sommeil. Mais elle était paralysée. Comme si son heure était venue et qu’elle était désormais devenue folle. Le Cordyceps avait enfin atteint son cerveau, il se développait et elle, elle hallucinait. Elle allait commencer à se transformer. Elle verrait d’autre personnes, peut-être Tess, Sam, ou même Riley. Ils allaient tous la rendre folle jusqu’à ce qu’elle perde la tête et laisse enfin place au virus. Peut-être que Sam avait raison. Peut-être que les personnes étaient enfermés dans leur corps, consciente de ce qu’il se passait mais incapable de bouger, de décider de quoi que ce soit, contraint à voir les gens mourir de leur mains, de leurs dents.

Mais tout cela n’était pas possible. Le Cordyceps n’existait pas ici. L’apocalypse n’avait jamais eu lieu. Personne ne s’était transformé en zombie et n’avait commencé à manger sa famille. Alors il n’y avait qu’une seule explication à cette hallucination : ça n’en était pas une, et Joel était bien là, debout devant elle. Elle ne savait même pas combien de temps elle avait passé à le regarder sans rien lui dire. Surement plusieurs minutes même si ça lui paraissait être des heures entières. Elle ne réalisait toujours pas que c’était bel et bien lui. Elle finit tout de même par bouger, posant la guitare par terre avant de s’appuyer sur le dossier du banc pour s’aider à se lever. À côté d’elle, Lord sentait bien que quelque chose se passait et quand il vit sa maitresse se lever, il descendit du banc sans attendre, se remettant au travail. Ellie s’accrocha alors au harnais de son compagnon à quatre pattes pour se maintenir debout. Elle sentait très bien ses jambes trembler et s’attendait à s’effondrer à tout moment. Son cœur battait tellement vite qu’elle avait l’impression qu’il vibrait dans sa poitrine, son souffle était saccadé et elle pouvait sentir des gouttes de sueur apparaitre sur son front. Dans une autre situation, elle aurait cru à une crise d’angoisse. Là, c’était un mélange de peur, de stress, d’incompréhension, de joie, de culpabilité, de regret, de soulagement. Elle ignorait totalement qu’un être humain était capable de ressentir autant d’émotions en même temps.

« Joel ? »

Le mot dépassa ses lèvres sans qu’elle ne lui commande de sortir. Tout cela lui semblait encore complètement irréel. Elle fit quelques pas dans sa direction. Lord la suivait de près et la soutenait. Elle s’arrêta à quelques mètres de l’homme qui n’avait toujours pas dit un seul mot.

« Joel, c’est bien toi ? »
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MessageSujet: Re: « I was scared without you » ∞ Ellie & Joel   Lun 26 Juin - 16:09





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Save your prayers don't shed a tear for me all I'm gasping for is one last breath of hope to heal the hearts I broke

À l’instant même où il l’avait vue, à l’instant où elle s’était levée et qu’il avait compris que tout cela n’était pas encore un de ces cauchemars où son Ellie partait en fumée dans des hurlements déchirants, trois images s’étaient superposées. L’image de l’Ellie du passé, avec sa couette négligée qu’elle n’enlevait jamais, les traces de terre et de sang qui parsemaient son corps, ce visage remplit d’une détermination sans faille, ces yeux d’une jeune fille qui n’avaient pas peur d’affronter un monde aussi horrible et sanglant que celui dont ils étaient issus. Puis, l’Ellie du rêve, l’Ellie assise en tailleur, guitare en main, un air serein sur le visage, répandant dans le vent sa voix encore un peu hésitante mais qui possédait déjà tous les secrets d’une voix d’ange. Oh, comme il aurait aimé que ce soit lui qui lui ait appris à jouer de cet instrument ; comme il aurait aimé que cette promesse qu’il n’avait jamais vraiment édicté à haute voix ce soit réalisée, qu’ils aient pu rentrer chez Tommy sain et sauf, qu’il ait pu passer ses journées à lui apprendre des accords, des chansons, des rythmes country comme il en avait le secret. Mais tout cela n’avait jamais pu se faire. Tout cela lui avait été arraché. Et enfin, par-dessus ces deux images qui lui tenaient tant à coeur, se superposait l’Ellie du présent ; le coeur de Joel se serra en la voyant si tremblante et fragile, faire quelques pas dans sa direction, la main serrée sur le harnais de son chien. Il eut intérieurement comme un élan inquiet vers elle, bien que extérieurement il restait parfaitement immobile, à la fixer à quelques mètres. Il avait envie de se précipiter vers elle, de la prendre dans ses bras, de lui dire que tout irait bien, de lui demander comment elle en était arrivé à marcher si faiblement, en jurant que plus jamais elle n’aurait à traverser ce genre de mésaventures. Maintenant qu’il était là il voulait lui dire qu’il serait toujours là pour la protéger, que quoi qu’il arrive il serait derrière elle à la couvrir en cas de danger, à la pousser dès qu’elle hésitait, à la guider dans cette existence morose et pourtant si colorée qu’était cette nouvelle vie à Storybrooke. Comment avait-elle vécu ? Que pensait-elle de ce monde si rangé dans son quotidien, comme il l’avait vécu avant l’apocalypse ? Que lui était-il arrivé ? Avait-elle vécu des choses horribles, des choses douces, des aventures plus féeriques que la chasse aux claqueurs ? Et puis, la pensée le traversa comme un couteau à travers le corps ; il n’avait pas été là. Tout ce temps qu’il n’avait pas été là, pour la protéger, pour la soutenir, pour la sortir du moindre mauvais pas dans lequel elle mettait les pieds. Elle était si jeune… Même si elle avait vu des horreurs inqualifiables, des têtes explosées, des choses qu’aucune adolescente de quatorze ans n’avait à affronter, elle avait toujours serré les dents, elle s’était toujours montrée si impeccablement courageuse, au point qu’il avait appris à lui confier sa vie. Mais il y avait des éléments de l’existence que même une fille forgée par l’apocalypse et ses monstruosités ne pouvait pas affronter seule, ne pouvait peut-être pas même supporter, et c’était de ces choses-là dont il voulait l’épargner ; mais il n’avait pas été là. Il avait abandonné ; il l’avait abandonnée ; il ne s’était pas fait d’illusions. On dit que l’espoir fait vivre, mais il avait une de ces vagues envies de disparaître sous le poids de la culpabilité.

