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 I will try to save you, cover up the gray with silver lining | Axel Williams

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Victor Whale

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MessageSujet: I will try to save you, cover up the gray with silver lining | Axel Williams   Sam 5 Sep - 11:30




Les cris d'un nouveau-né résonnaient partout dans la maison vide, l'orage dehors faisait rage et la pluie battante tombaient sur les carreaux comme à son habitude, doucement Victor approchait du lit où se tenait sa mère à bout de souffle. Il n'était qu'un jeune enfant mais pourtant il pouvait comprendre à quel point l'atmosphère était lourde, tout autour de lui semblait au ralentie et assez sombre où seule la lumière des éclairs montraient totalement ce qui se passait dans la pièce, alors que comme à son habitude il pouvait voir à quel point quelle femme radieuse et souriante était sa maman qui tenait un nourrisson qu'elle vient déposer délicatement dans ses faibles bras. Dans ses yeux il pouvait y voir tout l'amour du monde, il ne l'avait jamais vu avec un autre regard en réalité, pouvant sentir cette aura maternelle l'envelopper d'une douce chaleur qu'il appréciait tant. Cependant lorsqu'elle posa délicatement sa main contre sa joue il pouvait sentir à quel point elle tremblait, sa respiration était saccadée et presque quelque peu sifflante, essayant de le rassurer bien qu'il n'était pas entièrement conscient de ce qui pouvait bien se passer. Le bébé continuait de pleurer de plus belle, l'orage à l'extérieur semblait se déchaînait de plus belle, la peur et l'angoisse profonde étaient présentes dans tout son être. Heureusement que sa mère était là pour le rassurer, elle l'avait toujours fait après tout et il savait qu'il pouvait sur elle, mais les choses étaient différentes juste qu'il n'aurait pas su dire en quoi. Enfin elle vient prendre la parole alors qu'il pouvait voir se remplir de larmes, jusqu'à présent il ne l'avait jamais vu pleurer, alors que sa voix s'affaiblissait à chaque seconde.

« Victor... tu... tu dois prendre soin de... de ton petit frère... promets-le-moi... »

« Je le promets... »

Un éclair fulgurant vient alors éblouir la pièce au point qu'il ne voyait plus rien, tout ce qu'il pouvait entendre c'était des pleurs et l'orage, et tout d'un coup Victor fut complètement plongé dans le noir et le silence le plus total. La lumière se ralluma violemment mais le décor avait changé, il n'était d'ailleurs plus un enfant mais un adulte dans cette vision, face à lui se trouvait sa mère vêtue de noir qui semblait le juger sévèrement du regard. Diabolique vision fantomatique qui s'offrait à lui, elle paraissait si furieuse au point de contraster avec l'idéalisation qu'il avait toujours eue d'elle, cependant elle n'avait nullement ouvert les lèvres qu'il pouvait tout de même entendre sa voix s’élever et lui dire en continue qu'il n'était qu'un menteur. Le spectre leva alors son doigt en direction d'un endroit qui vient s'éclairer, pouvant alors reconnaître une partie de son laboratoire, approchant de sa part d'un pas lourd jusqu'au corps qui se trouvait sur la table d'opération et couvert d'un drap blanc. La main tremblante il vient tirer ce linceul, inconsciemment il savait parfaitement ce qu'il allait trouver dessous mais il avait besoin de le voir pour y croire, Victor y découvrit le corps inanimé de son frère alors que le sang continuait de couler de la blessure qui lui avait été fatale. Voulant reculer de cette vision d'horreur il lui était impossible de bouger, son corps entier était radicalement paralysé sans qu'il ne puisse rien faire, alors que le spectre en colère apparût de l'autre côté de la table et cette fois-ci le pointant du doigt accusateur.

« C'est de ta faute s'il est mort ! Tu avais promis Victor ! Tout ceci est entièrement ta faute ! »

Avant qu'il ne puisse dire quoi que ce soit d'autre le corps inanimé de son frère se jeta sur lui, sous les yeux sans pitié de sa mère, alors que tout le reste devenait tout d'un coup flou.



••


Le réveil fut brutal. Victor tremblait de tout son être, complètement tétanisé par ce cauchemar mélangé à de vagues souvenirs qu'il venait de faire, ce genre de rêve était de plus en plus fréquent depuis qu'il avait ramené Gerhardt à la vie. Même si ceci n'avait été que le fruit de son imagination c'était bien la vérité, horrible certes mais il ne pouvait la nier, il n'avait pas su protéger une fois encore la seule personne qui comptait vraiment pour lui. La mort de sa mère avait été le déclenchement de tout, c'était pour éviter une autre perte d'un être précieux qu'il avait souhaité briser la tradition familiale en devenant médecin, elle était la première personne qu'il souhaitait faire revenir dans le monde des vivants. Pour lui, pour son frère, mais aussi pour leur père qui avait été tant affecté par sa mort. Finalement c'était son cadet qui avait servi de cobaye expérimental qui le veuille ou non, l'idée même de le perdre à jamais lui avait été insupportable, car quelque part il avait l'espoir qu'il pouvait réparer son erreur. Il n'avait pas su le protéger, il n'avait pas été le grand frère exemplaire qu'il avait juré d'être, il avait du sang sur les mains même s'il n'avait pas été directement le bras armé cette nuit-là. La culpabilité ne le lâchait à aucun moment, se sentant comme un terrible fléau qui répand le malheur partout où il passe, d'autant plus que si leur père n'était plus non plus de ce monde-ci c'était encore une fois de sa faute. Pourquoi n'avait-il pas arrêté Gerhardt plus tôt ? Une part de lui avait été convaincu à cet instant qu'un vent de justice s'opérait, ce père qui l'avait tant dévalorisé et rabaissé mentalement, pourtant il n'avait jamais voulu sa mort mais il était trop tard. Il ne lui restait que d'amers regrets. Restant un petit moment immobile à fixer le vide, Victor essayait de remettre de l'ordre dans ses idées, il finit tout de même par sortir des draps pour se préparer encore à une rude journée.

Aujourd'hui il trouverait un moyen de ramener son petit frère à la normale, il le devait pas n'importe quel moyen et jusqu'à son dernier souffle de vie, il était tout ce qui lui restait dans ce bas monde. Ce n'est qu'un fois prêt qu'il se rendit en direction de son laboratoire, Victor avait tout scellé par crainte que quelqu'un puisse y entrer mais aussi en sortir, les expériences et les tests allaient cependant devoir attendre car la priorité était de voir dans quel état Gerhardt se trouvait-il. Il observa un long moment le pistolet chargé qui se trouvait sur une petite commode se trouvant à côté de ce qui pouvait être considéré comme étant un cachot, il fallait dire les choses comme elles étaient après tout, si au début il avait craint pour sa vie il était hors de question qu'il vienne abattre son frère même si celui-ci était instable. Il rangea l'arme dans le tiroir avant de chercher la bonne clé qui ouvrait la lourde porte, jamais il n'aurait cru que cette pièce aurait par la suite un tel usage, venant doucement donner un tour d’horizon à la salle. Le calme semblait y régner mais il avait appris que ceci n'était pas toujours de bon augure, c'était parfois loin d'être le cas, pénétrant avec lenteur dans la pièce tout en fermant sans bruit la porte derrière lui. La peur était bien présente, il n'avait jamais vraiment été quelqu'un de très courageux dans le fond, se confronter à son frère était une épreuve en soi où il craignait un dénouement funeste. S'ajoutant à ceci la vision de ses cauchemars, elle le hantait à chaque instant de son existence désormais, alors qu'il approchait de son frère tout en tentant légèrement la main pour essayer de lui montrer qu'il était là et qu'il ne le voulait aucun mal. Les réactions pouvaient être si imprévisibles, Victor était même constamment sur ses gardes, il essayait tant bien que mal de ne pas avoir peur de son cadet mais parfois c'était impossible.

