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 I watched you fall apart and chased you to the end | Lieserl K. June

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Niels Mørck

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MessageSujet: I watched you fall apart and chased you to the end | Lieserl K. June   Lun 20 Juil - 18:54




Il y avait une odeur de mort. Depuis que Niels avait ouvert les yeux à l'hôpital de Storybrooke cette désagréable sensation le suivait partout, comme si la main de la grande faucheuse était constamment posée sur son épaule et lui chuchotait des paroles si claires mais si lointaines à la fois, et les murs immaculés ne faisaient que renforcer cette impression qui l'oppressait un peu plus. L'environnement était tellement aseptisé, peut-être même conditionné, que la réalité et le subconscient venaient à se mélanger au point qu'il devenait difficile de distinguer nettement les autres. Non. S'il faisait le point tout ceci n'avait rien d'un rêve, la douceur et le réconfort qu'on ressent normalement à ses côtés avaient fichu le camp sans préavis, c'était plus un cauchemar qui avait pris le pas sur le réel au point de l'avoir emporté au fond d'un gouffre. Il n'avait jamais été du genre à se morfondre et surtout pas sur lui-même, il avait toujours eu la tête haute tout en méprisant quelque peu le monde qui pouvait bien l'entourer, pourtant cette épreuve l'avait mal menée au point d'avoir ébranlé aussi bien son monde que toutes les convictions qu'il avait bâtis au fil des années. Inlassablement le scénario se refaisait dans sa tête, l'accident suivit de quelques flashs trop rapides pour être descriptible jusqu'à son réveil dans la douleur, le tout saupoudrait d'inlassables « et si ? ». Et si la voiture n'avait pas déparé ? Et s'il avait ralenti au lieu de voir la victoire comme seule objectif ? Et si ce jour-là il s'était contenté de parier au lieu d'être celui sur lequel on parie ? Et s'il avait eu d'autres projets ou aurait tracé la route autre part ? Malheureusement l'histoire n'allait pas changer avec des suppositions et un tas de regrets, ça n'arrivait que dans les contes de fées et tout un tas de conneries pour les enfants très certainement mais ici c'était le vrai monde, et qu'il le veuille ou non une brèche s'était créée au fond de lui au point de le rendre momentanément vulnérable. Il détestait ça. Il avait toujours été indépendant dans l'âme, ses relations se résumant uniquement à être des relations d'intérêts qui pouvaient bien lui être utiles par la suite, or à l'heure actuelle il n'était plus libre de ses mouvements et l'hôpital ressemblait à une prison.

« Et vous savez Niels, on m'a dit l'autre jour que vous aviez rencontré dans le couloir la jeune fille dont je vous ai parlé, vous savez celle qui a perdu ses parents dans cet affreux accident, une véritable tragédie pauvre enfant. Elle a été récemment opérée pour sa hanche, il paraît qu'elle aurait pu devenir une grande gymnaste et - »

La ferme ! Parfois ça lui démangeait vraiment de lui sortir en pleine face à celle-ci, à croire qu'elle s'était enfoncé dans l'esprit qu'ils étaient de bons amis et qu'il ne pouvait vivre sans entendre le son de sa voix toutes les cinq secondes, préférant ignorer royalement le reste de son incessant blablabla qui ne l’intéressait en rien. En plus il avait à peine desserré les dents, c'est à peine s'ils avaient vraiment échangé un début de ce qu'on pouvait nommer une conservation, très vite il était passé à autre chose de son côté. Il avait ses propres problèmes, il voulait remonter la pente malgré la difficulté de la tâche à accomplir, honnêtement que cette gamine puisse avoir perdu ses parents c'était le cadet de ses soucis et mieux que ça il s'en fichait royalement. Cruel ? Peut-être mais la vie l'était, personne ne pouvait vraiment le contester, cette épreuve l'avait détruit certes or il ne se reconstruisait pas forcément plus tendre pour autrui mais plus blindé qu'il ne l'était auparavant si possible. Le passé était douloureux, l'avenir totalement incertain, et à l'heure actuelle il en bavait pour simplement rester debout aux côtés de l'infirmière qui continuait son jacassement incessant tout en s'assurant qu'il ne tombe pas alors qu'il devait effectuer le tour des couloirs prévu dans sa rééducation pour s'habituer à ses prothèses. Marcher était le premier geste que l'homme apprend, bien avant de parler il fait tout d'abord ses premiers pas, alors que Niels avait l'impression d'être revenu à ce stade si primaire que par moments cette idée le déroutait complètement. S'arrêtant dans son avancée il fixa ces objets en métal qui faisaient dorénavant partie intégralement de sa vie, il avait beau vouloir aller de l'avant il avait encore du mal à s'y faire, refoulant du mieux qu'il pouvait une certaine nausée tandis qu'il sentait l'infirmière l'obliger à se rasseoir tout en lui disant de rester tranquillement pour l'instant et qu'il était pâle comme la mort.

« … Je vais rester-là, j'ai juste besoin de réfléchir un peu, et je voudrais qu'on me laisse seul. »

Jamais agressif en toutes circonstances, même si parfois il était compliqué en ce moment de garder l'image bienveillante qu'il pouvait véhiculer, ceci lui permettait au moins d'avoir ce qu'il demandait sans trop de difficulté comme à cet instant. Il laissa échapper le plus long et le plus des soupirs qu'il n'avait jamais poussé, tout en se frottant le visage en espérant retrouver une certaine réactivité, le tout après être sûr que l'infirmière avait quitté la salle alors qu'elle lui avait lancé ce regard qu'il détestait tant. Une pitié mélangée à quelque chose qui voulait dire qu'elle était désolée pour lui, comme si ceci pouvait réellement lui apporter du baume au cœur, il n'en avait absolument rien à foutre de sa bonne gentillesse ce n'était pas ça qui changerait la situation. C'était dans les choses les plus durs à supporter ici à savoir le regard des autres, ils avaient tous une telle gravité dans le regard et une telle compassion que ceci en devenait purement écœurant, comme si avec leur foutue empathie ils pouvaient comprendre ne serait-ce qu'un peu ce qu'il vivait. Le problème étant qu'ils ne pouvaient pas en réalité, ils n'étaient pas à sa place pour se rendre compte de tout ce que tout ce bordel pouvait impliquer, c'est pourquoi au plus profond de son être il les détestait un peu plus chaque jour. Niels n'avait aucune envie que l'on soit plus gentil avec lui, qu'on lui tienne de beaux discours sur le fait que ceci n'était qu'une mauvaise passe, haïssant par-dessus tout qu'on agisse différemment à son égard. C'était peut-être aussi quelque part ce feu ardent intérieur qui le poussait à avancer, moins longtemps il resterait ici mieux ça serait pour sa santé mentale sinon il allait péter un câble et ça ne serait vraiment pas beau à voir, il le savait il était un battant et il était hors de question d'abandonner si près de son but. Quand il voulait quelque chose il faisait tout pour l'avoir, il avait toujours été ainsi quitte à ne pas toujours respecter la justice, même si à cet instant il devait bien avouer que la fatigue physique prenait le pas malgré toute sa volonté quasi inébranlable.

Doucement Niels vient poser sa tête contre le mur qui se trouvait derrière sa chaise, appréciant le calme dans laquelle était plongée la pièce, constatant alors qu'il s'était arrêté dans la salle à jouer dans laquelle on place les enfants pour les faire patienter. En ce début d'après-midi il n'y avait pas une âme qui vive ici et c'était loin de lui déplaire, au moins on lui fichait la paix et c'était tout ce qu'il souhaitait, ayant la sensation que cet instant de paix arrivait au point propice au point de sentir toute la tension accumulée s'évaporer petit à petit. Bien vite le calme le berça au point qu'il ferma les yeux uniquement dans le but de profiter de cette absence d'agitation, plus aucune pollution sonore mais surtout de la part de cette pipelette ambulante, au point de tomber progressivement dans les bras de Morphée sans même s'en rendre vraiment compte. Il n'aurait su dire combien de temps il resta ainsi mais son réveil fut brutal, lui coupant presque littéralement le souffle au point d'avoir la respiration saccadée, une fois encore il avait cauchemardé sur ce qui était arrivé ce jour-ci. Toujours les mêmes images qui se succédaient, c'était comme revoir toujours un film en boucle sans pouvoir avoir la moindre emprise dessus, il ne pouvait rien y faire à part prendre quelques cachets mais tomber d'un sommeil lourd et sans rêve or la perspective de ne pas avoir l'esprit frais par la suite ne l'enchantait pas vraiment. C'est encore l'esprit embrumé, son cerveau ayant du mal à suivre en ce qui est conscient ou non à cet instant, qu'il aperçut la jeune fille dont lui parlait l'aide-soignante plus tôt.

« Ah c'est toi... Il paraît qu'on t'a charcuté l'autre jour. »

Oh il y avait bien mieux en entrée en matière, c'était le moins que l'on puisse dire, mais franchement il n'avait aucune envie de prendre la moindre pincette avec elle car après tout ils étaient sur le même bateau quelque part.






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MessageSujet: Re: I watched you fall apart and chased you to the end | Lieserl K. June   Mer 29 Juil - 22:04


I watched you fall apart and chased you to the end

Lieserl & Niels-sama ♥


Artificiel.
Tout en ces lieux est artificiel. L'odeur, les sons, les bip bip des machines qui ronronnent, gardant paisiblement en vie des centaines d'existences, certaines éphémères, d'autres promises à un grand destin, promesses chuchotées au gré des larmes des proches. L'espoir est artificiel. On sait qu'on va bientôt débrancher le câble, couper le dernier fil qui le retient à la vie ; et pourtant, on continue de se dire « peut-être qu'il va ouvrir les yeux ». Les paroles des médecins le sont aussi ; des mots énormes pour ne rien dire ; de toute façon on ne les écoute pas. Tous ces mots ne servent qu'à dire : « tu es dans la merde, mais je vais utiliser des mots bien scientifiques pour te faire croire qu'il y a des solutions, puisque de toute manière tu ne comprends rien ; tu es trop occupé à pleurer. »
Les larmes, elles, ne sont pas artificielles. Les émotions sont peut-être la seule chose qui ont véritablement un sens, un but ; mon père nous disait toujours que le plus important, c'était de ressentir, de laisser les pensées flotter au gré de ce qui nous vient, de nos humeurs. On rigolait toujours avec ma mère, avec son air rêveur qui lui valait toujours de tout embrouiller. Mais il souriait, il souriait tout le temps. Je ne l'ai jamais vu pleurer.
Et je ne le verrai jamais. Ni lui, ni maman. Mais… je ne pleure pas.
Je suis assise en face de mon médecin, adolescente aux airs fragiles et au regard sombre ; mon visage est neutre, tandis que l'homme en blouse blanche consulte des dossiers en se mordant la lèvre. À croire qu'il n'a pas envie de croiser mon regard. Si je n'étais pas dans l'état que je suis à ce moment-là, j'aurais probablement eu un sourire légèrement sarcastique. Le type est censé avoir sauvé ma vie et il est incapable de croiser mon regard, de peur de voir dans mes yeux… le vide. Ni la dépression, ni la colère, ni la tristesse ; juste un vide infini qui n'exprime rien, sur une jeune fille qui vient de perdre ses parents.

« Les prothèses artificielles que l'on a installé pour remplacer votre hanche sont issus d'une technologie très moderne ; cependant, il va falloir suivre quelques règles pour leur entretien […] »

Nom de dieu. J'ai l'impression d'entendre la marche à suivre pour un micro-onde. J'arrête d'écouter très vite, et mon regard s'évade par la fenêtre, en attendant qu'il finisse ses conneries et que je puisse… que je puisse… que je puisse quoi en fait ? Je ne peux pas rentrer chez moi. Je n'ai plus de chez moi. Là-bas, il y a un type des services sociaux qui est chargé de me trouver une famille d'accueil en attendant ma majorité. Mais je veux pas de ça. J'ai pas besoin d'une famille. Ma famille elle est morte dans un horrible accident de voiture. Ma famille elle va aller aux championnats du monde d'athlétisme et je ne pourrai même pas faire parti du public. Ma famille n'est plus qu'un mélange d'eau et de sel qui refuse de rouler le long de ma joue.
Pas encore. Pas maintenant.
Je n'ai même pas envie de pleurer.
J'ai juste envie de me casser de cette pièce blanche et artificielle. Enfin, le médecin termine son discours, et me raccompagne ; de mon côté, je marche à la vitesse d'un escargot asmatique, armée d'une magnifique canne façon grand-mère estropiée. Bah oui, mon corps doit prendre le temps de s'habituer à un corps étranger. Faisant signe au médecin de me laisser en paix, je le vois froncer les sourcils et se mordre la lèvre, avant de faire demi-tour avec un air peu convaincu. J'ai vraiment l'air d'une pauvre fille, hein ? Tous ces gens qui me regardent pendant que je déambule dans le couloir. Ils connaissent tous mon histoire ; ça a fait la une des journaux, après tout. Dans leurs regards, il n'y a que de la pitié, de la sympathie, et un peu d'incompréhension face à mon absence d'émotions. Mais ils murmurent ; ils chuchotent que c'est horrible, que je dois être encore sous le choc. Tu crois pas si bien dire, ma grande, j'aimerais bien être encore sous les débris de la voiture, moi.
Enfin, un couloir un peu plus silencieux ; et plus loin, une porte, qui donne sur la salle des jouets, la salle des enfants. Qu'est-ce que je donnerais pour avoir quelques années de moins ; pour retourner à l'époque du bac à sable où la pire chose qui pouvait m'arriver c'était de de me faire piquer mes barbies par la grande rousse de la cour de récré, qui adorait faire peur à tout le monde. Qu'est-ce que je lui aurais bien rabattu le caquet, à celle-là.
J'entre à l'intérieur ; un homme qui n'a absolument pas la tronche d'un enfant en manque de jeu dort paisiblement, la tête appuyée contre le mur derrière lui. Je reste quelques secondes à le fixer ; je l'ai déjà croisé. Il a aussi des prothèses, si j'ai bien compris. Vous voyez, c'est ça que ma mère m'a toujours appris ; ne jamais s'apitoyer, car il y a toujours quelqu'un qui a pire que toi dans la vie.
Il se réveille avec brutalité, clignant des yeux en remarquant ma présence ; et sa voix rauque encore endormie résonne dans le silence de la pièce.