Alors il restait immobile ; ils étaient placés à quelques mètres l’un de l’autre, son chien les regardant tour à tour en se demandant ce qui était bien en train de se passer. Joel avait les sourcils froncés, une expression neutre sur le visage ; et même quand elle l’appela par son nom, quand elle lui demanda d’une voix peut-être suppliante si c’était bien lui, pour voir si tout cela n’était pas un rêve comme lui, il avait gardé le silence. Il aurait voulu lui dire : « oui, c’est moi », mais ces trois mots ne parvenaient pas à passer les barrières de ses lèvres, comme si les divulguer entraîneraient des conséquences dévastatrices. Il la voyait déjà serrer les dents, le frapper, pleurer peut-être, lui reprocher son absence, lui demander comment il avait été capable de vivre une vie monotone sans se donner la peine de la retrouver ; et il se voyait déjà toujours immobile, la laissant faire, car il savait qu’elle aurait besoin de cela. Qu’elle avait le droit de lui en vouloir. Car il n’avait pas été là. Il se remémora à cet instant leur échange dans le ranch pas loin de chez Tommy ; cet échange tendu où chacun d’eux avait pu dire ses quatre vérités à l’autre, et ces mots glacials qu’il lui avait dit. « Tu n’es pas ma fille, et il est certain que je ne suis pas ton père. » Et c’était vrai ; il n’était pas son père, elle n’était pas sa fille, mais cela ne les empêchait pas de partager un lien si fort que les liens biologiques qu’ils n’avaient pas n’avaient tout simplement aucune importance. C’était exactement quand il l’avait rejetée de la sorte qu’il s’était rendu compte que malgré ce qu’il pensait, il ressentait tout autre chose. C’était à cet instant qu’il avait su qu’il l’accompagnerait jusqu’au bout du monde s’il le fallait, qu’il serait toujours là pour elle, à chaque instant, même le jour où elle aurait décidé de le haïr à cause de mensonges qu’il aurait pu proférer pour la protéger du monde, d’elle… et de lui-même. Il n’était pas un gentil, il n’était pas un méchant, il était sans scrupules ; mais quand ce comportement de loup féroce portait comme drapeau l’attachement qu’il avait pour Ellie, est-ce que ça l’excusait ?

Bien sûr que non. Mais il n’en avait que faire. Elle était plus importante que tout le reste désormais. Et elle était là, devant lui, à quelques pas. Enfin réunis après tout ce temps.

« Oui, c’est moi. »

Je suis là ma puce, tu n’as plus à t’inquiéter. Il avait envie d’avancer vers elle à nouveau, mais un coup d’oeil vers son chien le rendit hésitant, ou plutôt prudent ; ces bêtes-là pouvaient être particulièrement protectrices, et il n’avait pas la moindre envie de se prendre une morsure au passage. Peut-être était-ce sa paranoïa qui parlait en cet instant ; car le chien paraissait calme d’extérieur, mais dans son esprit sa langue pendant ressemblait à une mâchoire aux dents acérées, et la respiration saccadée de l’animal à cause de la chaleur lui évoquait des bruits semblables à des grognements. Joel n’était pas un grand fan des chiens ; oh, avant que le monde ne parte en vrille il en aurait peut-être adopté un pour Sarah si il en avait eu les moyens, pour lui tenir compagnie durant ses longues journées de travail. Mais après cela ces bestioles étaient devenues presque aussi dangereuses que des claqueurs, sauvages et toujours fourrées en meute ; les chiens échappés ou laissés à l’abandon par des familles au début de l’infection au cordyceps étaient devenues des bêtes affamées, qui n’avaient pas peur des hommes et n’hésitaient pas à les attaquer pour leur voler de la nourriture. Les générations suivantes avaient toujours été sauvages, hormis pour les quelques survivants qui s’amusaient à les dresser pour les transformer en arme de défense ou d’attaque supplémentaire. Plus aucun chien en ce temps-là n’était qu’un chien de famille, de compagnie, avec des yeux brillants et la queue agitée par la joie de revoir un propriétaire rentrant d’une dure journée de labeur. Ils n’étaient plus que de la valeur ajoutée à un arsenal ou des meutes de prédateurs qu’il valait mieux éviter si l’on tenait à sa jugulaire. Les bras croisés jusque là, Joel les décroisa, avant de désigner l’animal d’un mouvement de tête.