« Gerhardt ? Est-ce que tu m'entends... ? Tout va bien ? »

Il posa avec une certaine appréhension sa main sur l'épaule de son frère, ce n'était peut-être pas la meilleure chose à faire mais parfois il avait juste besoin de sentir qu'il était vraiment là et que ce n'était pas juste le fruit de son imagination, ne sachant quelle attitude adopter.






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MessageSujet: Re: I will try to save you, cover up the gray with silver lining | Axel Williams   Mer 9 Sep - 14:40



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Les ténèbres semblaient être la seule promesse de son avenir. La vie, la mort, la vie à nouveau. Et les ténèbres.
Le temps était devenu une notion abstraite. Il était incapable de dire depuis combien de temps il était enfermé dans le laboratoire de son ainé. Comme bête en cage, il devenait fou. Il avait vécu une expérience unique, et il en était devenu fou. Jamais il n’aurait dû revenir à la vie si c’était pour devenir un tel monstre d’indifférence et de manque de contrôle. Son corps semblait ne plus vouloir lui obéir, parfois. On esprit n’était plus capable de lui barrer le chemin.

Alors il avait tué, et cette scène se jouait en boucle dans son esprit. Comme un film destiné à torturer son être à chaque seconde. Il se souvient parfaitement avoir aimé son père. Il se souvient de l’amour, sans l’ombre d’un doute, et sait porter un amour tout aussi fort pour son frère. Et pourtant la haine l’avait comme pousser à bout. Son esprit aurait dû lui souffler qu’une limite ne devait pas être dépassée, et pourtant cette limite avait été franchis en grande enjambées. Et il n’en pouvait plus. Il n’en pouvait plus de se revoir tuer son propre père, l’homme qui lui a donné la vie.
Surtout pas alors qu’il s’était déjà maintes fois senti responsable de la mort d’une mère qu’il n’avait jamais connu.

Il n’en doutait pas une seconde ; il aurait pu se mettre à pleurer s’il en était encore capable. Mais ces maudites larmes n’étaient plus à ses ordres non plus, et elles se refusaient catégoriquement à sortir, comme si le soulagement éprouvé après une bonne crise de larme était un luxe auquel il ne pouvait plus prétendre.

Comme lion en cage, il se sentait prédateur lorsque son frère entrait avec la plus grande précaution dans la pièce. Le soin qu’il prenait de refermer chaque fois la porte derrière lui, et ses pas incertains montraient bien la crainte présente en lui. Il aurait pu en rire –s’il savait encore rire. De sa première vie, jamais il n’aurait pu concevoir un monde où son frère l’aurait craint. Et pourtant, il pouvait étrangement ressentir toute cette crainte qui l’habitait alors qu’il posait sa main sur son épaule.

Mais à quel genre de réponse s’attendait-il donc ? Comment sa vie pouvait aller mal, après tout ? Il était mort, puis on l’avait fait revivre. Il avait tué sa mettre rien qu’ne venant au monde, et à présent il avait également abattu son père, sans véritablement comprendre pourquoi. Impuissant. Et là était là, enfermé et seul.  Avec, parfois, l’unique visite de son frère, qui avait voulu lui coller une balle dans la tête, il y a peu.
Bien sûr qu’il allait à merveille. Cela ne se voyait donc pas ?

« Pourquoi ne mets tu pas fin à tout cela ? »

Sa voix était calme, son regard était perdu dans le vide. Face à lui, sans l’adresser à son frère.
C’est étrange, de n’avoir que pour seul désir de mourir à nouveau.


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MessageSujet: Re: I will try to save you, cover up the gray with silver lining | Axel Williams   Ven 11 Sep - 16:06




C'était bien réel. Parfois Victor se disait pourtant que toute cette histoire n 'était qu'un cauchemar sans fin, un rêve dont il ne peut se soustraire malgré tous les efforts qu'il pourrait bien finir, qu'il se réveillerait après s'être endormi une fois encore sur son travail qui lui prenait le plus clair de son temps et de son existence. Mais rien de tout ça, il avait beau prier aussi fort qu'il le souhaitait le miracle ne se réalisait pas, il avait franchi la limite interdite en ramenant son frère à la vie. Si au début il ne pouvait cacher une certaine fierté, en attente d'une reconnaissance sans pareil de la part du monde et surtout de son père, tout en pansant ses blessures intérieures de la culpabilité qui l'avait rongé à la mort de Gerhardt ce n'était désormais plus le cas. Il ne dormait plus, n'avait plus goût à rien, tout ce n'était aucunement passé comme il l'aurait voulu. La situation de son cadet était trop préoccupante pour qu'il puisse penser une seconde de plus à inscrire le nom des Frankenstein comme étant synonyme d'immortalité, refusant par la même occasion de voir son frère comme un cobaye à exposer ou tout autre sujet d'études, la violence incontrôlable dont pouvait faire preuve le plus jeune avait manqué de lui être fatal à lui aussi. Victor avait vu face à lui des yeux inhumains, une telle rage et une telle haine qui rendaient méconnaissable son frère, qu'il avait sincèrement craint que sa dernière heure soit venue. Mais il n'en était rien. Le fait que Gerhardt puisse le reconnaître était pour sa part un signe encourageant, faible il fallait bien l'avouer mais tout de même bien présent, qui ne pouvait que l'encourager à trouver une solution alors que les mots de Rumplestilskin résonnaient encore sur le fait qu'il y avait toujours un prix à payer. Il le constatait assez amèrement d'ailleurs mais tout ceci était la faute de la magie, la science lui était supérieure en ce point-là le scientifique qu'il était en avait purement été convaincu, c'est pourquoi il devait continuer ses travaux sur le cœur et éviter de perdre du temps à chercher une autre raison.