« Ouaiiis. Mais j'ai pas pris aussi cher que toi, j'ai l'impression... »

Grimaçant, je pars m'écrouler sur la chaise la plus proche, pas trop brusquement quand même pour préserver ma pauvre hanche. M'en fiche qu'il soit là ; ici, c'est calme, et j'ai besoin d'un peu de silence.

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MessageSujet: Re: I watched you fall apart and chased you to the end | Lieserl K. June   Dim 2 Aoû - 22:55




Pauvre petite fille qui a perdu ses parents, qui se retrouve sans personne au monde, qui voit ses rêves brisés et qu'on a opérée l'autre jour. Bouhouhou que c'était triste. Niels n'avait en réalité aucune compassion pour elle, ni pour personne d'autre, il se préoccupait uniquement de lui et honnêtement en ce moment ce n'était nullement une mince à faire. Il n'avait aucune envie de prendre des pincettes avec elle, ni aujourd'hui ni demain et même jamais, il n'avait aucune raison d'être gentil ou bienveillant envers la brune ou même de s’apitoyer sur son sort. Pourquoi le ferait-il ? La vie était une chienne, une putain d'emmerdeuse qui frappe à un moment ou à autre comme une bombe à retardement, elle n'épargne personne et la preuve étant la jeune demoiselle. Autant qu'elle vienne s'y habituer le plus tôt possible, si les infirmières et les médecins voulaient la bercer dans des illusions sans valeur c'étaient leur problème pas le sien, lui faisait partie d'un monde qui se nomme la réalité où rien n'est rose, blanc, noir, gris, ou toute autre couleur mais juste ce qu'elle est à savoir une saloperie sans nom. Si les personnes avaient ici un regard serviable à leur encontre, se voulant prêt à les aider dès la moindre occasion, une fois qu'ils auraient franchi les limites de l'hôpital ils se retrouveraient seuls au milieu d'une foule qui n'offre qu'un regard désolé comme si ceci allait vraiment changer les choses pour eux. La compassion ne pouvait lui faire revenir ses jambes pour lui ou ses parents pour elle, ni même effectuer un retour en arrière pour changer le passé, il n'avait donc aucune raison de l'utiliser ou d'en ressortir. Cependant Niels fut assez surpris du sens de la répartie dont elle faisait preuve, ça il devait bien l'avouer, en fait personne ne lui avait parlé ainsi depuis qu'il était ici et dans un sens ceci lui plaisait puisque justement on ne le traitait pas différemment. La tête toujours posée contre le mur derrière il l'observait se poser sans un mot, profitant pour imprimer dans son esprit un peu plus son visage qu'il n'avait que vaguement regardé, avant de fixer un néon et de laisser échapper un léger rire malgré lui.

« Touché ! C'est vrai que je m'en sors moins indemne... mais de mon côté au moins je vais bientôt pouvoir foutre le camp d'ici, toi t'es encore là pour un moment ma belle... »

Ce n'était plus qu'une question de temps pour qu'il puisse sortir de cette prison, terminé les murs blancs et l'odeur de mort qui semble hanter ce lieu, il allait retrouver sous peu sa liberté et son indépendance dont il manquait cruellement depuis qu'il avait été admis ici. Terminé les infirmières qui parlent trop et pour ne rien dire, qui essayent de faire croire que ceci n'est qu'une mauvaise passe et que l'avenir lui tend les bras, alors que dans le fond elles ne ressentent qu'une profonde pitié dont Niels n'a que faire. Elles et les médecins n'étaient que des menteurs à ses yeux. Ils racontaient que tout allait bien se passer, usant presque exactement des mêmes mots qui offraient la sensation oppressante parfois qu'ils subissaient un lavage de cerveau commun, qu'il pourrait reprendre le cours de sa vie normalement. La bonne blague. Rien ne serait plus naturel, il n'y avait qu'à voir ses jambes, et même eux ne croyaient aucunement à leurs mensonges il n'y avait qu'à voir le regard mal à l'aise qu'ils pouvaient bien avoir quand il le regardait. Il avait d'autant plus hâte de partir de l'hôpital pour ce genre de raisons, qu'ils le veuillent ou non ils agissaient autrement en sa compagnie, mais pour l'instant il devait se contenter de cette salle de jeu presque déserte. Niels fixait toujours la lumière avec un sourire en coin, c'était un tel petit moment de bonheur que de goûter au calme du lieu sans avoir cette constante pollution sonore, la perspective de quitter cet endroit était sans doute la plus belle des visions après tout. Une poignée de secondes passées dans la salle de jeu des enfants lui étaient plus bénéfiques que tout ce qu'il avait connu depuis son réveil, même la compagnie de la brune ne lui était pas aussi insupportable que ça au final, peut-être que l'innocence dont étaient gonflé les lieux en temps normal avait une meilleure répercussion sur lui qu'il n'avait pensé jusqu'ici. Après tout les enfants prennent moins de gants que les adultes, ils disent les choses comme elles sont et sans aucune crainte, ils allaient plus facilement au bout de leur penser sans faire aucun détour. Il aurait pu profiter pleinement de cet instant s'il avait été seul, en ce moment c'était plus les personnes que les médicaments qui le rendaient vraiment malade, le problème c'est qu'il y avait la présence de celle squattait la salle à ses côtés.

Cependant c'était un tout autre angle de vision qui venait de s'ouvrir tout d'un coup, à croire qu'il avait rouillé et pas au sens littéral vu qu'il avait l'habitude avant de regarder toutes les possibilités qui s'offraient, au fond elle était dans cette pièce pour la même raison que lui : qu'on lui foute tout simplement la paix. Elle non plus n'avait nullement besoin d'une pseudo-compassion à deux balles, ça se voyait dans ses yeux et dans la manière qu'elle lui avait répondu, elle avait sans doute elle aussi juste besoin de faire sortir d'une manière ou d'une autre une certaine rage antérieure. Niels en tout cas en avait à foison, même s'il ne laissait rien paraître et qu'il restait le plus platonique possible, au fond ses entrailles il avait une haine incommensurable qu'il dérivait pour aller de l'avant et qui lui évitait d'être mort intérieurement. Il n'était pas forcément plus attendri par cette constatation qu'il venait de se faire, ce n'était clairement pas son style de faire dans les sentiments loin de là, juste plus compréhensif puisque sur certains points leurs situations se rejoignaient. Doucement il décolla sa tête du mur et qui lui semblait moins lourde qu'avant, l'effet calmant des médicaments et le manque de sommeil étaient moins présents, tout en venant étirer ses bras pour dégourdir le reste de son corps encore physiquement présent. Plus il regardait cette gamine plus il avait l'impression de se voir il y a des semaines de ça, complètement déconnecté de la réalité et apathique à tout ce qui pouvait bien arriver, ceci avait quelque chose de dérangeant car Niels était sûr qu'il y avait un certain potentiel chez la demoiselle alors qu'on la disait arrivée en fin de course avec tout ce qui lui était tombé dessus. C'était ça aussi son truc, évaluer ce que les autres ne peuvent faire, parier sur le challenger qu'on n'attendait aucunement et un jour où l'autre ça payait forcément d'ainsi jouer avec ce que certains nommaient le destin. Maintenant il la regardait sans détour, pas seulement des coups d’œils par-ci par-là, elle suscitait un tant soit peu son intérêt et il ne fallait pas rater l'occasion pour lui de se remettre en selle.

« Loin de moi l'idée de te tenir la jambe, sans mauvaise blague pour le coup, mais dis-moi... T'en as pas marre de toutes ses conneries qui racontent ici ? Des médecins qui te traitent comme un dossier qu'ils classeront par la suite, des infirmières qui te donnent l'impression d'être dans un poulailler tellement elles piaillent ? Qu'on serait mieux partout sauf dans cette cage ? Même en prison les détenus ont droit de sortir tu sais. »

En fait à cet instant il ferait n'importe quoi pour sortir de là, même si c'était juste pour une heure, mais souvent un plan d'évasion nécessite des complices et on s'assure de leur loyauté s'ils ont le même objectif.







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MessageSujet: Re: I watched you fall apart and chased you to the end | Lieserl K. June   Jeu 3 Sep - 18:37


I watched you fall apart and chased you to the end

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C'est marrant, ce type me paraît presque sympathique. Je veux dire, c'est le seul qui ne porte pas le masque de la compassion ; il ne me regarde pas avec des yeux mouillés par la pitié, et il ne m'assène pas de mots sans sens comme « tout va bien se passer » ou « tout ira mieux très vite ». Comment ça pourrait aller mieux ? Je viens de perdre mes parents, nom de Dieu, j'ai pas juste eu un petit accident bénin dont je vais me rétablir à la vitesse de l'éclair. Je n'ai plus rien, plus personne, plus de sens à ma vie ou de direction à prendre. Je n'ai que cette hanche artificielle qui m'empêche de poursuivre mes rêves et de rejoindre mon but.
Et moi ça me fait rire, doucement.
Alors ça fait du bien de se retrouver face à quelqu'un qui ne me regarde pas avec ce regard que l'on réserve à ceux qui n'ont pas de chance. J'ai de la chance. Je suis vivante. Pas entière, mais vivante. Vivante et perdue, vivante et errante, vivante et inutile.
Inutile au possible. Mais je m'en fous tellement. Je n'ai jamais voulu être utile. Ce que j'ai toujours aimé, c'est courir. Courir jusqu'à ce que mes poumons protestent, courir comme si ma vie en dépend, courir comme si en franchissant les obstacles j'allais m'envoler, m'envoler vers un lieu de couleurs et d'enchantements, un lieu où les gens ne se croient pas utiles et rassurés simplement parce qu'ils vous ont présenté leurs condoléances. Sincères condoléances. Les doléances de con, on devrait dire. Je ne comprends vraiment pas pourquoi les gens pensent qu'une carte va suffire à apaiser le chagrin de quelqu'un qui vient de perdre son bonheur ; et pourtant, on le fait. Par politesse, pour justifier le fait que l'on existe encore sur cette Terre, pour se faire croire que l'on est quelqu'un de bien.
Pff.

« Tant que j'ai de la bouffe gratuite, ici ou ailleurs, ça me change strictement rien, mon grand. »

Je ne l'ai même pas regardé en disant cela ; ma tête est partie vers l'arrière, me permettant de tendre et détendre ma nuque pour laisser circuler la fatigue. La fatigue de ne rien faire toute la journée, de rester couchée sur un lit à me demander quand c'est que je vais pouvoir foutre le camp. J'étend mes bras vers le plafond, m'étirant légèrement, avant de me mordre la lèvre ; ok, dans la catégorie « gestes à ne pas faire », il y a s'étendre. Apparemment, ma hanche n'apprécie pas.
Je pose alors mes mains sur mes genoux, essayant de rester droite en répartissant le poids de mon corps de manière équitable, histoire de m'habituer à ce corps étranger ; puis, je ferme les yeux, la tête tournée droit devant moi, perdant le contact visuel avec l'inconnu que j'avais du coin de l'oeil. Bah, avec des jambes pareils, je cours sûrement plus vite que lui même avec ma hanche s'il s'avère être un dangereux psychopathe ; pas la peine de faire du chichi.
Alors que le silence a envahi la pièce, et qu'on entendait nos respirations respectives tant il était complet, il décide soudainement de l'interrompre en pointant l'évidence ; et sur mon visage apparaît un petit sourire sarcastique, tandis que je conserve les yeux clos.

« Là tout de suite je rêve d'une bonne grosse pizza couverte d'anchois. » Je garde le silence quelques secondes, puis daigne ouvrir les yeux et les tourner dans sa direction, les gardant légèrement plissé. Il prépare quelque chose, et apparemment, c'est un test. « Il n'y a pas plus faux-cul qu'un médecin, sauf peut-être une infirmière, ça je l'avais remarqué depuis un bout de temps. Pourquoi toutes ces questions ? Aurais-tu quelque chose derrière la tête ? »

Même si je me fiche pas mal qu'il soit là ou non, je n'ai jamais trop aimé me révéler à de parfaits inconnus ; alors je tâte le terrain, histoire de voir où il veut en venir. Mais j'avoue que l'envie de partir, de sortir de ce cauchemar hospitalier même quelques secondes, même juste pour fumer une clope alors que j'ai jamais fumé de ma vie, ça me plairait. J'en rêve.
Je veux ma pizza aux anchois, et à ce stade d'existence, je suis à peu près prête à tout pour l'avoir.