« Je peux m’approcher ? »

Elle approuva bien vite de la tête, et il eut l’impression qu’elle semblait surprise quelque part de la méfiance qu’il conservait à l’égard de son animal ; mais elle n’avait pas la moindre idée à quel point le mental de Joel pouvait être charcuté, par tout ce qu’il avait vu, par tout ce qu’il avait vécu. Il s’était forgé un caractère froid, sans sentiments, et le simple fait de toujours avoir un objectif vers lequel se diriger lui avait permis d’échapper à ses propres troubles ; mais le retour au calme qu’avait été Storybrooke n’avait finalement fait qu’empirer le problème. Il n’était devenu qu’un pantin devant sa propre existence, partant au quart de tour au moindre bruit, ayant de brusques montées d’adrénaline dès que quelque chose lui paraissait louche ou inconstant ; et l’on savait toutes les choses de tous les jours qui lui paraissaient louches et inconstantes. Parfois, il suffisait d’un rien pour déclencher de vives hallucinations et c’était un coup de chance monstrueux qu’on ne l’ait pas encore arrêté à cause d’une de ces crises, lui qui avait déjà menacé des innocents de son arme parce qu’ils le suivaient d’un peu trop près dans la rue ou avaient simplement une tête qui ne lui revenait pas -peut-être que l’un d’eux voulait sa mort, peut-être que l’un d’eux était le dernier d’un des nombreux clans de survivants qu’il avait décimé avec rage et apathie, peut-être que l’un d’eux se baladait avec une bombe artisanale, le genre avec des clous ou de type molotov. La présemption d’innocence, il ne connaissait pas, c’était bien simple. Tout le monde était coupable à ses yeux, tout le monde était capable du pire, tout le monde voulait probablement sa mort.

Sauf Ellie.

Il s’approcha alors ; gardant le chien dans son champ de vision, mais soudain submergé par l’idée que Ellie était bel et bien devant lui. Il avait eut l’impression qu’en s’approchant, elle allait disparaître comme un mirage, qu’il allait approcher sa main de son visage et voir ses doigts lui passer au travers, comme si elle n’était qu’un fantôme, un souvenir qui n’existait que dans sa tête, comme toutes les autres visions qui venaient hanter ses journées comme ses nuits. Il s’attendait même à la voir soudain se tordre dans un rire sadique, révélant qu’elle était en réalité un autre démon venu le tourmenter un peu plus, et qu’il se rendrait compte que Storybrooke était en fait son purgatoire, spécialement ficelé pour le tourmenter de la manière la plus cruelle possible, pour le remettre devant ses torts, devant les massacres qu’il avait commis. Il tendit la main, et pendant un instant, pendant des millisecondes même, il eut l’impression de les voir couvertes de tout le sang qu’il avait versé ; mais quand ses doigts touchèrent la joue d’Ellie, ce sang disparut, comme si son coeur se voyait soudain purifié. Elle était vraiment là. C’était vraiment elle.

Vraiment elle.

Vraiment Ellie.

« Ellie, pardonne-moi, Ellie je suis désolée, désolée de ne pas avoir été là... »

Et enfin, il fit ce qu’il avait envie de faire depuis le moment où il s’était réveillé dans ce garage, blessé mais déterminé à la retrouver ; il la tira doucement vers lui, la serrant dans ses bras, une main derrière sa tête et l’autre autour de ses épaules, la serrant avec force comme s’il avait peur de la perdre à nouveau ; où plutôt, parce qu’il avait peur de la perdre à nouveau. Son Ellie. Sa fille de coeur. L’être le plus important à ses yeux. Et alors seulement, il commença à s’agiter ; il recula un peu pour prendre son visage entre ses mains, l’examinant comme si elle venait de se blesser ; il voulait tout savoir, il voulait tout connaître de son chemin depuis le moment où ils s’étaient retrouvés séparés. Il voulait tout rattraper, il voulait tout réparer, il voulait peut-être bien plus que ce qu’il était capable de lui offrir : faire que tous les tourments qu’elle ait pu traverser, qu’elle avait traversé, n’aient jamais existés.