Lorsque la voix de son cadet résonna dans la pièce Victor resta interdit, sentant une angoisse plus profonde qui lui coupait presque la respiration. Il avait envisagé cette option bien entendu, l'arme qui se trouvait dans la commode en était la preuve, mais cette idée était bannie de son esprit à jamais. Comment pourrait-il tuer son frère ? Gerhardt était la personne la plus importante dans sa vie, celui qui l'avait toujours défendu de leur père qui le prenait pour un moins que rien, l'être qu'il avait promis de protéger aux dépends même de sa propre vie. S'il le pouvait il échangerait sa place avec lui, il lui donnerait son propre cœur pour tout arranger, il irait aux confins de mondes tous plus étranges les uns que les autres pour que son frère redevienne celui qu'il était. C'était son doute de la lâcheté mélangé à de l'égoïsme pur qui l'empêchait aussi de le tuer, en plus de l'amour fraternel indéfectible qu'il avait pour lui, il ne voulait nullement avoir du sang sur les mains d'autant plus que ceci serait aller contre l'idéologie pour laquelle il œuvrait. Il était docteur, son devoir était d'aider ceux qui en ont besoin et préserver la vie en reculant la mort, il soignerait son frère même si ceci devait lui prendre des années et il était sûr qu'il y arriverait car il ferait tout pour. Il n'avait rien pu faire pour leur mère, il était intervenu trop tard pour leur père, mais il serait présent pour son frère. Il l'avait perdu une fois de trop et Victor ferait tout pour éviter que ce tragique événement se reproduise, il ne devait pas se reproduire un point c'est tout, il repousserait encore une fois les limites de la science pour extirper entièrement Gerhardt des griffes de la mort. Doucement il retira sa main de l'épaule du cadet, penchant quelque peu la tête pour essayer son regard même si ceci semblait vain, avant de délicatement poser ses deux mains sur les joues trop froides de celui qui comptait tout en le fixant droit dans les yeux. Il en avait peur certes, il ne pouvait aucunement le nier pour sa part, mais il l'aimait aussi et c'était sans doute le plus important.

« Je sais que la situation n'est pas idéale... mais je t'en supplie ne me demande pas ça Gerhardt... Tu es tout ce qui me reste, tu es mon frère. Lorsque tu es... mort... j'ai eu l'impression qu'on arrachait une partie de mon âme. Je ne veux pas revivre ça, tu comprends ? »

Il voulait que son frère comprenne, revoir l'étincelle dans ses pupilles et non pas cet air perdu, c'était l'un des problèmes depuis que le cadet était revenu d'entre les morts à savoir que parfois il n'était pas vraiment lui. Victor avait parfois la sensation de faire face à un inconnu, un être qui aurait simplement pris l'apparence du plus jeune, au point qu'il se demandait si quelque part le cœur magique était plus qu'un simple palpitant qui pouvait fonctionner en dehors d'un corps ou d'un chemin artériel. Le médecin n'avait pas suffisamment assez connaissance à ce sujet, c'était un autre monde avec d'autres règles qu'il n'avait pas pris le temps de connaître tant il était pressé de rentrer à son laboratoire, et même si son côté cartésien scientifique ne croyait nullement en l'âme dans cette situation il devait bien quelque peu s'incliner. Leur père lui avait dit qu'il avait créé un monstre, que ce qu'il avait face à lui n'était pas son fils, peut-être qu'il n'avait pas tort dans cette histoire même si en réalité pour Victor le monstre depuis le début c'était lui. Même si c'était pour faire revenir son frère il avait tout de même profané son corps pour lui ouvrir la poitrine, remettre en état ce que la balle avait déchiré, où s'ajoutait à cette opération le spectacle qu'il avait joué contre cette reine dans l'autre monde. Jamais il n'oublierait les yeux pleins de larmes et le désespoir dans les yeux de la jeune femme, il avait le pouvoir de l'aider mais au lieu de ça il avait détruit ses rêves, un fantôme de plus qui viendrait hanter son passé. Mais Gerhardt ne ferait aucunement partie de ses regrets, pour lui il était encore vivant et c'était le principal, il ferait tout pour éviter cette situation. Essayant un timide sourire à l'adresse du cadet la tristesse était tout de même bien présente, en plus de la crainte qu'il pouvait bien lui inspirer, il était le pire grand frère qui puisse exister et ne faisait que semer le chaos partout où il se rendait.

« Laisses-moi juste le temps... je te promets que je vais trouver une solution, tout ce que je te demande c'est un peu de temps... Cette situation n'est que temporaire, tu vas voir bientôt tu iras mieux et on pourra même aller galoper sur le domaine ou même faire ce que tu veux ! Alors... tu me fais confiance… ? »

Ses mots sonnaient plus comme une supplication, mais quelque part c'était bien le cas, il avait aussi besoin que son frère qui l'avait toujours soutenu continue à le faire comme il l'avait toujours fait.






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Dernière édition par Victor Whale le Ven 18 Sep - 20:48, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: I will try to save you, cover up the gray with silver lining | Axel Williams   Mer 16 Sep - 11:56



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Les remords étaient un luxe qui ne lui était pas permis. Sans doute fallait-il tomber bien bas, pour voir en ces néfastes sentiments un luxe. Sans doute. Il ne savait pas. Il ne savait plus. Il ne savait plus rien. Son esprit était un tourbillon d’idées qui venaient, s’enfuyaient, et laissaient un havre de confusion en lui. En temps normal, jamais il n’aurait osé tenir de tels propos face à son frère. Jamais. Car il tenait beaucoup trop à lui pour le faire souffrir de façon volontaire de la sorte. Les mots blessent plus que les actes parfois. Ancien militaire, il connaissait chaque tactique, chaque ruse pour blesser.
Et depuis qu’il avait perdu le contrôle de lui-même il venait parfois se servir de ses connaissances de la plus mauvaise façon qui soit, et de manière totalement contradictoire. Tuer son père pour avoir blessé son frère, blesser son frère pour ne pas avoir voulu abrégé ses souffrances.

Il n’avait jamais été fait d’égoïsme auparavant. Dès lors qu’une vie lui avait été de nouveau offerte, c’était le premier signe qui lui avait montré qu’il n’était plus lui-même. Egoïstement il réagissait au quart de tour à la moindre provocation du destin. Son esprit réfléchis lui manquait. Son être tout entier lui manquait. Il avait ce besoin vital de redevenir lui-même. Sans quoi il trouverait un moyen pour se loger de lui-même une balle dans la tête au plus vite. Malgré la douleur que cela causerait.

Pourrait-elle être pire que  celle qu’il avait loisir de contempler en cet instant, dans les yeux de son frère qui venait de prendre son visage dans ses mains et qui avait tout fait pour que leurs regards se croisent –une idée des plus mauvaises à n’en pas douter ? Il voulait fuir cette vie qui n’était pas la sienne, et Victor lui, voulait du temps pour la lui rendre. Encore. C’était comme un discours enregistré sur un cd et qui était passé en boucle. Jamais il n’avait douté de la sincérité de son frère dans ces mots…Mais il n’y croyait pas. Et il ne voulait pas que son ainé se berce de douces illusions. C’était le meilleur moyen de se blesser dans une chute de plus en plus importante.

Il se sentait pris au piège, pris en traitre dans un choix qui n’en était pas vraiment un. Et il était persuadé que son frère ne se rendait pas compte lui-même de l’horreur qu’il lui servait en discours. Le temps était son pire ennemi, le temps ne l’aimait pas, il le dévorait petit à petit. Le temps c’était tout ce qu’il n’avait pas, tout ce qu’il ne pouvait pas donner. Le temps était son fléau. Mais la confiance qu’il avait en son frère demeurait inébranlable. Il se serait volontiers débarrassé du premier pour ne garder que le second. Hélas, les deux étaient indissociables visiblement. Ce qui rendait la demande pire que tout.