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MessageSujet: Re: I watched you fall apart and chased you to the end | Lieserl K. June   Dim 6 Sep - 11:57




Fixant la demoiselle tout en souriant malicieusement, appréciant sa manière de penser, Niels était dès lors convaincue qu'il était tombé sur la compagne parfaite pour tenter une sorte d'évasion improvisée. Finalement il n'y avait pas que lui qui avait l'honnêteté de dire ce qu'il pense, généralement les autres patients ne tarissaient pas d'éloges au sujet des médecins et du corps médical de manière générale, pour sa part il n'avait à aucun moment développé ce sentiment d'être redevable. Il n'avait aucune raison de l'être. Après tout, devait-il remercier ces types d'avoir pris une décision aussi lourde le concernant alors qu'il était inconscient ? D'avoir ainsi bousillé une bonne partie de sa vie ? Pour toutes les douleurs, aussi bien physiques que psychologiques, qu'il pouvait bien ressentir ? Si on lui avait donné le choix il aurait peut-être décidé qu'il valait mieux pour lui finir la course avant la ligne d'arrivée, parfois il valait mieux s'en tirer avec les honneurs tant que le moteur était chaud que finir avec des pneus crevés, ce n'était pas lui après tout qui avait décidé de continuer mais bien les autres. Désormais il était obligé de faire son bout de chemin du mieux qu'il pouvait, son histoire n'était pas terminée et il devenait tenir sur le reste du parcours, comptant bien vivre comme il l'entendait à savoir selon le plus d'avantage pour lui. Alors oui voir une personne qui pouvait penser de la même manière, du moins en ce qui concernait cette bande de types en blouse blanche, avait quelque chose de plaisant car le proverbe dit bien que l'ennemi de mon ennemi est mon ami. A priori il avait trouvé la perle rare, comme lui elle n'avait rien à perdre et tout à gagner au final, il n'aurait pas pu espérer mieux dans cet endroit. Et maintenant qu'il avait toute son attention il comptait bien en profiter, la nourriture était toujours le meilleur des appâts il fallait croire et qui ne marchait pas que sur les animaux, soutenant son regard toujours avec son sourire indéfectible.

« Et si c'était le cas en effet ? Personnellement je ne compte pas me terrer ici éternellement, j'ai même envie de te dire que moins je me retrouve ici mieux je vais me porter. Je pense qu'on devrait tenter la grande évasion, toi et moi, même si c'est juste pour quelques heures ou juste quelques minutes du moment qu'on prend le large de cet endroit je suis prêt à tout. Tu veux une pizza aux anchois ? Qu'est-ce qui t'empêche de la prendre ? Après tout, ils ne peuvent pas te retenir de sortir et surtout pas si tu ne te fais pas prendre. »

Pour qu'un possible plan d'évasion puisse fonctionner il devait compter sur l'aide de quelqu'un, s'il opérait seul il était sûr de ne pas réussir, même si dans un sens devoir collaborer avec autrui pouvait parfois l'ennuyer Niels savait que du moment qu'il obtenait ce qu'il voulait au final alors il était prêt à tout. Il lui laissait un petit temps de réflexion, après tout rien ne lui garantissait qu'elle n'était pas sous médicament ou une connerie du genre ce qui était d'ailleurs une information à prendre en compte au cas où, de toute façon il ne risquait pas grand-chose au final. Dans le premier cas elle disait oui et alors ils mettaient en place un plan pour sortir d'ici, soit elle lui disait qu'il lui fallait un temps de réflexion et dans ce cas-là il n'aurait plus qu'à attendre, ou dernièrement elle lui énonçait que non c'était une mauvaise idée et il faudrait alors trouver une autre personne qui a plus de tripes dans le ventre. Ou de hanche. Bref, ce n'était nullement le moment d'essayer de l'humour même intérieurement, la jugeant du regard pour essayer de voir dans quel état elle se trouvait quelque part. Après tout, il serait dommage de devoir abandonner en cours de route si l'opération était lancée car son corps ne pouvait suivre, bien qu'il ne doutait pas un seul instant qu'elle était sûrement moins amochée qu'il ne l'était de son côté. Dans un sens ce n'était pas non plus comme s'ils allaient tenter un marathon, aucun d'eux ne serait en état pour courir dix mètres de toute évidence, juste qu'il serait plus appréciable d'éviter de prendre un poids à ses côtés il fallait bien l'avouer. Doucement Niels positionna ce qui était désormais ses jambes, du métal qui soutenait tout un corps, les observant légèrement avant de se lever en s'aidant du dossier de la chaise. La première fois qu'il avait fait ce geste il était tombé, sur le coup il avait même pensé que ce n'était pas ça la vie mais il avait continué à se battre, alors qu'aujourd'hui ceci était devenu presque une banalité. Il approcha de la frêle demoiselle, de plus près elle avait l'air aussi fragile qu'une poupée de porcelaine surtout avec cette pâleur sur le visage, lui tentant la main.

« Tu viens ? On va aller la chercher nous-même cette pizza, pas besoin d'avoir toute la clique de faux-jetons collés au derche. Surtout que ça pourrait être l'occasion de les faire flipper un bon coup, si jamais ils s’aperçoivent qu'ils ont perdu deux patients leur tête n'aura pas de prix ! Sauf si bien sûr tu préfères rester ici à te morfondre dans ton coin, que tu veux être sage pour ne pas abîmer ta précieuse petite hanche en plastoc ou je sais pas trop quoi, et attendre que l'infirmière vienne te tresser les cheveux en te promettant son amitié éternelle. Alors tu en dis quoi... ? »

Niels avait du mal à la voir ainsi, comme une gamine assez affectueuse pour se laisser docilement pouponner, mais après tout peut-être qu'il pouvait se tromper même si généralement il arrivait bien à cerner les gens.






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MessageSujet: Re: I watched you fall apart and chased you to the end | Lieserl K. June   Sam 12 Sep - 16:55


I watched you fall apart and chased you to the end

Lieserl & Niels-sama ♥


J'avais peut-être trop regardé de films qui se passent dans des hôpitaux, mais à peine la proposition déguisée en suggestion de l'homme prononcée, je m'imagine déjà ramenée de force à l'hosto, hurlant et gesticulant -du moins autant que ma hanche me le permettrait-, alors qu'on m'attache à un lit avec des lanières de cuir pour me faire subir un traitement électrifiée en me promettant que « c'est pour mon bien ». Cette pensée me fait sourire ; bien sûr que je ne l'ai pas vécu en vrai, mais les faux-sourires et les regards compatissants ont tendance à me procurer le même effet que le ferait une chaise électrique, c'est-à-dire un picotement désagréable à travers tout le corps et une folle envie de hurler et de me barrer d'ici.
Qu'est-ce qu'on risque ? La pénitence ? On dit que l'Amérique est un pays libre, et aux dernières nouvelles je ne suis pas une prisonnière, simplement une patiente. Mais parfois ces deux-mots se confondent dans le langage du corps médical ; aucun employé n'aime voir un malade se balader en dehors d'heures précises, ou même se balader du tout, et les promenades dans le jardin sont soumis à un contrôle particulier. Pas tout le monde n'a le droit de simplement faire un petit tour pour prendre l'air. Le reste du temps, on mange à heure fixe, et seulement ce que des cuisiniers ratés nous proposent, enduisant au passage nos repas de leur sueur et leurs crachats ; et ensuite, on regarde le plafond et on s'ennuie à mourir, ce qui est plutôt ironique dans un lieu pareil. Bon, on a bien des télés, mais il n'y a que trois chaînes inintéressantes dessus parce que les responsables hospitaliers sont des radins ; et ils nous proposent des livres de temps en temps, mais au risque de sembler pénible, je préférerais lire Croc Blanc ou même les Liaisons Dangereuses plutôt que le dernier roman à l'eau de rose en date -parce que ce sont les infirmières en mal d'amour qui nous les prêtent, ces fichus livres, puisqu'elles sont tellement généreuses et compatissantes à notre douleur.  Loin de moi d'ailleurs l'idée de dénigrer le travail de  ces auteurs, mais bon, comme on dit, chacun ses goûts et je suis plutôt pénible en matière de littérature, alors je préfère compter les mouches au plafond que me plonger dans les délires tordus d'une femme qui, au choix, est tombée amoureuse de son ténébreux patron ou qui a croisé un homme blond et collant dans la rue et qui finit par se languir de son absence trois pages plus loin parce qu'elle n'est pas fichue de faire preuve dans constance dans ses propres sentiments.
Bordel. Même moi, pauvre adolescente, je ne vis pas des conneries pareilles en matière d'histoire d'amour, et il paraît que le tragique amoureux c'est un truc d'ados. Pourtant, ces livres désespérément niais sont presque toujours ciblés pour les ménagères de moins de cinquante ans, non ?
Enfin, c'est pas la question, même si l'idée de retourner dans ma chambre pour subir les mièvreries de mon infirmière attribuée me donne froid dans le dos, au point qu'un scénario de grande évasion avec un inconnu qui a perdu ses jambes me paraît être la meilleure idée du jour.

« Je serais tentée de te dire que « ce n'est pas raisonnable », mais il paraît qu'il faut vivre avec son temps et que les ados de mon âge sont tout à fait du genre à transgresser ce que les autorités locales voudraient qu'on fasse. »

Un petit sourire accompagne ma réponse, tandis que je laisse le délicieux sarcasme faire son chemin dans mon esprit ; bien sûr que je viens, mon cher, quelle question !
À vrai dire, ça m'amuse de me détacher de la majorité dont je fais parti : les ados de moins de 18 ans. Ce n'est même pas une question de « faire la grande » ou je ne sais quel autre connerie ; je trouve juste ça intéresser, de me placer en observatrice plutôt qu'en sujet d'expérience. Ah oui, je vous ai dit que je déteste la psychologie ? Cette pseudo-science qui entend expliquer l'humain en n'en prenant que de minuscules échantillons ; qui prétend vouloir éviter de ranger les gens dans des cases alors qu'elle ne fait que renforcer cette tendance vulgaire qu'on les êtres humains. Tu as moins de 18 ans mais tu es sage comme une image, sérieux dans tes études et ne transgresse jamais les règles ? Va voir un psy, il y a quelque chose qui cloche. Tu es extrêmement timide et tu as du mal à aller vers les gens ? T'inquiètes, ça va passer ; 20 ans plus tard et toujours au même stade. Tu apprécies tes moments à toi et la solitude ne te fais pas peur ? Ouhlà, vade retro psychopathe, va falloir prendre des anti-dépresseurs. Tu es très sensible, a des réactions plus fortes que la moyenne et prend les choses trop à coeur ? Antidépresseurs. Tu as quarante-cinq ans, viens de divorcer et pourtant ne t'émoustilles pas devant la moindre demoiselle en minijupe ? Antidépresseurs, faut l'oublier ta femelle ! Tu as un enfant de cinq ans surexcités, qui adore jouer et sauter partout ? Hyperactif, tenez, prenez ces médicaments pour inhiber tout ça, comme ça il deviendra un mollusque bien sage. Ce même gamin à 13 ans, sage, sérieux et qui ne fait pas de bêtises ? Référez-vous  à la règle numéro 1.
Antidépresseurs, antidépresseurs, antidépresseurs.
Quel monde de fou, quel cercle vicieux.
J'observe l'inconnu se relever du coin de l'oeil ; effectivement, ça fait un bout de temps qu'il est dans cet état, puisqu'il se lève avec aisance. Moi, je me sens encore faible, tristement ; je ressens cette matière désagréable qui grince contre mes vrais os, m'empêchant de me mouvoir, m'empêchant de vivre pleinement. Une aventure, d'accord, mais est-ce que mon corps ne va pas lâcher au bout de dix minutes de vadrouille ? La dernière chose dont j'ai envie, c'est de donner raison à la pitié des employés de l'hôpital en les voyant venir me ramasser à la petite cuillère dans la pizzeria du coin. Mais merde, est-ce que j'ai vraiment envie de laisser ces aléas dicter ma conduite ?
Non.
Ce dont j'ai vraiment envie, c'est d'une pizza aux anchois.
L'homme s'approche, me tendant la mot en murmurant quelques mots à mon égard. Durant quelques secondes, je lève les yeux et sonde les siens ; non, décidément, je pourrai toujours courir plus vite que lui si il se trouve être un psychopathe. Et puis, il a sûrement de l'argent, il est le seul dans cet endroit de malheur qui serait apte ET d'accord de me payer cette pizza.
J'attrape sa main tendue, et m'aide de cet appui pour retrouver une position debout ; puis, j'expérimente un ou deux pas, pour voir où en est ma hanche. L'opération n'est pas toute récente, mais pas encore suffisamment loin non plus. Ça à l'air d'aller ; on est les deux cassés, de toute manière, alors je ne pense pas qu'il va exiger qu'on fasse un marathon.

« Je VEUX voir la tête de mon infirmière quand elle va me voir arriver avec un carton de pizza entre les pattes. En même temps, ce sera toujours meilleur que son fichu yaourt nature qu'elle affectionne tant de me donner quand elle est pas censée le faire, avec son sourire malicieux à la con... » Je fais une pause le temps de lever les yeux au ciel à cette pensée. « Tu sais, la dernière personne qui a voulu me traiter comme une poupée n'a pas recommencé. Oh, je ne l'ai pas frappé ni rien, je ne suis pas spécialement violente ; disons que je lui ai juste... fais comprendre que j'ai beau être cassée, ça ne fait pas de moi une marionnette docile. »

Je lâche la main de l'homme, avant de me diriger précautionneusement vers la porte ; ce n'est pas l'heure de pointe, et il n'y a personne à perte de vue.