« Ellie, il faut que tu me dises tout. Où étais-tu ? Que faisais-tu pendant tout ce temps ? J’ai cru que tu étais restée de l’autre côté, j’ai cru que tu étais… Je me suis réveillé, dans le garage. Et j’ai suivi tes traces, j’ai forcé ces fumiers à tout me dire. Je les ai suivies jusqu’à un espèce de restaurant en flammes mais je n’ai pas eu le temps d’aller plus loin… le nuage m’a enveloppé à ce moment-là. Ellie que t’es-t-il arrivé ? »

Sa voix était étrangement sévère, et il ne souriait pas ; un peu comme un père qui venait de retrouver sa fille disparue de son champ de vision quelques minutes à peine, désireux de lui faire comprendre qu’il n’était plus question que cela se reproduise...

by tris

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TURN YOUR HEART
to the trail of souls behind me
All I'm looking for is a little bit more rope to wrap around my throat and all I'm gasping for is to hear the hearts I broke when you lay my body down don't be sorry save your prayers don't shed a tear for me

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MessageSujet: Re: « I was scared without you » ∞ Ellie & Joel   Lun 26 Juin - 16:33


Juin de l’année dernière, 2013, un jeu vidéo était sorti. Bien sûr, comme toute adolescente qui se respecte, Ellie adorait les jeux vidéo. Elle n’avait jamais pu y jouer dans l’autre monde, dans sa première vie. Elle avait seulement pu faire semblant, une fois, avec Riley. Et c’était énorme. Alors quand elle avait pu commencer à y jouer pour de vrai, ça avait tout simplement été incroyable. Elle n’avait rien à imaginer, tout était là, sur un écran. Elle bougeait le joystick et le personnage lui obéissait. Elle avait joué à de nombreux jeux, ses préférés étant ceux d’aventures tel que Tomb Raider et Uncharted, mais elle avait aussi beaucoup apprécié les jeux de science fictions tel que Halo. À vrai dire, tout lui plaisait. Elle se rendait une fois par semaine au magasin de jeu pour s’acheter les nouvelles sorties, quelles qu’elles soient, et elle passait ensuite tout son temps libre à jouer, parfois jusqu’à pas d’heure jusqu’à ce que Granny vienne la forcer à éteindre la lumière et à aller se coucher. Un jour, un matin, le 14 juin 2013, elle s’était rendue au magasin à nouveau. Tout le monde parlait depuis longtemps d’un jeu avec des zombies qui avait l’air génial, mais Ellie refusait de se renseigner, elle ne voulait pas se spoiler. Elle s’était rendue au magasin, marchant rapidement vers l’allée des nouveautés. Elle crut à une mauvaise blague. Le jeu s’appelait The Last Of Us. Sur la couverture ne se trouvait nul autre qu’elle-même, en format jeux vidéo et dernière elle se trouvait Joel. Elle resta plantée devant le jeu pendant plusieurs longues minutes, incapable de bouger, avant de finalement le prendre et de l’acheter. Arrivée chez elle, elle n’eut pas la force d’y jouer et le rangea avec les autres jeux.

C’est au début de sa dépression qu’elle ressortit le jeu de sa place pour l’insérer dans sa Play Station. Elle y joua pendant plusieurs heures d’affilées, ne mettant en pause que quand l’émotion était trop forte pour continuer. Dans ces moment-là, elle prenait un coussin pressé sur son visage et criait de toute ses forces, et pleurait jusqu’à ce qu’elle n’ait plus de larmes à verser. Arrivée à l’épisode de l’Hiver, elle ne s’arrêta même plus pour se calmer, se contentant de jouer les yeux mouillés sans qu’elle puisse vraiment voire l’écran. Elle s’attendait à la mort de Joël à tout moment, mais elle ne vint jamais, et l’épisode du printemps commença. C’est là qu’elle s’arrêta de jouer. Le jeu ne s’était pour l’instant jamais trompé. Chaque chose qu’Ellie avait vécue avait été retranscrite avec exactitude dans le gameplay. Cela voulait forcément dire que Joel était en vie. Elle avait alors pris son sac et était partit à sa rechercher une fois encore, parcourant toutes les rues de Storybrooke sans s’arrêter, mais je le voyant nulle part.

Elle ne rentra pas chez elle ce soir-là.

Elle avait eu une lueur d’espoir, elle avait cru qu’il était encore en vie, pour en revenir à la même conclusion : il était mort. C’est pour cela qu’alors qu’elle le voyait devant elle, elle avait encore l’impression que ce n’était pas vraiment lui. Qu’il était un hologramme, une hallucination et qu’à tout moment il pouvait disparaitre. L’impression que le fantôme allait esquisser un rictus, se moquant d’elle, avant de la laisser briser et seule, encore. Elle lui avait demandé si c’était lui pour être sûre, elle saurait s’il ment. Et si ce n’était pas lui … Elle ne supporterait pas de le perdre une troisième fois. Elle s’agrippe au harnais de Lord comme si sa vie en dépendait, sentant qu’elle tomberait si elle venait à le lâcher. Elle attendait la réponse de l’homme qui se trouvait en face d’elle. Ce dernier ne disait rien. Ellie attendit. Elle n’avait rien d’autre à faire. Elle puisait dans ses forces pour tenir debout, craignant que ses jambes cèdent sous son poids. Et alors qu’elle ne les attendait plus, qu’elle se préparer à retourner s’asseoir ou plutôt à s’effondrer par terre, elle les entendit. Trois mots. « Oui c’est moi. » Elle se remit à respirer, s’imaginant se jeter dans les bras de Joel, mais elle se sentait trop faible pour faire le moindre mouvement et pour la première fois depuis l’accident, elle se maudit d’être tombée dans ce lac et d’y être restée inconsciente. Pour la première fois, elle se rendait compte à quel point elle était diminué et bonne à rien, après tout elle avait besoin de son chien pour se maintenir debout et tomberait au sol si elle essayait de faire le moindre petit pas.