« Tu ne me comprends pas…Tu ne me comprendras jamais plus… »

Jamais plus. Quelle cruelle expression lorsque l’on se souvient de la complicité des deux, malgré la distance et les chemins opposés pris par les deux frères. Le Monstre se relève. Mais l’espace d’un instant, juste quelques secondes, il a l’impression de redevenir lui-même. Il a l’impression de ne plus être si perdu. Il a même l’impression de n’avoir jamais été mort. Juste le temps de quelques mots soufflés en présence de ces ténèbres qui le rendent fou, il est lui. Il est Gerhardt.

« Ma confiance en toi n’a jamais été ébranlée, Victor. »

Mais tout lui revient inéluctablement en pleine face. La pression est telle qu’il se force à faire quelques pas pour rester calme : en sa présence c’est une nécessité absolue. Alors il marche, fait des aller retours dans la pièce qui lui sert de prison et dont il connait par cœur la froideur.

« Mais le temps c’est tout ce que je n’ai pas ! Le temps me torture à petit feu et réduit mon être en cendre. Chaque jour un peu plus. Je n’existe déjà plus, je suis déjà mort. Je suis mort et je me regarde me consumer chaque seconde que cette seconde vie de malheur m’offre ! »

Folie. Folie. Folie. Quand diable toute cette folie arrêtera-t-elle de le torturer ?



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MessageSujet: Re: I will try to save you, cover up the gray with silver lining | Axel Williams   Ven 18 Sep - 22:44




Son frère avait toujours été une sorte de pilier, un point de repère vers lequel se tourner pour mieux retrouver son chemin et aller à l'essentiel, en particulier au sein de leur famille qui partait un peu plus chaque année en morceaux. Victor avait beau être l'aîné parfois il avait la sensation d'être loin d'endosser ce titre, que les rôles avec Gerhardt étaient échangés, depuis toujours il avait ce manque cruel de confiance en lui qui l'empêchait d'agir et de bien faire. Le jour où leur mère était morte il avait senti un poids sur des épaules, il était encore jeune pourtant il en avait été profondément marqué alors qu'il avait pu sentir le climat changer du tout au tout à la maison, et le fait que son père n'était nullement tendre avec lui avaient indéniablement empiré les choses. En silence il avait encaissé les remarques désobligeantes à son sujet, parfois même devant lui mais aussi des invités sans que l'autorité paternelle y trouve un quelconque problème du comportement, souffrant quelque part d'une comparaison qui ne faisait que valoriser son cadet. Pourtant le docteur n'avait jamais porté aucune jalousie pour celui qui recevait les lauriers, au contraire il éprouvait même une grande fierté envers son frère et ne lui portait aucunement rigueur, il aurait souhaité recevoir plus de considération de la part d'un père qui déniait son existence. Parfois Victor même dit que la vie serait plus facile si elle s'arrêtait, que le grand Alphonse Frankenstein aurait pu clamer haut et fort qu'il avait qu'un seul et merveilleux fils, mais ce genre de pensée disparaissait d'elle-même grâce au soutien de la seule personne qui comptait pour lui. Son manque d'assurance avait terminé par se dissiper dans un seul domaine, ceci avait pris du temps mais il y était arrivé, il n'y avait qu'en science qu'il se trouvait aussi inflexible et sûr de lui. Jusqu'à aujourd'hui du moins. Depuis qu'il avait ramené Gerhardt la vie était différente, tout était devenu si compliqué, la peur était revenue et cette fois-ci son pilier était la cause de ce trouble. L'angoisse de ne plus le voir sourire, de voir cette petite étincelle quitter ses yeux, d'être victime d'un accès de rage, qu'il devienne un parfait étranger à cause de ce cœur magique, de le perdre tout simplement.

Son cœur se déchira dans sa poitrine, ses mains tremblaient alors qu'elles lâchaient le visage de son frère, les mots prononcés résonnaient en boucle dans l'esprit de Victor. Sa gorge se nouait sous l'émotion, se mordant les lèvres tout en reculant quelque peu, entendre ceci de la part de leur père aurait une chose habituelle qui lui aurait fait certes mal mais qui ne l'aurait pas affecté de la sorte. C'était une souffrance intérieure qui venait de s'ouvrir, comme si toutes les cicatrices qu'il avait pu recevoir jusqu'ici venaient de s'ouvrir en même temps, il n'aurait jamais pu imaginer que son frère puisse se montrer d'une telle cruauté à son égard. Si Gerhardt ne lui avait pas annoncé qu'il avait malgré tout confiance en lui sans doute qu'il se serait effondré, trop blessé pour sa part pour dire une parole rassurante ou quoique ce soit d'autre, essayant de ravaler difficilement ces mots alors qu'il voulait se rassurer en se disant que parfois ce n'était nullement son cadet qu'il avait face à lui. Mais la colère dont faisait preuve son frère le ramena bien vite à la réalité, lui rappelant qu'il n'avait pas le temps ni de raison de s’apitoyer sur son propre, un discours qui avait de quoi être alarmant. Et s'il avait raison . Victor lui avait implanté un cœur sans rien savoir à son sujet, il n'avait fait aucun test ou expérience car convaincu que ceci marcherait mais aussi par manque d'un temps précieux, payant le prix contre lequel on l'avait mis en garde. Ce que le scientifique devait faire c'était rassurer par n'importe quel moyen ce qui était en quelque sorte sa création, son monstre comme avait dit leur père qui refusait de voir ce corps animé comme étant son fils, mais le problème était que lui-même eût besoin de soutien qui lui faisait cruellement défaut. Il aurait voulu être d'un calme irréprochable, pouvoir lui dire avec exactitude quand il y arriverait à stabiliser la situation, mais il en était tout bonnement incapable.

« Tu n'es pas mort Gerhardt ! Je ne veux pas te l'entendre dire ! J'ai fait triompher la vie, et je refuse que tu penses à mourir est-ce que c'est clair ?! »