« Alors, tu viens ? »

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MessageSujet: Re: I watched you fall apart and chased you to the end | Lieserl K. June   Ven 18 Sep - 1:35




Une sorte de sourire malicieux se dessina malgré lui sur ses lèvres, aidant donc la jeune fille à se lever, convaincu d'avoir trouvé une sorte de partenaire du crime en quelque sorte. Même si c'était uniquement le temps d'une sortie, quelques minutes et peut-être heure sans pouvoir clairement le prédire, c'était toujours mieux que rien d'une certaine manière. Avait-il vraiment besoin d'un allié dans cette histoire ? Pas vraiment, surtout que Niels pourrait bientôt finir définitivement de cet endroit d'ici peu de temps mais à cette situation exceptionnelle des mesures exceptionnelles s'imposaient d'elles-mêmes parfois. Ce n'était pas de l’apitoiement de sa part, il n'en n'avait nullement eu pour quelqu'un, juste peut-être un besoin inavouable d'être quelque peu compris dans cette situation. Les médecins ne pouvaient aucunement comprendre, ils disaient pourtant que c'était le cas mais ils étaient bien loin de la vérité, ce qui était pour l'ensemble du corps médical. Ces blouses blanches n'étaient là que pour fournir des médicaments et de belles paroles, c'était bien leur boulot après tout, mais ils étaient bien loin de pouvoir se mettre à la place de quelqu’un de leurs patients  comme c'était le cas pour lui mais aussi la brunette. Du sentimentalisme ? Non plus. Il n'était pas du genre à vouloir se faire des amis, c'était une faiblesse dont il était parfaitement conscient et qu'il rejetait en bloc, tout ce qu'il souhaitait c'était juste trouver une personne avec qui pouvoir cracher son venin était bien suffisant. Il avait de la colère et de la rage à revendre sauf qu'il ne faisait jamais devant les concerner, parce que ça manière de procédé ne se faisait nullement de cette façon et qu'il préférait tirer les ficelles par-derrière, donc pouvoir côtoyer une personne qui possède le même ressenti était bienvenu et il s'assurait aussi quelque part qu'il n'y aurait pas de bavure de ce côté-ci. Avoir le contrôle c'était tout ce qui lui restait quelque part, manipuler son monde comme il l'avait toujours fait s'était voir une continuité dans son existence, et il ferait tout pour le conserver jalousement par tous les moyens.

Niels aida donc cette nouvelle alliée de méfait à se relever et faire ses premiers pas, ayant l'impression de tenir une petite poupée de porcelaine si fragile, se félicitant de ne pas s'être trompé quant au fait qu'elle aussi voulait effectuer une sorte de petite vengeance personnelle. Et puis ils étaient sur le fait que la nourriture d'hôpital était plus que passable, à se demander comment l'endroit faisait pour ne pas avoir une véritable intoxication alimentaire parfois, c'était tellement fade et sans goût qu'il commençait à croire qu'ils entretenaient la mort sous tous ses aspects d'une certaine manière. Absolument détestable. Cette expérience avait d'ailleurs repoussé les frontières de son corps, il avait vu que l'homme pouvait endurer bien plus que ce qu'il pensait de prime abord, si d'abord il s'était senti comme un cadavre ambulant désormais il était plus vivant que jamais. Mais à cet instant son esprit était plus préoccupé par ce que son alliée venait de lui dire, sur le fait qu'elle n'était pas aussi docile qu'on pourrait bien le croire et du peu qu'il avait vu c'était dans un sens assez flagrant, c'est la métaphore sur la marionnette et le fait qu'elle était cassée qu'il fut la raison pour laquelle il s'arrêta et la laissa avancer seule. Décidément elle était pleine de surprise, le destin faisait bien les choses parfois lorsqu'il ne voulait pas être un emmerdeur de première, ce qu'elle venait d'énoncer était sa vision préférée de la vie. Les personnes autour de lui apparaissaient à ses yeux comme des pantins, certains étant plus facilement plus manipulable que les autres il fallait bien en convenir, quant à lui il se voyait plus comme un marionnettiste mais qui ne cherchait pourtant pas la perfection sur ses jouets. La perfection n'existait pas de toute manière, même en arts ce n'était nullement ce qui attirait son regard, c'était une essence plus subtile. Reprenant donc la marche en prenant la tête du cortège, toujours dans son caractère de vouloir avoir le contrôle de tout, il avait déjà une idée de comment procéder alors qu'il avançait dans le couloir dépeuplé.

« Et je te promets que tu verras sa tête, ça vaudra de l'or tu peux me croire ! Avec de la chance elle pourra même attraper un ulcère, j'avoue que l'idée peut être assez jouissive quelque part. En tout cas, je suis content alors de voir que tu as encore du répondant, j'ai presque eu peur un instant que tu ne sois plus qu'un gentil poisson mort. Mais puisque tu as l'air bien vivante il faut en profiter, ça tombe bien je sais exactement par où passer, on va aller la chercher cette fameuse pizza. »

Depuis le temps qu'il se retrouvait entre ces murs, au point d'en perdre à un moment la notion même du temps et de l'espace, Niels connaissait bien plus qu'il ne pourrait l'avouer les chemins à emprunter mais aussi les habitudes de certaines personnes travaillant ici. D'une certaine manière c'était presque triste, ceci pouvait en dire long sur ce qu'il considérait être comme une véritable détention, mais de l'autre il bénissait aussi en cet instant de prêter autant attention aux détails qui se révélaient toujours utiles d'une manière ou d'une autre. Un rapide regard à l'horloge et il avait le programme en tête, tout se déroulait comme selon un schéma ou un spectacle parfaitement coordonné, les pions avançaient sans vraiment se préoccuper d'eux car d'une certaine manière ils avaient aussi la possibilité de devenir aussi transparent que du cristal. Tout simplement parce que personne ne voulait vraiment s'occuper car le fait d'être une marionnette cassée rendait mal à l'aise, certains avaient beau travailler ici ils avaient pourtant ses petits coups d’œils qui en disaient long comme le fait que par exemple ses jambes pouvaient bien déranger, ceci était autant une faiblesse qu'une force qu'il fallait savoir user à son avantage justement. Niels s'assurait par moments que la jeune fille suit toujours, il serait dommage de la perdre en cours de route après tout, mais aussi qu'il ne se retrouve pas à gérer son cas sur les bras. Il ne restait plus que le comptoir des admissions gardé par un véritable cerbère, pourtant la femme n'était pas grande mais elle avait du répondant, mais il savait pourtant que la bête enragée mais dont le dévouement pouvait être aussi sa perte justement. Il fit signe à l'autre poupée cassée de s'arrêter, c'était le passage le plus délicat après tout, c'était à cet instant qu'il avait besoin d'être deux pour pouvoir sortir de cette véritable prison immaculée et à l'odeur si aseptisée. C'était le moment de vérité, où ils ne devaient pas flancher, voir s'il avait bien eu raison de vouloir lui accorder une certaine forme de confiance.

« Tu vois le placard qui se trouve dans le champ de vision du chien de garde ? Il contient des blouses de médecin en réalité. Il faut que tu fasses diversion, pendant ce temps je viens récupérer l'un de ses uniformes de la mort et une fois que c'est fait je t'emmène dehors en te faisant passer pour une patiente. C'est tellement simpliste que ça ne peut que marcher vois-tu. »

Il lui souriait pour établir un bon lien, tandis qu'il venait quelque peu lever l'une après l'autre ses jambes pour descendre le bas de pantalon qu'il avait remonté pour voir des possibles ajustements tout en laissant le mur le soutenir, cependant il était honnête dans sa démarche et si elle l'aidait comme convenu alors il la ferait sortir avec lui. Niels attendit donc que la première partie de l'opération s'effectue, observant faire cette apprentie, alors qu'il venait faire sa part du travail au moment propice. Ouvrant la porte discrètement il attrapa l'une des blouses blanches et vient l'enfiler, il n'appréciait guère cette tenue mais qu'importe ce n'était aucunement le moment de grimacer, avant de se diriger vers le comptoir en saluant poliment la femme qui s'occupait donc de gérer les passages tout en se positionnant à côté de son alliée tout en passant son bras par-dessus par-dessous avec le plus grand naturel du monde.

« Ah c'était donc là qu'elle se trouvait, merci beaucoup de vous être occupée d'elle. Je vais emmener cette patiente prendre un peu l'air, je pense qu'il est primordial pour sa convalescence de prendre un peu des couleurs et surtout d'être un minimum en extérieur. »

Flatter quelque l'ego marchait toujours, pour le coup il valorisait une action que la secrétaire n'avait même pas effectué, c'est sans doute la raison pour laquelle elle se contenta d'un sourire qu'il pouvait qualifier de niais et d'un hochement de tête. Il n'attendit pas une seconde de plus pour traîner doucement ce qui était sa nouvelle « amie » vers l'extérieur, alors qu’intérieurement il avait tout simplement envie d'éclater de rire face à ce tour de passe-passe, passant donc les portes automatiques sans plus de difficulté. C'était la liberté. Et quelque part Niels n'en croyait pas ses yeux d'une certaine manière, sa liberté de mouvement lui était comme rendue et avec une facilité si déconcertante, alors qu'il continuait à prendre de la distance avec l’hôpital. Il lâcha donc le bras de sa coéquipière, venant retirer la blouse si détestable, avant de l'observer plus en détail.

« Tu as été formidable ! Vois-tu, tu te vois comme une marionnette cassée mais ce n'est pas mon cas, tu es bien plus que ceci car tu as gagné une indépendance que les autres êtres humains ne connaîtront jamais ! Tu es une véritable privilégiée chère... ? »

Oh il avait tant pris dans l'idée de la convaincre de le suivre qu'il n'avait même pas pris le temps d'apprendre son nom, c'était tellement superflu d'une certaine manière, elle était un peu plus qu'un nom d'une certaine façon désormais.







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MessageSujet: Re: I watched you fall apart and chased you to the end | Lieserl K. June   Jeu 15 Oct - 16:43


I watched you fall apart and chased you to the end

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Je me demande vraiment ce qui m'a pris en fait ; parce qu'après tout, la première chose que nous apprend nos parents, c'est de ne pas suivre un inconnu, ne pas accepter les bonbons d'un inconnu, et ne pas parler à un inconnu. Là, très peu de temps après les avoir perdu, je faisais un combo des trois ; je lui ai parlé, j'ai accepté des bonbons -sous la forme d'une pizza, donc ça s'annule, non ?-, et je l'ai suivi sans même y penser deux fois. Je ne sais pas trop si c'est par esprit de rébellion, comme c'est si souvent le cas chez les gens de mon âge -oh, calamiteuses généralisations !-, ou simplement parce qu'il m'évoque autre chose, autre chose que les blouses blanches, que les regards compatissants, que l'atmosphère de mort et de morphine qui embaume l'hôpital en permanence. Peut-être l'esprit d'aventure aussi ; maman m'a dit que dès que j'ai appris à me traîner sur le sol comme un ver de terre, j'étais déjà en train de disparaître de sa vue pour explorer le monde entier sans la moindre hésitation. Et c'est ce que je me dis là tout de suite ; je pourrais suivre cet inconnu même en rampant juste pour pouvoir m'échapper d'ici, juste pour foutre le camp cinq minutes, trois heures, ou le restant de mes jours.
On ne sait jamais quand une rencontre peut changer votre vie ; et très sincèrement, je ne sais pas si c'est le cas avec lui. Je veux dire, il est aussi amoché que moi, si ce n'est plus, et il a pas l'air de chercher un nouveau meilleur ami, juste un compagnon de méfait le temps d'une connerie. Mais merde, toutes les occasions sont bonnes à saisir. On attrape chaque opportunité à pleines mains, on se pète la gueule une fois sur deux, on se relève et on apprend. C'est comme ça que ça marche. Je vois ça comme un jeu ; un nouveau jeu un peu fou, qui me procurera cette adrénaline enivrante, celle qui me fait me sentir vivante malgré qu'une partie de moi n'est désormais qu'un alliage de métaux et de technologie douteuse. Le reste de mon corps et mon esprit sont toujours là, et oui, je vais vous le prouver.
Notre duo de choc avance dans le couloir, et j'esquisse un sourire lorsqu'il me compare vaguement à un poisson mort -ou plutôt, ne m'y compare pas.

« Le jour où je ressemblerai à un gentil poisson mort, promets-moi de m'achever, tu veux ? » La perspective de finir tel un légume me fait vaguement froid dans le dos. « Alors passe devant, capitaine, je te suis ! »

N'empêche, parfois je me demande comment je peux me sentir si confiante à un si jeune âge. Après tout, je devrais être dans cette fichu période classée sous le signe des boutons d'acné et des questions existentielles, et je suis là, cassée physiquement, brisée familialement, inexistante socialement, à converser avec un type lambda que je viens de rencontrer et avec qui je vais m'évader d'un hosto pour aller dévorer une pizza. Et ça m'amuse ! Ça m'amuse, du fond de mes tripes, de sentir cette joie joueuse monter en moi.
Nous parcourons les couloirs, et c'est avec une expression faussement vide que mon regard croise ceux des quelques membres du personnel hospitalier passant par là. Une certaine satisfaction m'emplit l'estomac à chaque fois que je vois leurs yeux dévier dans une autre direction quand ils rencontrent les miens, que j'ai rendu aussi triste que possible, savourant avec délectation l'aise perturbée qu'ils ressentent en nous voyant passer, nous, les défigurés, les gueules cassées modernes, avec ses jambes de métal et mon léger boitillement répété. C'est presque trop facile, et nous sillonnons les lieux comme si nous les possédions, jusqu'à parvenir dans l'antre de la Bête, la charmante dame d'accueil qui autant l'allure que la voix d'un chien de garde -tout en étant corps et âme dévouée au bien être des malades, ce qui peut paraître affreusement contradictoire.
Le type avec moi m'explique son plan, et je me rends compte que je n'ai toujours aucune idée de comment il s'appelle ; mais là tout de suite, c'est si peu important, c'est tellement obsolète que je m'en fiche totalement, absorbée par ce qu'il me raconte. Je hoche la tête en prenant un air concentré, bien qu'un sourire malicieux envahi mon visage ; j'envisage vraiment tout cela comme un jeu, et le chien de garde local est mon jouet. Quelle est la meilleure solution ? La prendre par la pitié ? À voir, elle pourrait me coller le reste du temps si je fais trop peur à voir. Faire l'hystérique ? Elle risque de rameuter tout le personnel, et je n'ai pas trop envie de me faire faire une piqûre de je ne sais quoi pour me calmer, ça va foutre en l'air le goût de la pizza, ça. Faire ma pénible ? On va essayer un mélange.
Je souris à l'inconnu de manière, complice, avant de prendre mon meilleur air confus ; peut-être devrais-je faire carrière dans le théâtre, maintenant que l'athlétisme c'est foutu ? Pourquoi pas, mais j'y réfléchirai plus tard. Boitillant de manière un peu plus exagérée, je me dirige vers la dame d'accueil tandis que mon complice reste dissimulé, l'air perdue et malade, avant de m'adresser directement à elle en me mordant nerveusement la lèvre.