Joel eu un mouvement vers l’avant mais s’arrêta net, regardant Lord avec méfiance. Le chien se tendit en sentant le regard sur lui et les poils sur son dos se hérissèrent. Ellie regarda un instant son chien avant de lui caresser la tête de sa main libre, le calmant net, ne relevant la tête que quand elle entendit Joel lui demander s’il pouvait s’approcher. Elle lui dit oui d’un hochement de la tête, incapable de parler à cause de ce poids dans sa gorge qui l’empêchait de déglutir. Elle ne comprenait pas vraiment pourquoi il avait peur de son chien. Certes, il avait toujours été méfiant envers les canidés dans l’autre monde. Ils n’étaient plus des animaux de compagnies, bien plus proche du loup sauvage que du toutou de canapé. Ellie aurait adoré en approcher un de près, et avait d’ailleurs été plus qu’heureuse quand Maria lui avait montré son chien à elle et Tommy, au camp. Après tout, elle adorait les bêtes. Mais là, dans ce monde, les chiens n’était pas sauvage, et le sien encore moins, en témoignait son harnais qui prouvait sa formation. Joel n’avait aucune raison d’avoir peur. Ellie se dit tout simplement qui avait gardé ses habitudes d’avant, comme elle l’avait fait elle aussi. Après tout, sans l’aide du Dr Hopper, elle se baladerait encore avec son couteau suisse dans la poche.

La rousse revint à la réalité en voyant Joel s’avancer vers elle. Il avançait doucement, et Ellie pouvait voir qu’il continuait à regarder Lord du coin de l’œil. Il tendit la main vers elle et elle cessa de respirer, attendant de voir comment se déroulerait la suite, une partie d’elle toujours persuadé qu’elle allait se réveiller d’un moment à un autre. Un de ces rêves qui s’arrête juste avant le meilleur moment, l’impression d’un film qui s’arrête en plein milieu et qu’on ne peut jamais revoir par la suite. Puis sa main rentra en contact avec la peau de sa joue et Ellie sut que c’était lui, qu’il était là, qu’il ne disparaitrait pas dans un nuage de fumée. C’était lui. Vraiment lui. Il prononça son prénom, lui implora de le pardonner, lui répéta qu’il était désolée, et elle sentit la larme sur sa joue avant de se rendre compte qu’elle en avait pleins les yeux. Il la tira vers lui doucement et elle lâcha enfin le harnais de Lord pour elle aussi entourer se bras autour de lui, s’accrochant à sa veste de toute ses forces. Il la serrait fort contre lui, presque à lui couper le souffle, mais elle ne voulait rien d’autre qu’être collé à lui, en sécurité. Il l’enveloppait pour former une carapace indestructible autour d’elle, et si elle ne se sentait pas invincible elle savait en tout cas que rien ne lui arriverait tant qu’elle serait près de lui.

Il rompit leur embrassade bien trop vite à son gout, lui prenant le visage dans les mains pour l’examiner tandis qu’elle se retenait de tomber en se tenant à son bras. Elle le laissa faire, le regardant dans les yeux, ces yeux qu’elle n’avait pas vus depuis si longtemps. Il se mit alors à lui parler vite, sans sourire, presque énervé, mais il était comme Ellie se souvenait de lui. Elle avait l’habitude d’un Joel grognon et en colère, énervé, mais qui avait un faible pour elle et s’adoucissait vite en sa présence. Elle se rappelait de lui ainsi et n’en voulait pas un autre. Elle en fut soulager même, de l’entendre lui parler ainsi, il lui prouvait que d’un côté il n’avait pas changé, et peut-être alors qu’ils pourraient reprendre leur relation là où ils l’avaient laissée. Il lui demanda ce qu’il s’était passé, lui raconta ce dont il se souvenait, lui dit de tout lui raconter. Tous ses souvenirs lui revinrent en tête les uns après les autres. Les cannibales, David, le doigt qu’elle lui brise avant qu’il ne l’envoi se cogner contre la porte de prison encore et encore, sa fuite, le restaurant en feu, David qui l’attaque, elle qui lui plante sa machette dans la tête, puis le nuage. Mais elle sait aussi que Joel ne lui parle pas que de ça, qu’il veut aussi savoir ce qui s’est passé après, mais elle se demande s’il veut vraiment entendre parler de son errance, de ses vols, de son viol, de sa grossesse, de sa fausse couche, de sa dépression, de ses cauchemars, de son envie de mourir, de sa thérapie, de son accident. Elle savait en tout cas qu’elle n’avait pas envie de lui en parler, pas maintenant en tout cas. Elle voulait juste profiter de lui et, pourquoi pas, lui parler des bonnes choses qui lui étaient arrivées comme Granny, Ruby, Ceridwen.