Victor éprouvait une forme de colère, tout ceci était tellement injuste qu'il ne savait plus gérer ses émotions, alors que sans plus de cérémonie il vient quitter la pièce avant de fermer précieusement à clé pour éviter que son frère sorte. Auparavant il n'avait jamais élevé la voix comme il venait de le faire, encore moins sur son frère qui n'avait eu que de l'affection de sa part, mais la situation le mettait dans un tel état de névrose qu'il n'était plus vraiment lui. Une forme d'agressivité qui ne le caractérisait nullement, refusant tout bonnement de voir la vérité en face et préférant se bercer d'illusions, alors qu'il prenait peu à peu conscience de son comportement et de ses paroles. Il se dégoûtait. C'est dos à la porte que lentement le médecin se laissa glisser, venant remonter ses jambes le long de son torse tout en se tapant à répétition le front avec la paume de ses mains, craquant quelque peu alors qu'il murmurait en boucle que son père avait raison. Minable, bon à rien, inutile, sans talent, imposteur, charlatant, fou, pilleur de tombes, idiot, sorcier, un monstre. Tout ce qu'il voulait depuis le début c'était réunir leur famille, que tout soit comme avant et qu'ils puissent enfin vivre heureux, maintenant il se retrouvait seul et isolé à devoir répondre de ses actes. Il aurait dû s'en rendre compte que le seul problème dans cette famille c'était lui, il n'avait pas respecté sa promesse envers sa mère et avait été un puits de déceptions pour son père, Gerhardt disait qu'il devait mourir mais en réalité Victor était convaincu que s'il n'avait pas été là rien de tout ceci ne serait arrivé. Son regard glissa peu à peu vers la commode qui contenait le revolver, toujours assis par terre dans une piteuse position, peut-être que depuis le début il avait pointé le canon sur la mauvaise tempe. Son esprit resta vide un moment, fixant toujours le meuble comme s'il possédait intérieurement la solution à ses problèmes, finissant par se relever sans pour autant avancer. Il n'avait pas le droit de faire ça, pas encore en tout cas, d'abord il devait s'occuper de son frère et ce n'est qu'une fois qu'il aurait réussi qu'il aurait le droit de se faire sauter le caisson alors qui s'éloignait de la cellule.

Il tenta le reste de la journée à trouver bien évidemment une solution, essayer de comprendre comment ce cœur pouvait bien marcher, passant désormais chaque seconde de son existence à chercher un remède pour sauver son frère. Encore une fois Victor n'arriva nullement à un résultat très probant, il avait pensé à retirer le cœur pour en mettre un autre à la place mais l'opération était trop dangereuse pour qu'il prenne le risque, sans doute qu'il y aurait passé la nuit si l'orage n'avait pas éclaté dehors et le reconnecta avec le monde des vivants. Leur monde était gris, il pleuvait presque chaque jour et les éclairs dans le ciel n'étaient pas rares, mais au moins il s'accordait parfaitement avec son humeur du moment. Les grondements lointains le stoppèrent dans son avancée, c'était une nuit comme celle-ci qui avait aussi pu permettre à Gerhardt de revenir, alors qu'il se précipita sans plus attendre vers la pièce de son laboratoire qui était sous scellée. Son cadet était devenu sensible à certaines choses, comme le feu par exemple, sachant pertinemment que ce genre de bruit au loin faisait partie de cette liste. Il était tout bonnement inquiet car il avait la crainte que son cadet puisse s'en prendre à lui-même dans ce genre d'instant, ses mouvements étaient si imprévisibles que pour sa part il craignait toujours le pire, ne supportant pas l'idée qu'il arrive quelque chose. Avec crainte il ressortait ses clés, cherchant frénétiquement celle qui permettait d'ouvrir la porte, avant de pousser presque violemment la porte avec son épaule. Ses yeux cherchèrent aussitôt la trace de son frère, il devait le protéger c'était la seule idée qu'il avait en tête, poussant la porte et avançant dans la pièce sombre rapidement éclairée par instants par les éclairs à l'extérieur.

« Tu n'as rien à craindre c'est simplement un orage... Tout va bien se passer, quoiqu'il arrive je te protégerais, je ne te laisserai jamais tomber. Tu sais les orages ne sont qu'une perturbation atmosphérique, c'est à cause des conditions d'instabilité et d'humidité de l'air, et tu n'as rien à craindre ici... »

Ses yeux avaient du mal à s'habituer à l'obscurité et l'apparition violente de lumière par fraction de seconde, essayant de distinguer un mouvement ou même une forme en vain, avançant quelque peu à l'aveuglette.






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MessageSujet: Re: I will try to save you, cover up the gray with silver lining | Axel Williams   Jeu 24 Sep - 10:14



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Il avait tenté de fermer les yeux pour retrouver cette part d’humanité qui lui manquait tant. Chasser la folie et redevenir celui qu’il était auparavant. Pour cela, il avait fait appel à ses vieux souvenirs, ses souvenirs les plus chers. L’enfance, cette période de la vie où l’on est censé être le plus heureux, lui semblait être la période idéale pour fuir une réalité qui semblait même ne plus exister. Se rattacher au certain, au concret. A ces moments passés avec son frère, son père. Aux souvenirs évoqués de sa mère. Qu’il aurait aimé la connaitre, sa mère…La douceur maternelle aurait peut-être pu être pour lui une corde pour se sortir de là. Mais elle était morte en lui donnant la vie, quelle drôle d’ironie.
Avec du recul, il s’était demandé, parfois, pourquoi personne ne lui en avait jamais voulu. Lorsqu’il voyait la rancœur de son père à l’égard de son frère, il n’arrivait vraiment pas à comprendre. A croire qu’il n’y avait jamais eu aucune logique dans cette famille. La preuve en était qu’il était mort, et pourtant il était là. Si ce n’était pas la chose la plus illogique qu’il n’ait jamais entendu, ça.

Il est difficile d’accepter la vérité, de faire face et de vivre avec lorsque le monde autour de soi se refuse à la voir telle qu’elle est réellement. La haine de son frère pouvait bien monter autant qu’elle le désirait en lui lorsque les impardonnables mots sortaient de la bouche du défunt, les faits n’en restaient pas moins les faits. La seule chose qui était encore claire comme de l’eau de roche pour  lui –hormis son amour pour son frère, cela va sans dire- c’est qu’il n’était plus qu’un cadavre qui bougeait, qui vivait encore miraculeusement. Il s’était pris une balle, et s’était vidé de son sang, c’était tout. C’était des faits. Que Victor l’accepte, ou non, qu’il s’énerve, ou non, tout cela était des faits. Et il lui avait certainement fallut un self contrôle immense pour ne pas s’énerver à son tour. Surtout que lorsqu’il s’était vu, lorsqu’il avait assisté impuissant au meurtre de son père, il n’avait eu aucun contrôle, aucune emprise sur lui-même. Ce qu’il avait dû effrayer son frère, ce jour-là.

Et peut-être même tous les suivants aussi. Car auparavant jamais il n’aurait quitté la pièce de la sorte, sans un mot. Et surtout pas en l’enfermant comme un vulgaire prisonnier. Même à l’armée, il n’avait jamais été traité de la sorte, et à cette pensée il ne put s’empêcher de sourire. Un de ces sourires que l’on peut aborder lorsque l’on comprend l’ironie d’une vie beaucoup trop injuste. Il avait fait la guerre sans jamais se faire prendre et enfermé par l’ennemi. Sans jamais mourir, malgré les blessures parfois importantes qu’on avait pu lui infliger. Et lorsqu’enfin il était rentré à la maison, il s’était pris une balle, était mort, était revenu à la vie, et s’était fait enfermé.

Quelle drôle de vie.

Seul, impuissant, sans rien pour l’occuper dans cette grande pièce, il se résigna à son destin et se roula en boule. Le temps passerait plus vite s’il dormait un peu. La question, c’était surtout de savoir combien de temps allait durer cet enfer, en réalité.