« Pardon madame… je ne trouve plus ma chambre… j'ai cherché mon médecin partout mais il ne donne aucun signe de vie… Je peux rester ici en attendant ? S'il vous plaît... »

J'avoue que j'espère que mon complice agira vite, je n'ai pas envie qu'elle me demande mon nom et me donne mon numéro de chambre en voulant m'y raccompagner ; mais heureusement, il débarque au moment où elle s'apprête à répliquer après m'avoir observée quelques secondes avec ce fichu air compatissant qui me refile des boutons. Il joue son rôle, sans avoir l'air mal à l'aise pour deux sous, fièrement vêtu de sa blouse blanche fraîchement volée. Je souris intérieurement, tout en conservant mon air apeuré et confus ; puis, en feignant remarquer de qui il s'agit, mon visage s'éclaire, comme pour dire « oh, le voilà, c'est mon médecin ! », tandis qu'il prend les devants et prend soin de moi le temps de sortir de cet enfer, me saisissant délicatement par le bras.
Nous passons les portes automatiques de l'entrée, et la bouffée d'air frais me fais me sentir soudainement très légère ; ça y est ! Je suis libre ! Même la pensée que je vais devoir revenir ne voile l'excitation que je ressens, et ma bonne humeur semble édulcorer légèrement la douleur de ma hanche. Nous prenons de la distance et quand nous sommes en sécurité, il retire sa blouse blanche après m'avoir lâché le bras, l'air particulièrement satisfait. Je souris de toutes mes dents alors qu'il me félicite, et je me rends compte que c'est le premier sourire vrai que j'esquisse depuis l'accident ; je me sens particulièrement satisfaite et fière de moi-même, et je ne le cache pas. Je ne le cache jamais.

« Et toi ! Je ne sais pas si c'est un compliment dans les circonstances, mais tu fais un médecin ultra crédible… Sacré scénario quand même ! J'arrive pas à croire que ça a marché, et en même temps c'était tellement évident avec des gens pareils ! Comme quoi, même les marionnettes cassées ont de la ressource ! » Je hoche la tête quand il me demande mon prénom ; le moment des présentations est finalement arrivé, apparemment. « Lieserl. Enfin, ça c'est mon prénom, mais après tu m'appelles comme tu veux, très sincèrement. Et toi ? » J'attends sa réponse, et enregistre l'information dans un coin de ma mémoire ; c'est marrant, je l'aurais bien imaginé avoir un prénom genre « David », ou « Jared ». Mais Niels, ça marche aussi ! « J'espère que tu as encore faim, car à nous la pizza ! »

Je prends un air pseudo enfantin et victorieux, même si mon cerveau se sent comme si j'allais maintenant pouvoir conquérir le monde ; plus d'odeur aseptisée, plus d'artificialité, plus pour l'instant ; j'étais libre et j'allais le prouver.
Nous prenons la direction de la pizzeria la plus proche, en prenant soin d'éviter les zones trop proches de l'hôpital ; ce serait con de se faire chopper maintenant, après tout. Et lorsque nous arrivons, les odeurs titillent déjà mes narines, les libérant de l’anesthésie provoquée par les médicaments. Je n'ai qu'une envie, c'est me jeter sur la première morse qui passera entre mes doigts ; et durant un instant, je me sens comme avant, quand ma vie était composée de séance d'athlétisme, de malbouffe en famille et de franches rigolades.
Oh lointain passé, que c'est bon de t'avoir près de moi dans un moment aussi important…

« Tu prends quoi ? »

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MessageSujet: Re: I watched you fall apart and chased you to the end | Lieserl K. June   Ven 23 Oct - 16:54




Complice de crime. Ça sonnait assez bien, bien mieux que patiente à la hanche réparée en tout cas, et il était indéniable souvent que c'était dans ce genre de situation que les gens se rapprochaient. Je te couvre si tu me couvres, c'était du donnant-donnant, en revanche pour sa part Niels n'aurait aucun remords à la laisser tomber si jamais les choses tournaient mal. Peut-être même qu'il en rigolerait. Il ne cherchait pas une amie en manœuvrant de cette manière, il n'en avait nullement besoin et l'idée de s'accrocher à quelqu'un pouvait lui donner la nausée, juste une alliée pour un temps sans doute bien provisoire. Il avait tout de même pris soin de dissimuler la blouse à l'abri des regards des curieux, ça pourrait paraître bien trop louche, tout en imprimant dans son esprit l'endroit exact car il pouvait très bien en avoir besoin plus tard. Faisant une légère révérence en entendant cette « amie » de galère, préférant prendre de manière positive de pouvoir se fondre dans le paysage tel un caméléon ou justement le roi de la manipulation, s'il pouvait faire ceci à une telle échelle il avait hâte de montrer d'un cran et ainsi montrer l'étendue de ses talents. La manipulation était devenue son arme la plus redoutable, avant il aurait en plus tapé du poing mais physiquement il n'était plus aussi en forme qu'avant et ceci n'avait rien d'étonnant vu la longue convalescence qu'il avait eue, c'était bien loin de lui déplaire d'ailleurs. Son sourire ne put s’agrandir qu'en entendant son expression de marionnettes cassées dans la bouche de la jeune fille, comme si elle apprenait vite de lui et qui lui donnait une certaine forme de fierté, ils étaient certes brisés pour lui ceci lui offrait une liberté que certains ne comprendront jamais. Ils avaient rompu leurs fils. C'est comme ceci que Niels voyait le monde, ou peut-être même son monde, à savoir des pantins qui ne font que suivre un si stupide scénario et venir mêler leurs liens à d'autres pantins au point d'en devenir dépendant. Il ne deviendrait pas comme ça, il se le refusait et ce que l'animait à ne jamais s'attacher à personne, les sentiments n'étaient des faiblesses qu'il fallait savoir exploiter. Son ambition n'avait pas de limite, il ne reculerait devant rien ni personne, mais pour l'heure il se contentait d'apprécier à sa juste valeur les lauriers de la liberté en compagnie de celle dont il apprenait juste le nom.

« Lieserl. Un prénom intéressant, et il serait dommage de ne pas l'utiliser je trouve. Pour ma part c'est Niels, mais je t'autorise à me nommer comme bon te semble. Tu as gagné ce droit au moment même où nous avons passé ses portes, sache que c'est un privilège assez rare. Mais trêve de bavardages inutiles, comme tu le dis si bien les pizzas nous attendent n'est-ce pas ? »

Il lui souriait toujours aussi aimablement, il savait qu'il avait gagné sa confiance et c'était peut-être tout le but de la manœuvre, tout en ayant peut-être même légèrement une pointe de bienveillante. C'était-il calmé avec cet accident ? Ça n'allait pas durer si c'est le cas. Cependant Niels n'avait pas totalement tort quand il sous-entendait que peu de personnes le nommaient par son prénom, il avait plus l'habitude à son nom de famille bizarrement, tout du moins il en était ainsi avant d'arriver dans la ville de Storybrooke. Il se laissait guider à travers les rues qu'il ne connaissait aucunement, elle semblait être d'ici vu la manière dont elle lui expliquait qu'ils risquaient de se rapprocher de l’hôpital si jamais il passait par tel chemin, ne pouvant que se dire intérieurement que finalement il venait de lui trouver une utilité à cette petite. C'était ainsi que tournait le monde. Utiliser et être utilisé, le tout c'était de choisir de quel côté être, et il ne pouvait qu'approuver que de voir le monde découpé de cette manière après tout. Cependant il devait bien avouer que ceci était un bon exercice, pas uniquement sur le plan psychologique mais aussi physique, ses jambes suivaient le rythme de façon normal et il pouvait ainsi avoir le loisir de voir que ses rudes efforts avaient payé. Il pensa rapidement à autre chose en pénétrant à l'intérieur de la pizzeria dans laquelle elle venait de l'emmener, regardant le lieu avec une certaine curiosité et analysant tout comme il faisait à chaque fois qu'il découvrait un endroit ou une personne, pour la première fois depuis un moment il avait l'impression de vraiment pouvoir tourner la page sur les mois difficiles qu'il avait eu. Il voyait mieux pourquoi elle voulait venir ici, c'était si vivant et puis au moins le goût de la nourriture ne serait pas si aseptisé, souriant un peu plus sincèrement sans doute et un peu plus humainement. Niels eut un rire en entendant la question posée, ayant quelques idées en tête, avant de sortir un portefeuille de la poche arrière de son pantalon et de l'agiter devant Lieserl d'un air victorieux et assez amusé pour le coup.

« Je vais te laisser décider, alors surprends moi ! Et surtout tu peux prendre tout ce qui peut bien te faire plaisir, autant de pizza et de boisson que tu voudras, car tu l'as bien mérité. Et tu veux que je te dise ce qui est le plus magique dedans ? C'est que ceci vient de t'être offert généreusement, par ce bon vieux docteur  Smith qui a eu la bonne idée de laisser ceci dans la blouse empruntée. Je savais bien qu'un jour ou l'autre celui-ci aurait enfin une qualité, et je crois qu'on vient de la trouver. On n'a qu'à dire que c'est un petit bonus en plus qu'il nous offre n'est-ce pas ? »

Niels n'avait eu aucun scrupule à prendre l'objet personnel qu'il avait senti en enfilant la blouse de médecin, après tout ce n'était nullement de sa faute si le docteur avait fait ce terrible oublie, il n'était pas le coupable dans cette histoire mais seulement la victime si on voulait son avis. Cependant dans le fond il ne pouvait réfuter le fait qu'il avait une certaine colère envers le corps médical qui l'avait aussi poussé à agir ainsi, parce qu'il fallait toujours un coupable dans une situation comme celle-ci, poussé par un pur esprit de vengeance et d'amusement. Laissant ainsi sa complice commander tout ce qu'elle voulait il prit les billets, payant avec et mit le reste dans une autre poche avant de ranger le portefeuille d'où il l'avait sorti, la suivant jusqu'à une table en attendant que la commande soit prête. Il n'avait aucune idée de ce qu'elle avait pris, encore moins pour lui en fait, mais parfois il était bon d'avoir quelques surprises de ce genre de la part du destin. Ça rendait les choses plus amusantes. Surtout pour quelqu'un comme lui qui avait l'habitude de calculer, envisager toutes les situations à l'avance et de s'adapter en mesure de ce qui s'en approchait le plus, aimant garder un certain esprit de contrôle sur ce qui le touchait. Mais il aimait aussi les imprévus. Pas comme son accident en revanche, bien qu'il proclamât que ceci lui donnait une certaine liberté il n'était pas sûr d'accepter ce choix si on lui laissait, un peu de piment certes sans en abuser pour autant. Il venait observer plus en détail Lieserl, alors qu'il tapotait doucement sur la table, cherchant à y déceler quelque chose chez elle. Après tout c'était son don à lui, pouvoir voir le potentiel des personnes et dire en quoi elles pouvaient bien briller tout en lui étant utiles par extension, et quelque chose lui disait qu'il y avait de quoi faire. Si elle l'avait suivi aujourd'hui ça voudrait sans doute dire que demain elle pouvait en faire tout autant, ce qui était un véritable avantage à prendre bien sûr en compte pour la suite, il lui suffirait donc de ré initier l'expérience tout en jouant sur cette corde.

« En tout cas je ne pensais pas que je trouverais quelqu'un qui aurait assez de cran pour me suivre dans mon plan, je commençais à croire que personne n'était assez vivant là-bas pour ça. Mais toi Lieserl. Oui toi tu as quelque chose de particulier, j'en suis persuadé. Tu es encore un diamant sous sa forme brute, que les médecins tentent de modeler de la façon qu'ils souhaitent. Tu dois leur prouver que tu es au-dessus de ça. Attends... ça sonne un peu trop comme dans les films tout ça, l'instant où les deux malades se livrent des messages d'espoir. Mince moi qui voulais absolument éviter ça ! »

Il rigolait à sa dernière remarque, sans doute pour atténuer ce qu'il venait de dire, mais Niels était bien persuadé qu'il devrait suivre son évolution de près. Il avait vu la faible lueur dans ses yeux qui ne demandait qu'à être ravivée, celle qu'elle pouvait avoir depuis qu'ils avaient dépassé les portes de l'établissement, cet endroit était en train de la faire mourir à petit feu et il trouvait dommage que de détruire une possible alliée si prometteuse. Indirectement il lui donnait des conseils, car il avait eu la volonté de se battre et de ne pas se laisser docilement faire par les médecins, tout souhaitant qu'elle pourrait survivre. Oh. Il devenait un peu trop sentimental là, ça ne lui ressemblait pas, en temps normal il n'aurait que faire qu'une gamine comme elle finisse ses jours là-bas. Franchement. Ce séjour l'avait vraiment affaibli, bien plus qu'il ne pouvait l'imaginer à première vue, il allait devoir reprendre du poil de la bête et très vite. Pourquoi toute cette mise en scène ? Il n'était pas sûr de la revoir, il n'avait pas besoin d'aller aussi loin, et ce n'était pas de la pitié qui l'animait. Parce que le besoin de comprendre quelque peu ce qu'il vivait se faisait ressentir ? C'était stupide. Il était bien assez grand pour avoir ce genre de pensée si enfantine, bien qu'il soit vrai qu'il aimait par-dessus tout jouer, ne pouvant que se gifler mentalement d'avoir ce genre de considérations. Heureusement pour lui les pizzas furent posées sur la table, pouvant enfin avoir le loisir de découvrir ce qu'elle lui avait donc choisi, prenant une part couverte a priori d'anchois en main avant de l'examiner sous tous les angles. Goûtant la part il eut une plainte de plaisir, c'était à ça que ressemblait de la vraie nourriture et il l'avait presque oublié à force, secouant légèrement la tête alors que ses papilles le remerciaient de leur offrir un tel délice. Reprenant une autre bouchée il avait presque la sensation d'avoir obtenu une sorte de récompense, pour tous les mois merdiques passés dans ses murs blancs, lui offrant un avant goût de la liberté qu'il allait bientôt connaître pour sa part. Avalant ce qu'il avait pris, il leva quelque part la part comme si c'était la chose la plus magnifique au monde, regardant Lieserl encore pour sa part dans son expérience gustative.