Mais elle ne savait pas comment il réagirait face à cela. Comment allait-il prendre le fait qu’elle se soit trouvé une famille à elle alors qu’il était là, dehors, surement à l’attendre ? Comment réagirait-il en apprenant qu’elle était amoureuse d’une fille, qu’elles étaient même fiancée ? Elle ne lui avait jamais parlé de Riley, et ce même quand il avait osé insinuer qu’elle ne connaissait rien au deuil, elle qui avait dû tirer sur sa meilleur amie, sur son amoureuse, avant qu’elle ne soit totalement infectée et qu’elle ne puisse l’attaquer, voir la tuer. Comment allait-il réagir en apprenant qu’elle avait perdu plus d’une personne déjà ? Lui qui était devenu si protecteur avec elle depuis leur discussion dans la maison abandonné, allait-il seulement pouvoir vivre avec ça ?

Elle se rendit compte qu’elle n’avait toujours rien dit, qu’elle se tenait toujours à son bras et qu’elle le regardait toujours dans les yeux. S’il lui avait dit autre chose, elle ne l’avait pas entendu, perdue dans ses pensées. Il s’était passé tellement de chose, tellement de passage de sa vie qu’elle voulait tout simplement oublier. Toujours silencieuse, elle se colla contre lui à nouveau, les yeux fermés, le serrant de ses maigres forces. Elle ne voulait jamais le lâcher.

« Tu m’as tellement man …. Manqué … » chuchota-t-elle. Elle n’était pas sûre qu’il l’ai entendu, mais elle avait besoin de le dire. Elle resta encore quelques secondes dans cette position avant d’à son tour de reculer, les jambes tremblante d’émotions. Elle voulut faire un pas en arrière mais faillit tomber à la renverse. Lord était déjà derrière elle, lui poussant le dos de sa tête pour la maintenait debout, et elle se rattacha au harnais de son chien pour se stabiliser. « Je crois que je … Je dois m’a…. M’asseoir. » Elle marcha jusqu’à banc et s’assit sur les planches de bois, posant par la suite sa guitare au sol pour faire de la place à Joël. Elle regarda Lord se coucher à ses pieds et se demanda si elle n’allait pas commencer par-là, avant de décider de changer de sujet.

« Où était-t.. Tu ? Je t’ai cherché …. Chercher partout. » Elle détestait de plus en plus son incapacité à parler, son incapacité à bouger. Cela ne l’avait pas déranger jusqu’à maintenant, jusqu’à ce qu’elle ait besoin de rattraper le temps perdu et non en perdre encore plus à bégayer.
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MessageSujet: Re: « I was scared without you » ∞ Ellie & Joel   Sam 1 Juil - 20:03





I was lost without you

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Joel avait toujours été partagé sur le fait qu’il puisse provenir d’un jeu vidéo -ou plutôt qu’un simple jeu vidéo puisse être l’élément qui partageait son histoire avec le commun des mortels du monde auquel appartenait Storybrooke. Il voyait cela comme une mauvaise blague, pire, une blague de très mauvais goût ; et s’il avait su un seul instant que l’introduction d’un jeu fait pour divertir puisse raconter la pire journée de son existence entière, il se serait probablement emparé de la première arme qu’il avait sous la main pour aller réduire en poussière les cinglés qui avaient fait ça. Mais sa relation avec le « conte », si l’on pouvait l’appeler ainsi, au format que connaissait les gens de ce monde était une seule interaction, au fond du centre commercial. Il avait simplement flâné un après-midi tristement ordinaire au fil des rayons, ayant une heure à perdre et des courses à faire -ô quotidien étrange quand on venait d’un monde comme le sien- quand il s’était retrouvé dans une fil pour payer ses achats, juste derrière une jeune fille qui tenait dans ses mains un boîtier, l’air surexcité. Une simple couverture, dans les tons orangées où se profilaient deux silhouettes ; mais l’une d’elle avait attiré son attention plus que l’autre. En se penchant légèrement pour voir de plus près, il avait dû se rendre à l’évidence : c’était bel et bien Ellie et lui sur cette fichue boîte, présentés comme deux têtes d’affiche banales. Il savait pourtant ; il savait que dans ce monde, dans cette ville, tout le monde avait un livre, un film ou un jeu dont il était un personnage, certains secondaires, certains avec leur visage placardé sur la couverture. Mais de se voir, lui, de voir Ellie, de voir toute leur histoire, toutes leurs souffrances prendre la forme d’un simple CD fait pour amuser les gamins, de voir que son histoire ne devenait réellement ici plus qu’un conte narré par un auteur cinglé pour que les gens puissent la contempler comme des sales voyeurs et s’appitoyer sur son sort pour passer à autre chose dès le lendemain… il avait craqué. Il avait saisi fermement le boîtier, passant par-dessus la tête de la jeune fille en le lui prenant des mains avec brusquerie, la faisant se retourner aussitôt, l’air apeurée. Les yeux de Joel s’était presque révulsés, exorbités quand il avait vu son visage… Sarah. C’était Sarah devant lui. Il avait tendu la main, murmurant des excuses d’un air désespéré, quand l’image de sa fille se dissipa, laissant sa place à celle d’une fille inconnue et horrifiée. Le caissier s’était levé, se mettant comme il pouvait par-dessus le comptoir entre Joel et la jeune fille, le menaçant d’appeler les flics s’il ne déguerpissait pas. Joel l’avait fixé deux secondes, avant de l’attraper par le col avec la ferme intention de l’envoyer s’exploser le crâne contre un mur, quand il s’était soudainement souvenu que dans ce monde-ci, ça ne marchait pas comme ça… Alors il l’avait lâché, il s’était reculé, et il était parti.