C’est en sursaut qu’il se réveilla. Son cœur s’accéléra alors que le grondement qui l’avait réveillé revint en force. D’un bond il se mit sur ses pieds, et commença à sillonner la pièce, à faire les milles pas sans véritablement comprendre le véritable sens de cette panique. Elle n’était pas rationnelle mais elle était là. Il aurait, d’ailleurs, presque pu hurler. Seul son bon sens lui avait dicté de ne pas le faire. Cela ne lui aurait servi à rien de toute façon. Tout ce dont il avait besoin, c’est de courir. De fuir, de quitter cette pièce et d’aller au plus loin de ce bruit qui pouvait retentir à nouveau à tout moment. Pour la première fois de sa mort, il se senti chanceux lorsque la porte s’ouvrit, laissant la silhouette de son frère entrer et lui déblatérer tout un tas d’informations voulant le calme, alors qu’il le cherchait du regard. Evidemment, ses yeux étaient habitués à cet obscurité, mais pas ceux de Victor. C’était presque une chance, quelque part. Il ne le verrait pas en panique, ainsi. Il ne le verrait pas tout court, même…

Il aurait peut-être pu réagir rationnellement dans cette situation. Si un nouvel éclair ne l’avait pas fait paniqué, ne l’avait pas conforté dans cette idée qu’il fallait qu’il parte loin d’ici. Pris de panique il s’était engouffré dans l’entrée, qui lui était accessible pour la première fois depuis toujours. Par réflexe, par peur, il l’ignorait, il referma la porte derrière lui, maintenu la poignée quelques secondes. Dans un souffle, il murmura, à peine audible.

« M’enfermer n’est pas synonyme de protection, mon frère. »

Il  ne prit pas la peine de refermer la porte à clé. Il n’était pas cruel. Mais il tourna cependant les talons et se remit à courir, comme s’il avait la mort aux trousses. Pour lui, c’était peut-être un peu le cas. Militaire entrainé, familier des lieux, il n’eut aucun mal à atteindre la sortie. C’est la suite, qui lui causa un peu plus problème. Cet éclair qui c’était abattu sur un arbre, en face, et qui lui avait fait prendre feu.
La panique, de nouveau, s’engouffra en lui. Il recula, jusqu’à atteindre le mur, et se laissa glisser au sol. Tétanisé.





Tu me diras si je dois modifier un truc *-*
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MessageSujet: Re: I will try to save you, cover up the gray with silver lining | Axel Williams   Ven 25 Sep - 19:33




Aveuglé par l'obscurité et la lumière, c'était là un magnifique contraste d'une certaine manière mais il n'avait pas le temps de s'extasier sur des inepties, se demandant s'il aurait eu aussi de mal si leur monde avait été aussi coloré que la Forêt Enchantée. Lorsque Victor avait la faible sensation que ses yeux s'accoutumaient un peu mieux aux ténèbres le flash violent d'un éclair le ramenait au point de départ, comme si l'orage le punissait désormais d'avoir eu l'audace de défier la mort en ramenant son frère à la vie, tout en ayant la crainte profonde que Gerhardt risquait à chaque instant d'apparaître devant lui et peut-être une nouvelle fois encore essayer de l'étrangler comme il avait déjà tenté une fois. Mais il ne devait nullement avoir peur. Il avait bien plus que de raison foi en son cadet, il devait au possible éviter de rentrer dans la psychose de la peur même si c'était une épreuve difficile, préférant mettre les moments de violence sur le compte de ce maudit cœur magique et ceci à juste raison. Ces crises révélaient un monstre qui prenait seulement l'apparence de son frère, c'était ce qu'il se forçait à se dire et à se répéter au fond de son crâne, et le scientifique étudierait ce phénomène avant de trouver une solution à la situation. C'était pareil avec l'orage et ce qu'il voulait expliquer à son frère, voulant venir le rassurer d'une certaine manière même si la démarche était maladroite il devait en convenir, les anciens pensaient que c'était l’œuvre de la magie avant que les savants de ce monde ne prouvent qu'il s'agis-là d'un effet météorologique qui se produit grâce à certains facteurs tout simplement. Il ne vit même pas la seule famille qui lui restait se ruer vers la porte, convaincu naïvement de le retrouver sans doute dans un coin dans un silence pesant qui annonçait une possible crise, tout ce qu'il entendit c'est le lourd claquement derrière lui qui le figea littéralement sur place alors qu'il avait la sensation que le temps était au ralenti avant de se ruer pour essayer d'ouvrir sans le moindre succès.

« Gerhardt ! Ouvres-moi ! Gerhardt ! GERHARDT ! »

Tapant autant que possible contre le métal, sans même pouvoir entendre les paroles murmurées de son frère, Victor était la proie d'une véritable panique qu'il n'avait jusqu'ici jamais connue. Le monde n'était pas prêt pour accepter quelqu'un comme son frère, les lois de la nature étaient faites pour être repoussées mais avec douceur tout en gardant une limite qu'il avait franchie, et son cadet quant à lui n'était pas non plus apte à affronter l'extérieur. Se voyant déjà être prisonnier pour un temps assez indéterminé dans son propre laboratoire, continuant frénétiquement de frapper contre la surface, cette optique-là était inconcevable à ses yeux. Pourtant c'était bien ce qu'il avait fait à son frère. Il pouvait essayer de se rassurer en se disant que c'était la meilleure solution, que ceci n'était qu'une situation temporaire le temps de trouver un remède qui fonctionne, ce n'était qu'une excuse pour alléger le poids de sa conscience et de sa culpabilité. Son père avait tant raison à son sujet, ces mots se répétaient une nouvelle fois en boucle dans sa tête, tout était toujours de sa faute et il ne faisait qu'empirer à chaque seconde un peu plus la situation au lieu de l'améliorer. Cependant en voulant de nouveau essayer la poignée il fit surpris de voir que plus rien ne la retenait, se trouvant alors face à un couloir vide, finalement Gerhardt  n'avait aucunement eu l'audace de l'enfermer comme il l'avait fait avec lui de son côté. Il n'avait pas une minute à perdre et se fit aussitôt à courir, poursuivant la potentielle trace possible de son cadet, se lançant à corps perdu dans cette cause. Mais il n'était pas entraîné comme son frère, bien plus jeune il avait subi aussi l'entraînement rigoureux des Frankenstein comme l'exigeait son père mais il n'avait nullement été jusqu'au bout à cause de son rêve de devenir médecin, sachant par avance qu'il ne serait jamais assez rapide pour le rattraper. Non. Il devait y arriver, tant pis si son corps entier lui ferait mal par la suite ce n'était qu'un détail, quoiqu'il arrive il n'avait aucun autre choix qui s'offrait à lui à part la réussite. Il ne devait pas penser aux conséquences, plus que désastreuses, s'il ne pouvait pas ramener son frère.