« C'est ça la vie ! J'avais presque oublié quel goût ça pouvait bien avoir. Mon Dieu Lieserl, tu as eu la meilleure idée qui existe en m'emmenant ici, si je te connaissais plus je t'aurais embrassé sur-le-champ. Sérieusement... C'est une tuerie ! »

Il n'exagérait presque pas, c'était littéralement une redécouverte pour lui, la confirmation du fait qu'il était vivant et non pas seulement maintenu en vie. Une renaissance. Avec une pizza oui.







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MessageSujet: Re: I watched you fall apart and chased you to the end | Lieserl K. June   Lun 30 Nov - 17:08


I watched you fall apart and chased you to the end

Lieserl & Niels-sama ♥


Plus nous nous éloignons de l'hôpital, et plus je me sens comme en train de redevenir une enfant ; je scrute tout ce que l'on croise avec une curiosité avide, et mon sourire ne me quitte plus, captivée et satisfaite. Le monde est une huître, suffit de trouver la perle, comme dit l'expression -à peu de choses près. Mais toutes les huîtres n'ont pas de perle, alors dans ce cas-là, il faut la créer tout seul, de ses deux mains ; et c'est l'impression que j'ai sur le moment. Je suis libre, je suis en contrôle, c'est moi qui mène la danse, c'est moi qui mène le jeu.
Enfin, si on compte pas le facteur Niels. Lui, c'est un facteur imprévisible, le genre à poster des lettres au mauvais endroit juste pour le fun ou à laisser le paquet devant la maison sans même avoir vérifié s'il y a quelqu'un. Mais je m'en contrefiche un peu ; on a pas signé de contrat, et c'est pas comme si on allait devenir Bonnie et Clyde ou je ne sais quel duo de choc qui a marqué l'histoire. C'est plus un compagnon d'infortune, un compagnon de jeu inconnu, une nouvelle découverte ; et s'il me paye la pizza et me laisse tomber trente secondes plus tard, je serai une femme comblée rien que pour la pizza.
Nous arrivons devant la caisse, et comme s'il lisait dans mes pensées, Niels agite son portefeuille juste sous mon nez, tout en m'invitant à prendre tout ce que je veux. Tout ce que je veux ? Est-ce qu'il est vraiment sûr ? Je n'en ai pas l'air mais je suis un véritable estomac sur pattes… surtout pour le poisson. Je ne sais pas pourquoi, j'ai toujours eu un faible pour le poisson. Ah ! C'est pas son fric ! Quand il me l'annonce, j'esquisse un sourire des plus malicieux, tout en me tournant vers la caissière, qui nous observe d'un regard étrange en attendant notre commande.

« Docteur Smith, quelle âme généreuse qui s'ignore ! J'espère que tu aimes le poisson alors… J'aimerais une pizza avec toutes les sortes de poisson que vous avez en option. Thon, anchoix, tout ! Enfin ce sera pour la mienne... »

Alors que je m'apprête à commander quelque chose pour Niels, je m'arrête, jetant un regard curieux dans sa direction. Qu'est-ce qu'il peut bien aimer comme sorte de pizza ? C'est une question qui peut paraître terriblement banale, mais on est ce qu'on mange, et ce genre de petits détails en disent plus sur une personne que n'importe quel monologue sur le sens de la vie et de l'univers.
C'est à cet instant que j'ai une pensée soudaine ; comment sommes-nous perçus, par les badauds qui grignotent tranquillement autour des tables ? Par la vendeuse ? Un père et sa fille ? Deux amis étrangement éloignés par l'âge ? Un cinglé et sa proie, ou l'inverse ? Non pas que je m'en préoccupe outre mesure, mais analyser la perception des gens a toujours été une passion chez moi. Il en suffit de tellement peu pour offenser ou choquer l'individu lambda !

« Et une surprise du chef pour monsieur. Merci ! »

D'accord, j'avoue, j'ai choisi la voie de la facilité.
Quelques secondes plus tard, nous sommes installés à une table ni trop isolée, ni trop centrée, juste assez en marge pour être inaperçu tout en ne sortant pas du lot ; stratégie de base, car quand on ne veut pas se faire remarquer, la dernière chose à faire est de se cacher. C'est plutôt calme, dans ce coin de la salle, et en plus, il y a une fenêtre. Je me serais assise sans faire attention en temps normal, mais ma hanche me faisant un mal de chien, je m'installe précautionneusement, tout en laissant mon regard flotter dans l'horizon. On ne voit pas grand-chose dehors, à part des bâtiments grisâtres façon film pour dépressifs, mais étonnemment, cela ravive d'étranges sentiments en moi. Mon regard est lumineux que dans l'hôpital, mais toujours assombri par le spectre de la tragédie, et le vide intersidéral que l'on peut y lire depuis mon opération persiste. J'ai beau me sentir un peu remotivée par toute cette aventure, maintenant que l'adrénaline est passée, je sens l'obscurité revenir, et mon expression s'efface peu à peu, laissant place à un visage neutre, même si je glisse un sourire mi-complice, mi-blasé en direction de Niels lorsqu'il me complimente sur nos exploits.

« En tout cas tu as le sens des discours lyriques. Mon prof de français serait scotché. »

Je n'ai jamais trop eu le truc pour répondre à des éloges ; et très franchement, à ce stade, je préfère ironiser pour mieux faire passer la pilule. Penser à mon professeur de français me donne soudain comme un sentiment de nostalgie ; et sans que je comprenne pourquoi, je m'imagine assise à mon bureau, en train de me creuser la tête pour analyser je ne sais quel extrait des Liaisons Dangereuses ou de Mme Bovary.

« Mais merci. Tu sais, je n'ai fais que suivre tes instructions, c'est toi le génie dans l'histoire ! Sans toi, je serais encore en train de regarder le vide dans cette salle d'attente, en attendant que je ne sais quelle blouse blanche vienne me ramasser à la petite cuillère. J'ai juste suivi le mouvement, pas de quoi en faire un plat… ou une scène de film ! »

Je le vois encore ; le noir devant mes yeux. Je ne suis pas spécialement du genre à me lamenter ou à frimer ; disons que j'ai une excellente perception de ma propre valeur, et je connais mes forces et mes faiblesses. Mais là, dans cette pizzeria, avec ce type lambda, après la « tragédie qui m'accable » -comme disent ces on ne peut pas dire que mon esprit soit dans le bon état pour voir le diamant ou le charbon qui semble matérialiser la perception qu'à Niels de ma personne.
Heureusement pour moi, les pizzas arrivèrent, et mon regard se rallume légèrement. Mon envie de jouer encore un peu se réveille, tandis que je trépigne d'impatience à l'idée de me remplir la panse avec ces délices poissonnés qui n'attendent que moi. Première bouchée ; je pousse un gémissement de satisfaction, tant les goûts explosent dans ma bouche après la nourriture sans saveur de l'hôpital, et j'observe avec amusement Niels s'extasier sur sa part, au point de lever triomphalement sa part de pizza en s'exclamant avec spontanéïté sur le bonheur de déguster un met pourtant aussi commun.

« Eh bah, on dirait que t'as pas mangé de truc bon depuis des semaines, ou alors le cuistot est vraiment bon dans ce restaurant ! »

Mon sourire reste amusé, tandis que je dévore ma pizza ; quand mon regard se balade en contrebas de la rue, et fait aussitôt disparaître mon rictus satisfait. Ooh. C'est possible ça ? Nooon. C'est une coincidence non ? Ils ont pas déjà appelé les flics ? Oooh.

« Euh, Niels, va nous falloir un plan B, je crois. Regarde en bas de la rue, je sais pas si c'est pour nous mais on sait jamais... »

Mon instinct, quelque chose dans leur comportement me fait penser que nous sommes la cible ; dans le doute, autant rester tranquille pour l'instant, on improvisera si les choses se corsent. En tout cas, mon esprit se met automatiquement à faire des repérages dans le bâtiment, histoire d'anticiper les portes de sortie...

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MessageSujet: Re: I watched you fall apart and chased you to the end | Lieserl K. June   Jeu 3 Déc - 16:01




Ce n'était peut-être pas aussi exagéré que ça de la part de Niels d'avoir une telle réaction, trop théâtrale certes ça il ne pouvait le nier, car dans le fond il y avait bien longtemps qu'il n'avait eu ainsi l'occasion de pouvoir goûter à quelque chose qui avait du goût. La légende urbaine qui voulait que l’hôpital possède une nourriture assez aseptisée était purement fondée, quiconque passait du temps entre ces murs auraient pu constater que ceci était bien la vérité, au point de lui avoir fait douter à un certain moment s'il avait bien connu une autre vie que ce satané endroit dont il rêvait de pouvoir partir jour et nuit. D'autant plus que lorsqu'il avait ouvert les yeux à Storybrooke il lui avait fallu du temps avant d'avoir le droit d'ingurgiter quelque chose de consistant, dans un premier temps ça n'avait été qu'une sonde d'alimentation puis des aliments liquides, et honnêtement pouvoir ainsi avoir le loisir de pouvoir manger de ce qui était pour lui de la vraie nourriture ce n'était pas rien. Il avait oublié à quel point le moindre petit ingrédient pouvait faire clairement la différence, ce qu'il avait en main ce n'était pas juste de la pâte recouverte de divers trucs à son sens, et vu comment Lieserl dévorait aussi sa propre part ce n'était certainement pas elle qui viendrait le contredire sur ce point-ci. Sa complice était peut-être même sans doute la personne la mieux placée à cet instant pour comprendre ce qu'il voulait dire par-là, ce qui les avait poussé à vouloir partir de cet enfer blanc ne serait-ce que pour une poignée de minutes ou même plus, même s'il se rendit compte qu'en réalité elle était dans cet état depuis bien moins longtemps que lui. Niels était déjà là lorsqu'ils avaient apporté ce bout de gamine, il se souvient encore des longues jérémiades de l'infirmière qui lui avait donné envie de lui enfoncer un scalpel dans le cou pour la faire taire, et il avait juste la chance de pouvoir s'en aller avant elle. Si on pouvait qualifier ça comme étant de la chance bien sûr. Il aborda un sourire assez neutre à son adresse à sa remarque, souvent perçu comme étant bienveillant alors que tout n'était qu'apparence après tout lorsque ça le concernait, après tout c'était en partie grâce à elle s'il pouvait ainsi se délecter d'une telle expérience gustative.

« Quelque chose dans ce style-là oui, on peut dire les choses comme ça je suppose. »

Sa voix était bien plus posée que plus tôt, un brin doucereuse peut-être aussi, ne souhaitant aucunement venir trop s'étendre sur cet aspect-ci. Moins Niels avait à parler de l’hôpital mieux il se portait, ce qui était assez ironique quelque part lorsqu'on regardait la fonction première de l'établissement, se contentant ainsi de manger ce qui était une explosion exquise dans sa bouche qui aurait de quoi lui déclencher un tel plaisir. La vie lui avait manqué sincèrement, comme si par ces simples bouchées il avait la confirmation qu'il n'était pas aussi mort qu'il pouvait le penser parfois, lui donnant encore plus l'envie non seulement de se battre mais d'obtenir ce que bon lui semble. Il avait même l'impression d'être redevenu un gamin que tout amuse en voyant ainsi Lieserl s'extasier de son côté, elle était loin d'avoir l'appétit d'oiseau qu'il pensait à première vue à son sujet d'ailleurs, ne pouvant se retenir d'aborder assez rapidement un sourire franc et naturel qu'il ne contrôlait pas forcément. Pourtant il était un véritable champion dans ce domaine, arriver à simuler certaines expressions selon les circonstances pour obtenir quelque chose, ce qui lui confirmait qu'il devrait se remettre au niveau avec que toute cette foutue histoire commence. Portant son regard sur la salle, tout en continuant à vivre un véritable plaisir culinaire, il observait les gens comme il avait tant l'habitude de le faire. Analyser ce qui pouvait bien se passer était toujours bon à prendre, pouvoir ainsi commencer à peut-être récolter des petites informations sans qu'on le soupçonne forcément sur le coup, tout en s'assurant que dans un sens ils n'attirent nullement trop l'attention sinon c'était pour eux de prendre le risque de dire au revoir à ce moment. La jeune fille vient le mettre en garde sur ce qui se passait du côté de la rue, comme si chacun jouait les sentinelles dans un consentement muet, venant donc porter son regard pour voir à travers la vitre des représentants des forces de l'ordre. Intéressant. Ceci lui donnait une folle envie de jouer, rien de mieux qu'un challenge pour se mettre en bonne condition comme autrefois, terminant sa part sans paniquer cette optique lui avait tant manqué. Bien plus que le reste, peut-être que dans le fond c'était ce qu'il espérait, s'amuser avec les autres avait toujours été son passe-temps favori.