Il avait marché longtemps. Loin du bruit, loin des gens, il avait marché dans la forêt, son revolver en main. Quiconque aurait croisé sa route se serait vu avec une balle dans la poitrine ou la tête ; mais fort heureusement, il ne croisa personne, seulement son ombre. Il avait marché en silence, loin, jusqu’aux limites de la ville ; puis il avait rebroussé chemin et marché dans l’autre sens. Ça n’était seulement que lorsqu’il avait réalisé que sans sac et sans armes, il n’irait pas loin, qu’il était enfin rentré chez lui. Et pendant toutes ces heures où il avait marché, il n’avait pas cessé de murmurer des noms.

Sarah. Tess.

Ellie.

Elle n’était plus là. Elle n’était plus que le personnage d’une histoire interactive, plus qu’un mirage, plus qu’une fiction. Avait-il tout imaginé ? Les psychologues de l’armée, à son retour, n’avait pas cessé de murmurer des choses dont il avait retenu des bribes. Traumatisme. Hallucinations. Vétéran comme les autres. Mécanisme de défense. Peut-être qu’il avait tout inventé ; inventé la fin du monde pour justifier la mort de sa fille, inventé les claqueurs et les coureurs pour justifier les ennemis qu’il avait tué durant la guerre, inventé Ellie justifier toute la peine qu’il ressentait en faisant semblant que sa fille était vivante. Elle était juste une invention, c’était cela ; juste un personnage qu’il s’était imaginé pour mieux supporter le poids de la mort qu’il avait sur ses épaules. Il se le répétait alors qu’il savait pertinemment que ce poids dans son coeur était bien réel, que Ellie était bien réelle, qu’elle était quelque part, qu’elle était en danger, et qu’il n’était pas là. Mais Joel restait Joel. Alors après cette crise errante, il avait frappé un mur avec son poing avant de se ramener à la réalité ; rien ne servait de s’appitoyer, il fallait aller de l’avant, rester fort, rester vigilant, et ne jamais montrer ne serait-ce qu’une bribe de faiblesse.

Alors il avait fait exactement cela ; il avait continué comme il l’avait toujours fait, mettant derrière lui et au fond de son coeur tout ce qui pouvait le troubler. Quoiqu’il arrive, il restait le Joel ou Johakin connut de tous, un peu bourru et lugubre mais qui savait prendre les devants et s’occupait à merveille de tout dès que les choses partaient en vrille et que personne n’avait le courage ni la force de l’affronter. C’était quelque part pour cela qu’il était devenu homme à tout faire ; non pas par un désir quelconque d’aider autrui, l’altruisme ne faisant pas parti de ses mœurs ; mais parce qu’il savait à quel point les gens pouvaient être désespérants et impuissants à la moindre difficulté, et c’était comme encré dans son ADN cette tendance qu’il avait à prendre les choses en main puisque personne n’était fichu de le faire, ou qu’il se croyait le seul capable de le faire. Parfois, ça avait ses bénéfices ou ses avantages, quand il jouait les paternalistes avec certaines personnes qui avaient justement besoin d’une telle figure dans leur existence ; et parfois le courant passait très mal, et les tensions s’alignaient face à ceux qui avaient du mal avec l’autorité qu’il pouvait représenter sans même le chercher. Depuis sa plus tendre enfance, Joel avait toujours dû être celui qui s’occupait des autres ; de son frère, de sa femme, de sa fille, de Tess, d’Ellie. Jamais à aucun moment n’avait-il la possibilité de penser à lui-même, et de pouvoir se focaliser sur quelqu’un d’autre et uniquement ce groupe très restreint de personnes au-dessus de tout le reste lui permettait justement d’éviter de devoir trop penser, à lui, à ses émotions, ses fichus sentiments, ce qu’il traversait depuis le moment où la vie de sa fille s’était échappée entre ses bras. Il se souviendrait toute sa vie à quel point il s’était accroché à elle ce jour-là, mais il n’avait pas envie de se souvenir.