Manquant de trébucher Victor reprit son souffle à peine quelques fractions de seconde, tandis que l'horrible sensation que sa trachée et ses poumons brûlaient à l'intérieur de lui, profitant pour utiliser ses compétences qui lui étaient propres à savoir sa matière grise. Si  Gerhardt le battait sur tout ce qui était athlétisme alors il suffisait de le battre sur la ruse, son cadet avait retrouvé des instincts assez primitifs et pour sa part il devait en profiter, réfléchissant à une possibilité de reprendre un certain avantage tandis qu'il reprenait sa course. Le scientifique ne vient aucunement emprunter le chemin mais le plus rapide, en tout cas celui qui menait vers la sortie, mais celui qui arrivait directement vers sa véritable partie laboratoire où se trouvait une partie ses travaux. Fouillant au point de provoquer un désordre sans nom, sans y porter plus attention tant ceci était de l'ordre du secondaire absolu, il finit par mettre la main sur ce qu'il cherchait. Une sorte de sédatif liquide. Fabriqué à l'aide de plantes qui poussaient non loin, utilisées par les médecins pour anesthésier les patients avant une interversion ou d'autres usages peu recommandables, Victor connaissait parfaitement les effets alors qu'il prenait une seringue rudimentaire pour y délivrer une dose qui pourrait lui être utile par la suite. S'il s'approchait assez près de son cadet alors il pourrait lui administrer, bien que n'étant pas sûr du résultat en vue du statut particulier du patient, et il lui suffirait juste de le ramener ici en toute sécurité. Ne perdant pas une précieuse minute de plus, une fois ce travail effectué, alors qu'il pouvait entendre l'orage se déchaîner à l'extérieur avant de recevoir la pluie battante lui tomber dessus alors qu'il franchit le seuil du bâtiment. L'arbre en feu pouvait être un bon ou un mauvais présage, il ne pouvait pas dire quel impact ceci pourrait avoir sur  Gerhardt, jusqu'à obtenir la réponse en voyant une forme recroquevillée plus loin alors qu'il scrutait l'horizon pour obtenir un indice sur la direction prise par son frère. Courant sur les mètres qui les séparaient, toujours la seringue dans sa poche, il stoppa à quelques pas du cadet pour arriver sans le brusquer et ne pas l'effrayer avant de venir se mettre à genoux à côté de lui et le prendre dans ses bras tout en le berçant calmement.

« Je suis là... Il ne t'arrivera rien tant que je suis là, je te protégerai toujours, alors n'ait pas peur... Rien ni personne ne te fera jamais de mal, je ne le permettrais jamais... Tu te souviens de la chanson que je te chantais quand tu étais petit ? Elle était là pour dissiper tes cauchemars... »

Se voulant le plus rassurant possible Victor n'avait que faire d'être trempé jusqu'aux os, de sentir la boue qui le collait au sol, tout ce qui lui emportait c'était que son frère sache qu'il était là pour lui en toutes circonstances. Il avait presque l'impression d'être revenu des années en arrière à cet instant, se perdant légèrement dans ses souvenirs, alors qu'ils n'étaient que de jeunes enfants qui ne savaient presque rien du monde et des épreuves à endurer. À cette époque il se sentait encore comme étant un grand frère exemplaire, qui tenait sa promesse envers sa défunte et tendre mère, ayant tellement plus d'assurance que maintenant. Quand avait-il perdu ce rôle ? C'est la sensation atroce qui le hantait, qu'il n'avait pas fait ce qu'il fallait, commençant à regretter amèrement de s'être autant obstiné à être médecin et vouloir trouver une solution pour pallier à la mort. S'il avait été militaire comme son père l'exigeait, acceptant comme il se doit son héritage, alors peut-être que tout ceci ne serait nullement arrivé. C'était même sûr. La figure paternelle aurait été fière de lui, son frère n'aurait pas pas été blessé mortellement dans ce cimetière, et les deux êtres auxquels Victor seraient vivants et en bonne santé à ses côtés. L'effet papillon dans toute sa splendeur, changer un détail offrait une tout autre histoire, ne pouvant que lui offrir plus de regrets. Doucement il vient fredonner un air, tout en tenant toujours son cadet en le berçant quelque peu, se souvenant l'avoir apprise aux côtés de sa mère qui lui garantissant avec sa candeur naturelle que bientôt il aurait un petit frère. Le médecin qu'il était ne savait toujours pas comment elle avait fait pour savoir, même s'il y avait eu une chance sur deux que ça soit bien le cas c'était aussi une chance sur deux de se tromper, mais parfois l'inconnu faisait son charme. Restant ainsi sous la pluie il commença à chanter quelques vers, ne portant aucunement attention au ciel peu clément, dans un dialecte qu'ils parlaient parfois et s'apparentant à de l'allemand.

« Brüderchen, komm, tanz mit mir, beide Hände reich' ich dir, einmal hin, einmal her, rundherum, das ist nicht schwer... Mit den Händchen klipp, klipp, klapp, mit den Füßchen tripp, tripp, trapp, einmal hin, einmal her, rundherum, das ist nicht schwer.... »

Lâchant progressivement Gerhardt d'une main, n'oubliant pas que son objectif était de le ramener, il vient prendre la seringue contenant le sédatif tout en priant intérieurement que son frère ne remarque pas son geste. Soufflant un grand coup il vient donner un coup sec dans le cou, tout en poussant le dispositif au bout, permettant ainsi au produit de pouvoir entrer dans l'organisme.






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MessageSujet: Re: I will try to save you, cover up the gray with silver lining | Axel Williams   Lun 12 Oct - 20:10



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Le cœur bat à tout rompre. La respiration est saccadée. Il a beau respirer, il a l’impression de suffoquer. Est-ce un mal pour un bien ? Va-t-il mourir de peur, perdre enfin cette seconde vie qui ressemble à ses yeux davantage à un enfer ? Il aimerait tant. Il aimerait cette situation d’autant plus que la peur est un sentiment horrible, qui semble broyer les organes de son hôte les uns après les autres. Personne ne mérite une telle souffrance. Lui-même ne l’aurait pas souhaité à ses ennemis, lorsqu’il était encore un fière militaire défendant son pays. Cela ne faisait que quelques secondes et il en avait déjà assez de ces ressentis.

La foudre avait semblé s’abattre en plein dans son cœur, tant son organe vital avait fait un bond prodigieux dans son corps. Sur l’instant, il se serait presque senti le perdre, il l’avait presque senti ouvrir ou brèche pour fuir, loin, très loin d’ici. Et depuis le rythme semblait ne plus vouloir s’arrêter. La foudre était une chose, mais le feu en était une autre, et il n’avait pas véritablement gagné au change, hélas. La foudre, au moins, allait et venait. Le feu lui était là, flamboyant, il régnait sur ce tronc d’arbre fièrement, sans doute ravi d’avoir soumis une pauvre âme en peine. Le feu lui allait continuer à consumer tout ce qui se trouvait autour de lui.

Peut-être même finirait-il par consumer son corps également. Sa vie prendrait fin, il n’y aurait plus aucun trace de son existence. Et cette souffrance, cette horrible peur cesserait enfin de faire trembler ses muscles à outrance. C’était comme un supplice. Un supplice qui l’aurait fait tout abandonner pour pouvoir s’en débarrasser. Et, pourtant, il avait connu la torture physique. Il avait appris à y résister. C’était comme si tout cela n’avait servi à rien. Comme si sa vie n’avait servi à rien. Tout ce qu’il était capable de faire, c’était trembler. Trembler, en se tenant la tête dans ses mains.