« Pas de panique. Ils n'ont pas le droit de recouvrir à la violence, sauf si on est déclaré comme étant de potentiel danger. Je ne crois pas que c'est le cas, sauf si bien sûr tu m'as caché le fait que tu as une hanche bionique radioactive. Le meilleur moyen de ne pas attirer l'attention est d'agir le plus normalement du monde, crois-en mon expérience. Bien sûr je dois t'avouer que si on pouvait courir en cas de besoin ça serait plus facile, malheureusement on va devoir faire avec en espérant qu'il puisse avoir le moins de dommages collatéraux... »

Niels était habitué à voir ce genre de problème, lorsqu'il vivait à Portland il avait des soucis assez identiques, mais toujours il s'en était sorti avec le moins de souci possible. Certainement dû au fait que dans l'ensemble de ses plans il n'hésitait pas à faire tomber les autres à sa place, sachant donc les utiliser comme de vulgaires pions sur un échiquier qu'il s'amusait à diriger avec habileté, ce qui tombait bien dans un sens puisqu'il avait face à lui un bouc émissaire à sa disposition et qui semblait lui faire confiance. Trahir autrui n'avait jamais été un problème pour lui, c'était même une certaine forme de joie personnelle que de montrer l'étendue de ses talents, il n'éprouvait aucun remords à enfoncer un poignard dans le dos et sans nul doute un plaisir non dissimulé de son côté. Il ne s'attachait à rien ni personne, c'était ça la clé de la réussite pour lui et vu son ambition trop démesurée il préférait depuis toujours faire cavalier seul, et il ne s'était nullement préoccupé du sort d'un autre tant cette optique l'ennuyait profondément. Un plan se dessinait même dans son esprit, assez comparable aux autres dans le fond, il lui suffisait de dire à Lieserl de l'attendre sagement ici le temps qu'il aille vérifier quelque chose dans l'arrière-boutique pour leur fuite alors qu'en réalité il l'abandonnait dans cet endroit et les problèmes pendant que lui prenait de l'avance. Divin. Le seul bémol dans cette histoire c'était le fait qu'il n'avait toujours pas bougé, ou même exposé son faux plan à la jeune fille, comme si quelque chose l'en empêchait. Portant son regard sur la gamine, qui était en alerte comme jamais, il comprenait que le souci venait d'elle. Elle était sa complice de crime d'une certaine façon, il en avait déjà trompé pourtant avant, mais surtout un futur potentiel qu'il ne devait pas gâcher ça il en était sûr. Si Niels lui faisait un tel coup il ne pourrait plus gagner une forme de confiance, il était doué avec autrui et il en était sûr de ce qu'il avançait, alors pour une fois il devait penser différent. Ils ne pourraient pas s'en sortir indemnes, surtout pas dans leur état, et il était clairement conscient que parfois il faut en quelque sorte se sacrifier pour obtenir ce que l'on souhaite.

« Lieserl tu vas écouter ce que je vais te dire, sans protester à aucun moment. Toi et moi on ne pourra pas s'en sortir aussi facilement que je le pensais, cependant tout espoir n'est pas perdu. Un de nous deux peut tenter sa chance, pendant que l'autre assume quelque part les conséquences. J'aurais bien voulu que ça soit toi très honnêtement. Cependant il faut regarder la réalité en face. Je n'ai pas la capacité physique pour déguerpir, les résidus de médicaments me calment bien trop pour être assez réactif et mes jambes ne le supporteront pas je pense, contrairement à toi. »

Il devait se rendre à l'évidence qu'il n'aurait sans doute pas assez de force pour rentrer l'air de rien au bercail, semer les forces de l'ordre sans éveiller les soupçons, et même si pour ceci il venait à livrer en pâture Lieserl. Niels essayait du plus profond de son être de s'en convaincre, qu'il ne faisait nullement ceci dans un élan de compassion immense envers elle, même si ceci y ressemblait sans doute très fortement. Il n'était pas gentil pour le plaisir de l'être, il n'en avait même trouvé aucune satisfaction en fait, mais bien parce qu'il pourrait y gagner quelque chose au final. Ses plans étaient solidement ficelés, pour la simple et bonne raison qu'il calculait sans cesse toutes les éventualités possibles pour anticiper les situations, et celui qui était en train de se tramer dans son esprit avait de quoi lui donner le sourire aux lèvres. Il avait de fortes chances de la mettre dans sa poche s'il venait à agir sans doute ainsi, lui miroitant une sorte de loyauté ou d'amitié, car ce n'était pas agir par pitié envers elle mais la traiter comme une personne à son sens et tous les deux désespéraient qu'on agisse ainsi envers eux. Voyant que les flics s'avançaient de plus en plus vers eux il devenait plus que certains pour lui que c'était bien eux qu'ils recherchaient, dire qu'ils avaient tout fait pour être les plus discrets du monde, il n'y avait aucun temps à perdre.

« Tu dois passer par l'arrière, il y a toujours une porte qui donne vers l'extérieur pour mieux aérer la cuisine, et ensuite remonter vers l’hôpital. Tu vois où se trouve l'arrivée des urgences ? C'est vite le chaos dès qu'il se passe quelque chose, tu devrais profiter d'un moment de panique générale pour t'y glisser ni vu ni connu. Si une infirmière te croise par la suite en te demandant où tu étais tu n'as qu'à dire que tu t'es endormie je ne sais où. Tu trouveras bien, j'vais pas faire tout le travail à ta place n'est-ce pas ? Allez file maintenant, je m'occupe de tout. »

Souriant l'air très confiant il suffisait simplement qu'elle suive ses directives, aimant tellement avoir le loisir de diriger de cette façon, espérant qu'elle n'allait pas jouer les héros de dernières minutes car sincèrement il détestait ça.






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MessageSujet: Re: I watched you fall apart and chased you to the end | Lieserl K. June   Mar 29 Déc - 0:23


I watched you fall apart and chased you to the end

Lieserl & Niels-sama ♥


S'il y a bien une chose à savoir sur moi, c'est que j'aime me la jouer cavalier seul. Ce n'est pas que je me sente particulièrement supérieure ou plus intelligente qu'autrui, mais plutôt qu'en ce qui me concerne, la nature nous a construit pour survivre en tant qu'individus avant tout ; nous sommes bâtis pour déployer toute notre énergie à la survie, au détriment des autres. Certes, il y a l'instinct grégaire qui vient s'ajouter ensuite et nous pousse à protéger ce que nous considérons comme notre « groupe », mais le mien de « groupe » a été désintégré et m'a laissée sur la touche dans ce fichu accident de voiture ; alors désormais, c'est moi d'abord. De toute manière, on fonctionne toujours mieux en solo, pas de boulet, pas de poids à supporter et pas de temps à perdre à confronter ses idées.
Cela étant dit, j'aime bien notre petite aventure, avec ce Niels ; et j'ai beau être intérieurement amorphe et indifférente, il réveille en moi un sentiment d'excitation bienvenu à la perspective d'un petit jeu de cache-cache. Du coup, je pense que je vais le suivre pour le moment ; je ne dirais pas que je lui fais une confiance aveugle, mais jusque là, il n'a encore rien fait qui puisse m'inspirer de l'hostilité -et c'est plutôt un record compte-tenu de ma tendance à analyser le moindre mot prononcé à mon égard.
Même si son discours me paraît presque un peu trop donneur de leçons.

« Donc dans cette histoire tu es le sacrifié et moi le rescapé c'est ça ? »

Honnêtement, je ne peux m'empêcher de le sonder, mes yeux plantés dans les siens ; je veux bien qu'il ait profité de notre dégoût mutuel pour les odeurs aseptisées pour fuir l'hôpital avec mon aide, mais il me semble un peu trop prompt à se plier en quatre pour mon salut. Ce n'est pas que je me méfie, mais c'est que ça me décevrais presque.
Je ne sais pas si je l'ai déjà dit, mais contrairement à mon père, qui avait toujours la tête dans les nuages, je suis plutôt rationnelle et réaliste ; je conçois parfaitement que le monde n'a pas été bâti pour des bisounours, ni pour des démons inhumains. Il n'y a pas de bien, pas de mal, pas de héros ou de sacrifiés. Niveau fiction, j'aime bien les quêtes épiques façon seigneur des anneaux ou les bonnes histoires policières ; mais s'il y a un personnage que j'ai toujours eu du mal à supporter -en dehors de l'adolescente débile incapable de se démerder et la femme ultra-romantique qui désespère-, c'est le héros-à-tout-prix, qui prend les devants en permanence, qui se jetterai carrément devant son pire ennemi juste pour le protéger d'une piqûre de moustique. Tout simplement parce que cela n'existe pas. Personne n'est aussi dévoué.
Alors je ne peux m'empêcher de me dire qu'il me semble suspect, et pas dans le sens menaçant du terme. Enfin ! Les impressions sont ce qu'elles sont, elles se forgent au fil des contacts, et parfois les contradictions sont au rendez-vous. De toute manière, je n'ai pas la force de protester ; ma hanche me fait un mal de chien.

« As you wish, capitaine. J'allais protester mais vu que tu insistes pour te jeter dans la gueule du loup, je vais te laisser faire vu que tu as l'air de maîtriser la situation ! Hasta la vista, on se retrouve en enfer. »

Mon sourire se fait toutefois complice ; il est mignon à vouloir se la jouer héros, mais je l'aime bien quand même, finalement. Et c'est avec un clin d'oeil que je me dirige précautionneusement vers la cuisine, m'y glissant dès que le personnel a le dos tourné ; ce n'est que pour faire demi-tour aussi sec quelques secondes plus tard quand je repère un ou deux flics en tout cas, qui sont justement en train de taper la causette avec un cuistot. Ils n'ont pas l'air de savoir qu'on est ici spécifiquement, mais en tout cas ils sont en train de le demander.
Merde.
Mon regard pétille. J'aime beaucoup trop jouer.

« Oh, ça va être encore plus compliqué que prévu... »

Je retourne dans le restaurant, retrouvant Niels qui semblait prêt à mettre en marche son propre petit plan. Ou alors il allait vraiment se livrer sans histoires ; aucun d'entre nous n'a pu vraiment faire quoi que ce soit vu la vitesse à laquelle avancent ces satanés agents de sécurité.

« Je cherche pas à jouer les trouble-fête mais ya deux têtes d'enclume dans la cuisine, ils ont l'air pote avec le cuistot. Ils ont pas l'air de savoir qu'on est là mais en tout cas ils se renseignent. Va falloir trouver un autre plan ! »

Et sur ces mots, je regarde autour de moi, cherchant un plan B. Ils ne savent pas encore qu'on est là ; et il va falloir profiter de cet effet de surprise. On peut pas foncer puisqu'on ne peut pas vraiment courir ; d'ailleurs, je trépigne maladroitement, étant de plus en plus épuisée à rester debout sur ma hanche. Encore un peu et je vais devoir rester encore plus longtemps dans ce fichu hôpital.

« À ce stade on a deux options… se planquer dans les toilettes en espérant que ça passe ou trouver une fenêtre qui donne sur la rue principale. Dans le deuxième cas, on pourra peut-être se fondre dans la masse et s'infilter dans l'hôpital de la manière que tu m'expliquais tout à l'heure. À moins que tu aies une autre idée ? »

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MessageSujet: Re: I watched you fall apart and chased you to the end | Lieserl K. June   Dim 17 Jan - 18:24




Un simple sourire pour répondre à Lieserl quant au fait qu'il n'était que le sacrifié, ceci devait y ressembler fortement, cependant en vue du regard et l'air joueur que Niels pouvait s'afficher la jeune fille aurait pu aisément deviner qu'il ne se contenterait pas de ce rôle-ci. Si vraiment il ne lui restait aucune échappatoire alors sans doute qu'en effet il porterait ce statut, cependant il fallait se rendre à l'évidence que si c'était bien le cas il pouvait gagner beaucoup en contre-partie, le problème était surtout de savoir quel genre de problème il pourrait bien avoir par la suite. Avoir une ligne dans son casier judiciaire ne l'effrayait nullement, il s'arrangerait pour la faire disparaître comme si elle n'avait jamais existé et comme il avait toujours su faire, c'était surtout la perspective de devoir voir son séjour dans l'établissement hospitalier allongé. Il ne supportait plus cet environnement et faisait tous les efforts du monde pour ne pas craquer un bon coup, son masque de patient agréable était en train de se craqueler à mesure du temps qu'il passait entre les murs blancs, il était si près de la liberté et maintenant qu'il avait pu la caresser tendrement avec cette sortie improvisée il ne voulait plus la rendre. Laissant ainsi sa complice de crime partir de son côté il analysa la situation et put voir que les policiers n'étaient plus dans son champ de vision, lui donnant sans doute l'illusion de venir reprendre alors la situation en main comme il savait si bien le faire, ce n'était peut-être cette chance ou jamais de pouvoir filer sans que rien ne vienne perturber son possible plan. Il était sur le point de se lever lorsque la petite tornade revient dans ses jambes, enfin façon de parler le concernant, pour lui annoncer qu'il y avait un grain de sable dans le rouage et qu'il devrait revoir les possibilités. Niels ne perdit pas son sourire pour autant, jouer et avoir du challenge sont deux choses qu'il adorait par-dessus tout, en fait il ne put s'empêcher de rire légèrement à la réflexion faite comme si dans le fond rien n'avait de l'importance. Est-ce que ceci en avait vraiment en fait ? À bien y regarder peut-être que non, la vie était ennuyante et il fallait savoir y mettre du piquant pour la rendre distrayante, mais l'heure n'était pas à un débat philosophique intérieur.