Et maintenant, ça n’était pas lui qui s’accrochait ; c’était quelqu’un d’autre qui s’accrochait à son bras, et ce poids qu’il avait lui donnait l’impression d’être une bouée de sauvetage. Il ne l’avait pas bien regardée, trop obnubilé par l’idée qu’elle ne puisse être qu’une illusion ; mais maintenant qu’il y regardait de plus près, il sentait comme une rage mêlée de désespoir monter en lui, exactement comme à l’instant où il avait compris que Sarah allait mourir. Ellie lui apparaissait menue, faible, les jambes tremblantes ; et c’était d’autant plus choquant qu’elle paraissait être encore plus mal en point que dans l’autre monde, quelque chose qu’il n’aurait jamais cru possible.

« Ellie, écoute-moi. Tu dois me dire ce qu’il t’es arrivé, tout le mal qu’on a pu te faire… Je suis là maintenant, et plus jamais tu n’auras mal, tant que je serai là, d’accord ? »

Mais Ellie ne semblait pas l’entendre ; leurs yeux ne se quittaient pas, elle restait silencieuse, comme si elle ne parvenait pas à rester en phase avec la réalité. Alors il devint muet lui aussi, ne sachant que dire, la rage montant encore un peu plus en lui. Il était en colère, il voyait qu’elle souffrait mais il ne savait pas pourquoi, tout ce qu’il voulait savoir c’était pourquoi elle semblait si mal en point et surtout… qui lui avait fait ça. La colère montait encore, sourde, au point que son expression commençait à se tordre dans une grimace furieuse à l’idée d’attraper quiconque ait pu nuire à la vie d’Ellie, quand elle se colla à nouveau contre lui, l’entourant du mieux qu’elle pouvait de ses bras frêles. Il eut un instant de confusion, les bras légèrement levé et les yeux baissés vers le haut de son crâne, mais c’était comme si une magie étrange venait de l’envahir, car toute la colère partie, et elle emmena avec elle la tristesse, la culpabilité et le désespoir. Il ne restait plus que l’affection paternelle qu’il avait pour elle, même s’il ne le dirait jamais avec des mots, qu’il ne se l’avouerait peut-être même jamais à lui-même, cette affection était bien là, bien existante, et elle se manifesta au moment où il la serra à nouveau contre lui, cette fois plus doucement, une main sur sa tête et le bras autour de son corps. Il regardait l’horizon désormais, la laissant là, pendant tout le temps qu’elle voudrait, contemplant en silence un moment qu’il n’aurait jamais cru possible un jour, depuis le moment où le nuage les avait emporté. Elle murmurait, avec difficulté ; elle bégayait, et à nouveau, il sentit comme une légère colère monter en lui. Il ne la reconnaissait pas ; elle qui n’avait jamais manqué de vocabulaire et encore moins de volume vocale, elle se retrouvait avec cette petite voix fluette qu’il avait l’impression n’était pas la sienne. Il se sentait confus ; comme un père qui trouvait sa fille en pleurs sans savoir ce qu’elle avait vécu, qui ne voulait que savoir pour lui faire justice alors qu’elle voulait seulement sa présence et son réconfort.

Ellie passait avant tout.

Alors il resta là, et il resterait là autant de temps qu’elle en aurait besoin.

Elle se recula d’elle-même, et manqua de tomber ; et Joel eut le réflexe de la rattraper par le bras, mais elle privilégia le harnais de son chien, qui semblait justement être là pour l’aider. Il avait tant de questions, pourquoi elle était là, pourquoi ce chien, pourquoi tout ce temps séparés ; mais il savait aussi qu’elle en avait probablement autant que lui, et lorsqu’ils s’installèrent sur le banc, elle posa la question fatidique. Merde. Joel se pencha en avant, posant ses coudes sur ses genoux pour réunir ses poings fermés sous son menton, évitant le regard d’Ellie, le sien plongé dans l’horizon. Il devait éluder la question. Il n’avait pas envie d’en parler.

« Dans la ville, comme tout le monde ici. » Il laissa un silence, ne voulant pas aller dans les détails. « Je... » Il poussa un soupir avant de s’appuyer sur le banc, se frottant les paupières avec deux doigts comme il le faisait toujours quand il était fatigué. « Je te cherchais. Et tu me cherchais. On s’est probablement croisé, et même regardé dans le blanc des yeux si ça se trouve. » Les joies de la perte des fins heureuses. Si fin heureuse était possible dans un monde comme le nôtre. « Le plus important c’est qu’on soit là, maintenant. Et je ne te lâcherai plus du regard, c’est compris ? »

Son ton était le ton sévère qui le caractérisait ; mais toute sa bonne foi était placée dans ses paroles, toute sa conviction que désormais, tout se passerait bien. Ou tout du moins, il ferait tout, absolument tout pour cela.

by tris

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