Jusqu’à ce que la douceur vienne se mêler à tout le reste, dans une étreinte fraternelle comme il n’en avait pas connue depuis longtemps. Et, pour être tout à fait honnête, le monstre ne saisit pas un seul mot de ce que son frère lui conta en cet instant. Il s’était alors bien trop concentré sur sa respiration, sur ses muscles. Il était alors bien loin du monde réel, tentant simplement de calmer les pulsations de son pauvre corps de zombi. Doucement, il se laissait bercer, envouté par les paroles et l’étreinte apaisante.

Il n’avait pas retenu –il ne se souvenait pas même avoir entendu en réalité- mention de cette berceuse qu’il aimait tant lorsqu’il était enfant. Et pourtant, il s’attendait à ce que ces paroles se joignent à la berceuse composée des bras de son frère. Peut-être parce que son inconscient, lui, avait pris connaissance du discours de son frère. Ou peut-être parce que l’enfant en lui s’attendait à cette berceuse, qui était toujours là pour lui remonter le moral, à cette époque-là. Une belle époque, qui lui manquait. Une époque où la vie était simple…

Il ferma les yeux une seconde, juste une seconde. C’était plus que suffisant. Jamais il n’aurait dû baisser sa garde, c’est ce qu’il s’était dit par la suite. Si la tendresse de son frère n’avait pas été une surprise pour lui, en revanche c’est avec de grands yeux ronds, ébahis et perdus qu’il l’avait regardé quelques secondes plus tard, alors qu’une piqure au niveau du cou le fit sursauter. Bien malgré lui il avait compris ce qui venait de se passer. Et pourtant, tout son être refusait d’y croire. C’est pourquoi dans un ultime effort, il chercha une réponse qu’il ne voulait pas connaitre.

« Victor … ? »

Ce fut tout. Un mot, un nom aimé.
Puis, les ténèbres à nouveau.




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MessageSujet: Re: I will try to save you, cover up the gray with silver lining | Axel Williams   Mar 13 Oct - 11:46




Piquer son frère. Victor venait de piquer son cadet comme si celui-ci n'avait été un vulgaire animal, un simple cobaye sans la moindre valeur, comme s'il ne possédait aucune considération pour lui. Son bras qui soutenait le corps recroquevillé de Gerhardt devenait un peu plus ferme, comme pour l'avertir sans doute involontairement de ne rien tenter à son encontre et rester tranquille jusqu'à ce que le produit administré face effet, sans dire un seul mot tout en observant progressivement le sédatif faire effet. Le scientifique s'effrayait lui-même à cet instant. Il agissait avec une froideur qui n'était présente que lorsqu'il travaillait en laboratoire, la science était une discipline sérieuse qui méritait qu'on se mette dans un état d'esprit assez particulier, tout en cherchant à se rassurer au fond de lui que ceci était la meilleure solution et qu'il avait réussi à maîtriser la situation. La sensation était fort étrange. Il avait l'impression de se voir, en train de tenir son frère, d'agir et de rester presque de marbre sans pour autant que ça soit lui véritablement. Ce fut son prénom prononcé par son frère qui lui rendit son humanité, comme si un faible instant un spectre ou n'importe quelle autre chimère avait pris possession de son corps mais que la voix salvatrice du cadet l'avait fait revenir à la raison, prenant aussitôt un air désolé à son encontre sans rien trouver à répondre. Il n'y avait rien à dire. L'évidence était là, il regrettait terriblement d'avoir du agir ainsi envers lui tout en essayant vainement de se convaincre qu'il n'avait eu d'autres choix, le résultat était dans ses bras alors qu'il fermait les yeux tout en secouant légèrement la tête pour éviter de voir la personne qui comptait le plus pour lui sombrer dans l’inconscient par sa faute. Il ne voulait pas voir quel autre drame il provoquait, il était un fléau pour tout ce qui s'approchait de lui comme le disait bien la figure paternelle, ne faisait qu'accentuer l'image peu valorisante qu'il pouvait bien avoir de lui-même. Il était censé être médecin, venir en aide aux autres et repousser au possible l'arrivée de la mort, mais au lieu de ça il avait la sensation d'être un instrument du chaos et de la Mort.

Un frisson glacial lui parcourut le corps, l'orage était loin d'être terminé et la pluie tombait toujours en trompe, ouvrant doucement les yeux alors qu'il sentait que son frère était inerte dans ses bras et s'assura que celui-ci dormait bien. Victor resta un petit moment à regarder ce qu'il avait de plus cher en espérant du plus profond de son être que celui-ci le pardonne un jour, aussi bien pour aujourd'hui mais aussi pour tout le reste et surtout d'avoir manqué d'être un grand frère respectable, le calme qui régnait du côté du cadet était apaisant malgré tout et pour une fois il ne signifiait pas réellement un danger en approche. Mais cet instant de répit fut de courte durée. L'angoisse le submergea bien vite, aussi torrentielle que les gouttes d'eau qui se faisaient plus fortes, car à l'instant où Gerhardt ouvrirait les yeux la situation risquait d'être tellement différente. Surtout en ces circonstances bien particulières. Si d'ordinaire ils se connaissaient par cœur, pouvant appréhender les réactions de l'autre comme deux frères pouvaient le faire, ce qui se passait depuis l'instant où le scientifique avait placé ce cœur magique dans le corps glacé de son cadet lui échappait complètement. Qu'il le veuille ou non ce jour-là il avait créé une fracture, un dur prix à payer pour repousser les limites de ce qui était nommé alors l'impossible, craignant de devenir de parfaits étrangers entre eux. Peut-être qu'un jour son frère ne pourrait même plus le reconnaître, personne ne pouvait dire comment agissait ce satané cœur au final, ce qui restait sa plus grande peur. Mais il le protégerait. Toujours. Se ressaisissant du mieux qu'il pouvait, surtout en vue de la situation, il se releva tout en soutenant au possible son frère qui avait rejoint les bras de Morphée. Ce n'est que difficilement qu'il ramena l'être qu'il avait en quelque sorte créé dans ce qui était son cachot, manquant à plusieurs reprises de crouler sous le poids à porter, avant de le poser avec la plus grande délicatesse dont il pouvait faire preuve. Son frère était en sécurité dans cette pièce, rien ne pouvait lui arriver il en était sûr, une solution provisoire qui commençait à durer quelque peu mais pour sa part il ne perdait pas espoir de trouver un remède.

« Je sais que tu ne peux pas m'entendre Gerhardt mais... je veux que tu saches que je t'aime mon frère... je ne renoncerai jamais à te ramener. Je sacrifierai ma vie s'il le faut pour toi, chaque instant de mon existence sera là pour réparer mes erreurs, et s'il le faut j'en mourrai pour que tu vives... Je l'ai promis et je le promettrai encore quoi qu'il arrive, mon frère, je te protégerai et je te sauverai... »

Ce n'était pas qu'une simple promesse qu'on oublie. Victor allait tout faire pour Gerhardt, regardant une dernière fois son frère tant aimé avant de sortir de la pièce et sceller de nouveau la porte, rien ne pourrait le détourner de sa route. Sauf peut-être un imprévu magique qui portait le nom de malédiction....






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