« Vraiment ? Je suis assez surpris de voir que les forces de l'ordre ont finalement un peu de plomb dans la cervelle, c'est assez inattendu je dois bien l'avouer. On devrait peut-être téléphoner au journal pour leur dire qu'on a enfin pu mettre la fin sur des autorités compétentes. »

Humour quand tu nous tiens. Il regardait faire Lieserl qui semblait tout observer autour d'eux, sans nul doute le meilleur moyen pour déguerpir d'ici et retourner dans cet univers aseptisé, pouvant presque ressentir une certaine sorte de fierté à son encontre. C'était un peu comme la voir faire ses premiers pas, le fait qu'elle puisse chercher une échappatoire à ceci avait presque quelque chose d'assez attendrissant, encore plus en l'entendant énoncer des possibles options qui leur permettraient de s'en sortir sans éveiller les soupçons. Niels aurait pu se sentir flatter de voir qu'elle reprenait une partie de son idée initiale, concernant surtout la partie où s'infiltrer ni vu ni connu dans ce qui était leur foyer provisoire le temps de leur convalescence et qu'ils n'auraient pas dû quitter, mais il n'était pas le genre à s'émouvoir pour un rien et surtout pas à s'exalter sur des lauriers qui n'en étaient pas au final. Observant plus en détail les personnes présentent et prenant en compte ce que la patiente lui avait dit par la même occasion, essayant de voir comment les choses pouvaient bien s'imbriquer mais aussi potentiellement se dérouler par la suite face aux deux plans audacieux, il devait au moins lui donner du mérite sur le fait que c'était une action osée. Malheureusement peut-être trop banale, donnant un risque assez élevé au final si on y regardait de plus près, même s'il avait faussement vanté  l'intelligence des policiers il était sûr qu'ils les rattraperaient assez vite s'ils filaient en douce. Quant au fait de se cacher c'était une option de base intéressante mais il avait vu assez de films pour penser que ceci n'irait pas, même si la vie réelle n'était pas une simple pellicule projetée elle donnait des idées dans cet esprit-ci, et vu que la jeune fille lui avait redonné involontairement son envie de jouer il était loin d'être rassasié. Il fallait quelque chose d'assez impressionnant, qui pourrait ainsi donner un effet de surprise qui pourrait leur donner une longueur d'avance, assez pour se faire oublier le temps de rentrer au bercail et ainsi occuper les forces de l'ordre. Histoire qu'elles ne se soient pas déplacées pour rien, avoir la sensation d'être utile pour une fois, les pauvres devraient tellement s'ennuyer parfois. Tapotant ses doigts sur la table, juste quelques secondes avant d'arrêter assez rapidement, gardant son sang-froid et son attrait pour l'amusement qu'il pouvait y avoir.

« Tu commences à bien me connaître on dirait, bien sûr que j'ai un plan. En ce qui concerne tes idées elles ne sont pas mauvaises, cependant l'une et l'autre ne peuvent conclure à une réussite selon mon avis. La première est trop clichée, et malheureusement je suis sûr qu'ils commenceront par-là pour nous retrouver. La deuxième est plus intéressante mais comme je te l'ai dit je crains que vu nos états ça me semble assez difficile de passer par une fenêtre. Cependant tu soulèves un point très important, le fait qu'il faut qu'on sorte d'ici sans se faire repérer et aussi créer une foule. Et tu sais quel est le meilleur moyen pour ça ? Un magnifique spectacle ! »

Niels avait toujours été intéressé par la mise en scène, que sa soit dans cette vie-ci et sans le savoir l'autre qu'il avait oublié à cause de la malédiction, voir comment les choses pouvaient s'emboîter ou au contre exploser dans un événement inattendu était une perspective dont il ne se laissait jamais. Peut-être un trait de caractère qui l'avait aidé à mieux supporter sa situation, les infirmières lui disaient toujours qu'il devait être l'une des personnes qui avaient le mieux encaissé le choc, même si en y regardant de plus près il ne pouvait pas changer ce qui s'était passé et devait ainsi faire avec. À quoi bon hurler comme un fou en espérant que quelqu'un comprenne ? Pourquoi s'énerver au point de se consumer un peu plus à chaque instant ? Parfois il avait eu l'impression de ne plus être vivant, de n'être plus qu'une ombre qui avançait machinalement, mais au final c'était peut-être pour ça qu'il venait apprécier bien plus ce genre d'instant. D'ailleurs il lui en fallait plus, toujours et encore plus, son ambition n'avait fait que croître ainsi que son envie de conquête. Mais pour l'heure il laissa ce genre de considérations de côté, la situation ne se prêtait pas à ce qu'il fanfaronne trop non plus à son aise, car dans l'affaire il n'était pas tout seul pour une fois. Penser à quelqu'un d'autre à part lui c'était de l'inédit, parce qu'il sauvait toujours sa peau avant celle des autres sans le moindre état d'âme, il lui fallait composer avec qu'il le veuille ou non. Finissant son petit tour d'horizon, sentant dans le fond que les choses risquaient de bouger en leur désavantage, il était temps pour lui de passer à l'action. Sortant le portefeuille du médecin ainsi qu'un briquet, se disant ironiquement que l'homme avait sans doute plus fait pour eux en cet instant que tout ce qu'il avait entrepris avant, il porta son regard sur Lieserl.

« On va venir déclencher l'alarme incendie. Ceci provoquera un mouvement de panique et de confusion, même si on risque de se prendre flotte si on se dépêche pas, mais ça aura aussi l'avantage de faire disparaître... une petite preuve compromettante vois-tu. On profitera de l'attroupement qui va s'en doute en plus s'amasser devant la pizzeria pour filer en douce, personne ne fera attention. C'est ça l'art de l'illusion. Commences à te diriger vers la sortie, je te rattrape sur-le-champ quand j'ai fini d'allumer ce petit cadeau surprise. Et ne t'en fais pas, personne ne sera blessé. »

Et même si c'était le cas il s'en fichait éperdument, du moment qu'il obtenait ce qu'il voulait c'était tout ce qui comptait, mais parfois certaines personnes avaient besoin d'entendre ce genre de mots réconfortants. Ne perdant pas un instant de plus Niels plaça la flamme du briquet contre le cuir, ce qui permet en peu de temps de prendre et de commencer à consumer l'objet, abandonnant alors son poste pour se diriger vers la sortie l'air de rien. Alors qu'ils n'étaient qu'à quelques mètres de la porte l'alarme vient retentir avec force, les valves d'eau s'ouvrir en grand alors que les cris de surprise des autres clients résonnaient en concert, profitant ainsi de cet instant de chaos pour presser un peu plus le pas et faire signe à sa complice d'en faire autant. Sans surprise un attroupement de piétons se fit devant l'enseigne pour voir ce qui se déroulait, par curiosité mais surtout par leur bonté infinie qui l’écœurait, pouvant ainsi entendre qu'il y avait des policiers sur place qui s'occupaient alors de la situation. Attrapant par le bras Lieserl pour l'inciter à continuer sans se retourner, la laissant par la même occasion lui montrer le chemin, il ne la lâcha que lorsqu'ils arrivèrent aux abords de l'hôpital. Il avait une certaine fierté qui se faisait, aussi bien de voir que tout avait bien fonctionné mais aussi que la jeune fille était comme il le soupçonnait une alliée sur qui il pourrait compter très certainement à l'avenir, même si la façade blanche lui procura un vent de déception. Douce liberté qu'il devait encore une fois abandonner, vraiment à contre cœur pour le coup, mais ne laissant rien paraître et gardant son sourire jovial mais surtout joueur. Cependant il ne put retenir un long soupir, plus ils approchaient moins il était conciliant pour une fois, sentant tout d'un coup toute la fatigue qu'il avait bien pu accumuler. Rentrer physiquement dans l'enceinte n'avait pas été le plus compliqué, les blouses blanches étaient tellement occupées à leurs petites affaires précieuses qu'il avait été plus facile au final d'entrer que de sortir, mais psychologiquement ça restait un coup assez dur. Il s'arrêta dans le couloir, il n'avait qu'une envie c'était repartir, s'appuyant contre le mur avant de s'adresser à cette nouvelle connaissance pleine de promesse pour l'avenir.

« Bien... Le plan a fonctionné à merveille on dirait ! En tout cas Lieserl tu m'as beaucoup impressionné, et il en faut généralement beaucoup tu peux me croire. Il faudra que l'on remette ça sous peu, car j'ai hâte de voir tes progrès dans ce domaine. En tout cas, tu sais où me trouver n'est-ce pas... partenaire ? »

Niels tendit la main à Lieserl, autant pour lui confirmer ce qu'il venait de lui dire mais parce que dans le fond ceci avait été un enchantement de passer un tel après-midi en sa compagnie, voulant dans un sens faire la promesse que ce genre d'initiative en sa compagnie allait se repérer dans un avenir proche.







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MessageSujet: Re: I watched you fall apart and chased you to the end | Lieserl K. June   Dim 31 Jan - 21:00


I watched you fall apart and chased you to the end

Lieserl & Niels-sama ♥


Ce type était décidément rempli de surprises ; ou en tout cas, il avait l'air de s'y connaître en matière de machinations improbables, dans le genre spectacles bien visibles plutôt que discrétion absolue. Je n'aurais jamais pensé rencontrer quelqu'un comme Niels et pouvoir ajouter une telle personne dans ma liste de contacts ; ni même considérer que l'on puisse un jour se qualifier d'amis. Oh, pas au point d'être des BFF bestah frérot et j'en passe et des meilleurs, je n'avais absolument pas l'esprit dans cette perspective ; mais il y avait quelque chose chez lui qui me donnait envie de saisir les cordes qui me liaient au destin et les manipuler moi-même plutôt que de rester assise sur cette foutue chaise à me demander si c'est la Mort ou le Temps qui viendront me délivrer.
Dans tous les cas, en revenant vers lui, il démonte mes deux plans sans états d'âme ; je hausse les épaules, de toute manière je n'y croyais pas plus que cela, j'avais surtout l'impression d'être projetée dans un mauvais film policier et le coup des toilettes c'est souvent le truc qui marche contre les flics un peu con des mauvais films. La fenêtre, par contre, il avait pas tort, je commençais à avoir vraiment mal au niveau de ma hanche sans pour autant le montrer, et l'idée de rester quelques semaines de plus à l'hôpital ne me réjouissait pas plus que cela, alors je suis carrément prête à suivre n'importe laquelle des instructions de Niels, juste parce que c'est ma seule chance de ne pas me retrouver dans un encore plus gros bordel qu'avant. Aussi suprenant que cela puisse paraître, j'aime bien la discrétion, je ne suis pas une grande fan d'être sous le feu des projecteurs.

« Je t'écoute. Je n'y croyais pas trop, à mes plans, de toute manière, ça reposait surtout sur l'espérance que ces policiers puissent être complètement stupides. Ce qui ne serait pas si étonnant, mais il doit quand même il y a avoir quelques uns qui sont malins, malheureusement. »

Un magnifique spectacle ? Je me demande ce qu'il a en tête. Encore une fois, je ne suis pas trop du genre à procéder aux effusions spectaculaires, encore moins dans un moment où je suis censée me planquer ; mais bon, il a l'air de savoir de quoi il parle, alors juste pour cette fois, je vais le croire. Juste cette fois. De toute manière, c'est tout ou rien, maintenant ; soit je me lance, soit je me rends, et si l'on me connaît même un petit peu, on sait que j'ai trop de fierté pour me rendre… Se rendre c'est lâche. Se rendre c'est avouer qu'on a perdu, qu'on est pas assez fort pour se relever. Se rendre, c'est la dernière chose qu'il faut avoir envie de faire, car c'est le chemin facile ; c'est la route qui signifie « je n'en peux plus », et jamais je ne pourrais avouer à qui que ce soit un jour que je n'en peux plus, quelles que soient les circonstances, quelles que soient les contraintes, j'ai trop de volonté, trop d'énergie en moi pour tomber et laisser les liens se resserrer autour de moi. Se rendre, c'est hors de question.
C'est avec un regard curieux que je vois Niels sortir un briquet et le portefeuille du médecin. Marrant comme ce truc nous aura vachement servi dans toute cette histoire...

« Tu serais pas un peu pyromane sur les bords ? » Je lui lance un regard malicieux. C'était absolument brillant ! « C'est génial, comme idée ! J'aurais dû y penser… dommage, pour le coup c'est toi qui aura les lauriers ! » Je commence à m'éloigner vers la porte, avant de me retourner vers lui, penchant la tête sur le côté. « T'as intérêt à t'en sortir vivant sur ce coup-là. Les autres,on verra. Mais si c'est pas mon cas, tu viendras mettre des fleurs sur ma tombe ? »

Je n'attends pas de réponse, et me dirige doucement vers l'entrée, sans presser le pas ni attirer l'attention ; une simple cliente qui s'en va, tout simplement. Le chaos envahit les lieux au moment où je me tiens en plein milieu de la salle, et je me mets à imiter les gens, sans exagérer, ni paraître trop calme ; un petit cri de surprise, un air vaguement apeuré, les yeux qui recherchent la sortie, n'allant ni trop vite ni trop lentement ; je sens la main de Niels qui m'attrape le bras, et empêche un petit sourire de s'imprimer sur mon visage ; ne jamais crier victoire trop vite. Nous rejoignons la foule tout en restant sur les côtés, avant de dévier sur une ruelle plus loin ; et sans un mot, je guide mon comparse en direction de l'hôpital. Sa main se fait plus lourde, et plus nous nous approchons, plus j'ai l'impression de le traîner derrière moi ; mais je comprends tellement ce qu'il ressent, car au fond de moi, c'est le même combat, tout mon instinct qui me hurle de repartir dans l'autre sens sans pouvoir m'y résoudre.
Nous rejoignons le couloir, et il pousse un profond soupir, tandis que je prends place sur un brancard qui traîne sans raisons apparentes, grimaçant. Ma hanche me fait un mal de chien, avec ces histoires… mais ça valait carrément le coup.

« Ce fut un plaisir, Niels ! Tu es plein de ressources en tout cas… et quelque chose me dit qu'on va avoir l'occasion de se revoir. En tout cas, si tu as de nouveau envie de faire un tour clandestin quelque part, hésite pas à m'appeler, partenaire ! »

Je saisis sa main, un grand sourire cachant la douleur sur le visage ; une chose est sûre, j'ai terriblement hâte de le recroiser… et quelque chose me dit que ce n'est que le début d'une longue collaboration.

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